Note d'auteur : Ce chapitre répond au prompt "Chaises Musicales"
Traduction du titre du chapitre : "Presque la fin"
Merci à Eve et lilimordefaim pour leurs corrections ! Bonne lecture !
RAR Julia13verseau : Merci beaucoup, je suis très contente qu'il t'ait plu ! :)
Lorsque la porte du TARDIS se fut refermée, Lavande s'appuya contre la rambarde qui cernait le poste de commande. Elle n'entendait rien de ce qui se passait au-dehors, c'était comme s'ils avaient déjà quitté le Moyen Âge alors qu'il n'en était rien. Le Docteur se dirigea vers le tableau de commande et, s'appuyant dessus, la regarda sans rien dire. Lavande regretta d'avoir redonné sa cape à Helga, à présent elle avait froid. Finalement, le Docteur demanda :
— Prête à repartir ?
— Oui, rentrons, répondit Lavande sans conviction.
Il y eut un petit silence, comme si sa réponse n'était pas celle que le Docteur attendait. Elle leva les yeux vers lui pour le voir la sonder du regard, avant qu'il ne se concentre sur le tableau de commande et marmonne un « Très bien » avant d'abaisser quelques leviers et pianoter sur un clavier. Il semblait avoir perdu de son enthousiasme mais Lavande fit mine de ne rien remarquer. Cependant elle s'approcha de lui et lui adressa un petit sourire avant de murmurer :
— Merci pour ce voyage, c'était… fantastique.
Il lui rendit son sourire plus largement et abaissa un dernier levier avec détermination. Le bruit familier du TARDIS retentit, le sol se mit à trembler, si bien qu'ils durent se raccrocher au tableau de commande pour ne pas tomber. Le cœur de Lavande se serra un peu. Pourtant elle rentrait chez elle, elle devrait être contente. Cette aventure avait été formidable, mais elle n'en vivrait pas davantage. Elle arrangea sa mèche de cheveux d'un geste machinal au moment où le TARDIS se stabilisa. Le Docteur alla lui ouvrir la porte et elle sortit de la cabine de police avec une infime réticence. Une fois qu'elle serait dehors, ce serait terminé.
Cependant, lorsqu'elle regarda autour d'elle, Lavande eut un froncement de sourcil perplexe. Elle n'avait pas précisé au Docteur où elle souhaitait être déposée, mais elle avait imaginé qu'il la ramènerait chez elle, dans son petit village. Cependant, ce qu'il y avait face à elle… c'était Big Ben ?
— Docteur ? demanda-t-elle. Pourquoi sommes-nous à Londres ?
— J'aime bien cette ville, répondit-il simplement. Oh mais si vous n'aimez vraiment pas, je peux vous ramener chez vous.
Lavande haussa les épaules. Oh, elle pourrait transplaner plus tard, après tout. Et puis, Londres était si grande qu'elle avait peu de risques de croiser une connaissance, alors qu'importe, elle pouvait bien s'octroyer le plaisir de redécouvrir cette ville qu'elle avait vue pour la dernière fois deux ans et demi auparavant.
Le TARDIS serait parfaitement camouflé, il passerait inaperçu au milieu des autres cabines de police de la capitale. Elle sortit de la petite rue dans laquelle ils se trouvaient et déboucha sur une artère qui longeait la Tamise, qu'elle connaissait bien pour l'avoir souvent prise en taxi quand elle venait à Londres pour acheter ses fournitures scolaires : Lambeth Palace Road. Elle savait qu'en empruntant le pont de Lambeth face à eux, en remontant vers le nord par Millbank, puis Abingdon Street et Whitehall, ils arriveraient sur Charing Cross Road, la rue où se trouvait le Chaudron Baveur…
Elle s'arrêta, hésitante. Si elle allait dans cette direction, elle courait le risque de rencontrer des gens connus. Or elle n'en avait pas la moindre envie. Elle allait ordonner au Docteur de la ramener chez elle quand un Moldu passa près d'elle avec un étrange appareil dans la main. A vrai dire, ayant grandi dans le monde moldu, elle en avait une grande connaissance. Or cet objet, elle ne l'avait jamais vu, et il semblait étrangement futuriste. On aurait dit un mini écran de télévision, et elle écarquilla les yeux en voyant le Moldu le porter à son oreille. Un… téléphone ? Sans clavier, avec un écran aussi gigantesque ? Elle vivait à la campagne certes, mais elle aurait entendu parler d'une telle invention…
— Docteur… marmonna-t-elle. Nous sommes bien en 2000 ?
— Oui, pourquoi ?
— Vous en êtes bien sûr ?
Le Docteur sembla dubitatif d'un seul coup. Lavande aperçut un kiosque à journaux à quelques mètres et elle y courut, suivie du Docteur. Elle se saisit du premier exemplaire qu'elle trouva et regarda la date. 17 novembre 2010.
— 2010 ! s'exclama-t-elle. Docteur, nous sommes en 2010 !
— Bien sûr que nous sommes en 2010, miss, répondit le vendeur, ça fait quand même plusieurs mois que ça dure !
Il semblait amusé mais Lavande ne lui accorda pas d'attention. Elle jeta un regarda courroucé au Docteur et tourna les talons, décidée à retourner au TARDIS. Le Docteur la rattrapa.
— Ce n'est qu'une erreur de dix ans, je vous ramènerai chez vous sans problème ensuite ! s'exclama-t-il.
— Ça vous arrive souvent, ces petites erreurs ? siffla Lavande.
— De temps en temps, oui, mais ça n'a rien de dramatique quand même, protesta-t-il. Vous avez une idée de l'étendue de l'espace-temps ? Ce n'est pas étonnant que je me trompe d'une décennie ou deux de temps en temps, et je ne vous parle pas des lieux…
— Rassurez-moi, c'était volontaire au moins, Londres ?
— Evidemment ! s'exclama-t-il comme indigné qu'elle puisse douter de lui.
— Parfait, maintenant je veux rentrer chez moi, et en 2000 s'il vous plaît !
Sans un mot de plus, elle s'engouffra dans la petite ruelle où se trouvait le TARDIS et essaya d'ouvrir la porte. Mais celle-ci demeura hermétiquement fermée. Elle se tourna vers le Docteur et le vit agiter une petite clé, un sourire amusé aux lèvres.
— Ca ne m'amuse pas, marmonna-t-elle.
Mais elle eut toutes les peines du monde à ne pas rire devant l'air faussement narquois qu'arborait le Docteur. C'était désespérant de voir à quel point elle lui cédait facilement. Elle soupira et posa ses mains sur ses hanches.
— Je vous crois maintenant, vous savez, j'ai vu que vous pouviez voyager dans le temps, autant dans le passé que dans le futur, du coup on peut rentrer ? ajouta-t-elle cependant.
— Voyons Lavande ! C'est une nouvelle décennie ! Vous ne voulez pas voir ce qui a changé ?
Elle haussa les épaules. Oh, si bien sûr, elle en aurait des choses à voir dix ans plus tard… Mais avait-elle vraiment envie de savoir que ses amis – ou ce qu'il en restait – s'étaient tous mariés, avaient fait une belle carrière, alors qu'elle en était restée au même point ? De toute façon, il y avait peu de chances qu'elle les retrouve aux mêmes adresses que dix ans plus tôt…
— Il y a bien un endroit… murmura-t-elle.
— Lequel ? demanda le Docteur.
Elle réfléchit. Elle était rarement allée au Ministère de la Magie, mais elle savait qu'il y avait un service administratif qui recensait tous les sorciers de Grande-Bretagne. Et il y avait bien une personne à qui elle aurait rendu visite. Sans répondre au Docteur, elle s'engagea dans Whitehall. Une chance qu'ils soient arrivés ici, ils se trouvaient tout près de l'entrée du Ministère. Si sa mémoire était bonne, il se trouvait sur Whitehall, donc à quelques rues de là. Lavande entendit le Docteur lui courir après, mais elle ne s'arrêta pas pour lui expliquer ce qu'elle faisait.
Ils prirent le pont de Lambeth duquel ils avaient une vue imprenable sur le Parlement et sur Big Ben. Lavande s'arrêta un instant, admirant le spectacle des monuments nimbés d'un voile de brume.
— Si vous saviez le nombre de vaisseaux spatiaux qui se sont posés ou écrasés dans cette ville ! s'exclama le Docteur. J'ai empêché de justesse un vaisseau Judoon de percuter l'abbaye de Westminster il y a quelques années, et je ne vous parle même pas de toutes les invasions qui ont débuté ici, parfois avant même la création de cette ville. Les extraterrestres ont l'air d'avoir une affection toute particulière pour cet endroit… Les Terriens aussi cela dit !
— Un vaisseau… quoi ? balbutia Lavande. Judoon ? Qu'est-ce que c'est encore ?
— Une espèce extraterrestre, parmi quelques milliards d'autres, répondit le Docteur avec un grand sourire. On avance ? Vous aviez quelque chose à voir, je crois !
Il lui prit la main dans un geste qui paraissait presque naturel à Lavande désormais et ils se remirent à marcher d'un bon pas. Ils empruntèrent de grandes avenues, de petites ruelles, passèrent devant le Parlement, Downing Street, purent admirer le pont de Westminster et la grande roue qui surplombait la Tamise… Londres n'avait pas changé en dix ans, à part quelques voitures au design plus moderne ainsi que le remplacement de vieilles boutiques par des banques ou des magasins d'opérateurs mobiles pour Moldus.
Les gens qu'elle croisait étaient pressés et pour une fois elle se fondait dans la masse en marchant elle aussi d'un pas vif. On se croisait, se bousculait, se précipitait pour être le premier à monter dans un taxi ou s'engouffrer dans un immeuble. Un véritable jeu de chaises musicales grandeur nature. Lavande se frayait un chemin parmi la foule, suivie de près par le Docteur qui regardait autour de lui avec un grand sourire et dévisageait quelques passants aux tenues excentriques. De ce côté-là, Lavande ne détonnait pas non plus avec sa mèche sur le visage, il y avait tellement plus bizarre qu'elle que personne n'y prêtait attention.
Enfin, après une trentaine de minutes à crapahuter dans ce dédale, Lavande aperçut la cabine téléphonique qui permettait d'entrer au Ministère. Le coin n'était pas très agréable, le mur était couvert de graffitis mais peu importait, elle l'avait trouvée. Elle poussa un soupir de soulagement et reprit son souffle quelques secondes. Le Docteur paraissait dubitatif.
— Je suis sûr que vous avez une bonne raison d'être ici, mais nous avons vraiment fait tout ce chemin pour trouver une cabine téléphonique ? J'en ai vu au moins dix pendant que nous marchions…
Lavande sourit et répondit :
— Ce n'est pas n'importe quelle cabine téléphonique, elle est hors d'usage de toute façon.
— De mieux en mieux…
— Oh dites, vous m'avez fait tout un plat de votre formidable TARDIS, mais de l'extérieur il ne casse pas trois pattes à un Dirico !
— Un quoi ?!
— Laissez tomber, c'est un oiseau magique, vous ne connaissez pas, soupira Lavande.
— Je ne suis pas…
Mais il s'interrompit soudain, sur le qui-vive. Lavande ne put s'empêcher de trouver qu'il ressemblait à un chat à l'affût, guettant le moindre bruit de souris.
— Un problème ?
— Il y a quelque chose de bizarre… Vous ne sentez rien d'anormal ?
— Nous sommes probablement dans un coin de Londres où la concentration de magie est la plus forte, à votre place je ne m'inquièterais pas. Il n'y a pas des extraterrestres partout vous savez !
L'air peu convaincu, le Docteur haussa les épaules et continua à jeter des regards furtifs autour d'eux, sur ses gardes. Lavande s'approcha de la cabine téléphonique, lui faisant signe de la suivre. Ils y entrèrent en optimisant le peu d'espace et elle regarda l'appareil téléphonique.
— Je peux savoir ce qu'on fait dans une cabine téléphonique qui ne marche pas ? marmonna le Docteur.
— Chut ! Déjà que je ne sais pas si j'ai le droit de vous emmener ici… Bon, vous êtes un Cracmol si on vous demande, d'accord ? Et vous êtes… mon cousin, voilà c'est très bien. J'improviserai si jamais ça devient un peu trop embêtant.
— Je vous remercie, répondit le Docteur avec cynisme.
Elle l'ignora et composa le code secret sur le cadran circulaire. 6-2-4-4-2… Aussitôt qu'elle eut fini la voix féminine et artificielle résonna dans la cabine.
— Heu… balbutia Lavande quand elle leur demanda leur nom et l'objet de leur visite. Lavande Brown et… John Smith, visiteurs. Nous venons consulter le Département d'enregistrement administratif.
— Merci, répondit la voix glaciale, les visiteurs sont priés de prendre le badge et de l'attacher bien en vue sur leur robe.
Lavande prit les badges tombés dans le petit réceptacle supposé rendre la monnaie et tendit le sien au Docteur. La voix ajouta qu'ils devraient se soumettre à une fouille et présenter leur baguette magique pour enregistrement. Puis la cabine commença à descendre dans le sol comme un ascenseur. Au bout d'un court moment, la voix retentit :
— Le ministère de la Magie vous souhaite une bonne journée.
La porte s'ouvrit et ils sortirent, pour se retrouver face au hall gigantesque qu'elle connaissait déjà. Elle prit la main du Docteur pour l'empêcher d'attirer l'attention et ils se rendirent au comptoir d'enregistrement.
— Donc, il y a un ministère de la Magie ? murmura le Docteur avec un grand sourire. Fantastique ! Je n'aurais jamais imaginé voir un truc pareil un jour !
— Oui, et s'il vous plaît ne dites rien, laissez-moi parler, répondit Lavande avec impatience.
Elle se dirigea vers un sorcier sous une pancarte indiquant « Sécurité ». Il prit une tige dorée qu'il lui passa sur le corps de haut en bas, il fit de même pour le Docteur – heureusement le tournevis sonique ne sembla pas poser de problème, au grand soulagement de Lavande. Puis il lui demanda sa baguette qu'elle lui tendit. Il la mit sur une sorte de balance qui vibra et de laquelle sortit un petit morceau de parchemin.
— Vingt-huit centimètre, bois de vigne et crin de licorne, c'est ça ? marmonna le sorcier, peu aimable tandis qu'elle acquiesçait. Et votre ami ?
— Il est Cracmol, répondit-elle, il n'a pas de baguette.
— Il me faut une pièce d'identité, grogna le sorcier.
Lavande commençait à paniquer quand le Docteur sortit un étui de sa veste, l'ouvrit et le présenta au sorcier.
— John Smith, Cracmol et anglais, dit-il avec calme.
Le sorcier plissa les yeux pour mieux voir puis acquiesça. Il rendit sa baguette à Lavande, abasourdie, et leur fit signe de passer. Lorsqu'ils se furent assez éloignés, elle s'exclama :
— Comment avez-vous fait ça ? De l'hypnose ?
— Oh non, beaucoup plus simple, le papier psychique ! répondit-il avec un grand sourire en sortant le portefeuille de sa veste pour lui montrer.
— Le papier est vierge, constata Lavande en l'ouvrant.
— Exact, mais il suffit que je veuille y voir figurer quelque chose pour qu'il apparaisse. J'ai trouvé ça pendant un de mes voyages sur une planète où les habitants cultivaient les pouvoirs psychiques, et ça m'a pas mal servi.
Il rangea le papier sous l'œil admiratif de Lavande puis ils regardèrent un plan qui leur indiqua que le département des enregistrements administratifs se trouvait au niveau 2. Ils se dirigèrent vers des portes dorées qui menaient à un autre hall plus petit où s'alignaient plusieurs ascenseurs. Le jeu des chaises musicales recommença, les employés couraient dans tous les sens, sortant et entrant, c'était au premier qui s'engouffrerait dans une cabine. Finalement le flot se calma un peu et ils purent entrer dans un ascenseur.
Arrivés au niveau 2, le bureau qu'elle cherchait s'imposa à elle en quelques secondes et elle s'empressa d'y toquer. Elle entra avec hésitation et une vieille sorcière sèche comme un coup de trique qui portait des lunettes deux fois trop grosses pour sa petite tête les accueillit.
— C'est à quel sujet ? grinça-t-elle. Vous avez rendez-vous ?
— Heu, non, répondit Lavande. Je cherche juste un renseignement…
— Asseyez-vous, je vais voir si Mr Towler peut vous recevoir.
Elle se leva tandis que Lavande soupirait de soulagement. Ce n'était pas une personne qu'elle connaissait, il ne risquait pas de la reconnaître. Maintenant qu'elle y pensait, son double du futur avait peut-être un emploi au Ministère, et elle n'avait même pas pensé à donner un faux nom pour ce genre d'éventualité. Elle se traita d'idiote, priant Merlin, Cliodna et tous les puissants sorciers qu'elle connaissait pour que rien n'aille de travers.
Finalement la vieille sorcière ressortit et leur fit signe qu'ils pouvaient y aller. Il était encore tôt, fort heureusement, il ne devait pas être submergé de demandes. D'un pas fébrile, elle entra dans le bureau et se trouva face à un homme assez jeune, âgé d'à peine trente ans, au visage affable. Un peu rassurée, elle s'assit dans un siège qu'il lui proposa et incita le Docteur à en faire autant.
Le bureau était tout ce qu'il y avait de plus classique pour quelqu'un connaissant la magie, mais pour le Docteur, ce devait être une sorte de magasin de farces et attrapes : des plumes qui écrivaient toutes seules, des avions en papier qui traversaient la pièce, une chouette qui scruta les visiteurs avant d'hululer à tue-tête… Lavande se félicita d'avoir laissé une fenêtre ouverte chez elle avant de partir, de sorte que la sienne puisse aller et venir à son gré et se nourrir sans assistance.
— Miss Brown, que puis-je faire pour vous ? demanda Towler.
— Je souhaiterais connaître l'adresse d'une amie que j'ai… perdue de vue. Disons que je suis partie en voyage pendant plusieurs années et je n'ai pas eu de nouvelles d'elle, j'aurais aimé savoir où elle habitait. Il s'agit de Parvati Patil.
— Ah, miss Patil, j'ai reçu une lettre d'elle ce matin.
— Ah oui ? répondit Lavande, surprise. Vous la connaissez ?
— Pas le moins du monde, mais dans sa lettre elle m'a prévenue que je recevrais votre visite et qu'il ne fallait pas que je vous communique quoique ce soit, à part son adresse. Je vous avoue que j'ai été un petit peu surpris, a-t-elle de bonnes raisons pour vous cacher des choses à votre retour de voyage ?
— Non, pas que je sache… souffla Lavande encore plus incrédule.
Elle commença à paniquer. Si la « vraie » Lavande devait venir ici sous peu, ils ne devaient surtout pas s'éterniser… Parce que Parvati ne pouvait pas deviner qu'elle viendrait du passé, si ? Donc c'était forcément la Lavande du futur. C'était si étrange de penser à elle en ces termes, comme si elle était deux personnes à la fois… Enfin, c'était le cas en l'occurrence, mais même s'il y avait deux corps, il n'y avait qu'une Lavande… Elle cligna des yeux, sentant poindre le mal de tête.
— Tenez, voici son adresse, ajouta Towler en lui tendant un parchemin. Ce n'est que parce que miss Patil a prouvé son intégrité durant la guerre que je suis ses directives, mais sachez que je n'aime pas ce genre de combine, miss Brown.
— Je vous promets qu'il n'y a rien d'illégal là-dessous, murmura Lavande. Merci, Mr Towler.
Il hocha la tête, l'air toujours suspicieux, et elle s'empressa de sortir de son bureau avec le Docteur. Sans un mot, ils refirent tout le trajet pour sortir du Ministère. Le Docteur s'extasia un petit moment devant la Fontaine de la Fraternité Magique, restaurée après-guerre. D'après ce qu'elle avait lu, elle avait été un peu modifiée, notamment en ce qui concernait le gobelin, le centaure et l'elfe de maison qui ne regardaient plus le sorcier et la sorcière avec une admiration éperdue – elle leur trouva cependant un air assez stupide et se dit avec amertume que certaines choses ne changeraient sans doute jamais.
Ils sortirent du Ministère et Lavande regarda enfin le parchemin que lui avait donné Towler. Elle eut un petit sourire en voyant le nom de la ville mais n'en dit rien et se laissa guider par le Docteur pour retrouver le TARDIS.
— Où devons-nous aller ? demanda le Docteur, une fois qu'ils furent à l'intérieur.
— Snowshill, dans le Gloucestershire. C'est un petit village… avec des champs de lavande.
Note de fin : Voilà, j'espère que le début de cette nouvelle aventure vous a plu :) Vos commentaires sont les bienvenus, comme d'habitude !
Merci d'avoir lu et à mercredi pour la suite !
