disclamer: JKR!
Voilà le 3ième chapitre...je vais essayer de continuer à en poster un chaque jeudi! Donnez moi vos avis, ils seront les bienvenus ;)
bonne lecture!
Ilda
Chapitre 3 :
Hermione regardait en direction du ciel qui s'assombrissait peu à peu.
A l'horizon se profilait encore le dôme rougeoyant du soleil, mais la chaleur de cette journée de mai semblait s'être évaporée ; tout comme l'effervescence qui l'avait portée.
Elle se sentit soudain terriblement seule. Avoir espéré et attendu la présence réconfortante de quelqu'un, mettait en exergue le cruel sentiment de solitude qui s'était emparé d'elle.
Et dire qu'elle avait naïvement cru qu'il viendrait ! Hermione se trouva aussi stupide qu'une adolescente en manque d'affection.
Même si elle n'attendait rien d'extraordinaire de cette soirée, elle s'était réjouie en pensée à l'avance.
Enfin, ça, c'était la version officielle de sa conscience. En vérité, elle s'était imaginée rentrer chez elle le sourire aux lèvres, et le cœur battant la chamade.
Avec un soupir de lassitude, elle enfila sa cape de popeline dans l'intention de partir, mais son bras s'arrêta brusquement à mi-chemin entre son épaule gauche et le sommet de sa tête.
Draco Malfoy se tenait devant elle, ses yeux bleus brillants d'une étrange lueur de malice, un sourire goguenard au coin des lèvres.
- Alors, Granger, tu attendais quelqu'un ? s'enquit-il avec un air faussement surpris.
- Malfoy, le salua-t-elle d'un bref signe de tête en ignorant délibérément sa remarque.
Il ne résista pas à la tentation de rajouter :
- Powle Douglass semble t'avoir fausser compagnie… Je serai toi, je surveillerai mieux ton courrier, dit-il d'un air condescendant en tendant un parchemin jaunâtre. Il semblerait que ceci t'appartienne.
- Et comment se fait-il que ceci soit en ta possession ? répliqua-t-elle, piquée au vif.
- Pur hasard, Granger. Je t'en donne ma parole, répondit-il, avec un sourire ironique qui démentait complètement ses propos.
- Ta parole ne vaut rien, tu devrais le savoir, Malfoy, cracha-t-elle en se levant. Peu importe comment tu as eu cette lettre, rends-la moi immédiatement !
- Pas si vite Granger ! Tu dois être sacrément désespérée pour sortir avec Douglass, insista-t-il d'un ton dédaigneux. Pourtant, tu ne t'es pas trop amochée, j'aurai cru qu'un tas de garçons aurait été ravi de sortir avec notre cerveau national…non ? finit-il avec un sourire carnassier.
Hermione ne cacha pas son exaspération. C'était de la provocation pure et simple mais ces paroles avaient un fond de vérité blessant. Juste un fond, bien sûr.
Rester calme. C'était la clé, pensa-t-elle
- Et toi, tu dois être sacrément paumé pour venir te soûler seul dans un café !
- Mmmh…ça manque de conviction Granger ! Je t'ai connu une meilleure répartie.
- Donne-moi la lettre Malfoy. Et ne t'échines pas à gâcher ma soirée plus qu'elle ne l'est déjà.
Le ton était ferme et sans appel. Pourtant, Draco y décela une pointe de lassitude qui le décontenança. Il plongea son regard dans le sien, et constata avec intérêt qu'elle rougit légèrement. A moins que cela ne soit le reflet des bougies flottantes?
- Malfoy, s'il te plait. Je n'ai pas toute la nuit.
Son ton avait perdu en fermeté et en intensité. Une petite voix lui enjoignait de se détacher tout de suite de ses yeux bleus d'une profondeur enivrante mais sa volonté décroissait au fil des secondes.
De son côté, Draco n'en menait pas plus large.
Sa conscience avait beau lui répéter qu'elle était une ancienne Gryffondor moldue et un rat de bibliothèque; il avait terriblement envie de l'embrasser, là, en ce moment précis, mais il se retint, dans un sursaut de dignité serpentarde.
D'une voix un peu rauque, il lui proposa :
- Allez Granger, je t'offre un verre ! Ta tête décomposée me fait vraiment pitié ! rajouta-t-il avec empressement, tandis qu'il faisait signe au serveur.
- Serait-ce une proposition implicite de trêve ? demanda-t-elle malicieusement.
- Tu rêves Granger ! Tu sais bien qu'il n'y aura jamais de trêve entre nous, murmura-t-il d'une voix chaude.
Hermione se rassit, en luttant avec peine contre la sensation grisante d'envoûtement que lui prodiguait la présence de Malfoy.
- …mais avoue que tu gagnes au change ! compléta-t-il avec un regard suggestif.
Elle se contenta d'hausser un sourcil, sceptique.
- Eh bien Granger ! Je vois que je te fais plus d'effet que Douglass -rien d'étonnant, je lui suis infiniment supérieur en tout point ! s'exclama-t-il avant de boire une gorgée.
- Tu n'as pas changé, Malfoy, soupira-t-elle, lasse. « Alors pourquoi tu m'attires soudain autant ? » songea-t-elle intérieurement.
- La miss je-sais-tout fait erreur et je vais te le prouver, susurra-t-il en se rapprochant dangereusement de son visage.
Pianotant nerveusement le rebord marqueté de la table, elle le fixait, décontenancée par ce brusque changement d'attitude et la sincérité qui émanait de ses yeux clairs.
Une part d'elle était parfaitement lucide qu'il jouait simplement avec sa conscience et son amour-propre, qu'il exerçait une fois de plus ses talents de séducteur ; mais au fond, elle voulait se laisser bercer par l'illusion qu'il était différent. Se sentir désirée durant un millième de seconde, juste un instant -vraiment, rien de plus- pour tromper sa solitude.
Peut-être était-ce pour cela qu'elle se laissa embrasser sans résistance, savourant pleinement les dernières secondes de ce jeu dans lequel il était passé maître.
Un jeu parfaitement orchestré, que seul Draco pouvait diriger. Un jeu où chaque geste et chaque expression étaient minutieusement étudiés. Un jeu pareil à l'engrenage huilé d'une horloge, destiné à tourner sans fin.
Mais quand Draco sentit Hermione répondre au baiser -timidement d'abord, puis avec une ferveur inattendue- il comprit que cette fraction de seconde -qui avait eu l'audace d'échapper à son contrôle- était aussi infime et puissante que le grain de poussière qui fait dérailler un engrenage soigneusement entretenu.
- Toujours pas de trêve ? chuchota-t-elle à son oreille, les yeux animés d'un éclat inhabituel.
- Disons que nous ne sommes plus en guerre, lui répondit-il sur le même ton.
