disclamer: tout à JKR
Tout d'abord merci à Trukounette et Noémie pour vos reviews, j'espère que la suite vous procurera autant de plaisir que j'en ai eu à vous lire!
Je précise que, par inadvertance -ou maladresse de ma part- je n'autorisais pas les reviews anonymes jusque là, mais ce léger détail étant réglé grâce aux bons soins de babypearl -merci encore!- plus rien ne peut vous empêcher de me transmettre vos commentaires trèèès attendus!
Merci et bonne lecture :)
Chapitre 4 :
Encore ensommeillée, Hermione profitait, de la tiédeur d'un rayon de soleil qui baignait son visage d'un halo doré.
Elle repensa non sans émotion à la soirée passée : finalement, elle était rentrée chez elle le cœur guilleret, des étoiles pleins les yeux, et la tête bourdonnant de projets tous plus impensables les uns que les autres.
« Imbécile » se traita-t-elle à voix basse. « Venant de Malfoy, tu sais que ça ne veut rien dire »
Malfoy l'avait embrassé.
La réalité lui sauta au visage une nouvelle fois, provoquant une multitude de frissons le long de sa colonne vertébrale. Et pourtant, elle savait à quel point il était risible, voire ridicule, de tirer des déductions d'un tel geste.
En revanche, il y avait certaines conclusions qui s'imposaient à son esprit et qu'elle ne pouvait guère démentir.
Elle avait apprécié ce baiser ; et encore, c'était un euphémisme.
Elle donnerait n'importe quoi pour revivre un moment semblable ; sauf peut-être Pattenrond et son encyclopédie de la Magie en quinze volumes.
Pire encore, sa présence lui manquait déjà et elle sentait naître au fond elle, un attachement qui lui aurait été préférable d'ignorer.
Repoussant la couverture moelleuse à contrecœur, elle se leva et prépara son petit-déjeuner sans entrain.
Elle avait beau n'avoir aucune contingence horaire ce jour-là, il n'était pas question de flemmarder au lit, et encore moins de ressasser les images de la veille.
Au dehors, les alouettes agrémentaient les branches reverdies de leurs trilles mélodieux, tandis que les nuages embrasés se déchiraient peu à peu pour laisser apparaître un pan de ciel azuré
Tout en buvant son café matinal, elle feuilleta la Gazette du Sorcier et parcourut d'un œil distrait les articles dénués d'intérêt qui la composaient depuis la fin de la guerre : plus aucun racontar à monter en épingle, ni scoop inventé de toute pièce depuis la démission de Rita Skeeter.
Sa lecture fut interrompue par l'arrivée d'un hibou moyen duc qui ne lui sembla pas totalement inconnu, sans qu'elle parvienne toutefois à retrouver le nom de son propriétaire.
Et si… ?
Elle décacheta fébrilement la lettre, en se maudissant intérieurement pour sa faiblesse.
Ce ne fut pas sans une pointe de déception qu'elle reconnut aisément l'écriture de Powle, mais ce fut avec une parfaite indifférence qu'elle lut sa missive :
Bonjour Hermione,
Comment vas-tu ?
Je tiens d'abord à m'excuser pour notre rendez-vous manqué d'hier soir. Vois-tu, j'ai bon espoir que tu m'aies attendu même si je dois avouer avoir été très surpris de ne pas recevoir ta réponse dans le courant de la matinée.
Néanmoins, je suis impardonnable de ne pas t'avoir informée plus tôt qu'une affaire extrêmement importante–concernant la disparition de certains enfants cracmols- m'a retenu toute la soirée. Voilà qui explique mon absence au Lys d'Or, j'espère d'ailleurs que tu n'as pas patienté trop longuement.
Que dirais-tu qu'on se retrouve ce soir, même heure, même endroit ? Pour ma part, je serai enchanté de te revoir !
Amicalement,
Powle.
Après l'avoir relu deux fois, elle entreprit pensivement d'y répondre, mordillant par intermittence le bout de sa plume d'aigle.
Qu'est ce que les choses pouvaient être étranges, parfois !
Alors que cette lettre l'aurait comblée de joie vingt-quatre heures auparavant, elle se trouvait à présent contrainte de répondre à une invitation qui ne lui faisait plus envie.
Les paroles de Malfoy lui revinrent soudain en mémoire, et elle constata, mortifiée, la véracité de ses affirmations :
« Eh bien Granger ! Je vois que je te fais plus d'effet que Douglass -rien d'étonnant, je lui suis infiniment supérieur en tout point ! »
Hermione ferma les yeux un instant, tentant de reprendre ses esprits. Elle n'allait tout de même pas gaspiller ses chances d'une potentielle relation avec Powle…pour Malfoy !
Pourtant, quand elle se remémora l'intensité de son regard, l'éclat de ses yeux bleus, et sa voix -Merlin, qu'est ce qu'il pouvait avoir une voix chaude et sensuelle ! Pourquoi ne l'avait-elle jamais remarqué?– elle sut que son attirance pour Draco Malfoy avait déjà amplement dépassé sa raison.
Résignée, elle déclina poliment l'invitation de Powle, prétextant un dîner familial ; et décida de rendre une petite visite à Ginny qui saurait sûrement la conseiller.
Deux minutes plus tard, elle se tenait sur le vaste palier de l'appartement de son amie. Priant pour que celle-ci soit réveillée, elle frappa doucement à la porte.
De longs cheveux roux en bataille ne tardèrent pas apparaître ; et le visage fatigué de leur propriétaire s'éclaira à la vue de la visiteuse.
- Oh ! Hermione ! C'est formidable ! s'exclama-t-elle, j'allais justement t'envoyer un hibou pour te proposer de venir passer la journée avec moi. C'est dommage, enchaîna-t-elle, que tu ne sois pas relié au réseau des Cheminées, parce que bientôt, ça va vraiment m'être impossible de transplaner…Oh ! Mais entre donc ! Installe-toi au salon, ordonna-t-elle ; je vais préparer du thé et un plateau de sucreries, comme au bon vieux temps.
Hermione suivit les directives de son amie sans mot dire, riant intérieurement de la ressemblance frappante entre Mrs Weasley et sa fille.
- Aaah ! Tu ne pouvais pas mieux tomber ! s'enthousiasma-t-elle quand elle revint de la cuisine, les bras chargés de friandises. Il faut que je te confie quelque chose, mais tu vas devoir tenir ta langue pendant trois semaines encore, précisa-t-elle, mystérieuse.
A l'air rayonnant de son amie, elle comprit de quoi il s'agissait mais avant même qu'elle ait pu dire quoique soit, Ginny annonça fièrement :
- Je suis enceinte ! Tu imagines ? Harry ne le sait toujours pas, je veux lui dire le jour de notre anniversaire de mariage. Si tu savais combien je suis heureuse ! Ma mère va devenir infernale quand elle saura ça ! Mais tu ne dis rien avant la fin du mois, promis, hein ?
- Tu peux me faire confiance ! Ça fait combien de temps que tu nous caches cela ? s'enquit-elle
- Je l'ai appris hier mais apparemment, j'arrive bientôt au terme du premier mois. J'avoue que ce n'était pas prévu si tôt mais je n'ai aucun regret. Et puis, j'ai la chance de ne pas avoir besoin de travailler, grâce à la fortune personnelle d'Harry…Ah, 'Mione ! Je te souhaite de connaître un jour autant de bonheur !
Pour toute réponse, elle esquissa une moue perplexe. Elle n'avait jamais sérieusement envisagé d'avoir des enfants, et en tant que fille unique, elle avait amadoué la solitude depuis longtemps. Et puis d'abord ; avec qui pourrait-elle avoir un enfant ?
- Mais au fait, j'imagine que tu devais avoir quelque chose d'important à me dire toi aussi, pour venir à neuf heures du matin ! se rappela Ginny. Tu as un souci ?
- Je pense que le terme est adapté…dit Hermione, plus sombrement.
- Que se passe-t-il ? la pressa Ginny.
- Eh bien...j'imagine que tu es au courant que j'avais rendez-vous hier soir avec Powle Douglass ?
Son amie opina de la tête.
- Et ? interrogea-t-elle en grimaçant. Ça s'est mal passé ?
- Euh non, enfin...il y a eu un malentendu et on ne s'est pas vu… En fait, ce n'est pas de lui dont je veux te parler. Tu vois, j'attendais Powle au Lys d'Or quand j'ai croisé Malfoy. Au début, il n'était pas moins arrogant que d'habitude…et puis, après…il m'a embrassé…dit-elle en fuyant résolument les yeux écarquillés de Ginny. Et je crois que j'ai vraiment apprécié, compléta Hermione d'une traite, tandis que son amie réprimait difficilement un hoquet de stupeur.
- Tu crois… ou tu es sûre ? répliqua-t-elle, en essayant de recouvrer sa respiration et son pragmatisme.
- J'en suis presque sûre, soupira-t-elle, sans oser regarder Ginny, qui buvait une gorgée de thé.
Ce coup-ci, elle s'étouffa carrément.
oOo
Draco Malfoy remontait d'un pas vif l'interminable allée de sable qui s'étalait au milieu de la pelouse soigneusement entretenue, essayant de retrouver l'habituel sang froid qui le caractérisait en toute circonstance.
Ses pas le menèrent machinalement au bas de l'escalier de marbre qu'il gravit, dominant de toute sa hauteur les bosquets alentours.
Il s'arrêta sur le perron, balayant de son regard l'immense parc qui entourait la propriété.
Il ne se sentait jamais aussi seul qu'en contemplant ce paysage grandiose qui lui rappelait sans cesse de quelle lignée il était issu.
La dynastie des Malfoy rimait avec grandeur et décadence ; il en avait la preuve sous les yeux.
En tant que propriétaire du domaine et unique descendant d'une ancestrale famille de Sangs Purs, il se devait d'entretenir la gloire de son nom - comme l'avait fait précédemment son arrière grand-père Barthenemius Hillairn Malfoy, en aménageant ces magnifiques jardins à la française.
Hélas, Malfoy rimait également avec tradition -des traditions aussi aliénantes que superflues qui, assurément, ne l'entraînerait qu'à reproduire les erreurs du passé.
Par exemple, il se refusait complètement à l'idée d'épouser la riche héritière des Parkinson comme l'avaient envisagée leurs parents, jadis. Il épouserait la femme qu'il aime.
Son visage s'assombrit à cette perspective, le ramenant immédiatement à sa préoccupation majeure depuis une douzaine d'heures : Hermione Granger.
Sans doute serait-elle la pire épouse qu'un Malfoy n'ait jamais eue –une fille de Moldus, par Merlin!-, et en cela, peut-être celle qui lui conviendrait le mieux.
Ses propres pensées le remplirent soudain de confusion : si chaque femme qu'il embrassait, devait devenir son épouse, il aurait bientôt un harem digne d'un sultan oriental !
Mais pourtant, il savait pertinemment qu'il y avait eu quelque chose de différent avec elle.
Quelque chose de beaucoup plus fort qu'un simple flirt, quelque chose qui avait pris une ampleur incroyable en quelques heures, quelque chose qui échappait dorénavant à son contrôle.
Pénétrant dans le hall démesuré du Manoir, il se dirigea vers la Galerie Est -sans un regard pour les tableaux de ses ancêtres qui ornaient pompeusement les lieux.
L'aile Est –où il s'était établit depuis la fin de la guerre- était la partie la plus ancienne du Manoir et avait été délaissée au fil des générations.
De ce fait, c'était l'unique endroit où Voldemort n'avait jamais pénétré ; son père le jugeant indigne de son maître, même si de multiples tapisseries aux couleurs passées par le temps, témoignaient encore du goût immodéré pour le luxe de ses aïeux.
Une aubaine pour Draco qui en avait fait son refuge, loin des miasmes persistants d'une époque qui ne saurait être trop tôt oubliée.
Après avoir empruntés l'antique escalier de chêne massif et divers corridors éclairés par la lueur dansante des torches, il arriva à la porte de ses appartements aux couleurs typiquement serpentardes.
Traversant l'antichambre et le salon, il alla s'installer directement à son bureau, se saisit d'un morceau de parchemin et de sa plume avant de se mettre à écrire.
Granger,
Comme je te l'ai dit hier soir, nous ne sommes plus en guerre et pour te prouver que je tiens mes paroles, tu es attendue à l'Aigue-marine demain, 18h30. Ne sois pas en retard.
Je ne m'embarrasserai pas des formules usuelles de politesse, parce que je compte bien t'assurer de mon respect de vive voix,
Draco Malfoy.
Il relut sa lettre d'un œil critique, puis, satisfait, la plia et y apposa son sceau. Il n'avait plus qu'à l'envoyer avant que son courage lui fasse défaut.
