(disclamer: JKR)

Un grand merci à Noémie, Eileen et zephyree pour leurs reviews, ainsi qu'à tous ceux qui continuent de me lire.

Enjoy!

Chapitre 5 :

Hermione jaugeait d'un œil dubitatif la robe qu'elle venait de s'offrir chez Mme Guipure -une vraie petite merveille de satin vert émeraude brodée d'or, au prix exorbitant.

Ce genre d'achat impulsif ne lui correspondait guère, et une fois l'excitation retombée, elle se blâma mentalement pour sa légèreté.

Certes, Malfoy l'avait invité à dîner par on ne sait quel miracle, mais cela ne justifiait pas une telle dépense –plus de la moitié de son salaire mensuel !

Ses yeux se posèrent sur l'invitation qu'elle avait reçue la veille; quelle n'avait pas été sa surprise en découvrant un majestueux hibou grand-duc patientant devant sa fenêtre, un rouleau de parchemin portant le sceau des Malfoy attaché à la patte !

Un coup de cloche retentit dans le lointain, indiquant la demie de cinq heures et la tirant de sa rêverie.

Essayant de tromper son impatience mêlée de crainte et de désir, elle se prépara avec un soin tout particulier et quand elle eut fini d'arranger les boucles qui s'échappaient de son savant chignon, elle enfila précautionneusement sa robe.

C'était le subtil alliage des couleurs qui l'avait séduite : une façon de faire honneur à son hôte sans toutefois renier sa nature profonde ; sans compter que le vert rehaussait élégamment l'éclat de ses cheveux.

La dernière touche de maquillage appliquée, elle se recula afin d'admirer l'ensemble.

Pour la toute première fois, son miroir lui renvoya une image extrêmement flatteuse d'elle-même, une image qui était tellement lisse et sans défaut qu'elle en fut mal à l'aise.

Elle avait déjà pressenti cette curieuse sensation, presque dix ans auparavant, alors qu'elle se rendait au Bal de Noël au bras de Victor Krum. Mais à l'époque, ses efforts n'avaient pas altéré son naturel et c'était plus le fait de se découvrir une autre facette qu'il l'avait inquiétée et émerveillée à la fois.

Ce soir, c'était bien différent. Elle ne se reconnaissait pas.

Cette Hermione sophistiquée n'était qu'un reflet trompeur de la véritable Hermione qui d'ailleurs, semblait s'être envolée.

Et étrangement, elle eut l'impression que c'était trahir Draco, et surtout se trahir, que de rester ainsi métamorphosée.

Pourquoi se présenter sous une apparence qui n'était pas la sienne ? S'il devait l'aimer, il l'aimerait telle qu'elle était réellement.

Sûre d'elle, elle se démaquilla et défit habilement ses cheveux qui s'éparpillèrent librement sur ses épaules.

« C'est déjà mieux comme cela » songea-t-elle en s'observant à nouveau.

Désormais, l'unique touche de sophistication venait des broderies dorées qui ornaient le décolleté de sa robe.

L'ensemble était ainsi beaucoup plus sobre. Plus Hermionien, en quelque sorte.

oOo

L'Aigue Marine dont la réputation n'était plus à faire, était considérée comme le meilleur restaurant de la capitale. C'était un lieu côté où il était bon ton de s'y afficher en illustre compagnie, de sorte que la clientèle ne désemplissait pas.

De toute évidence, la famille Malfoy avait dû fréquenter assidûment l'établissement, et Draco fut accueilli avec tous les honneurs inhérents à son rang. Il était toutefois conscient que c'était plus la peur qui inspirait au personnel autant d'empressement, qu'un réel dévouement.

Contenant difficilement un soupir à l'idée d'être aussi terrifiant et abject que son paternel, il suivit le serveur à la table qu'il avait retenue la veille –grugeant une longue liste de réservations, monnayant une centaine de gallions supplémentaires.

Avec un bon quart d'heure d'avance, il s'assit sur une chaise tendue de velours vénitien, et, époussetant machinalement son costume, il considéra vaguement le décor alentour –moins tapageur qu'au Manoir mais presque aussi luxueux- avant que ses yeux ne se noient dans les multiples gouttelettes d'eau qui ruisselaient le long de la vitre extérieure.

Il se demanda un instant si ce n'était pas une fenêtre enchantée, mais la densité des nuages qui obscurcissaient l'horizon le détrompa vite.

oOo

Encapuchonnée, Hermione traversa la chaussée, et, avec un dernier regard courroucé pour le ciel pluvieux, pénétra dans la bâtisse d'apparence cossue qui portait fièrement son nom, illuminée dans la grisaille.

Après avoir décliné poliment son identité, on la débarrassa de sa cape et elle fut conduite auprès de Draco, qui, installé au milieu d'un labyrinthe de tables, ne semblait pas s'émouvoir de la magnificence des lieux, ni de l'attention toute particulière dont ils faisaient l'objet.

En vérité, il tentait de conserver, dans un effort quasi-surhumain, toute son indifférence coutumière.

Dès qu'elle avait franchi le seuil du restaurant, son regard avait été comme happé par le délicieux mélange de candeur et de maturité qui se dégageait d'elle.

Puis, quand il rencontra ses yeux noisette, la vit esquisser un timide sourire tandis qu'elle repoussait nerveusement ses cheveux légèrement humides derrière ses épaules ; il sentit son cœur s'emballer à tel point qu'il ne pouvait plus nier la portée de ses sentiments.

- Bonsoir Granger, dit-il posément en se levant. J'apprécie ta ponctualité, compléta-t-il en l'enjoignant à s'asseoir d'un geste.

- Bonsoir Malfoy. Je dois avouer que je suis à la fois touchée et surprise de ton invitation, répondit-elle en rougissant légèrement. Je n'aurai jamais pensé… une soirée…avec toi…ici, bredouilla-t-elle en désignant le cadre somptueux.

- Aaah, le restaurant te plait ? C'est le seul de Londres qui soit encore digne de mon nom, poursuivit-il avec aplomb, tirant un petit rire amusé à Hermione.

Le serveur apporta la carte à ce moment, et tous deux feignirent de s'absorber dans la lecture des innombrables plats et des divers menus.

Il subsistait encore une certaine gêne silencieuse entre eux, et chacun préférait admirer l'autre à la dérobée, plutôt que de s'échanger un regard qui pourrait mutuellement les trahir.

oOo

Réchauffée par la lumière tamisée et l'or miroitant des tableaux, l'atmosphère se détendit au fur et à mesure du repas et les conversations prirent un tour plus personnel, l'alcool aidant à vaincre les dernières inhibitions.

Abandonnant leurs piques et leurs réflexions incessantes –à présent, entièrement dénuées de méchanceté- ils se dévoilèrent un peu plus intimement: elle lui raconta quelques anecdotes amusantes de son enfance chez les Moldus ; il lui parla -non sans amertume- de la sienne, et de son tyran de père.

Hermione était absolument sous le charme de ses yeux clairs si expressifs et de son sourire tantôt moqueur, tantôt énigmatique. Elle aimait ce Draco aimable, loquace et attentif ; et redoutait l'instant où il redeviendrait l'homme odieux et hautain qu'elle avait côtoyé pendant une dizaine d'années.

A moins qu'il ait réellement changé?
Elle aurait voulu s'en convaincre mais la peur de la déception était bien trop grande pour qu'elle ose former des rêves aussi enfantins.
Comme elle aurait souhaité que cette soirée dure toujours !

Quant à Draco, force lui était de constater son affection grandissante pour la jeune femme. Il sentait dès à présent qu'il ne pourrait bientôt plus se passer de ses réparties pleines d'esprit, et pire encore, qu'il ne se lasserait jamais de contempler l'ondoiement de ses boucles châtain.

oOo

Le dîner touchait à sa fin : Hermione savourait longuement les dernières cuillérées de glace à la violette qui lui restait, comme pour retarder l'inévitable départ.

Elle avait désormais parfaitement conscience de l'épais brouillard de sentiments qui s'étendait au-delà de leurs mots, les unissant et les séparant malgré eux. Comment sa vie avait-elle pu prendre un tel tournant en à peine quarante-huit heures?

- J'ai vraiment passé une excellente soirée…merci beaucoup, Draco, commença-t-elle en triturant un pan de son châle.

- Pas de quoi. Tout le plaisir fut pour moi, répliqua-t-il un peu vivement, irrité malgré lui qu'elle s'apprête à partir.

Un silence ouaté retomba entre eux, uniquement entrecoupé par le lointain cliquetis des couverts qu'on maniait.

Hermione racla consciencieusement le fond de sa coupelle, puis d'une voix un peu hésitante, entama :

- Je vais…je vais y aller, maintenant. J'espère qu'on aura d'autres occasions de se revoir, je…

- Hermione ? coupa doucement Draco en s'approchant d'elle par-dessus la table.

Elle releva les yeux, surprise de le sentir si proche, et si inaccessible à la fois.

- …Reste encore un peu, souffla-t-il avant de s'emparer de ses lèvres.

oOo

Même rompue par la fatigue, elle ne parvenait pas à s'endormir tant son cœur exultait.

Emplie d'une joie ineffable, elle se blottit un peu plus contre Draco, appréciant le contraste entre son corps brûlant et la fraîcheur des draps de coton, d'une blancheur immaculée.

La lune blêmissait de minute en minute, annonçant l'aube tandis qu'une alouette, messagère du matin, chantait dans le lointain.

Dans quelques heures, il lui faudrait aller aux cours de l'ESS, puis affronter l'irascible Mrs Geeky, sa patronne de Grassery's & Co ; mais rien ne pouvait entamer le bonheur parfait dont elle jouissait enfin.
Il n'avait fallu que deux petits jours pour que la très réfléchie Hermione Granger abandonne tous ses préjugés et se laisse aller à une étreinte des plus audacieuses. Libre! Elle était totalement, irrémédiablement libre -libre d'aimer qui bon lui semblait, surtout- et cette révélation lui procura un rire de joie.


J'espère que ce chapitre 5 vous a plu... Au risque de me répéter, n'hésitez pas à me faire part de vos avis, critiques et commentaires!

Pour celles (ceux?) qui attendent impatiemment l'arrivée de Severus, rassurez vous, c'est bientôt vu qu'il va faire sa première apparition dans le chapitre 6...mais étant donné que je vais m'absenter pendant les quinze prochains jours - et je n'ai pas la moindre idée s'il y aura un ordinateur à ma portée- je vais mettre encore un peu votre patience à l'épreuve!
J'espère tout de même que ça ne vous découragera pas ;)

Ilda