disclamer: toujours à JKR

Merci à Noémie, Gabriell, sapiwette, Aodren et Alatariel Melawen pour leurs reviews très sympathiques et motivantes! Pour celles qui m'ont envoyées une review signée, excusez-moi de ne pas vous avoir répondu personnellement, mais étant donné que je viens tout jute de revenir chez moi, j'ai pensé que vous préféreriez avoir le nouveau chapitre plutôt que les remerciements de l'auteur.
Ceci dit, je vous promets que ça ne se reproduira pas!


Chapitre 6 :

Déballant tous ses effets personnels de sa malle magiquement réduite, Hermione entreprit de s'installer dans sa nouvelle demeure.

Presque deux mois s'étaient écoulés depuis leur premier rendez-vous, et après que leurs amis eurent été mis au courant, Draco lui avait proposé de venir habiter chez lui, ce qu'elle avait accepté avec un plaisir manifeste.

Avec un sourire rêveur, elle se remémora l'inoubliable soirée où ils avaient annoncé leur liaison.
Aujourd'hui encore, elle avait peine à croire qu'elle partageait le quotidien d'un homme qu'elle s'était empressée de détester pendant de si longues années, et que ce même homme, par un étrange coup du sort, lui soit aussi dévoué dépassait l'entendement.

Ce qui devait être un simple repas dominical entre amis s'était mué en une véritable fête qu'ils ne sauraient oublier de si tôt.
Certes, elle avait eu droit au début à des regards médusés – seule Ginny était dans la confidence- ; Draco, à des coups d'œil suspicieux d'Harry et Ron, mais l'évidente fierté qui émanait du Serpentard lorsqu'il était près d'elle, les avait vite dissuadés d'une affection feinte.
Au contraire, tous avaient été témoins de sa tendresse et de sa prévenance, Hermione la première.

Loin de s'être transformé en un soupirant docile et pétri de bons sentiments ; il avait conservé la volonté et la prestance d'un Malfoy en même temps que ses penchant moqueurs, mais avait appris peu à peu à écouter son cœur.
Plus que jamais, Hermione avait conscience de l'incroyable changement qui s'était opéré en lui et ne l'en aimait que davantage.

Revenant à la réalité, elle congédia gentiment Thinia -l'elfe de maison qui lui avait présenté le Manoir-, et se livra sans retenue à l'inspection de leurs appartements.

Leur chambre –par Merlin, elle n'aurait jamais cru un jour utiliser cette appellation !- donnait à la fois sur l'immense parc et la roseraie de la cour intérieure.

Elle présentait de belles proportions et un mobilier très raffiné : de l'armoire aux fauteuils, du secrétaire aux commodes, tous les meubles formaient un parfait assortiment de chêne et de cerisier, marqueté aux armes des Malfoy.
L'ensemble des voilages et tentures était décliné dans un dégradé de vert, qui contrastait agréablement avec les murs couleur crème et les frises dorées.

Se demandant quel avenir lui était réservé en un tel lieu, elle parcourut vivement l'enfilade de pièces qu'un chaleureux rayon de soleil illuminait, les sortant ainsi de leur torpeur.

Malgré leur propreté impeccable, l'air ambiant y paraissait chargé de poussière, et l'atmosphère, imprégnée d'un profond sentiment de solitude.

Avec une joie enfantine, Hermione s'empressa alors d'égayer le salon, dispersant des petits bouquets de fleurs en même temps que sa bonne humeur, et ce, jusqu'à ce que sa présence vivifiante lui redonne vie.

Satisfaite des aménagements accomplis, elle décida d'aller récupérer ses dernières affaires sur le champ ; ainsi, elle serait entièrement établie avant le retour de Draco.

oOo

Severus Snape s'arrêta devant une vieille porte cochère, les sourcils légèrement froncés en signe de scepticisme. Il vérifia l'adresse, inscrite sur le bout de parchemin qu'il tenait à la main ; puis jaugeant l'immeuble du regard, pénétra dans la cour mitoyenne.

Pestant tout bas contre MacGonagall qui était -paraît-il- trop occupée pour se charger elle-même de lui trouver un remplaçant, il s'avança vivement vers l'entrée, presque aussi délabrée que le reste.

Il se demanda un instant ce qu'une sorcière pouvait bien gagner à vivre dans un tel endroit, puis, apercevant quelques fils qui pendouillaient lamentablement à sa droite et dont l'utilité lui paraissait totalement superflue, il poussa un juron sonore.

Scrutant des yeux la petite boîte métallisée d'où partaient plusieurs fils, il finit par trouver le nom qu'il recherchait : « Hermione Granger. 7è étage, porte de gauche. »

Sa nature méfiante -renforcée par de nombreuses années d'espionnage- lui déconseilla fortement d'appuyer sur le petit bouton argenté qui se dressait près de son nom, et il n'eut pas d'autre choix que de lancer un sort informulé sur la porte -qui s'ouvrit dans un déclic.

Une ampoule nue éclairait faiblement le hall d'entrée, et, résistant à l'envie de jeter un sort de nettoyage, il s'interrogea encore une fois, avec une sollicitude inhabituelle, sur ce qui avait bien pu la pousser à emménager ici.
A moins qu'elle ne dupe le propriétaire –et il aurait juré qu'elle était bien trop honnête pour le faire- il ne comprenait pas quelle idée saugrenue avait pu lui avait traverser l'esprit.

Severus grimpa les sept étages avec une légèreté étonnante : c'est à peine si les marches usées gémirent sous son poids.

Frappant sèchement à la porte, il se surprit à éprouver une pointe d'anxiété : il n'avait guère l'habitude de rendre visite à ses anciens élèves –Gryffondors de surcroît- ni de leur offrir son poste de professeur.

Le grincement sinistre de la porte le tira soudain de ses pensés, et il se retrouva nez à nez avec Miss Granger.

- Professeur Snape ! s'exclama-t-elle, une lueur d'incrédulité dans les yeux.

- Miss Granger, salua-t-il froidement.

Reprenant vite contenance, elle enchaîna posément :

- Que me vaut votre visite ? Entrez, je vous prie.

Il la suivit dans la petite cuisine, remarquant au passage quelques affaires amoncelées dans un coin.

- Vous déménagez ? s'enquit-il, atterré par sa propre curiosité.

- Oui, enfin ! Vous avouerez comme moi, que ce n'est pas très reluisant comme lieu d'habitation !

Bizarrement, il se sentit soulagé de se l'entendre dire ainsi. « Au moins, il lui reste encore assez de bon sens pour s'en rendre compte. » songea-t-il, sarcastiquement.

- Asseyez-vous donc ! ordonna-t-elle en désignant une chaise. Du thé, professeur ?

Il hocha la tête en signe d'assentiment, tandis qu'Hermione, occupée à remplir la bouilloire, tentait de cacher sa confusion -donner des ordres à un ancien professeur, franchement !

De son côté, Severus cherchait comment présenter sa requête sans perdre de son prestige : il n'allait certainement pas annoncer tout de go qu'il souhaitait prendre sa retraite, loin des cornichons sans cervelles qui lui faisaient office d'élèves, et quant à aborder le sujet en la félicitant pour son récent diplôme de l'ESS –brillamment obtenu cela va sans dire- il en était absolument hors de question.

- J'ignore si vous avez encore des contacts à Poudlard… Si c'est le cas, vous devriez savoir que nous recherchons en ce moment un assistant en Potions et en Métamorphose, et que ce poste pourrait devenir sur le long terme, un temps plein ; commença-t-il habilement.

- Je n'en savais rien, professeur.

- Vous voilà donc au courant, coupa –t-il. Le professeur MacGonagall m'ayant chargé de trouver quelqu'un, j'ai demandé à l'ESS les coordonnées des étudiants étant suffisamment qualifié pour ce poste. Et vous êtes la première de la liste, compléta-t-il avec la désagréable impression de se justifier.

- Oh ! Eh bien, à dire vrai…je ne sais pas trop quoi vous répondre, entama-t-elle, un peu gênée, en lui tendant sa tasse.

Il la dévisagea avec étonnement : c'était loin d'être la réponse qu'il prévoyait, et fut d'autant plus désorienté de la voir sincèrement à cours de mots.

- Vous voyez, je n'ai jamais réellement envisagé d'enseigner. Je ne pense pas être vraiment faite pour ça…enfin, je…je préférerai travailler dans la recherche.

- Naturellement, comme tout jeune sorcier. Mais les deux ne sont pas incompatibles, vous devriez le savoir Miss Granger, répondit-il avec lassitude.

- Je vais y réfléchir, professeur, acquiesça-t-elle, contente de clore si rapidement la discussion.

- Quand allez-vous donc vous débarrasser de cette fâcheuse manie de m'appeler 'professeur' ? Cela fait quelques années que je n'ai plus eu le plaisir de voir votre main levée, grogna-t-il ironiquement avant de boire une gorgée.

Hermione rougit sous la remarque et plongea à son tour son nez dans la tasse.

Ils burent leur thé en silence, s'évitant du regard.

Chacun à leur manière, ils ressentaient l'étrangeté de la situation : après s'être côtoyés pendant sept ans de mauvaise grâce, voilà qu'ils se retrouvaient à boire un thé en tête-à-tête.
Intérieurement, Severus se maudit de son zèle : un hibou aurait amplement suffit.

Et pourtant, il ne pouvait pas accuser la jeune fille d'être de mauvaise compagnie : au contraire, c'était une des rares élèves qui avait toujours manifesté une assurance constante face à lui en dépit de sa réputation d'infâme maître des cachots ; et sans sa perpétuelle main en l'air, elle lui changeait agréablement des sourires pincés de Minerva –ou des regards scrutateurs de feu Dumbledore.

En fait, il s'était même pris à espérer qu'elle accepterait le poste, parfaitement conscient –mais absolument pas disposé à l'avouer- qu'il ne pourrait pas trouver une personne mieux qualifiée.
Toutefois, son désir de s'orienter dans la recherche ne l'étonnait guère, lui-même en avait rêvé durant sa propre jeunesse avant qu'il ne s'engage misérablement aux côtés de Voldemort.

Après s'être dépêché de finir sa tasse, il se leva, s'apprêtant à prendre congé. Hermione s'empressa de le raccompagner jusqu'à la porte –plus par politesse que par réelle utilité : on pouvait l'apercevoir d'ici.

- Et bien…merci de vous être déplacé personnellement pour…pour me proposer ce poste.

- Contentez-vous de m'envoyer un hibou pour me faire parvenir votre réponse, coupa-t-il, mal à l'aise.

Les rares occasions où il avait pu recevoir quelques remerciements l'avaient convaincu de leur hypocrisie. Depuis, il les repoussait soigneusement.

- Je n'y manquerai pas. Au revoir… Severus, dit-t-elle, en détachant bien chaque syllabe.

- Je ne crois pas vous avoir autoriser à m'appeler ainsi, répliqua-t-il d'un ton glacial. Il la toisa quelques instants avant de prendre congé.

En refermant la porte, il dut néanmoins reconnaître que son prénom était bien moins détestable dans une si jolie bouche.


Vos impressions? J'espère que l'attitude de Snape vous a parue crédible? (je ne veux surtout pas le transformer en prince charmant...ça lui enlèverait tout son charme! )

Je posterai le chapitre suivant la semaine prochaine, en attendant, n'hésitez pas à me faire savoir vos avis, que vous ayez apprécié ou pas!

Ilda