disclamer: tout à JKR.

Un grand merci à babypearl, Alatariel Melawen, Khalie, Snapinou, sapiwette et Aleksandria020 pour vos reviews toujours aussi agréables et motivantes!
Merci également à tous les anonymes qui continuent de me lire!

Ce chapitre est un peu plus long que les précédents mais rassurez-vous, je ferais en sorte que ça ne se reproduise pas. Je ne voulais vraiment pas couper ce chapitre pour maintenir une bonne cohérence interne (j'ai déjà tronquer pas mal de scènes par rapport à mon plan initial) mais j'espère quand même que vous ne vous ennuyerez pas..

Bonne lecture!


Chapitre 8 :

La magnifique bague sertie de diamants et d'une émeraude taillée en cabochon, scintillait d'une lueur irréelle malgré la pénombre.

Hermione l'admirait en silence, fascinée par l'éclat changeant des pierres précieuses. Cela faisait presque deux mois qu'elle l'avait à son doigt, telle une parcelle de bonheur définitivement accrochée à son annulaire gauche.

Et dire que dans une demi-douzaine d'heures, elle serait la propriétaire légitime de ce bijou ! Depuis le quinzième siècle où elle avait été taillée par les Gobelins, la bague avait été l'apparat de chaque épouse Malfoy.

« Mrs Malfoy » chuchota-t-elle à voix basse. « Hermione Malfoy » répéta-t-elle.

Quelque part, cela ne sonnait pas aussi bien que dans ses rêves. Hermione se leva doucement et s'approcha de la fenêtre, trompant l'ennui.

Elle avait très peu dormi, peut-être à cause de l'absence de Draco, comme le voulait la coutume. A moins que ce ne soit à cause de l'appréhension qui nouait ses entrailles?

Ses yeux se perdirent dans la contemplation du paysage d'une beauté enchanteresse qui s'offrait à elle aujourd'hui, alors qu'elle s'éveillait à l'aube d'une nouvelle vie.

Des milliers de gouttelettes d'eau, suspendues entre ciel et terre, reflétaient pareils à des prismes de cristal, chaque once de lumière qui osait dissiper les brumes matinales.

Elle avait l'impression de vivre un conte de fées, et contre toutes attentes, cette sensation lui procurait un profond malaise.

Quelle était donc cette peur qui dévorait inexorablement les limbes de sa conscience ?

oOo

Draco tentait d'écouter la conversation que menaient allègrement des amis de sa connaissance, mais son esprit distrait l'emmenait sans cesse ailleurs.

Jamais le temps ne lui avait paru aussi long.

Autour de lui, personne ne semblait avoir remarqué son impatience.

La plupart des invités affichaient une expression proche de la béatitude –à croire que c'était leur propre mariage-, certains discutaient en petits groupes, tandis que d'autres s'extasiaient sur la décoration somptueuse; il fallait dire que les elfes s'étaient vraiment surpassés.

Seul, dans le coin le plus sombre de la pièce –obscurité très relative vu le nombre incalculable de bougies qui flottaient- Severus Snape observait avec détachement ces dizaines de visages, inconnus ou désagréablement familiers, qui se réjouissaient du futur bonheur des jeunes mariés.

Tant de sourires dégoulinant de bons sentiments l'écoeuraient au plus haut point.

S'il avait accepté de venir, c'était seulement par respect vis-à-vis Draco -qu'il avait pris sous sa protection à la fin de sa sixième année- et peut-être aussi pour revoir Miss Granger.

Stop.

Il était hors de question qu'il s'aventure sur cette pente extrêmement glissante : premièrement, elle serait une femme mariée dans quelques heures, deuxièmement, ce serait absolument déloyal envers Draco que de la convoiter, et troisièmement, c'était une ancienne élève de vingt ans sa cadette.

Quoique, ce n'était pas le dernier point qui le dérangeait le plus. Qu'elle soit maudite!

oOo

Deux étages plus haut, Ginny essayait tant bien que mal de calmer les inquiétudes d'Hermione.

Chargée de composer la coiffure de la mariée, elle s'efforçait désespérément de maintenir les mèches rebelles de son amie à l'aide de multiples sortilèges ; sans succès.

Finalement, elle se décida à employer la méthode moldue, malgré ses réticences : une bonne dose de patience et la moitié de la bombe de laque suffirent à la réalisation de son chignon.

- Her-miii-ione ! s'écria une Ginny frôlant la crise d'hystérie. Je t'ai dis de ne pas bouger ! Tu refais encore un seul mouvement et je te lance un Petrificus Totalus !

Voyant Hermione grimacer, elle la prévint :

- Je t'interdis d'y toucher ! Tu pourras dire ce que tu veux, tu es magnifique comme ça. Fais moi confiance pour une fois, la taquina-t-elle. Allez, maintenant je te laisse, tu nous rejoins dans quelques minutes comme prévu. Fais attention à ta robe dans l'escalier de marbre !

- Déjà ?! s'exclama-t-elle en cachant difficilement son angoisse.

Hermione, tu-vas-épouser-l'homme-que-tu-aimes-alors-par-pitié-cesse-de-te-prendre-la-tête ! débita Ginny pour couper court à toutes protestations. C'est normal d'appréhender, reprit-elle plus doucement, mais là, je vais finir par croire que tu ne veux pas te marier !

oOo

Et soudain, il la vit, frôlant les marches de sa traîne, semblable à une apparition mystique.

Elle faisait figue d'un ange ainsi vêtue, le menton légèrement baissé, agrippant la rampe d'une main, et soulevant délicatement sa robe de soie de l'autre.

Le cœur cognant sourdement dans sa poitrine, il s'avança au bas de l'escalier, alors que la salle retenait son souffle.

Emboîtant le pas au couple qui s'avançait majestueusement vers les hautes portes de chêne de la salle de réception, les invités quittèrent le hall sous les œillades intriguées des multiples portraits.

Pénétrant la première dans l'immense pièce toute décorée aux armoiries des Malfoy, tandis que Draco lui maintenait galamment la battant ouvert, Hermione aperçut l'enchanteur -un petit homme à l'allure trapue dépêché par le Ministère- qui les attendait au bout d'un long tapis pourpre brodé d'or.

Instinctivement, la foule se scinda en deux, chacun s'installant de part et d'autre de la carpette nuptiale.

Parcourant vaguement l'assemblée du regard, elle distingua les visages d'Harry, Ginny, Luna et Ron empreints d'une solennité inhabituelle, et consciente d'être la cible de toutes les attentions, elle pinça nerveusement les lèvres.

Draco avait eu beau lui assurer que tous avaient fini par accepter son futur mariage –y compris sa propre mère- elle devinait sans peine que certains Serpentards présents, bien qu'issus de l'entourage proche de son mari, guettaient avidement le moindre faux-pas et seraient probablement ravis de la tenir en échec.

Jetant un furtif coup d'œil autour d'elle, elle reconnut avec soulagement la silhouette de ses parents ; les autres membres de sa famille n'étant pas au courant de ses dons particuliers, il avait été évidemment impossible de les inviter à une cérémonie sorcière.

La sensation de picotements au creux de sa main gauche la ramena brutalement à la réalité et elle faillit s'étonner de voir quelques gouttes de sang perler à la surface de sa peau, tandis que l'enchanteur marmonnait une formule incompréhensible.

A ses côtés, Draco se tenait dans une posture similaire : la paume de la main dirigée vers la terre, l'air un peu absent.

Leurs mains se retrouvèrent soudainement jointes dans une union poisseuse qui mêla leur sang, pendant que l'enchanteur faisait jaillir des langues de feu gueule et sinople qui s'enroulèrent paresseusement autour de leurs poignets.

Puis, écartant délicatement une mèche de cheveux qui avait réussi à échapper à l'emprise tyrannique de son chignon, Draco embrassa Hermione passionnément, suscitant les applaudissements chaleureux des invités.

oOo

A présent considérée comme la maîtresse de maison officielle, Hermione recevait les invités qui venaient la couvrir d'une myriade de compliments, de sincères félicitations et de vœux de bonheur.

La scène lui parut surréaliste, à l'image du reste de la journée, d'ailleurs.

Elle avait assisté, passive, au grand repas traditionnel ainsi qu'à toutes les activités qui avaient animé l'après-midi, comme si une partie d'elle refusait encore de s'incarner en la nouvelle personne de Mrs Malfoy.

Pourtant, tout aurait dû la combler : Draco exultait littéralement de joie et il ne se souciait plus de le cacher.

Ses amis et ses parents baignaient dans l'euphorie la plus totale, la soirée se déroulait au mieux, même les Serpentards semblaient avoir oublié momentanément la vieille rivalité de leurs maisons.

Voyant Narcissa s'approcher, elle la détailla et se surprit à la juger très élégante malgré son allure hautaine, l'âge mûr ne faisant qu'embellir ses traits.

Ne sachant pas trop comment se comporter devant sa nouvelle belle-mère, elle lui laissa la faveur d'entamer la conversation :

- Je dois dire que ce n'est pas ainsi que j'imaginais le mariage de mon fils, dit-elle calmement, ignorant le tressaillement d'Hermione. J'aurais préféré le célébrer dans le Derbyshire –nous y avons une résidence secondaire. J'y aurais bien entendu convié toute la noblesse sorcière du comté, en plus des invités de marque et de notre famille, la décoration aurait été plus harmonieuse, le repas moins riche mais de meilleure qualité, il y aurait eu Lucius…et la mariée aurait été issue d'une famille de Sang-Pur reconnue…

Sa voix resta en suspens, comme si elle visualisait la scène, ou qu'elle se remémorait de vieux souvenirs.

Hermione se retint de justesse de lui balancer un « où voulez-vous donc en venir ? » vindicatif ; après tout, les relations entre belle-mère et belle-fille n'avaient jamais eu la côte d'amicalité.

- Voyez-vous, reprit-elle, rien de tel ne s'est produit aujourd'hui. Et pourtant je ne le regrette pas.

Elle esquissa un sourire satisfait devant l'expression ahurie de sa bru.

- Vous avez changé Draco, continua-t-elle froidement, et même si je ne sais toujours pas si je dois vous en être reconnaissante ou pas, il faut accepter que les choses changent, parce que même…

- …si nous ne voulons pas les accepter, nous les subissons quoiqu'il advienne, compléta à mi-voix Hermione.

- Exactement, confirma Narcissa. J'en ai eu la preuve aujourd'hui : mon fils vient d'épouser une… fille de moldus alors que son père est enfermé à Azkaban et il n'a jamais eu l'air aussi heureux. Il y a deux mois, je n'aurais jamais pu envisager que les choses se passent ainsi, et pourtant elles se sont produites sans attendre mon consentement.

Draco vint vers elles à ce moment, l'air rayonnant, et chuchota quelque chose à l'oreille de sa femme.

Se tournant vers Narcissa, Hermione inclina légèrement la tête dans un salut plein de déférence, avant de se fondre dans la masse grouillante de visages souriants –certains, passablement éméchés- qui s'étaient agglutinés devant la salle de Bal.

- Finalement, l'émeraude des Malfoy vous sied bien mieux que je n'aurais pu l'espérer pour moi, toute Sang-Pur que je suis… murmura Narcissa pour elle-même en la voyant s'éloigner.

oOo

Severus Snape fixait d'un œil torve le jeune couple qui valsait en pleine lumière, tournoyant au milieu de la piste, et qui était pour l'heure, l'unique source d'admiration d'une centaine de personnes.

Les derniers accords de l'orchestre retentirent bientôt, mais furent vite couverts par un tonnerre d'applaudissements, tandis que certains couples envahissaient à leur tour la surface miroitante du parquet ciré.

Les valses s'enchaînèrent à une vitesse vertigineuse, et il constata –non sans une pointe d'amertume- les multiples cavaliers qui se succédaient au bras de Miss Granger.

« Mrs Malfoy » rectifia sa conscience irritée.

Il tenta de l'ignorer un moment, mais quand il la vit non loin de lui, apparemment seule et sans d'autre occupation que celle de finir le verre qu'elle tenait gracieusement, il ne résista pas à la tentation de l'approcher.

- Voudriez-vous danser ? demanda-t-il courtoisement lorsqu'il fut derrière elle.

Ce n'était pas précisément une invitation en bonne et due forme mais il avait passé l'âge de jouer les chevaliers conquérants.

Prenant son air étonné comme assentiment, il la prit délicatement par la taille et l'emmena vers la piste de danse.

- J'ignorais que vous dansiez, lâcha-t-elle au bout d'un moment, tandis qu'ils virevoltaient avec aisance.

- Il semblerait que ce soit la coutume d'honorer la maîtresse de maison, se justifia-t-il en plongeant ses yeux dans les siens, et observant avec satisfaction, la soudaine coloration de ses joues.

- Je n'avais pas remarqué jusque-là, que vous vous souciez des convenances, ironisa-t-elle en détournant le regard.

Il ne répondit rien, se contentant juste de resserrer son étreinte.

- Etes-vous heureuse ? s'enquit-il subitement.

Elle le dévisagea avec stupeur : c'était, à ce jour, la question la plus incongrue et la plus dérangeante qu'on ne lui ait jamais posée.

- Vous voilà mariée à un des hommes les plus riches du pays, qui de surcroît, vous aime et vous tient en haute estime. Le rêve de toutes jeunes filles sensées, en somme, grimaça-t-il. Vous ne devez pas avoir plus de vingt-quatre ans et votre avenir est désormais tout tracé. Il me parait donc légitime de savoir si vous en êtes heureuse, termina-t-il avec aplomb, alors que sa conscience réprimandait vertement son audace.

- Pourquoi me demandez-vous cela? En quoi cela peut-il bien vous importer ? questionna-t-elle vivement.

- Vous éludez la question, mais je vais répondre à la votre, répondit-il sans sourciller. Je vous trouve plutôt taciturne pour une jeune mariée. Certes, vous souriez à tout venant, adressez un mot gentil à chacun, jouez à la perfection votre rôle d'hôtesse et pourtant…j'ai comme l'impression –comment dire ?- que vous n'êtes pas sincère.

- Oh ! mais comment pouvez-vous insinuer une chose pareille ? s'exclama-t-elle, outrée.

- Ne vous méprenez pas sur mes mots ! Je sais que la franchise est très importante chez les Gryffondors, insista-t-il avec un rictus narquois, et je n'entends pas que vous êtes hypocrite, loin de là ! Mais vos sourires, quoique charmants, manquent d'authenticité…je dirais même que vous vous y forcez.

Elle garda le silence pendant un certain temps, déstabilisée par les propos de son professeur et la vérité sous-jacente qu'elle y devinait.

Embarrassée par leur proximité troublante, elle n'avait désormais qu'une seule hâte : que la danse s'achève le plus rapidement possible.

- Je suis parfaitement heureuse, déclara-t-elle sèchement, en espérant mettre un terme à une conversation qui l'avait bien plus ébranlée qu'elle ne voulait le croire.

Il opina brièvement de la tête mais elle comprit à son expression qu'il n'y accordait pas le moindre crédit. Chassant ces préoccupations inopportunes, elle se laissa entraîner sans résistance dans le tourbillon final, appréciant malgré elle le contact tiède de ses mains sur son corps.

La résonance des derniers accords s'estompa progressivement, et Severus, s'inclinant légèrement devant elle, prit congé sans plus tarder.

- Bonsoir, Mrs Malfoy, susurra-t-il avec une pointe de fiel qui ne manqua pas de l'exaspérer.

Ce serait seulement quelques semaines plus tard, que Hermione y saisirait l'amertume et la douleur qui s'y cachaient.


Avant de lire vos commentaires -que j'attends avec impatience- je vous dois quand même quelques justifications.

Tout d'abord, j'espère que vous n'avez pas été trop déçues par l'attitude de Narcissa envers sa nouvelle belle-fille, mais c'est vraiment ainsi que j'imaginais ce personnage: je pense que son amour pour Draco (très étouffant, je vous l'accorde, on dirait ma mère^^) peut s'affranchir de toutes les limites de sa conscience et de son éducation..on l'a vu dans le T7!

Deuxième point, et pas le moindre, j'espère que vous n'avez pas été trop déstabilisées par le comportement de Snape, relativement téméraire dans ses questions, avouons-le!
En fait, je dois bien préciser que je me suis plus ou moins consciemment inspirée du personnage d'Edward Rochester (issu de Jane Eyre,
Charlotte Brontë.)
Vous ne trouvez pas qu'ils ont tous deux une psychologie torturée, malgré les apparences?

Cela dit, je comprendrais tout à fait que vous ne partagiez pas mon avis..mais n'hésitez pas à me le transmettre quand même!