disclamer: tout appartient à JKR

Je suis navrée de poster ce onzième chapitre avec une journée de retard, mais pour ma part, la soirée d'hier a été "mouvementée" , et encore c'est un euphémisme...

Sinon, merci infiniment à Ste7851, Faanny, Eileen19, chiarina, sapiwette, Alatariel Melawen, Khalie, Aleksandria020, Mina 008, Snapinou et khalya pour vos encouragements.
J'en profite également pour répondre aux interrogations de celles qui se sont amusées à jouer les détectives: (et qui n'ont pas mis leur adresse ;)

Eileen19: bien joué, tu as tout à fait cerné le problème, Severus ne voudra pas rester "le n°2" comme tu dis, et ce chapitre aura l'occasion de le prouver...Quant à la question du divorce..eh bien, ce chapitre devrait assez clair sur ce point-là!

chiarina: ta remarque est très perspicace et pas dénuée de fondements...je n'en dirai pas plus, sans quoi tu risques de trop en savoir!

Khalie: effectivement, je me suis bien marrée en lisant toutes tes hypothèses! cela dit, tu as mis le doigt sur un problème crucial: Draco et Severus sont "à égalité" dans le coeur d'Hermione, chacun ayant des qualités inconnues de l'autre...


Chapitre 11 :

- Où sommes-nous ? demanda Severus en détaillant le paysage alentour

- Pas très loin de la région des Lacs, je crois, lui répondit Hermione avec un sourire.

Même s'ils n'avaient plus besoin de transplaner, leurs doigts restèrent solidement entrelacés tandis qu'elle l'entraînait vers le haut de la colline.

- J'avais une grand-tante qui vivait dans le village en contrebas...je suis souvent venue ici pendant mon enfance, précisa-t-elle devant le regard interrogateur de son amant. Viens, c'est par-là que nous aurons le plus beau panorama, ajouta-t-elle après quelques instants de silence….ça change un peu du parc du Manoir, tu ne trouves pas ?

Il hocha la tête lentement, trop heureux d'échapper quelques heures à l'emprise menaçante du Manoir pour la contredire.

Ils marchèrent quelques minutes sans dire un mot, communiant silencieusement avec la nature, les feuilles mortes durcies par le gel crissant sous leurs pas.

Hermione reconnut avec joie le cadre de ses rêves de jeunesse estivaux, et malgré le soleil qui brillait par son absence, elle distingua sans peine les toits d'ardoises nichés dans un écrin d'herbe rase, prématurément givrée.

Quelques nappes de brume semblaient s'accrocher désespérément aux flans des collines, leurs voiles éthérés humidifiant le sol argileux.

Humant l'odeur un peu âpre de la sève mêlée à celle des conifères dont les cimes souples se détachaient sur le ciel laiteux, ils amorcèrent la descente paisiblement, partageant leurs émotions d'une simple pression de la main, ou d'un regard complice, comme si les mots étaient devenus totalement superflus.

Goûtant à ce calme ressourçant, ils se dirigèrent vers le petit ruisseau qui serpentait entre les pierres généreusement couvertes de mousse, animant les berges d'un murmure continu, amplifié par le vent.

D'un rapide coup de baguette, Hermione transforma son mouchoir en une large couverture, et d'un accord tacite, ils s'y allongèrent, le regard perdu dans l'immensité qui s'offrait à eux.

- Je n'aurai jamais cru vivre un moment pareil avec toi, souffla Severus, la voix un peu rauque

- Moi non plus, répondit Hermione tout en se demandant où il voulait exactement en venir. Tu regrettes ? s'enquit-elle précipitamment, saisie d'une soudaine inquiétude.

- Non...bien sûr que non…si seulement tu n'étais pas déjà mariée, je t'épouserais sur le champ ! ajouta-t-il avec un petit rire amer.

Pour toute réponse, Hermione colla son corps contre le sien, abandonnant sa tête sur son épaule et glissant une main hésitante sur son torse tiède qui se soulevait à intervalles réguliers.

- Ne pense pas à…à Draco !…ne pense pas à tout ça ! lui intima-t-elle d'une voix douce. Profitons juste d'être ensemble.

Il acquiesça une nouvelle fois, remuant imperceptiblement la tête mais elle put sentir la raideur de son mouvement.

- …tant qu'on le peut…murmura-t-elle si bas qu'il ne l'entendit pas.

D'un tempérament possessif, elle savait parfaitement qu'il éprouvait une jalousie grandissante à l'égard de son mari et devinait sans peine que leur liaison ne serait qu'éphémère.
Et si leur amour était pareil à ces étoiles filantes qui illuminent le quotidien ? Celles qui, déchirant l'atmosphère de leurs poussières incandescentes, ne s'en consument que plus vite?

Dans un élan un peu trop exagéré pour être spontané, elle l'embrassa langoureusement, essayant de faire taire ses voix intérieures.

Severus, dont les mains s'étaient déjà égarées voluptueusement dans les replis insoupçonnés de sa peau parfumée, lui répondit avec toute l'ardeur dont il était capable.

La nuit n'était pas encore tombée qu'ils se perdirent jusqu'aux confins de la voie lactée, étincelante sous leurs paupières closes.

La tête encore étourdie par l'ultime explosion de plaisir, pareille à une gigantesque supernova, Hermione songea que finalement, leur fusion était sans doute aussi puissante que celle des nébuleuses, qui, des milliers d'années auparavant, avaient donné naissance aux myriades d'astres qui constellaient l'univers.

oOo

Severus Snape gravit lestement les marches du perron qu'avaient déjà foulé une trentaine de générations, et se saisissant du serpent en argent qui servait de heurtoir, il frappa deux coups comme à son habitude.

Presque instantanément, Hermione apparut dans l'entrebâillement de la porte, un sourire radieux flottant sur ses lèvres.

Severus se glissa dans l'ouverture et après l'avoir embrassée tendrement, il la suivit vers son laboratoire, tandis qu'on entendait carillonner dix heures dans un coin reculé du Manoir.

Depuis un mois qu'ils partageaient secrètement leur amour et leurs travaux de recherche, Severus se sentait dévoré par un véritable feu intérieur, rendu inextinguible par leur rendez-vous quotidiens.

Hermione lui était devenue aussi indispensable que l'eau ou l'oxygène essentiels à la vie, et les week-ends passés loin d'elle étaient d'autant plus douloureux qu'il l'imaginait dans les bras de Draco.

Draco. Son mari.

C'était la seule ombre au tableau, invisible et omniprésente, indifférente aux brouillards si fréquents de cette fin d'automne.

Une ombre duelle qui avait choisi inconsciemment de cautionner le mensonge, mais qui, le jour où elle devinerait son erreur, ferait éclater leur petite bulle de bonheur, dont les parois, translucides et trompeuses, donnaient l'impression d'une perspective infinie...

Comme il aurait voulu la savoir entièrement à lui !

Il avait beau déjà posséder son cœur, son corps et son âme, la sournoise impression qu'une infime part d'elle lui demeurerait toujours inaccessible -profanée par les mains d'un autre- ne cessait de le hanter.

Le léger déclic qui signalait l'ouverture du laboratoire le tira de ses pensées, et s'engouffrant le premier dans la vaste pièce circulaire, il attendit que Hermione referme soigneusement l'épaisse porte de chêne avant de venir la bercer de son souffle chaud.

Les yeux clos, transportée par la passion qui émanait de chacun de ses gestes, elle avait l'impression qu'une nouvelle Hermione –plus proche de sa véritable nature- émergeait entre les bras de son amant.

Comme elle s'y sentait bien ! Dans ces moments-là, il avait l'incroyable don de lui faire tout oublier.
Lorsque sa raison s'embrasait, tous les obstacles qui lui avaient paru insurmontables dans ses accès de lucidité, semblaient fondre sous la caresse de ses longs doigts fins.
Mais parfois, elle se demandait si tout cela n'était pas qu'une illusion de l'esprit -d'un esprit malade, de toute évidence; pourquoi n'avait-elle pas pu se contenter de toute l'affection que Draco essayait de lui prodiguer?

A la différence de Severus qui s'extasiait intérieurement de voir son rêve devenu réalité, Hermione avait déjà souhaité, certains soirs d'octobre où Draco s'était montré particulièrement attentionné, que leur relation appartienne au domaine de l'imaginaire et du fantasme. Et pourtant, en cet instant, Hermione désirait seulement que leur étreinte se prolonge indéfiniment.

Tandis qu'elle dessinait des lignes invisibles sur la joue de Severus, ses yeux furent attirés malgré elle par l'éclat changeant de l'émeraude qui ornait son annulaire gauche.

Les facettes polies paraissaient plus ou moins sombres selon la lumière, variant du vert de jade à un olivâtre plus mat.

Fugitivement, l'image d'elle-même contemplant cette même bague, le matin de son mariage, refit surface dans sa mémoire. Ses yeux se voilèrent une seconde, comme obscurcis par les fantômes du passé qui en atténuaient la brillance.

Peut-être avait-il lu dans ses pensées ?

Severus, qui avait remarqué le regard soudain lointain de son ancienne élève, lui demanda la voix vibrante d'un espoir à peine caché, l'exacte réponse qui la hantait depuis le début de leur relation:

- Tu regrettes ? De l'avoir épousé ? précisa-t-il.

La main d'Hermione qui s'était immobilisée sur la peau tiède de son amant, tressaillit. Elle aurait voulu répondre « oui, évidemment » pour ne pas le vexer –elle le savait très susceptible- mais les mots restèrent coincés dans sa gorge sèche, car au fond, elle n'en était pas si sûre.

Draco l'aimait profondément en dépit de sa fierté qui l'empêchait souvent de le lui montrer. Petit à petit, Hermione avait appris à lire la sincérité de son cœur qu'occultait souvent la maladresse, et encore aujourd'hui, elle était touchée –flattée également- d'éveiller en lui des sentiments aussi intenses.

L'aimait-elle toujours ? Etait-elle prête à y renoncer pour Severus ?

Après tout, il l'aimait ardemment -tout comme elle- mais contrairement à Draco, il ne cherchait pas à la modeler à son image.

Alors que Draco admirait la femme érudite et élégante qu'était devenue Mrs Malfoy ; Severus était passionnément épris de Granger, la miss je-sais-tout.

Essayant de déchiffrer son expression hermétique, elle répondit de façon un peu hésitante :

- Je ne sais pas…. même si je le voulais, je ne pourrai rien y changer…alors autant ne pas y penser, d'accord ?

- Tu ne comptes donc jamais le quitter ? coupa sèchement Severus qui avait du mal à dissimuler sa déception.

- Parce que c'est ce que tu attends ? Ou que tu souhaites plutôt ? riposta-t-elle vivement en s'écartant de lui.

- Tu imagines peut-être que je vais me satisfaire longtemps de la place de l'amant occasionnel avec lequel on passe du bon temps en l'absence du mari ? interrogea-t-il d'un ton sarcastique qui laissait transparaître sa fureur.

- Je ne te considère pas comme un amant occasionnel, tu sais très bien que je t'….

- Si tu m'aimes autant que tu le prétends, cingla-t-il, pourquoi ne prévois-tu pas de quitter ton mari ?

- Je suis mariée ! s'exclama-t-elle d'une voix légèrement plus aiguë qu'à son habitude. Tu sais bien que le divorce n'existe pas, le monde sorcier est tellement conservateur…! Crois-moi, je t'ai….

- Ne joue pas sur les mots ! s'emporta-t-il. Tu m'as parfaitement compris ! Je ne te parle pas de divorcer, juste de quitter ton mari. Ne me dis pas que tu ignores le sens du mot « séparation »? railla-t-il.

- Severus, je t'en prie, implora-t-elle, les larmes aux yeux, tu m'as mal comprise ! Je ne pense pas du tout cela de toi !

- Non ! Je vais te dire, moi, ce que tu penses, entama-t-il d'une voix méprisante. Je croyais d'ailleurs, que tu aurais au moins le courage de me le dire en face ! La vérité, c'est que tu as bien trop peur du « qu'en-dira-t-on » pour oser quitter ton mari ! Et d'ailleurs, je ne suis même pas certain que tu accepterais de t'afficher avec moi, ancien professeur détesté de vingt ans ton aîné, quand bien même tu ne serais pas mariée !

- Mais…mais c'est ridicule ! Comment peux-tu encore arriver à croire que j'ai honte de toi ? J'ai bien été capable d'épouser le fils de l'ancien bras droit de Voldemort ! lui lança-t-elle tandis qu'elle broyait avec une vigueur excessive des larves de chenilles déshydratées.

Il la fixa silencieusement, scrutant intensément son visage pâle de ses yeux noirs comme pour jauger la véracité de ses affirmations.

L'écho de leurs cris se répercuta longuement dans le laboratoire, résonnant d'un mur à l'autre sous les voûtes humides.

Quand il reprit la parole sourdement –comme par crainte de briser le fragile silence qui s'étendait entre eux- ce fut avec un visage de marbre :

- Hermione, dit moi une fois pour toutes si tu comptes quitter ton mari.

Elle releva les yeux, et les balaya anxieusement sur chaque élément de la pièce, cherchant un quelconque réconfort parmi les ingrédients amoncelés sur la table, ou guettant une promesse de réussite à travers l'épais brouillard qui se dégageait d'un chaudron, lui-même émettant de temps à autre d'étranges sifflements.

- Je ne peux pas te répondre comme ça, dans l'immédiat! s'insurgea-t-elle à voix basse.

- Très bien. Formulons le problème autrement, alors, commenta-t-il avec lassitude. Tu préfères tromper ton mari pendant des années plutôt que de le quitter ? A moins que ce soit moi que tu comptes quitter quand tu seras lassée ?

- N'importe quoi ! Et n'essaie pas de me faire culpabiliser ! Je n'ai pas eu l'impression que cela te dérangeait beaucoup que je puisse tromper mon mari, hier, dans les feuilles mortes…persifla-t-elle. Alors, par pitié, ne fais pas semblant de te soucier que Draco soit cocu ou pas, alors que ton unique préoccupation est de m'avoir pour toi seul !

- Oh ! je comprends…murmura-t-il perfidement, c'est sans doute très excitant pour toi d'être désirée par deux hommes.

- Tu es absurde, Severus. Si tu as fini ta crise de jalousie, peut-être pourrions-nous nous occuper de la potion ? dit-elle ironiquement en soutenant son regard meurtrier.

Cependant, au lieu de venir la rejoindre près de la table encombrée de bocaux où étaient éparpillés différents parchemins, il tourna les talons, son orgueil blessé lui interdisant de s'excuser ou même de simplement retourner auprès d'elle.

- Mais…Severus ! s'alarma Hermione en le voyant partir. Qu'est-ce qui te pr…

La fin de sa phrase fut couverte par le bruit sec d'un claquement de porte.

« Il va revenir, il va revenir…ce n'est pas possible…il va revenir…c'est juste une simple dispute.. » se répétait-elle, paniquée, le cœur battant à tout rompre.

Il lui semblait évident que la porte se rouvrirait dans quelques instants, et qu'elle pourrait de nouveau contempler avec satisfaction la silhouette mince de son amant.

Les secondes s'égrainèrent, lentement, inexorablement, s'accumulant les unes aux autres jusqu'à former de longues minutes.

Rien, toujours rien.

Hermione aurait donné n'importe quoi pour revenir ne serait-ce qu'un quart d'heure en arrière, moment où elle était encore blottie dans ses bras. Elle ne parvenait pas à croire que la situation ait pu autant évoluer en seulement une quinzaine de minutes.

L'angoisse ne tarda pas à prendre le pas sur l'espoir, et dans un état second, elle se précipita à son tour dans l'étroit corridor qu'une rangée de torches illuminait brillamment.

Elle déboucha en courant dans le vestibule, légèrement haletante.

Surprise par la pénombre qui y régnait, elle cligna des yeux à plusieurs reprises, déçue et inquiète de ne pas y discerner son profil fondu dans l'ombre.

Hermione s'apprêtait à regagner ses appartements avec la ferme intention de le retrouver chez lui, via le réseau de Cheminée, quand soudain, son sang se figea.

Elle venait de l'apercevoir, tout près de l'immense porte d'entrée, sa cape sombre formant une tâche floue sur le mur couvert de décorations et de portraits qu'un candélabre éclairait faiblement.

Elle allait s'élancer vers lui quand son cœur rata de nouveau un battement.

Il n'était pas seul.


Je suis sadique, hein? (mais en même temps, vous pouvez aisément deviner de qui il s'agit...)

J'ai essayé de ne pas tomber dans le cliché pour la première partie qui est un peu plus romantique...A ce propos, désolée pour l'absence de lemon (si jamais vous vous y attendiez) mais -au risque de paraître un peu prude- je ne suis pas spécialement à l'aise dans l'écriture de ce genre de scène...

J'espère que l'attitude de Severus ne vous aura pas trop choquée (ou déçue)..? J'avais envie d'exploiter son côté possessif et jaloux...

Comme toujours, vos reviews sont attendues! Merci à toutes celles qui continuent de me lire.

(Ah au fait, je viens de réaliser que Noël était la semaine prochaine, et donc, que je suis réquisitionnée pour le traditionnel repas de famille auquel je ne peux pas me défiler, à mon grand dam...excusez-moi par avance s'il n'y a pas de MAJ!)

bises et BONNES FETES A TOUTES!

Ilda