Tout d'abord : re-désolé pour le retard, j'ai encore eu des semaines un peu compliquées. Mais bon, bientôt les vacances et il était temps ! Je vais essayer d'écrire plusieurs chapitres pendant les deux semaines.
Sinon, rien de particulier à dire pour ce chapitre, vous découvrirez par vous-mêmes. Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 14 : La colère d'un père
« Que se passe-t-il Toph ? »
La voix inquiète de Katara tira la jeune aveugle de ses pensées, elle remarqua alors que ses amis l'avaient rejointe. Elle se tourna lentement vers son amie et répondit :
« Pourquoi vous ne m'avez pas prévenue que nous nous rendions ici ?
Katara comprit alors ce qui tracassait la jeune fille, et s'apprêta à la rassurer lorsque son frère prit la parole :
-Mais tout le monde le savait pourtant, dit-il d'un air étonné, toutes les destinations étaient marquées sur la carte à Yu Dao. Tu étais là et je t'ai même vue hocher de la tête.
-Réfléchis un peu espèce d'idiot ! Répondit violemment Toph en agitant sa main devant ses yeux. Pour moi c'était un bout de papier posé sur une table, rien de plus.
-Ah oui c'est vrai...
-Peu importe, le coupa sa sœur avant de prendre affectueusement les mains de l'aveugle. Je sais que c'est dur pour toi de revenir ici après tout ce temps, mais n'oublie pas que nous sommes là pour t'aider si tu as besoin de nous.
-C'est bon ! Lança Toph en dégageant ses mains de celles de son amie. Je ne suis pas une gamine et, aux dernières nouvelles, tu n'es toujours pas ma mère. »
A ces mots, elle partit comme une furie dans la direction opposée de la ville, laissant Katara et le reste du groupe seuls avec Appa. Le jeune maître de l'eau soupira devant l'immaturité de son amie et se plaignit une nouvelle fois auprès des esprits qui l'avaient désignée comme ''mère'' de cette bande de gamins irresponsables. Les six amis jetèrent un dernier coup d'œil dans la direction de la jeune aveugle, puis, comprenant qu'il lui faudrait un certain temps pour se calmer et mettre ses idées au clair, prirent la direction de l'imposante cité devant eux.
Gao Ling était une ville particulièrement prospère qui, malgré sa position géographique peu avantageuse, avait réussi à entretenir des relations commerciales importantes avec le reste du continent. La richesse de la cité, principalement due au commerce abondant, s'expliquait par la présence de la branche principale de la famille Beifong, la famille la plus riche des quatre nations. Les Beifong habitaient Gao Ling depuis aussi longtemps qu'il était possible de s'en souvenir, certain disaient même qu'ils l'avaient fondée, et que leur richesse en découlait. L'actuelle génération était composée de Lao et Poppy Beifong, ainsi que de leur fille unique, Toph. Malheureusement, cette-dernière avait disparu en laissant ses parents inquiets. En effet, la surprotection de ces-derniers les avait empêché de voir le talent de leur fille pour la maîtrise de la terre, au lieu de cela, ils ne voyaient que sa cécité.
Ce matin-là n'était pas un matin particulièrement inhabituel pour les Beifong, une flotte inconnue avait attaqué la ville, mais l'armée de garnison l'avait facilement repoussée, aucun problème ne pouvait venir de ce côté. Lao profitait donc du calme actuel pour se reposer dans son immense demeure tandis que son épouse se promenait dans les jardins, tous aussi immenses. Rien ne se passait, rien ne pouvait se passer.
« Parfait. » Pensa-t-il en laissant échapper un de ses rares sourires.
Soudain, alors qu'il se sentait glisser progressivement dans le sommeil, un garde fit irruption dans la pièce.
« Que se passe-t-il ? Demanda Lao, fortement irrité.
-Pardon de vous déranger Monseigneur, commença le garde tout en s'inclinant, mais nous avons appréhendé un groupe d'individu qui pourraient vous intéresser.
-Je croyais vous avoir dit que je ne m'occupais ni des malfrats ni des vole...
-Il s'agit de l'Avatar sire. » Le coupa le garde.
A ces mots, Lao bondit sur ses jambes et prit la direction de sa salle de réception, oubliant même de punir le garde qui avait osé lui couper la parole. Après presque deux ans, il allait enfin pouvoir se retrouver face à celui qui avait enlevé sa fille chérie, et cette fois il ne s'échapperait pas.
Une demi-heure plus tôt...
Le Gaang actuellement réduit d'un de ses membres marchait donc en direction de Gao Ling qui se dressait devant eux, avec l'espoir de ne rencontrer aucune gigantesque flotte conduite par une princesse déchue folle. Derrière eux, de plus en plus loin, Toph se déchaînait toujours contre les collines et les rochers, et la géographie du secteur avait dû changer plusieurs fois.
Le groupe atteignit la ville rapidement et les six amis furent alors soulagés de ne voir aucune trace de la flotte d'Azula, enfin ils auraient l'occasion de se détendre quelques temps dans une cité n'ayant pas été partiellement détruite au préalable.
« Vous ne trouvez pas que ça remémore des souvenirs, lança alors Katara en brisant le silence, ensemble à voyager de ville en ville, tout en échappant à la nation du feu.
-Ouais, renchérit Sokka, sauf que cette fois, aucun soldat ne viendra essayer de nous capturer.
Au même moment, un groupe de garde arriva devant le groupe et l'un d'eux s'exclama :
-Regardez ! C'est l'Avatar !
-Tu as raison Sokka, continua Aang, maintenant les gardes m'acclament quand ils me voient.
Le jeune Avatar fit alors un grand sourire en voyant s'approcher les hommes en uniforme, puis le fit disparaître lorsque ces-derniers encerclèrent le Gaang l'épée à la main.
-A priori, souffla Sokka aux autres, ce n'est pas normal. A moins qu'il s'agisse de leur façon de t'acclamer.
-Je n'ai pas l'impression qu'ils comptent parmi tes fans, dit Katara à son petit-ami. »
En effet, depuis la fuite de Toph, Aang était considéré comme hors-la-loi à Gao Ling en tant que kidnappeur de la fille unique des Beifong. Le groupe fut donc emmené, malgré les protestations de ses membres, devant Lao, chef de la famille Beifong, et sa femme.
Les gardes qui les conduisaient à destination les firent entrer sans ménagement dans la salle principale du domaine où les parents de Toph attendaient.
« J'exige des explications ! S'emporta Zuko. Savez-vous que vous venez d'arrêter sans aucun motif le seigneur du feu ? Relâchez-moi immédiatement si vous ne voulez pas en subir les conséquences !
-Vous êtes bien loin de votre nation, jeune seigneur. Répondit Lao. Votre titre ne signifie rien chez moi et vous voyagiez avec un criminel recherché, ce qui fait de vous un hors-la-loi.
-Comment ? Vous osez...
-Capitaine, le coupa son interlocuteur, veuillez je vous prie conduire ce bruyant énergumène dans une cellule.
-Parce-que vous pensez que je vais me laisser faire ? Commença Zuko en préparant des flammes dans ses mains. Eh bien sachez que je n'en ai pas l'intention.
Il se préparait à repousser les gardes s'approchant de lui lorsque Mai prit son bras et lui dit :
-Ça ne sert à rien de se battre, il vaut mieux se laisser faire et régler ça diplomatiquement. »
A ces mots, Zuko se calma et laissa les soldats l'emmener, non sans mauvaise volonté. Un lourd silence s'instaura dans la pièce lorsque le jeune seigneur du feu la quitta, les maîtres de la maison s'étaient tus tandis qu'aucun membre du Gaang n'osait prendre la parole. Finalement, Lao brisa le silence pesant d'une voix grave et solennelle :
« Avatar Aang, vous avez été amené ici pour expier vos crimes envers la cité et envers moi. Avez-vous quoi que ce soit à dire pour votre défense ?
-Eh bien, commença maladroitement le jeune moine, tout d'abord j'avoue ne pas connaître la nature de mes crimes, donc si vous pouviez rappeler les, euh... Charges ?
-Vous vous moquez de moi ? Explosa l'intéressé. Vous avez enlevé ma pauvre fille et vous osez prétendre ne pas connaître les raisons de votre présence ici ?
-Enlevé votre fille ? Mais nous n'avons jamais enlevé votre fille.
-Il a raison, renchérit Katara, votre fille nous a suivis de son plein gré.
-Mensonges ! S'emporta le père de Toph. Ma fille n'aurait jamais suivi une bande de voyous mal-élevés et violents tels que vous, c'est une jeune fille calme et particulièrement fragile !
Sokka ne put résister en entendant ces mots et pouffa de rire en repensant aux ravages que la ''jeune fille calme et fragile'' était en train de causer dehors.
-Écoutez-moi, tenta alors Katara, je sais que c'est dur à accepter, mais votre fille n'est pas fragile, c'est un véritable roc, et c'est même le meilleur maître de la terre que j'ai jamais rencontré. Elle a besoin de liberté, vous devez la laisser agir comme elle le souhaite.
Pendant un instant, une lueur passa dans le regard de Poppy, qui sembla alors réaliser qui était vraiment sa fille, mais Lao coupa le fil de ses pensées en s'écriant :
-J'en ai suffisamment entendu ! Gardes ! Emmenez-les ! »
Sans un mot, et sans se préoccuper de leurs plaintes, les soldats se saisirent des cinq amis et les conduisirent auprès de Zuko dans une grande cellule.
Pendant ce temps, la ''jeune fille fragile'' qui s'était calmée après avoir détruit la moitié des collines se sentait désormais très seule et avait décidé de prendre son courage à deux mains. Tout en évitant les patrouilles qui l'auraient reconnue sans problème, la jeune aveugle se dirigea vers la résidence familiale en sondant les alentours à la recherche de ses amis. Elle fouilla toute la demeure des Beifong grâce à ses sens, sans succès. Surprise, Toph élargit son champ de recherche à l'ensemble de la ville et parvint finalement à détecter leur présence dans un tout autre endroit, le poste de garde, et plus précisément dans une cellule. « Je suppose que mon cher Père ne les a pas accueillis les bras ouverts. » Pensa-t-elle avant de comprendre que ce serait à elle de les sortir de là. Toph soupira, les plans de sauvetage ce n'est pas vraiment son truc, d'autant plus qu'elle comptait bien rester incognito, ce qui peut se montrer difficile lorsque l'on fait s'évader six prisonniers bien gardés.
Après de longues minutes à se creuser la tête dans l'espoir d'en tirer un plan valable, la jeune fille abandonna et décida d'agir comme elle avait l'habitude de le faire, c'est-à-dire foncer dans le tas et réfléchir éventuellement après. Elle se dirigea donc vers les prisons tout en restant à distance des soldats. Une fois sur place, un nouveau problème se posa: Rentrer dans la prison et se rendre jusqu'aux cellules était particulièrement aisé, mais trois soldats, prêts à donner l'alerte au moindre mouvement, gardaient la cellule dans laquelle étaient enfermés les membres du Gaang. La réflexion et la patience n'ayant jamais figuré parmi les qualités du jeune maître de la terre, elle fit bien évidemment ce qu'il y avait de plus simple et rapide, se jeter sur les soldats et tenter de les assommer le plus vite possible.
Dans la cellule, Aang s'était lancé dans un long, et pénible, discours sur la non-violence – à savoir qu'il était inutile de tenter de s'échapper – lorsqu'un des gardes s'écrasa contre les barreaux, propulsé par un pan de terre en mouvement. L'Avatar mit aussitôt fin aux souffrances de ses amis qui se précipitèrent aux barreaux et découvrirent une jeune fille en train d'assommer les gardes en manipulant la terre.
« Toph ! S'exclama Katara alors que la jeune fille en question envoyait au sol le dernier garde. Tu es revenue !
-J'ai hésité à vous laisser pourrir ici, répondit-elle d'un ton espiègle tout en s'affairant à casser les barreaux, mais après avoir pesé le pour et le contre, j'ai remarqué que vous étiez parfois utiles.
-Seulement parfois ? S'indigna Sokka. Je me demande comment tu te serais débrouillée sans nous.
-Probablement bien mieux, répliqua rapidement Toph en terminant d'ouvrir la porte. Dépêchez-vous, il faut partir avant qu'ils ne remarquent ce qu'il se passe. »
Sans dire un mot, les membres du Gaang acquiescèrent et suivirent la jeune aveugle. Malheureusement, et malgré les précautions de la jeune fille, un quatrième garde avait été alerté par le raffut et avait alors donné l'alerte. En un instant, la prison avait été encerclée par des dizaines de soldats, et le Gaang dut se rendre.
Lao Beifong était à la fois énervé et particulièrement heureux, énervé car un garde l'avait une fois de plus dérangé dans sa propre demeure et heureux car ce garde lui avait annoncé qu'ils avaient empêchés une tentative de fuite de l'Avatar et son groupe et qu'ils avaient en prime capturé leur complice. Désormais les pénibles, mais néanmoins nécessaire, procédures judiciaires iraient bien plus vite étant donné qu'ils avaient été pris la main dans le sac. Le chef de la famille Beifong se laissa donc guider par le soldat vers la prison, impatient de pouvoir enfin condamner durablement ce maudit criminel qui se cachait derrière son masque d'Avatar. A vrai dire, il commençait même à douter de sa qualité d'Avatar, sa faible maîtrise de l'air n'était peut-être qu'un tour, et puis, en y réfléchissant, personne ne pouvait vivre cent ans tout en conservant son apparence de douze ans. Son esprit vagabonda à l'évocation de cette idée, il s'agissait sans aucun doute d'un imposteur, le cycle de l'Avatar avait été rompu à la mort de l'Avatar Roku.
Perdu dans son rêve éveillé, il ne remarqua pas qu'ils étaient arrivés à destination, et ne vit pas non plus le garde s'approcher de lui avec hésitation.
« Seigneur, commença-t-il lentement, il faut que je vous prévienne que...
-Qu'y a-t-il ? Demanda sèchement Lao qui était sortit de ses pensées. Eh bien, répondez !
-Il y a comme qui dirait un léger problème avec le complice de l'Avatar.
-Quoi ! Il s'est enfuit ?
-Non, non ne vous inquiétez pas, c'est juste que vous risquez d'être surpris...
-Rien ne peut plus me surprendre aujourd'hui, le coupa Lao avant de s'engouffrer dans la prison. »
Il marcha jusqu'à la nouvelle cellule dans laquelle on avait enfermés les sept hors-la-loi, prêt à énoncer son jugement pour enfin dévoiler la vérité au monde, puis se figea en apercevant le complice. Un unique mot s'échappa de sa bouche :
« Toph. »
La jeune aveugle avait bien entendu sentit arriver son père bien avant qu'il pénètre dans la prison et s'était ainsi résignée à le rencontrer, comprenant qu'elle ne pourrait pas l'éviter cette fois. Elle attendit donc patiemment qu'il arrive jusqu'à eux, et retint son souffle lorsqu'il fut à portée de vue. Un silence suivit l'arrivée de l'homme, et après un instant qui lui sembla durer des heures, un mot retentit faiblement dans la pièce, son prénom. Surprise, Toph sursauta et relâcha son souffle à l'entente du mot qui sortit de la bouche de son père. Près de deux ans après sa fugue, et malgré tous ses différents avec ses parents, entendre son père l'appeler par son prénom lui procurait toujours autant de réconfort. Une larme roula doucement sur sa joue, tandis que son père se tournait vers le garde en ordonnant :
« Libérez-la.
-Monsieur, vous êtes sûr de vouloir...
-J'ai dit libérez-la ! Le coupa précipitamment Lao.
-A vos ordres. »
Lao se retourna vers sa fille, avec lui aussi les larmes aux yeux, puis la prit dans ses bras lorsque ses menottes se détachèrent. Il serra très fort sa fille retrouvée, qui comprit alors que quelque-chose n'allait pas.
« Pourquoi n'as-tu pas libéré les autres ? Demanda-t-elle à son père.
-Ne t'inquiètes pas, répondit-il d'une voix douce, tu n'as plus à les suivre, tu peux enfin retourner à une vie calme qui convient mieux à une jeune fille comme toi.
-Quoi ? S'exclama-t-elle en se libérant de l'étreinte de Lao. Mais Père, je ne veux pas de cette vie ! J'ai suivi Aang parce que j'en avais marre et que je voulais vivre comme je le souhaitais !
-Assez ! S'énerva-t-il en saisissant les épaules de sa fille. Je ne sais pas ce que ces fous t'ont fait croire, mais maintenant c'est fini, tu rentres à la maison ! »
Sans lui laisser le temps de protester, il prit Toph par la main l'entraîna vers la sortie, laissant le Gaang seul avec les gardes.
« C'est moi ou les retrouvailles ne se sont pas très bien passées ? Ironisa Sokka.
-Sans blague, soupira sa sœur. Au moins, maintenant on sait où trouver Toph, constata-t-elle.
-Je te rappelle, madame le génie, que nous sommes toujours attachés ici, répondit Sokka, jusqu'à preuve du contraire, cette information ne nous sert à rien.
-Ça ce n'est pas un problème, intervint soudain Aang, n'oublie pas que la moitié d'entre nous sont des maîtres.
-Ne vous avisez pas de tenter quoi que ce soit, gamins ! S'exclama un des gardes lorsqu'il comprit que ses prisonniers parlaient ouvertement de s'enfuir. Le premier qui essaie de...
Un rocher le percuta entre les omoplates et mit fin à sa phrase. Un instant plus tard, les deux autres soldats s'effondraient aussi sans un bruit, et le Gaang se relevait en se frottant les poignets à l'endroit où se trouvaient leurs menottes.
« Bon, commença Zuko que son séjour en cellule n'avait absolument pas calmé, j'imagine que vous êtes contre le fait que je brûle l'ensemble de la ville.
-Tu imagines bien, lui répondit Aang avant de se tourner vers les autres. Je pense qu'il est temps d'avoir deux mots avec Monsieur et Madame Beifong. »
Le groupe acquiesça et prit la direction de la sortie, sans savoir que dehors, les choses s'étaient légèrement compliquées.
Ahaah, que se passe-t-il donc ? Vous le serez... eh bien bientôt, normalement.
J'en profite au passage pour remercier Pxuline d'avoir follow mon histoire, c'est très gentil à toi :)
Donc, à la prochaine pour la suite des aventures du Gaang !
