Tout d'abord, merci à Marquiise, Eileen19, Lili Carter et khalie pour vos reviews encourageantes!
A toutes celles qui me lisent depuis le début, à toutes celles qui arriveront jusqu'ici qu'elles laissent une review ou pas, qu'elles apprécient ou pas, cet épilogue vous ait dédié. Je me dois d'attribuer une mention spéciale à Lasiurys sans qui vous n'auriez jamais eu la fin et qui a été d'un soutien indéfectible pendant ces longs mois obscurs...
Merci à toutes et bonne lecture!
...
Hermione aurait voulu l'anéantir, la radier pour toujours: l'Allemande, l'intruse, l'autre!
Mais elle était trop fine pour ignorait qu'elle ne disparaîtrait pas pour autant de son esprit. Peut-être même y penserait-il encore plus après..?
Que la mort pouvait être traître!
L'effroi la fit frémir.
Elle dodelina doucement de la tête, dans l'espoir de dissiper l'essaim qui torturait ses tympans.
Alors, elle avait pensé à le tuer, lui. L'empêcher de poser à nouveau ses yeux sur l'autre. L'empêcher de construire un futur encore plushideux que le présent.
Il avait bafoué leur passé.
Avec sa mort, peut-être s'affranchirait-elle?
Sans lui, elle ne serait plus qu'une particule en apesanteur, perdue entre deux galaxies.
Plus de centre de gravité. Plus d'équilibre.
Le néant.
Peut-être connaîtrait-elle enfin la véritable liberté...?
Elle ouvrit les yeux et les referma aussitôt. Le plafond tournoyait avec obstination.
Très vite, elle avait su que sa jalousie dévorante à l'encontre de l'autre -cette jalousie qui se nourrissait de sa rancoeur et enflait démesurément!- avait occulté puis désagrégé son premier élan de haine -elle aimait encore Severus avec désespoir, avec rage, avec horreur même!- et jamais elle n'aurait pu l'abattre de sang froid, lui, le père de sa fille.
...
...
Un matin, la solution lui avait tendu tout naturellement les bras; et elle en avait été terrifiée. L'idée avait pourtant germé, jours après jours.
Comment sa raison pouvait-elle lui échapper à ce point?
Peu à peu, à force de contemplation, elle s'habitua à l'idée de jouer elle-même les Parques.
Un soir, il lui avait même semblé que la terre humide de la Roseraie, délivrée de l'emprise du givre, l'accueillerait avec bienveillance en son sein.
Mais elle avait attendu encore un peu -parce qu'il y avait Esthérel, parce qu'elle ne parvenait pas à trouver le bon moment, et surtout parce qu'en dépit de toute sa souffrance, il lui en manquait toujours pour commettre l'irrémédiable.
...
Elle attendit trop.
...
Et finalement, elle déclina cette étreinte pleine de promesses.
Hermione inspira par saccades.
Elle ignorait pourquoi elle vivait encore. C'était peut-être son châtiment, d'ailleurs.
Il l'avait remplacée.
Elle était quelconque. Interchangeable.
Combien de temps avait-elle survécu avec ce poids qui lui meurtrissait la poitrine?
Dans un effort surhumain, elle conjura une plume et un parchemin.
Il verrait qu'elle était irremplaçable -elle voulait s'en convaincre.
Elle lui offrirait son bien le plus précieux, le seul qui lui restait vraiment, le seul qui soit entièrement à elle
-elle lui offrit son savoir.
...
Elle rédigea le protocole expérimental avec la même ferveur qu'une déclaration. Les mots s'abreuvaient de son amour – le vrai, celui qui est don de soi -et la haine, et la rancoeur, et l'immensité du sacrifice s'estompèrent.
...
Jamais elle ne sut combien Severus chérit sa lettre, et elle ne soupçonna pas les larmes versées.
Jamais elle ne regretta son geste.
Peu après, la fièvre s'empara d'elle et la rongea chaque jour un peu plus.
Elle s'éloignait doucement sur la pointe des pieds.
...
Quelque fois, dans ses rares instants de semi-conscience, elle se sentait enveloppée par ces deux nuages gris, tendrement menaçant, chargés d'incompréhension, -tout proches et pourtant si loin...
...
Parfois, c'était un inconnu qui lui tenait la main, murmurant une langue qu'elle ne comprenait plus.
Où fuir?
Un spasme l'agita.
Et les gemmes noircies!
...
Une ultime fois, tout fut clair.
Profondément enfoncé dans un fauteuil de brocart grenat -récente acquisition qui tenait autant de son désoeuvrement que de son anxiété- Draco Malfoy dévisageait sa femme avec perplexité.
Son bon sens se refusait à entériner l'idée absolument ridicule qu'elle soit devenue... -il s'abstint de formuler ce mot maculé d'une traînée au parfum scandaleux.
Par Merlin, elle avait bien été capable de trouver comment générer artificiellement le fluide magique!
Depuis cette nuit -à quand remontait-elle? trois semaines ou plus? le calvaire semblait si long!- où les hurlements de sa conscience avaient douloureusement fait écho à ceux d'Hermione qui se débattait avec ses démons et les draps froids, ils avaient tous deux perdu le sommeil.
Les experts à Sainte-Mangouste étaient formels; nul ne connaissait encore un remède approprié à cet étrange cas de confusion mentale.
Il la scruta attentivement tout en lui caressant la joue.
Elle avait beaucoup maigri, mais le plus troublant désormais étaient ses yeux sans couleur, qui donnaient sur un autre monde.
Inaccessible, songea-t-il.
- Tu veux lire quelque chose? Interrogea-t-il avec une douceur inattendue. Les médicomages pensent que tu as subi un gros choc émotionel, et la fièvre qui t'a fait délirer n'a pas arrangé...ils préconnisent que tu...
...
Sa voix resta en suspens. À quoi bon, de toute façon?
Elle était ailleurs; l'entendait-elle seulement?
- ...que tu poursuives tes lectures...acheva-t-il enfin dans un murmure. Il faut que tu guérisses, Hermione! pressa-t-il. Je refuse de te perdre, tu comprends? Ne t'avoue pas vaincue, je t'en prie! Si tu ne le fais pas pour moi, fais le pour Esthérel.. Je sais que notre mariage n'est pas le rêve que je t'avais promis, ajouta-t-il amer.
Mais je t'aime toujours, chuchota-t-il tout contre son oreille.
...
Elle le regarda longuement sans mot dire.
Puis hocha faiblement la tête. Ses lèvres s'étirèrent muettement.
-Le journal...je veux bien lire..un peu.., souffla-t-elle en désignant mollement la Gazette qui traînait aux pieds du sofa.
...
Draco faillit pleurer de soulagement.
Une découverte prodigieuse
Le Maître de Potions Severus Snape a récemment fait breveter une innovation déjà saluée comme la plus importante du XXIè siècle: le Philtre de Reconstitution du Fluide Magique.
Selon diverses sources, l'ancien professeur de Potions au collège de Sorcellerie Poudlard travaillait jusqu'ici sur les propriétés du sang de dragon, secondé dans ses recherches par son homologue allemande, Hildegarde von Furstenberg.
Néanmoins, cette découverte sensationnelle qui va révolutionner le quotidien des Cracmols et des sorciers gravement accidentés serait, d'après les dires de Severus Snape lui-même, le fruit du labeur acharné et de la perséverance d'Hermione Granger-Malfoy, restée dans les annales comme l'une des plus brillantes élèves de Poudlard.
« Mrs Malfoy m'a autorisé à consulter ses notes il y a plusieurs années et m'a demandé de poursuivre les recherches pendant qu'elle se consacrait davantage à sa famille.
En vérité, elle avait déjà tout mis à jour; il ne restait plus qu'à établir les éléments dans le bon ordre. » confie-t-il à Potion Mag.
Bien que de les rumeurs enflent à son sujet, on s'étonne toujours que la principale intéressée n'ait pas pris le soin de rendre publique pareille trouvaille.
Si le silence perdure, l'hypothèse qu'elle ait perdu la raison, suite aux inhalations répétées de vapeurs toxiques, risque tristement de se confirmer.
À suivre p.9: 'La magie pour tous' par Gilberta Moose et 'J'étais un Cracmol' d'Ernesto Rhys.
Draco jetta la Gazette au feu en frémissant.
Il se sentait fourbu.
Il luttait vigoureusement, mais le pressentiment que ce combat était perdu d'avance s'accentuait au fil des heures.
...
Hermione glissa maladroitement sa main tiède dans la sienne.
Elle était demeurée impassible pendant sa lecture.
Plus rien ne l'atteignait donc?
...
Il l'enserra farouchement, comme pour se convaincre de sa présence.
Elle avait encore un regard hermétique, mais Draco décela avec bonheur une légère palpitation quand il l'embrassa.
Dans l'intimité de son âme, les fantômes d'Hermione souriaient.
Severus l'avait aimée avec autant d'ardeur que de respect -et même si la preuve terrestre arrivait trop tard, elle l'étreignit en pensée.
Dans son monde, Severus était à elle pour jamais.
...
Bon, je crois qu'il vaut mieux ne pas s'étendre sur le fait que cette fic est (enfin!) terminée sans quoi je risquerais de me métamorphoser en Poufsouffle légèrement émue.
J'espère que les fanatiques du happy-end ne seront pas trop déçues et que les autres ne m'en voudront pas pour cet épilogue qui se veut assez lacunaire et qui ne respire pas particulièrement la joie de vivre. (je vous avais prévenues!)
Vous aurez tous compris sans grande difficulté que le mensonge, le remords et la douleur portés à leur paroxysme ont fini par coûter la raison à notre héroïne. (Quoi que dans cette fic, elle mériterait plutôt le qualificatif d'anti-héros. Bref.)
"La folie, c'est la mort avec les veines chaudes" disait Xavier Forneret, et je dois vous avouer que c'est à partir de cette phrase qu'a germé toute cette histoire, destinée à conduire Hermione jusqu'au bord du précipice, jusqu'au gouffre de la folie.
Si vous avez des questions, des réactions et même des récriminations, surtout n'hésitez pas: j'attends vos commentaires!
Sur ce, je vous souhaite à toutes une bonne continuation dans vos lectures et dans vos fics. Merci encore de m'avoir lue jusqu'au bout!
Bises,
Ilda
