Disclaimer (parce que je l'ai oublié dans les deux chapitres précédents…) : Haruka et Michiru ne sont pas à moi (et je pense qu'elles en sont contentes avec tout ce que je leur fait subir) mais sont la propriété de Naoko Takeushi, mais Miranda, Nereid et Despina le sont en revanche, j'ai juste piqué les noms des vrais satellites d'Uranus et Neptune.
Note : je suis dééééééésoooooooolééééééééé (là, vous imaginez la tête de Ritsu Sôma pour bien avoir l'ambiance xD). Veuillez me pardonner chers lecteurs, je m'excuse infiniment de vous avoir fait patienter aussi longtemps pour mettre la suite de ma fic (pas loin d'un an…hum…oups). Pourtant j'étais heureuse en voyant la longue review de Melinda Potauxroses. Pardon, mille pardons, je vais essayer de la finir rapidement comme ça vous n'aurez pas à patienter ! Encore mille excuses…
Chapitre 3 : Culpabilité
Le combat était parfaitement mené par Miranda. Elle avait su profiter de l'effet de surprise et attaquait sans relâche son adversaire, ne lui laissant pas un droit de réplique. Comment était-ce possible ? Je n'y comprenais plus rien. J'avais vraiment des difficultés à croire que je ne rêvais pas tant la scène qui se déroulait sous mes yeux était surréaliste. Mais d'un autre côté, j'avais également assisté à des scènes autrement plus incroyables. La transformation de Michiru, la prise des talismans, Galaxia… Cependant, tout cela n'altérait en rien ma surprise. J'avais beau chercher dans les méandres de mes souvenirs, je n'y trouvais rien qui puisse expliquer la soudaine réapparition de Miranda. Je savais seulement qu'elle était là à se battre avec Nereid. Son regard était si froid, ses mouvements si secs… Quand était-elle devenue ainsi ? Elle, la jeune fille si souriante et chaleureuse que je connaissais alors. Une sorte d'aura glacée semblait émaner de son corps, en accord parfait avec son élément. Totalement différente du rayonnement passé. Etait-ce de ma faute si elle était devenue comme cela ? Le fait que je n'ai pas su l'empêcher de se sacrifier, mon incapacité à protéger ma planète ont-elles eut raison de Miranda ? Un sournois sentiment de culpabilité se faisait sentir en moi. Il prenait peu à peu place dans mon corps, dans mon cœur. Je serrais les poings, sentant au travers de mes gants le sable fin. A ce contact, je repris alors pied avec la réalité. Sans m'en apercevoir, je m'étais totalement perdue dans mes pensées. Je réalisais alors que Miranda venait de mettre en fuite Nereid. Tout était désormais figé sur la plage. Le vent ne se faisait pas sentir, l'océan était calme et pas un autre bruit que celui éloigné de la ville n'était audible. Je restais immobile, tout comme Miranda et Neptune. Ce fut ma partenaire qui réagit la première. Elle posa sa main sur la mienne toujours crispée. Un moyen de se rassurer elle-même tout autant que moi. En tout cas, elle paraissait tout aussi choquée que moi. Faire ressurgir le passé était toujours une expérience éprouvante.
« Ca va aller ? M'enquis-je.
- Oui, mais toi ?
- C'est bon. Mais je crois qu'il vaut mieux s'éloigner d'ici pour le moment. Et il faut qu'on parle avec Miranda.
- J'ai du mal à croire qu'elle soit là aujourd'hui. »
J'acquiesçais tout en me levant. Une fois debout, je vacillais légèrement. Finalement, la fatigue et les émotions avaient fini par avoir raison de moi. Je restais un instant immobile, légèrement chancelante puis je fis un pas, ordonnant à mon corps de m'obéir. Je constatais avec un certain contentement qu'il obtempéra. Mais pour combien de temps ? Je me dirigeais vers la frêle silhouette qui se découpait dans la lumière en face de moi. Avant même que j'aie le temps de prononcer un mot ou de faire un geste, elle se tourna vers moi. Je marquais un temps d'arrêt, totalement incrédule. Son regard était d'un noir profond, vide et morne comme si sa conscience se trouvait à des milliers d'années de là. Son visage d'une pâleur cadavérique ne laissait transparaître aucune émotion. Elle ne semblait pas subir les conséquences des efforts que son corps venait de fournir suite à son combat. Mon dieu, mais qu'avais-je fait ? Cela pouvait sembler présomptueux de me sentir ainsi seule responsable de son état, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que si j'avais été capable de défendre Uranus contre Despina, elle n'aurait pas changé de cette manière. Me ressaisissant, j'ouvris la bouche pour poser une question, mais déjà elle me coupait.
« Si je vous ai aidé aujourd'hui, c'est uniquement parce qu'il est de mon devoir de ramener Nereid là où il devrait être. N'espérez pas plus. »
Sa voix était glaciale, une rancœur se sentait dans son ton. Et je ne pouvais que l'approuver.
« Miranda. Pourquoi… Non, comment peux-tu être ici ? As-tu aussi eu le droit à une seconde chance, à une nouvelle vie ?
- Pour avoir une nouvelle vie, il aurait déjà fallu que l'ancienne se soit terminée.
- Tu… » Je ne trouvais pas les mots pour m'exprimer. Elle n'était donc pas morte ? Qu'avait-elle donc vécu depuis tout ce temps ? « Je suis désolée. » Qu'avais-je d'autre à dire ? A quoi bon lui infliger un long discours visant plus à me déculpabiliser qu'à la soulager elle.
- Pourquoi vous excuser ? Vous n'avez rien à vous reprocher après tout.
- C'était mon devoir d'empêcher Despina de s'en prendre aux planètes, à leurs habitants, à toi. Mais à cause de mon incapacité à agir…
- Arrêtez ! Je me fiche du passé ! Ma mission aujourd'hui est de m'occuper de Nereid. Ni plus, ni moins. Je n'ai rien à faire avec vous. »
Puis, sans ajouter un mot, elle disparut. Merde ! Quelle imbécile j'avais été. Pourquoi avait-il fallu que tout se passe de cette manière ? Miranda avait tout à fait raison de m'en vouloir ainsi. Mais j'aurai voulu avoir plus d'explications. J'étais vraiment à bout de nerf. Je repris mon apparence normale et me tourna vers Michiru qui avait fait de même.
« Rentrons, dis-je d'une voix lasse.
- Haruka…
- Non. Tu n'as rien à dire. Je suis en tort. Et tu le sais aussi bien que moi. »
Michiru baissa la tête puis la tourna en direction de l'océan qui s'était remis en mouvement grâce au vent revenu. Tout revenait à la normale. Je m'approchais de ma partenaire, caressant sa joue du bout des doigts. Depuis toujours elle avait su me rassurer, me protéger sans que moi je réussisse à lui rendre réellement la pareille. Mais je voulais être quelqu'un capable de la protéger. Elle releva le visage vers moi et se dressa sur la pointe des pieds pour effleurer mes lèvres des siennes.
« Tout ira bien » murmurais-je avec un sourire rassurant.
