Disclaimer : bah toujours pareil hein… on aura beau dire et beau faire, on peut pas s'approprier les personnages… Juste ceux qu'on invente.

Note : voilà, deux chapitres en moins de 24 heures… c'est pour me faire pardonner. Je vais essayer d'écrire la suite rapidement (mais je sais pas ce qu'il va se passer --'). Donc voilà.

Ah oui, et un truc qui n'a rien à voir (enfin si mais de très très très loin), si vous aimez l'épisode 97 de Sailor Moon, regardez le en VO, parce qu'en français, ils ont supprimé des scènes TT

Chapitre 4 : Souvenirs

Miranda avait préféré la fuite. Elle s'était promise de ne pas revoir la princesse d'Uranus, Haruka ainsi qu'elle se nommait désormais dans ce monde. Dans cette vie. Mais malgré elle, Miranda n'avait pu s'empêcher d'intervenir lorsque Nereid avait attaqué les deux princesses. Et maintenant, la jeune fille s'en voulait. Elle n'était pas prête pour une telle confrontation avec son passé. Des siècles d'une demi-vie ne lui avait pas été suffisant pour se préparer. Elle ne voulait pas incriminer Sailor Uranus, elle ne lui en voulait pas de ne pas avoir agi à temps. Non, c'était à elle-même que la jeune fille en voulait. Elle s'en voulait pour sa faiblesse, pour ses propos durs, blessants, pleins de rancœur pour celle qu'elle avait toujours admiré plus que tout, et même au-delà. Et plus que de l'admiration, c'était de l'amour qu'elle avait ressenti pour cette personne. Elle avait été prête à tout sacrifier pour la protéger. Elle se rappelait parfaitement de ce qui s'était passé à cette époque… Comment aurait-il pu en être autrement ?

« Je me souviens… Tout avait commencé un matin durant une assemblée avec les conseils d'Uranus et Neptune au Palais Triton. Un garde avait brusquement interrompue la réunion, totalement alarmé, annonçant la trahison de Despina, l'un des protecteurs de Neptune. Il y avait eu une effervescence sans mesure dès cet instant. Tout le monde s'était levé et précipité vers les princesses en quête d'une aide. Il avait fallu plusieurs minutes avant de parvenir à calmer tout le monde. Je me souviens que ce jour là j'avais presque dû user de la force pour que chacun regagne sa place. Mais finalement c'est Uranus qui est intervenue en les faisant tous taire d'un seul mot. Dès lors, plus personne n'avait parlé, un silence religieux s'était installé. Neptune avait interrogé le garde qui les avait avertit. Elle était si douce que n'importe qui lui aurait confessé le pire acte si elle l'avait demandé. Je m'étais toujours demandé si cela était naturel. Je lui avais même demandé un jour, mais elle s'était contentée de sourire sans répondre. Et pendant que je me posais encore cette question, le garde lui avait appris que Despina s'était attaqué aux sentinelles de la ville afin de montrer ses intentions ainsi que sa trahison. La nouvelle avait vraiment du mal à se frayer un chemin parmi les esprits. Despina avait toujours été quelqu'un de loyal et serviable, nul n'aurait imaginé un tel acte de sa part. Moi-même je l'appréciais, et j'aimais parler avec lui et Nereid, son petit frère. Leur ressemblance m'avait toujours amusée. En particulier parce que leurs caractères respectifs étaient totalement opposés. Je ne comprenais pas pourquoi il voulait s'en prendre à Neptune. J'avais beau tourner et retourner la situation, réfléchir à son comportement, je ne voyais rien qui puisse expliquer un tel revirement. J'étais tellement plongée dans mes réflexions que je ne vis pas la réunion passer. Je n'avais rien écouté, et si quelqu'un avait décidé d'attaquer Uranus pendant ce temps, je n'aurai rien remarqué. Quel piètre protectrice je faisais. Mais Uranus ne m'en tenait absolument pas rigueur. Non, elle avait confiance en moi malgré tout et cela m'emplissait le cœur de joie, ne faisant que renforcer ma dévotion pour elle. Ce jour là, elle me demanda d'aider à l'évacuation de la ville du palais vers notre planète. Etrangement, cela ne prit pas autant de temps que je l'avais imaginé, nous avions une bonne organisation et les gens restaient calme malgré la menace qui planait sur eux. Il savaient que leur survit en dépendait. Le soir, il ne restait pas un chat dans les rues. Je vins faire mon rapport à la princesse Uranus. Comme je m'y attendais, Neptune était déjà avec elle. Ils étaient en train de commander l'ordre d'enfermement de Nereid.

« Pourquoi faites-vous ça ? avais-je demandé surprise et indignée à la fois.

- Je sais que Nereid est un ami à toi Miranda, mais comprend bien qu'en tant que frère de Despina, il y a des possibilités pour qu'il soit impliqué dans cette affaire.

- Mais…

- Ne t'en fais pas, nous ne le garderons pas éternellement s'il est innocent. Il sera simplement enfermé sous haute surveillance le temps d'arrêter son frère.

- Alors ce n'est qu'une mesure de précaution ?

- Oui. Est-ce que l'évacuation est terminée ?

- L'évacua… Ah oui, oui, bien sûr. Elle vient juste de s'achever. A votre demande, chaque habitant héberge une ou plusieurs personne, tout s'est passé dans le calme.

- Bien, nous n'avons rien à craindre de ce côté-là alors. Tu as fait du bon travail. Tu peux aller te reposer si tu veux.

- Dites, est-ce que je peux… rester ici ? »

Ma question avait été hésitante, je ne savais pas ce qui m'avait pris de demander une telle chose. Mais Uranus avait accepté. J'étais heureuse. Sa présence me donnait confiance même si elle n'avait d'yeux que pour Neptune. Mais qu'étais-je en comparaison de cette dernière ? Elle était si belle, si douce, appréciée de tous, et pourtant je n'arrivais pas à la détester. J'étais donc restée avec elles, à les écouter parler de la situation, sans mot dire. En vérité, j'étais inquiète même si je n'en montrais rien. Puis, tard dans la nuit, on vint nous apprendre que Despina et une armée de monstre avait attaqué le palais Triton. Qu'est ce que des monstres faisaient jusqu'ici ? Despina avait envoyé l'un d'eux nous avertir qu'il ne resterait pas inactif, et que l'on ne pourrait pas toujours se cacher et qu'il ne faudrait pas attendre longtemps avant de le voir sur Uranus. Ce message eut pour effet de créer beaucoup d'inquiétude. Aux dires des sentinelles qui avaient aperçu les monstres, ils étaient extrêmement nombreux, et probablement puissants. Nos armées risqueraient de ne pouvoir rivaliser avec eux. Neptune voulu envoyer un message au Royaume de la Lune afin de solliciter de l'aide, mais malheureusement, il était lui-même en plein combat. Affronter Despina causerait énormément de perte sans apporter aucune victoire. Le désespoir commençait déjà à gagner le conseil et même les princesses. Personne ne savait quoi faire. Despina ne mettrait pas longtemps à attaquer. Il avait probablement fomenté sa rébellion depuis plusieurs mois déjà sans que personne ne s'aperçoive de rien. Il n'y avait rien à faire. Uranus et Neptune cherchaient une solution en vain. Malgré leurs pouvoirs, vaincre une armée de monstre leur coûterait la vie et tout le monde s'opposait fermement à cette idée. Moi la première. Il était hors de question de les perdre. Mais pendant que les chefs d'armées, les princesses et autres hauts placés réfléchissaient, le temps avançait. Dans mon esprit avait commencé à se dessiner lentement une possibilité. Moi je pouvais faire quelque chose. Depuis toujours, un pouvoir caché, scellé était ancré dans mon sang, remontant à des générations en arrière. Un pouvoir destructeur qu'il m'était interdit d'utiliser. Seulement, je n'avais pas le choix aujourd'hui. Cette certitude s'ancrait de plus en plus profondément en moi. Je devais agir. Je savais qu'elle en serait les conséquences, mais j'étais prête à les accepter pour la salut de Neptune, mais surtout pour celui d'Uranus. Je ne voulais pas la perdre. Je m'étais approché doucement, derrière Uranus, je lui avais murmuré que j'étais désolée, puis j'étais partie, enfermant tout le monde dans la vaste salle. Ils seraient bloqués là un moment, ils ne pourraient pas sortir avant que Despina soit mort. Et moi avec… J'avais couru dans le palais, je savais ce que j'avais à faire, j'étais déterminée et rien ne m'en empêcherait. Une fois dehors, j'eue un choc, un malaise s'empara de moi. Toute la surface de la vaste plaine d'Uranus était couverte par une armée de monstre. Despina était déjà là. J'arrivais trop tard. Des dizaines de cadavres jonchaient le sol.  J'eue envie de vomir et, pendant un instant, face à ce spectacle, je cru que j'allais abandonner. Mais je ne pouvais pas. Je ne le voulais pas. Alors, prenant mon courage à deux mains, j'hurlais le nom de Despina, je voulais le voir, je voulais lui parler, comprendre avant de vraiment réaliser mon objectif. Il ne mit que quelques secondes à apparaître devant moi. Sur l'instant, je ne le reconnus pas. Son visage était si différent, ses lèvres ourlées d'un rictus sournois, son regard luisant de cruauté. Il me fixait avec un air méprisant.

« Tu es venue me raisonner ? me cracha t'il.

- Non. Je suis venue comprendre et mettre un terme à tout ça.

- Je vois, tu viens jouer les héroïnes à la place de ta chère Uranus.

- Pourquoi fais-tu cela Despina ? Je croyais que tu aimais cet endroit.

- Je le croyais aussi, mais vois-tu, on m'a ouvert les yeux. Ici, toi, moi, les autres protecteurs, nous ne sommes que des petits soldats sans importance. Dès notre naissance notre vie à été tracée. Nous devons protéger. Mais au nom de quoi ? Nous n'avons été conditionné pour avoir une dévotion totale pour ces princesses, pour n'avoir aucune ambition et servir comme de vulgaires pions.

- C'est faux ! Tu le sais très bien ! Nous protégeons Uranus et Neptune car elles méritent d'être protégées. Grâce à elle, les gens sont heureux et la paix règne. Une paix que tu viens troubler. Tu n'avais pas à tuer ces innocents !

- Idiote. Tu es totalement aveuglée. Tu ne te rends compte de rien. J'aurais voulu que tu m'accompagnes dans ce nouveau monde que je vais créer en compagnie de Béryl-sama. Mais elle avait raison, tu ne pourras jamais être des nôtres.

- Béryl ? La même qui attaque en ce moment même la Lune ?

- Oui. Et vous avez tort de vous opposer à elle. Vous comprendrez un jour votre erreur…

- Pardonne-moi Despina. Mais tu ne me laisses pas le choix.

- Tu crois vraiment pouvoir m'arrêter ? »

Je n'avais pas répondu à cette question. Il m'était difficile de penser que j'allais devoir tuer un ami si cher pour moi. Je sentais déjà les larmes couler sur mes joues. Mais c'était mon devoir. Brisant le sceau, libérant mon pouvoir dans un cri, je le dirigeais vers Despina et ses monstres. Derrière, je vis arriver Uranus, Neptune, mais il était trop tard. Elles ne pouvaient plus m'empêcher d'agir. Les larmes roulaient sans discontinuer sur mes joues. Et tout à coup, ce fut le silence total. Il n'y avait plus rien autour de moi, tout avait disparu, tout était noir. Avais-je réussi ? Je l'ignorais. Mais je savais que cet endroit était désormais ma place, pour l'éternité. La conséquence de mon acte. Je ne regrettais pas d'avoir agi ainsi. »

Durant des siècles, Miranda était restée prisonnière d'une dimension sombre, solitaire, sans espoir de liberté, remuant ses pensées, ses souvenirs de ce dernier jour. Jamais elle ne regretta, jamais elle n'en voulut à Uranus pour ne pas avoir su arrêter Despina. Elle lui en voulait seulement de ne jamais lui avoir accordé autant d'attention qu'à Neptune, de ne jamais l'avoir considérée comme autre chose qu'une petite sœur. La jeune fille aurait voulu plus, tellement plus. C'est ainsi que son emprisonnement la changea profondément. Elle était comme brisée, une part d'elle avait été détruite en même temps que Despina. Mais au fond d'elle, tout au fond d'elle, elle aimait toujours Uranus. Mais alors pourquoi avait-elle été si odieuse face à elle aujourd'hui ? Elle s'était pourtant excusée. Mais Miranda n'avait pas pu se résoudre à agir autrement. Elle aurait probablement craqué sinon. Et elle s'en voulait. Pourtant, un jour, elle le savait, elle réparerait cette erreur. Elle était libre maintenant. Elle aurait tout son temps pour s'expliquer avec Uranus et pour excuser le comportement qu'elle avait eue aujourd'hui.