Cette mission allait être du gâteau. Après des semaines et des semaines de recherches, il avait enfin appris où se cachait cet homme que son employeur voulait retrouver. Bon, il n'était pas vraiment caché, il était retenu contre son gré dans un asile psychiatrique vraiment particulier. En fouillant bien, il avait même remarqué que l'hôpital n'avait pas été approuvé par l'Etat... peut-être y faisaient-ils donc des trucs pas vraiment légaux... Tant mieux. Comme ça, ils fermeront leurs gueules.
Il enleva la sécurité de son pistolet qu'il cacha sous sa veste. Il entra dans la cour de l'hôpital sans problème, la sécurité de l'établissement était vraiment déplorable... Il y avait un garde posté devant la porte d'entrée, un garde qu'il se contenta de supprimer par une simple balle dans la tête. Quand il entra dans l'immeuble, il sentit cette odeur particulière aux hôpitaux, curieux mélange des médicaments et des désinfectants. Et aussi étrange que cela puisse paraître, cette odeur avait toujours rassuré notre tueur à gage. Quoi de plus rassurant que de sentir que nous sommes dans un endroit qui nous permettra de guérir ? Pourtant, ici, cette odeur était... glauque. Oui, vraiment glauque. Et cet hôpital... était vraiment petit.
Bizarre...
En quelques enjambées, il se retrouva devant une porte où était inscrit : "Patient 001 : Mathieu Sommet". Autant mettre un panneau clignotant qui indiquerait "C'EST ICI QUE TU DOIS ALLER CONNARD". Il ouvrit la porte et tira sans sommation sur l'infirmière qui était face à lui. Allongé sur le lit, il y avait l'homme. Notre tueur le reconnut tout de suite, malgré ses cheveux rasés, son teint pâle et ses cernes qui le faisait passer pour un panda. Il tendit la main vers lui, et l'homme, sans hésitation (sommation, hésitation... on n'est pas dans une parodie de Twilight bordel), la serra avant de s'évanouir. Mais qu'est-ce qu'ils lui ont donné pour le mettre dans cet état ? Il était même super léger, si bien que ce ne fut pas compliqué de le transporter en le mettant sur son épaule. Avec autant de classe que Sandor sauva Sansa, il tenait fermement les jambes de Mathieu contre lui pour éviter qu'il ne tombe en arrière, tout en faisant attention à ce que sa tête ne se cognait pas contre les murs. Il traversa ainsi les couloirs, vérifiant n'avoir rien oublié. Il trouva alors une salle avec des écrans, tous montrant une chambre vide.. ah si, il y avait le cadavre d'une femme. C'était les écrans de surveillance de la chambre de Mathieu. Il supprima les enregistrements et remarqua une fiche d'émargement. Seuls cinq personnes étaient employées ici, dont trois d'entre elles ne revenaient que dans trois semaines. Notre ami était peut-être un tueur, mais il avait un minimum de savoir-vivre : il n'allait pas laisser ces cadavres moisir pendant trois semaines jusqu'à ce que leurs collègues les retrouvent. Et c'étaient aussi un sacré avantage : personne ne remarquera la disparition de Mathieu avant leur retour. Il déposa notre YouTubeur complètement défoncé sur une chaise et appela ses amis, spécialiste du nettoyage post-meurtre (oui oui, ça existe, regardez Pulp Fiction). Avec eux, l'hôpital sentira beaucoup plus l'hôpital que n'importe lequel hôpital.
Il se résolut à refaire un tour dans l'asile, au cas où il aurait oublié de buter quelqu'un, et se figea devant une porte.
"Patient 000 : Sally Acmet"
Ben merde alors, il y avait un autre patient ? Une autre patiente ? Il lui semblait pourtant ne pas avoir vu d'autres chambres...
Ce n'était même pas un vrai asile ici.
Il porta son arme, près à tirer, puis ouvrit la porte. Une jeune fille, assise au bord de son lit, dans le coin de la pièce, les genoux repliés vers elle, tremblait.
"Ca va ?"
Question stupide. Est-ce qu'elle avait vraiment l'air d'aller ? Ses cheveux étaient rasés, ses bras et ses jambes semblaient horriblement fins, ses yeux exorbités et les mêmes cernes. Et le même teint blafard. Le visage de quelqu'un qui a perdu une partie de lui-même.
Mais qu'est-ce qu'ils foutaient dans cet endroit ?
Le tueur, comme je le disais, avait un minimum de savoir-vivre. Il exécutait les ordres de son employeur, c'était tout.
"Tuer quiconque se met en travers de votre chemin."
La jeune fille n'allait sûrement pas l'empêcher de sauver Mathieu. Surtout dans son état, elle ne pourrait même pas l'empêcher de la sauver elle. Mais qu'allait-il faire d'elle ? Il ne pouvait pas la garder, mais encore moins la laisser ici. Il sortit son portable et composa le numéro de son employeur.
"Monsieur. Je suis dans l'asile. Votre petit protégé n'était pas le seul à y être enfermé, il y a une jeune fille aussi. Qu'est-ce que je fais d'elle ?
...
Oui, il m'en reste suffisamment.
...
Vous êtes sûr ?
...
Très bien Monsieur. A tout à l'heure Monsieur."
Le tueur éteignit son portable et s'approcha doucement, délicatement de la jeune fille.
Et sortit une seringue.
