Quand la Lionne se bat

Auteur: Kayly Silverstorm


Seulement 2 reviews cette fois-ci, je ne cache pas que je suis un peu déçue. Je fais donc un GRAND merci à mes 2 revieweuses. Pour les autres, je m'en remettrai, mais laissez-moi un petit mot à la fin du chapitre... LOL

En attendant, bonne lecture à tous, même si vous préférez rester anonymes.

Estelle 01: Je ne voudrais pas gâcher le suspense, mais Hermione ne va pas être gâtée. La pauvre! Mais en même temps, c'est l'histoire, alors on la fait souffrir pour la bonne cause! Bisous.

Malicia-moony: Toujours fidèle au rendez-vous, hein? Tu vas comprendre pourquoi elle dit ça à Draco. La relation entre Hermione et Draco va être expliquée dans un chapitre, bientôt... Bonne lecture.


Chapitre 5 : Chez le Directeur (2ème partie)

Ecartant la chemise déjà déchirée d'Hermione, Draco ne pu s'empêcher d'avoir le souffle coupé. Il y avait tellement de sang, collant la chemise à sa peau, imprégnant la cape qui avait caché ses blessures jusqu'à présent. Le sang provenait d'une profonde blessure à son côté. Severus regarda Dumbledore et trouva sur son visage une expression qu'il n'avait vu qu'une fois chez le vieux sorcier – lors d'une nuit aussi sombre et pluvieuse que celle-ci, quand le jeune Severus Snape s'était tourné vers son professeur pour lui demander de l'aide.

« Mon enfant », murmura Dumbledore de manière à peine audible, quittant sa place derrière son vieux bureau. Il marmonna un sort et la profonde blessure se referma, le sang et la saleté disparurent.

« Que vous êtes vous fait ? »

Hermione avait fermé les yeux. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres, elle se redressa, paraissant ainsi plus grande et son visage se détendit légèrement. Severus sentit une étrange sorte d'admiration naître en lui, sentiment qu'il étouffa immédiatement.

Elle avait souffert durant tout ce temps, et pourtant, elle avait continué à se disputer avec lui pendant tout le chemin, avec le maintien d'une reine. A aucun moment, elle n'avait perdu son self-control si parfait. Dumbledore avait raison, il y avait plus en elle que ce que l'on pouvait voir dans ses yeux. Mais pourtant, elle était encore une enfant, et sous sa protection. Il avait des devoirs envers elle, et ce, malgré tout le génie et l'intrépidité dont elle faisait preuve.

« Vous ne pouvez pas y retourner. » Il enchaîna comme le refrain d'une vieille chanson. « Ceci prouve combien tout ça est dangereux ! »

« Mais je dois le faire », rétorqua-t-elle en colère. « Mes informations sont bien trop précieuse pour y renoncer au profit de mon propre confort. Les blessures peuvent être guéries. Mais nous avons besoin d'en savoir un maximum pour pouvoir gagner contre Voldemort. Nous ne pouvons pas nous permettre d'être 'délicats'. »

« Rien de ce que pourrez découvrir ne justifie ça ! »

« Ca ne vous a pas empêché de faire exactement ce que je fais les deux dernières années, Professeur ! » Ce n'était pas un argument, c'était l'énoncé d'un fait. « Et j'ai déjà réuni plus d'informations que vous n'en avez jamais eu. »

« Albus ! » Se sentant désemparé, devant le mur d'acharnement et d'obstination, il chercha le soutien du vieux sorcier. « Mettez fin à cette folie, s'il vous plaît. »

Mais Albus Dumbledore, ressemblant pour une fois à un homme de 150 ans, secoua la tête.

« J'ai bien peur de ne pouvoir le faire, mon cher Severus. Elle a entièrement raison. Elle n'est membre de l'Ordre du Phénix que depuis 3 mois et déjà, elle nous a fait parvenir des renseignements inestimables ; nous ne pouvons pas nous permettre de la perdre. »

Severus sentit ses épaules s'affaisser. Il sonda le visage de son ancien professeur, et n'y trouva que détermination, tristesse, mais ses traits étaient aussi durs que la pierre.

« Donc vous la condamnez à mort. » Enonça-t-il.

« Voldemort va tous nous condamner à mort, Severus. Elle fait ce qu'elle peut pour éviter cela. De la même façon que nous faisons tous ce que nous pouvons. »

Un silence s'en suivit. Il n'y avait rien d'autre à dire, et la résolution dans la voix de Dumbledore disait clairement à Severus que tout argument serait inutile.

« Maintenant », le ton de la voix d'Hermione les surprit tous, sec et clair comme un matin d'hiver, avec une légère teinte de moquerie, « si vous avez eu assez de mélodrame pour aujourd'hui, je souhaiterais partir. J'ai besoin de récupérer. »

Elle avait déjà atteint la porte du bureau, lorsque la main de Severus l'arrêta.

« Pas si vite, Miss Granger », dit-il d'un ton proche de ses doucereux sarcasmes, mais seulement proche. « Il y a quelque chose que vous n'avez pas jugé nécessaire de nous dire, je pense. »

« Je vous ai dit tout ce qui pouvait vous concerner.

« Certainement pas. Auriez-vous l'obligeance de me montrer vos mains, Miss Granger ? Et plus précisément vos ongles ? »

Elle pâlit à ces mots, scrutant soudain son visage comme un animal blessé.

« Je ne vois pas en quoi cela est nécessaire. Je souhaiterais m'en aller, maintenant. »

« Lumos », gronda Snape, et avant qu'elle ne puisse lui échapper, il s'empara de ses mains. La trop forte lumière qui pénétra la pièce éblouit brusquement Dumbledore, Draco et Hermione, mais Severus était concentré sur les mains de la jeune fille et trouva la preuve de ses présomptions.

« Maintenant, j'ai besoin de voir vos yeux de plus près », murmura-t-il, l'obligeant à tourner la tête vers lui comme elle refusait de céder.

« C'est ce que pensais ! »

Il la laissa et elle en profita pour reculer de quelques pas, ses yeux n'avaient toujours pas quitté la sombre figure de son Maître des potions qui faisait désormais face à Dumbledore, le visage encore plus grave qu'auparavant.

« C'est pire que ce à quoi je m'attendais, monsieur le Directeur. Je me demandais comment elle arrivait à passer de si nombreuses nuits au repère, tout en soignant ses plaies, conspirant avec son chien d'appartement là-bas », il agita sa main vers Draco qui avait rougi de colère, « et tout en rendant toujours de parfaites et longues rédactions à temps. Son corps m'a donné la réponse à l'instant, j'en ai bien peur. »

Il s'arrêta, rassemblant ses pensées en un instant.

« Pour pouvoir tenir, Miss Granger a pris un stimulant extrêmement fort, au cours du dernier mois, mais si mon intuition est correcte, cela doit faire plus longtemps. »

Il se tourna vers elle, accrochant son regard.

« Je crois que vous utilisez la potion Thanalos, Miss Granger ? »

Pendant un instant, elle soutint son regard mais baissa finalement la tête et acquiesça lentement.

« Oui »

« Mais cela ne crée-t-il pas une forte dépendance ? », demanda Malfoy, son expression trahissant le choc.

« En effet, de plus c'est extrêmement dangereux. La potion Thanalos puise dans l'énergie physique et magique de la personne qui l'utilise. Mais une fois cette énergie épuisée, la dépendance peut tuer. Il n'y a pas d'autre échappatoire si le stimulant est pris pendant une certaine période. Depuis combien de temps prenez-vous la Thanalos, Miss Granger ? »

« Trois mois et demi. » Répondit-elle calmement.

« Ce qui fait bien trop longtemps. Vous pouvez vous considérer chanceuse de ne pas être morte à la tâche il y a quelques semaines. Je n'arrive pas à y croire, jeune fille », il fut tenté de l'attraper par les épaules et de la secouer, « Vous avez toujours fait preuve d'un minimum d'intelligence. Comment avez-vous pu être aussi incroyablement stupide ! »

« Tout est sous contrôle », riposta-t-elle, la voix et le visage aussi durs que de la pierre.

« Vous pensez avoir beaucoup de choses sous contrôle, Miss Granger », Severus grimaça. « Nous devrions examiner les dommages causés à vos capacités logiques aussi. »

« Ce n'est pas nécessaire, Severus », le Directeur le réprimanda finalement. « Quelle serait la conduite à tenir la plus raisonnable à votre avis. »

« A part l'enfermer dans une cellule et jeter la clef, vous voulez dire ? » Cracha-t-il, mais le regard implorant de Dumbledore le fit se calmer.

« Elle a besoin d'une cure de désintoxication. Les symptômes du sevrage vont être difficiles à endurer, mais si elle continue comme ça, elle ne sera plus là le mois prochain. »

« Combien de temps cela va-t-il durer ? » Le Directeur scrutait le faciès de Snape pensivement.

« Deux semaines, peut-être trois. Elle va avoir besoin d'une surveillance rapprochée, quelqu'un qui a suffisamment d'expérience médicale pour administrer les bonnes potions. Elle ne sera probablement pas capable de se rendre aux réunions des Mangemorts pendant ce temps, il faudrait également qu'elle soit isolée des autres étudiants de l'école. »

« Impossible », le coupa Hermione, hargneuse. « Je suis en train de gagner la confiance de Voldemort. J'ai encore besoin d'une ou deux semaines pour lui faire faire ce que je veux. Je ne peux pas arrêter d'aller aux réunions maintenant. Notre plan serait fichu, monsieur le Directeur ! Tout aurait été fait en vain ! »

« Vous ne survivrez pas à un autre mois, Miss Granger ! Arrêtez d'être aussi bornée et pour une fois, acceptez le fait que vous êtes également un être humain ! »

« Et c'est vous qui me dites ça, professeur Snape. C'est la farce de l'année ! Je … »

« Je suis d'accord avec Severus, Miss Granger. » Dumbledore s'était rassis derrière son bureau, buvant une tasse qui était apparue derrière son coude gauche. « Bien que je porte une grande attention à votre mission, votre santé est bien plus importante. »

Severus grogna, mais le Directeur l'ignora tranquillement.

« C'est pourquoi vous allez rester cachée aussi longtemps qu'il le faudra pour vous remettre des abus de cette potion. C'est mon dernier mot. »

Remarquant qu'elle allait ouvrir la bouche pour énoncer un quelconque argument, il continua. « Et ce n'est pas la peine de me menacer de votre démission. Age légal ou pas, votre dépendance ne vous permet pas de décider par vous-même actuellement. Il est de mon devoir de directeur de prendre cette décision pour vous. N'importe quel procureur sorcier ou moldu vous le dirait. »

Leurs regards se croisèrent et après un moment, elle acquiesça en signe d'acceptation.

« Bien », concéda-t-elle. « Mais laissez-moi le faire de manière avantageuse. Vous allez dire à Harry, Ron ainsi qu'au reste de l'école que mes parents ont été attaqué, les obligeant à se cacher, et que j'ai décidé de les accompagner le temps qu'ils se remettent du choc. Mais Draco, ici présent, va dire à son père qu'il m'a accompagné lors d'une mission nocturne. Nous avons cherché à faire une brèche dans les défenses magiques de Poudlard. Draco, et bien, tu as été capable de t'enfuir alors que j'ai été touchée par un sort défensif qui m'a fait m'évanouir. Tu es resté à proximité et tu as pu surprendre une conversation entre Dumbledore et Mac Gonagall qui ont cru qu'il s'agissait d'une attaque de Mangemorts que j'avais tenté de repousser. Aussi longtemps que je serai inconsciente, ils ont l'intention de me cacher pour me protéger. Ca explique mon absence aux étudiants tout en renforçant ma position vis-à-vis de Voldemort.

Cette petite histoire convenait parfaitement pour sa couverture. Elle l'avait expliquée le temps d'un battement de cil, alors que la jeune fille se remettait encore du choc de sa dénonciation. Severus ne pourrait pas l'aider mais en resta bouche bée l'espace d'un instant. Elle était certainement une excellente espionne.

« Cela me semble brillant, Miss Granger », accepta Dumbledore, la fierté se reflétait dans ses yeux.

« Ensuite, Miss Granger, Severus va vous emmener dans ses appartements où il commencera les préparations aussi tôt que possible, tandis que Draco et moi… »

« QUOI ? Pourquoi moi ? »

« Qui pourrait le faire selon vous, Severus ? lui rétorqua Dumbledore, visiblement amusé par son sursaut. Comme je suis content de vous divertir, Albus, pensa-t-il furieux.

« Vous êtes un choix logique. Vous connaissez tout sur les potions, et vous avez les connaissances médicales nécessaires. Sans oublier que vous connaissez déjà la situation, alors que Madame Pomfresh, non, et ne doit jamais savoir. J'ai beau adorer Pompom, elle est terriblement bavarde. Toute l'école serait au courant en l'espace d'une journée.

« Mais j'ai des devoirs, monsieur le Directeur. Je ne peux simplement pas… »

« Allons, Severus » Etait-ce une grimace cachée derrière sa barbe ? « Si Miss Granger est d'accord pour accepter un traitement extrêmement douloureux, nous allons lui administrer. Nous n'allons sûrement pas lui refuser l'aide dont elle a besoin. Après tout, c'est le devoir d'un professeur d'aider ses étudiants. »

Espèce de salopard, il m'a eu !

Acquiesçant avec raideur, il se tourna vers Hermione, lui faisant signe de se lever et de le suivre.

« Très bien, nous ferions mieux de retourner à mes appartements immédiatement, Miss Granger, alors que tout le monde est encore endormi. »

Elle se leva de sa chaise, lui faisant face, avec le visage calme et le regard sûr.

« Oui. Mais avant que nous y allions, j'ai une question à poser. Comment avez-vous été capable de détecter la potion Thanalos, Professeur ? »

La question le surprit mais bizarrement, il ne songea pas à mentir.

« Je l'ai moi-même utilisée durant… certaines périodes. »

A ces mots, les lèvres d'Hermione s'étirèrent en un sourire cruel. « C'est bien ce que je pensais. »

Et Draco, observant leurs profils qui s'affrontaient dans la douce lueur tiède de la bougie, ne put que remarquer à quel point ils étaient devenus semblables. Deux adversaires, égaux en force et en volonté, l'un au début, l'autre à la fin d'un très long chemin, mais ayant tous deux vus trop de choses.


Voilà. Encore un chapitre de fini !

La cohabitation entre Severus et Hermione risque d'être explosive, non ?

En attendant la suite, reviews, s'il vous plaît.