Quand la Lionne se bat
Auteur : Kayly Silverstorm
RAR
Askalena: Merci beaucoup! C'est de plus en plus difficile de continuer car j'ai moins de temps que prévu, mais je vais essayer de maintenir le rythme. Encore une fois, merci de ton soutien.
Melinda Poteauxroses: Original ce nom, tu l'as trouvé où? Tu as des théories à ce que je vois! Mais pour l'instant, Hermione et Snape ne sont pas sur la même longueur d'onde, tu vas le voir au prochain chapitre... Mais qui sait? Tu verras bien.
El diablo: Bien, puisque tu incistes, voilà la suite, comme ça tu ne retireras pas ce que tu as dit... Lol
Chapitre 6 : S'installer
Silencieusement, Hermione suivit Severus dans les couloirs sombres et toujours déserts de Poudlard. Même les escaliers semblaient s'être calmés pour la nuit. Lorsqu'ils passèrent le chemin qui menait à la tour Gryffondor, elle s'arrêta, obligeant Severus à la contourner, celui-ci avait une expression de colère sur les lèvres.
« Si je dois passer les prochaines semaines dans vos quartiers, j'aurai besoin de quelques affaires. » Fit-elle remarquer.
« Laissez les elfes de maison s'en charger. » L'avait-il rembarrée.
Severus s'était attendu à ce qu'elle conteste ses ordres, mais elle avait seulement acquiescé et s'était effondrée derrière lui une fois encore. Il était soulagé qu'elle reste tranquille, soulagé qu'elle ne le combatte pas plus longtemps.
Il se sentait tellement vidé. Il ne lui restait rien de l'énergie qu'il avait ressentie ce matin, il ne lui restait rien de la joie et du plaisir qui l'avaient envahis. Il savait maintenant quel avait été le prix de sa liberté. La vie d'une étudiante. Le futur du plus brillant esprit à qui il avait enseigné à Poudlard. L'innocence d'une jeune fille.
Et innocente, elle ne le serait plus pour longtemps. Elle était déjà rusée et impitoyable comme un espion confirmé, prête à tout sacrifier, si quelque chose ou quelqu'un se mettait en travers de son chemin. Cachant ses travaux dans l'ombre, utilisant Draco, Dumbledore et même lui comme une marionnettiste le ferait avec ses créations.
Elle était très semblable aux Mangemorts, à cet égard, partageant leur velléité à utiliser n'importe quoi pour atteindre son but. Beaucoup trop semblable à lui-même, ou plutôt à un jeune Snape d'un autre temps.
Mais bien qu'il puisse comprendre les serviteurs de Voldemort, leur ambition, leurs idéaux, leur arrogance, bien qu'il puisse comprendre sa propre recherche aveugle de pouvoir et de connaissance, il ne pourrait jamais comprendre Hermione Granger.
Qu'est-ce qui la motivait ? Qu'est-ce qui la poussait à détruire sa propre vie, tout en restant foutrement calme, comme si se donner corps et âme au Mal ne comptait pas plus que de perdre une partie d'échecs de sorciers.
Il trouverait, décida-t-il alors qu'ils descendaient dans les cachots, mais pas ce soir.
Il entra dans la salle de classe de potions, et, avec Hermione traînant toujours derrière lui avec obéissance, il fit face à la porte qui menait à son bureau ainsi qu'aux pièces attenantes.
« Sang noir » murmura-t-il, sentant ses pupilles se rétrécir, il jeta un coup d'œil à la jeune fille. Il remarqua énervé qu'elle semblait plus amusée qu'autre chose.
Il avait choisi ces mots de passe mélodramatiques spécialement pour choquer ses étudiants trop curieux, leurs parents agaçants et les membres les plus bêtes de l'équipe enseignante.
Les étudiants avaient tremblés à cause de ces mots de passe. Ceux-ci avaient nourri les rumeurs concernant sa nature vampirique qu'il avait soigneusement construite au cours des années.
Mais elle avait juste froncer un sourcil et souri sciemment. Insupportable gamine !
La porte s'ouvrit et il la laissa passer de son sombre et froid bureau à des pièces qui n'avaient pas l'air plus accueillantes. De massives bibliothèques, remplies de livres poussiéreux et miteux, s'élevaient le long des murs sans fenêtres, le sol de pierre nu et la cheminée éteinte majoraient seulement le froid régnant dans les cachots. Le seul endroit pour s'asseoir dans cette salle de séjour était un vieux sofa recouvert d'un misérable tissu noir qui ressemblait beaucoup à un pelage de chien. Sur un socle, à côté du mur d'en face, reposait un simple crâne blanc, brillant, éclairé par deux bougies noires.
Sans même regarder autour d'elle, Hermione s'assit sur le sofa et ajusta sa robe.
« Où dois-je rester ? » demanda-t-elle d'un ton neutre. « Vous avez sûrement une chambre quelque part. »
Elle n'avait même pas regardé autour ! Y avait-il quelque chose qui impressionnait cette fille ? Même Minerva avait été stupéfaite lorsqu'elle était entré pour la première fois, et seule une très rapide explication l'avait empêchée de fuir sa présence immédiatement.
Mais Hermione ne s'attendait probablement pas à autre chose de la part de son Maître des potions. Cette pensée le mit en colère, et ce fait l'énervait encore plus.
« Nous ne restons pas ici, Miss Granger. » Claqua-t-il. « Vous pouvez donc cesser de vous jeter sur mon mobilier et arrêter de poser des questions stupides. »
Ceci la surprit. Elle se releva et examina les trois portes qui se situaient à l'autre extrémité de la pièce. Mais au lieu d'ouvrir l'une d'elles, Severus s'avança devant le seul meuble qui comportait au moins une trace de beauté et de réconfort – une infâme tapisserie de couleur sombre qui représentait l'entrée d'un ancien bâtiment, peut-être un temple, avec d'immenses colonnes de chaque côté de la porte finement sculptée.
Severus se renfrogna lorsqu'il remarqua la confusion totale dans les yeux d'Hermione.
« Charmant. Vous croyez vraiment que je pourrais vivre dans des pièces aussi déprimantes et miteuses, vous devriez penser plus à moi, comme si je pouvais passer mon temps dans des pièces aussi ayant une protection aussi basique. La localisation de mes véritables appartements est un des secrets les mieux gardés de ce château, seuls Albus, Minerva et Remus Lupin sont au courant, et seul Lupin est capable d'entrer sans mon autorisation directe. Connaître le mot de passe ne vous aidera pas, puisque la magie est basée sur mon œil et ma main. Je crois que les moldus utilisent une technique similaire pour protéger leurs plus précieux biens. En fait, mes protections sont basées sur un concept moldu, et je ne connais aucun autre sorcier qui utilise ce procédé. En un mot, Miss Granger, vous n'avez aucune possibilité de quitter mes quartiers sans mon autorisation directe.
Il se retourna vers la tapisserie, plaça ses paumes sur les colonnes et fixa ses yeux sur un point que l'on ne peut distinguer du reste de la tapisserie.
« Les nymphes sont parties », murmura-t-il, et la brusque respiration derrière lui, lui indiqua que Miss Granger avait compris l'allusion. Il ne l'avait jamais envisagée comme une lectrice de poèmes. ()
La porte d'entrée du temple commença soudainement à rougeoyer. Sa silhouette émergea des ombres, acquérant une structure et de l'authenticité, alors que le reste de la tapisserie semblait n'être rien de plus qu'une décoration autour d'une véritable porte.
Severus tourna la poignée. Avec un sourire moqueur, qui laissait paraître une pointe de fierté, il lui fit signe d'entrer.
« Ceci, Miss Granger, est l'endroit où je vis réellement. »
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En un instant, une chaude lumière embrassa Hermione, alors qu'elle passait la porte pour pénétrer dans la pièce. Pièce qui lui arracha un cri de surprise.
Ceci, elle le décida en un battement de cœur, était le Paradis.
Jamais elle n'avait vu de si beaux livres en un seul lieu, une pièce aussi confortable que bien organisée. Des étagères de livres couvraient chaque centimètres du mur, allant du haut plafond jusqu'au sol qui était recouvert de tapis tellement épais et doux qu'elle fut tentée d'enlever ses chaussures et de remuer ses orteils dedans. En face de la large fenêtre, Snape avait placé un immense bureau de bois rose qui était recouvert d'articles, de lettres et de parchemins à demi roulés. Des canapés et des fauteuils à grands dossiers l'invitaient à se blottir dedans, passant des heures et des heures à lire, faire des recherches, et oublier le monde extérieur.
Hermione sentit ses épaules s'affaisser, son dos perdit de sa rigide droiture. Pour la première fois, depuis que Snape avait été confronté à Draco et elle, peut-être pour la première fois que tout avait commencé, il se sentit détendue. C'était un lieu où elle serait en sécurité. Murs épais et protections puissantes pour repousser le mal et pour faire taire les ténèbres en elle.
Elle avait toujours su que, quelque part enfoui profondément, Snape devait être un hédoniste. Tous les amoureux de livres l'étaient. Mais cela l'effrayait un peu qu'il vive dans la chambre de ses rêves, de savoir que, si elle avait eu assez d'argent, elle aurait fait en sorte que ses pièces ressemblent fortement à celles de Severus Snape.
« Ma bibliothèque », commenta froidement sa voix soyeuse, mais elle pu sentir son inquiétude. Il n'avait probablement pas autorisé beaucoup de personnes à entrer ici, encore moins ses étudiants.
« C'est magnifique », murmura-t-elle, toujours enchantée par les couleurs chaudes, la lueur des bougies sur les cuirs et l'odeur des vieux livres qui l'entouraient. « Et ça vous va tout à fait. »
Ses mots avaient surpris le maître des lieux, et elle put sentir l'irritation de celui-ci grandir derrière elle.
« Je ne vous considère pas comme compétente pour juger de cela, Miss Granger. Je ne souhaite pas non plus être analysé par vous. »
Ce doit être comme une invasion, réalisa-t-elle soudain, moi restant ici, moi parmi tous les étudiants. L'insupportable Miss-je-sais-tout dans ses appartements privés.
« J'apprécie beaucoup votre aide, Professeur », répondit-elle doucement, « et je promets de ne pas abuser de votre confiance. »
« Il ne s'agit pas de confiance, Miss Granger », dit Snape glacialement, « le Directeur m'a ordonné cette tâche, et j'obéirai à sa volonté. Pas besoin de sentimentalisme gryffondorien. J'espère que vous n'allez pas commencer à sangloter ou pleurnicher ou quelque chose que les filles de votre âge font habituellement. »
Ceci la ramena à la réalité. Elle avait oublié, l'espace d'une seconde, que l'homme à qui elle faisait face n'était pas Severus Snape, brillant scientifique et lecteur avide, mais Professeur Snape, salaud sarcastique.
Son masque était solidement en place, et il détestait sa présence un peu plus à chaque minute. Il n'était pas son ami, et elle n'était pas en sécurité ici. Elle aurait besoin de chaque parcelle de force et de volonté pour survivre, continuant à espérer qu'elle ne montrerait pas trop ce dont elle avait besoin.
« Je ne le ferai certainement pas, Professeur », son masque à elle aussi, fermement remis en place, et elle se concentra sur la tâche à venir. « Si vous voulez bien me montrer ma chambre maintenant. »
Il avait senti les failles dans ses défenses un instant trop tard. Seulement quand elle se recula, toute trace d'émotion avait quitté son visage. Il réalisa que, pour un moment, elle s'était ouverte à lui.
Imbécile, se maudit-il, tu aurais pu y arriver
« Vous êtes libre d'emprunter tous les livres que vous souhaitez lire », offrit-il, espérant susciter son intérêt, mais c'était trop tard.
Sa soudaine gentillesse la surprit, mais elle avait dépassé l'étape où les livres pourraient la détourner de sa tâche.
« Merci », déclina-t-elle, « mais j'ai assez de devoirs à faire comme ça. »
Il attendit, mais c'était tout ce qu'elle dirait pour l'instant. Brusquement, la fatigue l'emporta comme une vague et la laissa faible et déprimée. Elle ne voulait rien d'autre qu'une douche chaude et un lit tiède pour oublier les horreurs qui l'attendaient dans les prochaines semaines.
Malgré ce que semblait penser Snape, elle n'avait pas pris la potion Thanalos à la légère. Elle avait fait des recherches approfondies et savait parfaitement ce qu'une cure de désintoxication signifiait à ce stade. Fièvre, sang, folie probablement. Si elle était chanceuse. Dans le cas contraire, ça pourrait la tuer.
Elle n'aurait pas tenu très longtemps. Elle l'avait réalisé quand Snape et Draco avaient été capables de la pendre par surprise. Elle était devenue négligente, et les erreurs en résultant l'auraient tuée plus tôt que ce qu'elle risquait déjà.
Elle avait besoin de mettre fin à tout ça, désespérément besoin. Encore quelques mois, et tout aurait été fini, Voldemort vaincu, et Harry, Draco et tous les autres, libres de vivre leur vie comme ils le méritent.
Un souvenir s'imposa à ses yeux, la silhouette d'un homme, tapi au sol dans l'obscurité, le visage terrorisé, livide à cause du sang perdu, et une voix, le secouant de peur.
Son silence déroutait Snape, réalisa-t-elle soudain, mais il attendait qu'elle parle de nouveau.
« Ma chambre ? », demanda-t-elle une fois encore, ne s'inquiétant pas du fait qu'elle était presque grossière.
« Par ici », il la mena à un escalier en colimaçon qui était situé dans un des coins de la pièce.
Alors qu'ils montaient à l'étage supérieur, il lui expliqua l'agencement des différentes pièces. « Comme vous pouvez le voir, ma bibliothèque est au rez-de-chaussée. Au niveau suivant, vous allez trouver mes pièces privées et la chambre d'amis, dans laquelle vous allez loger tant que la situation le nécessitera. Au second niveau, se trouvent mon laboratoire et mon bureau privé. Vous n'avez pas accès à ce niveau. La bibliothèque, votre chambre et la salle de bain vous sont ouvertes, mais je ne risquerai pas des potions ou des ingrédients de valeur pour le plaisir d'une petite fille. »
Avait-il été méchant exprès, ou était-ce l'habitude de ces longues années à terroriser les étudiants qui avait repris le dessus ? Honnêtement, elle s'en fichait, le soulagement avait remplacé tout énervement lorsqu'il lui avait montré la chambre où elle passerait les prochaines semaines. Il avait demandé poliment si elle avait besoin de quelque chose, puis l'avait laissée.
Elle s'endormit dès que sa tête s'écrasa sur les oreillers, trop fatiguée pour être hantée par les cauchemars qui étaient ses habituels compagnons.
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« Je me demande ce qui est arrivé au Furet », murmura Ron, curieux.
Le petit-déjeuner avait été calme, l'affaire avait été soumise ce matin, et Ron semblait se rattacher à tout ce qui pourrait le distraire des nouvelles des parents d'Hermione.
Mac Gonagall les avait trouvé attendant leur ami dans la salle commune de Gryffondor, et, après les avoir conduit dans son bureau, leur avait expliqué l'attaque et la nécessité pour Monsieur et Madame Granger de se cacher.
Evidemment, Ron et Harry comprenaient que Hermione ait choisi de les accompagner pour un temps, bien que Ron n'ait pu s'empêcher de faire remarquer combien il était choqué qu'Hermione prennent ses devoirs aussi légèrement.
Mais ils étaient un peu désappointés qu'Hermione n'ait pas pris le temps de leur dire elle-même.
« Qu'est-ce qu'il a ? », demanda Harry sans réel intérêt. Hermione avait été étrange ces derniers mois. Sa peur pour ses parents pouvait expliquer son comportement, mais Harry ne comprenait pas pourquoi elle ne lui en avait pas parlé. Il sait ce que c'est de perdre ses parents, d'avoir peur pour ceux qu'on aime, d'être celui qui les met en danger. Pourquoi avait-elle été si distante ?
« Il a l'air de vouloir tuer son porridge plutôt que de vouloir le manger. Vraiment, ce n'est pas si mauvais, non ? A mon avis, il s'ennuie de la cohorte d'elfes de maison de son papa, hein ? »
Harry leva la tête et regarda vers la table des Serpentards. Ron avait raison, au lieu de plaisanter avec ses idiots d'amis, Draco fixait son porridge comme s'il ne parvenait pas à décider : le tuer ou le faire crier ?
Peu de ses pensées avaient été tournées vers Draco l'année précédente. Le combat au ministère et les arrestations de Mangemorts qui en avaient découlées, avaient fait taire les Serpentards. Evidemment, Malfoy, Crabbe, Goyle et plusieurs autres avaient mystérieusement disparus d'Askaban, seulement trois plus tard. Bien que Dumbledore pensait que Fudge ne rechercherait pas Malfoy avec trop d'acharnement, toutes ses relations avec le Ministère avaient officiellement été rompues.
Sans l'influence de son père qui lui passait ses moindres caprices, Draco était rapidement devenu plus discret. Maintenant que Harry y pensait, ça faisait un moment qu'il n'avait pas vu Draco et sa clique –Crabbe et Goyle- traîner ensemble. De ce qu'il pouvait se rappeler, ils n'avaient pas été attaqués ou insultés au cours des derniers mois.
Nous avons changé, pensa Harry, pas seulement Hermione et moi, mais Draco aussi. La guerre se rapproche, et nous ne savons pas qui va gagner. Merlin, nous ne savons même pas si nous vivrons encore pour voir l'année prochaine.
Bien sûr, alors que Harry et l'Ordre se battaient pour la liberté et la justice, Draco rejoindrait d'ici peu son père dans les rangs des Mangemorts.
« Il s'imagine probablement comment il tuera son premier sang-de-bourbe », chuchota Harry, seulement pour mettre fin aux bribes de conversation à côté de lui. Ils retombèrent dans un silence pesant.
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Draco n'écoutait pas la discussion animée portant sur le quidditch, autour de lui. Il n'avait pas bien dormi la nuit précédente, en fait, il n'avait pas dormi du tout. A chaque fois qu'il fermait les yeux, le visage d'Hermione s'imposait à son esprit, ses yeux si sombres à côté de la peau si pâle, ses yeux pleins de reproche.
Il avait fait ça pour elle, mais néanmoins, il l'avait trahie, et il savait qu'il ne pourrait oublier son regard blessé, ainsi que les mots qu'elle avait murmurés : « Es tu, Brute ».
Il l'avait trahie. Il n'avait pas trouvé d'autres moyens. Il n'aurait pas du mêler Snape à ça.
Et maintenant, elle était enfermée dans les cachots, avec le ténébreux, l'obscur Maître des potions, à endurer la folie due à la désintoxication.
Et tout était sa faute.
Il soupira et ferma les yeux, ignorant les regards qui lui transperçaient le dos. Les Serpentards avaient depuis longtemps cessés de lui faire remarquer son étrange comportement. Ils pensaient tous que c'était la capture de son père qui avait provoqué ces changements.
Et en un sens, c'était vrai.
Il se souvenait maintenant de la nuit où ils étaient revenus. Dumbledore, Fudge, les Gryffondors inconscients et ce morveux de Potter, se pavanant comme si le lieu lui appartenait. Il avait entendu la rumeur selon laquelle Potter avait vandalisé le bureau de Dumbledore, tard dans la nuit. Mais bien sûr, étant Potter, il n'y aurait pas de conséquence pour ce stupide balafré.
Ensuite, Fudge l'avait rencontré dans un bureau, il ne parvenait pas à se rappeler lequel c'était. On lui avait parlé du combat, de la loyauté de son père pour le 'mauvais côté', comme Fudge l'avait appelé. Il lui avait ensuite parlé de sa capture.
Ca avait fait le tour de l'école. Ils avaient chuchoté dans son dos, leurs voix pleines de venin et de méchanceté.
« Qui peut rire, maintenant, Malfoy ? »
« Pourquoi, ton Père ne peut plus nous donner d'ordres, n'est-ce pas ? »
Ronald Weasley avait été le pire de tous, Potter étant trop déprimé par la mort de son pitoyable parrain hors-la-loi. Il avait payé pour toutes les insultes et remarques désagréables qu'il avait pu faire dans le passé.
Draco ne s'était jamais senti impuissant, avant. Vulnérable. Ordinaire. Trahie.
Il avait quitté l'école aussi souvent que possible, cherchant refuge près du Grand Lac, où il avait l'habitude de s'asseoir sous la même vieille branche, regardant l'eau pendant des heures. Il se demandait ce qui avait pi se passer dans sa vie, lui qui se sentait si fier, il y a quelques semaines encore.
Et c'est à cet endroit là qu'elle l'avait trouvé, quatre jours après l'attaque du Ministère. Elle venait juste de quitter l'infirmerie, et ses blessures n'étaient pas complètement guéries.
Il ne l'avait pas vu venir, sinon il serait parti. Il y avait suffisamment de personnes qui l'insultaient, Hermione Granger n'avait pas besoin de se joindre à eux !
Mais elle s'était glissée jusqu'à lui, et il avait sursauté quand elle avait prononcé son prénom, une lointaine humiliation se rappelant à lui.
« Draco ? »
« Que veux-tu, Granger ? Tu viens prendre ta revanche avant qu'il ne soit trop tard ? »
A sa grande surprise, il s'assit à côté de lui, s'adossant au vieil arbre et regardant l'eau pendant quelques temps.
« Je suis seulement venue te dire que je suis désolée, Draco », dit-elle enfin.
Il avait été stupéfait cette nuit-là. C'était une blague ! Son père avait essayé de la tuer, il l'avait insulté de toutes les manières possibles, et elle venait lui dire qu'elle était désolée ?
« Désolé », lui répondit-il rapidement, « Ce n'est pas drôle du tout. Fais ce que tu es venu faire et repars voir ton club des amoureux de sang-de-bourbe. »
Elle n'avait pas réagi au choix de ses mots.
« Je sais que tu as perdu autant que Harry, cette nuit-là au Ministère, Draco. Et tu penses probablement que personne ne s'en soucie. Mais moi, si. »
« Ne parle pas de Potter ici, Granger », gronda-t-il, et l'amertume dans sa propre voix l'effraya, « Je suis dans le clan des mauvais garçons. »
« Non, tu ne l'es pas ! », lui répondit-elle en colère, « Ce que ton père a fait ou pas, ce n'est pas de ta faute. Tu t'es comporté comme on t'a appris à le faire, ce n'est pas de ta faute non plus. »
« Tu n'as jamais considéré que je pouvais faire ça parce que j'avais envie de le faire ? J'ai décidé il y a bien longtemps quel serait mon camp, et mon père n'a rien à voir là-dedans ! Potter le sait. Je n'ai pas besoin d'une poignée de main de Gryffondor en signe de paix. »
Hermione soupira et rencontra ses yeux provocateurs. Son regard le transperça, passant à travers ses défenses jusqu'à ce que la peur et la souffrance soient mises à nue devant elle. Etrangement, ce n'était pas un sentiment désagréable. En un sens, c'était un soulagement de savoir qu'il y avait au moins une personne dans cette école qui ne se laissait pas abuser par son attitude.
« Oh, mais c'est toi qui décide, Draco », elle soupira, « Ce que Harry n'a jamais compris, c'est que nous avons tous un rôle à jouer. Tu ne peux pas plus changer ton destin que le Garçon Qui a Survécu, Snape, Dumbledore, ou moi. », la dernière phrase était presque murmurée, « Mais bien que nous n'ayons pas le choix du masque que l'on nous force à porter, nous pouvons décider ce que nous en faisons. Tu n'es pas obligé de devenir ce que tout le monde pense que tu vas devenir, Draco. Tu n'as pas à suivre les traces de ton père même si c'est ce qu'on attend de toi. Les masques sont faits pour être utilisés, et non pour nous manipuler. »
Elle se releva, sa main s'attarda une fraction de seconde sur l'épaule du jeune homme. Sa main était chaude, et légère comme une plume.
« Et tu peux choisir d'accorder à certaines personnes un aperçu du vrai Draco qui se cache derrière le masque. Elles ne seront peut-être pas nombreuses, puisque tout le monde ne veut pas ou ne peut pas comprendre. Je ne viens pas pour te changer, Draco, c'est pour ça que je vais m'en aller maintenant. Mais si tu as besoin d'une personne qui te permette d'enlever ton masque de temps en temps, ou si tu as besoin de quelqu'un à qui parler, je serais heureuse que tu viennes me voir. Bonne nuit. »
Et avant qu'il puisse répondre, avant même qu'il ne réalise ce qu'elle lui avait offert, elle avait disparu dans l'obscurité grandissante de la nuit. Elle ne l'a certainement pas entendue murmurer 'merci', mais quelque chose lui disait qu'elle le savait déjà.
Draco se souvint de cette soirée, puis il commença à manger son porridge qui était devenu froid et répugnant.
Cela lui avait pris plusieurs jours pour rassembler le courage nécessaire, mais finalement, il était allé la chercher dans la bibliothèque, craignant à chaque pas qu'elle ne se moque de lui, ou qu'elle ait regretté sa proposition à l'instant même où elle l'avait faite, mais ses yeux s'étaient éclairés lorsqu'elle l'avait vu s'avancer.
Elle lui avait montré un pièce qu'elle appelait 'la Salle sur Demande' dont lui et quelques autres Serpentards avaient chassé 'l'Armée de Dumbledore' au cours de leur cinquième année. Des canapés confortables et du thé chaud les attendaient, et ils discutèrent pendant des heures.
Une fois encore, son visage s'imposa à son esprit, ses yeux suppliants, arborant un faciès de pierre. Elle était sa seule véritable amie, et il l'avait trahie misérablement.
Dans des moments comme celui-ci, Draco était reconnaissant de l'éducation stricte, des manières et de la discipline que lui avait inculquées son père. Sans le fameux self-control des Malfoy, Draco aurait eu envie de poser sa tête contre la table et de hurler de toutes ses forces.
Au lieu de ça, il rassembla ses affaires et se dirigea vers son premier cours de la journée.
() Le mot de passe de Severus est tiré du poème "The Wasteland" de T.S. Eliot, un des plus beau poèmes du siècle dernier selon Kayly Silverstorm.
Voilà pour aujourd'hui. C'est de plus en plus sombre et vous n'avez pas tout vu !
Les chapitres deviennent de plus en plus longs et ça me prend plus de temps à traduire. J'espère que je pourrai continuer à publier aussi régulièrement.
En attendant la suite, comme d'habitude, des reviews, SVP !
