Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm

Correctrice : Emi Yoneyama

RAR :

El diablo : Effectivement, on ne peut pas protéger les gens contre la vie. Je pense que beaucoup de personnes, pour ne pas dire tout le monde, se sont fabriqués une carapace pour faire face aux coups durs. Hermione se transforme en reine de glace, d'autres deviennent de véritables clowns, à chacun son truc. Tu n'es peut-être pas une reine des glaces, mais je suis sûre que tu sais t'enfermer dans une tour d'ivoire quand tu en as vraiment besoin ! Ensuite, ce n'est pas parce qu'Hermione se sent morte qu'elle l'est vraiment, je trouve qu'elle ressent encore beaucoup d'émotions pour quelqu'un qui est mort de l'intérieur… A bientôt !

Ira Lea : Contente que tu apprécies cette fic ! Oui, cette histoire est sombre ( je pense qu'elle est trop violente pour certains lecteurs ), mais elle a quelque chose à dire, c'est pour ça que j'ai choisi de la traduire. J'espère que tu prendras plaisir à lire la suite.

Shaeline : Merci, que de compliments ! Voilà la suite…

Ira Lea : Re-coucou ! Et oui, je réponds aux deux reviews dans ce chapitre ! Si tu veux mon avis, les gens gardent la tête haute, même lorsqu'on les croit détruits car ils ont un idéal. Hermione veut se battre pour rétablir la paix dans son monde, quel qu'en soit le prix ! C'est ça qui l'aide à tenir, alors évidemment, l'espoir joue un rôle important, car quand on n'a plus d'espoir, on ne croit plus en rien. L'idéal n'existe plus… Bonne lecture.

Kobar : Je suis ravie d'avoir pu te faire découvrir cette fic, en même temps, c'est le but ! C'est moi qui te remercie, c'est pour des lecteurs comme toi que je la traduis…

El diablo : Deuxième review… Décidemment, je suis gâtée cette semaine ! Alors, je vais te rassurer immédiatement, je ne suis pas prof d'anglais, je n'étais pas particulièrement bonne en anglais. C'est ma seconde langue, je ne l'ai étudié que cinq ans ! Je me suis étonnée moi-même en lisant HPB en anglais, je ne m'en serais jamais crue capable. A ce moment, je me suis dit que je pouvais peut-être travailler un peu mon anglais, histoire de l'entretenir, d'où l'idée de traduire une fic… Parlons un peu de moi. J'ai 24 ans, je suis infirmière et je n'ai rien écrit dans ma page perso ! Pour ce qui est du rythme de traduction, il est difficile à tenir, car chaque chapitre me demande beaucoup de temps, mais c'est toujours un plaisir quand je lis les reviews qui me sont adressées… ( Sniff, séquence émotion…) Alors merci à toi pour la régularité de tes reviews !

Askalena : Oui, oui, elle arrive la suite, la voilà !

Chapitre 13 : Effectuer les gestes de survie

Deux heures après que Snape l'ait laissée seule dans la bibliothèque, Hermione pénétra dans sa chambre de Préfète en chef pour la première fois depuis des semaines. Soigneusement, elle déposa le sac qu'elle portait puis se laissa glisser dans un des fauteuils, devant la cheminée.

Elle aurait pu atterrir directement ici, mais contrairement à son professeur de potions, elle n'avait pas pensé à relier secrètement sa cheminée au réseau, et elle n'aurait pas couru le risque d'avoir une entrée officielle dans sa chambre.

Quelque chose la poussait à s'enfoncer dans son fauteuil, à fermer les yeux et à se laisser aller, tout simplement. Mais elle ne pouvait pas se le permettre. Plus que jamais, elle avait besoin de la moindre once de vigueur qu'elle possédait, car cette force avait été drainée par les événements de cette nuit.

Elle n'y penserait plus, ne se rappellerait pas de la façon dont elle l'avait fixé quand il avait disparu dans la cheminée. Elle était restée là, aveugle. Une part d'elle-même toujours sous le choc. Un morceau de son esprit hurlait de peur, de souffrance et d'horreur devant le mur mental qu'elle s'était créé. Enfin, la dernière partie, celle qui était rusée et calculatrice, avait immédiatement compris ce qu'impliquerait la sortie de Severus. C'était un fait, malgré ce qu'il lui avait dit, il était connecté au réseau de cheminée. Et c'était un moyen de sortir de ses appartements.

Elle était restée dans la bibliothèque un bon moment, sans bouger ni même s'asseoir, tout son être était concentré sur une chose : sortir de là. Même si elle connaissait le chemin qui la délivrerait, elle manquait de moyens. Il n'y avait de poudre de cheminette nulle part, pas même dans la chambre à coucher de Severus. Elle n'avait pas osé pénétrer dans son laboratoire, de peur qu'il en soit immédiatement alerté. Elle n'avait pas besoin d'une autre dispute.

Puis, après environ une heure, il était revenu. Elle avait espéré que la visite chez le Directeur aurait quelque peu calmé son professeur de potions, mais Severus Snape semblait tout aussi fâché et déterminé qu'avant.

Sans même avoir participé à la conversation, elle savait exactement ce qui s'y était passé. Snape avait du agressé le Directeur, le priant de la libérer de ses devoirs d'espions pour sa sécurité. Par la force si cela était nécessaire. Et avec calme, le Directeur avait du répliquer, une pointe de tristesse dans ses yeux bleus, comme il l'aurait fait avec un ami de confiance, qu'il n'y avait pas d'autre moyen et qu'ils ne pouvaient pas se passer d'elle. Les yeux de Snape avaient du s'emplir de rage et d'impuissance tandis qu'il désirait ardemment révéler à Dumbledore ce qu'il avait vu dans son esprit. Mais les mots qu'elle avait prononcé avaient dû l'arrêter. Il savait qu'elle en était capable.

La discussion avait dure longtemps, et malgré tous les efforts du professeur pour ne pas en dévoiler le contenu, Hermione avait été capable d'en lire la réponse. Le Directeur ne l'arrêterait pas. Mais Snape n'était pas de ceux qui abandonnent facilement.

« Je vous l'interdis », avait-il grondé, sur le même ton que lorsque les premières hallucinations avaient commencé. « Le Directeur peut penser qu'il a pris la bonne décision vous concernant, mais je ne vous laisserai pas quitter cette bibliothèque avant que vous n'ayez changé d'avis, Miss Granger ! »

Elle s'était redressée et avait sourcillé à ces mots, puis laissa une lueur de condescendance et d'amusement s'inscrire sur son visage. « Etes-vous en train de me faire chanter pour ma propre sécurité, Professeur ? »

« Je ne vous laisserai pas continuer, Miss Granger ! Ce serait un crime de vous laisser continuer, et tant que je serai là, aucun crime n'aura lieu à Poudlard. »

« Alors vous devriez tenter de revoir votre position au sein de la hiérarchie », avait-elle commencé, puis elle s'était lentement avancée vers la cheminée. Il l'avait suivi des yeux, mais il était tellement concentré sur sa tentative pour la convaincre, qu'il n'avait rien remarqué.

« Je vais arrêter cette folie aujourd'hui, Miss Granger. »

« Je ne pense pas. »

Elle avait atteint la cheminée, ses yeux fixés sur l'endroit où ses doigts touchaient le marbre blanc. Soudain, son corps entier s'était animé, elle s'était retournée et avait allongé une main en direction de Snape.

« Accio, poudre de cheminette », avait-elle énoncé, et avant que Snape ne puisse réagir, le petit sac de poudre grise était dans sa main.

« Revoco ! »

Devant les yeux étonnés de Snape, ses empreintes sur la cheminée avaient commencé à rougeoyer, puis avaient pris une teinte verte. Cela faisait penser aux doigts d'un fantôme, imprimés dans le marbre. Elle avait jeté un peu de poudre dans les flammes et celles-ci étaient devenues vertes.

« Classe de métamorphose », avait-elle dit d'une voix claire, puis elle s'était tenue prête à pénétrer les flammes.

Il n'avait pas tenté de l'arrêter. Il n'avait pas pu ou n'avait pas voulu. Elle n'en savait rien.

« Miss Granger », l'avait-il interpellé, alors qu'elle était déjà à moitié dans l'âtre, « Si vous partez maintenant, je ne me sentirai pas responsable de votre sort. Je me ficherai totalement de votre pathétique petite guerre personnelle ! Ne comptez plus sur moi pour vous sauver de votre propre folie, une fois de plus ! »

Elle avait reniflé, hargneusement tandis que ses mots lui arrivaient aux oreilles. Que pouvait-elle bien attendre de lui ? Avait-il fait quoi que ce soit pour la sauver ? Toutes ces souffrances qu'il avait causées. Il l'avait mise à nue, l'avait blessée, mortifiée par chacun de ses mouvements. Non, elle se porterait mieux si elle n'avait pas un Severus Snape dissimulé dans son ombre.

Ce fut pour cette raison qu'elle disparut dans les flammes sans un regard en arrière, sans se retourner pour voir l'expression perdue et désespérée sur le visage de Snape.

La classe de métamorphose dans laquelle elle était entrée grâce au réseau de cheminée ne se trouvait pas loin de se chambre. Elle savait que le Directeur attendait probablement son rapport mais le besoin d'intimité et de silence avait été, à ce moment, plus fort que son sens du devoir.

Mais lorsqu'elle était sortie de la salle de classe, une ombre s'était dessinée sur le chambranle de la porte.

« Professeur Mac Gonagall », Hermione avait salué son professeur calmement, l'anxiété serrant sa gorge. Un regard à la vieille femme lui avait suffi pour comprendre qu'elle savait tout. Elle s'était retenue pour ne pas se laisser aller au flot d'émotions qui ne manquerait pas de l'envahir. Elle n'aurait pas supporté le sentimentalisme des Gryffondors, pas à cet instant.

« Miss Granger », le Professeur lui fit un signe de tête. Il n'y avait rien d'autre dans sa voix que son ton sec et habituel. « Il est bon de vous revoir en pleine forme. »

« Je ne peux pas vous dire à quel point c'est agréable », répondit-elle, agréablement surprise par la retenue de l'autre femme.

« Ce que je veux bien croire », répondit Mac Gonagall. Un sourire franc illumina son visage. « Il y a quelque chose que j'aimerais vous montrer, Miss Granger. Si vous voulez bien m'accompagner un instant, je vous prie. »

Elle aurait bien décliné l'offre, mais refuser aurait probablement pris plus de temps que d'accepter. Elle avait donc acquiescé et suivi son Professeur en dehors de la classe, vers son bureau.

« Je pense que cette pièce, à l'écart du regard de vos pairs, vous simplifiera la tâche, Miss Granger », Mac Gonagall avait dit tout ceci en ouvrant une porte, à droite de son bureau. « Et comme j'ai appris que je vous avait offert, secrètement, une place d'apprentie, j'ai pris la liberté de vous préparer cette pièce. Vous pouvez utiliser le mot de passe que vous désirez, relier cette pièce à votre chambre par le réseau de cheminée. Ainsi, ce ne sera pas trop dur pour vous d'entrer et sortir du château. Vous êtes libre de l'utiliser quand bon vous semble. Je ne vous y dérangerai pas. »

Muette, Hermione avait observé la petite pièce bien meublée devant elle, les yeux pleins de larmes. La générosité pure de ce geste l'avait bouleversée, elle n'avait pas su comment réagir.

« Professeur, je… »

« Je sais, Miss Granger, qu'il y a des choses trop terribles pour en parler. Je ne vous bombarderai pas de mes questions ni ne vous ennuierai avec mes sentiments. On ne devrait pas déranger une lionne pendant qu'elle chasse. Je comprends ce que vous faites, et si vous avez un jour besoin d'aide, venez me voir. Sans vous soucier de l'heure ou de la situation. Et maintenant… », le Professeur avait dit ces mots en plaçant une main sur l'épaule d'Hermione, « … il est l'heure de corriger des copies, j'en ai bien peur. Serpentards. » Elle avait souri et s'était retournée, prête à partir.

« Professeur », l'avait appelé Hermione, « Au sujet de cet apprentissage… »

« Je comprends vos motivations, Miss Granger », avait-elle répondu tandis que ses yeux rencontraient une fois de plus ceux de son étudiante. La chaleur et la confiance qu'ils exprimaient, avaient blessé Hermione au plus profond d'elle-même. « Et je peux même vous dire, qu'un jour viendra où je serai honorée de vous prendre comme apprentie. Dormez bien, ma chère. »

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Les jours s'écoulèrent pour devenir des semaines. Hermione luttait. Retourner au repaire avait été difficile, plus difficile que ce qu'elle aurait cru. Elle s'était trop habituée à ne pas souffrir, pour ne pas regretter le court séjour de convalescence dans les appartements de Snape. Mais elle avait surmonté cette épreuve. Elle contrôlait toujours tout. Si seulement les gens voulaient bien la laisser un peu seule, s'ils ne la questionnaient pas sans cesse, et ne l'affaiblissaient pas.

Elle évitait donc toute rencontre personnelle, toutes paroles ou gestes d'amitié. Elle ne pouvait pas risquer d'être de nouveau dénoncée, et sa capacité à agir s'était affaiblie ces derniers jours.

Seule Mac Gonagall avait accepté son calme froid et l'avait juste laissée faire. Elle semblait convaincue qu'Hermione avait le droit de s'y prendre comme elle le souhaitait. Elle n'avait jamais pénétré dans la pièce privée qu'elle avait accordée à son étudiante, et Hermione appréciait sa discrétion. Elle lui en était aussi reconnaissante qu'elle pouvait l'être.

Le Directeur lui offrait un siège et un chocolat chaud à chaque fois q'elle venait rendre compte des derniers événements, il guérissait les blessures qu'elle avait choisi de lui montrer de temps en temps, seulement pour lui donner l'impression qu'il la contrôlait un peu. Souvent, il restait assis à la regarder tandis qu'elle sirotait son chocolat. Il attendait qu'elle s'ouvre à lui. Mais elle n'était plus impressionnée par la pression que pouvaient exercer les yeux bleus et inquiets du vieil homme. Elle restait donc silencieuse, lui souriant et profitant de la douce chaleur de sa boisson, jusqu'à ce qu'il la laisse partir.

Avec Draco, c'était plus dur. Elle devait utiliser des mots cruels pour parvenir à l'éloigner, des mots froids le rejetant. Blessé, il lui lançait des regards interrogateurs à chaque cours commun ou à chaque fois qu'ils se croisaient dans la Grande Salle. Elle évitait soigneusement son regard. Il y avait trop de sentiments entre eux, et elle se sentait tellement éteinte ces derniers jours. Elle se sentait tellement morte qu'elle avait peur qu'il ne le voit sur son visage.

Elle restait donc éloignée de tous, sauf de Harry et Ron, qu'elle devait supporter. Elle ne pouvait courir le risque qu'un potentiel Mangemort aille trouver le Maître et Lui raconte qu'elle s'était querellée avec ceux qu'elle était supposée surveiller. C'était extrêmement dur pour elle d'écouter leurs conversations, leurs lamentations, de rire avec eux sans jamais rien laisser paraître.

C'étaient de vrais gamins, pour l'amour du ciel ! Stupides et incapables de voir ce qui se passait autour d'eux. Elle avait des difficultés à faire preuve de patience envers eux. Elle savait maintenant ce qu'avait ressenti Snape en leur présence, et souvent, elle était tentée de leur retirer des points pour leur manque de maturité.

Ils avaient remarqué quelque chose, évidemment. Il n'était pas possible de les préserver entièrement de la lassitude ressentie par Hermione. Harry était trop attentif à ce qu'elle aimait. Mais elle s'enfermait dans son rôle de Miss-Je-sais-tout et prétendait que les ASPICs approchaient et qu'ils la rendaient nerveuse. Mais rien n'aurait pu être plus éloigné de la réalité.

Hermione continuait telle une machine, seules la discipline et la fierté lui permettaient de tenir toutes ces nuits, ces jours sans fin de travail acharné. Elle ne se reposait pas, ne se donnait même pas le temps de réfléchir ou de se souvenir. Une petite voix aigue l'appelait au fond d'elle-même, lui susurrant qu'elle ne pourrait continuer ainsi éternellement, qu'elle courait à sa perte. Elle ne l'écoutait pas. Elle avait pris l'habitude de faire ses devoirs de tête puis elle les écrivait pendant les cours ou l'heure du repas. Elle récitait des reçus ou des poèmes lorsqu'elle discutait avec ses 'amis'. Tout ça pour faire taire les voix qui devenaient de plus en plus fortes et puissantes dans son esprit.

Quelque part dans les ténèbres, le désespoir menaçait. Un abîme si sombre qu'elle n'avait pas osé s'en approcher. Elle avait peur qu'il ne l'aspire, qu'elle ne perde le contrôle si elle se laissait trop aller.

Elle refusait d'admettre à quel point elle désirait une présence humaine qui lui distillerait de la sympathie, qui ne lui infligerait ni peur ni terreur. Elle refusait d'admettre combien Snape lui manquait.

Il ne lui avait jamais plus parlé. Elle n'avait plus levé la main à ses cours et il n'avait pas semblé remarqué qu'elle était encore là. Les yeux de Severus semblaient glisser sur elle comme si elle n'était rien d'autre qu'une table et une chaise libres. Cela l'avait rendue furieuse de subir son arrogance, de voir comme il lui avait été facile de la rayer de sa vie. C'était comme si ces semaines dans les appartements de Severus n'avaient jamais été réelles. Son indifférence la blessait, quand elle pensait à l'importance qu'il avait pour elle.

Mais elle avait d'autres problèmes que Snape. Voldemort s'impatientait, ses châtiments étaient de plus en plus rapides et cruels. Il exigeait des informations, entrer dans Poudlard, la mort du traître Snape, et elle ne pouvait lui donner ce qu'Il demandait. De plus, il ne semblait pas lui faire complètement confiance, pas suffisamment pour qu'elle se risque à lui exposer son plan, son grand plan pour en finir avec la guerre et ses souffrances.

Les autres Mangemorts représentaient également un danger. Ils étaient désireux de plaire à leur Maître et peu disposés à laisser un sang de bourbe les surpasser. Certains épiaient Poudlard, plaçant des sorts d'écoute si bien cachés et protégés que le Directeur ne pouvait pas les désamorcer sans risquer qu'Hermione soit découverte. Plus d'une fois, des Mangemorts avaient réussi à pénétrer les terres de Poudlard, mais le château en lui-même avait toujours été sûr.

Il n'y avait pas que les Mangemorts qui lui causaient des maux de tête. De toutes les personnes qu'elle essayait de protéger, Ron et Harry semblaient tout faire pour lui compliquer la tâche.

Ils avaient recommencé à fureter autour du château à la nuit tombée, reprenant les mauvaises habitudes de première année. Ça allait de mal en pis au cours des premiers mois de la septième année. Se rendre dans les cuisines ou à la tour d'astronomie ne semblait plus les satisfaire.

Ils osaient ramper jusqu'à la Grande Salle après le couvre-feu, pour jouer aux échecs à la table des Professeurs. Ou alors, ils se rendaient dans les cachots dont les couloirs étaient hantés par Snape. La vie semblait n'être qu'une farce pour eux, rien de plus. Et quand Hermione rentrait en boitant, battue et cassée de partout, elle devait se retenir pour ne pas les frapper, car elle pouvait les entendre se vanter à travers la porte de sa chambre qui communiquait avec la salle commune de Gryffondor.

Désormais, ils gardaient plus souvent leurs distances avec elle, car ils savaient qu'elle ne tolérait pas leur comportement, qu'elle leur ferait la morale, leur parlerait de leurs devoirs et de toutes ces choses ennuyeuses qu'ils essayaient d'oublier.

Elle essayait tant bien que mal de contenir sa colère, vraiment, mais lorsqu'elle entendit ce qu'ils prévoyaient de faire, trois semaines après sa confrontation avec Snape, quelque chose se brisa en elle.

Ils voulaient se rendre sur le terrain de Quidditch et y pique-niquer, au beau milieu de la nuit. Quitter le château sans protection, aller en un lieu où les barrières magiques étaient réduites, parce qu'il accueillait souvent des personnes étrangères lors des matchs de Quidditch.

Ils pouvaient tout aussi bien se rendre devant le repaire de Voldemort et crier : « Nous sommes ici »

Et ils voulaient qu'elle les accompagne ! Parce que faire une 'pause dans ses études' lui serait bénéfique. Parce que 'travailler autant n'était pas naturel'. Ils cherchaient à enfreindre toutes les règles, visiblement.

« Je n'en reviens pas de votre stupidité ! », gronda-t-elle après avoir écouté pendant cinq minutes leurs babillements, d'une manière fort semblable à Snape aux yeux de Harry et Ron. « Ne savez-vous pas qu'un Mangemort peut pénétrer les terres de Poudlard s'il le désire vraiment ? Ne savez-vous pas combien c'est dangereux ? »

« Ce n'est pas vraiment dangereux, Mione », avait répondu Ron, insouciant. « Il n'y a pas eu d'activités de Mangemorts récemment, et puis nous avons bien le droit de nous divertir un peu… »

« Pas eu d'activité ? Vous n'êtes pas au courant des attaques parce que vous ne vous y intéressez pas ! Des gens meurent dehors pour vous protéger ici, des gens risquent leur vie pour vous chaque jour, et comment les remerciez-vous ? En jouant aux gamins espiègles, faisant fit de leur responsabilités ? Combien de personnes vont encore devoir mourir avant que vous ne vous décidiez à grandir ? Vous pouvez me le dire ? »

Après sa crise, un silence glacial s'en suivit. Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle réalisa ce qu'elle avait dit, mais elle ne souhaitait pas revenir sur ses paroles. Elle pensait chacuns des mots qu'elle avait prononcé. Elle savait que si Voldemort venait à apprendre toute cette histoire, Il la punirait sévèrement pour ne pas l'en avoir informé. Peut-être même qu'il la tuerait. Et tout ça pour s'être amusé l'espace d'une nuit ?

Harry avait pâli en entendant ces mots, tandis que le visage de Ron était devenu rouge de colère. Ils lui lancèrent un regard de dégoût et d'aversion puis tournèrent les talons et disparurent par l'ouverture du portrait.

Hermione soupira et s'effondra dans un des sofas. La mort de Sirius Black était toujours quelque chose de douloureux pour Harry dont il ne parlait pas beaucoup. Il se sentait toujours responsable de la chute de son parrain à travers le voile, et ce qu'elle avait dit avait confirmé, de manière implicite, cette culpabilité.

Mais c'était la vérité, non ? Sirius avait été aussi impulsif et émotif que Harry, accourant alors qu'il aurait dû rester à réfléchir. Et Harry avait provoqué un véritable carnage cette nuit-là, à cause de son complexe 'je dois sauver le monde' et de son acharnement à ne pas croire les adultes dignes de confiance.

Elle soupira de nouveau. Ce qu'elle avait dit était vrai. Mais ils allaient certainement la haïr désormais, et bien qu'elle n'ait pas pu leur parler ouvertement depuis longtemps, elle se sentait blessée de perdre ses amis de cette manière.

Mais elle avait d'autres soucis. Survivre au lendemain, par exemple. Etre haïe par Harry et Ron n'était rien comparé au fait de causer la moindre contrariété à Voldemort.

Elle resta debout toute la nuit, assise dans la salle commune, à regarder par la fenêtre. Lorsqu'ils revinrent aux alentour de six heures du matin, ce fut bruyamment, avec des éclats de rire et de la vantardise. Elle sut alors que cette escapade nocturne ne resterait pas longtemps secrète.

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Ses craintes se confirmèrent bien trop tôt. Elle venait de quitter la classe de métamorphose, Harry et Ron conservant autant de distance que possible avec elle, lorsqu'une douleur lui vrilla le bras.

Elle se retira dans une salle vide. Elle n'avait pas besoin de relever sa manche pour comprendre ce qui était à l'origine de cette douleur, mais elle le fit quand même. La Marque des Ténèbres pulsait sur sa peau blanche, comme les monstres de ses cauchemars.

Elle jura, replaça avec précaution le tissu sur la Marque qui l'appelait et quitta la pièce à grandes enjambées. Elle quitta le château et se rendit dans un coin de Poudlard où les barrières anti-transplanage n'étaient plus en place. Elle chercha sa cape noire de Mangemort qu'elle avait caché pour les fois où elle ne pourrait pas aller en récupérer une dans sa chambre.

Elle n'avait pas besoin de masque. Il ne lui avait pas été accordé. Pas de secret pour les sang-de-bourbe.

Elle transplana et se retrouva dans une salle en pierre, dans un cercle délimité par du marbre noir. C'était le seul endroit dans le 'palais' de Voldemort où on pouvait transplaner, et il était sous haute surveillance, comme toujours. Elle suivit les hommes masqués qui lui faisaient signe de les suivre, ils empruntèrent divers escaliers jusqu'à la salle du trône des cachots.

Elle l'avait appelé comme ça, silencieusement, mais ce nom convenait parfaitement à cette pièce obscure, sans fenêtre, majestueusement sombre. Les Mangemorts avaient un penchant pour le mélodrame, et cette pièce en était le meilleur exemple.

Elle avait tenté de localiser cette demeure de nombreuses fois, mais elle semblait ne pas avoir de fenêtres et tous les sorts de localisations avaient échoué. Elle ne pouvait pas non plus être localisée par quelqu'un de l'extérieur, comme elle avait tenté de le faire une fois avec Dumbledore. L'ensemble paraissait à toute épreuve.

Voldemort, assis sur son trône comme tout droit sorti d'un roman d'horreur, n'était certainement pas dupe.

Les Mangemorts étaient alignés le long des murs de la pièce et n'avaient libéré qu'une place, juste en face du Seigneur des Ténèbres. Cela ne laissait aucun doute : elle serait au centre de la soirée. Elle avait été appelée pour être punie, et elle serait chanceuse si elle restait en vie. Pourtant, tout en repoussant l'idée de ce qui allait lui arriver, elle s'avança dans l'espace libre et elle s'écroula, genoux et mains au sol, puis elle rampa jusqu'au Seigneur des Ténèbres.

Elle fut stoppée par la voix de son Maître avant de pouvoir baiser l'ourlet noir de ses robes.

« Il a été porté à Mon attention que tes amis s'étaient lancés dans une petite aventure. Tu étais au courant, je suppose ? », sa voix était douce, sifflante, et provoqua de nombreux frissons qui lui parcoururent le corps. Elle savait ce que cette voix pouvait ordonner.

Redoutant l'inévitable, Hermione secoua tout de même la tête. « Je l'ai découvert trop tard, Mon Maître. Sinon, je vous en aurais informé immédiatement… »

« Tu dois savoir tout ce qui se passe à Poudlard, petite putain de sang de bourbe », tonna-t-il. « Je ne te garde pas en vie pour satisfaire les instincts les plus primitifs de mes Mangemorts ! Enfin… pas seulement pour ça. »

Des ricanements, provenant des hommes habillés en noirs, répondirent à la plaisanterie.

Puis il sourit, et c'était la chose la plus effrayante qu'elle ait jamais vue. Elle n'avait pas besoin de simuler les larmoiements paniqués qui s'échappaient de ses lèvres, cela lui venait tout naturellement.

« Laisse-moi te donner un petit aperçu de ce qui t'attend si tu ne m'es plus utile, mon petit animal de compagnie. »

Quand la première vague de douleur la frappa, elle mordit ses lèvres pour garder le silence, mais bientôt, elle ne pourrait pas s'empêcher de hurler. Du sang troubla sa vue, et son corps meurtri et tremblant semblait ne plus lui appartenir.

Entre les cris et les sanglots, elle lui jura fidélité, le remerciant pour son 'juste châtiment'. Ça lui venait naturellement désormais. Il y avait une petite partie de son esprit qui restait opérationnelle, même lorsqu'elle voulait hurler de douleur, qui lui soufflait les bons mots et lui faisait faire ce qu'il fallait, peu importe ce qu'elle subissait. C'était grâce à cette part d'elle-même qu'elle avait échappé à la mort de nombreuses fois.

« Joignez-vous à moi, mes fidèles serviteurs ! », lança finalement le mage noir, et les yeux d'Hermione s'emplir de panique. Ça n'avait jamais tourné aussi mal auparavant. « Donnez à cette sang de bourbe une leçon qu'elle n'est pas prête d'oublier ! »

Tandis qu'ils la torturaient, les yeux ensanglantés d'Hermione roulaient d'un Mangemort à un autre.

Macnair. Une vague de Doloris qui lui donna l'impression que son corps était en feu.

Crabbe. Un sort de découpe qui transforma sa peau en quelque chose qui n'avait plus rien d'humain.

Goyle. Des couteaux invisibles s'enfoncèrent dans ses jambes ainsi que ses bras.

Elle ne rencontra ni pitié, ni regret. Seulement de l'envie et de l'excitation, sur leurs visages. Elle n'était pas un être humain, réalisa-t-elle tandis qu'elle se tordait et rampait sous leurs sorts. Elle était un morceau de viande, un chien désobéissant qui devait être puni pour son propre bien.

Ensuite, elle rencontra les yeux de Lucius et y trouva une colère terrible. Colère et nervosité. C'est lui qui l'avait amenée ici, elle pouvait le lire dans ses yeux, il l'avait présenté au Seigneur des Ténèbres. Il risquait sa position avec elle. Chacune de ses mauvaises conduites retentissait sur lui.

En outre, ils défiguraient son jouet.

Et pendant un instant, avec le petit et insignifiant pouvoir qu'il lui avait donné à travers ses craintes, elle devint maîtresse de sa destinée. La douleur n'était rien pendant ce moment de calme, ils pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient de son corps. Elle pourrait encore les manipuler, et Malfoy, le plus puissants d'entre eux, lui appartenait. Les yeux d'Hermione ne quittèrent pas le visage de Lucius, elle laissa sa langue glisser hors de sa bouche, le geste était presque sensuel, puis elle lécha le sang de ses lèvres meurtries.

Elle pouvait voir l'attention de Malfoy s'accroître dans ses yeux, il tint sa baguette plus fermement et sa voix enrouée lui jeta un sort. Pendant un instant, elle se sentit rire.

Je deviens folle, réalisa-t-elle, lors d'un court instant de lucidité. Dans pas longtemps, je serai vraiment une des leurs. Je commence à aimer ça ! Et pendant qu'elle pensait ça, elle put voir un tunnel sombre qui descendait vers elle, la conduisant loin de ses amis, loin de Poudlard et de la paix procurée par une amitié réelle, loin du bon sens ainsi que d'une vie qui aurait une signification. Que quelqu'un m'aide ! Je meurs !

Puis une nouvelle souffrance la transperça et elle se brisa en mille morceaux, agonisante.

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Encore un chapitre joyeux ! Mais au fond, vous avez été prévenus…

Alors, d'après vous, comment va s'en sortir Hermione ? Oui, elle s'en sort puisqu'il y a encore un certain nombre de chapitres à traduire ! Lol

Dans le prochain chapitre, on retrouve Severus. A son tour de souffrir un peu…