Quand la Lionne se bat


Auteur : Kayly Silverstorm

Correctrice : Emi Yoneyama


RAR :

Ira Lea : Je t'avais reconnue, même si tu n'avais pas laissé ton nom ! La suite, la suite, on me la demande toujours, c'est bizarre… lol. N'hésite pas à me poser les questions qui te trottent dans la tête, j'y répondrai… si je peux ! Au fait, désolé pour ton contrôle d'anglais.

Moggliesmad : Merci, merci. Pour ce qui est de l'incertitude, les choses se décantent un peu dans ce chapitre, j'espère que ce chapitre ne te décevra pas…

Melinda Poteauxroses : Tu voudrais que Snape aide enfin Hermione, tu vas être servie !

El diablo : Héé ! Assume un peu ton pseudo ! Fais preuve d'une mauvaise foi incommensurable et continue de détester Ron… Oui, Ron est immature, il met en danger la vie de ses amis… Oui, oui… si ça peut te faire plaisir ! Pour ce qui est de Snape, je pense qu'il va te surprendre…

Pendant que j'y pense, ravie que tu te sois reconnue dans mon profil, mais je dois dire que je n'étais pas très subtile… Mais il est vrai que la personne que a suggéré ce que tu sais a fait preuve d'une grande clairvoyance… !

Spinel : Merci, ça me fait plaisir de voir que ma traduction est appréciée et utile (quoi que ce soit un grand mot !)

Cassandre8 : Oui, on peut dire que jusqu'à présent, les rôles entre Hermione et Snape était parfois inversés, mais ça ne va pas durer, on vont se considérer peu à peu comme des égaux, du moins, ils vont essayer… Mais je suis d'accord avec toi, Snape ressemble à un enfant qui découvre la vie. C'est parce qu'il émerge enfin de son cocon !

Pour ce qui est de mon pseudo, tu as visé juste, je me suis inspirée en partie du roman de J.M. Auel. Je trouve qu'Ayla est une femme forte et fragile à la fois…

Malfoyhermy : Bonjour à toi, nouvelle revieweuse ! Merci pour tes compliments. Pour répondre à ta question, oui, ce sera une fic Snape / Hermione, mais sois patiente, Kayly Silverstorm, l'auteur, aime développer l'histoire, tu as du t'en rendre compte, donc les relations entre nos deux protagonistes vont évoluer progressivement !


Chapitre 15 : Association

Il la regarda aller de mal en pis au cours de la semaine suivante. Elle avait commencé à utiliser un charme d'illusion, puisqu'elle n'était plus capable de dissimuler les conséquences de ses activités nocturnes. Un corps a besoin de temps pour se guérir, et le sien ne disposait pas des pouvoirs de guérison de Madame Pomfresh. Ni de ceux de Severus Snape.

Il avait appris depuis longtemps à voir à travers ces sortilèges et ainsi, il pouvait assister à tout ce gâchis. Ses longs cheveux, autrefois lisses et brillants, étaient devenus ternes et drus. Les cernes sous ses yeux étaient si noires qu'elles ressemblaient à de profonds tunnels. Ses lèvres étaient ouvertes et saignaient. Ses blessures à moitié guéries couvraient son visage ainsi que ses mains.

Ses amis ne semblaient pas avoir remarqué une quelconque différence, mais à en juger par leur comportement, Severus doutait sérieusement qu'ils se considèrent encore comme ses amis. Ils avaient choisi les chaises les plus éloignées d'elle, et lui lançaient des regards accusateurs.

Elles les ignoraient, mangeant sa viande la tête penchée dans son assiette avec des gestes de vieille femme. En l'observant de loin, il réalisa que ses estimations étaient fausses. Ou plutôt trop optimistes. Deux ou trois semaines, il ne pensait pas qu'elle survivrait plus longtemps.

Ensuite, l'épuisement et le désespoir lui feraient commettre une erreur fatale. Les erreurs étaient toujours fatales avec le Seigneur des Ténèbres. Il sentit la tristesse l'envahir, la mélancolie et le regret s'emparer de lui, comme s'il lui faisait déjà ses adieux.

Mais ensuite, il réalisa combien son attitude devait paraître inappropriée : fixer une fille de Gryffondor alors qu'il se trouve à la table des professeurs !

Ce fut un peu plus tard dans la journée, pendant le cours de Potions qu'elle s'endormit. Il l'avait observé du coin de l'œil dès qu'elle avait pénétré dans la pièce. Ses 'amis' faisaient de leur mieux pour l'ignorer, et Draco était assis à l'avant de la classe, avec les autres Serpentards, ce qui l'empêchait de se retourner pour la voir, sans risquer d'être remarqué par quelqu'un. Severus était soulagé de voir que Draco avait résisté à l'envie de se retourner, comme l'aurait fait le Gryffondor qu'il était devenu ces derniers temps.

Ainsi, Severus fut le seul à s'apercevoir qu'Hermione avait fermé les yeux et que sa tête chutait lentement vers sa poitrine. Il se figea de stupeur lorsqu'il s'en rendit compte, mais il parvint à le cacher immédiatement sous un air renfrogné et menaçant.

Que faire ? Il ne pouvait pas la laisser dormir tranquillement, alors qu'il était sensé tout voir et tout savoir. Il n'allait pas risquer sa réputation pour cette Miss-je-sais-tout. Mais de là à lui crier dessus et attirer l'attention de la classe entière sur son état…Ce n'était pas une bonne idée.

En passant à côté de Longbubat et de sa potion complètement ratée, une idée germa dans l'esprit de Severus. Tout en examinant sévèrement le contenu du chaudron, il sortit quelques feuilles d'une de ses poches cachées et les laissa tomber dans la potion d'un vert écœurant.

« Monsieur Longdubat ! Ceci n'a même pas approximativement la bonne couleur. Ce défaut de conception semble refléter à merveille l'activité de votre cerveau. Je vous en prie, dîtes-moi pourquoi, en bientôt sept ans, vous n'avez pas été capable de réaliser, ne serait-ce qu'une fois, une potion correcte ! »

Comme il s'y attendait, sa voix coléreuse ne suffit pas à tirer Hermione de son sommeil. Le vacarme de l'explosion qui se produisit seulement quelques minutes plus tard fut cependant suffisant. Il la renvoya avec les autres membres de sa classe, à l'exception de Neville, qui devait –une fois de plus- nettoyer le plancher et se débarrasser du chaudron qui avait explosé. Il était bien plus compétent dans cette partie des cours que dans celle qui consiste à remuer une potion.

L'image de Hermione Granger, assoupie sur son livre de potions persista dans la tête de Severus même après le départ de celle-ci. En fait, elle persista encore pendant les trois cours suivants, et lorsque les cours furent terminés, ses errances agitées dans les couloirs le conduisirent près de la porte secrète. Cela se produisait souvent ces dernières semaines.

Il l'entendit alors qu'elle était encore à trois croisements de là, et il fronça les sourcils en réalisant l'imprudence dont elle faisait preuve. Se retirant dans une pièce inutilisée près du passage secret, il observa son arrivée. Elle examina les salles avec si peu de soin qu'elle ne l'aurait pas vu, même s'il n'avait pas utilisé un charme de dissimulation aussi puissant ; et cette constatation ne fit qu'accroître son anxiété.

Qu'elle se soit fait entendre et voir, sans même remarquer qu'il était là…

Sors-la de ta tête, maintenant , s'ordonna-t-il sévèrement, tout en faisant demi tour afin de retourner dans ses appartements. Elle n'est pas sous ta responsabilité. Occupe-toi à autre chose, par Merlin !

Mais la tranquillité d'esprit nécessaire à l'art subtile et délicat des potions lui échappait totalement. Il savait depuis longtemps qu'une cause perdue l'empêchait de se concentrer, et ce soir, c'était le cas.

Au lieu de fabriquer des potions, il se contenta de nettoyer son labo, de flâner dans ses appartements, de déplacer tel objet ou de toucher tel autre. Tout ceci pour évacuer quelque peu son stress. Finalement, il ne put continuer d'ignorer le ridicule de son comportement, il s'installa pour lire. Quelque chose de léger, quelque chose qui améliorerait son humeur.

Whitman. Il choisit un fauteuil près d'une des grandes fenêtres et ouvrît le petit livre. Le patriotisme de Whitman ainsi que son romantisme irrationnel l'avaient toujours enthousiasmé. Il feuilleta le livre, lisant un passage ci et là, jusqu'à ce que ses yeux tombent sur le poème le plus célèbre que Whitman ait écrit. Un des plus pathétique, de son avis.

O Captain! My Captain!Ô Capitaine! Mon Capitaine!

O Captain! My Captain! Our fearful trip is done,Ô Capitaine! Mon Capitaine! Fini notre effrayant voyage,

The ship has weather´d every rack, the prize we sought is won,Le bateau a tous écueils franchis, le prix que nous quêtions est gagné,

The port is near, the bells I hear, the people all exulting,Proche est le port, j'entends les cloches, tout le monde qui exulte,

While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring;En suivant des yeux la ferme carène, l'audacieux et farouche navire ;

But O heart! Heart! Heart!Mais ô coeur! Coeur! Coeur!

O the bleeding drops of red,Oh! Les gouttes rouges qui lentement tombent,

Where on the deck my Captain lies,Sur le pont où gît mon capitaine,

Fallen cold and dead.Etendu, mort et glacé.

Ô coeur, en effet! Severus avait toujours haï ce poème, et maintenant, il se souvenait pourquoi. A cause de son insolence ! Il savait très bien que Whitman l'avait écrit peu de temps après le meurtre de Lincoln, qu'il signifiait le respect pour un homme d'état abattu, mais qui avait déjà entendu parler d'un Capitaine se sacrifiant afin de sauver sa troupe ?

Ce n'était pas Lincoln qui avait gagné à lui seul cette guerre. Elle avait été gagnée sur le dos de milliers d'hommes, d'enfants et de femmes. Des milliers de soldats, d'esclaves et d'espions. Mais personne ne les vit.

Personne ne vit les visages sombres ni les dos pliés de ceux qui ont travaillé pour l'Ordre, tous ces yeux convergeant vers les deux auras brillantes : Albus Dumbledore et ce foutu Harry Potter. S'ils gagnaient ou plutôt s'ils survivaient suffisamment longtemps pour que Monsieur Potter se souvienne de ses responsabilités, ce serait ces deux-là que le monde regarderaient.

Si Whitman avait été réparti dans une maison, songea Severus, moqueur, il aurait certainement été à Gryffondor.

Pourtant, quelque chose le poussa à poursuivre sa lecture. Et si c'était seulement la peur du temps et le besoin de faire quelque chose de ses mains ?

O Captain! My Captain! Rise up and hear the bells;Ô Capitaine! Mon capitaine! Lève-toi et entends les cloches;

Rise up – for you the flag is flung – for you the bugle trills,Lève-toi –c'est pour toi le drapeau hissé- pour toi le clairon vibrant,

For you bouquets and ribbon´d wreaths – for you the shores a-crowding,Pour toi bouquets et couronnes enrubannés –pour toi les rives noires de monde,

For you they call, the swaying mass, their eager faces turning;Toi qu'appelle leur masse mouvante aux faces ardentes tournées vers toi;

Here Captain! Dear father!Tiens Capitaine! Père chéri!

The arm beneath your head!Je passe mon bras sous ta tête !

It is some dream that on the deck,C'est quelque rêve que sur le pont,

You´ve fallen cold and dead.Tu es étendu mort et glacé.

La colère s'empara de lui. Pendant un instant, il se demanda pourquoi ce poème le retournait autant, alors que la dernière fois, il n'avait été que contrarié. La colère remplaça rapidement ses pensées.

Ils étaient encore là, tous ces braves gens avec leurs vies douces, refusant une guerre et laissant les autres la gagner pour eux. Puis ils regarderaient les victimes qui avaient fait le nécessaire, les hommes et les femmes courageux qui s'étaient moins préoccupés d'eux-mêmes que des autres, et ils feraient semblant d'être choqués : « Oups – ce n'était pas moi, n'est-ce pas ? Quel gâchis ! Mais son sacrifice ne sera jamais oublié. »

Trompettes et klaxons, rubans et hourras. Fumistes !

Tout le monde oubliait les espions ! Miss Granger s'était battu jour et nuit en silence, elle avait renoncé à tout ce qui signifiait quelque chose pour elle, et ses amis n'avaient même pas remarqué qu'elle avait changé. Ils avaient probablement blâmé les ASPICs pour ça. Un si noble sacrifice !

My Captain does not answer, his lips are pale and still,Mon capitaine ne répond pas, pâles et immobiles sont ses lèvres,

My father does not feel my arm, he has no pulse nor will,Mon père ne sent pas mon bras, il n'a ni pulsation ni vouloir,

The ship is anchor´d safe and sound, its voyage closed and done,Le bateau sain et sauf est à l'ancre, sa traversée conclue et finie,

From fearful trip the victor ship comes in with object won:De l'effrayant voyage, le bateau rentre vainqueur, but gagné:

Exult O shores, and ring O bells!Ô rives, exultez et sonnez, ô cloches !

But I with mournful tread,Mais moi, d'un pas accablé,

Walk the deck my Captain lies,Je foule le pont où gît mon capitaine,

Fallen cold and dead.Etendu mort et glacé.

Severus ne l'aurait avoué à personne, mais le poème l'avait ensorcelé. Une image se forma dans son esprit, celle d'un énorme bateau, rescapé et détruit, avec non pas une mais deux personnes, seules à bord. L'une reposait, immobile, sur le pont, l'autre se tenait à côté, la tête penchée en avant.

Il entendit les acclamations du public autour du bateau, mais elles étaient de dos et les applaudissements ne semblaient pas signifier grand-chose pour ces deux personnes. Elles ne prêtaient même pas attention à la foule. Celle-ci applaudissait certainement un Harry Potter de la Guerre Civile.

Puis Severus se rapprocha. Quelque part, cela ne l'étonna pas lorsqu'il se retrouva face à un visage imberbe et féminin. Elle était jeune, trop jeune pour avoir ces traits tristes et cette expression amère sur les lèvres. Le visage de Miss Granger, froid et mort.

Il pouvait imaginer son enterrement à présent. Un jour, elle ne reviendrait pas, et après avoir attendu un peu, Albus annoncerait qu'elle avait été capturée par les Mangemorts. Peut-être qu'ils ne retrouveraient même pas son corps. Ils ne voudraient probablement jamais savoir ce que les Mangemorts faisaient aux traîtres, mais Severus, lui, le savait.

Et puis après deux ou trois mois, ils l'enterreraient. Et Albus ne le dirait à personne. Il voudrait épargner Potter et Weasley, ainsi que le reste de l'école. Elle serait ainsi mise en terre et on se rappellerait d'elle comme l'amie intelligente du Garçon Qui a Survécu, la Gryffondor-je-sais-tout et une des victimes les plus innocentes et sans défense de cette guerre.

Elle serait enterrée sans que personne ne sache qui elle était réellement devenue, ce qu'elle avait sacrifié pour protéger ceux qu'elle aimait. Et Harry grandirait, choqué par la mort de sa meilleure amie. Il vaincrait le Seigneur des Ténèbres, et tout le monde l'acclamerait. Seule Hermione ne pourrait pas le faire. Et personne ne se souviendrait d'elle.

Mais lui, il la pleurerait. Il savait ce qu'elle avait fait, ce qu'elle tentait d'accomplir. Il n'oublierait jamais sa bravoure, sa ruse et sa vivacité. Il serait…

Il leva les yeux de son livre, son regard tomba sur son propre visage, choqué, qui se reflétait la vitre de la fenêtre.

Par l'Enfer. Minerva avait raison. Il s'inquiétait vraiment pour elle.

Il jura, se leva de son fauteuil, et seul son profond respect pour les livres l'empêcha de balancer le pauvre Whitman à travers la pièce. C'est ce qui se passait lorsqu'on se mêlait aux Américains !

Mais une fois le choc de la révélation passé, son cerveau se remit instantanément en action. Il savait désormais ce qu'il avait à faire. Et après un instant perdu dans ses pensées tranquilles et claires, il savait aussi comment il le ferait.

Rangeant Whitman à sa place, sur l'étagère, avec un sourire acariâtre, il quitta ses appartements actionna silencieusement le passage secret.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Une autre nuit, un autre rassemblement.

Sans un mot, Hermione suivait les Mangemorts qui la raccompagnait jusqu'au Cercle de Transplanage. Le Seigneur des Ténèbres avait été clément ce soir, si on admettait que ce dernier était capable d'éprouver un sentiment tel que la pitié.

Il avait réclamé des résultats, une fois encore, et l'incapacité d'Hermione à Lui livrer le traître de Snape, n'avait fait qu'attiser Sa colère. Mais peut-être avait-il remarqué dans quel état elle se trouvait, ou peut-être que Lucius Lui avait fait remarquer au cours d'une de leurs conversations privées, pour qu'Il ne la blesse pas trop.

Elle était surprise de son indulgence. Evidemment, elle n'échappa à une raclée en règle, les Mangemorts y avaient assisté. Elle savait désormais la différence entre une petite raclée et une véritable douleur.

Alors qu'elle transplanait à la lisière de la Forêt Interdite, elle songeait déjà à l'autre problème de la soirée. Comment simuler une fausse réussite concernant son Professeur de Potions bien-aimé, alias Snape le Traître ? Elle ne pouvait pas compter sur sa coopération, et elle devrait absolument présenter des résultats visibles d'ici quelques semaines.

Lentement, elle claudiqua jusqu'au château, tandis qu'elle envisageait les différentes possibilités qui s'offraient à elle. Peut-être qu'elle pourrait verser quelque chose dans sa boisson ? Un poison léger, quelque chose qui le rende malade pour quelques jours ? Il le méritait après tout…

L'ombre d'un sourire malicieux se lut sur ses lèvres l'espace d'un instant, quand soudain, son inconscient lui lança un avertissement. Elle se retourna, ses robes tourbillonnant autour d'elle comme une créature des ténèbres. Elle emprisonna le visage qui se tenait sur sa gauche entre sa baguette et une branche d'arbre, visant soigneusement la gorge.

« Qui êtes-vous ? », sa voix froide et sans aucune trace d'émotion transperça le silence. « Si vous faites le moindre mouvement, vous mourrez avant d'avoir eu le temps de réagir ! »

« Précision admirable, Miss Granger », une voix doucereuse répondit et les yeux de la jeune fille s'agrandirent d'incrédulité. « Je vous déconseille cependant d'achever votre geste. Honnêtement, je ne sais pas combien de point vous perdriez pour avoir tué un Professeur. »

« Par l'enfer, que pensiez-vous faire, en errant ainsi ? » siffla-t-elle, furieuse et révélant en même temps qu'elle se sentait prête à tomber au sol. A contre cœur, elle retira sa baguette de sa gorge mais la garda à portée de main.

Une lueur grandit au bout de la baguette du Professeur, elle put enfin voir le visage de Snape. Ce qui signifiait qu'il pouvait également voir le sien, ses hématomes récents ainsi que le reste. Par l'enfer, comme s'il importait encore de préserver les apparences en sa présence.

« Je vous attendais, Miss Granger », répondit-il doucement.

Elle grogna. « C'est tellement évident, Professeur. Y a-t-il une raison particulière dont vous aimeriez me faire part, ou puis-je retourner au château ? »

« Je pourrais vous réprimander pour vos manières, mais je sais pourquoi elle vous ont quittées », répliqua-t-il. A la grande surprise d'Hermione, les mots de son Professeurs n'étaient pas mordants comme à leur habitude.

« Il n'est pas particulièrement facile de dire que… Mais je dois vous faire des excuses. Et vous faire une proposition. »

Elle le fixa, incrédule, mais le visage de l'homme était caché par l'obscurité. Sa proposition ne sonnait pas comme une blague. Mais ce devait en être une, certainement. Il ne… s'excuserait pas ?

« Bien », dit-elle sèchement. « Ca commence. Soit vous êtes une hallucination, soit j'ai craqué plus tôt que prévu. De toute façon, je devrais partir tout de suite et trouver un lit pour y mourir. »

« Je suis flattée que vous n'ayez pas mentionné l'éventualité d'un cauchemar. » La voix de Severus était aussi sèche que celle d'Hermione. « Mais j'étais sérieux, Miss Granger. J'aimerais que vous m'écoutiez, même si je sais pertinemment que je n'ai aucun droit de vous demander ça. »

Elle réfléchit un instant. D'un côté, elle n'avait aucune envie de rester ici, dans le froid, avec son dos tout endolori, à écouter Severus lui expliquer pourquoi elle ne devrait pas retourner auprès de Voldemort.

Et d'un autre côté… il lui avait demandé, pas exigé. Et poliment, pour couronner le tout.

« Cinq minutes », dit-elle finalement, en colère contre elle-même. « Et si je n'apprécie pas ce que vous avez à me dire, je partirai immédiatement. »

« C'est honnête », accepta-t-il. Se préparant mentalement à ce qu'il devait faire, Severus articula : « Notre dernière rencontre ne s'est pas terminée de manière très… harmonieuse. »

Hermione se contenta de grogner au lieu de lui répondre.

« Je vous prie d'accepter mes excuses pour ce que j'ai fait. Je sais pourtant que c'est impardonnable par bien des aspects. Mais j'espère que vous avez compris que mon attitude n'avait pas pour but de vous harceler, mon souhait le plus sincère était de vous protéger contre davantage de douleur. Je sais ce que vous faites et comment on… se sent, j'avais la certitude que quelqu'un devait d'essayer de vous arrêtez. J'ai essayé. Quand le Directeur a ignoré mes requêtes qui visaient à vous épargner, j'ai décidé de ne pas participer à l'anéantissement d'une innocente jeune fille. »

Un autre grognement, de colère cette fois, et il vit qu'elle se retournait pour partir.

« J'ai finalement réalisé que cette décision ainsi que mes certitudes étaient erronées. Vous n'êtes pas une innocente jeune fille et n'avez pas besoin de protection, du moins pas de la façon dont je souhaitais vous aider. Vous n'êtes pas une innocente jeune fille mais une jeune femme avec le potentiel pour devenir une grande espionne. Vous n'avez pas besoin de quelqu'un qui vole à votre secours, mais plutôt de quelqu'un qui soutienne et vous épaule. C'est ce que je vous propose. »

Un silence s'en suivit. Evidemment, elle avait oublié que les cinq minutes s'étaient écoulées depuis longtemps. Elle semblait totalement désarçonnée. Confuse.

« Vous sentez-vous bien ? », lui demanda-t-elle enfin, plutôt sceptique. « Vous me proposez une association ? Je continue mon boulot d'espion pendant que vous restez à la maison à attendre que j'aie besoin de me faire rafistoler ? »

« Un partenariat, d'égal à égal. Entre deux espions. », acquiesça-t-il. « J'ai été mis à la retraite, grâce à vous. » Dit-il avec légèreté, mais elle pouvait entendre la douleur à travers ses mots. « Mais j'en sais plus sur ce travail que n'importe qui d'autre au sein de l'Ordre. Et vous avez besoin de quelqu'un à vos côtés. »

L'idée d'un Snape se tenant à ses côtés, et la soutenant dans son combat contre le Mal l'aurait diablement fait rire s'il n'avait pas semblé si sérieux et si la douleur ainsi que la fatigue ne s'étaient pas emparées de son corps.

Une partie d'elle-même réalisait qu'il avait raison. Elle n'y arriverait pas seule. Elle s'en était aperçue pendant les semaines qu'avait duré sa cure de sevrage, elle le savait désormais. Pouvait-elle se permettre de refuser l'aide qui lui était offerte ?

Mais c'était Snape qui lui faisait cette offre. Snape qui l'avait trahie. Qui la disputait et la critiquait, qui se moquait d'elle aussi souvent que possible. Snape qui l'avait blessée bien plus cruellement que les Mangemorts. Il lui offrait son aide ?

« Pourquoi faites-vous cela ? », demanda-t-elle avec méfiance.

Il hésita. Révéler ses motivations allait contre sa nature. Il ne donnait jamais plus d'informations qu'il n'était nécessaire pour que son plan réussisse. Il aurait voulu pouvoir lui ordonner d'accepter ! Elle était son étudiante après tout.

Mais non, elle ne l'était pas. Elle était à un tout autre niveau. Indépendante, avec de la fierté et… de la volonté, elle se défendait avec férocité. S'il voulait travailler avec elle, il devait la considérer comme son égal. Il n'avait jamais obéi volontiers aux ordres, elle ne le ferait pas non plus.

Elle ne serait pas d'accord sans ça. Et il était vital qu'elle accepte. Pour elle et pour la guerre.

« Parce que je me rappelle ce que je ressentais, chaque soir, lorsque je rentrais et que personne ne prenais soin de moi. » Répondit-il après un instant. Il avait bien planifié ses paroles, une excellente stratégie pour gagner sa confiance. Il réalisa cependant avec surprise que c'était la vérité. « Parce que j'ai enfin réalisé que ce n'était pas mon travail de rendre votre vie plus difficile, de vous combattre. Je dois plutôt vous aider à porter le fardeau qui est le vôtre. Je dois vous dire, que – si vous le souhaitez – vous pouvez compter sur mon soutien. »

Lentement, il rapprocha le bout de sa baguette de son visage, de manière à ce qu'il mieux éclairé. Elle pouvait ainsi voir la sincérité dans ses yeux, sa volonté d'être accepté. Cependant, il était un maître dans le domaine de l'espionnage, et il avait déjà berné Hermione auparavant.

« Tout ceci est très émouvant », commenta-t-elle froidement, tout en contrôlant les émotions dans sa voix. « Mais pourquoi devrais-je vous croire, Professeur ? Vous ne m'avez pas particulièrement encouragée à vous croire jusqu'à présent. »

« Jetez un coup d'œil », répondit-il avec simplicité. Il inclina un peu la tête de manière à ce qu'elle puisse l'atteindre avec ses mains.

« Quoi ? » Le choc à l'état pur se lisait clairement sur le visage de la jeune femme. Incrédule, elle ne parvenait pas à assimiler ce qu'il lui demandait de faire. « Vous voulez dire que… »

« J'ai compris que je m'étais lourdement trompé à votre sujet, Miss Granger. J'ai abusé de vous d'une certaine manière, mais je peux… vous jurer que ça ne se reproduira plus. Dans de telles conditions, je ne me serais pas cru moi-même. La seule façon de vous convaincre est de vous prouver que je ne cherche pas à vous berner une fois de plus. »

Elle hocha la tête.

« Je suis désolée, mais je ne peux pas faire ça, Professeur. Regarder les souvenirs personnels de quelqu'un d'autre… »

Pendant un instant, le visage de Severus prît l'expression contrariée qu'il arborait toujours lorsque quelqu'un discutait ses ordres. Puis vint la compréhension.

« Vous vous rappelez certainement ce que vous avez ressenti », dit-il pensivement. « Mais c'est différent dans ce cas, Miss Granger. Je vous permets de le faire. Pour être précis, je vous le demande. Il n'y aura pas de barrière dans mon esprit, et donc pas de violence. Procédez, je vous prie. »

Elle hésitait toujours, mais quand elle vit son sérieux absolu, elle acquiesça lentement.

Avec précaution, elle posa ses doigts sur les tempes de l'homme, hésitante. Puis elle rencontra les yeux noirs et flamboyants de celui-ci. Elle pénétra ensuite dans son esprit aussi facilement qu'un couteau dans du beurre. Il pouvait presque sentir son contact doux et léger sur son esprit, tandis qu'elle commençait à pénétrer ses souvenirs. Avec une discrétion qu'il n'aurait pas cru possible, elle évitait tous les souvenirs trop personnels de Severus, se concentrant uniquement sur ceux qui la concernaient.

Premier cours après les vacances d'été, les nouveaux Gryffondors et Serpentards étaient rassemblés. Severus faisait son discours habituel de début d'année. Ses yeux étaient fixés sur une seule personne. Harry Potter ressemblait en tous points à son père James Potter, le fléau de ses jeunes années.

En interrogeant Potter, il remarqua une fille à côté de lui, qui avait presque bondit de sa chaise pour répondre à ses questions. Une autre petite Je-sais-tout, pensa-t-il frustré, en ignorant ses tentatives.

OoO

Alors qu'il corrigeait les premiers devoirs de la classe, il tomba sur celui d'Hermione. Plus long que les autres, rédigé méticuleusement, une écriture soignée couvrait chaque centimètre du parchemin. Tandis qu'il le lisait, il fut surpris par ses connaissances ainsi que sa facilité à les exposer.

OoO

Hermione mûrit en une rapide succession de souvenirs. Années après années, les yeux de la jeune fille brillaient d'excitation, d'intérêt et de volonté d'apprendre tandis que son imprudence s'atténuait quelque peu.

Snape la regardait s'émerveillant de ses progrès mais s'inquiétant en même temps. Elle ressemblait tellement à Severus à cet âge. Sûre d'elle et brillante, son intelligence n'était pas assez sollicitée. Mais il ne laisserait pas son arrogance provoquer sa perte.

Alors il la critiquait, il pointait du doigt ses moindres petits défauts avec méchanceté, bien que son travail soit parfait. Il la disputait et la surchargeait de travail. Elle acceptait tout sans colère. Il commença à noter ses devoirs avec les exigences universitaires. Elle s'inclinait face à ça, la lueur dans ses yeux indiquait à Severus qu'elle avait compris et qu'elle travaillerait encore plus. Il commençait à lui donner des devoirs supplémentaires, exigeait d'elle des potions plus complexes. Elle acceptait les choix de son professeur et redoublait d'efforts.

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Hermione en cinquième année. Elle finissait une interrogation particulièrement difficile sans la moindre hésitation ou erreur. Le cœur de Severus s'emplissait de fierté lorsqu'il regarda son travail. Quand elle mettait une potion en bouteille, elle le regardait et lui souriait. Un sourire d'une beauté éblouissante qui le faisait frémir de honte. Elle méritait un meilleur enseignant !

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Snape, Hermione et Draco étaient dans le bureau du Directeur. La tête de Severus s'était mise à bourdonner depuis qu'il savait avoir échoué, il l'avait laissée tomber dans les bras du Seigneur des Ténèbres. L'avait-il fait travailler trop dur ? Qu'est-ce qui l'avait menée du côté sombre ?

Puis, vinrent les révélations, et l'horreur dans laquelle il plongea après avoir compris. Elle était à l'origine de sa liberté ! C'était à ses dépends qu'il profitait des plaisirs de la vie. Par l'enfer, mais à quoi avait-elle pensé lorsqu'elle avait tout sacrifié pour ce lancer dans ce jeu ?

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Hermione vivait sa première hallucination, juste après avoir été tourmentée par Severus avec la lettre de Lucius. Severus sentit Hermione lorsqu'elle vit son propre visage, tordu de douleur et de peur. Elle se recula presque lorsqu'elle visionna le moment où elle s'était offerte à son Professeur. Elle fut ensuite surprise de le voir s'agenouiller à côté d'elle.

Elle ressentit la colère de l'homme, la stupeur et le chagrin. Mais pas de pitié. Elle était trop intelligente pour être plainte.

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Snape était assis sur son canapé. Il venait de fouiller pour la deuxième fois les pensées d'Hermione. Aucune pensée ne soulageait le tourment dans lequel était plongé son esprit. La honte, la culpabilité et le remord le dévoraient de l'intérieur. Puis, soudain, un instinct protecteur s'empara de lui. Il ne le permettrait pas ! Il ne la laisserait pas devenir ce qu'il était lui-même devenu. Il la sauverait.

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La décision de venir ici ce soir… Il la sentit sonder un peu plus ce souvenir, tester sa vraisemblance. Elle l'examinait minutieusement, comme un acheteur examine sa marchandise, le manipulant et le retournant dans tous les sens. Il n'avait jamais vu ça avant. Il n'aurait pas été capable de lui dissimuler quelque chose, même s'il l'avait voulu. Ce ne fut qu'à ce moment qu'il réalisa à quel point elle maîtrisait la légilimancie.

Lorsqu'elle l'eut finalement testé à son goût, elle tenta de se retirer, sans même frôler les autres images mentales qui voletaient autour d'elle, mais il n'avait pas l'intention de la laisser partir aussi facilement. Elle devait en apprendre plus, c'est pourquoi il la poussa vers une autre scène, il la lui offrit, de manière à lui laisser le choix. Doucement, avec précaution, il lui permit d'y entrer.

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La fierté au moment où il s'agenouilla aux pieds du Seigneur des Ténèbres. Il faisait enfin partie de ceux qu'on appelle Mangemorts. L'horreur, quand une moldue dévêtue fut jetée dans le cercle, torturée, violée. « Tue-la, Severus », lui susurra une voix dans les oreilles. « Pour devenir l'un d'entre nous, tu n'as qu'à la tuer ! » Les cris intérieurs de désespoir de Severus au moment où il leva sa baguette en tremblant légèrement. Il lança ensuite le sort mortel.

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Le jeune Snape agenouillé devant Dumbledore, pleurant amèrement, enfouissant sa tête dans les robes du vieux sorcier. « Pardonnez-moi », murmurait-il encore et encore. « Pardonnez-moi, Monsieur le Directeur… »

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Son retour au repaire, pour la première fois en tant qu'espion, ses mains et son dos dégoulinants de sueur. Son dégoût profond au moment où une moldue fut jetée vers lui. « Je ne peux pas faire ça ! Par l'enfer, je ne peux pas ! », lui hurlait son esprit, mais sa main ne trembla pas lorsqu'il lui lança le sort impardonnable. Une partie de lui mourût en même temps qu'elle.

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Severus, patrouillant dans le labyrinthe de haie érigé pour le Tournoi des Trois Sorciers, espérant désespérément que ce garnement de Potter ne se débrouillerait pas pour se tuer lui-même, quand soudain, une vive douleur s'empara de son avant-bras.

Fixant la Marque représentant un crâne et un serpent sur sa peau pâle, son visage se tordit de colère et de peur. Il lui fallut un moment avant de réaliser la signification de la grande douleur qui transperçait son corps.

Le Seigneur des Ténèbres était de retour. Il devait Le rejoindre. La tristesse l'envahit, et accablé, il tomba à genoux, frottant son bras douloureux avec son autre main. « Par Merlin, la pitié n'existe donc pas dans ce monde ? », murmura-t-il, en inclinant la tête.

Puis il se redressa, ses gestes étaient ceux d'un vieil homme, et courût chercher le Directeur.

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Une autre nuit, une autre réunion. Retour au Square Grimmauld, peu avant minuit. Il s'assura que sa blessure à l'épaule était bien dissimulée sous sa cape avant d'entrer. Il s'assura d'un regard que Sirius Black l'attendait.

« Ils sont dans la cuisine », l'informa-t-il sèchement. « Ils attendent le retour de sa majesté, l'ex-Mangemort. Tu t'es bien amusé ce soir, Snivellus ? »

Le visage d'un enfant d à peine six ans apparut devant ses yeux. Il hurlait de terreur.

« Seulement tu trouves ça drôle, Black. Maintenant, laisse-moi passer. » La lassitude et la souffrance étaient responsables de la rudesse de ses paroles.

« Laisse-moi te dire quelque chose, Snape », chuchota l'animagus avec animosité. Sirius l'empoigna au niveau de son épaule blessée et le plaqua contre le mur. Severus se crispa sous la douleur, en espérant que Black ne sentirait pas l'humidité à travers son épaisse cape. Il ne voulait pas être humilié devant lui. « Je sais ce qu'il y a dans ton cœur. Tu as beau vouloir te racheter, tu es et seras toujours un salaud de Mangemort. Je me fiche de ce que pense le Directeur, mais pour moi, tu ne seras jamais qu'un tas de merde. »

« Je garderais ça en mémoire, Black », murmura-t-il d'une voix blanche. « Compte là-dessus. »

Il se rendit dans la cuisine, tremblant de douleur, la fièvre montait peu à peu. Il ne pensait qu'à une chose : Le plus difficile dans ce qu'avait dit Black, c'est qu'il savait que de nombreux membres de l'Ordre étaient de son avis.

Finalement, la danse folle des images prit fin, et le calme revint, les doigts délicats qui le maintenaient se retirèrent à l'instant où Hermione quitta son esprit. De retour dans la réalité, il s'aperçut qu'elle le regardait, des larmes plein les yeux.

« Pourquoi… », murmura-t-elle. Il lui sourit, un sourire franc et sincère. Elle ne l'avait jamais vu ainsi.

« Vous avez le droit de savoir », répondit-il simplement. « Maintenant, allez-vous me laisser faire mon travail ? »

« Et en quoi consiste votre boulot, exactement ? », la voix d'Hermione était toujours empreinte d'émotion, mais avec une pointe de méfiance.

« Bien, parce que désormais, il y a une pièce dans mes appartements pour soigner vos blessures et vous offrir un délicieux thé aux épices d'Indes », dit-il.

Ses yeux le sondèrent, mais elle ne découvrit rien d'autre que de l'honnêteté et la volonté de lui venir en aide. Quelque chose en elle lui criait de partir dès que possible, qu'elle acceptait cette alliance pour laquelle elle n'était pas prête.

Il va essayer de te contrôler ! Lui soufflait une autre partie de son esprit. Il va essayer de te faire renoncer à l'espionnage, et quand tu ne t'y attendras pas, il te blessera de nouveau !

Elle l'observa se retourner, elle le jugeant intensément. Il n'avait fait aucun mouvement pour la convaincre.

Mais c'était Snape. Il était l'espion le plus doué qu'elle connaisse. Il lui avait permis d'entrer dans sa tête. Il lui avait proposé de l'aide. Et un thé aux épices lui ferait le plus grand bien.

« Je pense que je peux vous laisser faire ça », acquiesça-t-elle en signe d'acceptation. Il vit la fatigue qui emplissait le corps de la jeune femme et lui offrit un bras pour la soutenir.

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La traduction du poème de Whitman est tirée du recueil Feuilles d'herbe, par Léon Bazalgette; 2 vol. Mercure de France (1922). Et oui, traduire un texte est une chose, s'improviser poète en est une autre !

Alors, qu'est-ce que vous en pensez? Contents de l'évolution des rapports entre Severus et Hermione?...

Alors, contents ? Ça s'arrange franchement entre Severus et Hermione…