Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm

Correctrice : Emi Yoneyama


RAR:

Malfoyhermy: Quel enthousiasme, alors voilà la suite...

Moggliesmad : Je suis flattée de ces compliments, mais ils ne me sont pas adressés, tout le mérite en revient à l'auteur, je ne fais que traduire, malheureusement. Mais par contre, je ne trouve pas Ron si bête que ça, il a même fait preuve de maturité dans le dernier chapitre… Et puis, il faut être honnête, je n'en mènerais pas large non plus si de telles horreurs m'arrivaient, pas toi ? Bon, je ne veux pas non plus plomber l'ambiance, alors bonne lecture.

Kobar : Merci pour tes encouragements. Quant à Ron et Harry, laissent leur le temps de comprendre, les garçons sont toujours plus lents à la détente. Désolée, messieurs, mais avouez que…

Ira Lea : Je suis comme toi, le chapitre précédent est un de mes préférés ! Et je trouve également que les personnages méchants, ou du moins sombres sont plus intéressants. J'aime pas trop quand tout le monde « il est beau, il est gentil » ! Alors avec Severus, je m'en donne à cœur joie… Pour les relations entre Hermione et les garçons, elle n'a pas vraiment le choix, elle va devoir se réconcilier avec eux, sinon, elle risque d'avoir de très gros problèmes avec un certain 'Tu sais qui', si tu vois de qui je veux parler… Et pour finir, voilà la SUITE !

Cassandre8 : Oui, les relations entre Severus et Hermione vont s'établir progressivement, c'est en effet une bien 'grosse hache de guerre', même si un grand pas a déjà été fait… Pour le poème, je pense que tu n'es pas la seule à y être hermétique, de toute façon, on ne peut apprécier les choses que quand on les a étudier à fond (en fait, je suis un peu comme toi…). Sur ce, bonne lecture.

Melinda Poteauxroses : Et oui, c'est un scoop, Severus est un être humain, un vrai, avec un cœur, une conscience… lol. Pour voir ce que ça va donner, se reporter au chapitre ci-dessous !

Emma D : Merci beaucoup, je suis très touchée par tes compliments ! Effectivement, les Allemands aiment les romans sombres, je dois avoir un côté allemand quelque part ! Pour la petite remarque concernant la traduction, je dois te dire que tu as tout à fait raison, en relisant la phrase, je me suis aperçue qu'elle ne voulait rien dire, lol. J'ai beau me relire, certaines erreurs passent au travers des mailles du filet, surtout si je suis fatiguée. Désolée. Et merci encore pour ta review, et j'attends avec impatience la suite de ta fic.

Lanounette : Ravie que ça te plaise. Mais je me dois de te rappeler que je ne fais que traduire, j'aurais aimé être capable d'écrire comme ça ! Pour Ron et Harry, ne t'inquiète pas, ça va s'arranger !

El diablo : Désolée du petit retard, j'espère que pourras lire ce chapitre avant ton départ. Je tiens à dire que je ne suis pas totalement responsable, en bossant à l'hôpital, je dois parfois prendre des gardes au pied levé, ben oui, on ne peut pas les laisser tous seuls nos chers patients, surtout en réanimation… Et puis dis toi que si n'as pas pu le lire avant ton départ, tu auras deux chapitres quasiment en même temps, lol. Bon, j'arrête de parler, comme ça je poste plus vite le chapitre. Et continue à être de mauvaise foi, ça m'amuse beaucoup ! Bisous.


Chapitre 16 : Et valsent les distances

Lentement, ils retournèrent au château.

Au grand étonnement de Severus, elle ne fit aucun mouvement pour l'empêcher de la soutenir, mais elle garda ses distances. Il n'était pas du genre à discuter bêtement pour rompre un silence gênant. Hermione, quant à elle, semblait ne plus avoir besoin de ces conversations incessantes. Ou peut-être était-elle trop lasse.

Lorsqu'ils atteignirent les environs de la roseraie, elle tourna à droite.

« Nous ferions mieux de contourner le jardin », expliqua-t-elle, « Il est très apprécié des étudiants qui ont le cerveau mal placé, qui sont tombés amoureux, et aucun de nous ne souhaite se faire remarquer. Nous ne devrions pas être vu ensemble. »

« La roseraie », murmura-t-il, « Je n'ai jamais croisé qui que ce soit ici lors de mes patrouilles la nuit. »

« C'est probablement parce que vous ne connaissez pas la bonne ouverture dans les haies. J'ai eu la malchance d'en être informée par Padma Patil et Lavande Brown », soupira-t-elle en dégageant une mèche de cheveux de son visage. « Je n'ai jamais compris ces gens qui ne peuvent attendre la tombée de la nuit pour se glisser hors du château. Je suis heureuse à chaque fois que je réussis à regagner ma chambre. »

« Alors il me semble que vous ne faites pas les choses comme il se doit, apparemment, les autres étudiants s'amusent beaucoup pendant leurs activités nocturnes. »

Severus avait eu envie de se gifler au moment où il avait prononcé ces mots. Regarde dans quel état elle est, et tu trouves le moyen de lui faire part de tes sarcasmes !

A son grand étonnement, elle commença à rire. C'était une pâle copie du rire qu'il avait entendu dans le hall, mais c'était un rire quand même.

« Des suggestions pour remédier à cela, Professeur ? », rétorqua-t-elle. « Peut-être que si j'apportais une bouteille de Whisky pur feu au prochain rassemblement… Ça les relaxerait probablement un peu. »

« Une pyjama partie peut-être », proposa-t-il pensivement. « Qui sait ce qu'ils portent sous leurs robes longues de toute façon. »

Elle lui fit la moue. L'image d'un Voldemort en pyjama de flanelle l'amusait franchement.

Ils atteignirent l'entrée du passage secret, caché par un bosquet et invisible même à ceux qui connaissaient son existence. Elle agita sa baguette et frappa quelques pierres en prononçant le charme d'ouverture d'un souffle.

« Qui vous a parlé de cette porte secrète ? », s'enquit-il tout en lui emboîtant le pas dans le tunnel. « Albus ? »

« Je l'ai lu. », répondit-elle. « Il existe un vieil exemplaire de 'L'histoire de Poudlard' qui contient une carte des passages secrets et des portes piégées. Imprimé au XVIIIème siècle, il n'en existe pas plus de quarante cinq copies. La plupart d'entre eux ont été détruits et le plan supprimé des nouvelles éditions, mais la bibliothèque de Poudlard en possède un. »

« Remarquable », dit-il, en imaginant Hermione flâner parmi les trois cents différentes édition de ce livre. Elle se souvenait probablement de chaque variante.

« N'est-ce pas ? », acquiesça-t-elle. « Et dire que tout le monde me répète qu'on n'apprends pas les choses importantes de la vie dans les livres ! »

Il grimaça en silence tandis qu'il se remémorait les éternelles provocations et moqueries qu'il avait subi lorsqu'il était étudiant. Ses camarades avaient agi comme ceux de Hermione. En effet, le jeune Severus avait constamment la tête dans les bouquins. Apparemment, les enfants ne changeaient pas.

« Je pensais que vos amis plutôt incultes auraient finalement réalisé l'utilité de votre cerveau. »

« Il n'y a pas plus court que la mémoire d'un garçon lorsque l'on parle d'éducation », répondit-elle sèchement. Et il était d'accord avec elle.

Entre temps, ils étaient arrivés au bureau de Severus. Hermione était à bout de souffle et ses forces l'abandonnaient, mais elle faisait de son mieux pour le cacher à l'homme qui l'accompagnait.

Lorsqu'elle traversa la tapisserie à la suite de Severus, elle trébucha. Il la retint juste avant qu'elle ne tombe.

« Avez-vous besoin d'aide pour panser vos blessures ? », lui demanda-t-il en obligeant sa voix à rester totalement neutre.

« Non merci », répondit-elle précipitamment tout en se dégageant et en lui lançant un regard nerveux. « Je me débrouillerai bien toute seule. »

Il acquiesça en silence et se dirigea vers son bureau, lui donnant de cette façon le temps de réhabituer à ses appartements. Les souvenirs envahirent Severus. Il se rappela de la dernière fois où ils s'étaient retrouvés dans cette pièce tous les deux. Il supposa que c'était pire pour elle.

Après une minute ou deux, le bruissement des robes d'Hermione indiqua au Professeur qu'elle s'était remise en mouvement, incertaine. Il se retourna vers elle.

« La chambre dans laquelle vous avez séjourné la dernière fois est désormais la vôtre », l'informa-t-il brièvement. « Vous pouvez en faire ce que vous voulez. J'ai mis de la poudre de cheminette sur le haut de la cheminée, ainsi vous pouvez contacter le Directeur si vous le souhaitez. J'ai aussi pris la liberté de vous préparer diverses potions, elles sont sur votre table de travail. Vous remarquerez qu'elles sont de bien meilleure qualité que celles que vous… empruntiez à Madame Pomfresch. Dites-moi si vous n'en avez pas assez. »

« Comment savez-vous… », demanda-t-elle avec hésitation, ne voulant pas confirmer qu'elle avait en effet 'emprunté' des potions pendant des mois.

« Je suis responsable des stocks de l'infirmerie », répondit-il, et encore une fois, un sourire chaleureux étira ses lèvres. « Vous cachiez parfaitement vos activités, mais j'avais remarqué que les bouteilles avaient été déplacées. Un bon maître des potions sait exactement de quelles potions il dispose et en quelle quantité. »

« Je ne voulais pas les prendre, mais je… », tenta-t-elle d'expliquer, mais il l'interrompit immédiatement.

« Le Directeur devait y avoir pensé. Désormais, je vous fournirais tout ce dont vous aurez besoin. »

Elle hocha la tête et se dirigea vers les escaliers.

« Merci, Professeur », dit-elle avec hésitation.

« Severus », corrigea-t-il, sa tête était de nouveau tournée vers son bureau.

« Pardon ? »

Il lui lança un regard amusé en entendant l'incrédulité percer dans la voix de la jeune femme.

« Severus. Vous savez bien évidemment que c'est mon prénom. »

« Oui », bégaya-t-elle, la confusion se lisait sur son visage. « Mais, je… »

Il attendait qu'elle finisse sa phrase, mais elle semblait trop stupéfaite pour le faire.

« Je pensait ce que j'ai dit, Miss Granger », dit-il finalement, en exprimant un léger amusement. « Je vous ai offert une association et c'en sera une. Dans ces appartements, vous n'êtes plus mon étudiante et je ne suis plus votre professeur. Nous sommes égaux. Et des partenaires s'appellent en général par leurs prénoms. »

Pendant un instant, elle ne réagit pas, si bien que Severus se demanda si elle n'allait pas s'échapper de ses appartements pour ne jamais y revenir. Puis elle acquiesça faiblement.

« J'aurais besoin de temps pour ça, Pro… Severus », dit-elle en montant les escaliers. « Et moi, c'est Hermione, pas Miss Granger. »

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Bien ? Ça s'est mieux passé que ce que je croyais, songea-t-il en la regardant disparaître à l'étage, elle a essayé de me tuer une fois seulement.

Il fit une rapide visite à ses cuisines privées, puis il s'assit dans un fauteuil près du feu en soupirant. Il se sentait vidé après avoir déployé tant d'énergie pour la convaincre et lui faire visiter son esprit.

Pourtant, elle avait réagi comme il l'avait prévu, mais il avait sous-estimé une autre source majeure de problèmes : lui-même. Il voulait qu'elle lui fasse confiance, mais lui, pourrait-il lui donner sa confiance ?

Serait-il capable d'avoir la patience nécessaire pour lui enseigner tout en gardant ses traits de caractère plutôt désagréables du Professeur ? Il n'était pas de ceux qui chouchoutent et cajolent, que se passerait-il si elle lui demandait d'être plus affectueux envers elle ?

Potter était de ce genre, déclamant toujours des histoires touchantes au sujet de ses parents, parlant de fierté. Aucune de ses péripéties ne pouvaient s'achever sans une bonne dose de larmes insensées pour chacun.

Il souhaitait s'investir réellement dans ce partenariat, mais il ne serait pas capable de jouer au père affectueux avec elle, comme Albus le faisait.

Au moins, elle a le sens de l'humour, se souvint-il. Ça avait été un soulagement pour lui. Il ne serait pas parvenu à garder ses sarcasmes pour lui trop longtemps.

De légers bruits l'informèrent que Hermione quittait sa chambre. Elle se déplaçait très discrètement pour quelqu'un de son âge. Habituellement, les étudiants piétinaient dans les couloirs tels des éléphants en fuite. Mais il avait les yeux et les oreilles d'un espion.

Il s'était attendu à ce qu'elle prenne une douche et qu'elle ait l'air d'aller mieux. C'était le cas. Mais ce à quoi il ne s'était pas attendu était son regard froid et hautain lorsqu'elle s'assit dans le fauteuil qui lui faisait face. Elle posa un regard déterminé sur lui et se lança dans son discours.

« J'ai pensé, Severus », commença-t-elle, il n'y eut qu'une légère hésitation à l'emploi de son prénom. Elle s'était probablement entraînée. « Si nous voulons que ce soit une véritable association, il y a quelques règles supplémentaires que j'aimerais établir. »

Ainsi, elle énonçait déjà des règles ? Probablement pour lui dire comment la traiter ? Ce serait amusant.

D'un geste de la main, il lui indiqua de continuer, le visage du plus âgé ne trahissait rien de ses émotions.

« Premièrement : le secret. Bien sûr, le Directeur est déjà au courant de ce qu'il appelle notre alliance, je viens juste de lui en parler. Le Professeur Mac Gonagall sera également mise au courant. Mais à l'exception de ce qui est important pour l'Ordre, ce qui se passe entre nous, reste entre nous. »

« C'est acceptable », répondit-il. Evidemment, elle ne voulait pas qu'ils soient informés de ses faiblesses et des plus infimes détails de ses nuits passés à l'extérieur.

« Deuxièmement et troisièmement, et ces points sont les plus importants. Pas de cajoleries. Pas de pitié. »

Il ne pouvait que la fixer. Avait-elle lu de nouveau dans son esprit ? Se méprenant sur l'attitude de Severus, elle poursuivit avec hâte et lui expliqua ce qu'elle entendait par les points numéro deux et trois.

« Je suis une grande fille et je suis très capable de gérer ma propre douleur. Je n'ai pas besoin que quelqu'un me dise combien je suis courageuse et bonne. J'ai besoin de quelqu'un qui soit capable de m'empêcher de tomber en morceaux ou d'assembler ces morceaux au besoin. Si je ne veux pas aborder un sujet, nous ne le feront pas. Pas de séance de thérapie, pas d'empathie non plus. Apprenez-moi ce que j'ai à apprendre, dîtes-moi lorsque je fais des erreurs, mais si vous m'offrez de la soupe de poulet, du chocolat pour panser mon âme ou toute autre absurdité, c'en sera fini. Et si je surprends encore une fois quelque chose comme de la pitié dans vos yeux, ou 'une si courageuse jeune femme, elle devrait être sauver de son terrible destin', je partirai et vous ne me reverrez plus ! »

Elle hocha la tête, comme pour donner plus de poids à ses mots. « Dans ces conditions, j'accepte votre aide. Mais uniquement dans ces conditions. »

En écoutant les paroles d'Hermione, Severus avait senti un énorme poids s'envoler de ses épaules. Elle n'avait pas besoin d'une figure paternelle. Pas de nuit à parler de soucis féminins, pas de confession larmoyante au sujet de ses peurs secrètes. Juste deux espions travaillant ensemble dans un même but.

« Je pense qu'il me sera facile d'adhérer à ces règles », acquiesça-t-il en signe de consentement.

« Bien ! », soudain, elle sourit, un sourire espiègle dont la sincérité le surprit grandement. « J'aurais détesté vous quitter avant que le thé aux épices ne soit servi. »

« Il le sera dans un instant », sourit-il.

Le silence s'installa, mais c'était un silence que ni l'un ni l'autre n'eut envie de briser. Puis, Hermione laissa échapper un léger soupir et étira ses bras au-dessus de sa tête, ce qui provoqua le craquement de nombreux os. L'espace d'un instant, elle ressembla à un chat lorsqu'elle s'assit dans la bibliothèque, buvant les sons, les odeurs et les couleurs autour d'elle.

« Je regrettais presque vos appartements, Professeur », dit-elle, les yeux clos, une expression de profond contentement sur le visage. « C'est si calme, ici. Et si paisible. »

Il grogna en entendant ses mots. « Ça ne durera pas longtemps. Ça dépend. Une fois que Jane est là… » Une porte claqua et il sourit d'un air narquois tout en se retournant. « Quand on parle du démon… », dit-il.

« J'ai entendu », dit une voix sèche et précise de l'autre côté de la porte, « Et il n'y a qu'un seul démon qui vit dans ces appartements, Severus ! »

Une petite silhouette, avec un plateau où se trouvait le thé, apparut dans l'encadrement de la porte. Elle était vêtue de robes noires. Un elfe de maison, réalisa Hermione, seulement après un moment de grande confusion. Cet elfe de maison n'avait rien à voir avec les autres membres de cette espèce qu'elle connaissait. Mis à part les grandes oreilles, les yeux et la coloration verte de sa peau.

« Jane », demanda-t-elle, sans être sûre de pouvoir faire confiance à sa voix.

« Oui », répondit l'elfe de maison, tout en déposant le plateau et en arrangeant la rangée de perles blanches qui contrastaient avec le noir de ses petites robes. « J'avais un de ces stupides noms d'elfes avant, mais je ne tiens pas à m'étendre sur ces âneries. Nous appeler comme ces stupides cousins de Tinkerbell et Mastering. Mastering est responsable du chaos actuel. »

Après avoir examiné une Hermione restée sans voix des pieds à la tête, elle se tourna brusquement vers Snape et hocha la tête vivement.

« Ainsi, vous avez enfin fait le bon choix et amené cette fille ici. Je me demandais encore combien de temps cela vous prendrait. »

« Pourquoi suis-je entouré de femmes qui savent tout mieux que moi ? », demanda-t-il d'un air renfrogné, mais Hermione capta une pointe d'amusement dans sa voix. « Mes parents auraient dû te vendre au Malfoy ! »

« Et ils auraient dû vous envoyer à Askaban pour apprendre les bonnes manières ! », répliqua-t-elle avec humour. Elle se retourna ensuite vers Hermione et lui tendit une petite main verte.

Hermione la serra avec incertitude.

« Je suis heureuse de vous rencontrer enfin, ma chère. J'ai veillé une ou deux fois sur vous lorsque vous étiez assoupie, mais Severus pensait qu'il n'était pas sage de vous informer de ma présence. Rares sont ceux qui savent que je vis ici. »

« Jane a des appartements attenant aux miens. Ils sont reliés par la cuisine », expliqua Severus, clairement amusé par le trouble de son hôte.

« Alors… vous travaillez pour lui ? », demanda Hermione, en indiquant Snape qui avait commencé à servir le thé.

Jane acquiesça. « En quelque sorte. J'ai appartenu à sa famille, mais ils m'ont jetée dehors lorsque mon avis sur les relations entre les elfes de maison et les sorciers est devenu trop engagé. Lorsque Severus a commencé à travailler ici, il m'a offert ce poste. Bon salaire et travail facile. La seule chose qui est en pagaille, c'est son laboratoire, et il le nettoie lui-même. »

« Merci pour cette brève vue d'ensemble de ma vie privée, Jane », l'interrompit Snape. « Veux-tu une tasse de thé ou vais-je me passer de ta présence ce soir ? »

« Je dois décliner, mon cher. Cours du soir », répondit Jane en secouant la tête et en prenant congé. « Bien, Hermione, ma chère, j'espère que nous allons nous revoir très bientôt. J'ai entendu parler de votre campagne, cela s'appelle la S.A.L.E, n'est-ce pas ? Nous devrions nous réunir autour d'un thé et discuter de ce concept un de ces jours. C'était une bonne idée, et avec un peu de perfectionnement… » Elle salua une dernière fois et disparut dans la cuisine.

« Des cours du soir ? », demanda Hermione.

« Elle enseigne à de jeunes elfes de maison. Lire, écrire, les bases de la politique et de l'histoire », expliqua-t-il. « Ils apprennent à poser des questions et à avoir un œil critique », il sourit, narquois. « Et quand les parents essayent de les faire rentrer au service de quelqu'un, elle débarque et les terrifie. »

« C'est une personne intelligente et vigoureuse. »

« Elle va bientôt mourir », la voix de Severus avait perdu toute trace d'humour. « Il y a vingt ans, les sorciers n'étaient pas aussi compréhensifs que maintenant, en ce qui concerne les non humains. Elle souriait de manière méprisante, alors elle était battue et privée de nourriture. Quand je l'ai trouvée, elle n'était plus qu'un tas d'os et de chiffons, mais elle m'a dit avec une incroyable dignité qu'elle n'avait pas besoin de ma pitié. »

Ce ne fut qu'au moment où Hermione rapprocha sa chaise avec intérêt, qu'il réalisa combien les deux situations étaient semblables. Celle du passé, avec Jane reposant sur un tas de détritus dans un village sorcier, et celle de ce soir, lorsque Miss… Hermione avait accepté son aide. Il essaya de changer de sujet, mais c'était trop tard.

« Et qu'avez-vous dit ? », demanda-t-elle, l'ombre dans ses yeux indiquait qu'elle avait également fait le rapprochement.

« Je lui ai dit que je n'éprouvait de pitié pour personne. C'est un des rares principes que je suis parvenu à conserver au cours des ans. Et qu'en fait, c'est moi qui avait besoin d'elle, et pas l'inverse. Ce qui était vrai. Je ne supporte pas les elfes trop inquisiteurs de Poudlard, toujours à apparaître et à disparaître des pièces, à vous convaincre qu'il faut manger quand vous avez d'autres choses en tête. Jane me laisse à mes affaires, et je fais de même avec elle. Nous nous débrouillons très bien ensemble. »

Elle acquiesça, pensive.

« Je suis content qu'elle ait un autre loisir que celui de me harceler », fit remarquer Snape après un moment de calme. « Sinon, elle me rendrait presque dingue. »

Hermione sourit largement, mais ne dit rien.

« Vous n'avez pas encore goûté le thé », remarqua soudain Snape. « Bien que ce soit la raison qui vous a poussée à me suivre, comme vous me l'avez dit il y a peu. »

« Ce n'est pas la seule raison », dit Hermione, les yeux scintillants. « C'est également pour avoir accès à votre bibliothèque. »

Il la surprit avec un rire généreux et profond qui la purifia comme une brise d'été, chaude et apaisante.

« Rusée comme seul un espion, peut l'être », il s'esclaffa tout bas. « Bien, votre prix vous attend. Empruntez ce que vous voudrez. Je pense que je n'ai pas besoin de vous dire de traiter les livres avec respect ? »

« Pas vraiment », répondit-elle, déjà levée, se dirigeant vers les étagères. Ses doigts frémissaient d'excitation tandis qu'elle choisissait un volume et l'ouvrait.

Le silence s'en suivit alors qu'il regardait Hermione se plonger dans sa bibliothèque. Elle avait mis la main sur les titres les plus intéressants, et rapidement, elle avait rassemblé de nombreux livres qui lui fourniraient de la lecture pour le reste du mois.

« Choisissez un siège favori et organisez votre espace », proposa-t-il. Elle acquiesça, empilant déjà les livres de manière ordonnée autour d'un vieux fauteuil qui était tapissé de brocart rouge.

Tout en caressant la couverture ainsi que la tranche d'un petit volume, les doigts d'Hermione l'ouvrirent et en effleurèrent les pages jaunies.

« Je vais emprunter celui-ci en premier, si je peux », dit-elle timidement. « C'est Sun Tse. Je n'ai pas eu la chance de le finir, et il est très intéressant. »

Il hocha la tête, sans la quitter des yeux. Quelque chose avait changé dans l'atmosphère, et la nervosité qu'elle avait presque oubliée, refit soudainement surface. Elle ferait mieux d'y aller, décida-t-elle avant que quelque chose ne ruine la première soirée agréable depuis longtemps. Mais Severus ne l'entendait pas de cette manière.

« Avant que vous ne vous en alliez », dit-il quand elle s'avança vers la tapisserie. « Me direz-vous pourquoi vous Lui avez déplu la semaine passée ? »

En l'espace d'une seconde, le masque avait repris sa place sur le visage de la jeune femme. Ses doigts serraient le livre si fort que ses articulations en blanchissaient.

« Qui ? », murmura-t-elle d'une voix blanche. « Je ne vois pas ce dont vous voulez parler. »

« N'insultez pas mon intelligence, Hermione », dit-il calmement. « Si vous ne voulez pas en parler, dites-le. Mais n'essayez pas de me mentir. »

Silence. Puis ses doigts se détendirent autour du livre et elle le dévisagea, ses yeux cherchant ceux de l'homme, puis accrocha son regard.

« Comment savez-vous ? », demanda-t-elle.

« Je peux voir à travers les charmes d'illusion. Bien que les vôtres aient été tout à fait réussi étant donné les circonstances. »

« Oh… » Sa voix l'abandonna, perdue dans la profondeur de la nuit. « C'est bon », dit-elle par la suite. Elle prit place sur le canapé en face de lui. « J'aurais du vous en parler de toute façon, pour que ça marche. »

Elle prit une grande inspiration, sans remarquer que le visage de Severus s'était allumé. Ainsi, elle voulait que cela fonctionne ?

« Premièrement, Il était en colère à cause de Harry et Ron. Ils se sont glissés hors du château tout le temps, prenant des risques incroyables. Ils sont allés pique-niquer sur le terrain de Quidditch, une nuit, tous seuls. Voldemort l'a appris. »

« Je suppose que c'est la raison pour laquelle vos insupportables amis ont cessé de vous adresser la parole ? »

« Ils ne sont pas insupportables », répliqua-t-elle, plus par habitude que par conviction. « Vous avez remarqué cela également ? »

« Il était impossible de ne pas le remarquer », dit-il sèchement. « Vous et vos insupportables amis êtes à l'opposé de ce qu'on appelle la discrétion. »

Elle sourit, mais son sourire n'atteignit pas ses yeux.

« Je ne sais pas comment les arrêter », confessa-t-elle. « J'en ai informé le Directeur, mais je ne peux pas courir le prévenir à chaque fois qu'ils quittent la salle commune. Et je ne pense pas qu'il a pris les choses aussi sérieusement que moi. »

« Ainsi, vous ne l'avez pas informé des conséquences de leurs petites… aventures ? »

« Non, je… »

« Je comprends », la rassura-t-il doucement. Il était dur d'expliquer à ce vieux sorcier enjoué ce qu'étaient les ténèbres, l'horreur et la douleur. Il semblait être fait de lait et de sucre, une créature de lumière, trop pure pour l'obscurité du crépuscule.

« Je ne lui aie jamais dit non plus. »

« Vous non plus ? » L'étonnement perçait dans sa voix. « Alors il n'a jamais su que… »

« Pas exactement. C'est suffisamment dur pour lui sans qu'il ait à imaginer les… détails. Parfois, le savoir fait du mal. »

Cette fois, le sourire de la jeune femme illumina ses yeux.

« Pourrai-je vous citer lors de votre prochain cours ? »

Il sourit d'un air narquois. « Je nierai tout en bloc, Hermione. »

« Si vous le dites », elle hocha la tête, puis ses yeux s'égarèrent sur la sortie enchantée. « Je ferais mieux d'y aller, maintenant. Il y a école demain… »

« Bien sûr », s'accorda-t-il, sentant qu'ils s'éloignaient de nouveau. « Mais avant que vous n'y alliez, dites-moi quelle était la seconde chose qui L'a mis en colère. »

Elle ne tenta pas de nier cette fois-ci.

« Il veut que j'empoisonne le traître Snape. »

Silence. Elle n'avait pas osé lui demander de la laisser sortir et il était perdu dans ses pensées, réfléchissant à ce qu'elle venait de dire.

« Bien », dit-il finalement en se levant brusquement de son fauteuil pour la mener jusqu'à la tapisserie. « Alors il va vous falloir m'empoisonner. Je vais vous donner une retenue demain soir, de manière à ce que nous puissions en parler. Cela vous donnera une raison pour glisser quelque chose dans mon verre. »

Il plaça ses mains sur la tapisserie et murmura le mot de passe. Hermione remarqua qu'il n'avait pas changé depuis sa dernière visite.

« A demain, Hermione », dit-il d'une voix de velours. « Dormez bien. »

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J'adore vraiment Jane, pas vous ?