Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm

Correctrice : Emi Yoneyama


RAR :

UnDo : Merci beaucoup, je suis ravie que cette fic te plaise. Merci beaucoup pour tes compliments !

Ombrage : Que dire à part merci et bonne lecture ?

Ira Lea : Ah, ah ! Hermione qui empoisonne Severus, ça t'intéresse ? Je crois que beaucoup de lecteurs sont plutôt méchants avec le pauvre Snape. Mais oui, il va se faire empoisonner, mais ne va-t-il pas le regretter ? Pour répondre à ta question sur le nombre de chapitres de la fic originale : elle n'est pas encore terminée, il y en a pour l'instant 31, alors il y a encore de quoi faire ! Bonne lecture…

Noaa : Ravie que cette fic te plaise, j'espère que tu as laissé une petite review à Kayly, ça lui fera plaisir ! Je ne pourrais pas te dire exactement à quelle fréquence elle publie, mais il me semble qu'elle a publié environ 7 chapitres depuis les 4 derniers mois…

Malicia-Sirkis : Une nouvelle lectrice, que ça me fait plaisir. J'espère juste que la suite de la fic t'a autant enthousiasmé que les trois premiers chapitres. A bientôt.

Ayuluna : Dors quand même un peu, même si je te comprends, ça m'arrive régulièrement de ne pas dormir assez pour lire ou traduire une fic ! Lol


Chapitre 18 : Que le spectacle commence !

Le matin suivant fut gris et froid. De gros nuages étaient accrochés aux toits de Poudlard.

Quand Hermione arriva dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, de grosses gouttes de pluie tombaient du plafond enchanté, mais disparaissaient avant d'avoir touché le sol. Hermione était heureuse que les fondateurs de Poudlard n'aient pas poussé le réalisme trop loin.

Les potions étaient leur premier cours du jeudi.

Quand Mac Gonagall leur avait donné leur emploi du temps au début de l'année, Harry et Ron avaient tous deux grogné contre cette injustice : deux doubles cours de potions, un le mercredi après-midi, l'autre le jeudi matin. Ils considéraient que le week-end précédent était trop loin pour profiter de leurs joyeux souvenirs, et le suivant n'était pas assez proche pour commencer à y penser.

A l'époque, ça importait peu à Hermione, mais maintenant, elle était heureuse de cet emploi du temps. Sa patience aurait été mise à rude épreuve si elle avait du patienter ne serait-ce qu'une heure de plus.

Elle était tellement curieuse au sujet du petit show de Snape, et à en croire son comportement d'hier, elle pouvait en conclure qu'il était décidé à le mener à bien.

Tout en avalant son porridge, elle se rappelait le plaisir évident avec lequel il lui avait fait part de ses plans, une lueur malicieuse dans le regard. Elle avait été surprise de voir que le froid et calculateur Severus Snape pouvait concocter ses plans avec la même excitation que Ron et Harry quand ils préparent une blague. Mais il était le maître du déguisement après tout…

Et un homme. Les hommes aiment les mises en scène, même s'ils ne l'admettent que rarement.

Hermione n'eut pas besoin de la cloche pour se souvenir d'aller en cours. Elle se joignit au groupe de Gryffondors et de Serpentards sur le chemin des cachots, observant Ron et Harry du coin de l'œil tout en discutant intensément avec Neville.

Tout le monde avait été surpris de voir que ce dernier avait obtenu un 'Optimal' en potions à ses BUSEs, ce qui lui permettait d'assister au cours de potions avancées.

Il avait rougi et expliqué qu'il avait travaillé dur et que l'examinateur s'intéressait beaucoup à la 'botanique appliquée aux potions'.

Même s'il avait excellé aux examens, il continuait d'être une véritable catastrophe en classe. Etait-ce la terrible peur qu'il avait de Snape qui rendait ses mains maladroites et retournait son cerveau dès l'instant où il pénétrait dans les cachots, ou alors les mauvaises habitudes prises au cours des années ? Il ruinait systématiquement chaque potion et échouait à chaque interrogation.

Severus, pour qui Neville était le plus grand fléau de sa vie, avait piqué une crise en voyant Neville débarquer à son cours. Depuis, les Serpentards pouffait de rire à chaque fois en lui disant qu'il s'était trompé de classe.

Mais pour Hermione, il était un ami loyal.

La plupart des Gryffondors avaient pris le parti de Ron et Harry après leur dispute. Ils lui lançaient des regards chargés de reproche et de dégoût, ils l'évitaient.

Ils ne l'avaient jamais véritablement acceptée, elle le savait. Elle avait toujours été trop vive, trop brillante et trop effrayante.

Harry aussi avait eu ses mauvais moments, mais il était toujours resté l'un d'entre eux, peu importe ce qu'il avait fait ou ce qu'ils croyaient qu'il avait fait.

Un vrai Gryffondor.

Elle, au contraire, ne leur avait jamais vraiment appartenu. Sa discipline était trop Poufsouffle, sa soif de connaissance trop Serdaigle, et au cours des derniers mois, elle en était venu à se considérer plus comme une Serpentard qu'autre chose.

Seul Neville la traitait comme s'il ne s'était rien passé. Il lui était reconnaissant pour son aide en potions, et se sentait coupable pour la retenue dont elle avait écopé la nuit dernière à cause de lui.

Elle l'appréciait beaucoup. Et c'était son seul moyen de communiquer avec Harry et Ron ces derniers jours.

Maintenant, tandis que Neville racontait quelque histoire qu'il avait entendu de Padma et Parvati, elle laissa ses yeux s'attarder ouvertement sur ses deux anciens amis.

Ron détourna le regard dès lors qu'il en prie conscience, mais Harry soutint son regard, les yeux verts pleins de chagrin, de reproche et d'amertume.

« Ils t'en veulent encore beaucoup », murmura Neville qui avait compris ce qui attirait son attention et qui lui tenait véritablement à cœur. « Ils pensent que le succès t'est monté à la tête et que tu te crois meilleure qu'eux. Mais je ne les crois pas », ajouta-t-il rapidement, nerveux.

« Je sais, Neville. »

Elle soupira, laissant filtrer dans sa voix et sur son visage un peu de l'inquiétude qu'elle ressentait.

Les yeux de Neville s'agrandirent en entendant le ton qu'elle avait employé. Soudainement, elle ne ressemblait plus à la Hermione qu'il connaissait, mais à une vieille femme, fatiguée et au bout du rouleau. Comme sa Grand-mère après une visite à l'hôpital.

« J'espère qu'ils me pardonneront un jour. J'ai essayé d'aller vers eux, mais ils s'enfuient systématiquement. Je voudrais seulement qu'ils m'écoutent. »

Ça devrait m'aider, pensa-t-elle, satisfaite de l'expression grave de Neville. Il le leur dira dès que possible. La première étape est accomplie.

Ils avaient atteint la salle de classe et avaient à peine eu le temps de s'installer que Severus déboula, ses robes noires tourbillonnant derrière lui dans un effet dramatique.

De derrière son bureau, il se renfrogna.

« Préparez cette potion et mettez-la en bouteille », gronda-t-il, en indiquant le tableau de sa baguette. Immédiatement, une écriture blanche apparut sur l'ardoise noire.

« Pour la semaine prochaine, j'attends de vous un essai de trente centimètres de parchemin sur les propriétés de cette potion et les principales difficultés pour la conserver. Commencez. »

Habitués à cette routine, ils commencèrent par faire l'inventaire des ingrédients et des instruments en silence.

Severus s'assit à son bureau, en lisant quelques devoirs. Ses longs doigts fins jouaient avec la carafe d'eau qui était sur son bureau, comme d'habitude.

Hermione serra tant son couteau quand elle le regarda, que ses articulations blanchirent sous la pression.

Cette carafe était le point central, le pivot de leur plan. Severus la gardait toujours sur son bureau, à côté d'un verre dont il se servait pour boire.

Il lui avait dit la veille, quand ils s'étaient rendus dans la classe et avaient inspecté la future scène du crime, qu'il avait placé des sortilèges puissants sur la carafe et le verre pour éviter que ne se réalise ce que justement, ils planifiaient.

Mais personne d'autre n'était au courant de ces charmes, et si quelqu'un posait la question concernant les mesures de sécurité du Maître des Potions, il pourrait toujours prétendre que ces mois sans menace ni espionnage, l'avaient rendu négligeant.

Ils avaient retiré les sortilèges la veille, et empoisonné l'eau avec des baies écrasées de ciguë.

Elle sentait qu'elle allait hurler si elle devait attendre plus longtemps, elle continuait cependant de couper, nettoyer, et seuls un léger tremblement de ses mains, ainsi qu'une certaine rigidité de son dos n'était visible que pour un observateur dissimulé dans la classe qui l'aurait observée et jaugée.

Les traîtres dans leurs rangs, pourraient dire aux Mangemorts dans leur prochain rapport, que elle, Hermione Granger, savait manifestement qu'il allait se passer quelque chose.

Ensuite, après encore dix minutes d'attente silencieuse, Severus pris le verre dans ses mains et Hermione cessa de faire semblant de travailler.

Exactement comme ils l'avaient planifié la veille.

Il porta le verre à ses lèvres et but deux grandes gorgées.

Puis il se leva, quittant l'espace confiné de son bureau. Son interprétation serait beaucoup plus impressionnante de la sorte.

L'espace d'un battement de cœur, leurs yeux se croisèrent, le brun chocolat contre le noir de velours, et un discret sourire s'inscrivit sur les lèvres de l'homme.

Elle regarda ailleurs. Elle entendit le bruit du verre qui avait brusquement glissé des doigts faibles de Severus.

« Le cours est annulé », grinça-t-il, sa voix n'était plus qu'une horrible parodie de son habituel ton doucereux, si bien que toutes les têtes se tournèrent vers lui, le regardant avec surprise et horreur.

« Dehors, j'ai dit », hurla-t-il, en attrapant sa gorge de ses mains tremblantes. « Dehors, tout le monde ! »

Puis, dans un tourbillon de robes, il s'effondra.

C'était le signal. A cet instant précis, toute inquiétude ou intérêt, tout sentiment humain s'effaça de son visage. Un masque de pure cruauté et de dégoût lui fit place tandis qu'elle ricanait en regardant le Maître des Potions se tordre de douleur.

Un observateur qui ne se douterait de rien, s'étonnerait probablement de cette expression étrange, mais croirait probablement que Severus avait été particulièrement méchant pendant la dernière retenue puis oublierait bien vite.

Les traîtres, par contre, prendrait ça comme un signe et jugeraient qu'elle était la cause de la souffrance de Severus.

Et de la douleur, il en éprouvait manifestement.

Les mains de Severus se crispaient, griffaient le sol de pierre pour arrêter le tremblement qui envahissait désormais tout son corps.

« Trahison », grogna-t-il, l'agonie dans la voix. « Ils essayent de m'abattre… Voldemort, espèce de salaud ! »

Les yeux d'Hermione croisèrent ceux de Draco qui était mort d'angoisse. Il la regarda avec consternation quand il vit l'expression sur son visage.

« Hermione, fais quelque chose ! Tu es Préfète en chef », murmura Neville, sa voix rauque exprimait la peur et la confusion.

Dans la sécurité de son esprit, Hermione acquiesça. Ça avait été suffisamment long pour laisser les observateurs inconnus en tirer les bonnes conclusions.

Abandonnant son masque glacial, elle entra en action.

« Du calme, tout le monde », claqua-t-elle, sentant son autorité de préfète en chef lui revenir.

« Nous devons l'emmener à l'infirmerie. Malfoy, aide-moi. Neville, informe le Professeur Dumbledore immédiatement. Les autres : dehors, et plus vite que ça ! »

Ahuris par la vue de leur Professeur, habituellement droit comme un piquet, et maintenant gisant au sol à demi conscient, ils se mirent à courir.

« Mobili corpus », murmura Hermione en pointant sa baguette sur Severus.

Lentement, son corps s'éleva et les suivit tandis qu'ils piquaient un sprint vers l'infirmerie.

« Qu'est-ce qui s'est passé exactement, Hermione ? », demanda Draco en essayant de se maintenir à la hauteur de la jeune femme. « Quel est le problème avec lui ? Et pourquoi l'as-tu pris comme ça ? »

« Je t'expliquerai plus tard, Draco », répondit-elle brièvement, en gardant un œil sur Severus. « Contente toi d'avoir l'air inquiet. Et autant que tu saches, je le déteste. »

Draco ne comprit pas un mot, mais il avait appris qu'Hermione avait toujours une bonne raison pour faire de telles requêtes. Il hocha la tête et poursuivit à ses côtés.

Ils atteignirent l'infirmerie en un temps record. D'un geste brutal, Hermione poussa la porte d'entrée et se rua à l'intérieur.

Prudemment, elle déposa Severus sur un lit tout en appelant Madame Pomfresch.

Quand l'infirmière apparut, elle dut étouffer un cri d'effarement. Le Maître des Potions avait une mine affreuse.

Il était trempé de sueur, si bien que ses cheveux étaient mouillés et robes humides. Sa bouche et sa gorge bougeaient difficilement, mais lui ne faisait aucun bruit. La panique se lisait dans ses yeux fixes et largement ouverts. A part les petits mouvements saccadés de sa gorge et de son visage, aucun muscle ne bougeait.

« Que s'est-il passé ? », chuchota Madame Pomfresch et Hermione put voir que cette dernière s'était ressaisie et avait repris une attitude professionnelle.

Hermione commença à expliquer l'incident dans les cachots en se tordant les mains, sanglotant comme n'importe quelle fille de son âge qui aurait été témoin du malaise de son Professeur.

Au moment où elle termina son rapport, Dumbledore se rua dans la pièce elle dut répéter son récit.

Ce ne fut qu'après, quand Dumbledore et Madame Pomfresch se concertèrent en chuchotant, inquiets, qu'elle eut le temps d'observer l'état de Severus plus attentivement.

Elle savait ce qu'il imitait. Il leur avait parlé plus d'une fois en classe de la ciguë. Les brûlures insupportables des muqueuses, en particulier la bouche, précédaient les vomissements et les diarrhées. Cela ne lui arriverait pas, même si pour faire croire à un poison mortel, il serait paralysé des pieds à la tête.

La plupart des victimes d'un tel poison mouraient en moins d'une heure, leur corps et leur respiration étant totalement paralysés, alors qu'ils étaient pleinement conscients et souffraient atrocement.

C'était une mort terrible et également affreuse à regarder. Ils avaient choisi la ciguë parce que la résistance de Severus à ce poison était bonne, et aussi parce qu'elle entrait dans la logique de Voldemort.

Mais à voir le visage de Severus frappé par l'horreur, sa respiration superficielle et les efforts douloureux pour parler, elle trouva que l'imitation était trop réaliste à son goût.

Soit il était meilleur acteur qu'elle ne l'avait pensé, soit il lui avait menti et ressentait actuellement une douleur immense.

Mais il n'aurait pas fait ça, n'est-ce pas ?

Il avait été tellement convainquant la nuit précédente, quand il lui avait expliqué comment il avait développé une résistance à certains poisons au fil des ans. C'était quelque chose qui venait naturellement quand on était Maître des Potions et spécialement quand on exerçait ce poste au sein des Mangemorts, avait-il dit. Il avait pris régulièrement des petites doses de poison et augmenté progressivement les quantités sans même en ressentir les effets.

« En prendre ne sera pas pire qu'une indigestion pour moi, alors que pour le reste de Poudlard, cela serait une attaque mortelle. Tous ces pauvres étudiants, sous le choc, n'auront rien de mieux à faire que de courir dans le château et colporter la nouvelle. La pipelette qu'est Madame Pomfresch finira notre travail. Trois heures après, tout le monde à Poudlard saura ce qui s'est passé, et dans deux jours, toute la communauté sorcière en sera informée. Je n'aurais qu'à patienter dans mes appartements pendant quelques jours et profiter de mes vacances improvisées. »

Elle l'avait cru. Mais maintenant, elle avait l'impression qu'ils s'étaient lourdement trompés.

Lentement, en veillant à ce que ni Dumbledore, ni Madame Pomfresch ne le remarquent, elle s'approcha du lit de Severus.

Evidemment, Dumbledore était au courant de leur plan et jouait le jeu admirablement, mais elle était nerveuse à l'idée de lui montrer ce qui s'était développé entre son Maître des Potions et elle.

Elle ne voulait montrer à personne qu'elle avait commencé à se soucier de cet étrange et brillant homme.

Elle attendit que Madame Pomfresch se retire pour aller chercher une potion, et que Dumbledore lui ait tourné le dos pour discuter avec Draco. Elle déposa alors délicatement une main sur l'épaule de Severus.

« Tout va bien ? », lui demanda-t-elle dans un chuchotement qui paraissait trop inquiet à son goût. « Vous semblez vraiment mal ! »

Il ouvrit un œil et lui sourit, toute la souffrance avait soudain disparu de son visage.

« Mes heures sont comptées »,répondit-il d'un air moqueur, « Ne me dérangez pas! »

Elle lui sourit en retour, soulagée d'un grand poids. Puis elle l'observa reprendre sa posture pitoyable.

Elle avait baissé sa garde lorsque Madame Pomfresch les mit à la porte, elle et Draco, moins d'une minute plus tard.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Lorsqu'elle pénétra dans la salle commune de Gryffondor, elle fut accueillie par une montagne de questions.

La colère de ses compagnons de Maison semblait oubliée, tandis qu'ils s'attroupaient autour d'elle, en lui demandant de terribles détails et des diagnostics.

Elle leur répondit aussi brièvement que possible sans être grossière, puis elle repoussa la foule et chercha Harry et Ron.

Ils étaient assis sur leur canapé favori, près de la cheminée, étirant leur cou pour savoir ce qui s'était passé tout en prétendant ne pas s'y intéresser le moins du monde. Ils détournèrent la tête quand elle marcha vers eux, mais la posture de Harry semblait moins raide qu'il y a une heure.

Evidemment, Neville leur avait déjà parlé.

Elle s'arrêta face à eux, sans rien dire, sans même rencontrer leurs yeux.

Elle attendait, tout simplement. Il devaient avoir l'initiative de ce qui allait se passer.

Finalement, Harry rompit le silence. « Qu'est-ce qui arrive à Snape ? », demanda-t-il, la voix aussi froide et désintéressée que possible.

Elle lui fit un sourire éclair et rayonna de plaisir en leur racontant les 'événements tragiques'.

Pourtant, elle était demeurée debout, refusant de s'asseoir avant que la permission ne lui fût donnée.

« Je suis tellement heureuse que vous me reparliez à nouveau », dit-elle une fois qu'elle eût fini son histoire, en faisant trembler ses lèvres et ajoutant des trémolos dans la voix.

Une fois encore, le silence les enveloppa.

« Oh, assis-toi, Hermione », soupira enfin Ron. « Ne reste pas debout comme si on allait te juger ! »

Elle se laissa glisser dans le fauteuil qui leur faisait face.

« Quand j'étais avec mes parents il y a quelques semaines », elle se lança dans une histoire sans même en expliquer le rapport à Harry et Ron, « ils étaient complètement différents de ceux que j'ai connu. »

L'histoire était de la pure invention, évidemment, elle n'avait pas vu ses parents depuis Noël dernier, mais elle espérait que ça expliquerait à Harry et Ron ce qu'ils avaient besoin de savoir sans avoir besoin de recourir à un sortilège.

« Comme vous le savez, ma mère a été sérieusement blessé et mon père était en état de choc. Dès l'instant où je suis arrivée, ils ont commencé à me mettre la pression. Je ne devais pas retourner à Poudlard, m'ont-ils dit, et je devais me tenir à l'écart du danger, donc, selon eux, je devais m'éloigner de vous. » Elle leva les yeux et leur sourit en signe d'excuse.

« Je me sentais tellement mauvaise et coupable, sachant que c'est à cause de moi qu'ils ont été attaqués. Tu dois connaître ce sentiment, Harry. Mais en même temps, ils étaient tellement différents ! La moitié du temps, ils étaient morts d'inquiétude pour moi, et l'autre moitié du temps, ils se plaignaient, me harcelaient pour que je ne prennent pas tant de risques. »

Leurs visages avaient changé, au fur et à mesure de son récit. Elle voyait maintenant dans les yeux de Harry de la compréhension ainsi qu'un sentiment de culpabilité faire surface. Peut-être se rappelait-il son comportement après la mort de Sirius, quand il les avait repoussé tout en s'agrippant à eux, sermonnant Ron pour qu'il ne se mette plus jamais en danger.

Ron était déconcerté. Il semblait croire qu'il avait très mal jugé Hermione.

Elle était tellement satisfaite d'elle-même qu'elle prit une grande inspiration. Maintenant, elle devait passer à la partie la plus importante, celle qui était réelle, peut-être la plus difficile.

« Je suis désolée de vous avoir traité de la sorte », continua-t-elle, sa voix était tant chargée d'émotion qu'elle menaçait de s'éteindre.

« Mais vous pensez toujours que je maîtrise tout, je ne peux pas craquer comme vous le faites de temps en temps. Pourtant, quand je suis revenue à Poudlard et que je vous ai vu, la seule chose à laquelle j'ai pensé était : et s'ils mouraient ? Et si je faisais une erreur et qu'ils en payaient le prix ? Et si je mourrais, souffriraient-ils autant que mes parents ? Je n'arrivais plus à penser calmement, j'étais juste… »

Ses paroles se finirent dans un chuchotement pour finalement s'éteindre. A sa plus grande surprise, elle sentit des larmes sincères et brûlantes lui couler sur le visage.

Elle ferma les yeux et détourna la tête. Si tout ça ne suffisait pas, elle ne savait plus ce qu'il faudrait faire.

Pendant un instant, rien ne se passa et elle se demandait si elle ne s'était pas trompée dans ses calculs, après tout.

Puis, elle sentit deux paires de bras forts l'entourer, et elle sanglota dans le T-shirt de Harry.

« Tu es l'une des nôtres, 'Mione », murmura la voix de Ron à ses oreilles.

« Ouais », ajouta Harry. « Craque quand tu veux, Hermione. Nous serons là pour recoller les différentes pièces. »

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La semaine prochaine, c'est Noël, mais ça je ne l'apprends à personne. Je ne suis pas sûre de pouvoir publier un nouveau chapitre, alors ne m'en voulez pas trop. Lol

Jevous souhaite doncà toutes et à tous un Joyeux Noël et de bonnes fêtes!

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