Quand la Lionne se bat
Auteur : Kayly Silverstorm
Correctrice : Emi Yoneyama
RAR :
Ira Lea : Oui, apparemment, beaucoup de personnes ont reconnu Matrix, je crois que c'était voulu de la part de l'auteur. En tout cas, c'est comme ça que je l'avais perçu moi aussi. Severus vole au secours de la belle. C'est son job maintenant ! Et on peut dire qu'il le prend de plus en plus à cœur…
Cassandre8 : Toi aussi, tu as reconnu Matrix. En fait, je crois que Néo avait un frère jumeau, enfin spirituel, parce qu'il n'y a qu'un seul Severus !
Reappearance : Tant mieux si ça te plait, voilà la suite. Mais ne t'abîme pas les yeux, tu risquerais de ne pas pouvoir lire la suite ! lol
Saizo : Merci beaucoup, j'adoooore quand on me dit que je suis géniale ! Alors je ne vais pas te laisser attendre trop longtemps. (Tu vois, j'ai tenu compte de ton cri du cœur !) Bonne nouvelle, le rapprochement va continuer…
Sabrina : Et oui, pauvre Hermione… Mais elle a un chevalier servant pour la protéger, alors elle n'a pas trop à se plaindre, non mais ! Ok, je déraille, alors bonne lecture.
Yliryo : Excellente traductrice, peut-être pas quand même, mais il est vrai que je me débrouille nettement mieux à l'écrit qu'à l'oral : j'ai toujours été nulle dès qu'on me demande de parler… En tout cas, merci. Tu fais bien de souligner que les personnages sont bien étudiés, c'est ce qui fait la force de cette fic (entre autre !). Bisous.
Moggliesmad : Voilà le chapitre suivant. Et cette fois, ce n'est pas Severus qui combat ses sentiments…
Angelhell : J'ai l'impression que le chapitre précédent t'a plu, j'espère que celui-ci t'emballera autant.
Melinda Poteauxroses : Ca avance progressivement, mais ne soit pas pressée ! Sinon, tu vas faire un ulcère… L'auteur décortique les sentiments des deux protagonistes, alors ça ne sera pas expédié à la va vite…
Bohemio : Te voilà servi(e). Bonne lecture.
Lalou : Pas besoin de venir me chercher par la peau des fesses cette fois-ci ! La suite est là.
El diablo : Des menaces, toujours des menaces. Même pas peur ! Les flammes de l'enfer devront attendre, j'y réchappe pour cette fois… Ne change pas !
Spinel : Et oui, Severus est un manipulateur de première, tout en douceur et quand on s'en aperçoit, c'est trop tard. Y a pas à dire, c'est le meilleur ! Bonne lecture et à bientôt.
Chapitre 22 : Amis et alliés
« Double cours de Snape cet après midi, je ne sais pas si je vais pouvoir le supporter. Le pire, c'est que j'ai fini ma boîte de Néansangs », grogna Ron en fixant son déjeuner avec un air misérable.
« Je me demande ce que nous avons fait pour mériter Snape », acquiesça Harry tristement.
Probablement sauvé un groupe d'enfants des flammes, songea Hermione, mais elle se contenta de grogner pour montrer qu'elle était d'accord puis reporta son attention sur l'assiette qui se trouvait en face d'elle.
Depuis que Severus et elle avait commencé un entraînement physique régulier, son appétit, qu'elle avait bien cru avoir perdu après son premier moisau repaire, était de retour. Si elle continuait de la sorte, à gagner en muscles et en force, il lui faudrait agrandir ses robes d'écoles à l'aide de la métamorphose.
Elle avait été si embarrassée après avoir craqué, qu'elle n'avait pas osé croiser les yeux de Severus pendant les deux soirs qui avaient suivi. Mais il avait fait comme si de rien n'était et semblait avoir oublié tout ce qui s'était passé ce jour-là. Il avait continué l'entraînement, les exercices se succédant, jusqu'à ce que le corps d'Hermione soit couvert de sueur et que ses muscles lui fassent mal.
Ils s'étaient retrouvé chaque soir depuis le dernier samedi soir, poursuivant leurs séances pendant des heures, jusque tard dans la nuit. Tandis que Hermione maudissait en silence son mentor sadique, ce dernier la bombardait de questions sur les forces et les faiblesses des Mangemort qu'elle connaissait.
« Dolohov », lâcha-t-il alors qu'elle courait dans les escaliers, en les montant puis les descendant, encore et encore, cherchant à reprendre son souffle. Maudit soit-il.
« Homme gros, trop gros », haleta-t-elle. « Pas assez rapide ni assez habile. Mal à l'aise quand il y a des femmes. N'aime pas les blesser. »
« Bellatrix »
« Imprudente. Parce qu'elle est folle mais il semble également que ce soit un trait de caractère des Black. Aime faire souffrir, et ne pense pas le faire assez. Vraiment, Severus, pourquoi dois-je courir de haut en bas comme ça ? C'est ridicule… »
« Malefoy ? »
Elle avait cessé de courir puis, elle avait levé la tête et fixé Severus dans les yeux. Ils ne reflétaient rien. Ni pitié, ni colère. C'est ce qui lui donna la force de répondre.
« Son désir », murmura-t-elle, d'une voix froide et détachée. « Et moi. »
« Hermione ? Hermione, tu rêves ? »
Sa tête se releva brusquement lorsqu'elle réalisa qu'elle était immobile, assise à la table Gryffondor et plongée dans ses souvenirs de la veille depuis cinq minutes.
« Tout va bien », répondit-elle à la hâte en voyant le visage inquiet de Ron. « Juste un souvenir. »
Harry la regarda et elle put voir de l'inquiétude dans ses yeux. Depuis leur long entretien au coin du feu, il était très protecteur vis-à-vis d'elle, l'observant, recherchant probablement des signes de tristesse et de stress. C'était gentil de sa part, vraiment, mais le fait qu'il lui prête une plus grande attention compliquait sensiblement sa tâche.
Puis soudain, elle sentit une autre paire d'yeux sur elle, sombres et brûlants d'intensité. Lentement, elle se retourna jusqu'à avoir la table des Professeurs dans son champ de vision. Il était là. Il l'observait avec ces yeux que tout le monde qualifiait de froids et inexpressifs, mais elle savait désormais déceler le souci qui se reflétait dans ses prunelles.
Severus Snape, aussi insensible qu'une pierre pour la plupart des gens, n'était pas froid en fait. Il était juste incroyablement subtile dans ce qu'il ressentait. Elle savait qu'il n'avait cessé de l'observé depuis le début de leur étrange partenariat avait débuté, recherchant des signes de douleur mais ne le mentionnant jamais. Et même si n'appréciait guère d'être étudiée de la sorte, elle voulait qu'il sache qu'elle allait bien.
Elle prit donc un air renfrogné. Sourire était bien évidemment hors de question, mais il savait qu'elle comprendrait l'allusion lorsqu'il réprima un grand sourire et afficha une expression tout aussi renfrognée que celle de la jeune femme, à l'instant même où leurs regards se rencontrèrent. Puis il se tourna vers Mac Gonagall et ignora de nouveau totalement la table Gryffondor.
« Sais-tu qu'en ce moment, tu ressembles énormément à Snape ? », demanda Ron. Elle prit alors un air narquois et lui sourit, si bien que Harry éclata de rire.
« Ne me fait pas peur, Hermione », gémit Ron. Hermione tendit le bras en faisant semblant de lui donner un coup de poing, mais une douleur sourde lui remémora qu'elle avait fait ce mouvement bien trop souvent ces derniers jours. Elle dut retenir un grognement et utilisa le mouvement entamé pour se lever d'un bond.
« Allons-y », les réprimanda-t-elle. « Arriver en retard au cours de potions ne va pas nous rendre les choses plus faciles. »
« Alors, Hermione », demanda Harry tandis qu'ils descendaient dans les cachots, « Sais-tu où tu vas passer Noël, cette année ? Vas-tu venir avec nous au Terrier ? »
Par Merlin, Noël ! Des enfants joyeux autour d'un arbre, trop de nourriture, trop de cadeaux inutiles !
« Je n'y ai pas encore pensé… je vais probablement aller voir mes parents », répondit-elle. Elle écouta ensuite leurs babillements excités durant tout leur trajet dans les cachots, tandis que des images d'horreur défilaient dans sa tête.
Molly Weasley la touchant constamment et l'embrassant, alors qu'elle arrivait à peine à se laisser toucher par Snape. Partager sa chambre avec Ginny, ne jamais avoir de moment d'intimité. Etre obligée de participer aux jeux des garçons. Mais ce qui la terrifiait le plus, était que sa manche se relève et laisse apparaître la Marque des Ténèbres…
Mais rien que l'idée de rester dans la vieille maison de ses parents lui donnait aussi le cafard. Elle avait été totalement vidée, ses parents avaient tout emporté avec eux dans leur fuite. De plus, il était impossible de sécuriser correctement la demeure. Rester à Poudlard était également hors de question, Ron et Harry ne comprendraient jamais pourquoi elle préférait la solitude du château au joyeux remue-ménage de leur maison.
Finalement, elle fut presque soulagée lorsque Snape pénétra en coup de vent dans la pièce, mettant ainsi fin à toutes les discussions de son regard noir dont lui seul avait le secret.
Même si depuis longtemps, plus personne n'avait peur de lui, excepté Neville, le Maître des potions avait toujours été respecté au cours de ces années. Ses leçons n'étaient jamais interrompues par l'habituel murmure qui existait en Enchantement ou en Histoire de la Magie.
« Nous allons passer ce cours ainsi que le suivant à élaborer une simple potion de détection », leur dit-il, la baguette pointée vers le tableau noir où les instructions apparaissaient lentement. « Cette potion va vous aider à déterminer les ingrédients d'une potion donnée. Elle est relativement facile à faire, mais extrêmement difficile à utiliser. Savez-vous pourquoi ? »
La main d'Hermione se leva par réflexe, mais Snape l'ignora, sondant la classe comme si personne n'avait réagi à la question posée. C'était un jeu de longue date entre eux, qui se terminait systématiquement par une réponse parfaite de la part d'Hermione et une sorte d'insulte de la part du Professeur. Il sembla finalement remarquer la main levée, et acquiesça d'un air faussement exaspéré.
« Miss Granger, alors, si personne d'autre dans cette classe ne possède un cerveau plus élaboré qu'un ver visqueux. Mais je vous en prie, épargnez-nous une longue citation tirée d'un de ces livres, Miss Granger. Nous savons tous que vous passez vos soirées en leur compagnie. »
Des étudiants pouffèrent et pas seulement chez les Serpentards. Même Parvati et Lavande lui lancèrent un regard amusé. Elle pouvait sentir la colère de Harry et Ron qui se trouvaient à ses côtés. Elle dut réprimer un sourire. Un duel verbal avec Severus plus amusant qu'avec quiconque.
« Certainement professeur », répondit-elle en lui réservant son plus tendre sourire, tandis que le visage du Professeur se durcissait. Puis Hermione fournit une explication aussi longue que possible.
Puisque vous me l'avez demandé, et bien vous êtes servi, semblait dire les yeux de la jeune femme et Severus dut se détourner pour réprimer un sourire ironique.
Fatiguée par le monologue d'Hermione sur les dangers et les bénéfices des potions de détection, la classe s'affaira peu à peu à préparer la potion dans le calme le plus complet. Seul Harry continuait de lancer des regards mauvais à quelqu'un qu'elle ne pouvait voir.
« Qu'est-ce qui se passe », lui murmura-t-elle finalement. « Tu ferais mieux de te concentrer sur la potion – elle est d'un niveau avancé ! »
« C'est ce Justin Finch-Fletchley », lui souffla-t-il. « Il n'arrête pas de me regarder. Ça me met les nerfs en boule ! Je n'arrive pas à me concentrer dans ces conditions. »
Sachant exactement comment Harry réagissait lorsqu'il était au centre de l'attention, Hermione regarda dans la direction indiquée et soupira d'exaspération. Justin était là, il les observait du coin de l'œil, en essayant de passer inaperçu, autant dire qu'il faisait du très mauvais travail.
« Sais-tu pourquoi ? »
Harry se contenta de hocher la tête. « Voir ton choix », commenta-t-il amèrement. « Même si j'ai reçu moins de lettre de menace de mort que d'habitude.
Ron avait raison, pensa Hermione pendant qu'elle regardait son ami qui s'intéressait de nouveau à sa potion. Harry était en effet très frustré et effrayé. Tout en remarquant les muscles de ses épaules tendus, elle se demanda quand il allait se mettre à hurler ou faire quelque chose de véritablement stupide. Elle espérait sincèrement que ce ne serait pas trop tôt.
Hermione passa le reste du cours à mélanger sa potion et observer Justin, même si cela passait totalement inaperçu. Seul Severus lui lança un regard interrogateur. C'est dire à quel point cet homme l'observait attentivement.
Que diable, Justin était-il en train de faire ? Prenait-il des notes ?
Il y a un an, elle aurait probablement juste secoué la tête et l'aurait ignoré. Mais son monde avait radicalement changé depuis, et ce qu'elle estimait autrefois n'être qu'une plaie, devenait désormais une possible menace. Mais… Justin ? Il n'avait jamais semblé particulièrement perspicace ou intelligent, et l'idée que ce Poufsouffle ait fait allégeance à Voldemort la faisait franchement rire.
Il ne tiendrait pas tenu une minute devant le Seigneur des Ténèbres.
Elle était toujours en train de penser à l'étrange comportement de Justin lorsqu'ils quittèrent la salle de Potion pour retourner dans leur salle commune. Elle espérait avoir la chance de parler à Draco aujourd'hui, mais Ron et Harry ne la lâchaient plus depuis qu'ils étaient de nouveau les 'meilleurs amis du monde'. Elle lui enverrait un hibou dès que possible…
« Nouvelle apparition », dit une voix traînante derrière eux, « Le trio infernal est de nouveau réuni. »
Ils se retournèrent et virent que Draco Malfoy se tenait dans le couloir, seul comme s'était souvent le cas ces derniers temps, mais avec une ribambelle de Serpentards dans son dos qui souriaient d'un air moqueur en l'enviant.
« Dire que je pensais que tu t'étais enfin débarrassé de cette sang de bourbe, Potter. Mais ton goût semble toujours aussi mauvais. »
« Couché, Malfoy », répliqua Ron avec lassitude. Ils avaient trop l'habitude des provocations de Malfoy pour s'en préoccuper, et au bout de cinq ans, il semblait avoir perdu de son venin. Même Harry ne réagissait plus à ses railleries. C'est pourquoi les garçons Gryffondors furent surpris lorsque Hermione, habituellement la voix de la raison à chaque fois que Malfoy était concerné, devint subitement rouge tout en lui hurlant dessus, baguette levée.
Elle l'avait fait reculer contre le mur en moins d'une seconde, la baguette pointée sur sa gorge. Les yeux de Draco étaient tellement ronds de peur et de surprise que c'en était comique.
« Je vais te montrer de quoi une sang de bourbe est capable, Malfoy », siffla-t-elle. Puis, lorsque son corps fit suffisamment écran entre le Serpentard et les Gryffondors, le visage de la jeune femme se détendit et afficha un sourire. « Développons un sortilège pour nous mettre en sécurité, pour un test. Vendredi soir dans les appartements de Snape, Draco. Vingt heures. »
« Enfin », sourit-il. « Je commençais à devenir nostalgique », puis, criant à nouveau, « Ecarte toi de moi, sale sang de bourbe ! N'ose même pas lever la main sur moi, ou je vais… »
« Tu vas quoi ? », ricana-t-elle. « Ma baguette est sur ta gorge, Malfoy. Je ne pense pas que tu sois en mesure de… »
« Que se passe-t-il ici ? »
La voix doucereuse produit un effet des plus étranges sur les étudiants qui entouraient Hermione et Draco. Ils se raidirent, leurs visages passèrent par différentes expressions, allant de la culpabilité à l'horreur. Seuls quelques étudiants tentèrent de s'éclipser discrètement. Snape était arrivé.
Ça n'était pas prévu, mais il valait mieux que ce soit lui plutôt qu'un autre Professeur. Hermione échangea un bref sourire avec Draco, puis se tournèrent le Maître des Potions habillé de sombre et absolument hors de lui.
« Miss Granger », siffla-t-il, quelques étudiants se recroquevillèrent inconsciemment en entendant sa voix glaciale et venimeuse. « Veuillez relâcher Monsieur Malfoy, immédiatement ! »
Elle obéit, en ralentissant ses mouvements juste assez pour qu'ils semblent hésitants. Draco, quant à lui se recula vivement comme s'il avait peur.
« C'est la faute de Malfoy, Professeur », dit Ron nerveusement. « Il l'a provoquée ! »
« Dans un coin de son esprit, Hermione roula les yeux d'exaspération. Comme si ça allait empêcher Snape de nous donner une retenue !
Mettant un peu plus de distance entre Draco et elle, Hermione dépassa Severus et lui lança un bref regard inexpressif.
Une retenue pour vendredi soir serait bien utile cette fois.
Elle vit ses yeux s'agrandir de surprise pendant une fraction de seconde, pour une raison qui lui échappa, puis il se tourna vers Draco.
« Retenue pour tous les deux », susurra-t-il. « Vendredi soir dans mon bureau. Maintenant, dispersez-vous. Ce n'est pas un cirque. Venez avec moi, Granger. »
Harry et Ron la regardèrent, horrifiée, avec compassion. Elle leur adressa un léger sourire, comme si elle partait bravement au front. Elle se demandait pourquoi Severus voulait qu'elle l'accompagne. Après tout, ne devaient-ils pas se retrouver ce soir ?
Etait-ce une coïncidence s'il avait choisi vendredi soir pour la retenue ?
« En fait, ça tombe plutôt bien, Severus », dit Hermione dès qu'ils furent entrés dans son bureau et eurent refermé la porte derrière eux. « J'ai dit à Draco que nous allions le soumettre au sortilège Oubliette ce vendredi, alors nous pourrons… »
« Refaites-le », ordonna-t-il, sa voix résonnait d'une excitation qu'elle ne lui connaissait pas.
« Quoi ? », demanda-t-elle désemparée.
« Regardez-moi droit dans les yeux et concentrez-vous sur une pensée. Je veux savoir… peut-être que je pourrais la lire à nouveau. »
« Qu'est-ce que vous entendez par 'à nouveau' ? »
Ignorant totalement sa question, il lui fit un signe de la tête impatient, pour qu'elle continue. Elle soupira alors, sachant désormais qu'il était inutile de discuter avec lui lorsqu'il était dans un tel état d'esprit.
Tentez-vous de me dire que vous êtes capable de lire dans mes pensées, pensa-t-elle au lieu de répliquer, en le regardant et en projetant de toutes ses forces cette question au devant de ses pensées, là où elle stockait des images inoffensives destinées à satisfaire la curiosité des Légilimens qu'elle croisait.
Cette fois, la surprise de Severus fut moins perceptible que la première fois. Cependant, elle ne put s'empêcher de sursauter quand les yeux de Severus cessèrent brusquement d'être les deux puits noirs sans fond qu'elle avait appris à connaître. Des lettres dorées et enflammées semblaient apparaître dans le petit espace entre les pupilles de l'homme et ses barrières mentales.
Ça m'en a tout l'air, Hermione. Et c'est plutôt facile.
« C'est impossible », souffla-t-elle en fouillant toujours les yeux qui lui faisaient face et en cherchant la signification du message en lettres de feu. « Je n'ai jamais entendu parlé d'une telle chose ! »
« Moi non plus. » Pour une fois, la voix de Severus avait perdu son intonation doucereuse et était devenue rauque d'excitation. « Mais les occlumens ont tendance à être des personnes très secrètes. Ou peut-être est-ce parce que personne n'a jamais tenté d'envoyer un message. »
« Je me demande si… », commença Hermione, mais il cessa d'utiliser sa bouche. A la place, elle lui envoya ses pensées, en ne les projetant pas dans son esprit mais directement dans celui de Severus. Elle s'aperçut alors que c'était plutôt aisé, en fait.
C'est parfait ! Nous pourrons communiquer plus facilement sans avoir à nous soucier de qui nous entoure !
C'est pratique, en effet, pensa-t-il en retour. Elle put sentir la satisfaction du Professeur l'envelopper. Ce sentiment irradiait en elle et elle s'aperçut soudain qu'ils s'étaient beaucoup rapprochés. Elle pouvait sentir son parfum, voir la texture de ses vêtements ainsi que celle de ses cheveux, qui, soit dit en passant, n'étaient pas gras ces derniers jours. S bouche était…
Peut-être devrions-nous essayer avec une distance plus importante, proposa-t-elle, en espérant que ses barrières mentales étaient toujours activées lors de ce type de communication, parce qu'elle ne parviendrait pas à préserver son esprit de phrases plutôt inappropriées.
Bordel, qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi, Granger ?, se reprocha-t-elle avant de se remettre à la tâche. Mais ses pensées intimes, loin d'être violentes cette fois, lui envoyèrent une décharge électrique le long de la colonne vertébrale. Elle dut alors faire preuve d'un grand self-control pour se retourner et ne pas s'enfuir de la classe.
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Ils passèrent la soirée dans la salle commune, Ron et Harry compatissaient pour Hermione qui avait inventé une histoire plutôt horrible au sujet de la colère de Snape.
« Je n'arrive pas à croire qu'il favorise encore la fouine », dit un Ron en colère.
« Il favorise toujours les autres face à Hermione », marmonna Harry sombrement.
« Mais vous devez admettre que cette fois, c'est moi qui l'ai attaqué », ne put s'empêcher de dire Hermione. « Et quelle sensation ! »
Elle sourit et la conversation se porta alors sur les récits de souvenirs joyeux des dernières années dans lesquels ils rendaient à Malfoy la monnaie de sa pièce.
Mais les pensées d'Hermione se tournaient inlassablement vers Noël. D'étranges rêves l'empêchaient de dormir et ça ne l'aidait pas du tout de voir sortir des décorations de Noël partout où elle passait.
Pendant le trajet vers la classe de potions pour leur deuxième double cours, Hermione dut retenir plusieurs commentaires mordants sur le comportement de Ron et Harry, tant elle était d'humeur grincheuse.
Snape entra telle une tornade dans la classe et désigna simplement le tableau avant de s'asseoir à son bureau. Leurs yeux se croisèrent et elle lui fit parvenir un ricanement.
Bonjour, pensa-t-elle, et il lui envoya un sourire. C'était un étrange sentiment qu'elle n'avait encore jamais éprouvé, une sorte de chaleur, un lever de soleil dans son esprit. Elle dut détourner les yeux pour lui cacher ses sentiments. Elle devait absolument faire quelque chose pour contrer les curieux effets de leurs conversations silencieuses, et vite !
Mais leur nouvelle faculté leur permettait de converser pendant que la classe travaillait.
Je me demandais ce que vous aviez prévu pour Noël, lui fit-il parvenir avant de vérifier le chaudron de Neville et de laisser échapper son ricanement habituel.
Vous dites ce mot comme s'il s'agissait d'une maladie.
Ce n'en ai pas une ?
Elle lui envoya un grognement, et le vit tourner vers Malfoy pour masquer un petit rire.
La conversation fut suspendue pendant qu'il réprimandait les Serpentards pour la lenteur de leur travail, puis il rencontra de nouveau les yeux de la jeune femme.
Noël, Hermione ?
Elle soupira d'exaspération. Mon dieu, pourquoi tout le monde me pose-t-il cette question , lui envoya-t-elle, si bien qu'un énorme point d'interrogation argenté s'inscrivit dans les yeux du Professeur.
En guise de réponse, elle transmit le souvenir de l'invitation de Ron et Harry au Terrier, ainsi que quelques unes des craintes qu'elle éprouvait à ce sujet. Elle espérait secrètement qu'il trouve une solution lui évitant un choix plutôt désagréable.
Il resta silencieux un long moment, sans rencontrer ses yeux tandis qu'elle faisait mine de se concentrer sur une potion bien trop facile.
Finalement, il capta de nouveau son regard, et Hermione se noya dans ses yeux noirs. Nous pourrions nous servir de ce temps pour nous entraîner, vous savez.
Le cœur d'Hermione manqua un battement. Pour une fois, elle le fixa franchement, sans rien dissimuler.
Voulez-vous dire…
Il se renfrogna, mais il y avait une pointe de nervosité dans ses pensées. Vous ne le voudrez probablement pas, je ne suis pas très doué quand il s'agit de sentiments gentillets…
Elle rendit un large sourire à la sombre et intimidante silhouette qui se dressait au milieu des étudiants, telle une créature de la nuit et lui envoya une pensée aussi chaleureuse qu'une étreinte.
Oui, Severus, je serais ravie de passer Noël avec vous !
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Alors, contents. Finalement vous l'avez eu à temps ce chapitre. Je tiens à dire que je suis totalement insensible aux menaces de mort, alors inutile de vous creuser la cervelle à chercher différentes tortures pour me faire publier plus vite. Ça ne marche pas ! La personne en question se reconnaîtra…lol
Hermione va donc passer Noël chez Severus… ça devrait vous plaire. Elle se dévoile peu à peu. Elle devrait finir par nous en expliquer un peu plus, non ?
Ah oui, juste un petit commentaire : le chapitre le plus lu actuellement est l'empoisonnement de Snape ! Et après, on dit que ce sont les auteurs qui sont sadiques !
Deux solutions : soit c'est la tendance générale (tout le monde ou presque a relu ce chapitre), soit il y a quelques vrai(e)s sadiques qui ont lu le chapitre une cinquantaine de fois… Mystère.
Bon évidemment, il est tard, alors je commence à dire n'importe quoi. Donc bon dimanche et à la semaine prochaine… normalement.
