Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm


RAR

Lalou : Ils vont s'en rendre compte qu'ils s'aiment, t'inquiète pas. Même si Hermione a du mal à comprendre ce que veulent dire les papillons qu'elle ressent dans le ventre ! (on va quand même pas lui expliquer, non ?). Quant à Severus, ça ne saurait tarder…

EmmaD : Voilà la suite. Tu as le chic de mettre le doigt sur les détails, bons ou mauvais (les prénoms, le tutoiement, les fautes…) Je suis heureuse de voir que tu es si attentive… Bisous

Ira Lea : Ne sois pas horrifiée, je retire ce que j'ai dit si ça peut te faire plaisir 'mdr'… Pour la fin du chapitre précédent, j'avoue que moi aussi, j'ai eu du mal, j'espère que j'ai bien compris. Pour moi, Severus a soumis Draco à l'imperium ou quelque chose comme ça, pendant qu'il fouillait sa mémoire pour vérifier si le sortilège fonctionnait (voir si l'occlumencie ne permettait pas de fouiller des souvenirs à cacher), puis Hermione a demandé à Severus de le libérer de son emprise de manière à voir si sa réaction était conforme à celle qu'ils avaient élaborée… J'espère que j'ai éclairci un peu les choses. Nous voilà arrivés à Noël, même si la deuxième partie des vacances n'arrivera que la semaine prochaine.A bientôt.

Malfoyhermy : Je suis désolée, mais c'est bien un HG/SS, en plus ce n'est pas moi qui décide ! Hermione et Draco sont tout de même de très bons amis, c'est déjà pas mal !

Saizo : Du retard dans tes lectures, c'est pas grave ! Ça fait deux chapitres à lire d'un coup… Moi j'aime bien de temps en temps ! Mais j'apprécie tes 2 reviews : fidèle jusqu'au bout ! Merci encore pour tes encouragements (j'ai l'impression de ne dire que ça ! Comment ? C'est pas une impression ? Oups, pardon !) Bisous et bonne lecture.

Cassandre8 : Oui le point de vue de Draco était intéressant, mais pour l'heure, nous allons retrouver nos deux tourtereaux qui ne savent pas encore qu'ils sont deux tourtereaux !

Spinel : Tu aimes la télépathie ? C'est vrai que c'est sympa, mais je dois dire que j'ai un gros faible pour le chapitre de la semaine prochaine. J'espère que j'arriverai à le retranscrire avec toutes les émotions qu'il renferme. Mais bon, on n'y est pas encore, alors place à Noël !


Chapitre 24 : Du gui à la sauceaigre-douce (1ère partie)

:

La neige tombait sur Poudlard et Noël se rapprochait irrémédiablement.

Hermione devait admettre qu'elle était sur les nerfs. Toutes ces chansons, ces décorations et ces sauts de joies s'accordaient mal avec son réel état d'esprit. Une après-midi, elle avait même fait volé en éclat un gnome de Noël avant de s'en être rendue compte. Il était sortit de derrière une armure et les réflexes d'Hermione avaient fait le reste. Heureusement, elle était seule à ce moment, mais elle se sentait vraiment mal pour la pauvre chose.

Ron et Harry ne parlaient que des vacances de Noël, ils ne cessaient de dire combien ils allaient s'amuser, et combien il serait agréable et merveilleux de s'asseoir autour du sapin avec tous les Weasley présents.

Par chance, ils attribuèrent le manque d'enthousiasme d'Hermione aux problèmes de ses parents. Ils n'insistèrent donc pas pour qu'elle se joigne à eux.

Le vacarme dans la salle commune était devenu insupportable pour elle, Hermione passait même plus de temps dans les appartements de Severus que dans sa propre chambre, à étudier, lire ou se battre.

C'est pourquoi, l'avant dernier soir du trimestre, Severus la trouva dans le gymnase. Elle était trempée de sueur, haletante, mais il ne l'avait pas vu aussi détendue depuis bien longtemps.

« Je déteste Noël », dit-elle sans ralentir le rythme de ses coups de poing.

« Bienvenue au club », rétorqua-t-il d'un air narquois.

« Les étudiants sont terribles », continua-t-elle, en poursuivant ses mouvements. « Mais les professeurs… Dumbledore se comporte comme s'il s'attend à ce que tout le monde ait le droit au soleil et à la crème glacée éternels ! »

« Et qui pourrait bien vouloir de la crème glacée par ce temps », sourit Severus, en marchant vers la fenêtre et en regardant les sombres nuages qui recouvraient le château de neige.

Elle grogna en signe d'assentiment puis se concentra sur ses coups de pieds en hauteur. Quand elle eût fini de passer en revue toute une série d'exercices, elle sentit une présence derrière elle. Elle fit brusquement demi-tour, juste à temps pour bloquer et contrer le poing de son agresseur.

Severus baissa alors ses mains et tandis qu'elle lui souriait, il lui mit quelque chose dans la main.

« Ceci, Hermione est un couteau », dit-il, inutilement.

« Non, vraiment », rétorqua-t-elle, moqueuse. « Je pensais que c'était un canard en plastique. »

« Les couteaux », continua-t-il en ignorant simplement la plaisanterie, « sont, pour une personne entraînée, parmi les armes les plus dangereuses. Vous pouvez les avoir sur vous en permanence, où que vous vous trouviez. Vous pouvez les cacher dans votre main ou sous vos vêtements. Ils peuvent vous donner l'avantage à un moment donné. »

« De plus, ils sont quasiment impossible à bloquer, même avec une épée », ajouta Hermione. « Du moins, c'est ce que ma tante m'a dit. »

« Une tante ingénieuse. »

« Ainsi vous voulez m'apprendre à me battre avec ça ? », lui demanda-t-elle, sans être sûre de savoir si elle appréciait cette idée.

« Je ne peux que le recommander. En particulier parce j'excelle dans cette discipline », lui répondit-il, le sourire aux lèvres.

« Oh, ne me dites pas qu'il y a une discipline dans laquelle vous n'excellez pas », le taquina-t-elle. « Ce serait le choc de l'année ! »

« Gamine », répondit-il du tac au tac, puis se dirigea vers un mur et enleva ses robes. Vêtu uniquement d'une chemise et d'un pantalon noir, il se retourna et se plaça en position d'attaque. Elle copia chacun de ses mouvements, sans s'apercevoir qu'elle souriait d'excitation.

Les couteaux, plus dangereux, mais certainement plus amusants.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Le plus grand des sapins de Noël fut élevé le dernier matin du trimestre, pendant le petit-déjeuner, malheureusement. Hermione soupira et baissa la tête afin de cacher son agacement. Une telle agitation ne pouvait que fournir des douzaines de cachettes pour des attaquants.

Son attention se porta sur Severus qui était assis à la table des Professeurs, un air plus que renfrogné sur le visage. Comme s'il avait senti son regard, il leva les yeux pour rencontrer ceux d'Hermione, puis lui envoya un seul et unique mot.

Fumisterie !

Hermione s'étrangla avec son jus de citrouille lorsque son rire remonta dans sa gorge. Ron et Harry durent lui taper dans le dos, et ils le firent un peu trop vigoureusement à son goût. Elle avait été à un autre rassemblement la nuit précédente, et son dos était toujours meurtri.

Elle pouvait sentir l'inquiétude de Severus, si bien qu'elle lui fit parvenir un court Je vais bien, ne vous inquiétez pas.

Il lui sourit, Vigilance constante, les pensées de Severus tonnèrent dans l'esprit d'Hermione. L'imitation d'un Maugrey Fol Œil qui aboie était si bonne qu'elle recommença à tousser et à rire.

Lorsqu'elle quitta la Grande Salle, elle remarqua Draco et balança sa tête sur la gauche, de manière brève et quasi imperceptible. Mais cela suffit pour qu'il comprenne. Elle s'excusa auprès des Gryffondors et alla chercher le 'livre qu'elle avait oublié dans la Grande Salle'. Il l'attendait déjà dans leur placard préféré.

Il l'étreignit si étroitement qu'elle pouvait à peine respirer, mais ça n'avait pas d'importance. De toutes les bonnes choses qui s'étaient passées au cours des dernières semaines, celle-ci était peut-être la meilleure. Le retour de Draco, son seul ami.

Mais il n'était plus son seul ami, et depuis que le sortilège était en application, il avait même développé une sorte d'interaction avec Severus. Cette relation était quelque peu hésitante et agitée, basée principalement sur ce qu'elle avait dit à Draco de Severus, sur le fait que 'Snape était manifestement bon pour elle'.

« Par Merlin, je ne veux pas que tu ailles là-bas », chuchota-t-elle alors, terrifiée à l'idée qu'il ne retourne au manoir froid des Malfoy, qu'il ne se retrouve avec l'homme dangereux et fou qui s'y cachait. « Sois prudent, tu le seras, hein ? »

Bien sûr, je le serai », répondit-il, mais l'intensité de son étreinte s'accrut. « Je suis son unique héritier, tu te souviens ? » L'amertume de sa voix fit saigner le cœur d'Hermione.

« Essaie de passer un maximum de temps avec ta mère, et ne te risque à rien ! Si quelque chose t'arrivais, Draco… »

« Il ne m'arrivera rien », lui assura-t-il. « Prendras-tu également soin de toi ? »

Elle lui sourit. « Je te le promets. Et si je ne le fais pas, Severus m'y forcera. »

Elle dit au revoir à Ron et Harry après le déjeuner, en leur disant qu'elle partait par la cheminette du bureau de Mac Gonagall.

« Il est difficile de se rendre en toute sécurité à la maison », expliqua-t-elle, « Un employé du Ministère va m'accompagner. Maintenant, vous deux, prenez soin de vous, et ne prenez aucun risque. »

« La même chose pour toi, Mione », répliqua Ron. « Et si tu en as assez, le Terrier t'accueillera à bras ouverts. »

« Merci à vous, les garçons. Passez un joyeux Noël ! »

Elle les salua de la porte d'entrée, puis retourna dans sa chambre de préfète. Tout en emballant ses affaires, elle pensait qu'elle avait besoin de vacances. Elle porta sa malle jusqu'au bureau de Mac Gonagall. Le Professeur était absent mais avait laissé la porte ouverte, comme convenu la nuit précédente.

Hermione ne savait ce que pensait sa Directrice de Maison au sujet du lieu de ses vacances. Elle avait été surprise de la longue et profonde amitié entre Mac Gonagall et Severus, mais elle avait appris à ne plus sous-estimer la vieille femme.

Une fois dans la pièce, elle rétrécit sa valise et se glissa sous la cape d'invisibilité que Severus lui avait donné. A exactement deux heures cinq, la porte du bureau s'ouvrit et le Professeur Mac Gonagall entra.

« Ah, Miss Granger », dit-elle d'une voix haute et claire. « Je suis désolée de vous avoir fait attendre. »

« Ce n'est pas grave, Professeur », répondit Hermione d'une voix tout aussi claire, puis elle se glissa sous le bras de son Professeur qui tenait la porte grande ouverte.

« Passez de bonnes vacances, Hermione », murmura le Professeur qui attendit encore une seconde avant de refermer la porte derrière elle.

Elle éprouva une étrange sensation en passant la tapisserie magique, sachant que ce serait sa maison pour les deux prochaines semaines. Etrange, mais agréable d'une certaine façon.

Tu es encore sentimentale, Hermione, s'amusa-t-elle. Mais ensuite, pourquoi pas. C'était Noël après tout.

Elle défit ses bagages et retourna dans la bibliothèque pour se choisir un livre. Severus n'arriverait pas avant le soir. Il devait superviser l'embarquement pour la Poudlard Express et se mmer à ses collègues ensuite.

Jane lui tint compagnie pour le dîner et elle lui fit le récit de l'enfance de Severus. Certaines choses étaient extrêmement drôles, et Hermione se surprit à glousser comme une adolescente, alors qu'elle s'était jurée de ne jamais le faire.

A l'entendre, les appartements de Severus avaient connu de nombreuses explosions, tout comme la chambre des jumeaux au Terrier. Peut-être même plus. Elle mentionnerait certainement le nombre de chaudrons fondus la prochaine fois que Severus se plaindrait de Neville.

Elle remarqua que Jane évitait consciencieusement de parler des parents de Severus, puis décida que, penser à des personnes qui avaient jeté Jane hors de leur maison, ruinerait probablement la soirée.

Puis à son tour, Hermione fit plaisir à Jane en lui contant le récit détaillé de son travail acharné pour les elfes de maison - travail tristement amusant, en y repensant. Qu'elle avait été naïve ! Mais Jane ne l'entendait pas de cette façon.

« C'était une bonne idée, chérie », dit-elle fermement. « Et vous aviez en tête des objectifs justes. Mais ça ne pouvait fonctionner. Le monde doit changer ici », dit-elle en pointant un doigt contre son front. « Aussi longtemps que les elfes de maison ne réaliseront pas leurs droits, rien ne changera la façon dont ils sont traités. Oh, si seulement nous parvenions à nous unir, nous serions plus forts. » Elle attrapa une rangée de perles et la tordit rêveusement.

Finalement, Jane débarrassa les restes de leur repas avec un claquement de doigts puis quitta la jeune femme pour rejoindre un des comités qu'elle présidait ou pour vaquer à ses occupations du soir.

Hermione reprit sa lecture, mais un étrange sentiment de chaleur qui montait dans son estomac, brisa sa concentration. Ce ne fut que lorsque la tapisserie magique rougeoya et que la grande silhouette noire de Severus la traversa, qu'elle reconnut le sentiment qui palpitait dans son ventre.

Elle attendait avec impatience Noël.

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Les jours suivants se déroulèrent sans catastrophes majeures, blessures ou crises. D'une certaine manière, ils étaient plutôt paisibles.

Hermione et Severus avait trouvé leur routine assez facilement. Ils – ou au moins Severus qui s'avérait être un véritable hibou de nuit qu'il avait toujours été – dormaient plus longtemps. Ils se rencontraient pour le petit-déjeuner, s'entraînaient quelques heures, passaient leurs après-midi dans leur coin puis se retrouvaient pour le dîner et l'entraînement vespéral.

Souvent, ils s'asseyaient ensemble dans la bibliothèque, lui à son bureau, elle dans son fauteuil attitré. Elle lisait, il corrigeait des copies ou rédigeait des articles, en marmonnant des commentaires ou des critiques. Tous deux avaient l'habitude de discuter du texte qu'ils avaient sous les yeux si il les mettait en colère ou les surprenait, ce qui menait à des conversations sur des sujets étranges et variés. Parfois, Severus la traînait dans son laboratoire pour lui prouver sa théorie, ou alors, elle sélectionnait un livre de la bibliothèque et en lisait un passage à haute voix, en ignorant ses protestations et commentaires prolongés.

Oh oui, il lui avait montré son labo, elle en avait été époustouflée. Le soleil y pénétrait la majeure partie de la journée, il y avait sur les grandes étagères en bois tous les ingrédients dont elle avait entendu parlé, et même plus. La pièce sentait bon l'amabilité et la rigueur. Elle s'y sentait comme chez elle.

Elle le regardait préparer ses potions, s'émerveillant du savoir-faire de ses doigts longs et fins, de la concentration qui semblait se dégager de lui tandis qu'il travaillait. Parfois, elle l'assistait, mais elle était heureuse de pouvoir ne serait-ce que s'asseoir et suivre chacun de ses mouvements, mémorisant ainsi les conférences qu'il lui faisait d'un air absent.

La Marque des Ténèbres ne l'avait pas brûlée depuis la fin des cours. Les fils et les filles étaient retournés chez leurs Mangemorts de parents, et même le Seigneur des Ténèbres semblait vouloir des vacances tranquilles.

Ce fut une période merveilleuse, certainement la plus agréable depuis qu'Hermione avait décidé de devenir espionne. Elle aurait pu passer le reste de ses jours ainsi, à discuter, rechercher, partager ses idées. Elle ressentait une pointe d'amertume en réalisant qu'elle n'avait trouvé ce bonheur qu'en sacrifiant la vie qu'elle aurait du avoir. Mais l'amertume était légère, et ces jours merveilleux la lui faisaient oublier facilement.

Et Noël était arrivé, bien trop vite.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

« Je déteste les cadeaux de Noël », dit froidement Snape. « Tout le monde a compris qu'il ne faut s'attendre à rien de ma part. »

« Evidemment, ça ne les empêche pas de vous envoyer des cadeaux », commenta Hermione qui avait envoyé ses cadeaux par hibou le matin même, et qui observait maintenant une grande pile de présents ainsi que le sapin de Noël avec un mélange d'étonnement et d'exaspération.

C'était un compromis datant de plusieurs années, avait expliqué Severus, entre Jane et lui. Elle avait insisté pour avoir un sapin, un vrai, un grand, et il avait insisté pour que ça ne le dérange pas. Ils avaient alors opté pour un sapin décoré de rouge et noir.

C'était l'arbre de Noël le plus étrange qu'elle avait jamais vu, mais lorsqu'elle descendit de sa chambre, la veille de Noël, et que ses yeux s'étaient posés sur les deux sombres silhouettes, l'un dominant l'autre, tous deux décorant et se disputant sans cesse. Cela semblait parfaitement approprié.

« Cet arbre est horrible », annonça-t-elle, en le contournant et en regardant la décoration avec méfiance.

« Oui, on peut le dire », accorda-t-il, il lui adressa un large sourire tandis qu'elle s'esclaffait.

Bien que Severus ait participé à la mise en place des décorations, il semblait néanmoins décidé à ignorer la signification de cette journée autant que possible. Il épuisa Hermione à l'entraînement juste après le petit-déjeuner.

Elle manqua de s'effondrer lorsqu'ils retournèrent dans les quartiers de Severus, malgré le fait que celui-ci ait guéri ses blessures ainsi que la cheville qu'elle s'était foulée. Elle n'était toujours pas du niveau de son Professeur, mais elle s'améliorait de jour en jour, et elle pouvait lire dans les yeux de Severus qu'il commençait à apprécier leur entraînement.

Elle opta pour un long bain chaud et se plongea dans les bulles, en pensant à la rapidité avec laquelle elle s'était intégrée à ces appartements ainsi qu'à ces habitants.

Elle s'attendait à ce que sa famille lui manque. A Noël, leur maison accueillait généralement de nombreux cousins, grands-parents, oncles et tantes, mais cette année, c'était encore mieux. Les deux personnes à l'étage inférieur n'appartenaient pas à sa famille, mais ils la connaissaient mieux que ses propres parents.

Tandis qu'elle se savonnait et séchait son corps, elle remarqua les effets de son entraînement. Les muscles de ses bras et de ses jambes s'étaient développés, et le teint de sa peau était devenu sain et lumineux. Si ça continue comme ça, pensa-t-elle satisfaite, je pourrais bientôt me regarder dans un miroir à nouveau.

Tout en fredonnant, elle se sécha les cheveux et le corps. Après un moment d'hésitation devant son immense armoire ouverte, elle choisit une robe de soirée, pas une de celles qu'elle avait portées pour les invitations de Lucius, mais une robe avec une coupe simple, un ensemble discret en or et brun. Elle laissa ses cheveux tomber librement dans son dos et réfléchit à la question du maquillage. Elle décida finalement que cela paraîtrait exagéré. Severus l'attendait probablement dans ses habituelles robes, et aurait un sourire narquois en la voyant.

Mais il ne portait pas ses habituelles robes. Il les avait abandonnées pour une tenue d'un rouge sombre et profond qui lui allait à merveille. Il eut toutefois un sourire narquois.

« Jane m'a forcé », lui dit-il en signe de bienvenue. « Quelle excuse avez-vous ? »

« Ce foutu et pur sentimentalisme », répliqua-t-elle sans la moindre honte, et elle lui offrit son sourire le plus malicieux.

« Bien, vous êtes jeune et ignorante des manières du monde », soupira-t-il, résigné. Mais soudain, il s'inclina en avant.

« Dans ce cas », dit-il en se redressant et en lui offrant son bras, « Puis-je vous accompagner jusqu'à votre siège ? »

« Où est Jane ? », demanda-t-elle, en remarquant l'absence de la petite elfe.

« Elle est partie retrouver sa nièce juste après avoir préparé le dîner », expliqua-t-il. « Elle sait que je lui aurait refroidi l'esprit. »

Il baissa le ton de sa voix, avec un air de conspirateur. « Je l'ai entendu chanter pendant qu'elle cuisinait. C'était affreux. »

Le dîner de Noël était charmant. Jane en avait préparé assez pour dix personnes, et le gâteau était absolument délicieux.

« Un autre compromis », ronchonna Severus, en indiquant la bûche comme si c'était une chose vivante et extrêmement dangereuse. « J'ai échangé le dessert contre l'absence de gâteau apéritif. »

« Sage décision », fit-elle remarquer en se servant une deuxième part.

Après ça, elle avait le ventre plein et des courbatures dans les membres. Epuisée, elle s'installa confortablement, avec paresse dans le canapé en face de l'arbre de Noël. Elle s'attendait à ce que Severus s'en tienne à son emploi du temps habituel, mais elle espérait sincèrement qu'il oublierait leur entraînement du soir. Elle se sentait trop lourde pour bouger.

A sa grande surprise, il s'assit à ses côtés et observa le sapin en silence. L'espace dans un minuscule et irréaliste instant, elle s'était attendue à ce qu'il entonne un chant.

« Il y a un petit-déjeuner de Noël demain matin, pour tout le personnel qui reste à Poudlard », dit-il au lieu de chanter. « Albus me prie d'y aller chaque année, et il serait suspect que je ne m'y rende pas. »

« Certainement », elle haussa les épaules. « Mais vous devez vous attendre à trouver des biscuit apéritif pour une telle occasion. »

« Je m'y suis résigné », répondit-il sombrement, et il fut gratifié d'un ricanement de la part d'Hermione.

« Donc, comme je ne vais pas être ici demain matin », il brisa à nouveau le silence après quelques temps, « Pourquoi ne pas ouvrir nos cadeaux ce soir ? »

« C'est contre la tradition », protesta-t-elle, « Mais… oh, d'accord, pourquoi pas. »

Elle se tourna vers la pile de présents et les déballa avec précaution, un par un. Harry lui avait acheté un sélection de beaux parchemins colorés et fragile plume faite de verre. Elle fut surprise par le cadeau de Ron. Il lui avait offert collier tout à fait charmant.

« Je me demande à quoi il a pensé », murmura-t-elle, « d'habitude, il m'achète toute sorte de choses affreuses. Ginny a du le conseiller cette fois. »

Il y avait aussi des paquets des autres camardes ainsi que du reste de la famille Weasley. Jane lui avait offert un livre sur 'les conséquences psychologiques de l'esclavage'. Dumbledore et Dobby lui avaient envoyé une paire de chaussettes en laine. Elle se demanda s'ils avaient fait leurs courses ensemble.

Le cadeau de Draco était un vieux livres avec de riches enluminures, appelé 'Du Moyen Age à aujourd'hui, étude des changements et des traditions'. »

Après qu'elle eût fini de tout déballer, elle regarda avec amusement Severus partager sa pile de cadeaux en un grand tas et un plus petit.

« Ceux-ci sont de la part des collègues et des gens que je n'aime pas », répondit-il à sa question silencieuse, en montrant la plus grosse pile.

Il examina un petit cadeau rond d'un œil critique et le mit de côté en soupirant.

« Albus va m'offrir du sorbet au citron, comme chaque année », il poussa un long soupir. « Pour adoucir mon caractère, comme il me le dit si bien. »

Le cadeau de Minerva était un livre. La couverture représentait une silhouette sombre, en dessous de laquelle on pouvait lire en lettres rouges 'Le héros tragique : sombre, ruminant et séduisant. Un compagnon décisif à travers les âges'

« Oh, quels merveilleux amis j'ai ! », marmonna-t-il.

Hermione ne put empêcher un sourire de naître sur son visage, mais Severus se contenta de secouer la tête.

Ensuite, il se tourna vers un gros et encombrant paquet, et il le déballa avec appréhension. Les emballages dévoilèrent une pile de papier, plusieurs outils pour le dessin, ainsi qu'un livre intitulé 'Le dessin, le guide du débutant.'

« De la part de Jane », lui dit Severus. « Elle me donne toujours quelque chose qui a rapport avec un domaine dans lequel je suis nul. Elle dit que c'est bon pour ma personne. »

« Vous semblez habitué à recevoir des cadeaux éducatifs », commenta-t-elle, en attrapant quelque chose dans son dos. « J'ai bien peur que le mien totalement hors sujet. »

Elle lui tendit le paquet, emballé d'un papier rouge, et pendant un instant, les mains de Severus restèrent dessus sans bouger.

« Ouvrez le votre d'abord », dit-il finalement en choisissant une boîte qui était restée de côté.

« Je pensais que vous détestiez faire des cadeaux ? », protesta-t-elle.

« Ne m'en voulez pas de faire une exception, pour une fois, ou ça n'arrivera plus jamais. De toutes façons, je vous l'aurais donné, Noël ou pas. Maintenant semblait être un moment aussi bon qu'un autre. »

Les mains d'Hermione tremblaient un peu tandis qu'elle ouvrait la boîte. Elle ne s'était vraiment pas attendue à un cadeau de sa part.

Le contenu de la boîte lui arracha un souffle de surprise.

« Severus, ils sont fabuleux ! », chuchota-t-elle, en sortant prudemment l'une des deux lames effilées de son emballage et en l'examinant à la leur du feu. « En quoi sont-ils faits ? »

« Une sorte particulière de perspex », répondit-il. « Aussi tranchante que n'importe qu'elle autre lame en acier, mais totalement indétectable par les détecteurs de métal. Les étuis sont en peau de dragon et bénéficient des charmes de dissimulation. Des portoloins intégrés les transporteront à l'endroit de votre choix, dans vos mains ou dans vos appartements. »

Hermione sourit de plaisir, elle caressa la lame aiguisée de ses doigts et en testa le tranchant. Son sourire s'agrandit.

« Il est parfaitement équilibré, et léger comme une plume ! »

« Je l'espère, vous méritez ce qu'il y a de mieux », dit-il simplement.

S'il avait appartenu à sa maison, ou s'il avait été Dumbledore, elle l'aurait étreint fortement pour le remercier d'un tel cadeau. Mais quelque chose lui disait que ça l'embarrasserait et deviendrait maladroit et nerveux…

« Merci beaucoup… », murmura-t-elle, et elle lui toucha doucement la main. « Maintenant ouvrez le mien ! »

Les mouvements de l'homme étaient lents tandis qu'il déballait son présent, et elle se surprit elle-même à retenir son souffle pendant ce temps. Elle n'était pas sûre de ce qu'elle devait lui offrir, elle avait eu peur de dépasser les limites et qu'il ne se mette à la mépriser. Maintenant, elle se demandait s'il ne serait pas un peu déçu. Ces couteaux étaient tellement…beaux ! Le cadeau qu'elle lui faisait n'avait rien de comparable.

Avec précaution, il ouvrit la petite boîte et en retira une théière. Elle était si noire qu'elle semblait absorber la lumière qui était autour, et ce ne fut que lorsqu'il la mit sous l'éclairage que des centaines de minuscules onyx se mirent à étinceler et briller.

« Cela vient d'Inde », dit-elle nerveusement tandis qu'il gardait le silence. « Des sorts de protection gardent le thé chaud et rehaussent ses qualités. Je sais que ce n'est pas grand-chose, mais… »

« C'est très beau, Hermione », l'interrompit-il, sa voix semblait amusée. « Arrêtez de vous excuser pour votre cadeau, ça ne vous ressemble pas. »

« Oh », dit-elle, sans savoir ce qu'elle devait faire de la réponse de Severus. « D'accord. »

Il leva les yeux et trouva les siens, il lui envoya un court message, la pensée était comme chuchotée à travers son esprit, telle la douce brise de l'été. Merci.

« Je pense que je vais la tester de suite », annonça-t-il soudainement. Il prit la théière et partit dans la cuisine. La façon dont il la tenait dans ses mains, comme quelque chose de précieux, lui fit un pincement au cœur.

C'était probablement le premier véritable cadeau de Noël qu'il avait reçu depuis des années. Et il venait d'elle.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

« Mais comment exactement », demanda-t-elle soudain pour elle-même.

Severus leva la tête du livre plutôt amusant que lui avait offert Minerva. Ils avaient passé des heures après l'ouverture des cadeaux dans le silence, plongés dans les livres qu'ils avaient reçus, mais il était désormais habitué à de si soudaines exclamations.

« Comment exactement quoi ? », demanda-t-il.

Sans aucun problème, Hermione passa d'une conversation avec son livre à une conversation avec Severus.

« Il est dit que les cultures des sorciers et des moldus interagissent étroitement au cours du Moyen Age, 's'influençant l'une et l'autre à presque tous les niveaux' », cita-t-elle le livre que Draco lui avait offert. « Mais ils ne disent pas exactement comment cette influence est visible. »

Tout en pinçant ses lèvres, Severus réfléchit un instant, puis il mit son livre de côté et se dirigea vers l'unes des étagères.

« J'ai un livre quelque part qui devrait l'illustrer », murmura-t-il. « Il porte sur l'histoire de l'art… Ah, il est là. »

Il choisit un épais livre illustré et marcha vers Hermione. Il s'assit à ses côtés sur le canapé, ouvrit le volume et tourna quelques pages.

Hermione garda le silence.

C'était la première fois qu'ils étaient assis aussi proches l'un de l'autre, et Severus s'attendait à ce qu'elle s'éloigne, de manière à retrouver son espace vital. Mais rien de ce type ne se déroula. A la place, elle se pencha sur le livre, étudiant les images attentivement, les yeux brillants de fascination.

« Je l'ai acheté il y a quelques années quand j'ai commencé à me poser des questions sur les tapisseries et les sculptures de Poudlard », expliqua-t-il. « Je me demandais où les constructeurs de Poudlard avaient pris leurs idées concernant l'architecture. Mais si vous commencez à regarder de plus près, vous vous apercevez que ça va beaucoup plus loin. De toutes façons, le monde sorcier a développé sa propre notion du beau au Moyen Age et n'est jamais revenu dessus. »

« C'était mon impression lorsque je suis entrée à Poudlard », acquiesça-t-elle. « Tout semble… si médiéval, comme les vieilles cathédrales et les châteaux. Mais comment s'est fait ce transfert d'idées. Les moldus et les sorciers avaient-ils plus de contacts à cette époque qu'aujourd'hui ? »

« Effectivement, les cathédrales sont un bon exemple », répondit Severus, puis il se plongea dans une longue explication.

Ses doigts caressèrent les pages de son livre ainsi que de celui d'Hermione, mettant ainsi en valeur un détail, une tapisserie ou une méthode de maçonnerie. Quant à Hermione, elle suivait des yeux les doigts fins qui dansaient devant elle.

Comme il s'y attendait dans leurs discussions, la jeune femme posait le doigt sur toutes les faiblesses des théories générales, l'encourageant à lui donner des explications plus précises.

Il en était arrivé à l'histoire de Gawain et le Chevalier Vert quand un léger bâillement lui fit réaliser qu'il était presque une heure et demie.

« Je suis désolé », dit-il, surpris de voir que le temps était passé si vite. « Je vous ai fatiguée. Vous devriez être couchée ou en train de faire quelque chose de moins ennuyant. »

« Pas du tout », répliqua-t-elle d'un air endormi, un véritable sourire sur les lèvres qui témoignait de l'état intermédiaire entre la veille et la somnolence dans lequel elle se trouvait. « C'est fascinant. Et j'adore vous écouter. J'ai toujours aimé. » La voix de la jeune femme provenait de loin. Le sommeil brouillait ses mots. « C'est votre voix, vous savez ? J'adore votre voix… Comme le velours et l'acier… »

Il la regarda, stupéfait, sans savoir quoi faire de ce commentaire. Mais ses yeux à demi fermés étaient maintenant fixés sur les images, et dans son état de fatigue, il ne savait même pas si elle se souviendrait de ce qu'elle avait dit. Il reprit alors la conversation, ses longs doigts voletants sur les objets et les symboles de la page, jusqu'à ce qu'il sente soudain un léger poids sur son épaule gauche.

Il tourna la tête vers elle, et s'aperçut qu'elle s'était enfin endormie, la tête sur l'épaule de Severus et une main posée sur l'avant-bras de celui-ci.

Avec délicatesse, de manière à ne pas la réveiller, il la prit dans ses bras et la porta dans l'escalier en colimaçon jusque dans sa chambre.

Il la posa sur le lit, en s'émerveillant de la confiance qu'elle lui faisait et de la paix intérieure qu'elle affichait lorsqu'elle dormait en sa présence. D'une certaine façon, le poids de la tête de la jeune femme sur son épaule était le plus beau cadeau de Noël qu'il ait reçu depuis longtemps.

Doucement, il lui enleva ses chaussures et déposa une couverture sur son corps détendu, puis il se redressa.

Pendant un moment, il resta là, à regarder Hermione reposant dans son lit, totalement paisible et le calme se lisant sur son visage. Sa bouche était légèrement ouverte, et s'il s'était un peu approché, il aurait pu entendre un léger et presque inaudible sifflement du à la respiration de la jeune femme.

Un sourire fleurit sur le visage de Severus, tellement heureux et réjoui qu'il aurait choqué toute personne qui en aurait témoigné. Puis Severus se retourna et quitta la chambre.

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Ça, c'était la partie douce du gui. Pour le côté aigre, c'est dans le prochain chapitre. Hermione va aller voir ce très cher Lucius… Oh, oh ! Problèmes à l'horizon !