Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm


RAR : Juste un petit mot pour vous dire de ne pas hésiter à envoyer des reviews, même en français, à Kayly, l'auteur de la fic (elle parle un peu français). Je suis sûre que ça lui ferait plaisir…

Xaveria : Merci pour tes encouragements, et ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention de lâcher ! Pour ce qui est de la relation entre Hermione et Severus, tu vas voir ce qu'il en est dans le chapitre que tu t'apprêtes à lire… Bonne lecture.

Kilua : Merci, voilà la suite.

EL Diablo : C'est toujours un plaisir de lire tes reviews, très chère. Je crois que nous ne tomberons pas d'accord sur l'emploi du terme jeune fille ou femme, c'est pas grave, de toute façon, c'est moi qui décide, gnark, gnark, c'est moi la traductrice, lol ! Mais surtout, que ça ne t'empêche pas de continuer à me donner ton avis, je ne suis pas toujours aussi butée ! Alors à la prochaine…

Missvivi27 : Merci, je fais de mon mieux pour la traduire.

Noa : Merci, voilà la suite.

Ira Lea : Tu auras ta réponse juste en dessous, petite curieuse. C'est gentil de penser à mes vacances, mais les prochaines ne sont pas avant le mois de mai… les joies de l'hôpital… Bisous.

Cassandre8 : Oui, je suis d'accord avec toi, la description de ce que ressentent nos deux protagonistes est plutôt bien sentie… Vivement la suite, même si j'ai lu quelques chapitres en plus, lol.

Malfoyhermy : Merci, et que dire d'autre ? Je me tais et fais place à la suite…

Bohemio : A toi aussi ce chapitre t'as plu… J'espère que la suite te plaira tout autant !

Moggliesmad : Le réveil a été un peu dur, en effet, mais c'est un mal pour un bien, non ?

Sabrina : Je reprendrais ta dernière phrase : non, faut pas aller trop vite. C'est tout à fait vrai. Kayly prend le temps de développer ses personnages, même si certains sont plus qu'impatients…

Hermioneesttropbonne : Alors, je vais essayer de répondre à toutes tes questions. Je publie une fois par semaine, le week-end, en général le dimanche, même s'il peut m'arriver de le faire le samedi. Non, je ne suis pas en retard, j'ai publié mon dernier chapitre dimanche dernier et nous sommes dimanche. Non, je ne peux pas rapprocher mes publications, car les chapitres sont longs et je ne peux pas traduire plus vite. Pour ce qui est du nombre de chapitres, je crois que même l'auteur ne sait pas exactement, même si elle en a une petite idée. Je peux seulement te dire que pour l'instant, il y a 35 chapitres… je pense donc que le nombre total tournera autour des 40-50 voir plus. Ensuite, j'ai choisis de garder certains noms en VO, c'est le cas de Snape (Rogue) et Draco (Drago), tout simplement parce que je les préfère à leur traduction. Pour ce qui est de Draco, Hermione et Severus ont inventé un sortilège qui contrôle son esprit. Quand il est en danger, son ancienne personnalité prend l'avantage, et les personnes qui lui font face, même en lui sondant la tête, ne peuvent pas accéder à sa vraie personnalité ou aux informations qu'il connaît. Quand Severus et Hermione ont testé leur sortilège, Severus a tenté de mettre Draco sous imperium et a utilisé sa légilimencie sur lui. C'est pour ça que Draco a réagi comme ça, le sortilège fonctionne comme c'était prévu. Pour ce qui est de l'actrice Emma Watson, j'admets volontiers que c'est une belle fille, même si je n'aime pas trop l'expression « trop bonne ».


Chapitre 27 : Le secret Poufsouffle

Ni l'un ni l'autre n'avait ressenti le besoin de parler de ce qu'il s'était passé entre eux les jours suivants. Ils avaient retrouvé la routine des vacances comme si ce soir-là et le matin suivant ne s'étaient pas déroulés.

Mais Severus percevait tout de même des changements dans leur relation, des changements si subtils qu'une tierce personne ne les aurait pas remarqués. Pourtant, ils avaient transformé Hermione et Severus bien plus qu'il ne s'y était attendu.

D'une certaine façon, c'était comme s'il avait cessé d'exister pour Hermione, du moins en tant qu'être humain à part entière. Avant, elle tolérait sa présence mais suivait tous ses mouvements sans en être vraiment consciente, elle faisait attention à ses déplacements dans la pièce et à la distance entre eux. Elle ne baissait jamais complètement ses défenses. Mais désormais, elle se contentait de lever la tête pour lui sourire, avant de replonger dans son monde de pensées et de mots.

Il pouvait commenter grossièrement les devoirs qu'il ajoutait à sa pile « catastrophique », il pouvait arpenter la pièce ou même frôler le fauteuil de la jeune femme sans qu'elle ne réagisse.

Parfois, elle leur préparait du thé et déposait une tasse sur le bureau de Severus, d'autres fois, c'est lui qui lui remplissait sa tasse, le tout sans prononcer la moindre parole. De temps en temps, le soir, il levait les yeux et la trouvait endormie, lovée dans son fauteuil favori, un livre sur se genoux. Il la prenait alors dans ses bras et la portait jusque dans sa chambre. Elle ne se réveillait même pas, comme si ce n'était pas un autre être humain qui la touchait, mais une prolongation de son propre corps.

Pour la première fois, il avait vu Hermione totalement détendue, et cela la métamorphosait en une toute autre personne. Les changements étaient effectivement subtils, même s'il avait presque été choqué de rencontrer quelqu'un qui possédait un humour plus cynique et vif que le sien. Mais ce ne fut qu'après cette fameuse soirée, alors qu'ils discutaient d'un problème théorique et que la main d'Hermione s'agitait frénétiquement tandis que ses yeux brillaient d'une lueur de défi, qu'il réalisa qu'elle n'avait jamais été réellement elle-même jusqu'à présent, pas même avec ses amis, ni en classe ou ni même avec lui ces derniers mois.

C'était comme si sa volonté constante de s'intégrer, de plaire et de satisfaire avait disparu pour ne laisser apparaître que la personne entêtée et sarcastique qu'elle était. Une personne qui était honteusement intelligente et parfois scandaleusement arrogante.

Et il aimait énormément ça. Quand il vit les traits du visage d'Hermione s'effacer et un nouveau feu briller dans ses yeux, il sut qu'elle ressentait la même chose.

Ils n'abordèrent pas la question de Lucius Malfoy et le seul indice qui laissait penser qu'Hermione l'avait toujours en tête était le fait que leur entraînement avait redoublé d'intensité. Ils passaient désormais des heures dans la salle de gym, jusqu'à ce que Severus soit à bout de souffle et épuisé.

Le vingt-huit décembre, Hermione fit couler son premier sang. Elle observa la ligne rouge se former rapidement, choquée, mais Severus la stoppa avant qu'elle ne puisse verbaliser des excuses.

« La chose géniale quand on est une sorcière, Hermione, « lui dit-il tout en soignant la coupure avec la dextérité de l'habitude, « c'est que l'on peut s'entraîner aussi dur et dangereusement que tu le veux. Il n'y a pas grand-chose que je ne puisse soigner, et tu as besoin d'expérimenter les véritables blessures : en infliger et en recevoir. Un entraînement théorique ne te servira à rien quand tu seras confrontée à quelqu'un que tu dois tuer, pour ne pas qu'il te tue. »

« Si tu as l'intention de me faire le discours du 'ne te soucie pas des autres', arrête tout de suite, Severus, je l'ai suffisamment entendu », répondit Hermione chaudement. « J'ai déjà tué et ai failli être tuée des douzaines de fois. »

« Je sais. Mais as-tu tué instinctivement ? Si vite que tu n'as même pas eu à y penser ? Ou as-tu hésité, en te demandant s'il n'y avait pas une autre solution, et donnant par la même le temps à ton ennemi une occasion de s'en sortir ? »

Les yeux d'Hermione s'élargirent en entendant la question et le couteau lui tomba de la main. « Que me demandes-tu de devenir, Severus ? », murmura-t-elle.

Il se contenta de lui sourire d'un air narquois, sachant qu'elle le comprendrait. « Efficace », répondit-il.

Et plutôt que de reculer, de battre en retraite d'un mouvement comme elle l'aurait fait avant, elle leva simplement le menton, rencontra son regard franchement, et acquiesça d'un sourire.

Même si elle semblait toujours penser à Lucius secrètement et en silence, Severus sut que ce problème ne se règlerait pas tout seul. Et il n'avait pas la moindre envie de la revoir blessée, à demi consciente et souffrant le martyre. Il n'avait pas d'idée pour empêcher Lucius de l'appeler et de la battre à nouveau.

Il attendit jusqu'au Nouvel An en espérant qu'elle aborderait le sujet avant qu'il ne le fasse. Mais la soirée s'écoula et elle ignorait toujours ses allusions, évitant ses tentatives pour entamer la discussion sur autre chose que l'espionnage. Elle semblait n'être concentrée sur rien d'autre pendant le dîner.

« Nous devons l'arrêter. Tu ne peux pas continuer comme ça », lâcha-t-il finalement pendant le dessert.

« Je sais », répondit Hermione calmement, habituée à ses brusques changements de sujet. « Et j'ai un plan. Mais il demande un peu de préparation. » Ceci dit, elle continua à profiter de sa crème glacée au chocolat avec grand soin et concentration.

« Et si nous n'avons pas le temps ? », demanda Severus, en se demandant pourquoi elle semblait si calme.

Elle soupira, et posa sa cuillère à côté de son bol.

« Il est vraiment désolé en ce moment », expliqua-t-elle, « comme à chaque fois qu'il dépasse les limites. Tu vois, tant que Lucius Malfoy est capable d'éprouver un tel sentiment, c'est qu'il m'aime réellement. Et il a peur de me perdre, si bien que lorsqu'il qu'il pète les plombs et fait quelque chose d'aussi stupide que… ça, il se repentit. Il m'a envoyé des bijoux, ce qui est toujours un signe annonçant qu'il ne tentera rien au cours des prochaines semaines. Avant que son dangereux désir ne refasse surface, j'aurais résolu le problème. Je te le promets, Severus. »

Severus fut intrigué par trois points, tout en hochant la tête. Premièrement, elle avait parlé des attaques violentes de Lucius, comme si elles étaient une sorte de routine gênante, quelque chose qu'elle connaissait par cœur, même si elle les détestait. Il se demandait combien de bijoux étaient stockés dans la chambre de Préfète, offerts par un bourreau qui cherchait à se faire pardonner.

Deuxièmement, elle n'avait rien dit de son plan. Quel qu'il soit, elle ne voulait visiblement pas l'en informer. Et cela aurait été suffisant en temps normal pour lui mettre la puce à l'oreille.

Et troisièmement, c'était à Hermione qu'il avait promis de faire confiance il y a moins d'une semaine. Et étrangement, il ne ressentait nullement le besoin de l'interroger ou de mettre à l'épreuve le plan dont elle venait de parler. Si Hermione était confiante, alors il l'était aussi.

Donc, au lieu d'être suspicieux comme à son habitude, il redressa la tête et se renfrogna. « Personne ne m'a jamais offert de bijoux, jamais », se plaignit-il, en imitant un enfant boudeur.

Elle lui sourit en guise de réponse. « C'est probablement parce qu'ils ne vont pas bien avec tes robes. Mais si tu veux, je peux te prêter quelques rubis que tu pourrais porter pour ton premier cours de potions. »

Elle rit tout bas en imaginant Severus, paré d'un énorme collier de rubis et de rubans rouges dans les cheveux, se tenir devant les septièmes années, mais le Maître des potions lui dit de se lever d'un geste impérieux.

« Dans la salle de gym, femme impertinente », ordonna-t-il. « Je vais devoir vous punir pour ça. Il va falloir que je me retienne de sourire tout au long de ce premier cours. Ça mérite bien des couteaux ! »

Et en lui obéissant avec une révérence moqueuse, elle s'entraîna encore deux heures à donner des coups de poing, de pied et au couteau.

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Elle savait qu'il serait là, qu'il s'attendait à la voir avant même qu'elle n'ait passé la gargouille. Mais lorsqu'elle entra dans son bureau et qu'elle le trouva assis à sa table, une tasse de thé dans les mains et les yeux scintillant de malice, elle ressentit un petit nœud de nervosité dans l'estomac.

Peut-être était-ce à cause de la réputation qu'il avait de tout savoir, qu'il était presque le sorcier le plus puissant du monde, ou peut-être était-ce à cause de son âge, mais à chaque fois qu'Hermione allait voir Dumbledore, elle craignait que son courage ne lui fasse défaut.

Son plan ne dépendait pas uniquement de sa maîtrise de Lucius Malfoy, et elle n'était pas sûre de comment réagirait le Directeur à sa proposition. Malgré sa réputation d'excentrique et son comportement 'amical mais complètement timbré', il n'était pas qu'un sorcier très puissant. Il était également un grand général ainsi qu'un politicien. Les gens comme Albus Dumbledore n'aimaient pas laisser filer le pouvoir ou le contrôle qu'ils exerçaient. Ils en avaient besoin.

Elle espérait seulement que ses arguments soient suffisamment convaincants, que Dumbledore fasse réellement confiance à Severus comme il le répétait souvent. Elle espérait également en silence que le Directeur commence à ressentir les effets de l'âge et souhaite désormais être quelque peu soulagé.

« Monsieur le Directeur », le salua-t-elle d'un sourire. « Je suis contente que vous ayez un peu de temps à m'accorder. »

« Oh, Miss Granger, tout le plaisir est pour moi. »

Ils ne s'étaient pas vus depuis presque un mois. C'est Severus qui s'était chargé de transmettre les rapports, et l'expression sur le visage du vieil homme indiqua à Hermione qu'il était agréablement surpris de la revoir enfin.

Elle pouvait presque se voir dans les yeux de son vis-à-vis. Son corps plus robuste et finement musclé avait perdu un peu de sa raideur, son visage autrefois froid comme de la glace, était désormais relaxé et affichait une grande confiance. Sa peau était saine et éclatante, ses yeux n'étaient plus rougis et las, mais de nouveau brillants d'énergie.

Elle était irritée qu'il connaisse qui en était la cause. Sans savoir pourquoi, elle voulait garder Severus et leur amitié aussi secrets que les événements qui se déroulaient au repère. A chaque fois qu'elle songeait au temps qu'ils avaient passé ensemble, elle ressentait une sorte de protection, si puissante qu'elle s'en étonnait systématiquement. Il était à elle, ce petit sanctuaire tranquille qu'ils avaient construit était à eux seuls, et personne d'autre ne devait y avoir accès.

Elle pouvait sentir le regard de Dumbledore plonger dans son esprit, si doucement que si elle n'était pas passée maître en occlumencie, elle ne s'en serait pas aperçue. Soigneusement, elle influença le sondage de son esprit grâce à quelques images mentales inoffensives, sans aucune relation avec ce qui l'intéressait. Elle sourit intérieurement d'un air narquois. Le Directeur avait probablement trop l'habitude d'utiliser cette forme d'espionnage pour ce rendre compte que c'était pour elle un jeu d'enfant de le contrer. Mais qui était-elle pour voler à l'homme ses illusions.

« Vous semblez bien vous porter, ma chère », commenta Dumbledore comme s'il avait entendu ses pensées l'instant d'avant. Mais Hermione, qui savait parfaitement qu'il n'avait rien vu de conséquent ni rien se rapportant à Severus, ne fut pas longtemps bernée par ses ruses. Ruses subtiles, comme d'habitude. Hermione se contenta de sourire mystérieusement et se dirigea vers l'un des fauteuils placés devant la cheminée crépitante.

« Puis-je, Monsieur le Directeur ? Je crois que la conversation va être plutôt longue. »

« Bien sûr, mon enfant, pardonnez mon oubli », Dumbledore réagit instantanément, faisant apparaître une autre tasse de thé et en la rejoignant près du feu.

En silence, elle sirota son thé et observa le vieil homme. Il avait beau avoir l'habitude d'observer les gens pendant leur confession, il était quelque peu dérouté lorsque ces mêmes personnes retournaient ses propres méthodes contre lui. Ce fut donc lui qui brisa le silence.

« Qu'est-ce qui vous amène ce soir, Miss Granger ? », demanda-t-il en souriant d'un air bienveillant pour faire passer sa question. « Je suis bien évidemment toujours heureux de vous voir et de vous offrir un quelconque support… »

Hermione sourit en réponse et reposa sa tasse.

« Est-ce une bonne chose que vous en veniez directement au sujet qui nous concerne, Monsieur le Directeur ? », répondit-elle doucement, mais elle renonça à sa question un instant plus tard lorsqu'il sembla la considérer sérieusement.

« Peu importe. Je suis venue pour vous faire une proposition, Professeur. Il y a un acteur qui n'a pas eu de tâche depuis longtemps, et je crois que nous aurons besoin de ses facultés avant la fin de l'hiver… »

Son explication prit peu de temps. Le Directeur était tout à fait capable de faire lui-même la part des avantages et des inconvénients. Et d'après le mystérieux petit sourire qui étira ses lèvres, elle estima que les avantages pesaient plus lourds que les inconvénients.

« Le joueur en question a-t-il été mis au courant de son changement de rôle, Miss Granger ? », demanda-t-il finalement. Elle secoua la tête avec un sourire amusé qui donna l'impression à Dumbledore d'avoir partager une bonne plaisanterie avec elle.

« Vous le connaissez, Monsieur le Directeur », répondit-elle et elle put voir de la satisfaction dans les yeux scintillants de l'homme. Nul besoin de lui dire que cette personne en avait une connaissance très limitée. « Il n'accepterait jamais cette fonction si je lui en parlais avant. Il ne s'en estime pas digne. Mais je sais qu'il se trompe. Et nous avons besoin de le rallier à notre cause dans cette guerre. Nous ne pouvons pas le laisser gâcher ses talents. »

Je sais combien tu as besoin d'une occupation, Severus, pensa-t-elle, et ceci n'est que justice !

La conversation continua encore un peu, Hermione en profita pour placer quelques allusions et éluda les questions plus qu'inattendues dont la bombardait le Directeur. Pendant tout ce temps, ils souriaient et buvaient leur thé comme s'il s'agissait d'une conversation sortie d'un livre de Jane Austen et non d'une discussion entre un Général d'armée et son espion.

Puis Hermione s'excusa en prétextant ne pas avoir fini ses devoirs de classes, et Dumbledore la salua avec un de ses sourires pleins d'intelligence. Elle soupira de soulagement lorsqu'elle s'éloigna de la gargouille qui devait informer Dumbledore des moindres faits et gestes des visiteurs, avant même qu'ils ne pénètrent son bureau. Ça s'était bien passé. Si elle avait de la chance, Severus attendrait bientôt son retour d'un air furieux en lui demandant si c'était son idée.

Mais elle ne prit pas immédiatement la direction des cachots. Au lieu de ça, elle resserra la cape d'invisibilité autour de ses épaules et s'avança dans le hall d'entrée vers la porte. Elle n'avait plus qu'à pénétrer dans Poudlard par effraction.

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Le crépuscule tombait sur les murs de Poudlard lorsque Hermione atteignit sa destination. Après avoir contourner les murs extérieurs, elle s'arrêta juste en dessous d'une énorme fenêtre qui tranchait avec la pierre épaisse qui s'élançait au dessus de sa tête. Elle savait qu'elle donnait dans la salle commune des Poufsouffles. Elle connaissait également où se trouvait l'entrée de cette pièce à l'intérieur du château. Etre préfète en chef avait ses avantages, après tout.

Elle avait envisagé d'entrer dans la salle commune par l'entrée principale, mais elle savait qu'environ vingt Poufsouffles avaient décidé de rester pour Noël, et même pendant le dîner, la probabilité pour que quelqu'un soit resté au coin du feu, était importante. Il n'y avait aucune chance qu'ils ne s'aperçoivent pas de quelque chose quand le portrait basculerait.

C'est pourquoi elle avait choisi la fenêtre, en remerciant le ciel que les Poufsouffles n'habitent pas dans une tour comme les Gryffondors. Elle rajusta une fois encore la cape d'invisibilité autour d'elle, en l'attachant de façon à ce qu'elle ne glisse pas, puis elle se lança un sort pour flotter dans les airs. Lorsqu'elle fut suffisamment haute, elle grimpa sur le rebord de la fenêtre et regarda à travers la vitre. Trois personnes dans la salle commune, deux garçons qui étaient concentrés sur leur partie d'échec, et le troisième lisant dans un coin.

Tout en prenant soin de les surveiller du coin de l'œil, elle glissa la main gauche dans sa poche et en sortit une longue barbe argentée qu'elle avait fauchée dans le bureau de Dumbledore. D'une main gantée, elle s'appuya contre le tour de fenêtre tandis qu'avec sa main droite, elle pointait sa baguette sur sa gorge.

« Vox mutatis », murmura-t-elle. Puis elle haussa le ton et prononça un mot. « Ouvert », dit-elle avec la voix du Directeur, et les grilles s'ouvrirent silencieusement. La fenêtre était désormais ouverte.

Hermione mit fin au charme et poussa un soupir de soulagement. Elle n'était pas sûre que ça fonctionnerait, mais 'L'Histoire de Poudlard' lui avait appris des choses très utiles, bien plus que Harry et Ron avec la Carte des Maraudeurs. Grâce au livre, elle avait découvert que le Directeur de Poudlard pouvait demander l'accès de toutes les pièces du château et que cet accès était garanti grâce au pouvoir de sa voix et sa peau. Elle espérait que les cheveux seraient suffisants. Il semblait que les défenses magiques de Poudlard ne soient pas si efficaces que les gens le pensaient. Elle en parlerait à Severus mais après avoir atteint son objectif.

Elle murmura u autre sortilège et une bourrasque ouvrit la fenêtre. Tandis que les Poufsouffles levaient les yeux, étonnés, elle pénétra dans la salle commune. Lorsque l'un d'eux atteignit la fenêtre pour la refermer, elle avait déjà gravi les escaliers qui menaient au dortoir des garçons.

La porte de la chambre des septièmes années était légèrement entrouverte, et Hermione remercia la négligence des garçons. Doucement, elle l'ouvrit pour découvrir une pièce plutôt en désordre, sans personne à l'intérieur, excepté un gros et très vieux crapaud.

En balayant du regard les affaires ainsi que les tables de nuit, il fallut moins d'une minute à Hermione pour localiser sa cible. Le lit de Justin Finch-Fletchey ainsi que son armoire.

Harry devait penser que Justin recherchait son amitié ou qu'il avait le béguin pour lui, mais Hermione ne croyait plus à son innocence depuis longtemps. Justin avait observé Harry de manière très insistante. Et il avait pris des notes. Personne ne prenait des notes quand on voulait devenir ami avec quelqu'un. On prenait des notes quand on voulait se souvenir de quelque chose, ou faire un rapport.

Et Justin avait écrit à Harry. Ron et Harry devaient avoir été abusés, mais Hermione avait compris où voulait en venir Justin au moment même où elle avait reçu la lettre de ses amis. Justin voulait rencontrer Harry dans le Londres moldu, loin des Weasley, des aurors et loin de toute personne gardant un œil sur Harry.

La question était simple : pourquoi.

Justin n'avait pas rejoint les Mangemorts de sa propre initiative. Elle aurait entendu parlé d'un deuxième Mangemort à Poudlard. Mais il espionnait pour quelqu'un, et si elle interprétait correctement les mouvements au sein du cercle, c'était soit Macnair, soit Houseman. Tous deux avaient bénéficié des louanges du Seigneur des Ténèbres, et s'étaient vu accorder des audiences privées plus d'une fois.

Mais elle avait besoin de preuves pour ça, elle avait besoin de savoir pourquoi Justin trahissait ses pairs. Elle lança donc un sort de sommeil sur le crapaud en faisant attention à ce qu'on ne puisse pas remonter jusqu'à elle. Elle mit en place une barrière magique dans les escaliers des dortoirs de manière à ce qu'elle soit prévenue à l'instant même où quelqu'un pénètrerait dans la cage d'escaliers, puis elle ferma la porte en la poussant légèrement avec le pied. Elle ne voulait toucher à rien pour ne laisser sa signature magique nulle part dans la chambre.

Ensuite, elle se retourna vers le lit de Justin et sa table de nuit et cessa tout mouvement, mémorisant soigneusement la position générale de ses affaires.

Il n'avait pas emporté beaucoup de choses pour les vacances de Noël, fait qui impliquait de nombreuses spéculations. Quelque soit l'endroit où il avait passé ces semaines, ses affaires semblaient être plus en sécurité à Poudlard qu'avec lui. De grandes quantités de vêtements, de livres ne firent que renforcer ses soupçons. Il n'avait pas rempli sa malle comme quelqu'un qui retourne à la maison. Il avait laissé derrière lui tout ce qui avait de la valeur.

Tandis qu'elle enfilait ses gants, qui servaient en fait de bouclier pour qu'elle ne laisse pas de traces de sa propre magie derrière elle, et qu'elle attrapait le haut de pyjama qui était soigneusement plié sur le lit, le fait de penser à Ron et Harry la fit sourire. Que penseraient-ils s'ils la voyaient comme ça ? Ron dirait qu'il est impossible qu'elle enfreigne les règles de cette école de cette manière, et Harry écarquillerait les yeux d'étonnement.

Ils étaient tous deux persuadés qu'elle était parfaitement capable de trouver des informations à la bibliothèque ou même d'organiser leurs emplois du temps à l'aide de codes couleur. Mais ça - fouiller dans les affaires personnelles d'un espion et désamorcer plusieurs pièges magiques qu'il avait mis en place pour sécuriser son intimité, certainement avec l'aide de la personne pour qui il travaillait – ça, c'était bien loin du rôle habituel d'Hermione au sein du trio.

Mais Hermione savait qu'il n'y avait aucune différence. Se souvenir des détails et voir comment ils se liaient avec le reste, c'est ce qui importait vraiment, que l'on espionne, que l'on mette au point un plan de bataille, ou que l'on écrive un essai compliqué. Elle s'était entraînée à se souvenir de chaque indice, chaque bribe d'information dans un texte, et désormais, elle concentrait toute l'attention dont pouvait faire preuve son cerveau vif et intelligent sur les affaires de Justin.

Il n'y avait aucune trace des nombreuses notes qu'il avait prises pendant les dernières semaines de cours, mais elle trouva plusieurs rouleaux de parchemins dont les coins étaient cornés ainsi que quelques carnets dont plusieurs pages avaient été arrachées.

Plusieurs boîtes et compartiments que Justin utilisait pour ranger ses biens les plus personnels ne s'ouvrait qu'avec la signature magique du garçon. Ce système ne permettait l'accès à ces boîtes qu'à une personne ayant la même signature magique que Justin (et comme Justin n'avait pas de jumeau, une telle personne n'existait pas dans le monde). Mais la recherche qu'avait faite Hermione dans les vêtements porta ses fruits. Il avait laissé derrière lui une paire de gants. Hermione mit l'envers des gants à l'extérieur avant de les enfiler par-dessus les siens. Les gants contenaient juste assez de l'essence magique du corps de Justin pour tromper le piège. C'est ainsi qu'elle put ouvrir les compartiments.

Il n'y avait pas de lettres récentes de ses parents. Etrange. Depuis qu'elle connaissait Justin, il avait toujours eu un colis ou une lettre de ses parents au moins une fois par semaine. Justin était fils unique et sa mère l'aimait de tout son cœur. Mais la dernière lettre datait d'il y a trois mois. Tandis qu'Hermione fouillait dans la correspondance du jeune homme, une idée de ce qui avait du se passer germa dans la tête de celle-ci.

Mais elle ne trouva aucune preuve. Il lui fallu une demi-heure pour tout examiner et tout replacer comme elle l'avait trouver. Elle contrôla la malle et la table de nuit, à la recherche de motifs ou compartiments cachés, mais ne trouva rien.

Elle s'intéressa ensuite aux murs qui entouraient le lit ainsi qu'à son dosseret, et, après avoir soulevé le matelas à l'aide d'un sort sans baguette, elle étudia le lit. Toujours rien.

Peut-être avait-il caché quelque chose dans la salle commune - mais cela lui semblait peu probable. Si les Poufsouffles étaient comme les Gryffondors, les choses privées n'y étaient pas en sécurité. Et dans cette école pleine d'adolescents curieux rien ne restait caché bien longtemps.

Mais où alors ? Peut-être avait-il emporté les preuves avec lui, après tout ?

La révélation lui vint lorsqu'elle se recula pour observer le lit une dernière fois dans son ensemble. Ses yeux se posèrent sur les montants du lit. Des montants en bois, massifs. Ou du moins, ils semblaient massifs. L'un d'eux, à droite de la tête de lit était creux, ce qu'elle trouva après avoir frapper seulement quelques secondes pour comparer les sonorités.

Elle ne détectait aucune ouverture, aussi laissa-t-elle glisser ses mains gantées sur le bois poli. Une fissure apparut, de la largeur d'un cheveu. Elle utilisa un de ses couteaux qu'elle emportait désormais partout où elle allait, précieusement cachés dans l'étui qu'elle portait à la ceinture, pour agrandir un peu la fissure, avec précaution, sans griffer la surface du bois.

Que caches-tu, Justin, pensa-t-elle tandis qu'elle effectuait une série de charmes de révélation sur l'ouverture. Qu'est-ce qui t'a poussé à trahir ton univers ?

La colère monta en elle tandis qu'elle désamorçait les charmes et les sortilèges de sûreté qu'avait utilisé Justin pour protéger son secret. Elle lui en voulait d'avoir placé ces sortilèges, comme un garçon qui choisit la facilité et ne se soucie pas des autres. Mais lorsqu'elle passa enfin la main dans le trou, et qu'elle récupéra les deux photos qui étaient cachées à l'intérieur, sa colère s'évanouit instantanément.

Sa mère. Entourée par deux hommes masqués en tenue de Mangemort, ses yeux verts semblaient terrorisés, sa respiration était haletante. Elle semblait morte de peur, elle savait ce qui l'attendait et cela se lisait sur chaque parcelle de son visage.

Son père. Un œil au beurre noir, il avait les deux mains nouées dans le dos, mais il luttait toujours contre les hommes qui le maintenaient. Seuls l'inquiétude, l'amour pour sa famille et le désespoir se lisaient dans ses yeux.

Et sous les deux photos, on pouvait lire des lettres grasses qui formaient une simple phrase : « Fais ce que nous avons dit, Justin, et ils devraient survivre. »

Elle connaissait cette écriture. Severus l'avait entraîné à reconnaître les styles d'écriture de chacun des Mangemorts. C'était celle de MacNair. Et il avait les parents de Justin.

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Severus n'était sûr de la raison qui avait poussé Albus à le convoquer à l'heure du thé, mais il était bien obligé d'y aller. Il était plus que temps de présenter l'oubliette auto déclencheur d'Hermione, ainsi que quelques autres idées qui leur étaient venu pendant les congés de Noël. Une rencontre non officielle autour d'un thé et de quelques biscuits était une opportunité parfaite pour les présenter au Directeur.

Il fut donc plutôt surpris lorsqu'il trouva le Directeur bien installé dans son fauteuil derrière le bureau au lieu de l'atmosphère détendue à laquelle il s'attendait.

« Albus », le salua-t-il d'un léger signe de tête.

« Severus ! Merci de m'accorder un peu de ton temps. Assieds-toi mon garçon. »

Severus fronça les sourcils. Ce 'mon garçon' ne pouvait rien signifier de bon. Cette expression avait été employée jusqu'à présent pour lui donner des conseils dont il ne voulait pas ou pire, pour l'interroger sur son état mental. Evidemment, le Directeur ne l'aurait jamais appelé ainsi s'il avait voulu discuter de leur 'amitié' et de la façon dont ils s'étaient toujours serrés les coudes pendant les temps difficiles. Mais toutes ces grandes phrases avaient toujours été balayées par une seule question : « peux-tu continuer sans te briser, mon garçon ? »

Severus s'assit donc dans le fauteuil qui lui avait été indiqué sans un sourire, un masque de pierre sur le visage. Quelque soit ce que projetait de faire Albus, il aurait du mal à le verbaliser. Severus avait depuis longtemps cessé de rendre ces conversations faciles pour le Directeur.

« Tu dois te douter que je ne t'ai pas fat venir ici sans raison, Severus », commença Albus pour mettre fin à un silence tendu.

Severus ne réagit pas le moins du monde, mais une pointe de curiosité s'éveilla dans l'esprit de ce dernier. Habituellement, Albus aurait débuté la conversation par des questions d'ordre général, des questions concernant ses expériences, ses cours ou il lui aurait demandé comment s'étaient passées ses vacances. Il n'était pas de ceux qui en venait directement au fait, ou alors seulement dans les situations urgentes ou de grande importance. A part ça, le Directeur aimait beaucoup trop son rôle de vieux sorcier excentrique.

« Le fait est », continua Albus après une courte pause, « que j'ai passé les vacances à réfléchir à une réorganisation de l'Ordre. »

Vous en arrivez à cette foutue pensée « Votre présence n'est plus utile », pensa Severus, étonné par l'amertume qu'il ressentait. Il était heureux de ne plus être un espion, et travailler avec Hermione était des plus valorisant, mais ce ne fut qu'à cet instant, alors qu'il était assis dans ce bureau et qu'il observait son mentor, qu'il réalisa combien il lui manquait un but dans sa vie. Il avait besoin d'une chance de mettre en pratique ses facultés. Préserver Hermione du danger était une façon de le faire un peu trop détournée à son goût.

Tu as été un Mangemort, Severus. Et tu portes toujours La Marque. Ne t'attends pas à ce qu'ils t'acceptent comme l'un des leurs. Ne t'attends pas à ce qu'ils t'estiment à ta juste valeur, se dit-il d'un ton rude.

« Je me suis particulièrement intéressé à ton… changement de rôle au sein de l'Ordre, ainsi qu'à ce que nous allons de toi, maintenant que ta vie d'espion est finie », poursuivit le Directeur, ignorant le combat silencieux que se livrait le Maître des Potions intérieurement.

« Je comprends », répondit finalement Severus, en chassant toute trace de tristesse ou d'amertume dans sa voix.

Le Directeur leva alors les yeux qui pétillèrent, pleins de malice.

« Pardon ? »

« Je comprends que je ne peux plus tenir un rôle central au sain de l'Ordre », expliqua Severus. Ça y est, Albus, je le refais, pensa-t-il. Je facilite vote travail. « En perdant mon statut d'espion, je suis surtout un fardeau pour l'Ordre. Je ne serai pas capable d'effectuer des missions extérieures et mon influence est très limitée. Si vous désirez que je quitte l'Ordre, je le ferai. »

Albus sourit en entendant ces mots, et Severus sentit la rage monter dans sa poitrine. Il pourrait au moins avoir l'air désolé, pensa-t-il.

« Non, mon garçon », dit alors Albus en s'appuyant sur son bureau et en plaçant une main réconfortante sur l'épaule de Severus. « Je ne pense pas que tu aies compris. Après en avoir discuté avec plusieurs membres de l'Ordre, et après y avoir longtemps réfléchi, j'ai décidé que tu deviendrais notre nouveau directeur des renseignements. »


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J'ai traduit Spy Master par directeur des renseignements. Si vous avez une meilleure idée, faites-le moi savoir.

Spy Master signifie que Severus va se retrouver à devoir gérer toutes les informations concernant Voldemort, les collecter puis les transmettre à ceux qui en auront besoin. Tout un programme !

Alors qu'avez-vous pensé du chapitre cette fois-ci ?

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