Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm

Tout d'abord, un petit message pour vous dire que j'ai mis un lien sur mon profil pour des wallpapers qui ont été faits en l'honneur de la fic When a Lioness fights, alors allez y jeter un coup d'œil !


RAR :

Xaveria : Merci beaucoup. Pour la question des relations entre Draco et Hermione, ils ne sont que des amis, mais de très bons amis.

Ira Lea : Désolée pour ton pouce gauche ! Moi je suis droitière et je ne tape pas avec mes dix doigts, donc ça ne m'aurait pas beaucoup gênée, mais je comprends que ça puisse être très gênant pour toi ! Bon rétablissement, alors. Pour la relation entre Severus et Hermione, elle avance inexorablement… il suffit de patienter encore un peu, lol.

emmaD : Je ne sais pas pour toi, mais plus j'avance dans l'histoire et plus je suis accro. Parfois je me laisse aller à relire le chapitre en VO au lieu de le traduire ! Bisous et bonne lecture.

Flick-Flack : Merci beaucoup, ça me touche beaucoup. Tu dis que je te fais partager cette fic, mais je sais pertinemment que tu pourrais la lire en VO ! Enfin, ça me fait plaisir que tu suives ma traduction. Au fait, tu as le bonjour de Devil Sister ! lol A la prochaine…

El diablo : Ah, je m'avoue vaincue ! Non, plus sérieusement, j'en employé le terme jeune fille parce que cette fois, Severus plaisantait, contrairement aux fois précédentes. De plus, le terme de la VO était 'girl', alors que les autres fois, l'auteur disait 'woman'. Ensuite je me permettrai de te poser une question : il ne fait pas trop chaud dans ton enfer personnel, parce que je crois que tes neurones risquent d'en prendre un coup ! Sur ce, je vous salue bien bas, môssieur le diable et vous redis une fois encore que : même pas peur !


Chapitre 29 : Le Maître des secrets

Samedi après-midi était arrivé. Ron et Harry exprimèrent l'envie de se rendre à Pré au Lard et Hermione les y accompagna à contrecœur, en espérant secrètement qu'elle ne serait pas en retard à son dîner dans les appartements de Severus ce soir.

Il n'avait pas seulement invité Draco, il avait également invité Mac Gonagall et lui avait demandé de l'assister dans son nouveau travail en tant que chef de l'espionnage, sachant pertinemment combien de temps lui demanderait cette nouvelle charge, en plus de ses entraînements avec Hermione.

« Allons visiter l'ancienne grotte de Sirius », proposa soudain Harry, tirant ainsi Hermione de ses pensées. Elle réfléchissait aux sortilèges d'écoute les plus efficaces qu'elle pourrait placer dans la Salle Commune des Serpentards.

« Je ne sais pas, Harry », dit-elle en fronçant les sourcils, en essayant de cacher combien elle appréciait peu cette idée. « Ça pourrait être dangereux de quitter le village, en plus, il fait vraiment froid. »

« Oh, viens, Hermione », grogna Ron. « Laisse-nous respirer. Pré au lard n'est absolument pas dangereux, qu'est-ce qui pourrait bien nous arriver ici ? »

Une remarque tranchante montait déjà aux lèvres d'Hermione, mais elle réussit à tromper Harry grâce à une expression pleine d'espoir et décida de rester calme. Ils iront de toute façon, songea-t-elle, résignée. Il est inutile de les contredire.

A sa grande surprise, tout semblait aller pour le mieux. Les alentours de la grotte étaient complètement déserts, mais elle installa néanmoins quelques barrières magiques de protection autour de l'endroit avant de suivre les garçons dans la grotte.

Ils passèrent plus d'une heure à l'intérieur et quand Harry fit apparaître un feu pour réchauffer leurs mains et pieds gelés, Hermione se prît à espérer que pour une fois, rien de mal ne leur arrive, à Celui Qui a Survécu et à son entourage.

Mais évidemment, ses espoirs furent vains, comme toujours.

Ils étaient sur le chemin du retour, lorsque les sens accrus d'Hermione se mirent en alerte. Un mouvement à leur droite. Quelque chose les surveillait à travers les buissons et les suivait au fur et à mesure de leur progression. Ce n'était pas un animal. Un être humain alors, mais aucun sorcier ni même moldu se promenant dans la forêt, n'aurait été si silencieux.

Qui qu'il soit, il essayait de ne pas se faire repérer, et s'il n'y avait eu que Ron et Harry, il aurait réussi. Ils n'avaient rien remarqué : ni l'ombre, ni la soudaine nervosité d'Hermione, ce qui était un vrai soulagement pour elle. Quand quelque chose de bizarre arrivait aux garçons, ils avaient une réaction spontanée : ils faisaient beaucoup de bruit et se dépêchaient d'enquêter.

Elle n'avait pas besoin de ça maintenant. Pas quand la personne qui se cachait dans les buissons était celle qu'elle suspectait. Elle se plaça donc derrière Harry et Ron, en se déplaçant légèrement vers la gauche, de manière à se retrouver entre ses amis et leur poursuivant inconnu.

« Il fait affreusement froid ici, vous ne trouvez pas ? », demanda-t-elle lentement à voix presque basse. « Ne pourrait-on pas se dépêcher de rentrer aux Trois Balais ? »

« Bien sûr », acquiesça Ron sans s'inquiéter de baisser la voix. « Mais ne devrais-tu pas être habituée au froid après toutes ces promenades pendant tes vacances ? »

« Il fait bien plus chaud, là où mes parents sont cachés », improvisa-t-elle. « Il n'y avait même pas de neige ! »

« La chanceuse », commenta Harry. « Au Terrier, nous n'avons pas pu sortir pendant trois jours à cause de la neige. Nous avons presque réussi à rendre folle la mère de Ron ! »

Tandis qu'ils allongeaient la foulée, poussés par Hermione, leur poursuivant inconnu fit de même à leur gauche.

En silence dans sa tête, Hermione grondait des jurons qui auraient fait pâlir d'embarras Ron et Harry. Ils étaient trop lents ! A ce rythme, ils auraient encore besoin de dix minutes pour regagner Pré au Lard, et ils devaient encore passer par des endroits idéaux pour tendre une embuscade.

S'ils continuaient ainsi, ils ne s'en sortiraient pas.

Hermione avait pris sa décision, elle retira lentement sa baguette de la manche où elle l'avait cachée ces derniers jours. Elle se sentait affreusement mal d'avoir à faire ça, mais c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour empêcher un mal bien plus grand. « Persuado », murmura-t-elle en camouflant le sortilège d'un toussotement.

Lorsque le sort de persuasion fit effet sur ses deux amis, elle frappa dans ses mains, comme si elle venait d'avoir une idée.

« Vous savez quoi ? Si on courait jusqu'aux Trois Balais. Le premier arrivé se fait offrir sa Bièraubeurre par les deux autres. »

Habituellement, une telle proposition aurait été accueillie par un grognement de la part des garçons, mais là, ils acquiescèrent vigoureusement, et avant même qu'elle n'ait pu ranger sa baguette, ils s'étaient précipités en avant, courant vers le village avec un regain d'énergie.

Ils y étaient presque. Les maisons de Pré au Lard étaient presque visibles lorsqu'un sort fut jeté des buissons à leur gauche, et Hermione qui avait fait attention à rester en arrière des garçons, ne put rien faire d'autre que de sauter de côté.

Le sortilège la frappa dans le dos et transforma sa peau tendre en un amas de chaire brûlée. Génial, pensa-t-elle avec colère, et dire que je n'arrive à dormir que sur le dos !

Heureusement, les deux garçons étaient trop plongés dans leur course pour remarquer qu'elle avait trébuché et était tombée. A l'aide de sa baguette cachée, elle avait jeté un autre Persuado sur eux, ce qui avec un peu de chance, les conduirait directement aux Trois Balais avant même qu'ils ne s'aperçoivent de son absence. Elle s'effondra ensuite dans la neige, et pria pour que leur agresseur la croie inconsciente.

A l'instant où elle entendit les pas précipités de l'homme, elle se releva d'un bond et s'enfonça dans les arbustes en s'efforçant de rester aussi silencieuse que possible.

MacNair avait presque rattrapé les garçons quand elle le visa dans le dos. Je ne peux pas le tuer ou l'estropier. Je suis supposée être de son côté, songea-t-elle, elle visa donc les pieds.

« Immobilus », siffla-t-elle. Il trébucha instantanément, ses jambes ne lui répondant plus. « Jette ta baguette et rends-toi, MacNair ! »

Il grogna comme un animal tandis qu'il se tortillait pour la regarder dans les yeux. « J'ai toujours su qu'on ne pouvait pas te faire confiance, sang de bourbe », cracha-t-il d'un air dégoûté.

« Lance ta baguette », ordonna-t-elle. Il obéit sans la moindre hésitation. Il avait vu ce qu'elle était capable de faire.

Elle fit apparaître des cordes pour l'attacher, puis elle se rapprocha pour s'assurer qu'il était parfaitement ligoté.

« Oh, ça va, MacNair », se moqua-t-elle tandis qu'elle resserrait les nœuds. « Ne me dis pas que tu suivais les ordres de notre Seigneur cette nuit. Tendre une embuscade à Potter de ta propre initiative, au risque de le tuer. Ce sort de brûlure est plutôt dangereux. »

« Alors tu es de son côté finalement ! »

« Je ne sers que le Seigneur des Ténèbres », cria-t-elle en utilisant ses dons de légilimencie pour graver cette conviction dans l'esprit de MacNair. « Et je verrai Potter mort à Ses pieds, mais seulement lorsque l'ordre viendra de Lord Voldemort en personne ! »

Elle laissa son regard flotter au dessus de lui et soupira d'agacement, ne cachant pas ce qu'elle pensait du peu d'intelligence dont faisait preuve l'homme.

« Je vais les suivre pour m'assurer qu'ils n'ont rien remarqué. Ne retente pas quelque chose de stupide, MacNair. »

Elle s'éloigna de lui et atteignit rapidement la lisière d'une petite clairière quand soudain, la voix de MacNair résonna derrière elle, avec un rire triomphant.

« Endoloris », hurla-t-il. La douleur envahit tout le corps d'Hermione, si bien qu'elle s'écroula au sol, prise de convulsions.

Une main rugueuse lui arracha sa baguette, et elle regarda MacNair, qui souriait d'un air diabolique en rangeant la baguette dérobée dans sa poche. Dans l'autre main, il avait une autre baguette, pointée sur elle, qui lui infligeait une douleur terrible à travers les os et la chair.

Il cachait une seconde baguette, pensa-t-elle pendant que la douleur la submergeait totalement. Severus t'avait pourtant prévenue d'être très prudente avec ce type ! Imbécile, imbécile, imbécile !

Tandis que la tourmente envahissait chacune de ses cellules et que sa respiration devenait petit à petit difficile, elle laissa son corps sombrer totalement, ses yeux roulèrent et ses mains, qui agrippaient le sol avec angoisse, cessèrent tout mouvement.

Elle se mordit fermement l'intérieur de la joue, et quand elle sentit le sang chaud sur sa langue, elle ouvrit suffisamment la bouche pour laisser échapper et couler un filet rouge sur le côté de sa joue. Tandis qu'elle stoppait progressivement ses tremblements - ce qui lui demanda un effort de volonté considérable alors que tout ce qu'elle souhaitait, c'était pouvoir hurler sa douleur – MacNair sembla remarquer son état et fit cesser immédiatement le sortilège, le visage soudain inquiet.

Tout en feignant un état de demi conscience, Hermione observa le monde comme quelqu'un qui avait reçu une dose exagérée de Doloris, avec des conséquences probablement mortelles.

Je suis sûre que tu n'as pas envie d'annoncer à notre Seigneur que tu as tué sa précieuse petite sang de bourbe, MacNair, n'est-ce pas, pensa-t-elle, et tandis que le Mangemort abaissait sa baguette et s'agenouillait à ses côtés pour vérifier son état de santé. Gentil garçon. Approche-toi encore un peu, maintenant.

Et soudain, elle se releva, ses muscles protestèrent de douleur, provoquant une nouvelle vague de souffrance, un véritable supplice. Mais avant que ses jambes ne se dérobent sous elle, elle était assise sur le torse de MacNair, un couteau sous sa gorge, et la deuxième baguette de l'homme dans la main gauche.

« Ce sont mes proies », siffla-t-elle, ses yeux brillaient d'une fureur noire, si bien qu'il tressaillit à son contact.

Elle devait avoir l'air terrifiante à cet instant précis, soupçonnait-elle, le visage couvert de sang et le couteau scintillant à la lueur du jour, alors qu'elle se ramassait sur elle-même, tel un chat aux aguets. Elle ne ressemblait pas à la modeste sang de bourbe qui avait fait son entrée dans le premier cercle des Mangemorts. Non, elle ressemblait à une déesse païenne, cruelle et impitoyable.

« Seul le Seigneur des Ténèbres peut me réclamer leur tête, et je les chasserai pour lui. Mets-toi encore en travers de ma route, et je m'arrangerai pour que les Détraqueurs de te prennent, MacNair ! »

Il acquiesça en silence, paniqué, pour signifier qu'il avait compris. Elle le stupéfia, d'un léger mouvement du poignet, avec la baguette du Mangemort. Ce ne fut que lorsqu'elle eût récupéré sa baguette, fait apparaître des cordes et placé la première baguette de l'homme hors de sa portée en gardant celle de remplacement pour elle-même, qu'elle se donna la peine de se relever.

Pendant un long moment, elle resta immobile, recroquevillée dans la neige, en forçant l'air à pénétrer dans ses poumons. Puis quand elle estima qu'elle pouvait de nouveau respirer et bouger normalement, elle se redressa et se sécha d'un sort.

« Passe une bonne nuit, MacNair », murmura-t-elle. Puis elle le libéra juste avant de transplaner à l'entrée des Trois Balais.

La fille qui entra dans l'auberge n'avait absolument rien en commun avec la dangereuse combattante qui avait tenu en respect un Mangemort vingt minutes plus tôt. Un bon sort de camouflage lui avait redonné du rouge aux joues et avait fait disparaître toutes traces de combat. Le sourire joyeux qu'elle affichait fit se retourner plusieurs têtes sur son passage.

« Désolée, les gars. » Elle sourit en arrivant à la table de Harry et Ron. « J'ai perdu mon lacet et j'ai du rebrousser un peu chemin. Et ensuite, j'ai rencontré le Professeur Mac Gonagall en face de chez Zonko. Je vais devoir retourner à Poudlard dans quelques minutes, elle a besoin de moi pour une expérience importante ! »

Tous deux la regardèrent d'un air mécontent à l'idée qu'une nouvelle fois, leur après-midi allait être écourtée, mais quand elle demanda qui avait gagné leur course et qu'elle paya sa bièraubeurre à Ron, qui avait utilisé ses longues jambes de façon efficace, ils lui permirent de partir sans insister.

Ce sont vraiment de bons amis, pensa-t-elle, tandis qu'elle regagnait Poudlard, sans chercher à cacher qu'elle boitait. Si seulement l'ensemble de mon corps ne me faisait pas souffrir le martyr.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Lorsqu'elle atteignit enfin les appartements de Severus, handicapée par son dos brûlé et l'extrême souffrance qu'elle ressentait, elle était, comme d'habitude, en retard.

Le Professeur Mac Gonagall et Draco étaient déjà arrivés et ils semblaient en avoir terminé avec le côté studieux de la soirée, sans elle. Ils étaient installés dans les fauteuils, près de la cheminée et la regardèrent avec espoir lorsqu'elle traversa la tapisserie.

« Severus est dans la cuisine », annonça Draco, et Hermione sourit d'un air narquois en l'entendant prononcer fièrement le prénom de son Professeur. Manifestement, Severus le considérait désormais comme un 'collègue'.

« Est-ce un charme, ou es-tu vraiment très contente de nous voir, Hermione ? », s'enquit-il, en se méfiant évidemment de son apparente bonne santé.

« Sortilège de dissimulation », admit-elle, juste au moment où Severus entrait en portant un plateau avec divers ustensiles et assiettes. Elle mit fin au sortilège d'un haussement d'épaules, et le hoquet de surprise que Mac Gonagall ne put réprimer lui confirma tout ce qu'elle avait besoin de savoir concernant son apparence.

« Que s'est-il passé ? », demanda Severus, en posant le plateau sur la table et en se dirigeant prestement vers elle.

« Harry, Ron et moi avons eu une petite confrontation avec MacNair à côté de Pré au Lard », expliqua-t-elle à haute voix de manière à répondre à toutes les personnes présentes. Mac Gonagall n'était pas au courant de leurs conversations mentales et elle n'était pas sûre que Severus veuille lui en parler.

« Par chance, ils ne remarqueraient pas une attaque, même si elle se déroulait sous leurs yeux. » Elle continua en ne s'apercevant qu'à cet instant combien elle était fatiguée et irritée. « Mais il m'a fallu un peu de temps avant de me débarrasser de notre ami MacNair et de les convaincre que tout était normal. »

« Qu'est-il arrivé à votre visage, Miss Granger », s'inquiéta le Professeur Mac Gonagall. « Il est couvert de sang séché ! Comment… »

« Ne vous affolez pas, Minerva », l'interrompit Severus sans ménagement. « Ce ne sont que des égratignures. Son dos est le véritable problème. Tourne-toi, Hermione. C'est un sort qui en est responsable ? »

Hermione lui sourit, touchée par le fait qu'il la connaissait suffisamment pour juger de sa santé en se basant uniquement sur ses postures et ses mouvements. Elle confirma et entendit son Professeur de Métamorphoses haleter une fois de plus, ce coup-ci, pour une bonne raison.

« Tu as été négligente », grommela Severus en examinant attentivement la blessure. « Pourquoi n'as-tu pas utilisé de bouclier ? »

« Je l'avais mis en place sur Harry », expliqua-t-elle. « Tout ce que je pouvais faire, c'était d'encaisser les coups à sa place et de le couvrir. »

Tandis qu'il nettoyait et soignait l'entaille à l'aide de la magie, elle lui envoya ses souvenirs de l'attaque et de sa réaction.

Bien, approuva Severus dans la tête de la jeune femme, Tu as plutôt bien réagi, mis à part pour la seconde baguette. Nous ferons de toi une véritable Serpentard un jour.

J'espère bien que non, rétorqua-t-elle avec espièglerie, puis elle mit fin à leur contact visuel.

« Ce qu'il y a de bizarre, c'est qu'il savait exactement où nous étions allés », songea-t-elle à haute voix.

« En quoi est-ce étrange », questionna Draco. « C'est le week-end de sortie à Pré au Lard. Pratiquement tout le monde y a été, même les Professeurs ! »

« Oui, mais nous ne nous étions pas rendus dans cette grotte depuis plus d'un an. Justin ne peut pas avoir informé à l'avance MacNair du lieu où nous nous trouverions. Ce qui veut dire qu'ils ont un moyen de communication instantanée ou que Justin l'a rencontré quelque part, et qu'il lui a indiqué où nous nous trouvions en petit bonus. Je me demande si… »

Ce fut le claquement de la porte de la cuisine qui les sortit de leurs pensées. Puis ils s'intéressèrent à leur repas. Severus avait agrandi la petite table que Hermione et lui utilisaient pour manger et l'avait dressée avec de la belle porcelaine et de l'argenterie.

Jane salua Hermione d'un large sourire et Draco avec un regard méfiant, probablement à cause des histoires que Dobby avait du lui raconter au sujet des Malfoy. Elle serra la main de Mac Gonagall et conseilla à Severus de contrôler 'un peu sa mauvaise humeur, au moins jusqu'à la fin de la soirée'. Puis, laissant les occupants de la table étourdis et légèrement accablés, elle transplana pour une autre soirée d'enseignement.

Tandis qu'ils profitaient de l'excellent dîner concocté par Jane, Severus et Minerva s'adonnaient joyeusement à leurs habituelles chamailleries. Minerva avait lu un livre moldu qui représentait parfaitement Severus'. Les Hauts de Hurlevent, elle était capable de réciter des passages entiers, de se souvenir des moments les plus dramatiques. Severus contre-attaqua en déclamant de longs passages de l'Odyssée et de l'Iliade, qui, selon lui montrait clairement que quelqu'un se nommant 'Minerva' ne pouvait absolument pas faire preuve de bon sens concernant le caractère des gens.

Au début, Draco avait été choqué de voir les Directeurs de deux maisons concurrentes en si bon terme, mais après avoir surmonté la première angoisse causée par le fait d'être assis entre les deux personnes qui se chamaillent le plus sur terre, il finit même par placer une ou deux remarques acerbes en faveur de son Maître des Potions.

Quand Minerva l'accusa de soutenir son Directeur de Maison, Severus se contenta de relever légèrement la tête, puis informa sa collègue qu'il était parfaitement capable de se défendre tout seul et qu'il n'avait besoin de personne pour ça.

« Qui défend la vérité ne peut que récolter l'honneur. » Draco avait cité d'un air insolent une des devises préférées de Godric Gryffondor, et Minerva ne put retenir un sourire.

Mais Hermione ne participait pas aux railleries. Elle observait les autres et se concentrait sur son repas, en se remémorant silencieusement les événements de la journée encore et encore.

Jusqu'à ce qu'elle relève les yeux et rencontre ceux de Severus.

Tu es inquiète, pensa-t-il. Sa bonne humeur s'était évanouit instantanément. Pourquoi ?

J'ai dû sous-estimer le danger que représente Justin. Admit-elle silencieusement. Ce château est trop vaste et abrite trop de cancans pour contrôler complètement l'information. Et ce qu'il s'est passé aujourd'hui ne doit pas se reproduire. Imagine que Harry et Ron aient été tous seuls !

Je vais convaincre Albus de programmer une autre réunion avec ton fléau personnel et son bras droit. Proposa-t-il. Peut-être que le Directeur et moi pourrons leur faire comprendre les conséquences de leurs actions inconsidérées.

Ça ne résoudrait pourtant pas le problème de Justin, protesta-t-elle, et pas seulement parce qu'elle savait comment Snape se comporterait en face de Harry et Ron pendant une réunion de ce genre.

Alors nous devons trouver un moyen de maîtriser un peu plus Justin, ou il nous faut supprimer le danger qu'il engendre, répondit Severus en enroulant sa main autour de son verre d'un air absent. Des idées ?

Mis à part le dénoncer à l'Ordre… et je ne pense pas que ce soit très sage, répondit Hermione lentement. Ses pensées exprimaient clairement son désaccord avec cette option.

Les autres personnes autour de la table s'étaient tues. Draco avait compris ce qu'ils faisaient et essayait de ne pas les déranger. Quant à Mac Gonagall, elle les observait, une expression indescriptible sur le visage.

« Je me demandais ce que nous devions faire de Justin », expliqua Severus à haute voix. « Qu'en pensez-vous, Minerva ? »

« J'en dis que je ne savais pas qu'on pouvait utiliser la légilimencie de cette manière. C'est tout à fait remarquable », répliqua Minerva, surprenant tout le monde.

Severus soupira. « Il y a des fois où je me demande s'il est possible de vous cacher quelque chose, Minerva », répondit-il avec humour.

« Jamais bien longtemps », rétorqua-t-elle et cette fois, même Hermione ne put retenir un gloussement.

« Pour en revenir à Justin », dit-elle pour reprendre le cours de la conversation initiale. Mais elle fut surprise de voir Draco prendre la parole.

« Il me semble que nous avons trois options, si nous voulons éviter qu'une telle chose ne se reproduise. Premièrement, nous pouvons renvoyer Justin de l'école ou libérer ses parents, mettant ainsi fin à son boulot d'espion. Deuxièmement, nous pouvons le persuader de travailler pour nous comme agent double. » Il lança un bref sourire à Severus et Hermione, qui l'écoutaient attentivement.

« Et troisièmement », continua-t-il, « Nous pouvons trouver un moyen efficace et sûre de contrôler les informations qu'il fournit à MacNair, et vite. Je pensais justement au principe de l'Oubliette que vous avez utilisez sur moi. Peut-être que nous pouvons modifier le sortilège pour qu'il empêche Justin de révéler des informations trop importantes ou trop récentes. »

« La première option serait notre ultime recours », continua Mac Gonagall sur la pensée de Draco. « Je souhaiterais garder Justin à nos côtés le plus longtemps possible, mais nous devrions protéger ses parents, au cas où MacNair estimerait qu'il n'a plus besoin de Justin. Il faudrait les localiser et garder un œil sur eux. »

« C'est un point de vue intéressant », acquiesça Snape. « Je pense que nous pouvons également éliminer la deuxième possibilité. D'après ce que vous m'avez dit tous les deux », il hocha la tête vers Hermione et Draco, « et d'après ce que j'ai pu voir en classe, je dirai qu'il est un piètre espion. Il n'est même pas capable de servir un maître efficacement. Si nous l'approchions, il se trahirait immédiatement. »

« Ton idée de l'Oubliette, par contre », continua-t-il en gratifiant Draco d'un bref sourire, « est à considérer. Nous pourrions implanter dans sa tête un ordre pour qu'il vienne tout me raconter, via un hibou ou d'une autre façon, avant qu'il n'aille voir MacNair. Cela nous donnerait le temps d'évaluer l'information et de réagir si nécessaire. »

« Mais n'est-ce pas terriblement risqué », demanda Mac Gonagall. « Si MacNair s'aperçoit que l'esprit de Justin est sous contrôle, ou alors qu'il décide de présenter le garçon à Voldemort, il n'aura aucune chance ! »

« Exact », accorda Severus. « Protéger Potter de cette manière augmenterait les risques pour Justin. »

« Cela veut dire que nous jouerions avec une vie innocente, Severus », dit Mac Gonagall sur un ton d'avertissement, n'aimant visiblement pas ce qu'ils mijotaient.

Severus sourit légèrement en entendant ce commentaire. « Je vais nous épargner une discussion philosophique sur l'innocence », répondit-il. « Votre point de vue est tout à fait valide. »

Soudain, il se tourna vers Hermione qui avait suivi la discussion, les yeux sombres et pensifs.

« Qu'en penses-tu, Hermione ? », demanda Severus. « Après tout, c'est toi qui l'a démasqué et ça le place en quelques sortes sous ta responsabilité. Le protéger ou l'utiliser un peu en en risquant sa vie par la même occasion. »

Draco sentit la colère monter en lui à la suite des mots de Severus. Il savait combien Hermione se sentait responsable des gens autour d'elle. Placer ce fardeau sur ses épaules lui semblait totalement injuste.

Mais Hermione demeura calme, et lorsqu'elle répondit finalement à la question de son mentor, ce fut avec la logique froide de l'espion, et non pas avec l'émotivité des Gryffondors.

« Je crois que nous devons prendre le risque », dit-elle doucement, et quand Mac Gonagall s'effondra contre son dossier en signe de protestation, elle leva une main pour réclamer le silence.

« Je sais ce que je dis, Professeur, et je sais que ça peut entraîner la mort de Justin et de ses parents. Mais la guerre n'est pas juste, et des gens innocent meurent tous les jours. Qui suis-je pour décider qui sauver : Justin ou les gens que je peux sauver grâce à quelques informations supplémentaires ? Justin est coincé dans une situation totalement épouvantable mais cette situation reste néanmoins stable, et il n'a jamais demandé l'aide d'un élève ou d'un Professeur. »

Elle soupira de lassitude. « Nous ne pourrons gagner cette guerre que si nous gardons en tête une vision d'ensemble de ce qui se passe, c'est quelque chose que j'ai appris au contact du Professeur Dumbledore. Et pour être franche, dans cette course contre la montre, la vie de Harry est plus importante que celle de Justin. »

Le silence tomba dans la pièce. L'amusement et la joie de chacun avaient volé en éclat et tous les yeux étaient tournés vers Severus.

« Je suis d'accord avec Hermione », dit-il avec une expression sinistre sur le visage, et après une pause qui sembla bien trop longue dans le silence pesant. « Nous sommes donc décidés, alors. Les parents de Justin seront protégés du mieux que nous pourrons, mais Justin va devenir un espion de MacNair sous mon contrôle. »

Et Hermione, dont le visage était éclairé par la lueur des flammes et les yeux brillaient comme des diamants, acquiesça lentement.

« Sa vie est entre mes mains », murmura-t-elle. Cette phrase sonna comme une prière aux oreilles des autres.

Mac Gonagall se contenta de la regarder, toutes les protestations qui lui étaient venu à l'esprit s'étaient envolées. Ses yeux étaient fatigués et insondables.

« Vous avez vraiment grandi, ma chère », dit-elle finalement. « Je ne sais pas si je dois en être fière ou en être triste. »

« Soyez-en heureuse », répondit Severus quand Hermione ne réagit pas, toujours perdue dans ses pensées. « Parce que nous n'aurions pas pu nous passer d'elle dans cette guerre. »


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