Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm

Avant de commencer, je tiens à m'excuser d'avoir marquer, l'Iliaque au lieu de l'Iliade, c'est un beau lapsus je dois dire, étant donné que dans ma profession, je parle souvent des crêtes iliaques. J'ai d'ailleurs corrigé la faute immédiatement, même si plusieurs d'entre vous ont eu le temps de s'en apercevoir. Mais rassurez-vous, je suis bien au courant qu'il s'agit de l'Iliade. Je ne pousserais pas le vice, comme certains quand on leur parle de l'Odyssée, à dire que 'je n'ai pas vu le film' ! Toutes mes excuses, mais ce n'était finalement qu'une erreur de frappe…


RAR :

Xavéria : Et oui, que veux-tu, certains sont plus longs à la détente que d'autres, mais tu vas voir, les deux garçons vont avoir une petite surprise !

El diablo : La réponse à ma question est parfaite (c'est bien ce que je pensais !), alors bonne lecture, Monsieur la Diablesse…

Ira Lea : Décidément, tu t'inquiètes beaucoup pour Justin ! Désolée, on ne parle pas de lui dans ce chapitre, mais lis le quand même, il fait avancer l'histoire ! lol

Me : Merci beaucoup, voilà la suite.

Elise : Arrête, je vais rougir. Bonne lecture.

EmmaD : Bien sûr que j'ai lu les chapitres 37 et 38, je les ai adoré, et j'ai aussi remarqué leur longueur ! Pauvre de moi ! lol

Malfoyhermy : Un chapitre, un ! Régale-toi.

Moggliesmad : La marque des ténèbre aperçue par Ron ou Harry, c'est une idée intéressante… Pour info, le chapitre s'intitule : Découverte, c'est plutôt explicite, non ?

Bohemio : Une suite tu as demandé, une suite tu as. Bonne lecture.

Lillas : Ravie de pouvoir t'aider dans ta lecture, c'est le but. Bisous.

Alys : Merci, c'est agréable d'avoir une review pleine d'onomatopées ! Quel enthousiasme ! Alors je ne te fais pas attendre et te livre la suite.

Spinel : Merci pour tes encouragements. J'espère que la suite va te plaire, moi je trouve la fic de plus en plus palpitante !


Chapitre 30 : Découverte (1ère partie)

Remus Lupin aurait pu se gifler. En baissant les yeux sur la fiole plutôt grande mais désespérément vide, il se demandait comment ceci avait pu se produire.

Il se maudit pour sa négligence. Il était devenu trop distrait en ce qui concernait l'utilisation de la potion Tue-loup. Aujourd'hui, il avait besoin d'en prendre en prévision de la pleine lune du lendemain, et il ne lui en restait pas une seule goutte.

Cela signifie que tu as trop pris tes aises, Remus, se dit-il en colère contre lui-même. Vigilance constante !

Il y avait un autre problème.

Severus était déjà avec Albus, à discuter de quelques points avant que la réunion de l'Ordre ne commence. Ces points semblaient porter sur Ronald Weasley et Harry Potter, sur leur mauvaise habitude de quitter la salle commune à la nuit tombée.

Remus était en pleine réflexion lorsqu'il quitta ses quartiers. Severus lui avait demandé de ne plus pénétrer dans ses appartements sans l'en informer au préalable, mais Severus n'était pas là, et il n'aimait pas l'idée de le déranger quand il était avec le Directeur, en particulier pour quelque chose d'aussi embarrassant que l'oubli potentiellement dangereux de sa potion.

Il savait exactement où se trouvaient les importantes réserves de Tue-loup que Snape entreposait dans son laboratoire, et il avait appris à effectuer les dernières manipulations nécessaires pour stabiliser la potion. Donc, pas besoin de le déranger.

Il se sentait toujours nerveux et coupable lorsqu'il posa ses mains contre la sombre tapisserie. Il n'était pas rentré depuis plus de trois mois, et Severus serait furieux s'il le trouvait dans ses appartements.

Quand il pénétra dans la bibliothèque par la porte cachée, la grande pièce était sombre à l'exception de la lumière vacillante de la cheminée. Il allait se diriger vers l'escalier en colimaçon lorsque ses oreilles, rendues plus fines par l'approche de la pleine lune, perçurent un son qui le fit stopper net.

Un bruit de respiration provenait du large et confortable canapé sur lequel il s'était souvent assis lorsque Severus et lui discutaient des résultats de leurs expérimentations.

« Severus ? », appela-t-il en brisant ainsi le silence presque complet. Aucun mouvement sur le canapé, juste le son d'une respiration, superficielle et courte. Sans savoir pourquoi, il associait ce qu'il entendait à la maladie. Prudemment, il se rapprocha.

« Severus, je suis désolé, je ne voulais pas te déranger, mais j'ai besoin de ma potion. Je pensais que tu étais avec Albus… Oh, mon Dieu ! »

L'odeur du sang le frappa en plein visage. Quelqu'un avait dû être blessé grièvement pour qu'une telle odeur se dégage.

Oubliant les excuses qu'il venait de formuler, Remus se précipita vers le canapé, son cœur battait vite et lui faisait mal dans la poitrine. Etaient-ils enfin parvenus à mettre hors d'état de nuire le Traître ? Au moins, il était vivant, il pouvait toujours percevoir sa respiration.

« Lumos », murmura-t-il doucement, et la pièce fut soudain baignée d'une douce lueur. C'est à peine si un cri lui échappa en voyant qui était devant lui.

C'était Hermione Granger, battue et meurtrie, et seul un résidu d'énergie maintenait en vie la jeune fille qu'il avait appris à apprécier. Il y avait du sang partout. Son uniforme en était imbibé, ses cheveux collaient et son visage ainsi que son cou étaient rouges de ce liquide poisseux.

Sa jambe gauche formait un angle totalement inhabituel, et son visage, de ce qu'il arrivait à en voir sous le sang, était enflé à cause de vilaines blessures. Quelqu'un n'avait pas seulement essayé de la blesser, cette personne avait essayé de la détruire.

« Miss Granger », appela-t-il à bout de souffle. Mais elle ne réagit pas.

Que devait-il faire ? Elle ne pourrait certainement pas bouger, mais la cheminée de Severus n'était pas connectée au réseau de cheminettes, et elle avait besoin de soins et en urgence. De plus, il ne voulait pas la laisser seule, dans un endroit où elle avait été si cruellement martyrisée.

Après un instant d'hésitation, il la prît délicatement et l'installa dans ses bras. Un gémissement de peur et de douleur s'échappa des lèvres de la jeune fille. Remus n'aurait jamais cru entendre un tel son sortir de la bouche d'Hermione Granger. C'est pourquoi il maudit Severus pour lui avoir fait ça.

Comment cela avait-il pu se produire ? Même si les relations qu'il entretenait avec Severus s'étaient quelque peu détériorées, il n'avait pas cessé de respecter l'homme, et ce malgré leur divergence de point de vue concernant les méthodes d'enseignement.

Mais blesser un étudiant ? Non, se corrigea-t-il lorsque ses yeux se posèrent sur la silhouette flasque qu'il portait à travers les couloirs de Poudlard, il ne l'avait pas blessée. Il l'avait torturée. Détruit son corps et peut-être même son esprit.

Snape était-il devenu fou ? Etait-il un imposteur, comme Maugrey trois ans plus tôt ? Ou est-ce que la fin de son rôle d'espion avait libéré quelque chose, un sombre désir qu'il avait assouvissait différemment avant ?

Son esprit était partagé entre la profonde inquiétude qu'il éprouvait pour l'étudiante qu'il tenait dans ses bras et la colère furieuse envers son collègue. Remus se précipita vers la classe de potion et utilisa la cheminée qui s'y trouvait pour transporter Hermione jusqu'à l'infirmerie.

Madame Pomfresh, alertée par leur arrivée, laissa échappé un hoquet de surprise à la vue qui s'offrait à elle.

« Que s'est-il passé ? », murmura-t-elle tandis que Remus déposait délicatement Hermione sur un des lits de l'infirmerie. « Qui lui a fait ça ? »

« Snape », répondit Remus froidement, et il fut récompensé par un autre hoquet de stupeur. « Je vais aller le chercher pour ce qu'il a fait, Pompom. Ne laissez entrer personne à part Dumbledore et moi-même pour l'instant, d'accord ? »

Madame Pomfresh acquiesça silencieusement et Remus se précipita à l'extérieur, avant même que l'infirmière n'ait commencé à travailler. Il devait trouver Snape avant que celui ne s'aperçoive de la disparition de sa victime. Remus savait parfaitement combien un sorcier tel que Snape pouvait être dangereux, et la meilleure chance qu'il avait de le capturer était de le surprendre.

La distance entre l'infirmerie et le bureau de Dumbledore lui sembla plus longue qu'à l'habitude, même s'il lui fallu moins de trois minutes pour atteindre la gargouille de pierre et lui donner le mot de passe.

Toutes ses pensées étaient dirigées vers les blessures et les gémissements d'Hermione Granger, ainsi que vers l'homme responsable de son état. C'est pourquoi il ouvrit la porte du bureau violemment, sans même frapper avant.

Ses yeux se fixèrent immédiatement sur Snape, qui se tenait près du feu avec son attitude intimidante habituelle. Il s'en prenait encore à Ron et Harry. Les garçons, tout comme Dumbledore, sursautèrent lorsque la porte claqua contre le mur, mais Remus ne sembla pas les remarquer. Toute son attention était portée sur Snape, la colère l'envahissait peu à peu.

« Espèce de salaud », cria-t-il. « Que lui as-tu fait »

« Allons, Remus », tenta de le calmer Albus d'une voix plutôt confuse. « Je suis sûr qu'il n'y a aucune raison d'utiliser un tel ton ! »

« Oh, mais il y en a une, Monsieur le Directeur », grogna Lupin en se rapprochant du Maître des Potions. « Il se trouve que votre précieux espion n'est en réalité qu'un monstre pervers ! »

Il avait presque atteint Snape qui s'était levé de sa chaise et le regardait avec un rictus méprisant sur le visage.

« Ce doit être à cause de la pleine Lune de demain, Albus », commenta-t-il sur un ton moqueur. « Je ne comprends pas un mot de ce qu'il dit. »

« Tu sais parfaitement de quoi je suis en train de parler, alors cesse d'être aussi arrogant, Snape ! » D'un geste rapide, Remus attrapa Snape à la gorge, en l'éloignant de sa chaise pour le plaquer contre le mur. Snape tenta vainement de se débattre, mais il avait été pris par surprise et ne pouvait rien faire face à la force du loup garou.

« Comment as-tu pu faire ça, Snape ? » Les yeux de Remus s'emplirent de larmes d'incrédulité et de déception.

« Faire quoi, Lupin », gronda Snape. « Mets de côté ton idiotie typique de Gryffondor et fais preuve de bon sens. Lâche-moi immédiatement ! »

« C'est une de tes étudiante, pour l'amour de Dieu », cria Remus en ignorant les paroles du Maître des Potions. « Et tu l'as massacrée ! Comment as-tu pu faire ça à un être humain ? Tu l'as torturée ! »

La compréhension et l'horreur se lut soudain sur le visage de Severus. Il referma ses mains sur celles de Remus.

« Me parles-tu d'Hermione ? », demanda-t-il pour en avoir le cœur net.

Les yeux de Harry et Ron s'agrandirent en entendant la question, mais aucun des adultes ne sembla le remarquer. Albus s'était enfin levé, ses mains étaient agrippées au coin de son bureau et ses yeux ne reflétaient rien d'autre l'inquiétude et l'étonnement.

« Hermione ? Ne t'avise même pas de l'appeler encore une fois par son prénom ! Quand j'en aurai fini avec toi, je t'interdis de chercher à la revoir ! Vous voyez, Albus ? » Remus s'était retourné vers le Directeur, une immense fureur se lisait sur son visage. « Il sait parfaitement de quoi je parle ! Il a même admis l'avoir abusée ! »

« Qu'as-tu fait d'elle, triple idiot ? », demanda Severus en se retenant à peine de hurler.

« Ce que je lui ai fait ? » Remus n'en croyait pas ses oreilles.

Je suis allé dans tes appartements ce soir car ma potion Tue-loup était presque finie », grogna-t-il en serrant un peu plus ses mains autour de la gorge de Snape. Quand je suis entré dans ta bibliothèque, j'ai trouvé Hermione Granger sur ton canapé, blessée et couverte de sang, sa jambe était complètement broyée ! Je l'ai amenée à Madame Pomfresh, évidemment. Dans l'état où elle était ! Je n'ai jamais cru les rumeurs qui couraient sur toi, mais finalement, tu es un véritable monstre, Snape ! »

« Mais quel imbécile ! » D'un mouvement si rapide que même Remus ne l'avait pas vu, Snape avait utilisé la magie sans baguette, rejetant ainsi le loup garou sur le mur de derrière. Severus resta un instant figé par l'effort qu'il venait de produire, puis il secoua la tête de manière à chasser les vertiges qu'il éprouvait.

Ce dernier se précipitait déjà vers la porte du bureau. « Je dois la ramener immédiatement dans mes appartements. Veillez-y, Albus », demanda-t-il, non, ordonna-t-il au Directeur, et il quitta ensuite la pièce en courant. Ils purent entendre ses pas précipités dans les escaliers, puis, plus rien.

Harry, Ron et Remus le fixèrent, incrédules et sous le choc.

« Vous ne pouvez pas le laisser s'en tirer comme ça, monsieur le Directeur », lâcha Remus d'une traite. « Il va lui faire du mal ! C'est votre devoir de protéger Miss Granger ! »

« Es-tu en train de dire que Snape a maltraité Hermione d'une manière ou d'une autre ? », voulut savoir Harry d'une voix tremblante. Ron continuait de fixer la porte ouverte comme s'il pouvait encore voir la silhouette de Snape s'éloigner.

« Pas seulement maltraitée », répondit Remus sinistrement, trop en colère pour mesurer ses paroles face aux étudiants. « Je dirais plutôt qu'il l'a battue puis laissée pour morte ! »

Une fois encore, il se tourna vers Dumbledore, le visage envahit par la colère. « Je n'arrive pas à croire que vous restiez planté là, Albus ! Si vous ne faites rien, c'est moi qui vais m'en charger ! »

Il se dirigea alors vers la porte, mais la voix fatiguée de Dumbledore le stoppa net dans son élan.

« Je peux t'assurer que Severus n'est pas un danger pour Hermione. Je préfèrerais parler de tout ceci ici, dans mon bureau. Après tout, Severus et Hermione n'ont pas besoin de nous avoir dans les jambes ! »

« Vous ne l'avez pas vu, Albus », protesta vigoureusement Remus, une main sur la poignée. « Et nous savons tous que vous faites une confiance aveugle à Snape ! Jusqu'à présent, j'ai toujours suivi vos directives, mais je vais vous dire une chose, monsieur le Directeur : Tant que cette histoire ne sera pas éclaircie, tant qu'Hermione ne m'aura pas expliqué de quoi il retourne, je ne la quitterai pas des yeux une seconde. »

Ceci dit, Remus sortit en courant du bureau pour suivre Snape jusqu'à l'infirmerie, Harry et Ron sur les talons. Dumbledore les suivit à distance, le visage inquiet et empli de tristesse.

L'heure des explications avait finalement sonné.

Quand ils rattrapèrent Snape, ce dernier avait déjà quitté l'infirmerie et tenait le corps mou d'Hermione contre son torse. Elle semblait aller mieux, l'infirmière l'avait évidemment nettoyée et elle avait réparé ses robes, mais la jambe tordue de la jeune fille soulevait toujours le cœur de Remus, et d'après les cris choqués qu'il entendit derrière lui, Harry et Ron ressentaient la même chose.

« Il était temps, Albus », dit Snape en s'adressant au Directeur, ignorant totalement le Professeur en colère et les étudiants qui le suivaient. « Je l'ai soumise à un charme de sommeil qui devrait être suffisant le temps de revenir à mes appartements. Heureusement, Pompom avait seulement commencé à la laver quand je suis arrivé. J'ai emmené Hermione et effacé la mémoire de Pompom. Elle sera totalement incapable de parler de ce qu'elle a vu à qui que ce soit. Nous avons eu de la chance. »

« Tu l'as fait sortir de l'infirmerie malgré son état ? » Remus n'en croyait pas ses oreilles, ni même ses yeux lorsqu'il vit du soulagement dans le regard de Dumbledore. « Mais elle a été… »

« Torturée, en effet », le coupa sèchement Snape. « Et torturée par le meilleur. Albus, nous n'avons pas le temps pour ça ! Je dois absolument retourner dans mes appartements. Si elle se réveille ailleurs… »

« Aurais-tu peur qu'elle raconte à quelqu'un ce que tu lui as fait subir », cracha Remus, ne comprenant toujours pas ce qui se passait autour de lui. Et dire qu'il lui avait confié sa vie d'innombrables fois !

Snape se contenta de soupirer, exaspéré puis il reprit sa course dans les couloirs vers les cachots, une fois encore.

Ce fut Dumbledore qui se tourna vers eux, le visage fatigué et vieux, pour tenter de leur expliquer une nouvelle fois.

« Severus ne l'a absolument pas blessée, je vous l'assure. Hermione s'est mise dans une… situation délicate dernièrement, et Snape a tenté de l'aider du mieux qu'il a pu. Je préfère en parler dans mon bureau si vous n'y voyez pas d'inconvénients. »

« Oh, mais si ça nous pose un problème », répondit Harry en colère. « Hermione n'aurait jamais été parler de ses problèmes à Snape ! Elle hait ce bâtard graisseux au moins autant que nous ! »

« Quoi que vous puissiez dire, Albus, nous avons l'intention de rester avec elle », lâcha Remus, à bout de patience, puis il suivit le chemin du Maître des Potions à grandes enjambées dans les couloirs.

Seules la présence de Dumbledore et son apparente confiance en Snape avait empêché Remus de s'emparer d'Hermione et de disparaître avec sans corps inerte. Les visages sinistres qu'arboraient Harry et Ron, qui suivaient son allure soutenue et jetaient des regards meurtriers au dos de leur Professeur, firent comprendre à Remus qu'ils ressentaient la même chose que lui.

Ils rattrapèrent Snape devant la porte de son bureau. Il se retourna, la colère flamboyait dans ses yeux.

« C'est hors de question ! » Ce n'était même pas un ordre, juste une constatation, et normalement, Remus l'aurait accepté sans insister. Mais aujourd'hui, il ne s'agissait pas de lui.

« Je ne vais pas la laisser seule avec toi, Snape », siffla-t-il, toute colère dirigée contre son vieil ennemi.

Une nouvelle fois, Snape se tourna vers Dumbledore, ignorant totalement les trois visages rageurs qui lui faisaient face.

« C'est impossible, Albus. Si elle les voit à son réveil, elle va devenir complètement folle. Je n'ai pas l'intention de risquer son bien-être à cause de la stupidité de ces imbéciles. »

« Elle va être morte de peur quand elle va vous voir, espèce de salaud ! », hurla Ron, en regardant le Directeur d'un air implorant. « Professeur, comment pouvez-vous lui permettre de la toucher ? Il lui a fait du mal ! »

« Malheureusement », expliqua Dumbledore à Severus, « Ils ne croient pas un traître mot de ce que je dis. Donc, pour éviter une nouvelle émeute, nous allons devoir leur permettre de rester avec elle jusqu'à ce qu'Hermione se réveille et leur explique tout. »

« Un sortilège Oubliette, alors », réclama Snape sur un ton glacial, et l'espace d'un instant, Dumbledore sourit en se remémorant la nuit dans son bureau où Hermione avait exigé qu'il soit fait la même chose à Severus. Comme ils se ressemblaient !

« J'ai bien peur que ce ne soit pas une option, mon cher », répondit-il calmement, mais avec la même fermeté que ce fameux soir. « Nous allons rester avec vous. »

Les yeux de Snape passèrent de Remus, à Harry puis Ron, en les toisant sans chercher à cacher le dégoût qu'ils lui inspiraient.

« Venez, alors », dit-il hargneusement. « Nous n'avons pas de temps à perdre ! »

Il ne laissa pas à Ron et Harry le temps de regarder avec stupeur les pièces hostiles et si peu accueillantes, pas plus qu'il ne fit attention à leur visages étonnés quand ils le suivirent par le passage secret.

« Où était-elle ? », demanda-t-il à Remus en observant la pièce avec attention.

« Tu devrais le savoir mieux que moi », répliqua Remus avec un brin d'amertume. « Où tu l'as… déposée ? »

« Où ? », il n'y avait même plus de rage dans la voix de Snape, seulement de l'inquiétude et de l'urgence.

« Là-bas », Remus pointa du doigt le canapé où il l'avait trouvée. « A côté de la cheminée. »

Severus acquiesça, et doucement, gentiment même, il la déposa sur le canapé. Avec la facilité de l'habitude, il enleva la baguette d'Hermione de la poche de la cape de la jeune femme, puis, lui souleva la jupe.

Harry haleta et tenta de se ruer sur eux, sans s'apercevoir qu'il était retenu par la main ferme du professeur Dumbledore, tout comme Ron qui avait réagi de la même manière. Ses yeux désespérés rencontrèrent ceux de Remus où il pouvait lire des sentiments identiques aux siens : colère, impuissance et incrédulité.

Les yeux de Remus s'arrondirent lorsque les mains de Severus remontèrent le long des cuisses d'Hermione. Il voulut s'approcher et empêcher ces mains abusives, et ce malgré le regard d'avertissement de Dumbledore, quand soudain, la jupe remontée révéla deux étuis noirs, le premier à gauche et le second à droite. Ils étaient maintenus en haut des cuisses de la jeune femme grâce à de solides cordelettes en cuir. Prudemment, Snape en sortit deux poignards qui scintillaient à la lueur du feu. Il ouvrit ensuite sa propre cape pour révéler deux étuis similaires accrochés à sa taille. Il y rangea rapidement les poignards d'Hermione avec habileté.

Puis il déshabilla Hermione avant de la recouvrir d'une couverture soyeuse. Il plaça une chaise à côté de la cheminée, là où son visage était éclairé par la lueur du feu, mais de manière à ce qu'il puisse également voir clairement celui d'Hermione.

Finalement, il se retourna et marcha vers les autres.

« Prenez donc un siège », leur proposa-t-il sans le moindre enthousiasme. « Elle va dormir pendant un certain temps encore, et nous ne pouvons rien faire avant qu'elle ne reprenne connaissance. Mais ne vous asseyez que là où elle ne pourra pas vous voir immédiatement. Ce serait dangereux si elle se réveillait et voyait quelque chose d'inattendu. »

« Nous ne pourrions pas la mettre en danger de cette façon », protesta Remus haineusement.

Snape lui sourit en retour, et Ron tout comme Harry qui n'avait jamais vu leur Maître des Potions sourire ainsi furent choqués de voir son visage se métamorphoser de la sorte. Il semblait soudain plus jeune, plus jeune et étrangement plus attirant. Tous deux frissonnèrent à cette pensée.

« Je ne pensais pas à ça », rétorqua Severus sèchement. « Je voulais dire que ça risquait d'être dangereux pour vous. Prenez Hermione au dépourvu et elle serait bien capable de vous étrangler de ses propres mains. »

« Ridicule », siffla Harry. « Hermione ne ferait jamais une telle chose. Elle ne ferait pas de mal à une mouche. En plus, elle n'a jamais été bonne en sport. Elle n'a aucune chance face à Remus ! »

Une fois encore, un sourire illumina le visage de Snape l'espace d'une seconde avant de disparaître.

« Vous seriez surpris », se contenta-t-il de dire avant d'indiquer encore les chaises qui se trouvaient en retrait du canapé.

Lentement, hésitants, ils le suivirent. Aucun d'entre eux ne souhaitait s'asseoir et s'immerger dans une atmosphère où la conversation serait civilisée, mais en même temps, ils ne savaient pas quoi faire d'autre.

Remus était complètement perdu. Quand il avait trouvé Hermione couverte de son propre sang, tout lui avait semblé très clair, mais maintenant, il se demandait s'il ne s'était pas trompé sur toute la ligne.

Quelque chose d'étrange se produisait dans cette pièce, qu'il n'arrivait pas à saisir et il réalisa brusquement qu'il devait lui manquer quelques pièces importantes du puzzle.

« Ne devrions nous pas soigner ses blessures ou quelque chose comme ça ? », le dérangea Ron alors qu'il était en pleine réflexion, à observer avec peine l'arrière de la tête d'Hermione.

Snape secoua la tête.

« C'est trop dangereux », expliqua-t-il. « Je ne sais pas quels sorts ils ont utilisé. Quelques fois, ils lui préparent une mauvaise surprise pour s'assurer qu'elle ne demandera pas d'aide. De plus, ses blessures ne sont pas assez graves pour qu'il faille les soigner en urgence, sinon elle m'aurait appelé. Si elle s'est contentée de dormir, c'est qu'elle en avait besoin. »

« Vous semblez avoir développé une charmante petite routine, ici », commenta Harry amèrement. « Combien de fois cela s'est-il produit ? Et qui sont ces 'ils' ? »

D'un geste de la main, Snape balaya les questions. « Je n'ai pas le temps pour ça, Albus. Je ferais mieux d'être à ses côtés quand elle se réveillera. Chargez-vous en. Après tout, c'est vous qui avez tenu à ce qu'ils soient mis au parfum. »

Reniflant de dégoût, Severus quitta le petit groupe et s'installa dans le fauteuil qu'il avait placé près de la cheminée. Il prit un livre sur le rebord de la cheminée, un petit livre relié de cuir rouge, et l'ouvrit à l'endroit du marque-page. Quelques minutes plus tard, il semblait avoir oublié leur présence.

Remus se demanda s'il les provoquait délibérément ou s'ils lui étaient totalement indifférents. Il n'avait vu qu'une fois aussi absorbé dans une activité, et c'était il y a quatre ans quand il l'avait regardé préparé la potion Tue-loup, l'une des potions les plus difficiles qu'il ait jamais préparé. Il y avait quelque chose dans sa façon de veiller sur Hermione Granger, une intensité, une concentration qui stupéfiait Remus.

« Expliquez », exigea-t-il de Dumbledore, mais avec moins de verve qu'auparavant.

L'histoire que leur raconta Albus était absurde, complètement incroyable mis à part le fait qu'ils étaient actuellement témoin d'une preuve irréfutable. D'après le Directeur, Hermione était venu le voir il y a quatre mois pour l'informer qu'elle faisait désormais partie des Mangemorts. Depuis ce jour, elle était devenue un informateur des plus précieux pour l'Ordre ainsi que la favorite particulière de Voldemort. Snape, leur avait dit un Albus épuisé, lui avait enseigné l'art de l'espionnage et l'avait aidé à supporter les 'effets secondaires' engendrés par son activité.

Les yeux ronds, la bouche légèrement ouverte, Ron et Harry écoutaient l'histoire délirante intitulée 'Hermione l'agent double'. Remus imaginait parfaitement la tête qu'il faisait : il ne devait pas avoir l'air plus intelligent que les deux garçons.

Il avait toujours considéré Hermione comme une fille sensible, très intelligente évidemment, mais d'une certaine façon plus normale que Ron et Harry, plus terre à terre, et certainement plus prudente que les garçons. Ça n'avait pas de sens.

« Mais pourquoi aurait-elle fait ça ? », demanda Harry d'une voix désespérée, en essayant de comprendre l'idée qui avait traversé l'esprit d'une Hermione si différente de celle qu'il connaissait. « Et pourquoi ne nous en aurait-elle pas parlé ? »

« Je ne crois pas un mot de tout ça ? », dit Ron, furieux. « Et Snape en est la preuve. Elle n'aurait jamais fait confiance à ce salaud ! »

La désapprobation de Dumbledore mourut sur ses lèvres quand ils entendirent un soupir étouffé provenant du canapé. Hermione se réveillait. Calmement et sans la moindre hâte, Snape ferma son livre et attendit.

Quelques secondes plus tard, elle ouvrit les yeux et gémit.

« Par Merlin, je deviens trop vieille pour ça », se plaignit-elle, en essayant de s'asseoir.

Soudain, il y eut un bruit derrière elle lorsque Ron se rua vers le canapé, les bras tendus vers elle, la voix exprimant un énorme soulagement tout en appelant Hermione par son nom. Le cri de rage de Snape fut couvert par le hurlement de colère et de peur, quand Hermione se contorsionna pour sauter à la gorge de Ron.

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Décidément, les réveils d'Hermione ne sont pas toujours des plus calmes !

Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Je crois que Ron va avoir du mal à s'en remettre…