Quand la Lionne se bat
Auteur : Kayly Silverstorm
RAR : Désolée pour les fautes, mais je n'ai pas eu le temps de relire, j'ai préféré vous publier le chapitre.
EmmaD : Juste un mot sur les accents : j'adore en mettre, je trouve que ça décore drôlement bien… lol, bon un peu de sérieux, je vais faire attention. Ron est un abruti, et mon opinion s'est confirmée lorsque j'ai lu le dernier chapitre qu'a publié Kayly…
Ira Lea : Oui, c'est vrai, on ne sait pas comment on aurait réagi à la place de Ron, mais c'est l'avantage d'être lecteur : on peut s'indigner de certains comportements, même si on n'aurait pas fait mieux. Lol. Tu vas découvrir ce qu'en pense Harry dans le chapitre ci-dessous.
Me : Toi pas aimer Ron ? Je crois que c'est l'avis général…
Lisamariegil : Voilà la suite… il suffisait de demander !
Bohemio : Bonne lecture…
Moggliesmad : Je continue, et ce week-end, c'est un chapitre de plus.
Malfoyhermy : Tiens tiens, les menaces reviennent… je cède, mais il ne faut pas en faire une habitude ! lol.
Samaele : Ravie que tu aimes, j'espère que la suite te plaira autant.
El diablo : As-tu remarqué que tu as des disciples, j'ai désormais trois diables ou assistant du diable ! Mon âme serait-elle perdue ?
Calypso : Je pense que pour assister à l'agonie de Ron suite à un meurtre commis par Severus, il va falloir patienter ! Bonne lecture…
Daisy : Merci beaucoup, dans ce cas, je n'ai qu'une chose à dire : place à l'histoire !
L'assistante du diable (Alys) : Holala, tu aimes les superlatifs toi. Une diablesse de plus, je suis gâtée, hein ! La voilà la suite…
Ptitoon : Encore une qui en a après Ron… Lol Bonne lecture, quand même.
Mélissa : La relation Hermione Severus devrait se concrétiser, mais quand, je ne sais pas encore, c'est à l'auteur d'en décider…
Spinel : Comme ça, tu trouves que Severus manque de 'pudeur'… Je crois que c'est parce qu'il aime sincèrement Hermione et quand il est avec elle, il fait totalement abstraction de ce qui l'entoure… Ah, l'amour ! En tous cas, merci pour tes encouragements et merde pour tes concours.
Chapitre 32 : Rassembler les indices
Après le départ de leurs invités non désirés, Severus ne bougea ni ne parla pendant un long moment. Pas plus qu'Hermione, d'ailleurs. Ils restaient là, elle, confortablement installée contre le torse chaud et légèrement animé de l'homme. Lui, était adossé à l'angle du canapé. Ils laissaient aller librement leurs pensées tourmentées.
Avant cette déplaisante mais brève confrontation avec les camarades d'Hermione, Severus était nerveux concernant la réaction de la jeune femme. Le compte-rendu qu'elle lui avait fait, avait permis à Severus d'avertir Hermione de la présence des intrus sans prononcer le moindre mot, grâce à leur échange mental.
Mais ils avaient été pris de court, elle avait déjà révélé bien plus qu'il ne souhaitait en dire aux deux imbéciles de Gryffondor. En effet, à chaque fois qu'elle revenait du repaire, ou se préparait à y aller, à chaque fois que ses émotions devenaient trop violentes, elle fermait son esprit et se protégeait derrière un mur d'acier grâce à ses talents d'occlumens.
Elle n'avait montré aucune émotion en apprenant la nouvelle, mais l'espace d'un instant, son esprit s'était transformé en une vaste étendue gelée et aride. L'équivalent mental de la Reine des glaces.
Tu sais qu'ils auraient fini par tout découvrir, lui avait-il dit silencieusement, et il l'avait sentie acquiescer dans sa tête. Tu devrais en profiter pour mettre les choses à plat avec eux. Et s'ils ne l'acceptent pas, nous pourrons toujours les soumettre à un sortilège Oubliette.
Il lui avait envoyé un sourire malicieux, uniquement pour lui prouver qu'il serait vraiment ravi d'effacer la mémoire de cet abruti de Harry Potter, ce à quoi elle avait répondu par un ricanement.
J'ai d'abord besoin de pendre une douche, avait-elle décidé. Et je ne veux pas qu'ils soient mis au courant de notre faculté à communiquer sans parler, Severus. Je vais donc répéter ça à haute voix.
Il avait alors mis en scène un nouveau spectacle, mais il espérait que le choc avait calmer cet infernal Weasley. Il avait même essayé de parler de manière polie avec eux, par Merlin. Mais le garnement s'était emporté et avait craqué.
Ça avait été spectaculaire en fait.
Et maintenant, elle était dans ses bras, souffrante et complètement épuisée. Il était sûr que les mots de ces imbéciles hantaient encore l'esprit de la jeune femme.
Severus ne s'était jamais considéré comme un homme de paix mais la quantité de rage qui circulait dans ses veines l'étonnait. Ronald Weasley venait juste de rejoindre le trio de tête des hommes à abattre, juste derrière Lucius Malfoy et le Seigneur des Ténèbres lui-même.
« Bien, ça s'est bien passé. » Hermione rompit le silence, d'un air las. « Je me demande pourquoi nous ne l'avons pas fait avant ? »
« Ça devait arrivé, tôt ou tard », lui rappela Severus, plutôt fier de ne pas avoir insulté ses amis Gryffondors. « Nous n'aurions pas pu continuer longtemps sans qu'ils ne l'apprennent. Et peut-être que cette histoire va motiver Potter à se servir de sa tête et à ne plus s'exposer aux pires dangers. »
Il soupira. « Même si je dois admettre que monsieur Weasley n'est définitivement qu'un idiot, comme je l'ai toujours dit. »
Il grogna intérieurement quand il a sentit se raidir dans ses bras. Elle avait vraiment besoin que tu lui rappelles ce fait, Severus. Brillante idée.
« Je suis désolée, Severus », dit Hermione. Sa voix exprimait la douleur et l'épuisement. « Le comportement de Ron est inexcusable. Je suis là, à les défendre par tous les moyens, et à la première occasion, ils prouvent que tu avais raison depuis le début. J'aurais pu le frapper, tant cette attitude est… insensée ! Tu ne le laisseras pas t'atteindre, n'est-ce pas ? »
« Et prendre les opinions de monsieur Weasley au sérieux ? Je préfèrerais me faire sauter la cervelle, Hermione », répondit Severus sèchement, mais il ne pouvait s'empêcher d'admettre que les mots du gamin avaient transpercé ses défenses et l'avaient touché là où ça faisait le plus mal.
« Et ne t'ai-je pas demandé de ne pas t'inquiéter autant du ressenti des autres ? Je n'arrive pas à croire que tu perds ton temps dans de telles futilités alors que tout ce que tu devrais faire, c'est te reposer et dormir ! »
« Oui, je sais », répondit-elle simplement. « Et d'habitude, je suis d'accord. Mais là, c'est complètement différent. »
« Veux-tu bien m'expliquer en quoi ça diffère ? », la questionna-t-il avec un soupir exagéré. Leur désaccord, au sujet de ce qu'il appelait la première règle de l'espionnage, les avait souvent mené à des conversations animées, voire des disputes à une ou deux reprises.
« Parce que c'est toi », rétorqua-t-elle simplement et tous les arguments de Severus s'évanouir pour faire place à une immense vague d'étonnement.
« Tu ne fais pas partie des 'autres'. Tu comprends. » Expliqua-t-elle, la tête reposant toujours avec confiance conte le torse de l'homme. « Lorsque je me suis assise ce soir, tous les gens auxquels je tiens le plus à Poudlard étaient réunis autour de moi. J'ai soudain réalisé que ce n'était pas Ron, ni Harry ou même Dumbledore qui compte le plus pour moi. C'est toi. Et je ne supporte pas que ton engagement envers moi soit à l'origine de souffrance pour toi ! »
Il y a six mois, il l'aurait méprisée pour avoir osé prononcer de tels mots, il y a un mois, il n'en n'aurait pas tenu compte. Maintenant, il baissait la tête pour déposer un doux baiser sur le front de la jeune femme.
« Ce n'est pas toi qui me blesse, ni même mon 'engagement', comme tu dis », répondit-il sérieusement, en sachant qu'elle détecterait immédiatement toute trace de mensonge ou d'euphémisme. « C'est Voldemort et l'influence qu'Il a sur notre société qui me blessent. Et tu fais déjà tout ce que tu peux contre ça. Donc ne t'inquiète pas pour moi. »
Le silence s'installa entre eux une nouvelle fois, un silence confortable entre deux personnes qui se connaissent bien.
« Penses-tu qu'un jour nous serons libres », avait subitement demandé Hermione. Il y avait tellement de désir dans sa voix que Severus en fut bouleversé. « Sans la guerre qui fait rage autour de nous, sans tous ces secrets et la peur constante ? Penses-tu que nous pourrons à nouveau marcher à la lumière du jour et faire tomber tous ces masques, tous ces rôles, tous ces faux-semblants ? »
« Je ne sais pas, Hermione », la voix de Severus était presque inaudible, un murmure pas plus fort qu'une brise. « Je ne sais pas. »
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo
Remus s'attendait à ce que Ron laisse échapper une autre salve d'insultes au moment où la porte de Severus se refermait sur eux, mais heureusement, la condition dans laquelle se trouvait Hermione l'avait réduit au silence. Il n'avait plus prononcé un mot jusqu'à ce qu'ils atteignent les escaliers qui les conduiraient hors des cachots.
Là, Draco qui avait marché aux côtés de Mac Gonagall, avait soudain ralenti et s'était tourné vers Albus.
« Il vaudrait mieux pour moi que je vous laisse, monsieur le Directeur », annonça-t-il avec un bref regard vers les deux autres Gryffondors. « Il y a eu suffisamment de… perturbations cette nuit. »
Albus hocha la tête brièvement, mais un sourire chaleureux s'empara de ses lèvres tandis qu'il saluait le Serpentard.
« Bonne nuit, Professeurs », les salua Draco, et soudain, son visage se ferma complètement, chassant toute trace d'émotion pour redevenir le masque froid et méprisant que Remus associait à Malfoy. « Potter, Weasley. »
Puis il tourna les talons et poursuivit son chemin dans les cachots.
Comment ai-je pu sous-estimer à ce point ce garçon ? Se demanda Remus tandis qu'il regardait la mince silhouette disparaître dans l'obscurité.
Comme tous les enseignants, il avait gardé un œil ouvert sur les potentielles recrues pour l'Ordre en vue de leur futur combat. Il avait tenu des réunions secrètes avec les Gryffondors, les Poufsouffles et les Serdaigles.
Mais je n'ai jamais daigné m'intéresser aux Serpentards !
Et encore une fois, abasourdi, il comprit que Hermione avait vraiment fait preuve de vivacité d'esprit.
Alors qu'ils avaient été aveuglés par leur ancienne haine, elle avait formé une alliance avec le Serpentard blond, et il avait prouvé qu'il savait être plus loyal que n'importe quel Poufsouffle envers son amie Gryffondor.
Il lui semblait désormais que ces deux étudiants leur avaient fourni la majorité des informations, donné une chance à l'Ordre de retrouver son rang face aux Mangemorts et un Ministère peu coopérant. Remus se demanda quand ce monde était devenu si ridiculement déroutant.
Il entendit Ron soupirer à côté de lui. Même s'il ne pouvait toujours pas prononcer un seul mot, le ton était des plus clairs : Malfoy aurait eu le droit à un commentaire agressif, si Ron avait pu parler. Mais Harry se contenta de secouer la tête, continuant à se taire, et les épaules de Ron s'affaissèrent en signe de défaite, comme si ce dernier avait abandonné tout espoir de revanche.
En silence, Remus, Minerva, Harry et Ron suivirent Dumbledore jusque dans son bureau où le cauchemar avait commencé, un peu plus tôt dans la soirée.
Dumbledore leur servi à tous un chocolat chaud, ce qu'il semblait considérer comme une sorte de remède, mais Remus s'aperçut que personne ne touchait à sa tasse. Ils semblaient envahi par le désespoir.
« Depuis combien de temps font-ils ça, Albus ? », demanda-t-il finalement.
« Hermione est devenue notre espion il y a cinq mois. Le… compromis dont vous avez été témoin ce soir se développe depuis novembre. Au début, c'était plus par grande nécessité, mais depuis, ça fonctionne plutôt bien. »
Ron renifla. « Quel beau compromis », dit-il amèrement.
Et finalement, l'explosion à laquelle s'attendait Remus depuis que Ron avait craqué la première fois, retentit. Avec vengeance.
« Monsieur Weasley », la voix de Minerva était froide et exprimait clairement son désaccord. Tous sursautèrent légèrement en l'entendant. Même le Directeur. « Jusqu'à ce soir, j'ai toujours été fière de ma Maison et de ses septièmes années. Mais vous… » Sa voix vibrait désormais de colère, et Remus tenta de devenir invisible. Il était aussi un Gryffondor, après tout. « … m'avez fait honte ce soir ! Et pas seulement à moi, mais également à votre Maison, ainsi qu'au statut de Préfet ! Je n'ai jamais vu un comportement aussi immature, aussi bête de la part d'un garçon de votre âge. Et le fait d'avoir aussi profondément blessé votre amie est une chose encore plus absurde ! »
Ron ouvrit la bouche, comme pour protester, mais les yeux de son Professeur se plissèrent et tout ce dont Ron fut capable, c'est de produire un son faible et étranglé comme si quelqu'un avait subitement pressé sa trachée.
« Non, monsieur Weasley, je ne veux pas entendre un seul mot de votre part ce soir ! Si cette situation n'était pas à mille lieux des affaires de cette école, votre Maison n'aurait plus eu de score positif jusqu'à la fin de l'année ! Je suis profondément, profondément déçue ! »
Sur ce, elle se leva et se dirigea vers la porte. « Je dois faire mes rondes, monsieur le Directeur », annonça-t-elle en conservant ce ton froid et sec. « Et si je trouve un seul Gryffondor dans les couloirs ce soir, il va le regretter chèrement ! »
Le claquement de la porte retentit comme un coup de tonnerre dans le silence ahuri.
« Minerva tient vraiment à Miss Granger, et est un peu protectrice envers elle », expliqua Albus avec un sourire fatigué qui reflétait le poids des années.
N'allez-vous pas leur dire qu'elle a absolument raison ? Se demandait Remus, mais un éclair de compréhension lui traversa alors l'esprit. Mais vous êtes trop politicien, n'est-ce pas Albus ? Vous êtes plus intéressé par l'idée de mettre fin à cette discussion plutôt que de critiquer leur comportement.
« Maintenant, comme je vous l'ai promis, je vous donne l'occasion de me poser toutes les questions que vous voulez. Mais je dois vous informer que suite à votre découverte, je vais devoir vous soumettre à un sortilège que nous avons appelé notre 'souvenirabsent' au sein de l'Ordre. Tous les membres en possession d'informations sensibles ont déjà été traités avec cet Oubliette auto déclencheur, et je peux vous assurer que c'est absolument sans danger. »
Vous protégez Miss Granger à votre façon, n'est-ce pas, Albus, songea Remus en observant les deux garçons acquiescer pour signifier leur consentement.
« Merveilleux », Dumbledore sourit en incarnant de nouveau le vieil homme pétillant, comme si les problèmes de la soirée étaient résolus. « Des questions, alors ! »
Remus qui débordaient de questions quelques minutes auparavant n'arrivait plus à en trouver une seule. En fait, il ne voulait pas. Il ne voulait même pas y penser, il ne voulait pas l'accepter.
Poser des questions signifierait que j'accepte tout ce chantier, pensa-t-il en colère. Et je ne suis pas prêt de le faire !
« Je n'arrive pas à y croire », cria-t-il soudain, toujours révolté contre l'inévitable. « Je veux dire, Hermione ! C'est toujours une enfant ! Constamment au milieu de ses livres, oui, mais je ne l'aurais jamais pensé capable d'une telle chose ! Ron, peut-être, ou toi, Harry, mais Hermione est tellement prudente d'habitude ! »
« Non, c'est faux. »
Tous furent surpris de voir Harry contredire Remus. Sa voix était profonde et Remus n'avait jamais entendu la voix de Harry sembler si vieille. Il n'avait pas parlé depuis qu'ils avaient quitté les appartements de Severus, pas plus qu'il n'avait parlé en présence d'Hermione.
Mais maintenant, Remus le regardait d'un air étonné et réalisa que Harry avait été occupé par d'autres choses.
Tandis que les autres essayaient d'assimiler leurs récentes découvertes, Harry avait eu le temps d'y réfléchir. Et de grandir.
Il y avait des traits d'inquiétude sur son visage qui n'existaient pas avant, ou peut-être leur avait-il caché de manière à ce que personne ne s'en aperçoive. Ses yeux avaient pris une teinte vert foncé. Cette couleur, Remus ne l'avait vu qu'une fois : quand le jeune homme était venu le trouver en troisième année pour apprendre le charme du Patronus. Ces yeux acceptaient l'inévitable, chose que Remus avait été incapable de faire, mais le regard de Harry lui présentèrent les événements sous une lumière nouvelle. Ses yeux étaient plus âgés que le nombre des années.
« Maintenant que j'y pense », continua Harry avec sa nouvelle et profonde voix. « C'est parfaitement logique. Après tout, Hermione était toujours la plus radicale d'entre nous, mais toujours de manière si discrète et mystérieuse que personne ne s'en apercevait. Ron et moi, nous faisions toujours beaucoup de bruit et de comédie, mais c'était Hermione qui nous sortaient des mauvaises passes, qui faisait appel à la ruse et nous apportaient les solutions. »
Albus le regardait, surpris, et Remus acquiesçait d'un air septique. D'après ses souvenirs concernant les escapades trio d'or, Harry avait toujours été celui qui les menait vers le danger.
« De quoi es-tu en train de parler, mon pote ? », demanda Ron, furieux. « Hermione était parfaitement inoffensive ! Je n'ai jamais… »
« Mais réfléchis un instant, Ron ! Remémore-toi les six années ! Une fois qu'Hermione a réussi à surmonter sa peur de la transgression des règles, elle est devenu la plus féroce de nous trois ! Qui a résolu l'énigme de Snape en première année alors que je ne comprenais même pas le poème ? Qui a menti aux Professeurs quand nous avons été confronté au Troll ? Qui a décidé de nous faire passer pour des Serpentards afin de pénétrer la salle commune des Serpentards en seconde année ? Qui a fabriqué la potion et volé les ingrédients dans la réserve personnelle de Snape ? Hermione ! »
Il adressa un bref sourire d'excuses aux Professeurs. « Vous n'auriez probablement jamais découvert ça, mais je crois qu'il y a prescription, maintenant, non ? C'est Hermione qui a découvert la nature du monstre ainsi que son mode de déplacement au sein de l'école. Elle avait même pensé à prendre un miroir pour aborder les coins de couloirs. »
« En troisième année, Hermione n'a pas hésité à se disputer avec Trelawney. Elle a découvert que Remus était un loup-garou bien avant nous et elle l'a gardé pour elle ! Elle a cogné Malfoy en plein visage et elle a réussi à garder secret son retourneur de temps pendant toute une année ! Nous la suspections seulement de nous cacher quelque chose. Elle a trouvé un plan pour sauver Sirius et Buck, elle a fait deux choses totalement illégales sans la moindre hésitation. »
Il pouvait voir les autres le regarder avec étonnement. Ils n'avaient probablement jamais réalisé la quantité d'événements qui s'étaient déroulés dans leur dos, mais il s'en fichait complètement, il devait continuer. Tous ces indices semblaient se mettre en place au fur et à mesure qu'il voyageait dans leur passé. Il s'étonnait seulement de ne rien avoir vu venir. Pourquoi avait-il cru que son Hermione était une jeune fille normale et brillante.
« Quatrième année ? Elle ne s'est pas embarrassée des règles pour m'aider un peu. Elle s'est débrouillée pour entretenir une relation avec Krum tout en préservant notre amitié, alors que nous étions concurrents. Et rappelle toi comment elle a tout découvert au sujet de Rita Skeeter ? » Il se tourna vers Ron qui le dévisageait avec une expression abasourdie.
« Au sujet de son statut d'animagus non déclaré ? Skeeter pouvait se transformer en coléoptère pouvait ainsi ramper dans les différentes pièces. Hermione l'a gardée prisonnière dans un bocal pendant des semaines. Ensuite, elle l'a fait chanter pour qu'elle ne publie plus aucun article sans son autorisation », expliqua-t-il aux Professeurs. Même Albus en restait bouche bée devant le garçon. Lui qui prétendait tout savoir, il se rendait compte qu'il ignorait beaucoup de choses du passé. Remus, quant à lui, sentait d'inquiétantes vagues le parcourir. C'était une sensation qui devenait presque habituelle ce soir.
« Elle a utilisé ce chantage en cinquième année pour publier l'article dans le Chicaneur, notre seule véritable victoire face au Ministère cette année-là. Elle est la seule à m'avoir averti des choses me concernant, comme l'immaturité de Sirius, les réelles intentions de Ombrage. Elle est la seule à m'avoir dit la vérité sur tout, franchement. Et elle a développé des charmes et des sortilèges de sécurité pour l'AD, sans mentionner le fait que cette association était son idée. Ce faux gallion qui me permettait d'informer tout le monde de la date de la prochaine réunion grâce à leur propre pièce ? L'idée reprenait le principe de la Marque des Ténèbres. Elle n'a eu aucun problème à la copier et à utiliser la magie noire pour sa propre utilisation. Pas plus qu'elle n'a eu de scrupules à conduire Ombrage dans la Forêt Interdite, en sachant pertinemment que Graup y était et que l'attitude de Ombrage serait à l'origine de la haine de la plupart des créatures magiques. »
« Elle a créé des sorts et des charmes en cinquième année ? », demanda Remus faiblement, et Harry acquiesça d'un air absent, n'ayant visiblement pas conscience de la stupeur éprouvée par Remus. Mais être en contact d'Hermione bouleversait tous les repères que l'on avait et toutes les notions de normalité concernant l'apprentissage et les capacités des étudiants.
« Et tu te souviens de notre sixième année quand elle a utilisé Kreature pour conduire Bellatrix et son mari dans un piège et qu'elle a risqué sa vie de l'elfe par la même occasion. Hermione, qui a fait campagne pour les droits des elfes de maison pendant plus de deux ans, a trompé un elfe pour trahir sa maîtresse. Elle n'a même pas sursauté quand Bellatrix l'a tué. Manifestement, elle s'est liée d'amitié avec Draco, sans que nous remarquions rien. Et d'après ce que vous avez dit, Monsieur le Directeur, elle a du planifier son espionnage depuis longtemps, cherchant à établir les bons rapports et apprenant les compétences nécessaires pour rester en vie. Et nous pensions que le Professeur Mac Gonagall l'avait pris comme apprentie. »
Le silence retomba dans la pièce alors que Harry baissait la tête en signe de résignation.
Désespérément, Remus tentait de se souvenir de ce qu'il savait ou croyait savoir des six dernières années. Oui, il avait entendu parler d'Hermione qui avait résolu l'énigme de Severus, mais il avait été trop occupé par le Seigneur des Ténèbres logé dans la tête de Quirrel pour penser à une première année qui s'était montrée à la hauteur de la logique du Maître des Potions.
Seconde et troisième années, elle avait découvert le basilic et son secret le plus sombre, mais il s'était concentré sur son caractère studieux, sur le fait qu'Hermione était excellente en matière de recherches et une lectrice avide. Ses découvertes, et dans son cas son silence, n'avait jamais rien signifié pour lui. Et le chantage ? Les faux gallions ? Les sorts et les charmes ? Le sacrifice de Kreature ? Que s'était-il passé dans son dos ? Et d'après le regard ébahi du Directeur, que s'était-il passé dans le dos d'Albus ?
« Hermione a fait tout ça ? », demanda-t-il lorsqu'il put à nouveau faire confiance à sa voix. « Ron et toi nous avez toujours dit qu'elle ne faisait qu'étudier ! »
« C'est ce que nous pensions, c'est ainsi que nous la voyions », répondit Harry calmement. « Mais avec le recul, je me demande ce que nous n'avons pas vu… ce qu'elle n'a pas osé nous dire. »
« C'est ce que je veux dire ! », le coupa Ron. Sa colère était de nouveau palpable et le choc, qu'avait provoqué Harry avec son petit jeu de puzzle, s'était envolé. « Nous étions ses amis ! On se dit tout entre amis ! On ne les garde pas dans l'ignorance et on ne leur ment pas ! Quelle sorte d'amie est-elle pour faire confiance à cet abruti et à la fouine plus qu'à nous ? »
« Si elle ne nous faisait pas confiance pour cette affaire, Ron », gronda Harry, sa voix devenue froide, « alors nous lui avons donné raison. Combien de fois l'avons-nous rabaissée ? Combien de fois nous sommes-nous moqués d'elle parce qu'elle étudiait trop ? Combien de fois nous a-t-elle demandé d'ouvrir les yeux et de regarder ce qui se passait autour de nous ? » Sa voix s'éteignit peu à peu. « Combien de fois avons-nous ignoré ses avertissements ? Je me demande combien elle a souffert à cause de nous. »
« Nous ne lui aurions causé aucun dommage si elle s'était confiée à nous ! Je refuse de me sentir coupable parce qu'Hermione est devenue une fille sournoise de Serpentard ! » Ron hurla, et pendant un instant, Remus fut effrayé par l'expression qu'il lut sur le visage de Harry.
Mais au lieu de la bruyante querelle à laquelle s'attendaient Remus et Albus, Harry se contenta de se tourner vers le Directeur, en ignorant totalement son ami.
« Quand pourrons-nous être soumis à ce sortilège, monsieur le Directeur ? », demanda-t-il calmement. « Je ne veux prendre aucun risque pour la sécurité d'Hermione. »
« Bien parlé, mon garçon », Albus eut à cet instant le comportement d'un grand-père bienveillant, tandis que Ron ruminait sa colère dans son coin et croisait les bras d'un air maussade. « Demain matin, après le petit-déjeuner, peut-être ? Je vais demander à Maugrey de m'assister dans la procédure. Severus ne semble pas être une option raisonnable, pour le moment », ajouta-t-il en lançant un regard à Ron.
Harry hocha la tête en signe d'assentiment. « Sa présence compliquerait inévitablement les choses », ajouta-t-il sèchement.
« Je ne vais pas laisser ce salopard graisseux me toucher », protesta Ron, sa voix était inhabituellement forte dans le bureau du Directeur. « Je n'arrive pas à croire que tu acceptes aussi facilement ce que Snape lui fait faire. Elle doit agir sous la contrainte ou il doit la faire chanter, ou… »
« Ron ! » Cette fois ce fut Remus qui interrompit la tirade de Ron. « Je te conseille d'arrêter et de réfléchir avant de continuer ainsi, ou je me verrai dans l'obligation de répéter à Minerva ton petit discours. Tu es adulte et tu devrais te comporter comme tel ! »
« Parfait », hurla Ron, son visage rouge contrastait franchement avec ses cheveux plus clairs. « Prétendre que tout va bien et laisser Hermione jouer au parfait Serpentard ! Je ne l'accepterai pas, pas plus que je n'accepterai le fait qu'elle vive avec un vieux Mangemort en rut ! »
Et avant que quiconque n'ait eu le temps de réagir, Ron avait quitté la pièce en coup de vent, claquant la porte derrière lui, d'un retentissant 'bang'.
Harry soupira et fit quelques sourires à ses aînés. « Je ferais mieux de le suivre pour m'assurer qu'il ne fasse pas de scandale dans les cachots », dit-il. « J'espère qu'il va se calmer dans la nuit. Monsieur le Directeur, Remus… »
« Passe une bonne nuit, Harry », lui répondit gentiment Dumbledore. « Et ne t'inquiète pas, tout va s'arranger. »
Mais Potter ne passerait pas une bonne nuit, et l'aube trouverait un jeune homme assis sur le rebord d'une des fenêtres de la salle commune, regardant le soleil se lever avec des yeux plus mûrs, comme si le monde avait changé, l'espace d'une nuit, comme si le monde ne serait plus jamais le même.
Et peut-être était-ce le cas.
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Au prochain chapitre visite à Tintagel et rencontre entre Draco et Harry. Tout un programme !
J'ajoute que désormais, je publierai toutes les deux semaines : ça me prends décidément trop de temps de traduire un chapitre par semaine, d'autant que les chapitres vont s'allonger sensiblement d'ici peu. Bisous à tous et à toutes et à dans deux semaines…
