Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm


RAR : C'est le chapitre où Hermione entre en action… Attention, tout le monde.

Sabrina : Voilà la suite ! Merci de ta review et bonne lecture.

Cri : Merci… bon je sais je me répète, mais bon. J'espère que ce chapitre va te plaire.

Spinel : Je crois que je devrais lancer un concours intitulé : 'Trouvez le châtiment que mérite Ron', car vous avez tous de bonnes idées ! Sache, en ce qui concerne Draco et Harry que l'auteur a demandé si les lecteurs voulaient une histoire entre ces deux-là, mais je ne sais pas ce qu'elle a décidé… Surprise ! En tous cas, merci de ù'envoyer des reviexs aussi régulièrement, ça me fait toujours très plaisir. Bisous et rendez-vous à la fin du chapitre.

Yinmay : Si la fic a réussi à te convertir et apprécier Severus, j'en suis très fière alors ! Même si je sais également que l'histoire ne m'appartient pas, mais après tout, c'est moi qui la traduis. Lol. Pour ce qui est de la réaction de Ron, tu en sauras plus dans les chapitres 36 et 38… y a plus très longtemps à attendre.

El Diablo : Voilà, voilà, le chapitre arrive, mais de toutes façon, il va bien arriver un moment où ce n'est pas moi que tu devras menacer, mais l'auteur, car je la rattrape inexorablement…( après tout, il y a actuellement 40 chapitres de publiés dans la version originale ) De plus, sache que je ne suis absolument pas sensible à tes compliments ainsi qu'à ta reconnaissance déguisés… Sur ce, bonne lecture.


Chapitre 34 : Hot Fudge

« J'ai décidé de rejoindre l'Ordre, Hermione », dit Harry l'après-midi suivante alors qu'ils étaient assis ensemble dans la chambre de la Préfète en chef. « Il est temps pour moi de faire quelque chose, et de cette façon, je saurai au moins ce qui se passe. »

Ils avaient désespérément besoin de passer du temps ensemble. Hermione était soulagée que Harry accepte la situation si facilement, et Harry souhaitait vraiment connaître un peu mieux la 'nouvelle Hermione'.

Comme leur conversation s'était orientée naturellement vers des sujets classés 'confidentiel', et qu'Hermione n'était pas vraiment enthousiaste à l'idée de rencontrer Ron, ils avaient décidé de s'installer dans la chambre de la jeune femme, plutôt que rester dans la Grande Salle ou la Salle Commune. Harry avait même demandé un peu de thé à Dobby.

Ce qu'ils avaient obtenu était en fait un riche assortiment de biscuits, gâteaux et desserts aux nombreux parfums et de toutes les couleurs. Ils s'efforcèrent de réduire le plus possible le tas qui leur faisait face.

« Ça paraît être une bonne idée », répondit Hermione en sirotant lentement son thé. « Mais tu dois être sûre de pourquoi tu fais ça. Comme je te l'ai déjà dit, mes décisions ne se sont pas faites en fonction de toi, et la culpabilité ne doit pas te mener à faire quelque chose que tu ne souhaites pas vraiment. »

Au lieu de répondre, Harry sourit et remplit soigneusement sa tasse.

« J'ai toujours su que ça arriverait », dit-il finalement d'une voix profonde qui était désormais la sienne. « Il y a un moment, en quatrième année, où je ne supportais pas d'attendre. Mais ensuite, pendant la cinquième année, je me suis égaré, et la mort de Sirius m'a définitivement mis sur la touche. Si, au lieu de me morfondre, j'avais décidé de ne pas perdre mon temps, tu accueillerais avec joie cette nouvelle et il ne serait même pas question de mes motivations. »

Assise à côté de la cheminée, les mains enroulée autour de sa tasse de thé, Hermione lui rendit son sourire.

« C'est bon de te voir de retour, Harry », lui dit-elle calmement. « Tu m'as terriblement manqué ces derniers mois. »

Avant même qu'il ne puisse répondre, un bruit provenant de la fenêtre l'interrompit. Hermione se leva rapidement et marcha vers le hibou brun qui attendait derrière la vitre. Elle le laissa entré et récupéra la lettre.

Elle la lut rapidement puis secoua la tête de frustration.

« Zut », murmura-t-elle en se dirigeant vers la cheminée et en tendant la lettre à Harry. « Quelque chose de terrible a du se passer. »

« Miss Granger », la lettre était de la main de Snape. « Veuillez s'il vous plaît vous présenter au bureau du Directeur, immédiatement. Il y a un sujet urgent dont nous devons vous entretenir. S. Snape »

« Cette requête me semble on ne peut plus normale », protesta Harry. « C'est probablement au sujet de l'espionnage. »

Hermione se contenta de secouer la tête. « Il m'appelle Miss Granger et il emploie le mot clé 'urgent'. L'abréviation de son prénom m'indique que je dois être prudente. Mais le 's'il vous plaît' – ça ne peux pas être le pire, sinon il aurait dit 'Présentez-vous au bureau…' », expliqua-t-elle à un Harry abasourdi.

« Laisse-moi voir le grain du papier », elle rapprocha la lettre du feu et examina attentivement ce qui semblait être, pour Harry, un papier tout à fait ordinaire.

Harry se pencha en avant et examina également le parchemin, mais il recula vivement lorsque Hermione gronda de colère. « C'est Fudge, cet abruti sans cervelle ! Il a découvert mon statut auprès de Voldemort et il est venu m'arrêter. »

« Mais Dumbledore ne le laissera pas faire », s'exclama-t-il, choqué.

« Dumbledore est totalement impuissant dans un cas pareil », l'interrompit Hermione d'un air las. Mais soudain, elle afficha un petit sourire narquois, rappelant à Harry un certain Maître des potions. « Mais ne t'inquiète pas, Harry. J'avais prévu cette possibilité. Pauvre Fudge, il ne sait pas ce qui l'attend. »

Elle se leva de son siège près de la cheminée et rendit la lettre à Harry.

« Brûle-là », ordonna-t-elle en lissant ses robes ainsi que sa jupe tout en coiffant ses cheveux à l'aide d'un sort. Elle remarqua ensuite que Harry n'avait toujours pas bougé. Il fixait la lettre dans ses mains et essayait de découvrir où se cachait le nom de Fudge dans ce message parfaitement anodin.

En voyant la confusion sur son visage, Hermione sourit de toutes ses dents et agita ses doigts devant lui. « Je t'ai toujours dit de lire L'histoire de Poudlard »lui dit-elle. « Ne t'inquiète pas, tout ira bien. Brûle la lettre. »

Tandis qu'elle passait à travers le portrait, elle put entendre la voix frustrée de Harry.

« Qu'est-ce que ce foutu livre a à voir dans cette affaire ? », se demanda-t-il à lui-même, et Hermione pouffa de plaisir. Peut-être avait-elle enfin trouvé le moyen de le lui faire lire.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Huit personnes attendaient Hermione dans le bureau du Dumbledore : le Directeur lui-même, les Professeurs Mac Gonagall, Lupin et Snape. Il y avait également Fudge et trois aurors, assis derrière lui, qui l'observaient elle et elle seule, au moment où elle entra.

Elle pâlit lorsqu'elle vit le Ministre et les aurors, comme une étudiante qui s'était préparée à une légère réprimande et qui, au lieu de ça, devait affronter un professeur furieux. Mais elle ne montra ni hésitation ni peur tandis qu'elle saluait d'un hochement de tête chacun de ses professeurs. Cela dura un peu plus longtemps avec Severus, et Remus, qui avait remarqué son inquiétude, pensa qu'elle cherchait un peu de réconfort dans les yeux de son mentor.

Ce qu'il ne pouvait voir, c'est le dialogue silencieux entre les deux espions qui était la véritable raison de la longueur de ce regard.

As-tu besoin d'aide, lui demandèrent calmement les yeux noirs de Severus.

Non, tout est sous contrôle. Y a-t-il quelque chose de particulier ?

Non. Juste des menaces d'ordre général.

L'anti-oubliette pour les aurors, s'il te plait !

Il acquiesça de façon presque imperceptible, et elle se dirigea vers la chaise libre qui lui était destinée, entre Remus et Mac Gonagall.

Ils pensent probablement que j'ai besoin de protection, pensa-t-elle, et elle entendit un grognement éloigné, un écho du rire sarcastique de Severus.

« Miss Granger, je présume », s'informa Fudge d'une voix pleine de suffisance.

Hermione acquiesça docilement, et Remus en fut plus que surpris. Il ne l'avait jamais vu si timide et effacée, même en présence d'officiels du Ministère.

Fudge également semblait étonné et les aurors froncèrent les yeux tant ils nageaient en pleine confusion. Evidemment, ils s'attendaient à trouver quelqu'un de très différent. Au lieu de ça, ils avaient en face d'eux, une étudiante sympathique et réservée. Hermione ne ressemblait pas à une jeune fille capable de braver le couvre-feu, comment imaginer qu'elle puisse être un Mangemort ?

Mais Fudge semblait plus faire confiance à ses sources qu'à ce qu'il avait sous les yeux. Il s'éclaircit donc la gorge et commença le discours qu'il avait manifestement répété.

« Avant que nous ne commencions, je vous prie de donner votre baguette à monsieur Jones, Miss Granger », requit-il en faisant un signe à l'auror qui se trouvait à sa gauche.

Remus put entendre le souffle court de Minerva, et il vit les yeux d'Albus s'assombrir de colère. Aucun sorcier ne s'était vu confisqué sa baguette sans une arrestation officielle ou la lecture des charges retenues contre lui. Demander une telle chose dans le bureau du Directeur était une insulte ouverte, et Remus s'attendait à ce qu'Hermione se lance dans une explication de la loi ou des textes historiques.

Au lieu de ça, elle s'exécuta en silence et fit même une petite révérence lorsqu'elle se retrouva face au Ministre.

Cette fois, il put entendre tout à fait clairement le halètement de Minerva, ainsi que le son étouffé de Severus. En tournant la tête vers le Maître des Potions, il ne vit pourtant rien d'autre que son habituel visage indéchiffrable avec de petites rides entre les sourcils bruns.

« Miss Hermione Jane Granger », continua Fudge, toujours aussi pompeux. « Vous avez été accusée par des sources fiables d'avoir rejoint les partisans de Voldemort, également appelé Mangemorts, et d'appartenir au cercle des plus fidèles. »

Même si Remus ne pensait pas que ce soit possible, Hermione pâlit encore un peu plus, et sa lèvre inférieure commença à trembler sous le coup des émotions réprimées. Elle avait l'air pitoyable, et absolument pas menaçante.

« Mangemort ? », couina-t-elle, d'une voix très semblable à celle d'un elfe de maison. « Qui a pu dire une chose pareille ? Je n'ai jamais rien eu à faire avec les Mangemorts ! »

« Vous voyez, Cornelius », s'empressa de dire Dumbledore. « Miss Granger est une étudiante née de parents moldus, et c'est la meilleure amie de Harry Potter ! Elle n'aurait jamais rejoint Voldemort ! Vos sources doivent se tromper ! »

« J'ai peur de devoir le vérifier par moi-même, Dumbledore », beugla Fudge. « Mieux vaut une preuve plutôt que la parole d'un Mangemort potentiel ! »

Il fit signe à un des aurors et l'homme attrapa le bras gauche d'Hermione, déboutonna sa chemise et releva la manche.

Hermione couina encore une fois comme une souris apeurée et tenta de s'échapper de la poigne de l'auror. Minerva se leva et protesta de sa petite voix mesurée, mais c'était trop tard. La main de l'auror avait déjà révélé le secret d'Hermione.

La Marque des Ténèbres défigurait son avant-bras comme un tatouage hideux.

A l'instant précis où le tatouage fut visible, les aurors dégainèrent leur baguette et visèrent l'étudiante qui tremblait toujours. Fudge s'était reculé derrière son fauteuil, bien à l'abri.

« Cornelius, s'il vous plait », le réprimanda Dumbledore, en levant une main pour calmer tout ce petit monde. « Je vais tout expliquer. Miss Granger porte peut-être la Marque des Ténèbres, mais elle est, en réalité, notre espion. »

« Alors pourquoi n'ai-je jamais reçu aucun de ses rapports ? », demanda Fudge, d'une voix furieuse et glaciale. « Cela veut-il dire qu'elle espionne pour votre précieux Ordre du Phénix ? Et vous vous attendiez à ce que je gobe une histoire aussi abracadabrantesque ? Une fille de moldus, et vous la laisseriez espionner pour votre compte ? Insultez-vous mon intelligence ? »

Remus crut entendre un 'c'est pas possible' à sa gauche, là où Severus était assis, mais il était trop concentré sur la scène qui se déroulait devant lui pour tourner la tête et croiser le regard de son collègue.

« Non, je ne permettrai pas à un autre mécréant de me glisser entre les doigts, Dumbledore. Cette fille va être arrêtée et placée sous bonne garde à Azkaban, jusqu'à ce que nous ayons décidé d'une date pour son procès et… »

« Impossible, Cornelius ! », l'interrompit Albus, furieux. « La jeune fille en question est une étudiante de Poudlard et dépend en premier lieu de ma juridiction ! Vous ne pouvez pas l'emmener comme ça ! »

« Oh, mais je peux, Dumbledore », le contredit Fudge. Le triomphe se lisait dans ses yeux ainsi que sur son visage. « Miss Granger est majeure et parfaitement capable de prendre ses propres décisions. Elle sera donc traitée comme les adultes, ce qui signifie qu'elle ira à Azkaban ! »

Hermione s'éclaircit la gorge, et soudain, tous les yeux se tournèrent vers elle une fois encore.

« Me laisseriez-vous m'exprimer avant de décider de mon destin ? » demanda-t-elle de sa petite voix d'écolière.

« Faites court », ordonna Fudge, le ton de sa voix et l'expression de son visage exprimaient clairement le peu d'estime qu'il lui accordait.

« Très bien », acquiesça-t-elle et il sembla à Remus que tout le corps d'Hermione avait changé de couleur en une fraction de seconde. Elle sembla soudain plus grande et ses yeux étincelaient dangereusement. Son visage avait repris des couleurs et toutes traces de peur et d'anxiété avaient disparues. Elle se mit sur ses pieds et sa présence envahit brusquement toute la pièce, comme si elle était la plus haute autorité.

« Si je dois faire court, accordez-moi une faveur, Fudge : ne m'interrompez plus. »

Fudge rit, mais la voix de la jeune femme démontrait tant d'aplomb, tant de magnificence, que le rire du Ministre se tarit peu à peu avant de disparaître. Personne d'autre n'avait ri. Ils étaient trop occupés à observer la fille qui s'était métamorphosée en reine.

Evidemment, Fudge remarqua que son public s'intéressait à une autre vedette, c'est d'ailleurs ce qui le décida à tenter une autre approche.

« Vous n'êtes pas en position de m'imposer quoi que ce soit, jeune fille », se moqua-t-il avec un air condescendant.

« Ah oui, vraiment ? », Hermione sourit, ses yeux étaient sombres et sans fond. C'était le sourire le plus effrayant que Remus ait jamais vu. Il comprit soudain pourquoi Fudge était venu, accompagné de trois aurors, et il se demanda sérieusement si ces renforts seraient suffisants face à elle.

« Avant que vous ne fassiez quelque chose d'insensé, Fudge, laissez-moi vous avertir que je ne suis pas sans ressources. Je m'attendais à une situation similaire depuis quelques temps déjà, et il y a trois petits paquets, destinés à diverses personnes, qui n'attendent qu'une seule chose pour être envoyés : mon arrestation. »

« Nous n'avons pas le temps pour de tels jeux, jeune fille », répondit-il, en faisant de son mieux pour ne pas avoir l'air impressionné. « Vous allez être emmenée à Azkaban immédiatement. Tout le reste sera abordé pendant votre procès ! »

Mais Hermione se monta plus douée que le Ministre à ce jeu qui consistait à ne pas avoir l'air impressionné.

« Voyons, ne soyez pas si pressé, Fudge, ne voulez-vous pas savoir quels cadeaux je vous ai préparé ? » Elle sourit encore, puis leva sa main de manière à compter les trois colis sur ses doigts.

« Mon premier », dit-elle en touchant son index droit, comme si c'était un simple exercice. « Est une petite collection de photos et de documents qui prouvent votre relation durable avec Cynthia Redgroove, qui habite au Chemin de Traverse. Des photos dont je suis plutôt fière, à présent : j'ai réussi à vous immortaliser dans… des positions variées. Inutile de vous dire que ce présent est destiné à votre femme, Fudge. »

Celui-ci vira brusquement au rouge tomate.

« C'est de l'impertinence », grogna-t-il. « Je vous demande de faire cesser ces idioties, Dumbledore. Elle est votre étudiante, et vous devriez la contrôler mieux que ça ! »

« Malheureusement, Cornelius », répliqua Dumbledore, en ouvrant ses mains en signe d'impuissance. « Miss Granger est majeure et parfaitement capable de prendre ses propres décisions, comme vous me l'avez si brillamment fait remarqué il y a quelques minutes. Mes mains sont liées, j'en ai bien peur. »

Il inclina la tête vers Hermione en signe de déférence et de considération. Cette dernière lui rendit son geste tel un miroir, avec calme et élégance.

« Mon deuxième », continua-t-elle, comme si elle n'avait pas remarqué la réaction de Fudge. « Est une série de lettres adressées à tous les membres du Mangenmagot qui prouvent votre implication dans de grosses irrégularités en ce qui concerne le programme d'entraînement des aurors. J'ai découvert que vous aviez truqué les résultats d'examens il y a quelques années, éliminant les élèves et les protégées de Dumbledore pour favoriser vos disciples, même si ces derniers étaient moins compétents. Dois-je rentrer dans les détails, Fudge ? Nous savons tous les deux qu'une telle affaire serait suffisante pour vous faire perdre le titre de Ministre. Et j'ai plus de preuves qu'il ne m'en faut. »

La température du bureau monta brusquement d'un cran. Les trois aurors, qui avaient observé Hermione avec méfiance suite à l'exposition de la Marque des Ténèbres, regardaient désormais ouvertement Fudge avec une incrédulité évidente sur le visage.

« C'est absurde », cria le Ministre, mais Remus put entendre un des trois aurors murmurer quelque chose au sujet d'une rumeur qu'il avait entendu de 'son copain de l'équipe de formation'.

« Et si ce n'est pas suffisant – tous mes professeurs s'accorderont à dire que je suis une personne très appliquée et méticuleuse – mon troisième est pour Lucius Malfoy. » Le halètement de Fudge résonna comme une explosion dans le silence absolu du bureau. « Qui se trouve être un de mes amis personnels. Cette lettre l'informe que vous avez décidé de devenir imprudent et que vous avez choisi de mener une action contre 'l'empire Malfoy', que vous avez découvert plusieurs de ses demeures ou propriétés secrètes. Ce paquet contient également des informations concernant vos habitudes quotidiennes, votre vie privée et celle de vos trois enfants. »

L'appréhension envahit Remus. Elle ne ferait pas ça quand même ? Ça ne lui serait même pas venu à l'esprit il y a de cela une semaine, mais après sa découverte d'il y a trois nuits, il était terriblement inquiet : il s'apercevait qu'il connaissait bien peu Hermione Granger. Mais de là à condamner à mort la famille de Fudge ? Il était question d'enfants innocents !

A en juger par le chaos d'émotions qui se lisaient sur le visage de Fudge, ce dernier semblait se poser les mêmes questions que Remus. Malheureusement, tout ce qu'il savait au sujet de la jeune femme, était son statut de meilleure amie de Celui Qui a Survécu – et le garçon en question avait exprimé ouvertement sa haine envers Fudge. Il savait également que Hermione appartenait au cercle des Mangemorts les plus fidèles. Ces deux points étaient plutôt inquiétants et l'expression du Ministre l'exprimait parfaitement.

« Alors, monsieur le Ministre », poursuivit Hermione sur un ton mielleux et sucré, comme si elle ne venait pas de formuler, non pas une, mais trois grosses menaces sur la vie et la carrière du Ministre en question. « Que pensez-vous de mes dispositions ? Ai-je tenu mes promesses ? »

Fudge ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Hermione souriait toujours à pleines dents, avec une posture subtilement menaçante. Elle attendait patiemment la réponse de son interlocuteur, comme si ça lui importait peu.

Peut-être était-ce la patience dont elle faisait preuve qui donnait cette impression, mais cette attente aurait ravagé les nerfs de Remus s'il avait été à sa place. Même Snape n'avait pas réussi à réduire un homme aussi sûr de lui que Fudge, à l'état d'idiot bégayant, en l'espace de dix minutes.

Quelle qu'en soit la raison, Fudge s'effondra sur lui-même comme un ballon trop gonflé.

« Vos… dispositions sont… excellentes, Miss Granger », admit-il en gardant la mâchoire serrée. « Le Ministère va lever toutes les accusations concernant votre… position, et je vais personnellement m'assurer de votre tranquillité d'esprit pour le futur. J'espère que vous êtes satisfaite ! »

« Tout à fait, monsieur le Ministre », répliqua Hermione avec l'un de ces sourires éclatants, une lueur identique à celle du Directeur, dans les yeux. Fudge s'aperçut naturellement de cette imitation et toussa d'indignation.

« J'aimerais récupérer ma baguette – merci beaucoup, monsieur Jones, et ensuite je vais vous laisser travailler. » Elle salua chacun de ses Professeurs, eut l'audace de jeter un œil à Fudge puis se dirigea vers la porte du bureau.

« Oh, monsieur le Ministre », elle s'arrêta brutalement alors que ses mains étaient déjà sur la poignée. « Je ne vous aurais pas fait part de cette requête, mais puisque nous avons eu la chance de nous rencontrer ici… »

Cette fois, Fudge laissa échapper un son étranglé et rougit encore un peu plus. Il ouvrit la bouche, probablement pour déclamer quelque chose, mais Hermione abandonna immédiatement son attitude révérencieuse.

Cette fois, sa voix était plus froide que la glace, et plus dure que un verre tranchant. « Vous allez légaliser l'Ordre du Phénix, lui conférer la même autorité et les mêmes droits que les aurors en fonction, et confirmer leur autorisation à établir leur quartier général à Poudlard. Vingt quatre heures devraient amplement vous suffire pour faire faire passer de telles décisions. Si j'estime que vous manquez d'enthousiasme, je reconsidèrerai l'envoi de mes petits colis. »

Comme il n'y eut aucune réaction, elle regagna sa place en face de la chaise de Fudge et appuya légèrement, peut-être pour rencontrer ses yeux.

« Ne faites pas l'erreur de considérer ceci comme une requête, monsieur le Ministre », lui dit-elle calmement, mais le ton de sa voix ne laissait aucun doute sur ses intentions. « C'est un ordre que vous allez suivre, si vous voulez conserver votre carrière et votre famille. »

« Je ne ferai pas ça ! » Il semblait que Fudge était finalement revenu à la vie et qu'une petite partie de son cerveau s'était souvenu de qui était en face de lui.

« Menacez-moi tant que vous voulez, je ne légaliserai pas cette bande de miliciens ! Il est de mon devoir de Ministre de la Magie de… »

« J'aimerais que vous réfléchissiez aux conséquences de votre refus sur votre sens de l'honneur et du devoir que vous dites avoir », le coupa immédiatement Hermione, d'une voix soyeuse mais qui devint dure comme de la pierre en une fraction de seconde. « Mais je sais ce qu'il en est, monsieur le Ministre. En réalité, vous êtes la créature la plus lâche et la plus pathétique qu'il m'est été donné de rencontrer. Seule votre image vous importe. Vous ne méritez aucun respect et encore moins de la pitié. Et ce n'est pas moi qui vous en donnerai. »

« Je ne vais pas laisser une simple petite fille me faire chanter, quelqu'un qui n'est même pas née dans notre communauté ! », Fudge criait à présent, et dans un autre contexte, Remus aurait ri des visages horrifiés des aurors, qui n'étaient pas choqués par le commentaire mais par la personne qui l'avait fait. Ils s'étaient aperçus de l'erreur faite par le Ministre avant celui-ci.

Mais il le comprit bien vite.

Lentement, Hermione glissa vers lui, ses mouvements rappelaient ceux des grands félins, près à bondir sur leur proie. Doucement, sensuellement, elle fit descendre son index le long du dossier du fauteuil sur lequel Fudge était assis. Son autre main vint se poser sur l'épaule de l'homme nerveux, aussi délicatement qu'un papillon.

« Oh, je vois. Vous ne m'en croyez probablement pas capable ? Pensez-vous que je bluffe, monsieur le Ministre ? Je suis désolée de vous décevoir. Tout cela est bien réel. Mais j'ai été bien plus loin que ça, Fudge. Je suis entrée dans votre maison, une nuit, pendant que vous dormiez, dans votre chambre à coucher. »

Encore une fois, sa révélation fut accueillie par le silence.

« Je me souviens parfaitement de cette pièce », poursuivit-elle d'un air rêveur. Sa main était toujours sur l'épaule de Fudge, tandis que ce dernier essayait de s'en débarrasser. « Les murs renvoyaient une lumière légèrement bleutée et le lit était richement décoré. Le baldaquin était bleu foncé et les colonnes qui le maintenaient, étaient merveilleuses. C'est probablement votre femme qui avait choisi ? A côté de vous se trouvait un coffret en bois de rose dans lequel vous conservez tous les articles qui paraissent sur vous. Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que vous ne les classez pas par ordre chronologique, monsieur le Ministre, mais en fonction de la satisfaction que vous apporte le contenu. Croyez-vous toujours que je bluffe ? »

Le visage de Fudge était devenu blême. Jusqu'à présent, il avait eu l'air ridicule, mais désormais il semblait incarner la mort elle-même. Ses yeux transpercèrent les aurors qui refusaient de croiser son regard et concentraient leur attention sur Hermione, une étrange lueur de fascination sur leurs visages.

« Ça ne peut être », protesta Fudge vivement, mais ce cri ressemblait plus à une prière désespérée à leurs oreilles. « Personne ne peut entrer dans cette maison sans qu'une douzaine d'aurors ne s'en aperçoivent ! Je… »

« Je fais partie des Mangemorts depuis presque un an, Fudge », l'interrompit une fois de plus Hermione. Sa voix était dangereusement douce, comme le ronronnement d'un grand félin, prêt à attaquer. « Moi, une sang de bourbe, suis parvenue à m'infiltrer dans les plus hautes sphères des Mangemorts. Croyez-vous vraiment qu'il existe quelque chose dont je ne sois pas capable ? »

Le visage frappé par la terreur qui la regardait comme une souris regarde un chat, indiquait clairement à Hermione que le Ministre la croyait désormais capable de tout et n'importe quoi. Elle sourit doucement et revint à la charge.

« Voulez-vous risquer la vie de vos enfants sur cette question ? », demanda-t-elle amicalement, en touchant son épaule d'un geste maternel. Elle rit doucement lorsqu'il tressaillit violemment à son contact.

« Non, je ne le crois pas, monsieur le Ministre. Après tout, vous n'êtes pas un mauvais bougre », répondit-elle à sa propre question, avec cette horrible intonation amicale. « Vous feriez mieux de partir, vous et vos hommes. Vous devez vous occuper de nombreuses tâches administratives cette après-midi, n'est-ce pas ? Je pense que le Professeur Dumbledore aura de vos nouvelles en cours de matinée ? »

La gorge de Fudge émit un grognement lorsque Hermione le fit se lever de son fauteuil et le conduisit jusqu'à la porte comme un enfant récalcitrant, mais aucun ne s'échappa de sa bouche largement ouverte. Tout ce qu'il fut capable de faire avant que la porte du bureau ne se referme derrière lui et les aurors, fut un hochement de tête incertain et hésitant.

Le silence régnait dans la pièce lorsque Hermione rejoignit la petite assemblée autour du bureau. Elle s'installa dans le fauteuil laissé libre par le Ministre et se fit apparaître une tasse de thé. Elle but une gorgée de la boisson chaude et soupira de contentement, en ignorant les professeurs qui l'observaient muettement.

Remus ne pouvait détourner ses yeux de la jeune femme, pétrifié par un mélange ahurissant de choc et de fascination. Alors c'était ça la véritable Hermione, espionne et Mangemort. Celle qui avait gagné la confiance et l'admiration de Severus. Celle qui avait accompli une tâche dont seul Severus Snape avait été capable jusqu'à présent.

Honnêtement, il ne savait pas quoi faire : la vénérer pour sa vivacité d'esprit, ou fuir les coups et hurler parce qu'elle l'effrayait plus que Severus n'y était jamais parvenu.

Puis un petit ricanement les sortit de leur léthargie, et lorsque Remus se retourna, il vit les lèvres de celui qu'on nomme Maître des Potions, s'étirer légèrement.

« C'était plutôt théâtral, Hermione », dit-il. L'amusement se lisait sur son visage.

« J'espère bien », répliqua-t-elle sur le ton de la plaisanterie. Elle redevint soudainement la jeune femme ordinaire qui était entrée dans la pièce il y a à peine une heure. Ses épaules s'abaissèrent légèrement, son dos perdit de sa raideur et son visage regagna un peu de sa douceur et de sa jeunesse. C'était comme si quelqu'un avait soudainement le voile qui masquait le soleil. C'était décevant mais terriblement réconfortant en même temps.

« Fudge a toujours aimé le spectacle », poursuivit Hermione, en faisant tourner ses épaules pour les détendre. « A chacun ses faiblesses de caractère. Leur as-tu donné la potion anti-oubliette ? »

« Versée dans leur thé », acquiesça-t-il. « C'est un coup bas, en quelque sorte. »

« Mais efficace. » Elle haussa des épaules. « Et nous avions perdu trop de temps avec lui. »

« Pourquoi leur avoir donné de la potion anti-oubliette ? », demanda Remus, son esprit tournait à cent à l'heure, mais il ne voyait aucun lien entre ce qui venait de se passer et ce nouveau sujet. Même Dumbledore semblait perdu.

Snape grogna. « Les Gryffondors, tous les mêmes. » Il vit Hermione sourire et s'aperçut qu'il l'avait inconsciemment répartie dans une autre maison que la sienne.

« Il y avait trois aurors dans cette pièce aujourd'hui, et les trois ont entendu Hermione accuser le Ministre de se mêler de leurs affaires. Bien qu'elle ne l'ait pas prouvé, cette rumeur va se propager dans leurs rangs comme une traînée de poudre, et aucun auror ne fera plus confiance à Fudge. C'est pour cette raison qu'il va utiliser un charme de souvenir dès qu'ils auront quitté Poudlard. J'ai versé dans leurs thés une potion, de manière à ce qu'ils se souviennent de l'accusation et du fait que Fudge a essayé de manipuler leurs esprits. Je crois que nous pouvons nous attendre à ce que les responsables des aurors nous contactent discrètement dans les prochains jours. »

« Les Serpentards », commenta Remus, avec plus qu'un simple soupçon de considération sur le visage. « Mais comment saviez-vous qu'il vous fallait utiliser cette potion sur eux ? »

« Nous avons des moyens de… communication », répondit Snape évasivement, et avec un regard vers Hermione, il ajouta silencieusement : Ça va les faire réfléchir.

Ne leur avons-nous pas donné suffisamment matière à réflexion, demanda-t-elle puis elle lui sourit encore.

Penses-tu que c'était MacNair ? continua-t-il leur intermède silencieux, en associant à ses pensées un résumé de ses propres spéculations.

C'était MacNair, répondit-elle calmement. Pourquoi penses-tu que je l'ai regardé dans les yeux si souvent ? La lettre était anonyme, mais j'ai parfaitement reconnu son écriture.

Nous devons le mettre hors jeu, alors, aussi rapidement que possible, décida-t-il, et elle confirma avant de rompre le contact visuel.

« Bien vu pour l'Ordre », dit Snape à haute voix et Remus acquiesça pour montrer son accord.

« J'espère que vous ne considérez pas mon idée irrespectueuse, monsieur le Directeur », dit Hermione avec inquiétude en se tournant vers Dumbledore. « Mais nous n'avons pas eu le temps d'en discuter avant, et je pensais qu'il fallait profiter au maximum de la situation. »

« C'était une brillante idée, et magistralement exécutée », lui dit le Directeur en lui souriant même s'il lui manquait une partie de sa bienveillance habituelle. Il semblait plus incertain que ce qu'il voulait bien laisser paraître. « Même si je me demande si ces bluffs n'étaient pas un peu risqués ? »

« Mais les colis n'étaient du bluff », répondit Hermione avec humour. « J'ai consacré une partie de mes vacances d'été à les confectionner. Il y a des colis similaires pour un certain nombre… d'autres personnes et d'autres occasions. »

Quelque chose dans ses yeux indiqua au Directeur et à toute personne dans la pièce qu'ils ne souhaitaient pas vraiment l'interroger sur ces paquets et leur contenu. Mais tous étaient subitement heureux d'être de son côté.

« Mon ascendant sur Rita Skeeter, par exemple, est suffisant », poursuivit-elle, pensive, « mais il n'était pas difficile de trouver ce que je voulais sur les autres. » Elle secoua la tête de consternation. « C'est presque choquant de voir combien les gens sont négligents vis-à-vis de leurs secrets ! »

Personne ne souhaitait poursuivre cet aspect particulier de la conversation. Seul Severus riait tout bas car il savourait le moment, et Remus se doutait que lui n'avait pas été négligent en ce qui concernait ses secrets. Oh non, pas leur chef des renseignements !

Finalement, le Directeur s'éclaircit la gorge. « Je peux vous assurer que j'admire la façon dont vous avez géré la situation, Miss Granger », dit-il. Sa voix laissait paraître un peu moins d'assurance que ce que Remus avait l'habitude d'entendre. « Mais pénétrer chez lui n'était-il pas un peu trop dangereux, fuste pour faire de l'effet ? »

« Par Merlin, je ne suis pas stupide, monsieur le Directeur », répliqua Hermione visiblement outrée. « Je ne serais jamais entrée dans une maison si bien gardée pour une raison si insignifiante. »

Une fois encore, Snape gloussa à sa façon et envoya un regard presque affectueux en direction d'Hermione.

« Alors comment saviez-vous toutes ces choses ? », demanda impatiemment Minerva. Comme Remus, elle détestait lorsque les choses étaient hors de sa portée intellectuelle. « Vous devez avoir mis dans le mille, sinon il n'aurait pas été si effrayé. »

« Percy Weasley m'a expliqué son système de tri », expliqua calmement Hermione. « C'est ce qu'il a appelé une manière ingénieuse de trier, je crois. »

« Et pour la façon dont est décorée sa chambre à coucher ? », la questionna faiblement Remus, mais il n'était pas sûr de vouloir connaître la réponse.

Lentement, Hermione sourit. C'était un sourire malicieux et rusé. Elle rappela soudain au loup garou ses anciens amis, depuis longtemps partis, et leurs jours glorieux à faire des espiègleries.

« J'ai lu l'article dans Sorcière Hebdo », rétorqua-t-elle en toute innocence. « Je suis une fille après tout, vous savez ? »

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Au programme du prochain chapitre, la collaboration de Harry avec un certain Serpentard et l'intronisation dans l'Ordre du Phénix de Hermione et Harry.

En attendant, j'espère que le chapitre vous a plu… Qu'avez-vous pensé de ce nouvel aspect de la personnalité d'Hermione ?

Bisous à toutes et à tous, à dans deux semaines.