Quand la Lionne se bat
Auteur : Kayly Silverstorm
Désolée, mais cette semaine je n'ai pas pu répondre à vos review, c'était les reviews ou le chapitre, alors je me suis dit que vous préfériez avoir la suite de la fic plutôt que mes commentaires soporifiques la plupart du temps… Merci donc encore à tous ceux qui ont pris le temps d me laisser un petit mot, ça me fait toujours très plaisir.
Je vous souhaite donc une bonne lecture !
Chapitre 37 : Résoudre un problème
Elle s'attendait à ce que sa Marque des Ténèbres la brûle, à l'instant même où les corps avaient heurtés le sol froid de la clairière. Mais il fallut presque trois heures à Voldemort pour se rendre compte de la disparition de ses Mangemorts.
Hermione avait envoyé une lettre à Lucius dès qu'elle avait été à l'abri dans sa chambre de Préfète, s'assurant ainsi que personne ne pourrait l'accuser d'avoir gardé le silence. De plus, elle savait que Lucius passerait une grande partie de son après-midi dans la salle du trône, en attendant des nouvelles et en élaborant de nouveaux plans avec le Seigneur des Ténèbres ; il avait donc très peu de chances pour que sa lettre lui parvienne.
Avec un peu de chance, la mort de Théodore ne serait pas vaine, même si ça produirait l'inverse de ce qu'avait souhaité ce dernier.
Quand une vive brûlure l'informa qu'elle était attendue, elle avait frappé sur sa copie du tableau de John Waterhouse représentant Circe pour transmettre le message à Severus, l'informant ainsi qu'elle sortait. Il s'empara ensuite de sa cape d'invisibilité, se rendit dans la pièce qu'avait mise à sa disposition le Professeur Mac Gonagall en passant pas le réseau de cheminette et sortit du château et de ses jardins en moins de dix minutes.
Elle profita de son parcours à travers la sombre demeure de Voldemort pour faire quelques exercices d'occlumencie. Une fois encore, elle se repassa sa version des événements de la soirée et les trouva suffisamment convaincants pour être présentés au Seigneur des Ténèbres connu pour être un paranoïaque notoire.
Alors que Harry, Ron et les autres étaient entrés dans le château par l'entrée principale, elle s'était précipitée dans les jardins où il y avait un passage secret qui lui était réservé. Elle s'était ensuite dirigée vers le hall d'entrée à temps pour apercevoir les corps flotter et piquer une crise d'hystérie. Le temps que les étudiants soient suffisamment nombreux pour poser des questions sur ce qui venait de se passer, Harry, Ron, Luna, Neville et Ginny avaient été mis à l'abri dans le bureau de Dumbledore. Lorsqu'ils rejoignirent les étudiants pour le dîner, leurs souvenirs étaient extrêmement bien protégés.
Ce qui signifiait qu'elle n'avait plus à se préoccuper que de ses propres souvenirs. Elle devait les protéger de Lui.
Elle tomba à genoux au moment où elle pénétra dans la salle du trône et progressa vers les pieds de son Maître en rampant.
« J'ai des nouvelles, mon Seigneur », annonça-t-elle quand il devint clair qu'il ne parlerait pas et qu'il la punirait sans attendre. « Aujourd'hui, quatre Mangemorts et Théodore Nott junior ont attaqué Potter et ses amis à l'extérieur de Poudlard, dans la Forêt Interdite. Ils ont été battus quand Remus Lupin est venu à leur secours. Il les a tous tué en utilisant un sortilège de brûlure sur trois d'entre eux et en attaquant physiquement les deux autres avec un couteau.
« Je ne l'ai pas découvert à temps parce que Potter a quitté le parc secrètement avec Weasley, en espérant mettre fin à leur discorde. Mais j'ai pu voir clairement les corps en prétendant piquer une crise d'angoisse. Potter m'a raconté ce qu'il s'est passé peu de temps après. »
« Pourquoi ne m'as-tu pas informé à l'instant où tu as découvert tout ça, Sang de bourbe ? » Sa voix sifflait comme celle d'un serpent et Hermione ne put réprimer un frisson le long de sa colonne vertébrale. Pas qu'elle le souhaitait. C'était toujours payant de montrer au Seigneur des Ténèbres combien on avait peur de Lui. Il aimait être craint et Sa vie reposait sur la peur qu'il inspirait aux autres.
« Le Premier Cercle, dans sa sagesse ne m'a pas accordé le privilège de transplaner vers vous quand je le juge utile, Monseigneur. » Déclara-t-elle, la voix tremblante de peur et de respect. « Je suis venue dès que Vous m'avez appelée. J'ai cependant envoyé une lettre au Maître Malfoy pour l'informer des détails de l'affaire. Je m'excuse si cette lettre ne Vous est pas parvenue à temps, Mon Seigneur. »
« Est-ce vrai, Lucius », s'enquit Voldemort, tandis que la sensation glacée de Son regard sur elle s'estompait peu à peu. « La Sang de bourbe t'en a-t-elle informé ? »
« J'ai passé toute la soirée auprès de Vous, Mon Seigneur », répondit Malfoy en se dirigeant vers eux avec une démarche souple. « Comme Vous le savez, aucun hibou ne peut nous atteindre ici, je n'aurais donc pas pu recevoir sa lettre même si elle m'en avait envoyée une. »
Toujours prosternée au sol, Hermione se sentit terriblement satisfaite. Une réponse stupide, sur plus d'un point. Donner un cours au Seigneur des Ténèbres sur des choses aussi évidentes, admettre une erreur et interroger un autre serviteur qui avait probablement mieux fait son travail que lui – le Seigneur des Ténèbres n'appréciait rien de tout cela, et il avait horreur de voir Malfoy trop sûr de lui. Cela signifiait qu'il aurait le droit à un Doloris si elle ne se trompait pas sur toute la ligne.
Voldemort ne lui fit pas l'honneur de répondre. Au lieu de ça, il se retourna et fit signe à un autre membre du Cercle d'approcher.
« Va dans les appartements de Lucius pour voir si il n'y a pas une lettre ou un hibou qui l'attend. Fais vite. » Ordonna-t-il à l'homme masqué et vêtu d'une cape tandis qu'un faible chuchotement s'élevait dans les rangs. Envoyer une autre personne dans les appartements de Lucius était signe évident de méfiance.
Mais quand le Seigneur des Ténèbres reprit la parole, le silence se fit instantanément.
« Regarde moi », dit-il à Hermione d'une voix caressante, comme si un serpent rampait autour de ses jambes et jusque dans son cœur avant de renoncer au combat.
Elle obéit. Il n'y avait rien d'autre à faire. Et quand ses yeux bruns rencontrèrent les yeux rouges du monstre, elle sentit une part de Lui s'insinuer dans son esprit et glisser parmi ses pensées et ses souvenirs.
Elle lui donna ce qu'il voulait. Il sembla satisfait. Et quand le Mangemort qu'il avait envoyé chercher la lettre revint, un morceau de parchemin dans les mains, il lui sourit. Le plaisir qu'éprouvait son Maître la fit se sentir mal et elle eut un besoin urgent de se laver après avoir reçu ce sourire, de se frotter vigoureusement jusqu'à ce que plus aucune trace du passage de ce serpent ne persiste.
« Hermione », susurra-t-il, et elle frissonna. « Chère et douce Hermione. Tu m'as rendu fier ce soir. »
Il allongea le bras et elle se pencha en avant pour attraper Sa main et embrasser Sa peau avec déférence.
« Voyez-vous ça, mes amis. » Leur annonça-t-il, Sa voix résonnant dans l'immense pièce. « Même une Sang de bourbe peut faire du meilleur travail que vous, mes célèbres Mangemorts. Il va y avoir des conséquences. »
Il sourit à Hermione qui tenait toujours Sa main comme une bouée de sauvetage. « Nous t'accordons solennellement le droit d'apparaître en Notre présence quand tu le jugeras nécessaire. Nous t'accordons le droit de transplaner dans Notre forteresse quand tu le souhaites. Nous t'accordons le droit de bénéficier d'une chambre dans Notre forteresse et de Nous envoyer des messages directement, et non par l'intermédiaire d'un membre du Premier Cercle. Nous t'accordons également le droit de porter un masque pendant les rassemblements. »
Hermione trembla lorsque Sa magie noire et répugnante se déversa sur elle pour lui donner les connaissances et les capacités de faire ce qu'il venait de lui accorder.
« Je vous remercie, Mon Seigneur. » Murmura-t-elle d'une voix cassée. « J'ai conscience que cet honneur est inouï, et mon seul désir est de m'en montrer digne ! » Elle hésita, ses yeux se posèrent sur le visage de Voldemort avant de s'abaisser rapidement vers le sol. « Puis-je me montrer audacieuce, Maître, et Vous demander un autre généreux cadeau en cette nuit pleine de joie ? »
Elle sentit les regards furieux des Mangemorts dans son dos ainsi que leurs sifflements de colère. Le Premier Cercle n'était pas heureux de sa rapide ascension dans leurs rangs. Elle en paierait le prix. Plus tard. Pas ce soir, pas ce soir alors qu'elle était dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres. Ce soir, personne n'oserait la blesser. Il était temps pour elle d'abattre ses cartes pour en profiter au maximum.
« Une bien audacieuse requête, en effet, ma petite Sang de bourbe », répondit Voldemort à la fois curieux et amusé. « Quel est ton souhait ? »
« J'espérais que Vous me feriez l'honneur de m'accorder une entrevue en privé, Mon Seigneur. »
Il y a encore une semaine, elle aurait été châtiée comme il se doit pour avoir osé faire une telle requête, et pendant un instant, elle fut certaine de sentir le Doloris lui parcourir le corps. Mais finalement, il s'avéra que sa stratégie avait porté ses fruits. Au lieu de la punir, le Seigneur des Ténèbres ricana de plaisir.
« Accordé », acquiesça-t-il, puis il se tourna vers Ses Mangemorts. « Sortez ! La petite Sang de bourbe veut me murmurer à l'oreille ses précieux secrets. »
Tandis que les bruits de pas sur le sol froid s'éloignaient, Hermione frissonna en pensant à la façon dont ils le lui feraient payer. Elle devrait s'estimer heureuse si elle survivait à la colère des Sangs Purs.
« Nous sommes seuls, petite chose », lui dit le Seigneur des Ténèbres et les tonalités sifflantes et visqueuses de sa voix transformèrent ses mots en obscénités. « Que souhaites-tu me dire qui ne puisse être entendu par mes fidèles serviteurs ? »
« Je… » Commença-t-elle, comme si elle n'était pas sûre de ce qu'elle voulait dire. « C'est que j'ai peur que tous ne vous soient pas entièrement dévoués, Mon Seigneur… »
La puissance de Son esprit la frappa avec la force d'un ouragan et elle s'inclina et trembla comme une feuille sous l'influence de Sa volonté. Elle se concentra alors totalement sur les images qu'elle avait préparées pour Lui et s'efforçant de camoufler les secrets qu'il ne devait pas voir. Elle laissa alors son regard glisser vers le sol et son esprit apparaître comme si elle était effectivement une jeune fille fragile et non comme l'occlumens accomplie qu'elle était devenue.
Enfin, l'attaque cessa et il se retira des méandres de son esprit. Elle savait qu'il la croyait, du moins, en partie, sinon, elle serait déjà morte à ses pieds. Mais il voulait tout de même qu'elle continue, il voulait qu'elle raconte son histoire en employant ses propres mots et qu'elle en tire ses propres conclusions. Il baissa très légèrement la tête pour le lui faire comprendre. Les yeux de la jeune femme glissèrent donc au sol et elle lui exposa ce qu'elle savait en tremblant de peur et de fatigue.
« J'ai trouvé un passage secret cet après-midi, Mon Seigneur », Lui dit-elle en déguisant ses paroles comme si elle s'empressait de Lui plaire. « Il va jusqu'à la Salle des Professeurs et j'ai ainsi pu espionner une courte conversation entre le traître Snape et Mac Gonagall. Ils discutaient de l'attaque manquée et Snape disait… » Elle hésita, en rendant sa voix non plus pressée mais craintive. « Il disait… »
« Tu peux être franche avec moi, mon enfant. Peu de choses peuvent encore me surprendre et tu ne seras pas punie pour m'avoir renseigné. »
« Il disait que leur accord avec leurs nouveaux informateurs avaient parfaitement marché, et que Lupin ne serait jamais arrivé à temps s'ils n'avaient pas été informés par une taupe… »
« Je vois », les mots de Voldemort étaient plus froids que la neige et la glace. « Il y a plus, n'est-ce pas ? »
« J'ai installé une série de sorts d'écoute dans les couloirs près des quartiers de Snape depuis quelques semaines, Mon Seigneur. Il ne reçoit jamais de visiteurs, mais il quitte le château plus souvent qu'il ne le faisait auparavant. Je n'ai pas osé le suivre sans votre accord, Maître, mais je l'ai déjà vu marché vers Pré au Lard plusieurs fois… »
« Donc tu penses qu'il y rencontre son… informateur, petite Sang de bourbe ? »
Elle hocha la tête. Son corps se raidit tant elle était soucieuse et hésitante. C'était le moment crucial, le moment où il la punirait pour avoir dépassé les bornes, ou le moment où il l'investirait d'une nouvelle mission, un rôle qui distillerait la peur parmi les Mangemorts du Premier Cercle…
« Alors, que souhaites-tu faire pour remédier à cela, Hermione ? »
« Je voudrais suivre le traître jusqu'à Pré au Lard, Mon Seigneur. » Chuchota-t-elle. « Pour découvrir qui Vous trahit et vous apporter son nom, pour la gloire de Votre royaume et la chute de nos ennemis. »
Long fut Son silence, long et froid. Elle avait presque abandonné tout espoir quand quelque chose toucha sa tête. La sensation glacée qui se répandit à travers ses cheveux et sa peau lui indiqua que c'était Sa main, la prise du Seigneur des Ténèbres ressemblait à celle d'un serpent. Il garda Sa main sur l'épaule d'Hermione comme s'il s'agissait de la main fière d'un père.
« Alors tu devrais suivre cette volonté, mon enfant. Va, démasque ceux qui parmi nous ne sont pas dignes de Ma confiance. Rends-moi fier. »
Elle trembla.
Ce ne fut qu'une heure après avoir quitté la salle du trône, étrangement sauve, preuve qu'Il était satisfait du travail d'Hermione, qu'elle parvint à se détendre quelque peu. Mais pas pour longtemps et pas entièrement, pas tant qu'elle ne serait pas à l'abri dans les appartements de Severus et que son travail ne serait pas fini.
Hermione avait encore une proie à chasser et elle la croisa dans la pièce réservée aux transplanages. Ils étaient seuls.
« MacNair », ronronna-t-elle. « Ce doit être plus qu'une coïncidence si nous nous rencontrons ici. »
En effet, c'était le cas. Elle avait planifié sa sortie avec soin pour le croiser à cet endroit précis. Mais MacNair n'avait pas besoin de le savoir.
« Granger », répondit-il. « Il semble que tu bénéficies des faveurs du Seigneur des Ténèbres. »
Elle haussa les épaules. « Les hauts, les bas », commenta-t-elle, puis elle capta de nouveau son regard, et lentement, sensuellement, elle se lécha les lèvres. « Mais tu sais que ça n'a rien à voir avec la véritable valeur, MacNair. Je dois dire que j'ai été… impressionnée… par ton inventivité, ces dernières semaines. »
« Je n'ai aucune idée de ce dont tu parles. » Répliqua-t-il, le visage inexpressif.
« Vraiment ? » Elle haussa de nouveau les épaules. « Ça m'étonnes. Ce garçon de Poufsouffle que tu fais chanter, l'attaque de Potter, Fudge, et maintenant ton grand ami Atricus qui travaillait de paire avec Nott junior… tu t'es immiscé dans la vie du château, MacNair, comme un vrai Serpentard. Je suis… intriguée. »
« Et alors », répondit-il en croisant les bras sur sa poitrine, sur la défensive. Mais ses yeux étaient rivés sur le corps et le visage d'Hermione. Elle avança un peu de manière à ce qu'il ait une meilleure vue sur sa poitrine, et doucement, fit courir un doigt sur son ventre et sa hanche.
« Lucius est devenu paresseux et décadent », dit-elle en baissant sa voix d'un air conspirateur. « Il se pourrait que je cherche un nouveau partenaire. Quelqu'un avec une plus grande détermination et plus de vigueur. Quelqu'un qui puisse satisfaire tous mes désirs. »
Elle pinça ses lèvres, fit la moue et se tourna légèrement tout en jouant avec ses cheveux. L'idiot n'avait pas remarqué la facilité avec laquelle elle le manipulait. « Mais si tu n'es pas intéressé… »
« Peut-être que je le suis », répondit-il, trop rapidement, avec une voix pleine de désir et d'excitation.
Elle lui sourit, en ouvrant la bouche – cavité sombre et humide – de manière délicate et sensuelle.
« J'aime les hommes valeureux, MacNair. Les hommes forts. Les hommes qui n'hésitent pas à prendre ce qu'ils veulent. »
Elle avança d'un pas et vit qu'une pellicule de sueur luisante se formait sur le front de l'homme qui lui faisait face.
« Rejoins moi demain soir à l'endroit où nous avons eu notre dernière… confrontation au corps à corps. » Elle pinça ses lèvres et baissa les yeux sur son entrejambe du Mangemort.
« Mais, Lucius… »
« As-tu peur de prendre ce que tu désires, MacNair ? » Lui demanda-t-elle tout en avançant encore vers lui jusqu'à ce que ses lèvres touchent les siennes. « Ou peut-être ne me désires-tu pas ? »
Il déglutit difficilement, incapable de répondre, mais elle n'avait pas besoin de l'entendre pour comprendre la réponse.
« Demain », murmura-t-elle. « Neuf heures. Je t'attendrai, MacNair. Ne me déçois pas… »
Et sur ce, elle transplana vers Poudlard, laissant derrière elle, un MacNair partagé entre le désir et la peur.
Il viendrait. Elle en était absolument sûre.
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« C'était effrayant. » Dit Harry à Draco l'après-midi suivante lorsqu'ils se retrouvèrent pour une de leurs réunions habituelles. « Elle était juste Hermione, et l'instant d'après, elle était devenue un tueur professionnel. Elle les a abattus, Draco. Comme s'ils n'étaient que de la viande. Oh, et zut… »
Le livre qu'il faisait tenir en équilibre en déambulant dans la pièce avait finalement été vaincu par la gravité et il s'écrasa au sol.
Harry fut véritablement tenté d'y donner un grand coup de pied, mais quand il vit l'expression moqueuse de Draco, il releva un sourcils en s'attendant à une explosion à cause de son caractère. Sans un mot, il récupéra donc le livre.
« Je me souviens quand j'ai vu mon père pour la première fois avec ce regard. » Dit Draco, sa voix avait repris son timbre amer qu'il employait toujours lorsqu'il parlait de ses parents. « J'avais sept ans. Nous nous étions rendus dans l'Allée des Embrumes cette après-midi-là pour rencontrer quelques uns de ses contacts. Nous nous étions engagés dans une ruelle déserte quand soudain, il s'est retourné, baguette à la main pour lancer le Avada Kedavra à une femme qui nous suivait. Elle est morte sur le coup. »
Draco frissonna, les yeux dans le vide. « Il était si calme. Il n'avait pas l'air de s'en soucier, et quand j'ai pleuré, il s'est mis en colère contre moi. Aujourd'hui, je me demande comment j'en suis arrivé à l'admirer et à l'adorer comme ça. Avec le recul, il m'apparaît clairement qu'il n'a jamais été qu'un salaud sans cœur. »
« C'est parce que c'est ton père, je suppose », lui répondit Harry en tournant la tête trop vite, si bien qu'il faillit faire tomber le livre. Au moins, il n'avait pas rejoint le sol cette fois. « J'ai toujours imaginé que mes parents étaient parfaits. Ça a été un choc quand j'ai découvert qu'ils étaient à l'opposé de ce que je pensais. En particulier mon père. »
Il chassa cette pensée. « En fait, Hermione ne s'est pas montrée complètement insensible, du moins pas après le départ des autres. »
Il s'efforça alors de raconter à Draco la scène dont il avait été témoin ensuite, sans omettre, après une courte hésitation, ce qu'il s'était passé une fois que Snape les avait quittés.
Pendant un instant, il se demanda pourquoi il faisait suffisamment confiance à Draco pour évoquer avec lui ce sujet. Il n'en aurait pas parlé à Ron, même pendant les moments où leur amitié était la plus forte, ni à personne d'autre à Poudlard. Mais il décida que Draco, faisant partie des Serpentards, était plus enclin que quiconque à comprendre son Directeur de Maison. De plus, c'était le meilleur ami d'Hermione.
Non, ça n'avait absolument rien à voir avec le lien qui s'était formé entre le Gryffondor et le Serpentard, ni même avec le fait que Harry cherche à connaître l'opinion de Draco. Il n'y avait également aucune relation avec le fait qu'il pense plus au blond qu'à n'importe qui d'autre au sein de cette école, sauf Hermione, peut-être. Il n'était pas ami avec un Serpentard !
« Severus et Hermione… ça ne me surprend pas. » Répondit Draco après quelques instants de réflexion. « Pas vraiment. J'ai vu à plusieurs reprises comment ils se comportent l'un envers l'autres en privé, et il y avait toujours tant de… »
« Tendresse », compléta Harry à moitié plongé dans ses pensées. « Et d'intimité. Et d'attention envers l'autre. »
Il repensa à comment Hermione l'avait envoyé rejoindre les autres tandis qu'elle prenait une toute autre direction. Quand il lui avait demandé ce qu'elle allait faire, elle s'était contentée de sourire. « Demande à Severus », lui avait-elle répondu.
Mais cela s'était révélé inutile. A l'instant où Harry avait rejoint les autres - Neville, Luna et Ginny étant tristement blottis les uns contre les autres, tandis que les Professeurs surveillaient les cadavres et discutaient en silence – Snape s'était dirigé vers eux et leur avait donné une explication de la situation qui ne mentionnait ni Hermione, ni l'Ordre ou un quelconque bijou permettant de transplaner.
Ils avaient suivi Ron (Hermione étant ailleurs) et d'une manière ou d'une autre – ils ne savaient pas vraiment comment – Remus l'avait découvert et s'était mis à leur poursuite après avoir averti les autres Professeurs. Il avait tué les Mangemorts et attendu à la frontière des barrières magiques l'arrivée des autres Professeurs.
Une version charmante et simple. Suffisamment simple, avait dit Snape, pour qu'ils la corroborent. Il leur avait ensuite fait répété le déroulement des événements, un par un, en ajoutant d'une voix doucereuse qu'il leur arracherait la langue et s'en servirait pour ses potions s'ils ne s'en tenaient pas exactement à cette version. Harry avait vu Neville devenir mortellement pâle et même lui avait pris très au sérieux les menaces du chef des renseignements.
Ensuite, ils étaient entrés par la Grande Porte, et Hermione s'était précipitée vers eux, et avait manqué de le faire tombé quand elle s'était jetée dans ses bras. Elle avait pleuré, bredouillé, réprimandé et crié jusqu'à ce que Severus siffle qu'elle avait un comportement puéril. Elle avait essayé de se reprendre, mais elle avait lamentablement échoué. Snape avait alors lâché une remarque blessante sur l'incapacité des livres à lui apprendre les choses importantes de la vie.
Harry savait qu'il en aurait été révolté ou irrité avant, mais ce n'était désormais plus le cas. Pas après ce dont il avait été témoin. Désormais, il savait que Snape jouait un rôle pour protéger la vie d'Hermione : c'était un mélange subtil de dégoût, de haine destiné à la préserver du danger autant que possible.
Chaque parole haineuse, chaque réaction qu'il lui adressait n'était en réalité que la preuve qu'il se souciait d'elle. C'était le seul moyen dont il disposait devant tous ces gens. C'était un spectacle impressionnant, et Harry s'était aperçu qu'il était soulagé de savoir combien Snape s'investissait dans sa tentative pour la dénigrer.
Neville, Luna et Ginny se tenaient devant eux, les yeux ronds d'étonnement en regardant Hermione si différente de celle qu'elle était quelques minutes auparavant. Ils ne comprenaient pas. Et seul le souvenir des paroles doucereuses de Snape les empêcha de faire un commentaire, Harry pouvait le lire sur leurs visages.
Et ensuite, dans le bureau de Dumbledore, le sortilège Fidelius, l'Oubliette inventé par Hermione et leur intégration dans le second cercle de l'Ordre les avaient obligés à prendre toute cette histoire avec le plus grand calme du fait de leur nouveau et inattendu statut.
Simple et ingénieux. Il n'y aurait jamais pensé.
Parfois, il se demandait si toutes ces interactions avec les Serpentards n'allaient pas bientôt le rendre fou. Son cerveau n'était plus qu'un nœud : les sens cachés, les significations derrière les autres significations. Comment pouvait-on envisager tant de perspectives, tant d'angles de vue en même temps et rester sain d'esprit ? Il était heureux d'être un Gryffondor.
« Oui, c'est une bonne description, je pense », confirma Draco, sans savoir jusqu'où les pensées de Harry l'avaient mené. « Il y avait toujours tellement de tendresse entre eux que je me demandais… Au début, je pensais que ça me dérangerait, mais au final, cela semble être une suite logique, non ? »
« Les deux esprits les plus brillants de Poudlard qui se rejoignent, c'est ce que tu veux dire ? » Harry sourit. « Je dois admettre qu'il y a deux mois, j'en aurais eu des haut-le-cœur rien que d'y penser. C'est dur à croire, même maintenant. »
« En particulier quand tu vois comment il la traite en cours. »
« Ce n'est rien en comparaison de comment il la traite pendant les réunions de l'Ordre », rétorqua Harry, amusé par le souvenir de ce moment. « Mrs Weasley a déjà tiré trois fois la langue à Snape pour diminuer les larmes de la 'pauvre fille'. »
Draco rit. « Imaginer Hermione pleurer pour quelque chose comme ça ! Elle se comporte comme une vraie Serpentard. » Il y avait de la fierté dans la voix de Draco, et Harry réalisa brusquement que la colère, qu'il éprouvait habituellement en entendant ces mots, ne vint pas. « Il nous en faut beaucoup pour nous faire craquer. Ceux qui ne l'ont pas compris à l'école le comprennent rapidement après. Tous s'endurcissent. Comme mon père. »
« Tu sais que ça me fait vraiment me sentir mieux de t'entendre la comparer si souvent à ton père. » Se plaignit Harry. « J'étais déjà suffisamment effrayé comme ça. Et si toute cette histoire faisait d'elle… Je ne sais pas. »
« C'est absurde », dit Draco profondément convaincu de ce qu'il avançait. « Elle ne deviendra jamais comme mon père. Il y a une grande différence ! »
« Quelle différence », demanda Harry en faisant de son mieux pour ne pas paraître trop suppliant.
« Après avoir fait ça, elle a laissé son cœur s'exprimer. » Répondit simplement Draco. « Mon père se serait contenté de ranger sa baguette et de dire que ces salauds d'espions sorciers ne méritaient pas de vivre. » Draco haussa les épaules. « Ensuite il aurait souri et m'aurait proposé une énorme crème glacée. »
« Ce doit être une homme terrifiant. »
« En effet. »
« Comment Hermione… a fait sa connaissance ? »
Les yeux de Draco se plissèrent tandis qu'il tournait autour de Harry. Il pouvait voir l'hésitation dans les yeux du Gryffondor, luttant contre son envie de savoir.
« Veux-tu véritablement savoir ça ? » Demanda Draco, pas certain de savoir s'il avait envie de lui dire, mais Harry acquiesça après un instant de réflexion, et Draco soupira.
« Nous étions amis depuis quelques mois, nous nous rencontrions dans la Salle sur Demande pour pouvoir discuter. J'avais décidé d'informer Dumbledore des lettres que j'avais reçu de mon père plus tôt dans le mois. Un matin, Hermione m'a envoyé un pli urgent, en me demandant de la retrouver aussi vite que possible. Une fois en sécurité, elle m'a dit qu'elle devait faire la connaissance de mon père.
« Je lui ai demandé pourquoi. Et comme si c'était la plus naturelle des choses, elle m'a répondu : 'Pour devenir un Mangemort, évidemment'. »
Draco grommela. « Tu peux imaginer ma réaction. Elle a été bruyante, interminable et mes rires se sont progressivement transformés en cris d'indignation. Elle a fini par me convaincre. Tu sais comment est Hermione quand elle veut vraiment quelque chose. »
Harry ne put s'empêcher d'acquiescer en signe de compassion.
« Elle m'a demandé d'écrire à mon père pour lui dire qu'elle commençait à me parler, qu'elle était plus amicale avec les Serpentards en général, que je l'avait trouvé dans la réserve en train de lire un livre sur les sortilèges interdits, qu'elle semblait moins intéressée par les cours et qu'elle fixait parfois le Directeur avec un regard haineux. Mon père m'avait demandé de le tenir informé de tout ce qui concernait le Trio d'Or, toi, en particulier. Donc, quand j'ai commencé à lui parler de ces choses, il a été intrigué. Mais il n'aurait pas fait le moindre geste vers elle. Contrairement aux apparences, mon père est un homme très prudent. »
« Ensuite, il y a eu le bal de printemps qui s'est tenu dans le manoir d'un Mangemort qui a toujours gardé son identité secrète et était ainsi blanc de toute accusation. Je devais y assister, comme chaque année, et Hermione m'a annoncé qu'elle voulait m'y accompagner. »
Draco grogna encore une fois. « C'est donc ce qu'elle a fait. La transformation pour le bal de Noël en quatrième année n'était rien en comparaison du changement qu'elle a opéré pour être ma cavalière. Elle était la plus belle femme du bal, une sang de bourbe, elle se comportait comme si le monde entier lui appartenait. Les gens étaient choqués. Ils étaient dégoûtés. Mon père était fasciné. »
Il soupira, en chassant quelques grains de poussière imaginaires de ses robes d'école. « Ils se sont éclipsés dans une chambre et y sont restés pendant des heures. Quand elle est revenue, elle était bien évidemment blessée, mais elle semblait avoir obtenu ce qu'elle désirait. Un mois plus tard, elle était présentée au Seigneur des Ténèbres. Fin de l'histoire. »
Le silence s'installa entre eux tandis que Draco attendait la réaction de Harry, son esprit rejouait en boucle les événements du printemps dernier. Harry, quant à lui, luttait contre quelque chose qu'il n'arrivait pas à formuler. Ça lui trottait dans la tête depuis une semaine déjà, et il n'était toujours pas sûr de comment réagirait Draco. Une préparation minutieuse serait nécessaire pour le convaincre…Et par l'enfer, il n'était pas à Gryffondor pour rien. Plongez dans l'eau glacée et elle vous semblera bientôt tiède.
« Je veux que fasse partie du premier cercle de l'Ordre, Draco », dit-il simplement et il fut récompensé par une expression inestimable sur le visage du Serpentard. Draco avait l'air si abasourdi, si stupide quand un cri étranglé sortit de sa gorge « Quoi ? » que Harry parvint à peine à réprimer son sourire.
Mais son sourire serait interprété comme de la condescendance, il le savait à présent. « Je te veux dans l'Ordre. » Répéta-t-il. « Tu fournis des informations de valeur depuis plus d'un an, maintenant. Remus, le Professeur Dumbledore et Snape te soutiendront. Et je sais qu'Hermione serait heureuse de t'y retrouver. Je serais heureux. »
Pendant les quelques secondes qu'il avait fallu à Harry pour prononcer ces mots, le visage de Draco s'était complètement fermé comme une pièce dont les rideaux auraient été brusquement tirés, étouffant ainsi toute source de lumière et de chaleur.
« Ça ne marchera pas Potter », répondit Draco d'un ton léger. , et ce ne fut que parce que Harry était habitué à décoder le Serpentard depuis plusieurs semaines qu'il parvint à percevoir l'amertume dans sa voix. « Ils ne m'accepteront jamais. Je suis un Serpentard, fils de Mangemort, un modèle pour tous ceux qui haïssent les sang de bourbe dans cette école. Même si tu pouvais user de ton influence pour me faire rentrer dans l'Ordre, ils ne me feraient jamais assez confiance pour baisser leur garde en face de moi. Ils penseraient seulement que j'essaie de - comment Weasley a-t-il amené ça – fureter. »
Harry choisit d'ignorer le fait qu'il aurait pensé exactement la même chose, il y a de cela un mois. Quel chemin j'ai parcouru en si peu de temps, réalisa-t-il soudainement. Il avait l'impression d'avoir été aveugle pendant tant d'années, ne voyant que ce qui était évident et ignorant que ce qu'il voyait n'était rien d'autre que la fine surface d'un chaotique enchevêtrement de plans, d'intentions et de relations.
C'était Hermione qui lui avait ouvert les yeux et l'avait amené à reconsidérer son point de vue, pour découvrir toutes ces choses, Hermione et sa relation bizarre avec Snape qui semblait devenir plus mystérieuse chaque jour. Mais c'est Draco qui l'avait aidé tout au long. Maintenant, il pouvait bien aider Draco.
« Ils ne faisaient pas non plus confiance à Snape au début. Et je ne veux pas savoir comment ils vont réagir quand ils découvriront l'identité de leur bien-aimé maître-espion. » Il haussa encore les épaules. « Mais ce n'est pas important. Le fait est : je veux que tu en fasse partie. » Il sourit. « Et je ne suis pas le Garçon qui a Survécu pour rien, tu sais ? »
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Adossée à l'écorce rugueuse d'un arbre, Hermione entendit le son caractéristique du transplanage, mais elle ne bougea pas d'un pouce. Elle resta dans la même position, les yeux baissés, une jambe levée, reposant contre l'arbre, dévoilant ainsi sa peau nue et son uniforme d'écolière. Elle avait tressé ses cheveux et mit une touche de maquillage.
Elle savait de quoi elle avait l'air : innocente, légèrement sans défense, et très jeune. Il ne fallait pas rappeler à MacNair la chasseresse sauvage qu'il avait rencontré la dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés en ce lieu.
« MacNair », énonça-t-elle au bout d'un moment, comme si elle n'avait pas remarqué immédiatement son arrivée. La voix de la jeune femme tremblait légèrement, comme si elle avait froid ou qu'elle était effrayée par les ténèbres. « J'avais peur que tu ne viennes pas ! »
Elle avait pourtant été surmenée toute la journée, mais les hommes n'aimaient pas quand une femme prenait le contrôle et le gardait. Elle devait avoir l'air douce et vulnérable ce soir, elle devait lui laisser l'initiative.
Il voulait une femme passive, et passive elle serait pour la soirée, laissant la sombre silhouette mener la danse dans les ténèbres.
« Evidemment que je suis venue, ma puce », répondit-il en marchant vers elle, et Hermione dut réprimer un grognement amusé. Ma puce, en effet. Elle avait l'impression de voir un moldu à son premier rendez-vous.
Elle sentit un bras s'enrouler autour de sa taille pour la serrer contre lui, si bien qu'elle dut réprimer un frisson qui lui était venu automatiquement. Elle avait trop l'habitude de ça pour se laisser distraire.
« Bien, où veux-tu que nous allions ? Tu as prévu quelque chose ? » Lui murmura-t-il à l'oreille.
Elle se tourna vers lui de manière à ce que leurs visages ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Sa chaleur, son souffle délicat de la jeune femme chatouillait la bouche et le nez du Mangemort. « Je connais une grotte tout près. » Chuchota-t-elle. « Je pensais que nous ne serions pas… dérangés là-bas. »
« Ça me paraît parfait. » Consentit-il, et la main de l'homme, qui était restée sur sa hanche, amorça doucement une descente. Elle s'abandonna à ce contact pendant un instant, puis ils se déplacèrent.
« Quelqu'un pourrait me voir », murmura-t-elle sur un ton d'excuse, en rendant sa voix un peu essoufflée pour lui montrer qu'elle avait envie de ses mains sur son corps. « Nous ne pouvons pas prendre ce risque si près du château. »
« Montre-moi le chemin, alors », accepta-t-il, en retirant sa main des fesses de la jeune femme mais en restant très près d'elle. S'il n'arrêtait pas immédiatement de la tripoter, Severus devrait se rabattre sur le plan B.
Elle laissa MacNair faire la conversation pendant qu'ils marchaient. Il se vanta principalement de ses plans pour faire sortir Potter du château et progresser dans les faveurs du Seigneur des Ténèbres. Elle l'écoutait attentivement, récupérant chaque information utile, et le flattant de sa bravoure avec de petits cris impressionnés et des regards admiratifs. La bêtise de ces hommes de sang pur ne cessait de l'étonner.
Ils avaient presque atteint la grotte où Sniffle s'était caché si longtemps, quand soudain, sur la gauche, un rayon de lumière blanche jaillit des ténèbres et la frappa de plein fouet dans le dos.
Elle cria de douleur et s'effondra en entraînant à moitié MacNair avec elle et en handicapant ainsi le bras dont il se servait pour tenir sa baguette. Le plan B avait commencé. Evidemment, le rayon n'avait provoqué qu'une légère chaleur dans le dos d'Hermione, mais elle roula sur le sol comme si elle était en proie à une terrible douleur, et MacNair sembla la croire.
Au moins, il a quelques réflexes de Mangemort, pensa-t-elle tandis qu'il libérait son arme avec hâte et qu'il s'éloignait d'elle pour se préparer à la bataille. Mais ces réflexes n'étaient pas assez affûtés pour remarquer qu'elle lui avait dérobé sa deuxième baguette. Elle aimait quand les adversaires étaient à égalité.
« Qui est là ? » cria MacNair nerveusement. Sa voix rauque et sur le point de se briser. Il pensait probablement que Malfoy les avait découvert et attendait maintenant dans un buisson pour leur lancer le sortilège de la mort.
Mais la silhouette qui sortit de l'ombre au clair de lune, n'était pas la tête blond platine caractéristique de la famille Malfoy.
Des cheveux noirs encadraient un visage qui semblait sombre et renfrognée avec sa fine bouche, son nez ciselé et des yeux noirs et flamboyants dont la noirceur était soulignée par une grande cape tourbillonnante, si bien qu'on avait l'impression qu'un halo de ténèbres l'entourait, une aura de lumière négative.
Même Hermione, qui était au courant de sa présence depuis le début, sentit son cœur palpiter dans sa poitrine comme un petit oiseau. Seul Severus savait organiser une mise en scène si théâtrale sans avoir l'air ridicule. En fait, il était totalement le contraire, et Hermione dut s'obliger à se concentrer sur la tâche qui les attendait.
« MacNair », ronronna Severus, un peu comme elle l'avait fait dans la pièce réservée au transplanage la nuit précédente, et une fois encore, le cœur d'Hermione s'affola et fit un petit bond excité. « Quelle agréable surprise. Il me semble que tu n'as pas changé de comportement. Tu violes les étudiantes le soir ? »
« Snape », siffla MacNair. Une partie de sa peur sembla se transformer en haine envers l'homme qui les avait tous trahis. Mais ça ne représentait qu'une part, car MacNair savait que Severus était un redoutable adversaire. Il était donc sur ses gardes. « Tu te glisses toujours dans l'ombre pour espionner ? Tu ne sembles pas avoir beaucoup changé, non plus. »
Le Mangemort semblait parfaitement se maîtriser mais un petit spasme musculaire le trahissait – il avait laisser sa baguette glisser de son étui jusque dans sa main et était désormais prêt à passer à l'attaque sans avertissement supplémentaire.
Mais il semblait que Severus ne lui laisserait pas sa chance.
Un petit coup de baguette et une lumière bleue jaillit vers MacNair qui la bloqua avec un bouclier invoqué à la hâte. C'est ensuite que le véritable combat commença.
Il fut clair pour chacune des personnes dans la petite clairière, seulement quelques secondes après les premiers mouvements, que MacNair n'avait aucune chance contre Severus. Face au Maître des Potions et ses sorts et malédictions, MacNair semblait maladroit et lent. Et tandis que Severus lançait de nombreux sorts, son adversaire se contentait de Doloris et d'Avada Kedavra, obligeant ainsi Severus à sauter, bondir et rouler sur le côté, plutôt que d'utiliser des boucliers. Pas que ce soit un problème.
Mais Severus se retenait. Au lieu de lancer les sorts dangereux et mortels que chaque Mangemort pouvait utiliser les yeux fermés, il essayait plutôt de le désarmer et de le surprendre, attaquant MacNair de tous les côtés et lui faisant ressentir ainsi une fausse impression de sécurité.
« Quoi, Snape, as-tu besoin de retourner en première année ? Ton nouveau maître garderait-il ta laisse trop courte ? » Se moqua MacNair, et Hermione fut une fois encore sidérée par la stupidité de MacNair. Qui taquinerait une panthère qui jouait avec sa proie ?
« Il n'est pas mon nouveau Maître », répondit Snape d'une voix teintée d'amusement. « Je le sers en secret depuis dix huit ans, et aucun de vous, futurs héros ne l'avez remarqué. »
« Non », cria MacNair, la colère avait envahit la dernière parcelle de son cerveau qui le préservait auparavant d'un excès de confiance. Il se rua alors sur Severus.
Il rencontra un poing qui lui coupa le souffle, et tandis qu'il essayait toujours de comprendre ce qui venait de lui arriver, Severus qui avait sauté derrière lui, lui asséna un coup de pied à l'épaule, ce qui l'envoya au sol.
Avec un mouvement si brusque qu'Hermione ne put réprimer un ricanement, Severus rajusta ses robes.
« Petrificus Totalus », dit-il sur un ton détaché, et le corps du Mangemort se raidit. « Vraiment, Hermione », poursuivit-il tout en relevant MacNair avec une geste rapide de sa baguette. Il nettoya ensuite son visage et ses robes tout aussi efficacement. « Je ne peux m'empêcher de t'interroger sur les choix de tes compagnons. »
Hermione fit la moue. Elle appréciait énormément tout ça. « Que pourrais-je faire d'autre quand tu te caches derrière des buissons, Severus. » Répliqua-t-elle. Elle fut récompensée par l'expression choquée de MacNair, le visage d'un homme qui avait soudain compris, mais trop tard, qu'il s'était fait roulé, et que c'était probablement sa fin.
« Bien, si tu le prends comme ça », dit alors Severus. « Peut-être devrions-nous recommencer, alors. Plus sympathique, peut-être. Es-tu prête ? »
Hermione acquiesça et se retira dans l'ombre où Snape était caché un peu plus tôt dans la soirée.
« La vue est bonne ? », lui demanda le chef des renseignements. Elle répondit par l'affirmative.
« Bien, maintenant, MacNair, tu vas nous aider un peu. Ça ne va pas prendre longtemps, je peux te l'assurer. Imperio », siffla-t-il, et le corps de MacNair se ramollit comme une marionnette au bout de ses fils.
Il recula de quelques pas jusqu'à se fondre dans les ténèbres. Ensuite, il se retourna, un sourire impatient sur le visage.
« Je suis content que tu sois venu, Snape », dit-il.
« Que veux-tu ? » La voix de velours du traître et Maître des Potions était insondable, et MacNair plissa les yeux pour entrevoir son visage, même si ça ne l'avançait pas beaucoup.
« J'ai des informations précieuses pour ton camp », parla MacNair précipitamment, dans le but d'être agréable. « Je suis disposer retourner ma veste. Je connais les mouvements et les plans du Seigneur des Ténèbres. Mais aide-moi à quitter les Mangemorts. Laisse-moi travailler pour Dumbledore ! »
« C'est tout ? » La question froide résonna dans la nuit.
« Il y en a d'autres comme moi, d'autres qui veulent se retirer », balbutia MacNair, le visage vert de peur. « Je peux te donner leurs noms, beaucoup de noms, si seulement… »
« C'est bien assez, MacNair », l'interrompit Severus. « Je te connais. Tu es un faible. Tu nous trahiras encore. Il n'y a qu'une personne qui a retourné sa veste dans les rangs de Dumbledore, et c'est moi. Avada Kedavra. »
Une lumière verte fendit l'air et le corps de MacNair, inerte s'écroula sur le sol. Rapidement, Severus parcourut la distance entre lui et le corps et fouilla la dépouille de MacNair, récupérant ainsi sa baguette et un rouleau de parchemin. Ensuite, il lança un dernier regard pour jauger la clairière, il toucha sa tête comme saluer sa victime, et transplana.
Il fallut moins de cinq minutes pour connecter les images de la mort de MacNair aux autres bribes qu'elle et Severus avaient mises au point un peu plus tôt. Quand elle eut fini, elle disposait d'un souvenir parfait dans lequel elle suivait l'ancien Mangemort qui quittait le château, traversait Pré au Lard jusque dans la forêt où il avait rencontré MacNair et l'avait tué. Elle avait à présent quelque chose de suffisamment travaillé pour le présenter à un Maître de l'Occlumencie.
Ensuite, elle brossa sa jupe pour enlever la poussière et la sécha d'un sort. Elle s'approcha de MacNair, et, à l'aide d'un charme qu'elle avait découvert dans la Réserve de la bibliothèque, elle dissipa tous résidus de son odeur et toutes les empreintes qu'elle avait laissées sur les vêtements et le corps du Mangemort. Ce ne fut que lorsqu'elle fut absolument sûre qu'il ne restait rien de Hermione Granger sur le cadavre, qu'elle s'empara de son bras et transplana.
Elle avait un cadeau pour le Seigneur des Ténèbres et son Premier Cercle, quelque chose qui, avec un peu de chance, sèmerait le chaos dans les rangs des Mangemorts.
Quelque chose qui augmenterait grandement son pouvoir.
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Dans deux semaines, vous saurez enfin pourquoi Hermione a décidé de se lancer dans l'espionnage à la place de Severus… Et c'est Ron qui va le découvrir !
Bisous à toutes et à tous…
