Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm


RAR

Phenix : Bon voilà la suite, tu vas avoir ta réponse.

Mekoret : Voilà la suite, bonne lecture. Au fait, belle preuve de courage et de patience de ne pas aller lire la suite dans la version originale…

Mira-15 : Merci pour tes compliments. La suite est juste en dessous, alors bonne lecture.

Yinmay : Encore une qui est tentée de tricher ! N'en veux pas trop à Ron, sans lui, Hermione n'aurait probablement jamais embrassé Severus… Alors je te laisse à ta lecture et on se retrouve juste après, n'est-ce pas ?

LaLaLa : Deus semaines ont passé, et la suite est arrivée. Tu vas avoir la réponse laissée en suspens. Bisous

Sabrina : Voilà, tu l'attendais… la voilà la suite. Bonne lecture.

La marrade : Rien ne sert de crier, il faut lire la suite… Bonne lecture et on en reparle après, hein ? lol

Bohémio : Et oui, je sais, tout le monde veut les voir ensemble. Je te laisse lire le chapitre pour le découvrir et savoir si l'auteur et la traductrice vont mourir dans d'atroces souffrances ou être épargnées… Bisous.


Elle sembla encore hésiter pendant un instant, pas sûre de la façon dont elle allait répondre. Il avait déjà ouvert la bouche pour parler quand elle prit sa décision.

« A cause de ça », souffla-t-elle. Elle parcourut alors précipitamment la distance qui les séparait en seulement deux pas et pressa sa bouche contre ses lèvres.

XxX

Chapitre 40 : Douce folie

Ce n'était pas le baiser le plus charmant, bien sûr, mais il y avait quelque chose dans la façon dont elle pressait désespérément ses lèvres contre les siennes qui le touchait plus que tout ce qu'il avait déjà vécu.

Il était si surpris qu'il se figea, incapable de réagir jusqu'à ce qu'il sente la langue de la jeune femme effleurer ses lèvres. Il l'attrapa alors par les épaules et l'arracha de sa bouche.

« Qu'est-ce que tu fais », cria-t-il, encore drôlement choqué par ce qui venait de se passer. « C'est de la folie ! »

« Non, pas du tout », le contredit-elle. Ses yeux chocolat étaient emplis de larmes alors qu'elle refusait d'en écouter plus. « C'est de l'amour. »

« Tu ne peux pas m'aimer ! C'est impossible ! », Hurla –t-il d'une voix rauque tandis que ses doigts recherchaient involontairement ses lèvres pour vérifier la véracité de ce qui venait de se produire.

« Et pourquoi pas ? Penses-tu vraiment que je n'en sois pas capable ? » Demanda-t-elle, mais elle leva une main tremblante lorsqu'il tenta de répondre. « Non, je t'en prie, écoute-moi, et ensuite, tu pourras me chasser de tes appartements et te complaire à nouveau dans tes lamentations. »

« Je n'ai pas l'intention d'écouter un traître mot de ce que vas me dire ! », cria-t-il. « Pas un seul ! Ça a déjà été trop loin ! Contrôle-toi pour l'amour du Ciel ! »

« L'amour n'est pas quelque chose que l'on peut contrôler, Severus », protesta-t-elle doucement, les yeux toujours fixés sur lui avec un mélange de tendresse et de peur. « Tu voulais la vérité. J'ai essayé de te la cacher, mais tu me connais trop bien, à présent. » Elle soupira. « Peut-être est-ce mieux que tu le saches enfin. »

« Que je sache quoi ? » Grogna-t-il. « Que ton raisonnement est encore plus pitoyable que ce que je croyais ? Que tu es tombée amoureuse d'une misérable ruine humaine, trop faible pour ramper jusque dans son lit ? Que tu as sacrifié ta vie pour l'amour ? Tu es trop intelligente pour ça, Hermione. » Sans savoir pourquoi, ses mots ressemblaient plus à une requête désespérée. Il ne voulait pas savoir ça. Il ne voulait pas voir ces sentiments dans ses yeux ! C'était trop !

« Non », réfuta-t-elle doucement. « C'est bien que tu saches qu'il y a une personne dans ce château qui ne te considère pas comme un simple instrument de guerre. Quelqu'un qui voit plus en toi et qui l'a prouvé. Quelqu'un qui t'aime pour ce que tu es vraiment et qui voit derrière tes masques et tes façades. »

« Tu es folle, Hermione ! Tu confonds l'amour et la pitié ! Je n'arrive pas à croire que tu as gâché ta vie pour ça ! »

« Je n'ai pas gâché ma vie, et je sais parfaitement faire la différence entre l'amour et la pitié », répondit-elle, en criant également. « Tu as tellement l'habitude de te considérer comme un monstre que ne parviens même pas à imaginer que quelqu'un puisse tomber amoureux de toi ! »

« Je suis… j'étais ton Professeur », protesta-t-il alors qu'une petite voix dans son esprit lui hurlait qu'il n'aurait jamais du avoir une telle discussion avec elle. Il n'aurait pas du boire trois verres de whisky non plus. Mais dès que Weasley avait franchi la porte de son bureau, il avait perdu tout semblant de contrôle, et il lui semblait, même maintenant, que son sens des réalités lui échappait totalement. Il sentait encore la brûlure des lèvres d'Hermione sur les siennes. « Je pourrais être ton père ! Il n'y a rien en moi que tu puisses désirer… »

« Laisse-moi décider de ce que je veux pour moi, merci beaucoup », rétorqua-t-elle, les joues rouges de colère. « Je ne suis pas une de ces étudiantes qui s'entichent de leur Professeur et rêvent d'une romance avec lui. Je ne l'ai jamais été ! Et je ne souffre certainement pas du complexe de Florence Nightingale ! (1) J'ai mûrement réfléchi avant de prendre cette décision, même si tu es incapable d'y croire ! »

« Si tu y as si bien réfléchi, tu n'aurais pas du te laisser guider par tes sentiments Gryffondors », gronda-t-il, en sachant pertinemment combien il était injuste avec elle. Mais il souffrait, il souffrait tellement, et le désir qu'avait fait naître le baiser de la jeune femme ne lui rendait pas les choses plus faciles. « Et tu comptais garder tout ceci secret jusqu'à ce que je pense que nous avions confiance l'un en l'autre ! Etait-ce cela que tu avais prévu ? Garder tout ça secret jusqu'à ce que je sois trop proche de toi pour réagir logiquement ? Qu'attends-tu de moi, maintenant ? Que je me mette à genoux et t'avoue mon amour éternel ? »

« Va te faire voir, Snape », hurla-t-elle. Il put voir qu'il avait bien frappé là où ça faisait mal. Mais il avait toujours été doué pour ça, sa langue demeurait une arme formidable. « Je n'attendais absolument rien de toi au cours des derniers mois. J'ai même essayé de te repousser du mieux que j'ai pu ! Je n'ai jamais voulu que tu découvres tout, et je m'attendais encore moins à ce qu'on devienne amis ! »

« C'est exact », elle fit une pause en inspirant de manière saccadée. Quand elle continua, toute la colère avait disparu de sa voix, laissant place à la peine et à la sincérité. « Tu es l'homme le plus valeureux que j'ai connu. Tu es courageux, intelligent, rusé et – je ne peux pas vraiment l'expliquer – terriblement attirant. Je savais que tu allais mourir dès que je t'ai vu cette nuit-là, et quand j'en ai appris un peu plus sur toi, je… voulais simplement que tu vives. Je voulais que tu saches ce qu'est l'existence sur terre, que tu profites de ta vie, peu importe ce qui m'arriverait. Et je pense vraiment que tu as gagné ce droit plus d'une fois. Je ne regrette rien. »

Il ne savait pas quoi dire. Les larmes de la jeune femme laissaient une trace brûlante sur son visage, et il voulait se cacher d'elle. Que devait-il faire ? Par Merlin, que pouvait-il faire ?

Quand il avait été témoin des souvenirs que contenait la pensine, il avait pensé qu'elle avait agi comme s'il avait été un elfe de maison maltraité ou un animal perdu, et à cette pensée, il en avait été mortifié.

Mais c'était pire.

Elle était tombée amoureuse de lui en secret, l'avait surpris dans un moment de faiblesse et avait alors compris quelle était sa véritable identité. Ou ce qu'elle avait cru être la véritable identité du Professeur Snape.

Courageux ? Attirant ? Une bonne personne ? Ça n'avait aucun sens, absolument aucun ! Il avait un sale caractère, n'était qu'un immonde salaud, et seul le sacrifice qu'elle avait fait lui avait permis de devenir ce qu'il était aujourd'hui.

Un sacrifice qu'il ne lui aurait jamais permis de faire s'il avait su. Mieux valait un vieux salaud graisseux, gisant mort aux pieds de Voldemort plutôt que cette moitié d'existence qu'elle devait supporter.

Et le pire dans cette histoire, c'est qu'elle avait fait tout ça pour lui. Toute cette douleur, cette humiliation, les tortures, la folie et les viols. Tout ça pour lui. Pour qu'il puisse profiter de ce qui lui restait de vie.

Les Dieux avaient vraiment un étrange sens de l'humour. Il voulait rire.

Mais elle le regardait toujours, les yeux pleins d'espoir et de désir, comme s'il pouvait lui donner quelque chose, quelque chose qui aboutirait obligatoirement à une catastrophe.

Il ne souhaitait qu'une chose : se détourner de ces magnifiques yeux bruns, la chasser de ses appartements et oublier qu'elle avait jamais existé. Il voulait remonter le temps jusqu'à cette fameuse nuit dans la classe de Potions, pour éviter tout ça de se passer.

Mais il savait que c'était un souhait illusoire. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était lui éviter du mieux qu'il pouvait toutes souffrances supplémentaires. Il ne pourrait jamais être l'homme qu'elle méritait. Mieux valait en finir rapidement, et lui ouvrir les yeux sur la réalité.

« Je ne pense pas que nous devrions poursuivre cette conversation », dit-il froidement. Il vit alors le visage d'Hermione pâlir. « Comme je l'ai déjà dit, c'est de la folie. Peut-être devrions-nous cesser de collaborer si étroitement. Je vais demander à Albus de… »

« Non », l'interrompit-elle. « Non, ne nous fait pas ça, Severus. Je t'en prie. Je peux parfaitement comprendre que tu ne veuilles pas de moi. Je peux également comprendre qu'une telle idée te paraisse totalement ridicule, je m'en rends compte à présent. Tu n'as pas à te justifier. Mais je t'en prie, Severus » Elle murmurait désormais, ses mots n'étaient plus qu'une supplique désespérée. « S'il te plaît, ne me rejette pas comme ça. Je sais que tu ne pourras jamais aimer quelqu'un comme moi, mais ne fait pas comme si il n'y avait rien eu entre nous, ne jette pas notre amitié aux orties… »

Il ne put s'empêcher de lever la tête vers elle pendant qu'elle parlait, et il vit que les joues de la jeune femme étaient toujours rouges de colère, ses lèvres étaient rouges sombre à force de les avoir mordues pour détourner la douleur, et ses yeux bruns étaient immenses. Les larmes coulaient à flots sur son visage.

Comment pouvait-elle imaginer qu'il ne la désirait pas ? Comment pouvait-elle ignorer ce qu'elle représentait désormais pour lui ?

Elle était si belle.

Sans en avoir conscience, sans même savoir ce qu'il faisait, il parcourut la distance qui les séparait et la prit dans ses bras. Leurs lèvres se scellèrent pour la seconde fois de la soirée et elle se colla désespérément à lui, exprimant son désir qui reflétait parfaitement celui de l'homme.

Severus mit fin au baiser après ce qui lui sembla être une éternité. Ils étaient tous deux à bout de souffle lorsqu'il se recula un peu et qu'il fit tourner la tête d'Hermione de manière à ce que sa bouche frôle l'oreille de la jeune femme.

« Mais je t'aime, Hermione », lui murmura-t-il. Toute logique, toute stratégie l'avait abandonné depuis longtemps. Il put alors la sentir se raidir de surprise. « Et comment pourrait-il en être autrement ? Tu n'as pas conscience de combien tu es merveilleuse ? De ta beauté resplendissante ? Ça fait déjà plusieurs mois que tu me rends totalement fou, je n'arrive plus à penser à autre chose qu'à toi ! »

Elle frissonna et tourna la tête de manière à ce que leurs lèvres se rencontrent encore. « Severus », murmura-t-elle entre deux baisers, les mains s'accrochant aux cheveux de l'homme pour attirer sa tête. « Severus ! »

Sans toutefois briser le contact, Severus la prit dans ses bras et la porta sur le canapé, qu'il transforma en lit, près de la cheminée. Il la déposa sans quitter son visage des yeux.

« Tu peux tout arrêter quand tu veux », chuchota-t-il, mais la seule réaction de la jeune femme fut de l'attirer vers elle pour qu'il la rejoigne. Les mains de Severus se précipitèrent alors sur le visage de la belle, sur son cou et ils approfondirent le baiser. Leurs langues se rencontraient, se séparaient tandis que Severus gémit en sentant son corps répondre aux caresses d'Hermione.

Soudain, elle se raidit, brisa leur baiser avec un halètement et il s'éloigna immédiatement d'elle pour lui donner la place dont elle avait besoin. Il s'assit, près à quitter le lit, mais la main d'Hermione retint sa manche et la tira vers elle.

« Non, ne pars pas », chuchota-t-elle. « Je t'en prie. Severus, je… »

Il se pencha sur elle de manière à ce que leurs regards se croisent. Ce ne fut qu'à cet instant qu'il vit combien elle était pâle, combien son corps tremblait comme si elle avait froid, et il se maudit alors de ne pas l'avoir remarquer avant.

Elle était à l'aise quand Severus la touchait depuis des mois, et depuis Noël, il ne l'avait plus vu aussi vulnérable et incertaine. Il savait parfaitement ce que le désir qu'il éprouvait à son égard avait du réveiller en elle, quelles étaient les images qui devaient lui revenir en mémoire. Et la souffrance qui les accompagnait.

« Je comprends », lui dit-il tendrement. « Nous ne ferons jamais quelque chose dont tu n'as pas envie. »

« Non », murmura-t-elle. « Non, tu ne comprends pas… Severus… j'ai peur. »

« Pourquoi ? » Il savait, ou pensait savoir, mais elle avait besoin de lui dire elle-même.

« Je… je… ne sais pas si je peux le faire… normalement », elle avait détourné la tête mais elle continuait de s'agripper à sa manche, ses doigts effleuraient à peine la peau de Severus. « Je ne sais pas si il y a en moi autre chose que de la souffrance, de la peur et de la cruauté. Quand tu m'as embrassée, quand j'ai senti ton corps contre le mien, je me suis souvenu de ses mains sur moi. Je me suis sentie si sale… »

« Je peux imaginer ce que ça fait », répondit-il lentement, en essayant de comprendre tout ce à quoi elle avait renoncé, toutes les choses qu'elle avait été obligées de faire, et en souhaitant plus que tout la prendre dans ses bras et chasser la souffrance, mais en ayant conscience qu'elle ne supporterait pas qu'il la touche maintenant. « Toutes les pensées de joie et de plaisir doivent être occultées par ce que Malfoy et les autres t'ont fait. Tu n'arrives probablement même plus à te souvenir de ce que l'on ressent quand on le fait normalement, faire l'amour et se faire faire l'amour. Mais crois-moi, les souvenirs reviendront, et nous avons tout le temps. »

Elle tremblait toujours, et au plus grand étonnement de Severus, il vit les joues d'Hermione rosir.

« Non, Severus, ce n'est pas ce que j'essayais de dire », lui dit-elle, désespérée qu'il ne comprenne pas. « Je veux dire que je n'ai jamais… jamais fait ça normalement. Et je ne sais pas si je peux – peut-être que je ne suis pas capable de… peut-être que les choses que m'a faites Lucius sont les seules dont je suis capable… »

La stupeur le frappa de plein fouet. « Es-tu en train de me dire que tu n'as jamais eu d'expérience avant de séduire Malfoy ? Mais ce n'est pas possible. »

« J'ai bien lu un livre ou deux, et j'ai regardé quelques films moldus ainsi que des magasines », répondit-elle d'une toute petite voix. « Viktor m'a embrassé, une fois. Mais c'est tout et ce n'était pas très concluant. »

Snape sentit son corps devenir froid, il détourna la tête, n'étant pas certain de savoir comment réagir à cette révélation.

Encore quelque chose qu'il lui avait volé sans même le savoir. La pureté du premier contact, le plaisir de ne faire qu'un avec l'autre pour la première fois. Il se sentit profondément honteux.

« Mais tu savais ce qui allait se passer », dit-il d'une voix blanche et usée. « Pourquoi n'as-tu pas pris un amant ? Juste pour savoir ce que c'était, avant de partir avec lui ? »

« Il n'y avait personne », répondit-elle calmement. « Seul Draco savait ce que j'étais en train de faire, et je le considère plus comme un frère, tout comme Harry et Ron. J'aurais pu trouver quelqu'un, bien sûr, mais… » Elle leva la tête vers lui. Ses yeux étaient sombres et sans fond. « Je ne voulais que toi », lui dit-elle. « Un autre homme n'aurait pas été mieux que Malfoy. » Elle haussa les épaules. « Et de toutes façons, je n'avais pas le temps pour de telles choses. »

Le cœur de Severus se serra lorsqu'il imagina Hermione, assise dans la Salle Commune, pesant le pour et le contre pour savoir si elle devait prendre un amant, mais décidant finalement que les barrières occlumens seraient plus utiles. Elle s'était jetée dans les bras de Lucius Malfoy sans se douter vraiment de ce qui l'attendait, elle n'avait trouvé que la souffrance, la haine et la honte avec lui.

« Tu es vierge, alors. » Murmura-t-il, abasourdi par sa découverte.

« Elle grogna en guise de réponse. « Pas vraiment », dit-elle. « En fait, j'ai du mal à croire qu'une part de moi puisse encore mériter une telle description. »

« Moi, je le peux », rétorqua-t-il simplement. « Ton esprit et ton âme, Hermione. Tu n'as jamais connu la véritable passion, tu n'as expérimenté que l'ombre tordue et pervertie de ce qu'elle devrait être. Tu n'as jamais reçu de caresses qui te soient agréables. »

« Mais je ne sais pas si je peux », marmonna-t-elle d'une voix cassée. « Peut-être que je suis tordue, moi aussi… »

« Tu peux aimer, Hermione », l'interrompit-il fermement, puis il sourit en voyant la surprise de la jeune femme. « Et crois-moi, il est vraiment facile de t'aimer. Tu n'as rien de tordu. Et s'il s'avère que tu ne peux pas profiter du sexe après ce que tu as vécu, ça n'a aucune importance pour moi. »

Lentement, ne sachant pas si elle pouvait croire les paroles qu'il venait de prononcer, elle le regarda pleine d'espoir.

« Tu pourrais accepter ça ? » Lui demanda-t-elle tout bas.

Il soupira et lentement l'encercla de ses bras jusqu'à ce que la tête d'Hermione repose sur son torse, leurs corps ne formant plus qu'une seule entité.

« Hermione », lui dit-il tendrement. Il avait prononcé son nom comme une caresse et cela la fit frissonner d'émotion. « Je pourrais passer ma vie à te serrer dans mes bras comme je le fais actuellement, et je sentirais le plus heureux des hommes. C'est toi que je veux, et je t'aime pour ce que tu es. J'accepterai tout et n'importe quoi pour avoir le droit de rester à tes côtés. »

Il la sentit frissonner une fois encore tandis qu'elle tournait la tête pour pouvoir enfouir son visage dans le doux linge de la chemise de son amant. Lentement, les mains de la belle remontèrent jusqu'au visage de Severus et explorèrent sa peau, ses cheveux et son nez. Hermione prit ensuite la tête de l'homme entre ses mains et caressa du pouce la lèvre inférieure de celui-ci.

« Merci », murmura-t-elle, et le ton de sa voix indiqua à Severus qu'elle était en train de pleurer. « Je t'aime. »

« Dors, ma toute douce », lui dit-il. « Je veillerai sur toi ce soir. »

C'est ainsi qu'elle s'endormit, rassurée par la chaleur et l'agréable sensation des bras de Severus autour de son corps.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Elle se réveilla brusquement, et l'espace d'un instant, elle fut envahie par la panique dès qu'elle sentit une chaude et évidente présence masculine si proche d'elle. Mais les souvenirs de la soirée lui revinrent en mémoire immédiatement et elle se força à ne pas faire le moindre mouvement ni le moindre bruit.

« C'est Severus », se répétait-elle, encore et encore. « C'est Severus Snape, l'homme que tu aimes, et rien ne peut t'arriver. Il ne te ferait jamais de mal. »

Doucement, le sentiment accablant de panique et le besoin de s'enfuir s'estompèrent. Le clair de lune passait à travers les larges fenêtres, éclairant le visage de Severus d'une lumière pâle. Il avait l'air plus jeune lorsqu'il dormait, plus détendu et paisible, comme elle l'avait rarement vu.

Même maintenant, blottie dans ses bras, elle avait du mal à croire ce qui s'était passé quelques heures auparavant. Lui avait-il vraiment dit qu'il l'aimait ? S'étaient-ils véritablement embrassés ? Tendrement, elle toucha ses lèvres et se remémora cet instant, quand il l'avait pris dans ses bras et que sa bouche avait touché la sienne, quand il l'avait portée jusque sur le lit. Elle choisit de ne pas repenser à la réaction qu'il avait suscité chez elle juste après.

Rien ne viendrait gâcher cet instant. Pas même ses doutes qui la faisaient se demander si elle avait eu raison ou pas de lui dire. C'était fait, et la réaction de Severus avait été au-delà de tout ce qu'elle avait espéré.

C'était étrange d'imaginer qu'il avait éprouvé la même chose pour elle, réalisa-t-elle, qu'il avait gardé le même secret, et enduré le même silence sans qu'elle ne remarque rien. Mais elle avait chassé ces sentiments si loin de son esprit, elle les avait enfermés dans le coin le plus sombre de sa conscience pour être sûre que ses lèvres ne laissent jamais échapper son secret. Ses yeux ne restaient jamais longtemps sur lui avec cette expression étrange de tendresse. Ça aurait pu tout gâcher.

Elle s'était résignée depuis longtemps à ne jamais révéler ses sentiments, et ce n'est qu'à cause du chaos mental de la veille, la terreur de le perdre et la nécessité de tout lui expliquer, que ces sentiments avaient été projetés sur le devant de la scène.

Elle rit intérieurement. D'une certaine façon, elle devait remercier Ron pour tout ça. Mais lui expliquer les choses ainsi serait certainement la meilleure façon de l'achever.

Ron était un autre sujet qu'elle refusait d'aborder, pas ce soir, pas dans les bras de Severus. Il s'était passé tant de choses ces derniers temps qu'elle avait du mal à faire tous les liens dans sa tête. Elle n'avait pas été assez prudente avec Ron. Elle avait oublié que, même si émotionnellement, il était aussi stupide qu'un ver de terre, Ron était capable de faire de grandes choses, des choses dignes de sa vivacité d'esprit et impitoyable.

Il lui faudrait en discuter avec lui. Mais pas ce soir.

De plus, une petite voix ne cessait de lui souffler qu'elle avait oublié quelque chose. Evidemment, Harry ! Il devait être terriblement inquiet en ce moment ! Elle devait absolument lui dire que tout allait bien.

Doucement, elle glissa hors du lit, plutôt fière que ses mouvements n'aient pas réveillé Severus. Elle fit léviter sa baguette de l'endroit où elle l'avait laissé plus tôt dans la soirée, puis ouvrit une fenêtre et appela un des hiboux de l'école.

Après s'être saisie d'un morceau de parchemin, elle griffonna quelques mots.

Tout va bien, inscrivit-elle à la hâte. Tu n'as pas à t'en faire. Va dormir, Harry. Et essaie de ne pas tuer Ron.

Elle scella le courrier et l'attacha à la patte du hibou brun qui attendait silencieusement sur le rebord de la fenêtre. Le reste des explications pourrait attendre un peu, décida-t-elle.

Elle renvoya alors le hibou et ferma la fenêtre rapidement car les nuits étaient fraîches, puis Hermione se réinstalla dans le canapé. Le feu était presque éteint, aussi fit-elle léviter quelques bûches dans l'âtre sur les dernières braises. Cela leur permettrait d'avoir de la chaleur jusqu'au lendemain matin.

Une fois de plus, elle se retourna et le regarda. Il portait toujours ses chemises ainsi que son pantalon, remarqua-t-elle, comme elle qui avait gardé son chemisier, sa jupe ainsi que sa cape. Après un instant d'hésitation, elle retira sa cape et sa jupe, se débarrassa de ses chaussettes et défit les deux premiers boutons de sa chemise. Ce serait plus confortable ainsi, de plus, Severus l'avait déjà vu bien moins habillée.

Elle se demandait comment il réagirait à son réveil. Elle savait combien il avait horreur de perdre le contrôle. Il avait essayé de la repousser au moment où ils s'étaient rapprochés, quitte à mettre de côté les sentiments qu'il éprouvait.

Que se passerait-il s'il regrettait ce qu'il avait dit et fait ? Et s'il ne voulait plus rien avoir à faire avec elle une fois qu'il aurait réalisé ce qui s'était passé ? Ces sombres pensées la conduisirent tout droit dans les bras de l'homme. Elle remonta les couvertures sur eux et se blottit dans les bras de Severus.

Elle ne le laisserait pas s'enfuir, décida-t-elle soudain. Elle avait combattu chacune des avancées de leur cohabitation, depuis la première nuit dans le bureau de Dumbledore, pendant cette terrible, terrible cure de désintoxication, jusqu'à la première proposition de partenariat de Severus et pendant la période où ils s'étaient peu à peu accordé leur confiance.

Cette fois, elle ne lutterait pas contre ce que leur réservait le futur, à Severus Snape et à elle. Elle se lancerait dans cette relation, corps et âme, profiterait du moindre moment qu'elle pourrait passer avec lui, peu importe ce qu'il en coûtait.

Elle savait que ce ne serait pas de tout repos. C'était un homme difficile, et le statut de la jeune femme ne faciliterait pas les choses non plus. Elle ne voulait pas penser à ce que Harry et Draco pourraient bien en dire, à ce qu'en penserait l'Ordre quand ils découvriraient ce qui se passait entre leur Maître des renseignements et leur maître-espion. Même si pour l'instant, il ne savait pas qu'elle était un espion. Mais c'était le problème d'un autre jour.

Elle s'empara de la main de Severus et enlaça ses doigts avec les siens.

Tout ça était à elle. Sa joie, aussi petite et brève serait-elle. Elle ne laisserait personne lui enlever.

Il marmonna doucement dans son sommeil et elle sentit un petit sourire de bonheur s'inscrire sur ses lèvres. Alors c'est ce qu'on ressentait quand on dormait avec quelqu'un. Quand on dormait dans les bras de son amant.

Elle était tout à fait certaine qu'elle pourrait s'y habituer.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Il se réveilla avec la sensation d'un corps chaud pressé contre le sien. L'odeur des cheveux d'Hermione, qui sentaient le soleil et les fleurs, lui chatouilla les narines. Il ouvrit doucement les yeux, n'osant croire les sensations qu'il percevait.

Elle était là, blottie dans ses bras, les jambes emmêlées aux siennes et le visage contre son torse. Elle dormait paisiblement.

Il referma les yeux tandis qu'une bouffée d'émotions envahissait sa poitrine, lui donnant envie de pleurer et de rire en même temps. Il n'en fit rien. Il détacha son bras gauche de la taille de la jeune femme et repoussa doucement les cheveux d'Hermione de manière à ce qu'il puisse admirer son visage.

Hermione. Son Hermione.

Une vague de tendresse l'envahit, et rapidement, il fut emporté par l'intensité de ce qu'il ressentait. Si les dernières semaines n'avaient pas suffit à le convaincre des sentiments qu'il avait pour Hermione, cet instant à lui seul lui aurait révélé tout ce qu'il avait besoin de savoir. Il tenait la femme qu'il aimait dans ses bras, et elle lui faisait assez confiance pour se laisser toucher par lui pendant son sommeil.

Il devait avoir fait quelque chose qui l'avait réveillée, ou peut-être avait-elle senti ses mouvements, car elle ouvrit brusquement les yeux. Elle rencontra son regard et son visage afficha soudain de la panique.

Pendant un court mais terrible moment, il eut peur qu'elle ne se souvienne pas de la nuit passée, comme ce qui s'était passé le lendemain de Noël, et que tout soit fini.

Mais son visage se détendit et elle bailla, étirant son corps contre le sien comme un chat.

« Bonjour », dit-il en baissant la tête vers elle, sans savoir s'il pouvait l'embrasser. Elle prit la décision à sa place, et quand leurs lèvres se rencontrèrent de nouveau, ce fut aussi merveilleux que la veille.

« Je dois avoir l'air affreuse. » Murmura-t-elle contre sa bouche et il rit en retour.

« Jamais, Hermione », chuchota-t-il. Sa gorge se serra quand elle soupira de contentement en entendant Severus employer son prénom.

« J'avais peur que ce ne soit qu'un rêve », dit-elle, la voix toujours empreinte de sommeil.

« Moi aussi », avoua-t-il doucement.

Ils restèrent silencieux un moment, mais pour Severus, c'était différent de tout ce qu'il avait connu auparavant, plus riche, plus chaleureux et plus paisible.

« C'est si bon de dormir dans tes bras », lui dit-elle après un moment, les yeux toujours dirigés vers le visage de Severus avec l'expression de quelqu'un qui a enfin le droit d'observer son amant aussi longtemps qu'il le souhaite.

Il rit tout bas. « Je ne veux pas savoir comment ces bras en question vont se sentir quand je vais essayer de les bouger, mais je ne peux que te retourner le compliment. Je ne me souviens pas avoir dormi aussi bien depuis longtemps. »

Elle ferma les yeux un instant, comme si elle était emportée par un flot de sentiments et quand elle les rouvrit, des larmes perlaient sur les cils.

« Tu n'as pas idée du bonheur que tu m'offres quand tu ris », murmura-t-elle. « Hier, je pensais que je t'avais perdu à jamais. »

Il repensa alors aux événements de la veille. La peine et la douleur étaient toujours présentes, réalisa-t-il, cachées au fin fond de son esprit. Elles rejailliraient un jour, mais elles n'étaient rien à côté de la femme qui se trouvait en face de lui.

« Ça a été une conversation mouvementée », répondit-il, puis grimaça malicieusement. « Mais tu es parvenue à me convaincre des avantages que présentaient une liaison approfondie. »

« Parfait. » Elle rit. « Je suis heureuse d'avoir été aussi persuasive, alors. »

Le sourire de Severus s'effaça tandis qu'il la détaillait. « Cependant, il y a quelques problèmes », poursuivit-il. Elle voulut s'éloigner de lui, mais il la maintint tendrement contre son torse, tout en lui laissant la possibilité de s'échapper quand elle le souhaitant mais en lui indiquant qu'il préférait qu'elle reste exactement là où elle était.

« Je sais », murmura-t-elle au bout de quelques temps. « Bien plus que je ne peux en compter pour l'instant. »

« Non, pas tant que ça », la contredit-il. « La plupart des gens ne le découvriront jamais, de la même façon que peu de personnes savent que tu es un espion. L'Ordre n'a pas le droit de se mêler de notre vie privée et je suis sûr que Potter et Malfoy accepteront la situation après avoir un peu ronchonné. »

« Tout semble si facile quand tu en parles », dit-elle, étonnée, en levant la tête vers lui. « Quelle est ton problème, alors ? »

« Je suis ton Professeur », rétorqua-t-il calmement, et il la sentit hoqueter d'amusement contre son épaule.

« Non, mais vraiment, Severus, c'est ridicule ! » Protesta-t-elle. « Tu ne peux pas être sérieux ! »

« Malheureusement, je le suis. »

Elle se raidit, et cette fois, prit ses distances, un air sérieux sur le visage.

« Je ne te crois pas », dit-elle. « Nous vivons ensemble, nous nous livrons des combats depuis des mois maintenant ! Ça ne peut pas devenir subitement un problème, juste parce que nous avons échangé un baiser ou deux ! »

Il soupira. « J'y pense depuis un certain temps, Hermione. Depuis que j'ai réalisé les sentiments que j'éprouvais pour toi, en fait. J'ai même étudié les règlements de l'école. Et si une relation amicale n'est absolument pas proscrite entre un élève et son Professeur, une 'relation amoureuse' conduirait irrémédiablement au renvoi du Professeur en question, ainsi que dans certains cas, au renvoi de l'étudiant. Je ne peux pas impliquer Albus dans une situation où il aurait à choisir entre ce qui est nécessaire pour l'Ordre et ce qui l'est pour l'école. »

Elle se retourna, la tête penchée en avant. « Je vois », dit-elle calmement. « Albus Dumbledore, encore. »

Pendant un instant, il fut tenté de garder le suspense encore un peu, juste pour voir comment elle réagirait, mais il savait combien elle était vulnérable en ce moment, et il ne blesserait pour rien au monde.

« C'est pourquoi, j'ai décidé », poursuivit-il en observant son corps raidi avec amour, « de démissionner de mon poste de Professeur à Poudlard dès ce soir. »

Elle fit un demi-tour tant elle fut surprise. « Redis-moi ça », chuchota-t-elle. « Redis-moi encore un fois que tu me préfères à l'enseignement. »

« Ça a été la décision la plus évidente de toute ma vie. » Lui annonça-t-il tout simplement. Il fut soudain assailli par une masse de cheveux châtains et bouclés ainsi que par un corps qui vint tendrement se coller à lui.

Elle l'embrassa longuement et passionnément ce qui était loin de déplaire à Severus, même s'il se demandait quand elle assimilerait vraiment ce qu'il venait de lui dire.

Le baiser prit fin brusquement. Elle venait de comprendre.

« Tu es un méchant, méchant garçon », lui susurra-t-elle à l'oreille, puis sans prévenir, elle s'assit et se retrouva à cheval sur le corps de Severus, ce qui enchanta encore plus ce dernier.

« Je ne vois pas ce que tu veux dire », l'interrogea-t-il d'un air innocent. Il fut alors récompensé par un grognement d'indignation.

« Et cette décision n'a rien à voir avec ta volonté de consacrer plus de temps à l'Ordre, Severus ? Dumbledore ne t'aurais jamais permis de démissionner, pas en plein milieu de l'année, mais de cette façon, il ne peut t'en empêcher, n'est-ce pas ? »

« Cette idée ne m'a jamais traversé l'esprit », protesta-t-il tout en affichant un large sourire.

« Exactement ce que je redoutais », commenta-t-elle sur un ton mi-figue mi-raisin. « Un pécheur sans la moindre envie de se repentir. Quelle horreur, vraiment. »

Il se courba vivement et enroula de nouveau ses bras autour d'elle tout en ignorant volontairement les picotements de protestations de ses muscles. Il était émerveillé par le fait qu'il puisse la tenir ainsi, qu'elle lui fasse suffisamment confiance pour permettre à leurs corps une telle proximité.

« J'étais des plus sérieux en ce qui concerne le premier point, Hermione. » Lui dit-il sérieusement et il vit les yeux de la jeune femme se fermer de plaisir intense. « Je renoncerais à tout et n'importe quoi pour toi. Ma vie t'appartient toute entière. Je t'aime. »

« Par Merlin », gémit-elle. « As-tu la moindre idée de ce que cette voix m'a fait subir ces derniers mois ? »

Il sourit de toutes ses dents. « Explique-moi. » Proposa-t-il de sa voix la plus chaude et la plus douce, si bien qu'elle gémit encore une fois.

Ils restèrent ensemble pendant toute la journée, comme pour s'assurer que ce n'était pas un rêve, que l'autre était toujours là, à vouloir partager un baiser ou une étreinte dès que l'occasion se présentait.

Et les occasions furent fréquentes en ce dimanche de printemps.

Jane entra dans la pièce aux alentours de midi, et bien qu'ils aient retransformé le lit en canapé, un simple regard de ses yeux gris sembla lui dire tout ce qu'elle avait besoin de savoir. Un sourire franc lui fendit le visage.

« Enfin », annonça-t-elle d'un ton satisfait. « Je vais préparer quelque chose de grandiose pour ce soir, vous avez l'air d'avoir quelque chose à célébrer ! »

Hermione rougit de nouveau, comme elle n'avait cessé de le faire dans la matinée et Severus la trouva incroyablement séduisante. C'était une bonne raison de l'embrasser, décida-t-il spontanément, ce qui la fit rougir de plus belle.

« Je n'arrive pas à croire que je fais ça », marmonna-t-elle, gênée du feu qu'elle avait sur les joues. « Je me sens si stupide. »

« Tu vois », la taquina-t-il sans pitié. « Je t'avais bien dit que tu étais vierge. »

Elle lui tira la langue pour toute réponse.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Il ne voulait pas rendre à la réunion avec Albus et Minerva, vraiment pas, surtout quand l'alternative se trouvait être une soirée calme avec Hermione, mais il dut bien admettre que c'était la meilleure chose à faire.

Il marcha lentement dans les couloirs de Poudlard, en essayant désespérément de chasser Hermione de ses pensées pour se focaliser sur le travail qu'il devait accomplir.

Mais bien évidemment, cela ne fonctionna pas. Il avait sans cesse l'impression d'être dans une bulle de joie et d'émerveillement. Son esprit rejouait constamment les événements de la nuit passée et la dernière journée légèrement surréaliste. Pourtant, même si ces souvenirs se répétaient en boucle dans son esprit et le plongeaient dans un véritable chaos de sentiments, il ne parvenait pas à extraire de sa tête ce qui s'était passé. C'était trop fort, trop frais pour qu'il comprenne tout ce que cela impliquait.

Avant Hermione, il n'avait jamais connu quelque chose de semblable. Il n'aurait jamais fait un pas sans savoir exactement de quoi il retournait, il n'aurait jamais pris une décision sans avoir étudié la question sous tous ses angles.

Mais aujourd'hui, il avait l'impression de marcher dans son sommeil. Chaque pas qu'il faisait lui semblait logique, chaque décision était complètement naturelle. Il faisait ce qu'il avait à faire, il n'en avait aucun doute. Et cette certitude était une chose totalement nouvelle pour lui.

Si j'étais capable de recréer ce sentiment à l'aide d'une potion, je pourrais manipuler les gens bien plus facilement et de manière bien plus élégante que l'Imperium. Ils en seraient même heureux. Pensa-t-il pendant un instant, mais ensuite, son esprit se focalisa de nouveau sur la vision d'Hermione, dormant dans ses bras, et il en oublia la potion.

C'était une bonne chose qu'aucun étudiant ne l'ait rencontré pendant qu'il marchait vers le bureau du Directeur. Il souriait tellement que sa tête menaçait de s'ouvrir en deux d'une minute à l'autre.

Ce ne fut que lorsqu'il atteignit le dernier virage de son chemin, toujours à l'abri de la gargouille, qu'il se concentra suffisamment pour lisser son visage et remettre en place son habituel et inexpressif masque de pierre.

Ils l'attendaient déjà quand il entra dans le bureau du Directeur.

« Severus, mon cher », le salua chaudement Albus, même si la position de ses épaules trahissait une légère nervosité. « Quelle affaire urgente t'a poussé à nous réunir un dimanche soir ? Quelque chose concernant la prochaine réunion de l'Ordre ? »

« Non, Albus », répondit calmement Snape. « Je ne suis pas ici en tant que chef des renseignements, mais en tant que Professeur de Poudlard. »

Dumbledore se détendit visiblement. « Quel est le problème alors, Severus ? Une autre réclamation au sujet de la Maison Gryffondor ? »

« J'espère bien que non ! » Commenta Minerva de là où elle était, près de la fenêtre. « Je m'étais habituée à cette paix relative. »

Sans dire le moindre mot, Severus sortit un rouleau de parchemin de ses robes et le tendit à Albus, qui brisa le sceau et parcourut le texte rapidement.

Il pâlit et laissa tomber le parchemin sur le bureau.

« Qu'est-ce que ça signifie, Severus ? », demanda-t-il en ignorant les gestes de Minerva qui l'incitaient à lui donner le parchemin en question.

« Je crois que c'est plutôt clair, Monsieur le Directeur », répondit Severus d'une voix blanche. « En fait, ça ne pourrait pas être plus clair. »

« Mais… tu ne peux pas être sérieux, mon cher », protesta Albus en agitant le parchemin faiblement. De sa place, près de la fenêtre, Minerva était à bout de patience. Elle leva donc sa baguette et attira le parchemin à elle à l'aide d'un accio. Elle lut rapidement ce qui y était inscrit puis releva les yeux avec un regard insondable.

« Une démission ? » Demanda-t-elle. « Je ne savais pas que tu envisageais de nous quitter, Severus ? »

« Ce n'était pas le cas », rétorqua-t-il, un peu tendu. « Quelque chose… est arrivé. »

« Mais qu'est-ce qui a déclenché tout ça ? » Demanda Albus, en faisant revenir à lui le document sans en avoir réellement conscience et en le secouant de nouveau. « Tu fais partie de notre équipe depuis tant d'années, et depuis que… ta position auprès de Voldemort a changé l'année dernière, j'étais sûr que tu aurais été heureux de consacrer plus de temps à l'enseignement et la recherche. »

« Je m'en serais… réjoui, Monsieur le Directeur », dit Severus avec une pointe de sarcasme pour bien faire comprendre à Albus combien cette description ne lui convenait pas. « Mais dans l'état actuel des choses, il n'est plus possible pour moi d'enseigner à Poudlard. Je vais, bien évidemment, poursuivre mon travail pour l'Ordre et continuer à résider ici, si c'est possible, mais toutes mes activités concernant cette école vont cesser. Je suis vraiment navré de vous imposer ce problème avec si peu de préavis, mais je peux vous donner la liste de plusieurs personnes plus que qualifiées pour ce poste qui seraient volontaires pour reprendre le poste, même en plein milieu de l'année. »

L'explication ne fit pourtant que rendre Albus un peu plus confus. « Mais tu ne peux pas arrêter d'enseigner comme ça, Severus ! J'ai besoin de toi dans cette école ! Nous… »

« Je suis vraiment désolé, Albus », l'interrompit calmement mais distinctement Severus. « Cette décision ne fera pas l'objet d'un débat. »

« Mais pourquoi, mon cher ? Pourquoi est-ce si soudain ? Pourquoi ne prendrions-nous pas une semaine ou deux pour y réfléchir et prendre une décision ensemble ? »

« J'ai des raisons personnelles qui ne permettent pas un tel délai. »

Bien. Maintenant, il allait être de nouveau questionné et il allait devoir répondre. Severus se prépara à la révélation qu'il allait faire. Il ne pourrait pas le cacher longtemps à Albus et Minerva, de toute façon. Hermione et lui en étaient persuadés. Il était heureux que ce soit à lui de le leur faire comprendre, ainsi, Hermione n'aurait pas à endurer leur curiosité, mais en frémissait quand même à l'avance. Ce qui ne lui ressemblait absolument pas.

C'est mieux que de tourner autour du pot, au moins, pensa-t-il.

Albus soupira. Il essayait d'échanger un regard avec Minerva, mais celle-ci avait les yeux entièrement rivés sur Severus, le visage insondable comme à son habitude.

« Je dois accepter ta démission, bien sûr », annonça enfin Albus quand il devint évident que personne d'autre ne briserait le silence. « Mais depuis toutes ces années pendant lesquelles nous avons appris à nous connaître, j'ose espérer que tu me fais suffisamment confiance pour m'expliquer la raison de ta décision. »

Severus inspira profondément. Le chantage émotionnel, bien sûr. Ça finissait toujours comme ça avec Albus. Ça où un discours sur les qualités de l'humanité. C'était une bonne chose d'avoir prévu de lui révéler son histoire avec Hermione.

« Si vous voulez le savoir, Monsieur le Directeur », répondit-il sur un ton cérémonieux. « Je suis sur le point de démarrer une relation d'ordre physique avec une étudiante, ce qui est formellement interdit dans le règlement de l'école. »

Prends ça dans les dents, songea-t-il et il dut masquer un sourire totalement inapproprié à la situation quand le Directeur devint livide.

Albus retomba lourdement dans son fauteuil. « Répète ça », demanda-t-il, en dévisageant le Maître des Potions comme s'il était devenu fou.

Severus ferma les yeux. Quel manque de dignité ! Il fut tenté de quitter la pièce en grognant et en ricanant. Mais ça ne simplifierait pas les choses, pas du tout. Pense à Hermione qui t'attend dans tes appartements, se sermonna-t-il.

« J'ai dit que j'étais sur le point d'avoir une relation sexuelle avec un étudiant de la gente féminine. » Répéta-t-il, aussi patient que possible. « Je pense que vous l'aviez parfaitement entendu la première fois. »

Severus s'attendait à une explosion en provenance de sa droite, qui ne tarderait pas à venir. Il savait à quel point Minerva était protectrice, particulièrement quand il s'agissait des jeunes filles de l'école.

Mais elle se contenta de se moquer de l'attitude choquée du Directeur.

« Il essaie de te dire qu'il est tombé amoureux d'Hermione Granger, Albus », expliqua-t-elle sèchement. « Enfin. J'avais presque perdu espoir. »

Albus, qui jusqu'à présent était terriblement pâle, avait désormais viré à un rose plutôt désagréable. « Miss Granger… et toi… Severus ? » Murmura-t-il, Severus acquiesça.

« C'est vrai. » Se contenta-t-il de dire tout en lançant un regard lourd de sens à Minerva. « Même si je n'aurais pas employé le mot 'enfin'. »

Albus inspira difficilement et se fit apparaître une tasse de chocolat chaud, sortit quelques friandises moldus de son tiroir et les engloutit cinq par cinq. La soirée avait donc au moins servi à répondre à une des grandes questions de Severus : Albus croyait vraiment aux vertus médicales du sucre. Fascinant.

« Je dois dire que tu me prends par surprise, Severus. » Répondit finalement Albus. « Je ne m'attendais vraiment pas à ça. »

« Ce qui dément formellement les dernières rumeurs selon lesquelles tu es omniscient, Albus. » Commenta Minerva. « C'était pourtant évident pour toute personne ayant des yeux pour voir. »

Ignorant la provocation, Albus scruta Severus une fois de plus, ses pupilles bleues ressemblaient à deux océans, inquiets et sérieux.

« Es-tu certain de cela, Severus ? » Questionna-t-il. « Nous parlons ici d'une très jeune femme, une femme qui a été profondément blessée. Tu n'es pas un homme facile, Severus, et même s'il serait hypocrite de te parler de votre différence d'âge et du fait, qu'il y a encore dix minutes, elle était ton étudiante, tu devrais y réfléchir sérieusement avant de t'engager dans une telle relation. »

Minerva, de sa fenêtre, pouffa de rire une nouvelle fois. « Je doute sincèrement du fait que son esprit ait le moindre contrôle en ce moment, Albus. Il est désespérément amoureux d'elle depuis des semaines. »

« Merci de préserver ma dignité de si gracieuse façon », grogna Snape, puis il se frictionna le front. « Est-ce si évident ? »

« Pour moi, oui, mais je te connais tellement bien, mon cher », rétorqua-t-elle. Elle hésita un instant puis posa une main sur un de ses genoux. « Je suis très heureuse pour toi. »

« Merci, Minerva », répliqua-t-il et il sentit un poids se lever de sa poitrine. Jusqu'à ce moment, il n'était pas sûr de la signification de son regard.

« En es-tu vraiment sûr, Severus », l'interrogea encore le Directeur. « Es-tu certain de faire le bon choix ? »

Severus soupira, ferma les yeux un instant et pinça l'arrête de son nez. C'était donc la question qui lui serait posée, encore et encore.

« Pour être totalement honnête avec vous, Monsieur le Directeur… » Rétorqua-t-il. « Je ne pense pas avoir le choix. Hermione a décidé qu'elle m'aurait, et elle est bien trop bonne aux couteaux pour risquer de la contredire. » Il sourit d'un air fatigué quand il vit qu'Albus s'apprêtait à protester. « Non, sérieusement, Albus. Je n'ai pas le choix. Elle est la chose la plus merveilleuse qui me soit arrivée dans la vie. J'ai essayé d'empêcher cette situation aussi longtemps que j'ai pu, mais à présent, je ne pourrais plus m'en défaire, même si je le souhaitais. »

Il leva les yeux vers le Directeur, et en voyant le doute persister dans le regard du vieil homme, il décida de se lancer dans une explication plus détaillée. Il était plutôt facile pour lui de parler de ses sentiments, aujourd'hui plus que d'habitude.

« Elle me rends mon unité, Albus, elle me rend heureux comme personne ne l'a jamais fait. Si je peux lui rendre une infime part de ce qu'elle m'offre, je pourrais renoncer à bien plus que ma fonction d'enseignant. »

Rien ne suivit cette déclaration et une part de Severus se réjouit intérieurement. Il semblait, que pour une fois dans sa vie, il avait réussi à ébahir suffisamment le Directeur pour le laisser bouche bée.

Puis ils entendirent Minerva soupirer près de la fenêtre.

« C'était tellement romantique », renifla-t-elle, les yeux brillant étrangement à la lueur des chandelles. « Je n'ai jamais pensé que tu avais ça en toi, Severus, sinon je t'aurais réservé pour moi depuis des années ! »


Florence Nightingale était une infirmière (comme moi !) qui a vécu au XIXème siècle (pas comme moi). Elle a énormément fait avancé la profession infirmière et considérait que les soins infirmiers devaient être basés sur la compassion, l'observation et l'expérience. Une infirmière, selon elle, devait donc fournir le meilleur environnement possible aux patients, de manière à ce que leur état de santé s'améliore. Elle également réformé les hôpitaux de l'époque.

Bon, j'espère que je ne vous ai pas trop ennuyés avec cette petite remarque, mais il me semblait important de vous expliquer très succinctement qui était cette femme… surtout en exerçant la profession qui est la mienne.

Sur ce, j'attends avec impatience vos reviews pour me dire ce que vous avez pensez de ce chapitre… mémorable, selon moi. Merci Kayly !