Quand la Lionne se bat
Auteur : Kayly Silverstorm
RAR :
Merci à tous ceux qui m'ont laissé une review, ça me fait toujours plaisir. Les deux semaines d'attente touchent à leur fin et vous allez enfin pouvoir découvrir comment Draco et Harry vont réagir en apprenant que Hermione et Severus sont désormais ensemble. Merci donc à Lalala, Mekoret, Sabrina, Spinel et Marie pour votre petit mot.
Yinmay, c'est très courageux de ta part d'avoir tenu le coup et de ne pas avoir été dans la VO, et je suis désolée car ton attente n'en sera que plus longue pour le prochain chapitre (mais c'est pour une bonne cause…).
Aurélie, je te souhaite la bienvenue, j'adore apprendre que j'ai des nouveaux lecteurs ! Quand au 'my dear' traduit en 'Ma douce', je ne dirai qu'une seule chose : c'est la privilège du traducteur ! lol.
Chapitre 41 : Loyauté
C'était lundi et Hermione était assise en classe de Défense contre les Forces du Mal, laissant le flot de paroles de Remus glisser sur elle sans s'y intéresser le moins du monde. De temps en temps, elle levait le bras et disait : 'Protego', ou 'une poignée de cendre, ramassée pendant un nuit à la nouvelle lune', et recevait des points pour ses réponses avec un sourire éblouissant, mais elle n'écoutait pas vraiment.
Elle avait déjà appris tous les sorts de boucliers pendant sa cinquième année, quand elle faisait partie de l'AD et qu'elle préparait ses BUSEs. Et une fois qu'elle avait appris quelque chose, il lui était difficile de l'oublier.
Alors au lieu de se concentrer sur la théorie, à l'abri derrière un bouclier complexe et multiple, elle réfléchissait aux événements de la veille, et en particulier à ce qui s'était passé le soir.
Severus ne lui avait pas demandé de dormir dans ses appartements. Il ne voulait probablement pas la forcer à faire quelque chose pour laquelle elle n'était pas prête. Mais quand il s'était levé de son fauteuil pour lui annoncer qu'il allait se coucher, elle l'avait suivi dans les escaliers en colimaçon.
« Attends-moi », lui avait-elle dit avec un sourire un peu crispé avant de disparaître dans la pièce que le maître des potions lui avait allouée.
En entrant dans la chambre de Severus, habillée de son pyjama habituel et un peu timide, elle s'était sentie terriblement jeune, accoutrée de la sorte. Il sortait à peine de la salle de bain et ne portait rien d'autre qu'un large pantalon noir en coton, si bien qu'elle en avait eu le souffle brièvement coupé.
Elle n'avait pas eu besoin de faire apparaître un miroir pour savoir qu'elle avait rougi fortement. Enfer et damnation, elle devait absolument arrêter ça, et rapidement.
Il avait levé les yeux et l'avait vue en face de lui, et pour le plus grand bonheur d'Hermione, les joues de l'homme s'étaient teintées d'un soupçon de rouge.
Tel est pris qui croyait prendre, avait-elle pensé, mais elle était bien trop préoccupée par la situation, par leur intimité et les frissons qu'elle ressentait dans l'ensemble de son corps pour faire un commentaire à haute voix.
« Je dors toujours comme ça. » Lui avait-il expliqué comme pour s'excuser. « Mais je peux mettre une chemise si ça te dérange… »
« J'en serais terriblement déçue si tu faisais ça », avait-elle rétorqué avec un petit sourire audacieux, et quand il lui avait souri en retour, la tension entre eux s'était évanouie pour ne laisser de place qu'à la chaleur et à la tendresse.
Lentement, sans quitter son visage des yeux, elle s'était avancée vers lui jusqu'à ce qu'elle puisse tendre une main et toucher son torse. Il avait enroulé ses bras autour d'elle et l'avait attirée à lui, tendrement, respectueusement. Elle savait qu'elle pouvait mettre fin à cette étreinte à l'instant même où elle le déciderait, et elle lui était reconnaissante de l'attention qu'il lui portait.
Elle avait alors penché sa tête en arrière, et quand leurs yeux s'étaient croisés, elle avait ouvert toutes les barrières de son esprit et avait laissé tous ses sentiments, toutes ses pensées, sa joie et son amour se déverser en lui.
Il avait frissonné légèrement, resserrer ses mains autour de sa taille et avait répondu par un flot d'émotions qui avait été si puissantes, si intenses que les mains de la jeune femme avaient attiré la tête de l'homme à elle.
Elle l'avait embrassé, puis, après un long moment, ils s'étaient endormis.
« Hermione », chuchota à côté d'elle Harry. Elle fut alors tirée de ses pensées, juste à temps pour s'apercevoir que Remus était passé à la partie pratique du cours.
A la suite de Harry, elle s'éloigna de leur table pour rejoindre le centre de la pièce où les autres étudiants étaient déjà regroupés.
« Tout va bien ? » Demanda Harry tandis qu'il lui lançait un sort qu'elle contra facilement à l'aide d'un bouclier qui, elle s'en aperçut un peu tard, était plus complexe que ceux que leur avait enseignés Remus au cours de la leçon. Mais heureusement, elle était Hermione, la Miss Je Sais Tout, et chacun savait qu'elle passait tous ses étés à mémoriser ses lectures. Cette erreur était donc sans conséquence.
« Oui », répondit-elle avec un sourire et un sort que Harry dévia à l'aide d'un bouclier de son cru. « J'ai juste beaucoup de choses en tête. »
« Je peux l'imaginer. » Il hocha la tête et se rapprocha un peu d'elle, comme s'il voulait discuter de tactique. Elle s'aperçut que Remus était en train de les observer, puis elle grimaça et dirigea son attention vers Padma et Lavande.
Elle prit une grande inspiration et tenta de calmer les battements affolés de son cœur. Bien, il en serait ainsi. Elle devait leur parler aujourd'hui.
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Harry était nerveux. Bien sûr, il pouvait considérer que c'était une nette amélioration par rapport à la panique absolue qu'il avait ressentie quand Hermione s'était enfuie de ses appartements et avait disparu pour le reste de la journée, Dieu seul sait où.
Une fois le premier choc passé, et après s'être persuadé qu'un infarctus était très peu probable étant donné son jeune âge, il avait chassé Ron de la chambre d'Hermione sans prendre la peine d'être gentil et en ignorant son besoin évident de parler à quelqu'un.
Il lui avait demandé sur un ton brusque de l'attendre dans la salle commune, puis il s'était remis au travail dans la chambre de la Préfète. Ça lui avait pris près d'une heure, mais après avoir fini, il avait remercié pour la première fois sa tante Pétunia pour l'avoir forcé à nettoyer la maison. La chambre avait retrouvé au moins un peu de son ancienne apparence et beauté.
Harry savait qu'il ne pouvait pas la remettre dans son état original, mais il ne voulait pas qu'au retour d'Hermione, elle trouve le chaos causé par Ron.
Quand il était revenu dans la Salle Commune, ça avait été pour voir Ron recevoir un autre coup de poing de la part d'une Ginny Weasley enragée.
« Je n'arrive pas à croire que tu as fait ça ! » Avait-elle hurlé tandis que Harry vérifiait à la hâte qu'il n'y ait pas d'oreilles indiscrètes dans la salle commune. Heureusement, il n'y avait personne à part eux trois.
« Comment as-tu pu trahir sa confiance de la sorte, imbécile ? Et comment as-tu osé te servir de moi comme ça ? Elle pense probablement que j'étais de mèche avec toi maintenant ! »
« Elle sait que tu n'as rien à voir dans tout ça, Ginny. » Avait répondu Harry à la place de Ron, qui se cachait le visage et marmonnait des paroles inintelligibles. « Je t'en prie, fais attention à ce que tu dis, tu ne sais pas qui peut écouter. »
« Exact », avait alors rétorqué Ginny, le visage toujours rouge de colère. « Je pense qu'il est temps pour nous d'aller faire une longue et agréable promenade, Ron ! »
Et sans accorder à Harry le moindre regard, elle avait entraîné son frère hors de la tour Gryffondor. Harry n'avait pas été enclin à les suivre.
La lettre d'Hermione, plus tard dans la nuit, était arrivé dans la salle commune alors qu'Harry ne dormait toujours pas. Il faisait les cents pas et se demandait s'il devait en informer Remus, Dumbledore ou quelqu'un d'autre. Le mot l'avait quelque peu calmé, mais pas suffisamment pour qu'il puisse aller dormir, de plus, Draco qui était le seul à qui il aurait pu parler de tout ça, était caché hors de portée dans les dortoirs des Serpentards. Harry n'avait pas eu le courage de lui envoyer une lettre. Il était à Gryffondor après tout, et les Griffondors n'écrivaient pas aux Serpentards sous prétexte qu'ils n'arrivaient pas à dormir.
Quand elle ne s'était pas montrée dans la Grande Salle pour le petit déjeuner du lendemain, il s'était de nouveau ronger les sangs, mais le fait qu'elle soit présente en cours de Défense contre les Forces du Mal, même si son esprit n'était pas vraiment là, l'avait totalement calmé. Elle n'avait pas l'air mécontente, épuisée ou triste. Il parvenait même à distinguer un léger sourire sur ses lèvres de temps à autre, à chaque fois qu'elle faisait abstraction de son environnement.
La soirée s'était visiblement bien passée. Mais il avait hâte d'avoir une explication, et il pouvait voir, à la façon dont Draco les observait, que lui aussi avait remarqué quelque chose d'étrange.
La pratique des boucliers leur donna la possibilité de parler, mais il en savait désormais assez pour comprendre que ce n'était pas un lieu sûr. N'importe qui pouvait les écouter, des sortilèges avaient pu être placé dans la pièce, et il y a moins d'une semaine, Harry avait été choqué d'apprendre par Draco qu'il y avait plus d'un Serpentard capable de lire sur les lèvres. En fait, c'était un passe-temps populaire pour eux.
« Tout va bien, Hermione ? » Demanda-t-il tout de même. Il reçut un sourire et un hochement de tête en guise de réponse. Il se rapprocha d'elle, mais cela sembla augmenter la nervosité de la jeune femme.
« J'ai quelque chose d'important à te dire. A toi et à Draco. » Annonça-t-elle soudainement, comme c'était le message le plus urgent au monde.
« Est-ce que ça a quelque chose à voir avec la dernière bêtise de Ron ? » Demanda Harry sans vouloir paraître trop curieux. Elle n'avait pas dit un mot sur sa confrontation avec Snape, et elle n'était retournée dans sa chambre que tôt le lundi matin. Il le savait parce qu'il avait vérifié à plusieurs reprises.
« En quelque sorte », répondit-elle, évasive. « Je ne peux pas en parler ici. Mais rejoins-moi avec Draco dans la salle de gym avant le déjeuner. Je vais lui demander d'être là aussi. »
Le reste de la leçon se déroula sans événement notable. Ron trouva malencontreusement le moyen de renverser Neville. Ce dernier, qui avait été énervé par quelqu'un, répondit par un sort de chatouilles.
Il y eut ensuite un cours de divination, et malgré le fait que Firenze soit meilleur professeur que Trelawney, Harry dut se retenir pour ne pas gémir de frustration. Ni Hermione, ni Draco ne suivait ce cours et il se surprit à errer dans les cachots dès que la cloche sonna la fin du long exposé sur Vénus et son influence sur Mars.
Rapidement, il donna le mot de passe que Snape lui avait fourni avec 'subtilité' et monta quatre à quatre les marches de l'escalier menant à la salle de gym. Il avait le souffle court lorsqu'il atteignit la porte et qu'il retira ses chaussures, mais il savait qu'Hermione aurait besoin de quelques minutes de plus pour revenir de la classe de Runes Anciennes, et il voulait avoir une chance de raconter à Draco ce qu'il s'était passé au cours du week-end.
« Mais que se passe-t-il donc ? » Demanda Draco dès que le Gryffondor poussa la porte, au lieu de le saluer. « Je pense qu'Hermione devient folle ! La moitié du temps, elle sourit bêtement et fixe le vide, et le reste du temps, elle bégaye et menace de s'évanouir. Que s'est-il passé dans le repaire des Gryffondors ce week-end ? »
Sans prendre le temps de s'excuser ou de se lancer dans de longues explications, Harry dit tout à Draco, sachant que le Serpentard comprendrait son raisonnement. Il espérait seulement que Draco n'insulterait pas l'ensemble des Gryffondors. Il n'était pas d'humeur à défendre sa maison aujourd'hui.
Mais au lieu de la colère à laquelle il s'attendait, un large sourire s'inscrivit sur le visage du blond dès la fin de son discours.
« Donc, elle n'est pas revenu de tout le week-end ? » Demanda-t-il encore une fois, et quand Harry hocha la tête, le sourire s'élargit encore un peu plus.
« Je crois que je sais ce que veulent dire ce sourire bête et ce regard, alors. »
Harry fronça les sourcils, signe qu'il s'efforçait de suivre le cheminement des pensées du Serpentard. Lorsqu'il y parvint, ses yeux s'arrondirent de surprise en dépit de sa promesse de toujours contrôler les expressions de son visage.
« Tu penses que c'est finalement arrivé ? » L'interrogea-t-il, à la fois inquiet et excité.
Draco se contenta de grogner. « Ton précieux Weasley les a propulsé dans un chaos émotionnel, la poussant à le retrouver pour qu'ils se réconcilient. Ils avaient disparu de la surface de la terre pendant plus d'une journée, et ils s'étaient de nouveau montrés, elle avait l'air d'une jeune fille après son premier baiser, et lui semblait être un homme nouveau. J'ai croisé Severus en me rendant à mon cours de Défense contre les Forces du Mal ce matin, et il ne m'a même pas remarqué. »
Ils n'avaient pas reparlé de la relation entre ces deux-là depuis que Harry avait découvert combien Hermione tenait à Snape. Ça leur avait semblé inévitable, et bien que Harry se sente toujours un peu nauséeux à l'idée d'une Hermione embrassant Snape, il ne lui était pas difficile d'accepter leur amour réciproque.
Après tout, il avait vu comment Snape se comportait avec elle, la tendresse et l'attention qu'il lui témoignait. Il avait entendu comment Hermione parlait de lui. Sans mentionner le fait qu'elle se comportait de plus en plus comme Snape plutôt que comme la Gryffondor qu'elle avait été.
« Pourquoi est-elle nerveuse, alors ? » Demanda Harry. Il prit conscience de sa question à l'instant même où il finit sa phrase. « A cause de nous. » Ajouta-t-il, pensif.
« C'est surtout à cause de toi, je pense. » Sourit Draco. « Peut-être a-t-elle peur que de vieux préjugés refassent surface, ou que toi aussi, tu ne chamboules sa chambre pour lui avouer ton amour soudain pour elle ? »
« Oh, ça va, Draco », rétorqua Harry. « Ce n'est pas une expérience agréable quand ton ami trahit ton autre ami ! »
« En particulier à cause de votre manie de Gryffondor à accorder votre confiance », acquiesça faiblement Draco. Harry fut surpris de constater qu'aucune insulte n'était cachée derrière cette remarque. « Nous, les Serpentards, faisons rarement entièrement confiance, mais pour toi, ce doit être un coup de poing en pleine figure. »
« Qui parle de coup de poing ? » S'enquit la voix d'Hermione qui se trouvait sur le pas de la porte. Les deux garçons se retournèrent vivement.
« Je viens d'expliquer à Draco comment tu avais arrangé le visage de Ron. » Répondit Harry après une courte hésitation. Il se sentait nettement mieux. « Et le bonheur que ça a été d'y assister ! Encore mieux que lorsque tu as donner ce coup de poing à Draco en troisième année ! Tu sais quoi ? » Son visage devint soudain blême d'inquiétude. « Je viens de réaliser que je suis désormais le seul de tes amis que tu n'as jamais frappé. J'espère que tu n'as rien prévu de ce genre ! »
« Très drôle », rétorqua Hermione, puis elle traversa la pièce vers eux tandis que Draco commençait à expliquer avec indignation le traumatisme qu'avait causé cette triste expérience.
« Je pensais que ça t'avais fait beaucoup de bien. » Le contredit-elle d'un ton taquin, mais les deux garçons purent voir que le cœur n'y était pas.
« Nous ne sommes pas ici pour parler ce qui me ferait du bien, n'est-ce pas ? » Dit Draco avec arrogance. « Parce que si c'est le cas, j'ai une liste quelque part… »
Il fouilla ses poches avec provocation, mais Hermione avait déjà saisi l'allusion.
« C'est exact », dit-elle en arpentant la pièce nerveusement. « Vous savez que vous êtes mes meilleurs amis, et je ne vous ai jamais rien caché quand je pouvais l'éviter… je dois d'abord vous dire que je n'avais pas prévu ce qui s'est passé, et si j l'avais su avant, j'aurais… »
Draco et Harry échangèrent un regard amusé.
« Oui ? Je ne saisis pas ce que tu veux dire, Hermione », l'interrogea Harry doucement. Il fut récompensé par un grognement de frustration.
« Ce que j'essaie de vous dire », poursuivit-elle, « C'est que je… que Severus… Bon, nous nous sommes disputé samedi, et ensuite… oh mon dieu, je ne sais vraiment pas comment vous expliquer ça… »
« Laisse-moi le faire pour toi, alors, si c'est trop difficile. » Proposa gentiment Draco. « Tu aimes Severus depuis longtemps, et samedi, il a enfin réalisé qu'il ressentait la même chose. Vous avez eu une grosse dispute, vous êtes embrassés et n'avez pas pu vous séparé de tout le week-end. En ai-je dit assez ? »
Hermione fut choquée de les voir se sourire d'un air suffisant. Elle s'effondra sur le sol brutalement, dépourvue de son élégance habituelle.
« Etait-ce si évident ? » Demanda-t-elle calmement. A la plus grande joie de Harry, il vit une immense rougeur se propager sur le visage de la jeune femme. Il ne l'avait pas vu rougir depuis la quatrième année.
« Pas vraiment », répondit Draco charitablement, en gardant un large sourire. « Mais je suis le prince des Serpentards, et Harry travaille dur pour devenir mon assistant, n'est-ce pas Harry ? »
Harry commença à acquiescer sérieusement, mais lorsqu'il vit l'expression sidérée du visage d'Hermione, il ne parvint pas à se retenir et éclata de rire.
Draco ne fit que soupirer. « Nous ne ferons jamais de lui un Serpentard », commenta-t-il tristement, provoquant une véritable hilarité chez Harry.
Hermione se contenta de les regarder, les yeux arrondis d'étonnement, et Harry réalisa qu'il ne l'avait pas vu aussi perdue au cours de l'année.
Ensuite, la bouche de la jeune femme s'étira et ses yeux s'assombrirent d'amusement. « J'ai créé un monstre », commenta-t-elle, moqueuse.
« Non, c'est mon monstre », protesta Draco avec indignation tandis que Harry prenait de grandes inspirations pour tenter de se calmer.
« Je suis flatté de vous voir vous battre pour moi. » Déclara-t-il. « Mais je pense qu'il est important de souligner que je suis mon propre monstre. »
« Oh, mais c'est toute la beauté du mode de vie des Serpentards, Harry », le taquina Draco. « Nous faisons de toi exactement ce que nous voulons, tout en te laissant croire que c'est ton idée ! »
« Et que sais-tu du mode de vie des Gryffondors, Draco ? » Demanda Harry d'un air menaçant. « Si nous pensons que quelqu'un essaie des choses curieuses, nous allons le voir et lui cassons la figure. »
Draco partagea un regard incrédule avec Hermione qui haussa des épaules. « Ça marche toujours, même avec Voldemort. » Commenta-t-elle calmement.
« Oui, en général », concéda Harry.
« Alors j'ai hâte de te voir te battre avec l'Ordre quand ils ne suivront pas la volonté du Garçon qui a Survécu », dit Draco.
« L'Ordre ? » Questionna Hermione en relevant légèrement un sourcil pour bien marquer sa question.
« Tu sais, tu ressembles terriblement à Snape quand tu fais ça », la taquina Harry avant d'éclater de rire quand elle prit une mine renfrognée en plus du lever de sourcil.
« Je veux que Draco entre dans l'Ordre », se décida à répondre Harry quand il s'aperçut que le sourcil ne s'abaissait pas. « Il travaille pour notre camp depuis plus d'un an maintenant, et je pense vraiment que nous devons faire cesser cette ambiance anti-Serpentard. »
Draco grogna. « Ça vaut de l'or venant de toi. »
« A ta place, Draco, je serais prudent, ou je pourrais bien me souvenir de tes préjugés. » L'avertit Harry, mais ses yeux étaient figés sur Hermione, qui se mordait les lèvres comme elle le faisait toujours quand elle réfléchissait.
« Difficile », se prononça-t-elle finalement. « Ça va être difficile à réaliser. »
« Tu n'as pas l'air enthousiaste », dit Harry. « Je pensais que tu voudrais également que Draco en fasse partie. »
« Bien sûr que je le veux dans l'Ordre. Ce que je ne veux pas, c'est provoquer une réponse négative et catégorique, uniquement parce que nous n'aurions pas amené l'idée correctement. » Rétorqua Hermione avec impatience. « Avez-vous une idée de quand date l'inimitié entre les familles Weasley et Malfoy ? D'après ce que je sais, les générations de blonds et de roux ont toujours employé leur temps à se tyranniser les uns les autres. Maugrey prétend toujours que sa retraite anticipée a été provoquée par une ruse de Lucius. Et notre position officielle concernant Draco a été clamée haut et fort trop souvent pour le faire oublier comme si de rien n'était. Nous ne pouvons pas faire comme si ces problèmes n'existaient pas. »
« Mais ils sont du côté du bien », protesta Harry et il vit Draco rouler des yeux. « Ils devraient vouloir essayer de dépasser leurs préjugés ! Ils devraient être contents que Draco veuille nous rejoindre ! »
« Oui, ce sont les 'gentils', Harry », rétorqua doucement Hermione. « C'est pourquoi nous ne torturons pas les sangs purs pendant les réunions de l'Ordre. Mais ne t'y trompe pas, être bon ne signifie pas ne pas avoir de défauts. Les préjugés ne sont ni bons ni mauvais, ils sont humains. La question est de savoir si on s'y conforme ou pas. »
Elle agita sa baguette et pendant deux secondes, une horloge apparut dans les airs. « Nous devons repartir, autrement nous allons être en retard pour le cours suivant », leur indiqua-t-elle. Elle se leva ensuite élégamment du sol.
« Oui, mère », répondit Draco, puis il ajouta sur un ton faussement sérieux : « Tu sais, si ce sont les Mangemorts qui te donnent cette sagesse malgré ta jeunesse, nous devrions tous y adhérer. »
« Oh, ça suffit », dit Hermione et elle sourit à Harry, attendant visiblement de lui qu'il réagisse. Mais Harry semblait renfermé sur lui-même et pensif, et il resta ainsi jusqu'à ce que les cours de l'après-midi leur fassent prendre des chemins différents.
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Selon Remus, les réunions d'enseignants étaient épouvantables, inventées par les Dieux pour torturer les pauvres professeurs de Défense contre les Forces du Mal.
Comme d'habitude, la réunion du lundi après-midi traînait en longueur comme un thé pris en compagnie de nombreux parents âgés. Il allait presque s'endormir quand Albus referma enfin le dernier sujet inscrit sur l'ordre du jour.
« Maintenant, avant que nous ne retournions tous à notre travail », dit-il, et l'attention qu'on lui portait s'intensifia brusquement en apprenant que leur calvaire allait bientôt prendre fin. « Je voudrais vous faire une dernière annonce. J'ai bien peur que ce ne soit une information des plus sérieuses et aucun d'entre vous ne s'en réjouira. »
Il fit une pause, et Remus vit que tous les regards étaient désormais tournés vers le Directeur. Il n'y avait jamais eu d'annonce importante pendant une réunion de ce type. Du moins, pas pendant la période où Remus avait enseigné à Poudlard.
« Il est de mon triste devoir de vous informer que Severus a démissionné de sa place de Professeur de Potions, hier soir. Un remplaçant a déjà été prévu, mais des événements imprévus ne lui permettent pas de prendre son poste avant la fin de la semaine. »
Albus devait avoir prévu d'en dire plus, mais chaque mot ajouté se serait noyé dans le bruit qui s'était élevé à l'instant où ils avaient compris ce qui leur avait été annoncé. Hagrid braillait de protestation, le Professeur Chourave réclamait une explication de sa voix perçante et Flitwick s'accrochait de toutes ses forces au bord de la table comme s'il avait fait tombé sa pile de livres et qu'il luttait pour regagner son équilibre.
Seule Minerva Mac Gonagall restait parfaitement calme et observait le vacarme ambiant avec un étrange petit sourire sue les lèvres.
Et Severus Snape, l'homme qui était à l'origine de tout ce chaos, était adossé confortablement à sa chaise, le visage vierge de toute expression, les mains posées en face d'elle.
Remus ne prétendrait plus jamais que les réunions du personnel étaient rébarbatives. Il se surprit à observer son collègue avec un étonnement croissant, ne sachant comment interpréter sa décision. Y avait-il quelque chose dans ce qu'il avait entendu qui pourrait l'expliquer ? Quelque chose qui se serait passé au cours d'une réunion de l'Ordre ? Severus était-il contraint de se cacher ? Mais la tentative d'assassinat, l'empoisonnement, avait eu lieu il y a plusieurs mois, et aucun signe de nouveau danger n'avait été visible ! A moins qu'il ne se trompe.
Mais aux yeux de Remus, Severus ne semblait pas nerveux, ni en colère ou inquiet. En fait, le loup garou remarqua après avoir reniflé l'air rapidement, que Severus semblait plus satisfait qu'il ne l'avait jamais été. Il y avait quelque chose de joyeux dans son attitude, quelque chose d'extrêmement satisfait dans l'odeur que Remus ne parvenait pas à resituer.
Tout ça ne collait pas.
« Mais pourquoi ? » Cria Remus. « Pourquoi maintenant que tu peux enseigner comme tu le souhaites ? »
Les professeurs, qui avaient entendu que leur principale question avait été formulée, se turent.
Pendant un instant, il sembla que Severus n'allait pas s'ennuyer à répondre, mais ensuite, il ouvrit les mains, se pencha légèrement en avant et leva un sourcil.
« Mes raisons sont personnelles », rétorqua-t-il à Remus en augmentant le ton de sa voix. Normalement, la discussion aurait été finie, mais la curiosité ambiante incita Remus à poursuivre.
« Quelles raisons peux-tu avoir ? »
Lentement, Severus laissa glisser son regard sur les visages ébahis rassemblés autour de la table. Un petit sourire amusé étira ses lèvres, et soudain, Remus fut certains qu'ils ne découvriraient rien aujourd'hui.
« Des raisons personnelles », répondit-il, et Remus vit Minerva camoufler un ricanement derrière une main levée.
Ainsi, après avoir provoqué la confusion général et la colère, il se leva et prononça quelques mots au sujet du fait que tous allaient lui manquer mais qu'il aurait certainement le temps de leur parler avant la fin de la semaine pour leur faire ses adieux en privé. Ça avait été un beau petit discours, mais le sourire n'avait jamais quitté ses lèvres. Et pendant ce temps, Minerva avait continué de rire tout bas.
Dès que Albus annonça la fin de la réunion, Severus se leva brusquement et quitta la pièce. Saluant ses collègues qui étaient toujours autour de la table, Remus le suivit avec empressement.
« Severus », le héla-t-il. « Un mot, si ça ne te dérange pas… »
« Pas ici », répondit Severus, sans ralentir le pas. « Je n'ai jamais rencontré des gens aussi bruyants. Accompagne-moi dans mes appartements, si tu veux. »
« Bien sur », acquiesça Remus et ils marchèrent en silence vers les cachots, jusque dans la salle de classe de potions pour finalement atteindre les appartements de Severus. Il retint son souffle quand il traversa la tapisserie. Il attendait avec impatience cette conversation. Il était impossible de présumer des pensées de Severus compte tenu de ce qu'il laissait paraître. Peut-être était-il furieux, et si c'était le cas, Remus pouvait parfaitement comprendre qu'il était dans son bon droit.
Tranquillement, Remus scruta la bibliothèque du regard en se souvenant de la dernière fois qu'il y était venu et des révélations qui avaient suivi cette nuit-là.
Mais cette fois, Severus l'avait autorisé à entrer. Comme il l'avait fait toutes les fois qu'ils s'étaient rencontrés pour leurs recherches, Severus disparut dans la cuisine, certainement pour préparer un peu de ce thé aux épices qu'il appréciait tant.
Installé sur le canapé, Remus examina encore une fois la pièce. Quelque chose avait changé, mais il n'arrivait pas à savoir quoi.
L'atmosphère de ce lieu avait toujours été emplie de effluves de Severus, et uniquement des siennes. A présent, il y avait une nouvelle présence et cela parfumait la pièce. Ça donnait une touche plus douce, plus colorée et chaleureuse.
Il ne parvenait pas à distinguer à qui cette odeur appartenait, mais son regard se posa sur le second bureau juxtaposé à celui de Severus, et il comprit alors que c'était la présence d'Hermione qu'il sentait.
« Severus », dit-il quand l'autre homme revint dans la bibliothèque, une théière noire et brillante à la main. « Au sujet de ta démission… »
« Des raisons personnelles, Remus », l'interrompit Severus qui avait conservé son étrange petit sourire. « Même si je dois admettre que l'idée de travailler à plein temps pour l'Ordre y est pour beaucoup. »
« Oh », répondit Remus. Il sentait qu'il lui cachait des choses, mais connaissant Severus, il ne fallait pas compter sur lui pour obtenir des éclaircissements. « Bien, dans ce cas. Mais j'espère que tu me le diras un jour. »
Severus rit tout bas, s'assit dans son fauteuil habituel et croisa les jambes.
« Alors, dis-moi, Remus, ne voulais-tu me parler que pour pouvoir m'interroger ? »
« Non, bien sûr que non », répondit-il hâtivement en se triturant les mains nerveusement. « En fait, c'est au sujet de ce qui s'est passé dans tes appartements, au janvier. » Il fit une pause et prit une longue inspiration sans chercher à rencontrer le regard de Severus. « Je voulais m'excuser. J'ai très mal géré la situation. Je t'ai mal jugé et j'ai mis la santé d'Hermione en danger, je me suis méfié du Directeur et permit à Harry et Ron d'assister à une scène dont ils n'auraient jamais du être témoin. J'ai été terriblement bête. »
« Un maraudeur qui me présente ses excuses. » Dit lentement Severus sur un ton doucereux. « Black doit s'en retourner dans sa tombe. » Il se mit à ricaner une fois encore, puis redevint sérieux en un instant. « Oublie tout ça. Même si je dois admettre que tu as fait preuve d'une certaine… impulsivité, tes actions étaient justifiées et tu t'es comporté comme tout professeur, ou même être humain avec un sens des responsabilité, l'aurait fait. »
« Je suis heureux de t'entendre dire ça, Severus », dit Remus, soulagé par les mots qui venaient d'être prononcés mais ne voulant pas en rester là. « Mais ça rendrait les choses un peu trop faciles. J'aurais du réfléchir à ton statut d'ancien espion. J'aurais au moins du informé le Directeur avant de transporter Hermione jusqu'à l'infirmerie. J'aurais pu faire voler en éclat sa couverture ! »
« Quelques soient les circonstances », rétorqua Severus, « ton premier devoir est de veiller sur les enfants. J'aurais très bien pu être devenu fou ou être victime de chantage, ou encore être soumis à l'imperium. Même si j'aurais préféré que Potter et Weasley restent en dehors de ça, ta réaction était juste. J'ai fait preuve de négligence en te permettant d'enter dans mes appartements. S'il y a quelqu'un à blâmer, c'est moi. »
« Mais j'aurais du… » Tenta encore d'expliquer Remus.
« Oh, c'est absurde », le coupa Severus. « Si tu veux te soulager de ta culpabilité inexistante, aide-moi dans mes recherches ! Je ne me suis pas penché sur nos notes depuis longtemps, mais j'ai eu une idée, il y a quelques jours, qui pourrait résoudre le problème d'immunisation contre la potion… »
Et d'un coup de baguette magique, il dégagea la table en face d'eux et fit venir à lui une pile de livres et de parchemins, ce qui cloua le bec de Remus.
Ils travaillaient depuis plus d'une heure quand une série de brefs coups résonna dans la pièce.
« Hermione », dit Severus à Remus, sans même prendre la peine de lever la tête quand la tapisserie dégagea une lueur dorée.
Et, confirmant les paroles du Maître des Potions, la silhouette de Hermione Granger traversa un instant après la lumière.
« Contente de te voir, Remus », le salua-t-elle chaleureusement tandis qu'elle faisait flotter son sac vers un fauteuil à l'aide d'une main dépourvue de baguette. « Leçon géniale, aujourd'hui. »
Remus ne put s'empêcher de lui sourire. « Pas que tu en aies besoin, Hermione », la taquina-t-il. « J'ai vu que tu as eu une discussion plutôt animée avec Harry pendant la moitié du cours. »
Ces dernières paroles attirèrent l'attention de Snape. Ce dernier parla sans pour autant relever la tête des revues dans lesquelles il était plongé.
« Il s'est décidé », déclara-t-il calmement, et Hermione hocha la tête.
« Enfin », admit-elle.
« Quand ? »
« Vendredi. »
Snape avait enfin levé la tête. « Nous devrions commencer à organiser ça, alors. » Dit-il avec désinvolture, et alors qu'Hermione hochait la tête pour montrer son accord, Remus tentait en vain de comprendre le sujet de la conversation.
« Chocolat ? » Demanda ensuite Hermione sur le même ton désinvolte.
« Les Gryffondors », répliqua simplement Severus en levant les yeux au ciel. « Toujours à dire des évidences. »
Hermione sourit. « Ben voyons. Puis-je t'offrir un muffin, Remus ? Le seul parfum que je suis sûre d'avoir, c'est chocolat, puisque Severus ne mange rien d'autre, tel le Serpentard partial qu'il est. »
« Chocolat, ce sera parfait », convint Remus qui essayait toujours de surmonter le léger ahurissement qui avait été provoqué par l'efficacité de leur code secret. « Merci, Hermione. »
« Tu es le bienvenu, et en plus, ce n'est pas moi qui les ai fait », répondit-elle avant de disparaître dans la cuisine.
« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » Demanda faiblement Remus, et Severus, qui s'était déjà replongé dans ses notes, le regarda surpris. « Quoi ? Oh, ça. »
Encore une fois, il rebaissa les yeux vers son parchemin et lui fournit une explication rapide d'un ton légèrement ennuyé. « Je ne sais pas si tu as été informé que Draco Malfoy et Potter travaillent ensemble. »
Remus hocha la tête pour signifier que c'était le cas, mais Severus étudiant les pages en face de lui, ne vit pas son geste.
« Nous pensions demander, depuis quelques temps déjà, l'entrée de Draco dans l'Ordre, et d'après ce que m'a dit Draco cette après-midi, il semble qu'il ait enfin pris sa décision. Il est prévu d'introduire Draco dans quatre jours. »
« Vendredi », ajouta Remus. Le court dialogue prenait enfin du sens. « Mais l'Ordre ne va jamais l'accepter ! »
« C'est pourquoi nous avons besoin de préparer sa présentation ce soir. » Dit Severus avec impatience à l'instant même où la porte claquait et Hermione revenait.
« Jane m'a dit que tu n'avais pas assez mangé, Severus. » Dit-elle sévèrement en déposant une assiette pleine de muffins au chocolat près de lui. Celui-ci se servit sans même regarder.
Remus fut soulagé quand Hermione lui tendit son assiette de façon normal, avant de concentrer son attention sur son propre muffin.
« Elle veut être sûre que tu prennes au moins deux repas par jour. »
« Cette elfe de maison sera responsable de ma mort. » Ronchonna Severus en leva enfin les yeux et en posant son regard sur elle.
« Non », répondit Hermione, un sourire aux lèvres. « Je me suis officiellement réservée cet honneur. »
« Ça te va bien de dire ça ! » lui lança-t-il. « Tu as sauté le déjeuner, toi aussi. »
Hermione ne demanda même pas comment il avait su, ayant lui-même été absent de la Grande Salle.
« Je suis jeune », signala-t-elle. « Je peux me le permettre. Toi, par contre… »
Tout en gardant son air de tolérance contrite, Severus lui lança un muffin au chocolat qu'elle attrapa d'une seule main.
Remus ressentait le besoin de besoin de se pincer. Ce mélange étrange de vivacité et de vieux couple lui donnait la chair de poule. Il ne se sentait pas à sa place quand il les regardait, de plus, ce n'était pas la première fois qu'il s'interrogeait sur la nature de leur relation. Si ce n'était qu'une relation amicale, c'était la plus intime qu'il ait jamais vu.
Même la relation entre les Maraudeurs avait été superficielle à côté de la leur. On aurait dit qu'ils n'étaient plus deux entités entièrement indépendantes, mais qu'ils partageaient une sorte de lien en permanence qui les aidait à communiquer et à réagir instinctivement face à l'autre.
« Merci », dit joyeusement Hermione, puis elle posa son muffin dans son assiette. « Comme ça, je n'ai pas à aller en chercher un autre. »
« C'était bien mon intention. » Répliqua Severus.
« Oh oui », le railla-t-elle en se levant du canapé et en se dirigeant vers un fauteuil entouré d'un mur de livres. « J'oubliais que les Serpentards prévoyaient toujours dix coups à l'avance. « Cela vous dérange-t-il si je travaille ici ? » Demanda-t-elle aux deux hommes, son sac déjà ouvert sur les genoux.
C'est pourquoi tu es à Gryffondor », se moqua-t-il. « Nous, les Serpentards, n'oublions jamais rien. Si tu pouvais rester calme après ce commentaire, Remus a besoin de se concentrer. »
Il fallut un moment à Remus pour réaliser que la seconde partie de la phrase était la réponse à la question d'Hermione.
« Bien, je vous laisse parler de vos travaux », commenta-t-elle d'un ton faussement blessé en ouvrant un gros volume. « J'apprécie particulièrement la façon dont tu insultes les Gryffondors à haute voix et sans gêne à chaque fois que tu corriges leurs copies. »
« Si tu devais noter ces essais, tu ne resterais pas calme non plus. » Riposta-t-il.
Hermione ouvrit la bouche pour le contredire, puis la ferma à nouveau. « Tu as probablement raison sur ce point », admit-elle volontiers. « Mais je ne parle pas de ça quand je travaille, de toutes façons. »
Severus lui lança alors un sourire narquois et la jeune femme lui adressa un sourire identique avant baisser la tête sur un livre et un rouleau de parchemin.
Le temps s'écoula rapidement tandis qu'ils étaient concentrés sur leurs recherches de l'année passée. L'heure du dîner arriva et passa sans que Remus ne s'en aperçoive. Il pouvait entendre Hermione marmonner pour elle-même de temps à autre, mais sa voix était trop faible pour être compréhensible.
Il découvrit que travailler à nouveau avec Severus lui plaisait énormément. Il avait juste oublié combien cet homme était diablement intelligent, son esprit sautant d'un fait à l'autre, arrivant intuitivement à des conclusions auxquelles Remus ne serait parvenu qu'après plusieurs heures de travail.
Son 'intuition' avait certainement besoin d'être travaillé, mais ensemble, grâce au sortilège inconnu qu'avait découvert Remus il y a quelques années dans un ancien grimoire, l'idée pouvait fonctionné…
« Oh, je me demande qui a regonflé ton ego », hurla soudain une voix fâchée à sa gauche, et Remus, qui était totalement concentré sur ses notes, sursauta violemment…
Severus leva la tête du journal dans lequel il était en train d'écrire, sourit encore et acquiesça en se tournant vers Hermione.
« Tu vois de quoi je parlais », commenta-t-il, et d'un mouvement de la main, sans baguette, il envoya un coussin voler vers Hermione qui le reçut en pleine face.
Elle ne se donna même pas la peine de lever les yeux vers lui. D'un mouvement de poignet, un épais livre de l'étagère vint s'écraser sur Severus, mais celui-ci le bloqua facilement. Une demie seconde plus tard, un autre coussin s'écrasait sur le Maître des Potions ; il affichait un sourire supérieur et envoya un baiser à la jeune femme.
« Tu t'es fait avoir », dit Hermione qui semblait on ne peut plus satisfaite d'elle.
Remus dut se pincer une nouvelle fois.
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Après quatre jours de préparation et quatre nuits reposantes, Hermione et Severus prirent place à la table de l'Ordre. Il lui lança un regard dégoûté, et elle tressaillit comme si elle était terrorisée. La complicité qui les unissait rendait ce petit jeu de haine terriblement amusant, et Hermione put voir Mac Gonagall dissimuler un sourire en faisant mine de tousser.
Remus, qui avait été informé de leur relation la veille par Severus, avait manifestement toujours quelques problèmes avec ce concept, mais il faisait de son mieux pour cacher sa confusion ainsi que la gêne qu'il ressentait. Comme la plupart des personnes autour de la table avaient été à Gryffondors en leur temps et qu'ils n'étaient pas véritablement sensibles au langage du corps, personne ne sembla remarquer les regards que le loup garou lançait alternativement à Hermione et à Severus.
Mais ces échanges subtils ne l'aidaient pas à soulager la tension qui montait dans la pièce, affectant même ceux qui n'en connaissaient pas la cause. La soirée avait de gros enjeux, bien plus que le simple fait de faire accepter Draco dans l'Ordre.
La soirée montrerait la capacité du premier Cercle de l'Ordre à laisser tomber les traditions et ses croyances de longue date (ou plutôt ses préjugés, se corrigea Hermione mentalement). S'ils n'acceptaient pas Draco parmi eux, le plan qu'elle mettait au point avec Severus risquait de na pas trouver grâce à leurs yeux.
Et s'ils n'appréciaient pas la révélation soudaine de la 'véritable identité' de Draco et son statut d'agent double, Hermione ne voulait pas penser à comment ils réagiraient quand il apprendraient son rôle d'espion.
Sans oublier que Dumbledore pourrait perdre la confiance de l'organisation et son autorité.
Hermione, Draco et Harry avaient passé plusieurs heures à répéter la requête de Harry pour introduire Draco, et ce, jusqu'à qu'Hermione soit totalement confiante que son discours fonctionnerait. Pourtant, Draco restait septique, et Hermione ne pouvait que reconnaître qu'il y avait des raisons de s'inquiéter.
Dumbledore, Remus et Mac Gonagall seraient de leur côté, naturellement. Tout comme Severus.
Mais si le reste du Premier Cercle, Arthur et Molly Weasley, Kingsley Shacklebolt, Tonks et le plus important, Maugrey n'étaient pas d'accord, il n'y aurait pas d'introduction.
Et Hermione ne croyaient pas que des années de méfiance, pas seulement envers Draco, mais envers toute sa famille, pourraient être balayées par un simple discours, même si ce discours était fait par le Garçon Qui a Survécu en personne.
Pourtant, ils pourraient quand même réagir, Severus et Hermione s'y étaient préparés. Draco deviendrait membre ce soir, peu leur importait que ce soit par la volonté de l'Ordre ou grâce à ce qu'ils avaient préparé.
Observant tout le monde tel que l'aurait fait une étudiante qui s'ennuie légèrement, elle défit sa queue de cheval et derrière le rideau de ses cheveux, elle partagea un autre regard avec Severus.
Draco attend dans le bureau de Dumbledore, l'informa mentalement Severus. En ce moment, le Directeur est probablement en train de le rendre fou avec un chocolat chaud et des bonbons moldus. Je jurerais qu'il y est devenu encore plus accro depuis que je lui ai dit pour nous.
Hermione lui envoya un sourire en se souvenant de comment ils avaient partagé leur frustration éprouvée pour ce monde quatre nuits plus tôt, après que Remus était parti. Elle lui avait dit que Harry et Draco avaient réagi de façon très similaire à Minerva Mac Gonagall, et il avait grogné pour montrer sa contrariété.
« Quel genre d'espions sommes-nous ? » Lui avait-il dit, dépité par leur manque de subtilité.
« J'adore la façon dont tu dis 'nous'. » Avait été sa seule réponse, et il avait ri à gorge déployée, faisant une fois encore rougir Hermione.
J'adore la façon dont tu penses 'nous', lui dit-elle, et à sa grande surprise, elle se débrouilla pour lui envoyer une bonne imitation de rougissement mental exprimant sa gêne et sa chaleur qui força Severus à cacher un son inapproprié par un toussotement.
Non mais vraiment, elle put entendre son amusement à travers ses pensées. Hermione ! Pas en présence de l'Ordre !
Et sur ce, elle rougit une fois encore, heureuse que ses cheveux forment un voile. Elle devait vraiment faire quelque chose à ce sujet. Peut-être devait-elle entamer une thérapie contre sa sensibilité auprès de Severus. Ils pouvaient prendre un bain ensemble et il pouvait lui lire du Byron pendant des heures… Sa rougeur accentua.
Concentre-toi ! Se dit-elle, et ensuite, en un regard avec Severus, ils grondèrent en même temps : VIGILENCE CONSTANTE !
Dumbledore fut un des derniers à entrer en scène. Il leur fit signe de s'installer, et une fois qu'ils eurent pris place et que le bruit de l'installation fut calmé, seuls Harry et lui étaient encore debout.
« Bienvenue à tous à notre réunion du Premier Cercle », annonça joyeusement Dumbledore. Les membres lui rendirent son salut. « Nous avons quelques points à aborder ce soir, mais avant de commencer la réunion véritablement, il y a une requête pour l'entrée d'un nouveau membre dont nous devons discuter. »
Cette annonce fut accueillie par des regards interrogateurs posés sur Harry. Il avait été évident pour tous que Harry et Hermione feraient partie de l'Ordre, même si ça avait été un petit choc que Ron ne se joigne pas à eux. Mais personne n'avait entendu parlé d'un autre qui serait bientôt introduit, et les hypothèses sur l'identité de cette personne allaient bon train.
Hermione fronça les sourcils de confusion et lança un regard interrogateur à Harry, alors que le visage de Severus restait inexpressif, comme d'habitude.
« Qui est-ce ? » Demanda Maugrey, et comme si il s'agissait d'une invitation, Dumbledore se tourna à moitié vers la porte fermée de son bureau.
« Vous pouvez entrer. » Déclara-t-il et ils virent la porte s'ouvrir doucement.
Quelque part en face d'elle, Hermione put entendre un hoquet de surprise, mais elle était concentrée sur Draco et sa propre expression d'incrédulité, de choc et de panique croissante.
Draco avait l'air déterminé mais était visiblement nerveux alors qu'il marchait lentement à travers la pièce. Il s'arrêta à l'endroit exact où Harry et elle s'étaient tenus quand ils avaient été introduits.
Maintenant, Harry, pensa-t-elle vivement. Pendant qu'ils sont encore sous le coup de l'étonnement !
Et comme s'il l'avait entendu, ou peut-être juste grâce à sa propre capacité à comprendre l'atmosphère d'une pièce et l'importance de la synchronisation - capacité qui avait cru au cours des dernières semaines, Harry prit une longue inspiration et se leva avant que la confusion ne se transforme en indignation.
« Comme c'est mon droit en tant que membre du Premier Cercle », annonça-t-il. « Je vous demande d'accepter la candidature de Draco Malfoy. »
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Voilà, j'espère que le chapitre vous a plu…
Pour ce qui est du prochain chapitre, on se retrouve dans cinq semaines : je me prends quelques vacances ( bien méritées selon moi !)
Bisous à toutes et à tous.
