Quand la Lionne se bat

Auteur : Kayly Silverstorm


RAR :

Merci à tous ceux qui m'ont laissé une review, c'est toujours un plaisir d'en recevoir

LaLaLa : Voilà, les deux semaines sont passées et Hermione n'a pas fini de vous en faire voir de toutes les couleurs.

Ailes de nuit : Voilà la suite.

Mekoret : Merci pour tes encouragements. Sache que je ne t'en voudrais absolument pas si tu allais lire la suite en VO, après tout, les honneurs en reviennent à l'auteur…


Chapitre 44 : La fille qui espionnait

Hermione s'était levée de sa chaise. Son regard vif se posa sur les visages de Severus et Albus, puis sur celui de Draco de l'autre côté de la table. Il pouvait sentir sa nervosité, mais lorsqu'elle parla, sa voix était calme et assurée.

« C'est moi. » Dit-elle, et toute la salle se tut. « Je suis le Maître-espion. »

OoO

Pendant un instant, le groupe autour de la table sembla se figer, et Harry commença sérieusement à se demander si Dumbledore ou Snape n'avait pas jeté un Petrificus Totalus sur l'ensemble du Premier Cercle, mais juste après, Maugrey s'éclaircit rageusement la voix, et le charme fut rompu.

« Non, mais vraiment, petite fille. » Ronchonna-t-il d'une voix de baryton, grave et profonde. « Ce n'est pas drôle. Ce n'est même pas drôle du tout. Si vous pensez que l'heure est à la plaisanterie, vous feriez mieux de retourner dans votre chambre et d'y jouer avec vos poupées. Nous parlons de guerre ici. »

Harry ne savait pas quelle était la réaction que Maugrey attendait d'Hermione en prononçant ces mots, mais il n'imaginait certainement pas l'expression légèrement moqueuse que cette dernière afficha en inclinant la tête vers Dumbledore. « Monsieur le Directeur », dit-elle – et Harry ne fut pas le seul à remarquer que la voix de la jeune femme était devenue plus profonde, qu'elle avait gagné en assurance et qu'elle était plus coloré qu'elle ne l'avait jamais été.

Mais sa voix n'étai pas la seule chose à avoir changé. Hermione semblait se tenir plus droite, ses mouvements nerveux d'écolière s'étaient envolés de même que les innocents yeux bruns qui, auparavant, s'agrandissaient de surprise et d'intérêt. En l'espace d'un battement de cils, elle s'était transformée en une femme gracieuse comme un chat.

Dumbledore soupira, et, telle Hermione qui s'était métamorphosée, son apparence changea, mais pour lui, ce fut en pire. Il semblait désormais vieux, fatigué et inquiet.

« Elle dit la vérité, Alastor. » Dit-il. « Hermione Granger est et a été notre Maître-espion pendant les sept derniers mois. »

« Mais… ce n'est pas possible. » Couina soudain Mrs Weasley d'une voix aiguë et apeurée. « Hermione n'est qu'une jeune fille ! Elle ne pourrait peut-être pas… »

« Elle est plus qu'une simple fille, Molly. » La contredit Dumbledore d'une voix lasse. « Elle est l'espion le plus rusé et le plus compétent que nous ayons jamais eu. Sa connaissance des plus fidèles Mangemorts et de Voldemort Lui-même surpasse même le savoir de Severus ainsi que le mien. Elle nous a permis de remporter tant de victoires au cours des derniers mois. Nous n'aurions pas pu nous en sortir sans elle. » Il posa un regard critique sur chacune des personnes de la pièce. « Vous l'avez dit vous-mêmes en de maintes occasions. Elle mérite votre gratitude. »

« Elle est née de parents moldus, c'est une jeune fille, la meilleure amie de Harry Potter. » Cria presque Tonks, ses cheveux étaient devenus blancs et son visage s'était soudain transformé en celui d'un petit enfant. « Même s'ils avaient envisagé de l'accepter parmi eux, elle n'aurait pas survécu à la première semaine ! C'est impossible ! »

« La preuve se tient devant vous, Nymphadora. » Rétorqua Dumbledore, et le fait que Tonks ne réagisse pas à l'emploi de son prénom en disait long sur combien elle était choquée et indignée.

« Montrez-leur, Miss Granger. » Soupira Dumbledore après un instant de silence. « C'est le seul moyen de les convaincre, j'en ai bien peur. »

Etant donné la manière dont elle bougeait, il était évident qu'Hermione n'aimait pas ça, mais lorsqu'elle releva sa manche et qu'elle exposa à tout le monde son bras sur lequel un serpent noir rampait, elle le fit sans afficher la moindre expression. Harry put entendre des hoquets de surprise autour de lui, des murmures choqués et des respirations fortes, mais il était concentré sur Hermione. Il essayait de lui transmettre sa force, de lui montrer que la réaction des autres n'avait aucune importance. Et il savait que, à l'autre bout de la table, Draco tentait de faire la même chose.

Mais elle ne les regarda pas. Tout le temps où son bras fut tendu au-dessus de la table, immobile, ses yeux restèrent fixés sur quelque chose, au dessus de leurs têtes, que seule elle pouvait voir.

« Je comprends que vous soyez ébranlés. » Dit-elle lentement, avec ce ton assuré qui était désormais le sien. « Et je comprends votre incrédulité. Je suis un choix plutôt improbable pour ce travail. Mais c'est pourtant la réalité. La Marque sur mon bras le confirme, tout comme la parole de Dumbledore. Laissez moi vous assurer qu'il n'a gardé mon identité secrète que parce que je le lui ai demandé. Et je vous prie de bien vouloir m'excuser de vous avoir tromper. »

Elle laissa son bras retomber sans recouvrir le serpent qui se tortillait.

« Donc c'est vous. » Finit par prononcer Shacklebolt après un autre long moment de silence, exprimant à haute voix une pensée qui semblait être partagée par beaucoup autour de la table. La Marque des Ténèbres ne leur permettait plus d'ignorer la vérité. « Notre Maître-espion. Une fille de dix-huit ans, née de parents moldus, qui est encore en septième année à Poudlard. La meilleure amie de Harry Potter et une Gryffondor. »

D'après l'intonation qu'il venait d'utiliser, il était clair qu'il trouvait l'information difficile à digérer et Harry était étonné que ces gens puissent encore croire aux clichés des Maisons dans une telle situation.

« Oui. » La réponse fut claire, posée et se suffit à elle-même.

« Vous êtes un Mangemort. » Toujours Kingsley, toujours avec un mélange de choc et d'incrédulité.

« Du Premier Cercle. » Confirma-t-elle.

« Vous nous avez averti d'une embuscade, il y a environ six semaines. Vous nous avez donné des informations sur les attaques. Vous avez piégé MacNair et nous avez dit que Voldemort voulait s'allier à l'Ordre de Jeanne d'Arc. »

« Oui. »

« Et Dumbledore était au courant depuis le début. »

« Je l'ai informé dès que j'ai reçu la Marque. »

Shackelbolt hocha la tête, signe qu'il acceptait ses réponses. Personne ne prononça le moindre mot. L'ébahissement se lisant toujours sur leurs visages, les membres de l'Ordre semblaient vouloir laisser l'auror poser les questions pour le moment. Mais au lieu de ça, il se tourna vers Dumbledore.

« Donc vous avez laissé une jeune fille, une enfant, se fourrer dans la gueule du loup pour augmenter nos chances. » Dit-il. Harry ne l'avait jamais vu aussi en colère. « J'ai toujours su que vous aimiez manipuler les gens, mais cela va trop loin ! »

« Hermione est une personne à part entière et peut parfaitement prendre ses propres décisions. » Protesta Harry, il sentait la colère monter en lui à cause de la façon dont l'auror ignorait une fois encore son amie. « Personne ne l'a manipulée ! »

« En fait, on pourrait même dire que c'est le contraire. » Ajouta Dumbledore, un léger sourire illuminant son visage. « Elle m'a menée par le bout du nez pendant plusieurs mois. » Le regard qu'il envoya à Hermione était empli de fierté et d'amour.

« Donc, tu étais au courant de ça. » Maugrey s'était tourné vers Harry, et ce dernier sentit sur lui le regard pesant de l'œil magique. « Qui d'autre ? »

« Moi. » Dit le Professeur Mac Gonagall, sa voix était froide et clair comme un matin d'hiver. « Et laissez-moi vous qu'Hermione a fait des choses incroyables. La sous-estimer serait la dernière chose que vous feriez dans votre vie. »

« Je le savais aussi. » Ajouta Remus. « Je l'ai découvert en même temps que Harry et Ron, et j'ai été aussi choqué que vous au début. J'ai été témoin de plusieurs choses depuis, et je n'oserais plus remettre ses capacités en doute désormais. »

« Mais ce n'est qu'une enfant. » Se plaignit une fois encore Mrs Weasley, les yeux emplis de larmes tandis qu'elle s'appuyait sur son mari pour chercher du réconfort. Mr Weasley passa un bras autour d'elle, mais ses yeux restèrent fixés sur Hermione qui se tenait toujours debout, calmement, comme si tout ce qui se passait dans cette pièce ne la concernait pas.

« J'étais aussi au courant. » Ajouta Draco calmement. « Et c'est elle qui m'a convaincu d'aller trouver Dumbledore avec les lettres de mon père. »

« Et vous, Severus. » Demanda brusquement Arthur Weasley en se tournant vers leur chef des renseignements. « Saviez-vous également qui se trouvais sous vos ordres ? »

« Oui », répondit Snape d'une voix calme et détendue, en gardant les yeux posés sur Hermione. « Je le sais depuis plusieurs mois, maintenant. »

« Et pourquoi ne pas l'en avoir empêchée ? » L'interrogea Mrs Weasley. « Vous saviez combien c'était dangereux ! »

« Pour la simple raison, Molly… » Dit Snape, et un petit sourire vint étirer ses lèvres. « Qu'elle est trop intelligente pour se laisser arrêter par qui que ce soit. De plus, elle est déjà un meilleur espion que je ne l'ai jamais été. »

Cette simple déclaration, exprimée sur un ton qui ne permettait aucune discussion, replongea l'assemblée dans le silence.

« Comment as-tu fait ? » Demanda finalement Tonks d'une voix nouvelle. Harry pouvait parfaitement percevoir la curiosité, l'émerveillement ainsi qu'un peu d'appréhension. « Comment les as-tu convaincu de ta loyauté ? Tu es une fille de moldus et la meilleure amie de Harry Potter ! »

« A force de patience, de dur labeur et grâce à de bons talents d'actrice. » Répondit Hermione, et, comme si elle considérait la conversation close, elle se rassit. « Il n'est pas dur, avec quelqu'un qui a un ego aussi gonflé que Voldemort, de le convaincre que tu as enfin réalisé sa supériorité légitime. »

Elle soupira. « Tu vois, je suis désolée de vous avoir caché tout ça. » Harry ne put s'empêcher de remarquer qu'elle prononçait ces mots de manière beaucoup plus calme que lors de la soirée où il l'avait découverte avec Ron et Remus. « Mais je prévoyais ces complications et je savais que ça n'aiderait personne. Mes informations n'auraient rien valu juste parce que c'était moi qui les collectais. Idem pour le sortilège de protection de vos esprits ou le système de barrières magiques pour lequel j'ai participé à la conception. »

« Ces sortilèges étaient de toi ? » Demanda Tonks avec encore plus d'estime dans la voix. « Mais je pensais vous les aviez créés, Severus ! »

« Hermione et moi avons travaillé ensemble dessus. » Répondit calmement Snape. « Nous avons mis au point les systèmes de sécurité ainsi que la carte du plafond ensemble. Le sortilège d'amnésie auto déclencheur a cependant été conçu en grande partie par elle. Je n'ai fait que l'aider pour la potion. »

« Etes-vous en train de nous dire que cette fille est une Legilimens, Severus ? » Demanda vivement Shacklebolt.

« Elle maîtrise les arts de l'esprit à la perfection. Suffisamment pour berner le Seigneur des Ténèbres. Et elle n'est pas simplement une 'fille'. Vous devriez vous en souvenir. » La voix était devenue légèrement plus tranchante. « Elle a fait… »

« Severus. » Dit calmement Hermione, et à la plus grande surprise de l'ensemble de la pièce, il se tut immédiatement. Même Dumbledore lança un regard légèrement ahuri, mais ce fut Tonks qui résuma finalement les événements.

« Une seconde. » Dit-elle lentement d'une voix un peu plus grave qu'à son habitude. « Vous l'avez toujours traitée d'idiote depuis qu'elle est entrée dans l'Ordre. Il n'y a pas une semaine, elle s'est opposée avec émotion contre l'introduction de Malfoy au sein du Premier Cercle. Et maintenant, vous nous dites qu'elle est intelligente et que nous devons écouter ce qu'elle dit ? Mais que se passe-t-il ici ? »

« Severus et Hermione ont juste fait ce qui était nécessaire pour maintenir la couverture d'Hermione. » Répondit rapidement Dumbledore.

« Non. » Le contredit fortement Maugrey. « Vous nous avez berné, clairement et simplement. Vous avez infiltré votre obéissant petit espion dans notre entourage et vous l'avez laissé se jouer de nous. Rien que la semaine dernière, vous l'avez utilisée pour permettre à Malfoy d'être accepté alors que tout indiquait que ce ne serait pas le cas. Vous nous avez manipulé avec son aide ! »

Snape grimaça, et pendant un instant, Harry s'attendit à ce qu'il se lance dans une tirade emportée au sujet de l'Ordre-qui-sait-tout sur le travail important, mais il se contint tant bien que mal.

« Ne soyez pas bête, Alastor. » Dit-il patiemment, mais avec tout de même une pointe de colère. « Nous sommes l'Ordre du Phénix, et donc pas facile à manipuler. Oui, nous avons dissimulé des faits, mais seulement pour la protéger elle. Quand Potter a décidé d'entrer dans l'Ordre, il aurait été suspect qu'aucun de ses amis ne l'accompagne. Elle a décidé de ne pas révéler son statut d'espionne, et après la façon dont vous vous êtes tous comportés aujourd'hui, je la comprends parfaitement. Son travail est important et dangereux, et la moindre des choses pour Albus et moi, c'était de respecter sa volonté et agir en conséquence. »

« Et au sujet de la semaine dernière ? » Répéta Maugrey, avec encore plus de colère dans la voix.

« Avant que Draco n'aille voir le Directeur, avant qu'il ne devienne mon ami, il était celui d'Hermione. Ils parlent et travaillent ensemble depuis la fin de notre cinquième année. Il l'a aidée à devenir un espion et l'a toujours soutenue. Mais nous ne pouvions vous dire cela sans révéler qu'elle était le Maître-espion. J'en suis navré. »

Du coin de l'œil, Harry vit Draco hocher la tête en signe d'approbation. Mieux valait que ce soit Harry qui admette ce point plutôt que leur chef des renseignements ou Hermione elle-même. Peut-être que ça permettrait de détourner l'attention.

Mais une fois encore, Harry avait sous-estimé le caractère farouche et entêté des membres de l'Ordre.

« Mais pourquoi ne devions-nous pas savoir ? » Demanda Tonks. « La sécurité ne peut pas être la véritable raison – tu savais que le sortilège de suppression des souvenirs te protègerait ! Pourquoi ne nous faisais-tu pas confiance ? »

Au moins, elle lui parle directement et elle a cessé de faire comme si Hermione n'était qu'une potiche. Songea sombrement Harry en lançant des regards contrariés à Maugrey et Shacklebolt.

A sa gauche, Hermione s'agita sur sa chaise et Harry se demanda comment elle allait pouvoir répondre. Elle avait été étonnamment passive au cours des dernières minutes, laissant Snape, Dumbledore et même Harry expliquer son comportement. C'était probablement la chose la plus sage à faire. Il était déjà suffisamment difficile de faire accepter qu'une jeune fille théoriquement sans défense soit en réalité une des personnes les plus dangereuses et impitoyables de cette pièce. Inutile de mener le débat en plus.

Mais elle ne pouvait échapper à la question. Et c'était le genre de question qui pouvait rallier tout le monde à sa cause - ou provoquer sa perte.

« Ce n'était pas une question de confiance, Tonks. » Répondit-elle finalement avec le plus grand calme. « Je n'ai jamais eu peur que vous me trahissiez. Mais je ne l'avais même pas dit à Harry et à Ron ! Seul Draco était au courant, parce que j'avais besoin de ses contacts, ainsi que Dumbledore, à qui je faisais mes rapports. Je n'ai jamais eu l'intention de propager l'information. »

« Et pourquoi ça ? » S'enquit Shackelbolt. « Si vous faisiez réellement ce que vous prétendez, si vos intentions étaient honorables, vous auriez du vouloir nous le dire. Cela vous aurait été beaucoup plus facile. »

« Regardez-vous donc. » Dit-elle subitement, apparemment révoltée. « Regardez les expressions de vos visages. Qu'y voyez-vous ? »

Suivant le conseil de la jeune femme, Harry s'aperçut que la plupart des membres de l'Ordre n'avait pas tenu compte des paroles d'Hermione et continuaient de la dévisager.

« Choc. » Leur répondit-elle après un moment. « Irritation. Dégoût grandissant. Aliénation. »

Elle fit une pause et soupira. « Je considère plusieurs d'entre vous comme ma famille. Depuis que je suis partie pour Poudlard, le monde moldu m'a toujours été étranger. Mes parents ne me connaissent pas à moitié aussi bien que Mrs Weasley, mes oncles n'ont pas vu la moitié de ce qu'ont vu Remus et le Professeur Mac Gonagall, et mes cousins ainsi que mes amis d'enfance sont des étrangers si je les comparent à Harry et Draco. « Vous… » Elle se tut et laissa son regard glisser autour de la table une fois encore pour observer chaque visage, chaque regard méfiant et abasourdi.

Quand ses yeux se posèrent sur Harry, elle étira les coins de sa bouche en un petit sourire qui semblait terriblement triste et fatigué. « Vous êtes tout ce que j'ai. Ma famille. Mes amis. Je suis devenue ce que je suis aujourd'hui pour protéger notre monde, le monde magique auquel j'ai le privilège d'appartenir. Et pourtant, toutes les personnes qui ont découvert la vérité ont systématiquement été choquées et dégoûtées.

« Severus me haïssait pour ce que j'avais fait au début. Harry m'a traitée comme si j'étais une parfaite inconnue. Ron s'est détourné de moi. » Poursuivit-elle, les yeux fixés sur Mr et Mrs Weasley. Elle hocha la tête légèrement lorsqu'elle les vit pâlir. « Oui. C'est pour cette raison qu'il a cessé de nous adresser la parole. Il m'a traitée de 'putain de Serpentard' et a réagi comme si j'avais trahi notre amitié. »

Une mèche s'échappa de sa tresse et elle la repoussa d'une main distraite. Tandis qu'il observait l'expression d'Hermione et qu'il écoutait son discours parfait, il se demanda ce qui était réel et ce qui était préparé.

Mais peut-être que de telles nuances ne pouvaient plus s'appliquer à Hermione Granger. Que la douleur dans sa voix et la peine dans ses yeux soient feintes ou actuelles, il savait qu'elle avait ressenti de telles choses auparavant. Il savait que ses mots étaient vrais. Peu importait qu'elle les amplifie avec le rôle qui lui venait naturellement !

« C'est difficile de faire ces choses. » Poursuivit-elle alors que personne n'osait briser le silence. « Vous en savez tous suffisamment sur Voldemort et ses mignons pour réaliser ce que signifie être une née-moldue parmi eux. Ce que signifie d'être un Mangemort. Et c'est encore plus dur pour moi d'en parler. J'en ai honte. »

Pour la première depuis qu'elle avait commencé à parler, elle baissa la tête et détourna le regard. « Je ne suis pas fière de ce que je fais, de ce que je suis devenue. Il m'a fallu beaucoup de courage pour y aller, j'ai fait appel à toutes mes forces pour survivre. Qu'y a-t-il de mal à vouloir séparer cette facette de moi du reste de ma vie ? Quand je revenais à Poudlard, après avoir fait mes rapports, je pouvais redevenir Hermione, l'étudiante curieuse et la meilleure amie de Harry Potter. Je ne voulais pas être le Maître-espion qui risquait sa vie tous les jours, ni une Serpentard dans un déguisement de Gryffondor. »

« Je voulais que vous restiez mes amis. » Elle parlait désormais très doucement, et Harry dut tendre l'oreille pour comprendre ce qu'elle disait. « Que vous parliez avec moi sans que vous vous demandiez ce que j'avais fait au cours de la nuit écoulée. Etait-ce trop demander ? Etait-ce de la manipulation que de vouloir être auprès de vous ? Je suis désolée si ça l'était. »

Elle fit encore une pause, et lorsqu'elle poursuivit, il fut clair que ce serait ses derniers mots.

« Mais en même temps, c'était la seule chose que je pouvais faire si je voulais survivre. »

Elle garda ensuite le silence et se mordit la lèvre avec appréhension. Sans même y penser, Harry tendit le bras et lui prit la main, et lui caressa délicatement la paume avec son pouce. Personne ne parlait. On avait même l'impression que personne n'osait respirer.

Finalement, elle releva la tête et ses yeux bruns brillaient lorsqu'elle rencontra le regard choqué de Tonks.

« La réponse te satisfait-elle, Tonks ? » Demanda-t-elle tranquillement.

Lentement, son visage pâlit et Tonks acquiesça. Tout comme Mrs Weasley, Bill, Arthur et Remus.

Ce fut Dumbledore qui brisa finalement le silence.

« Bien. » Annonça-t-il d'une voix joyeuse qui contrastait terriblement avec les visages éteints qui l'entouraient. « Je crois que nous considérons tous Miss Granger comme une source sûre. Je souligne une fois de plus que son plan été épluché méticuleusement par Severus et moi-même, et qu'il est absolument sans faille. Je présume qu'il ne devrait plus y avoir de problème désormais. Donc, pourquoi ne procèderions-nous pas… »

« Pas si vite, Albus. » Gronda Maugrey, et Harry vit Tonks, Shacklebolt ainsi que les Weasley secouer la tête d'exaspération, comme si Maugrey avait prononcé une insulte particulièrement virulente. « Il y a beaucoup de choses qui ne semblent pas encore coller. Avant d'accepter ce soit disant Maître-espion et son plan, j'ai besoin de davantage d'informations. »

« Quelles informations ? » Demanda Dumbledore légèrement déboussolé.

« Au sujet de votre espionne ici présente. Comment pouvez-vous être sûr qu'elle n'est pas sous Imperium, ou que sa loyauté nous est toujours acquise ? Sa capacité à survivre parmi les Mangemorts est suspecte pour ne pas dire plus que suspecte. Qui nous dit qu'elle n'apprécie pas un peu trop son rôle ? »

« Tes soupçons vont trop loin, Maugrey. » L'interrompit Arthur Weasley d'une voix totalement indignée. « J'étais d'accord avec toi lorsque nous ne connaissions pas son identité, mais Hermione fait pratiquement partie de notre famille depuis sept ans ! Mis à part le fait que c'est la meilleure amie de Harry et qu'elle est née de parents moldus, nous la connaissons tous trop bien pour croire qu'il y a quelque chose de mauvais en elle ! »

« Vous la connaissez bien, hein ? » Ronchonna Maugrey en retour. Son visage se déformait en une version très personnelle d'un sourire moqueur. « Et c'est pourquoi elle a réussi à vous tromper au cours du dernier mois ? Vous l'avez vu comme une enfant de dix ans. Vous avez vu piquer des crises d'hystérie et trembler de peur devant Severus, et là encore, vous l'avez crue. »

Mrs Weasley ouvrit la bouche pour protester énergiquement, puis elle réalisa que Maugrey ne disait rien d'autre que la vérité, et referma donc sa bouche, songeuse et confuse.

« Nous avons été trop confiants. » Continua Maugrey. Avant de poursuivre, je veux obtenir des réponses à mes questions, jusqu'à être totalement satisfait, ou je ne donnerai mon accord pour rien. »

« Quelles sont vos questions, alors ? » Demanda Hermione sans que la moindre émotion ne vienne trahir sa voix.

Tout en se tournant vers elle, Maugrey laissa échapper un grondement qui aurait rendu Harry plus que nerveux s'il lui avait été adressé. Hermione ne cilla même pas.

« Tout d'abord. » Commença le vieil auror. « Je veux savoir exactement ce que vous avez fait pour devenir un Mangemort. Et je veux savoir pourquoi vous l'avez fait. »

Non. Pensa Harry. Pas ça. Ne lui posez pas cette question. Ses yeux rencontrèrent ceux de Draco où se lisait la même inquiétude. Avec l'instinct d'un bon persécuteur, Maugrey avait choisi ce qui serait le plus blessant pour Hermione. Mais celle-ci ne le laissa pas poursuivre.

Elle prit une profonde inspiration. « Je préfèrerais ne pas parler de ces choses ce soir. » Enonça-t-elle clairement.

« Vous nous devez des réponses à ces questions. » Insista Maugrey, en s'adossant à son fauteuil et en la fixant de son œil magique. « Je veux vous entendre à ce sujet avant de prendre ma décision concernant votre plan. »

« Pourquoi vous devrais-je des réponses ? » Rétorqua-t-elle. « J'ai répondu à plus d'une question ce soir, et je peux promettre d'un serment sorcier que je suis et ai toujours été fidèle à cette assemblée, mais ne m'en demandez pas plus ! »

« Ce n'est pas une réaction normale de la part d'un membre loyal du Premier Cercle. » La railla-t-il et la tension dans la pièce ne fit que s'accroître. Du coin de l'œil, Harry pouvait voir Snape se redresser lentement de sa chaise. Il savait que leur chef des renseignements se préparait à riposter, verbalement ou par le biais de la magie. Si Harry interprétait correctement son expression menaçante, il ne laisserait pas cet interrogatoire se poursuivre encore longtemps.

« Penses-tu pouvoir nous duper une fois encore, Albus ? » Demanda alors Maugrey en se détournant d'Hermione comme si elle n'était pas digne de son intérêt. « Tu risques l'avenir du monde avec les idées d'une petite fille qui… »

« Je. Ne. Suis. Pas. Une petite fille. » La voix trancha le fil des mots comme un couteau dans du beurre. « Et si j'étais vous, Maugrey, je serais plus prudent avec mes jugements. Vous ne savez jamais comment sera le retour de flammes.

Harry dut s'empêcher de s'éloigner de la montée soudaine de pouvoir à sa gauche. Il semblait que Hermione avait finalement été lassée par Maugrey. Envolée, la jeune fille légèrement triste et effacée. A la place, une femme autoritaire était désormais assise, sa voix exigeait l'attention et l'obéissance. Harry vit les yeux de Tonks s'arrondir de surprise et Shacklebolt se raidit, comme Snape l'avait fait quelques secondes plus tôt.

Mais en dépit de l'atmosphère particulière qui se propageait dans la pièce et qui avertissait chaque personne d'avancer avec prudence, Maugrey ne semblait pas s'en rendre compte.

« Quoi, serait-ce une menace, petite fille ? » Se moqua-t-il en ignorant la main levée de Dumbledore qui appelait au silence. « Qu'est-ce qui vous permet de me menacer, petite Gryffondor ? Comment comptez-vous m'en empêcher ? »

Soudain, Hermione sourit et Mrs Weasley hoqueta de stupeur. Les yeux d'Hermione semblèrent s'assombrir jusqu'à devenir aussi noirs et perçants que ceux de Snape et elle s'adossa au fauteuil sur lequel elle reposa sa tête en un geste sensuel.

« C'est une question à laquelle je n'ai pas l'intention de répondre. » Dit-elle, non, ronronna-t-elle, ses doigts jouant avec une mèche rebelle.

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« Je suppose que vous ne vous intéressez pas aux méthodes les plus conventionnelles qui sont à la portée de chaque Mangemort, Maugrey ? Non, je ne pense pas. » Elle sourit une fois encore. La pièce était suffisamment silencieuse pour entendre les mouches voler. « Vous vous pensez à l'abri des malédictions et des mauvais sorts, n'est-ce pas ? Vous vous croyez invulnérable et supérieur à une petite merdeuse comme moi ? »

Elle se pencha en avant brutalement, ce soudain mouvement faisant reculer de surprise plus d'un membre de l'Ordre. Cependant, Maugrey était toujours en train de sourire d'un air condescendant et Harry ne put s'empêcher de penser que Maugrey venait de commettre la plus grande erreur de sa vie.

« Mais personne n'est complètement à l'abri, Maugrey. » Hermione observa le sourire de l'homme puis le reproduit. « En particulier un ancien employé du Ministère qui n'a pas toujours suivi les protocoles et les procédures aussi méticuleusement qu'il l'aurait du. Tout le monde est vulnérable. »

Maugrey s'était désormais également adossé à son fauteuil. Son sourire s'était évanoui.

« De quoi êtes-vous en train de parler ? » Aboya-t-il. « Je n'ai jamais rien fait que je n'admettrais pas au grand jour ! Ma carrière a été exemplaire ! Et je ne supporterai pas d'être critiqué par un Mangemort ! »

Une fois encore, Harry put entendre un hoquet de surprise se propager autour de la table. Mais il ne s'en soucia pas. Il souriait tellement que son visage lui faisait mal. Oh, mon garçon, grave erreur. Pensa-t-il avec un peu plus que de la simple satisfaction. Il ne sait pas ce qui va lui tomber dessus !

« Une carrière exemplaire, oui. » Ronronna Hermione en caressant le bord de sa chaise avec son index. Elle ne semblait même pas avoir entendu l'insulte, pire, la conversation semblait l'ennuyer prodigieusement.

« Alors qu'en est-il de cette descente dans l'Allée des Embrumes, il y a six ans ? Vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? » Elle sourit en réponse au regard inquiet qui se dessina sur le visage de l'homme. « Ou préfèreriez-vous ne pas en parler ce soir ? Peu importe, je vais répondre pour vous. Si je me souviens bien, vous étiez celui qui inventoriait les objets occultes confisqués. Et votre seul œil –vous aviez perdu le second quelques mois auparavant – n'est-il pas tombé sur une petite boîte, une boîte qui contenait un certain objet magique grâce auquel vous êtes devenu célèbre. N'est-ce pas… »

« Je n'écouterai pas ces balivernes ! » Tonna soudain Maugrey, son œil magique s'affolant et son visage paraissant bien plus nerveux que tout ce qui avait été donné de voir à Harry. « Je refuse d'accepter ce plan et je veux qu'elle soit exclue du Premier Cercle immédiatement ! »

« Ce n'est pas poli d'interrompre une femme, ne le savez-vous pas, Maugrey ? » Demanda Hermione sur le ton de la plaisanterie. « Ou devrais-je vous appeler Fol-Œil ? » Sourit-elle encore.

« Bien, ou en étais-je ? » Continua-t-elle ensuite. « Votre œil est tombé sur une petite boîte contenant un œil magique. Et même si vous saviez que ça allait à l'encontre de toutes les lois que vous aviez apprises, vous n'avez pas pu résister à la tentation, n'est-ce pas ? Et après avoir découvert les capacités de cet œil, il vous a été facile de le glisser dans votre poche en vous contentant de ne pas le mentionner dans votre rapport. Si facile… et quelques semaine plus tard, après que la descente a été oubliée, vous l'avez mis et vous avez prétendu qu'un ami anonyme vous l'avait donné, n'est-ce pas ? Une chose facile à faire, sans risque. Et au cours des six dernières années, vous avez déambulé dans les couloirs du Ministère avec un objet magique illégal logé dans votre orbite, un objet qui a été fabriqué avec les sortilèges les plus obscures. »

« Quel mauvais garçon vous avez été. » Dit-elle d'une voix traînante où transparaissait clairement de l'amusement tandis qu'elle observait le visage de Maugrey s'empourprer de colère et de panique. Les autres, y compris Harry, regardaient l'ancien auror avec un mélange de fascination et d'incrédulité.

« La seule chose que vous n'aviez pas prévu… » Poursuivit-elle, d'une voix nettement plus froide. « … était que le propriétaire de ce magasin illégal serait capable de reconnaître son bien le plus précieux. Je l'ai rencontré, vous savez. Et même si le Magenmagot ne croirait pas un petit revendeur de marché noir, il existe des sorts qui permettent de relier un objet à son fabricant, et il a fabriqué l'œil. »

Elle fit une pause, et sourit encore une fois, son visage prenant l'expression avenante de quelqu'un qui parle de la pluie et du beau temps. « Autant que je le sache, les pensions d'aurors peuvent être réduite, même plusieurs année après le départ en retraite, si de graves entorses à la loi et aux procédures peuvent être mises en lumière. Nous ne voudrions pas ça, Maugrey, n'est-ce pas ? Le plus célèbre auror des cinquante dernières années, révélé au reste du monde comme le petit voleur qu'il est ? »

Alors que Harry croyait ce fait impossible, le visage de Maugrey rougit encore plus et sa voix n'était plus qu'un hurlement étouffé. « Comment avez-vous appris cela. » Grogna-t-il, se trahissant lui-même sans même s'en apercevoir.

Hermione se contenta de sourire, sans quitter son visage des yeux. « Je suis un espion, Maugrey. C'est mon travail de connaître ces choses. »

Fut-ce à cause du ton insolent ou de la grimace de la jeune femme, mais le dernier commentaire mit le feu aux poudres dans la tête de Maugrey. Et une fois encore, l'auror avait atteint un tel degré de rage, qu'il agit sans penser ni même réfléchir.

« Pourquoi, petite…garce, je vais vous apprendre à ne pas me menacer… » D'un mouvement fluide, Maugrey leva sa baguette et la pointa vers le siège où Hermione était assise.

Mais il n'avait pas été assez rapide. Avant même que sa baguette n'ait été dirigée sur le fauteuil, Hermione avait fusé en avant en un mouvement rapide. Elle n'était soudainement plus assise à côté de Harry, mais sur la table et d'un seul bond, elle sauta sur le bois impeccable, devant Maugrey, tel un grand félin, et le poussa contre son siège, un couteau sous la gorge.

« Je vais prendre ça, merci. » Dit-elle avec un sourire amical et elle s'empara rapidement de la baguette de Maugrey qui n'était plus maintenue fermement pas les doigts gelés de l'homme. Elle n'était même pas essoufflée.

« Par la barbe de Merlin. » Entendit murmurer Harry. Il aurait juré que ça provenait de Shacklebolt. « Je n'ai jamais vu quelqu'un se déplacer aussi vite. »

« Je suis déçue, Maugrey. Je m'attendais à ce que vous soyez un meilleur perdant. Et maintenant, allez-vous être un bon petit paranoïaque ou dois-je enfoncer un peu plus ma lame dans votre gorge ? » Demanda Hermione sur le ton de la plaisanterie. Harry vit Maugrey déglutir, mais aucun son ne sortit de la bouche de l'auror. Il avait l'air d'un cerf pris dans la lumière des phares, et Harry dut camoufler son sourire. La vigilance constante ne lui avait finalement pas apporté grand-chose, semblait-il.

« Je pense qu'Alastor a compris la leçon, Miss Granger. » Dumbledore avait pris sur lui de répondre à la question, sur un ton aussi avenant que celui d'Hermione. « Relâchez-le, je vous prie. »

« Oui, Monsieur. » Répondit-elle, et le couteau disparut de ses mains. Elle sauta de la table, le contact avec le sol ne produisant qu'un très léger son, et retourna à sa place. Les yeux et les têtes des membres de l'Ordre se tournaient sur son passage. Mais aucun d'entre eux ne prononça le moindre mot avant qu'elle n'ait regagné son siège. Harry remarqua qu'aucune mèche ne s'était échappée de sa tresse. Comme si elle n'avait pas quitté ses côtés au cours de la réunion, comme si elle n'avait pas défié et battu le plus célèbre ancien auror encore en vie.

« D'autres questions en ce qui concerne mes capacités, ou ma loyauté ? » Les interrogea-t-elle calmement. Elle semblait véritablement intéressée.

Ce fut à cet instant, alors qu'il observait Hermione regagner son calme professionnel en l'espace d'un battement de cil, que Harry réalisa qu'elle avait contrôlé la situation depuis le moment où Maugrey l'avait attaquée, qu'elle avait choisi le vieil auror parce qu'il était le plus susceptible de dégainer sa baguette. Que cet affrontement n'avait en réalité était qu'une démonstration dont le but était de convaincre l'Ordre de ses compétences.

Et elle y était bien évidemment parvenue.

Cette soudaine action avait permis ce qu'aucune explication n'aurait pu faire. L'Ordre avait enfin réalisé qu'elle n'était pas une fille qui en avait trop entendu dans une salle de réunion. Elle était le Maître-espion. Et désormais, ils avaient été témoin de ce que ça signifiait, ils avaient compris de quoi elle était capable, ils en étaient encore figés sur leurs sièges.

« Bien. » Dit-elle en leur souriant à tous, une fois encore. « Si maintenant, tout est clair, vous pourriez peut-être voter pour mon plan. Soyez assurés que mes recherches ont été aussi minutieuses que celles sur l'origine de l'œil magique de Maugrey. Monsieur le Directeur ? »

Et c'est ainsi que les membres du Premier Cercle acceptèrent en silence le plan de leur Maître-espion, mettant ainsi fin à la réunion. Ils sortirent la pièce sans quitter des yeux la jeune fille qui était confortablement installée dans son siège. Le visage et les vêtements impeccables, elle leur souriait et leur adressait un hochement de tête poli en guise d'au revoir.

Et tandis que Harry les observait l'épier comme un serpent regarde une souris, il ne put s'empêcher d'être mélancolique. Ce soir, Hermione Granger, la Miss Je-sais-tout nerveuse et la preneuse de notes méticuleuse était morte. Elle ne reparaîtrait plus jamais dans ces murs, elle serait désormais remplacée par une jeune femme mystérieuse qui n'était autre que le Maître-espion.

Et il comprit enfin pourquoi Hermione s'était accrochée à son secret aussi désespérément. Il s'était toujours senti mal quand les gens le regardaient, quand ils ne remarquaient que la cicatrice sur son visage, et rien d'autre.

Mais au moins, ils regardaient son visage. Hermione, c'était son bras gauche avec le crâne noir et le serpent qui s'y faufilait. C'était sa main blanche qui pouvait distribuer des coups de couteau avec une facilité déconcertante.

C'est tout ce dont on se souviendrait d'elle après cette soirée.

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Voilà, les dés sont jetés...