Quand la Lionne se bat
Bonjour à toutes et à tous... Je sais, je suis impardonnable. Je ne me lancerai donc pas dans des excuses interminables et je vous mets de suite un nouveau chapitre de cette traduction, en espérant que vous ne serez déçus, étant donné le temps le temps de votre attente.
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Chapitre 49: East of Kansas
« Hermione? » Résonna la voix de Severus à travers la chambre.
« Ici. » Répondit-elle, avant de l'entendre descendre les escaliers. Elle soupira, ferma les yeux un instant et laissa sa tête reposer sur le bord de la baignoire.
Severus avait été d'humeur étrange ces derniers jours, en particulier depuis la mort de son espion et l'échange qu'elle avait eu avec Ron.
Elle n'était pas sûre de savoir quel événement avait provoqué son courroux, engendrant un comportement distant et froid. Elle l'avait pourtant informé du peu de souvenirs vus par Ron. Elle n'était pas assez stupide pour lui montrer les parties de son initiation l'impliquant directement. Non, elle s'était contentée de lui montrer la séance de torture d'un moldu ainsi qu'une courte séance de Doloris. Severus n'en restait pas moins mécontent de sa décision.
Soit c'était le souvenir du rouquin pénétrant l'esprit de Hermione et la jalousie de l'avoir vue partager quelque chose d'aussi intime qu'un contact mental avec lui, qui l'avait mis de mauvaise humeur -c'est d'ailleurs ce qu'il lui avait avoué lorsqu'elle avait exigé une explication en haussant le ton- soit il n'avait plus confiance en son jugement.
Depuis, Severus avait gardé le silence et l'étrange tension qui accompagnait chaque moment de la journée était toujours présente malgré le temps passé.
Elle rouvrit les yeux lorsqu'elle l'entendit franchir le seuil de sa salle de bain.
« Bonjour, amour. » Le salua-t-elle. « Comment s'est passée ta journée? »
Il sourit, mais c'était un sourire forcé, et elle ne put que s'en apercevoir. Il s'assit sur le bord de la baignoire, choisissant une place derrière la tête de Hermione de manière à ne pas être en face d'elle.
« Terriblement ennuyeuse. » Répondit-il. « J'ai rencontré quelques aurors, puis je me suis rendu à Walhalla. »
« Comment va Freya? » L'interrogea-t-elle alors, en fermant les paupières lorsqu'il fit courir doucement ses doigts sur le front de la jeune femme.
« Comme à son habitude, efficace. » Répondit-il en cachant son amusement, si bien que Hermione lui sourit en retour. Elle avait rencontré Freya une fois, toutes deux étaient déguisées bien entendu, pour échanger des codes d'urgence qui leur permettraient de se reconnaître si le besoin s'en faisait sentir. Elle avait tout de suite apprécié la jeune femme.
« Qu'as-tu fait aujourd'hui? »
Hermione gloussa. « Es-tu vraiment intéressé par mes cours de sortilèges et d'arithmancie? » Rétorqua-t-elle. « Ou alors je devrais peut-être narrer en détail ma rencontre avec Harry et Draco? Nous avons travaillé sur une planification de la dégradation de l'humeur de Harry, en incluant la colère qu'il va piquer mardi prochain, juste en face du bureau de Dumbledore. Mais le plus amusant a certainement été le plan de Draco pour gagner le coeur de notre nouveau professeur de potions. Au train où vont les choses, je ne serais pas surprise qu'elle lui propose de devenir son apprenti, mais également qu'elle en tombe amoureuse et le demande en mariage. »
« Certaines personnes se demanderaient alors si le poste n'est pas maudit tout comme celui de Défense contre les forces du mal. » Commenta Snape, avec une pointe d'amusement qui réchauffait sa voix. « Accepter le poste et tomber amoureux d'un étudiant. Ce n'est pas une perspective très attrayante. »
Au lieu de répondre, Hermione tendit la main et le frappa gentiment sur le bras.
« Je devrais peut-être sortir de la baignoire et m'enrouler dans des vêtements confortables, si tu penses que je suis si peu attrayante. » Dit-elle en faisant la moue.
Mais il ne tomba pas dans une de leurs habituelles joutes verbales. Au lieu de ça, il se leva et quitta la salle de bain comme s'il s'attendait à ce qu'elle le rejoigne sous peu.
Elle fronça les sourcils. Plus aucun doute sur le fait que quelque chose clochait, et elle eut la sensation que la tempête qui s'annonçait depuis quelques jours éclaterait dans l'après-midi.
Elle se savonna, fit mousser puis se rinça avec des mouvements rapides et précis avant de se lever, ruisselante d'eau et de mousse.
D'un mouvement de la main, elle se sécha, mais elle choisit tout de même une serviette dans laquelle elle s'enroula, profitant de sa douce chaleur et de son odeur fraîche.
Severus l'attendait effectivement dans la pièce qu'ils avaient pris l'habitude de désigner comme la chambre de Hermione, même si elle y avait passé peu de temps ces dernières semaines. Ses vêtements, ses livres et son matériel scolaire -sauf ce qu'elle avait laissé dans la bibliothèque suite à ses dernières révisions- étaient dans cette chambre, soigneusement rangés sur les étagères, sur le bureau ou dans l'armoire. En effet, on la trouvait le plus souvent à l'étage du dessous, et elle passait ses nuits dans la chambre de Severus, où ils dormaient côté à côté, pelotonnée dans les bras de l'homme.
Elle ne pouvait pas dire que son indépendance lui manquait.
Pourtant, à cet instant précis, Severus était assis sur le fauteuil en face de la cheminée, et il la regardait comme s'il n'allait pas la reprendre dans ses bras de si tôt. Sa bouche était crispée, ce qui rendait son visage encore plus froid et inaccessible qu'à l'habitude.
Elle sourit et se dirigea vers l'armoire. Tous deux avaient depuis longtemps appris à accepter les humeurs de l'autre, et s'il n'était pas disposé à lui procurer un peu de tendresse ce soir, elle ne lui en voudrait pas pour autant.
« Draco et Harry m'ont également demandé pourquoi je ne participais jamais aux duels. » Lui dit-elle alors qu'elle ouvrait la porte de son armoire et qu'elle examinait avec attention ses vêtements. Toute personne étrangère présente dans la pièce aurait eu l'impression qu'ils appartenaient à trois femmes différentes, et cette personne n'aurait pas eu totalement tord.
Les tenues scolaires et les uniformes, rangés à côté des jeans, pulls et chemises bleu clair, roses ou blancs, donnaient l'image d'une étudiante aux origines mordues, une étudiante qui portait peu d'intérêt au habits ou qui n'avait pas vraiment les moyens de dépenser un fortune pour s'habiller, mais qui faisait toutefois un effort pour être présentable.
Ces tenues ne s'accordaient absolument pas avec les chemises, pantalons et hauts rangés au milieu et dont les tons étaient plus chaud: bruns, rouges et dorés. Cette partie de la garde-robe avait l'air d'appartenir à une femme plus mûre, élégante et qui savait ce qu'elle voulait. Il s'agissait en effet des vêtements qu'elle portait dans l'intimité de leurs appartements, ou pendant les réunions de l'Ordre.
« Et qu'as-tu répondu? »
Elle grimaça et se tourna vers le côté droit de l'armoire où étaient rangés ses 'affaires de travail' qui attendant d'être inspectées. Le fait qu'il ait mis du temps à répondre démontrait qu'il n'avait pas écouté ou qu'il n'était pas particulièrement intéressé par la conversation.
« J'ai souri et je leur ai expliqué que tu étais très jaloux à ce sujet. »
Elle se retourna et ouvrit le tiroir droit des sous-vêtements, y choisissant un soutien-gorge et une culotte rouge sombre. En attendant une réaction aux mots qu'elle venait de prononcer, elle renvoya la serviette dans la salle de bain d'un mouvement de poignet et commença à s'habiller.
« As-tu été appelée? » L'interrogea-t-il d'un ton neutre. Elle sentit alors ses yeux se poser sur le soutien-gorge qu'elle avait toujours dans la main avant que son regard ne dévie sur les robes courtes et aguichantes ainsi que sur les hauts tout aussi courts et quelque peu transparents.
« Pas encore. Mais c'est une question d'heures. » Elle tourna légèrement la tête et le regarda, mais ne lui sourit pas. C'était une des choses dans sa relation avec Severus qui était si étrange: il la complimentait et flirtait avec elle, comme n'importe quel autre homme le ferait, mais il ne le faisait jamais, mais alors jamais, lorsqu'elle portait des sous-vêtements sexy comme c'était le cas à cet instant.
Le dentelle, les froufrous et les jarretières étaient synonymes de travail. Ces chemisiers courts et prêts du corps qui révélaient son corsage étaient un masque qu'elle portait, comme un costume qui lui permettait de se préparer à tenir son rôle. Ils appartenaient au monde des Mangemorts. Les slips en coton, les soutien-gorges, les chemisiers et les pantalons confortables, appartenaient à la vraie Hermione, celle qu'il avait le droit de toucher.
« Jupe ou robe? » Demanda-t-elle sur un ton aussi neutre que le sien.
« Une jupe, avec le chemisier rouge. » Répondit-il, ce à quoi elle acquiesça. Exactement ce qu'elle aurait elle-même choisi.
Elle s'était sentie anxieuse et terriblement mal à l'aise lorsqu'elle s'était habillée de la sorte pour la première fois devant lui. Elle avait eu peur qu'il ne s'approche d'elle et qu'elle ne soit contrainte de le repousser. Mais il avait compris que ce n'était rien d'autre qu'un uniforme, que le but n'était pas de le séduire mais plutôt de respecter le style vestimentaire exigé pour une femme chez les Mangemorts.
Il avait gardé ses distances, lui donnant cette atmosphère neutre dont elle avait besoin. Elle lui en était d'ailleurs toujours extrêmement reconnaissante.
« Lucius a mentionné qu'il y aurait une réunion ce soir. » Poursuivit-elle tandis qu'elle enfilait la jupe et la faisait glisser le long de ses jambes jusqu'à ses hanches. « Et comme il m'a prévenue, ils ne toléreront pas la tenue d'écolière. »
« J'en déduis que tu ne vas pas à l'habituelle réunion d'idiots? »
Hermione fronça les sourcils en boutonnant son chemisier. 'Réunion d'idiots' était une des charmantes expressions qu'utilisait Severus depuis quelques mois pour désigner les réunions du Premier Cercle, mais ce soir, il manquait la touche d'espièglerie qui d'habitude accompagnait ces insultes. Le ton était sec, cassant et agressif. Elle se demandait quelle était la cause de cette humeur massacrante.
« Je ne pense pas. » Confirma-t-elle. « A moins que l'appel n'ait lieu bien plus tard. »
« Tant mieux pour toi. » Dit-il du même ton rude en s'asseyant sur le lit. « Donc au moins un de nous deux ne va pas gâcher son temps ce soir. »
Elle fronça encore plus les sourcils et se tourna pour lui faire pleinement face. « Ces réunions ne sont pas une perte de temps, Severus, tu le sais mieux que quiconque. » Lui reprocha-t-elle doucement. « Qu'est-ce qui t'arrive? »
Il se renfrogna et son visage se tordit en une affreuse grimace. « Peut-être que je suis simplement fatigué d'avoir à faire à des abrutis, jours après jours. Peut-être que j'en ai assez des gens qu'il s'attirent des problèmes parce qu'ils ignorent systématiquement mes conseils. Peut-être... »
Elle roula des yeux. Pas encore ça. Ensuite, il lui servirait son discours au sujet de l'inutilité de la légilimencie, ou sur sa volonté totalement illogique de vouloir tenir Potter informé. Ou alors, il lui parlerait de la faculté de Tonks à ne remarquer que ce qui se trouvait immédiatement sous son nez. Le tout, arrosé d'un bon nombre de remarques caustiques au sujet des espions comme Petit Jean qui ne pouvaient tout simplement pas se borner à respecter les consignes ce qui provoquait leur mort. Il évoquerait également les membres du Premier Cercle de l'Ordre qui possédait si peu de self contrôle qu'il souffrait juste en les voyant.
Franchement, elle en avait assez entendu les jours précédents.
« Severus Snape. » Dit-elle avec impatience. « Tu peux me parler comme si je possédais un cerveau, et m'expliquer le problème, ou alors, tu peux te comporter comme mon ancien professeur de potions, un salaud railleur, imbus de lui qui passait son temps à rabaisser les autres. Autant te dire que si tu choisis la seconde option, je te prierai de quitter cette chambre. Va donc torturer un des membres de l'Ordre! »
Pendant un instant, elle songea qu'il allait partir. Il était déjà debout et s'éloignait du lit, le visage qu'elle connaissait si bien, toujours emprunt de colère. Puis ses épaules s'effondrèrent brutalement et il s'arrêta, comme s'il avait perdu toute énergie.
« Je me demande pourquoi tu perds ton temps avec moi en fait. » Dit-il lentement d'un ton maussade. Peu de gens aurait compris ce qu'il voulait dire, elle assimila les mots pour ce qu'ils signifiaient: un appel silencieux. Elle se rapprocha de lui, lui prit délicatement la main et l'emmena jusqu'au lit.
« La folie, probablement. » Rétorqua-t-elle avec légèreté, mais elle ne lâcha pas sa main. « Ou peut-être que j'aime un vieux bonhomme mal luné au sens de l'humour si aiguisé qu'on pourrait trancher de l'acier avec. « C'est à cause de Petit Jean, Severus? »
Il resta silencieux pendant un long moment et seule la façon dont étaient arqués ses sourcils indiquait à Hermione qu'il réfléchissait intensément pour trouver la réponse la plus sincère possible. C'était une question difficile à en juger par le temps qu'il mit à trouver une réponse satisfaisante.
« Pas uniquement. » Annonça-t-il finalement, les sourcils toujours froncé. « Petit Jean a juste été le révélateur de quelque chose qui couve depuis un certain temps. Je ne suis pas sûr de ce que c'est. Pas complètement, du moins. »
Et subitement, elle se sentit partagée entre l'envie irrésistible d'embrasser ces traits inquiets et celle de le réprimander vertement pour sa complaisance et son apitoiement. Mais il n'avait besoin d'aucun des deux pour l'instant.
« C'est quelque chose qui te concerne toi, ou les gens qui t'entourent? » Demanda-t-elle à la place.
Il se tut une fois encore. Si longtemps qu'elle en arriva à se demander si il allait répondre, mais au moins, il lui permettait de rester sur le lit et de le serrer contre elle.
« Les deux. » Hésita-t-il. « Peut-être aucun des deux. Je n'arrive pas à mettre le doigt dessus, d'où l'agacement général. »
« Ce sentiment germe à chaque fois que quelqu'un dont tu sens responsable fait quelque chose de risqué ou de stupide. » Poursuivit-elle sans tenter de préciser que ses choix concernant Ron n'appartenaient pas à cette catégorie. Il le savait déjà.
« Pas étonnant que ce soit devenu un état chronique alors. » Convint-il en grognant. « Il se passe rarement une journée sans que quelqu'un fasse une idiotie. »
« Cela devrait te faire réaliser que ton comportement est vain. » Dit gentiment Hermione en posant la main dans son dos. Elle remarqua alors combien il était tendu. Elle se décala légèrement jusqu'à ce que son autre main puisse facilement atteindre ses épaules puis elle commença à les pétrir doucement. « Les gens agissent comme ils le veulent, peu importe ce que tu en penses. Ils prennent leurs décisions sans se soucier de ton accord, et tu ne peux rien y faire. »
« Je me demande pourquoi ils ont besoin d'un chef des renseignements, alors. » Ronchonna-t-il. « Quel est l'intérêt de créer des procédures et des protocoles, des portoloins et des protections si les gens décident tout simplement de suivre quelqu'un dans l'Allée des Embrumes et de se faire tuer. »
« Donc il s'agit de Petit Jean. »
« Pas plus que de Baldur qui a trébuché pendant une petite réunion de Mangemorts et qui a failli avoir le crâne éclaté, ou Draco qui me harcèle pour pouvoir espionner son père. Ou encore cette poignée ridicule de Gryffondors qui s'entraînent avec nous avec l'espoir de survivre à la bataille plus d'une seconde... » Il se tut brusquement. Peut-être avait-il réalisé qu'il hurlait et que sa voix était emplie de colère.
Elle attendit patiemment qu'il poursuive, mais il se contenta de hausser les épaules, comme s'il était inutile d'en parler. Elle aurait pu croire le langage corporel qui n'exprimait aucun sentiment, aussi parfaitement qu'à l'habitude. Mais elle le connaissait trop bien.
« Il n'y a pas si longtemps, quelqu'un m'a dit que cette guerre et ces sacrifices étaient inévitables, peu importe la férocité que nous mettions dans le combat. » Énonça-telle calmement.
« Il y a une différence entre décider que le risque en vaut la chandelle lorsqu'il s'agit de soi et lorsqu'il s'agit de quelqu'un d'autre. » Répondit-il d'une voix toujours aussi sèche. « Risquer d'être découvert n'a jamais été un obstacle pour moi. Mais sacrifier les autres pour la bonne cause... Albus est peut-être capable de le faire avec un sourire de grand-père et un petit clin d'oeil, mais ça n'a jamais été ma façon de faire. »
Hermione soupira. Si il critiquait Albus si ouvertement, c'est qu'il devait vraiment se sentir mal. Et étant donné le nombre de fois où ils avaient abordé ce sujet -à quelques variantes près- au cours des derniers jours, elle se doutait que son écoute compatissante ne l'aiderait pas beaucoup. Peut-être était-il temps de changer de tactique.
Elle lui adressa un demi-sourire curieux qu'il ne remarqua même pas, trop absorbé par ses préoccupations. Intérieurement, elle hocha la tête. Il était temps de le secouer.
« C'est étonnant de voir comme Harry et toi êtes semblables, Severus. » Annonça-t-elle d'une voix traînante, sachant que si quelque chose pouvait le détourner de ses pensées, ce serait ce genre de commentaire.
Et évidemment, elle avait raison.
La tête de Severus se releva, exprimant l'indignation muette. Il lui fallu plusieurs essais pour réussir à exprimer de la colère.
« C'est faux! » S'exclama-t-il et elle ne put retenir un gloussement. « Comment une personne mentalement capable comme toi peut en arriver à une conclusion si erronée me concernant? Sache que te serai reconnaissant d'arrêter de m'insulter immédiatement! »
Son gloussement se mua carrément en rire.
« Et bien, tu es certainement plus éloquent que lui. » Commenta-t-elle.
« Réciter la liste de compétences que je maîtrise mieux que Potter pourrait prendre plusieurs heures, je te l'assure! »
« Pas en ce qui concerne ton sentiment irrationnel de responsabilité. »
« Potter est tout sauf responsable. »
« Je ne parlais pas de ses actions. Votre ressemblance se situe dans ce que vous éprouvez tous les deux, Severus. Comme toi, il ne peut s'empêcher de se sentir responsable de toux ceux, autour de lui, qui sont blessés, tués ou qui souffrent à cause du Seigneur des Ténèbres. Comme si c'était lui qui décidait de la vie des autres. Comme si nous nous étions rendu au Département des Mystère parce qu'il nous l'avait ordonné. »
« Ce n'est pas le cas? » Gronda-t-il sarcastiquement, en refusant toujours d'admettre le lien, et ce qui en découlait.
« Non. Il voulait y aller tout seul. » Rétorqua-t-elle immédiatement. « Et c'est exactement le sujet qui nous intéresse! Même si nous l'avions suivi parce qu'il le voulait, cette décision aurait toujours été la notre! Tout comme c'est mon choix d'espionner, c'est le choix de Ron et Harry de combattre le Seigneur des Ténèbres. C'était aussi le choix de Petit Jean de suivre un suspect dans l'Allée des Embrumes. »
« Les gens n'abandonnent pas leur libre-arbitre, juste parce qu'ils suivent les ordres de quelqu'un. Et tu n'es pas le Seigneur des Ténèbres, qui obligent ses Mangemorts à combattre. Toute personne ayant un lien avec l'Ordre a fait un choix, Severus. Et même si Harry a souvent pensé différemment les années précédentes, les gens ne combattent pas Voldemort et ne meurent pas parce qu'il est Celui Qui a Survécu. Ils ont des raisons qui leur sont propres. Il n'y a qu'une seule chose qui a pu faire entendre raison à Harry. »
« Qu'est-ce que tu as fait? » Demanda Severus avec un regard interrogateur. Par contre, il continuait toujours de prétendre que cette conversation n'avait aucun rapport avec lui.
Elle grimaça. « Je lui ai tenu ce discours. Je lui ai dit que si il fallait que ce soit la faute de quelqu'un, c'était la mienne. Après tout, c'est moi qui ai découvert l'existence du basilic en seconde année, utilisé le Retourneur de temps. C'est moi qui l'ai aidé à évoluer plus vite dans le labyrinthe en quatrième année. Sans parler du fait que c'était mon idée de créer l'AD, ou d'utiliser Kréature comme appât. Oh, et maintenant, que j'y pense, ne suis-je pas la raison qui a poussé Albus à te proposer ce boulot de chef des renseignements. Regarde, tout est encore de ma faute! »
Lentement, Severus sourit. Elle fit de même en retour.
« Et qu'a répondu Mr Potter à tout ça? » Demanda-t-il.
« Que j'étais une affreuse sophiste et qu'il ne pouvait tout simplement pas avoir de conversation logique avec moi. » Répliqua-t-elle joyeusement. « Mais ça a eu le mérite de le faire rire. »
Severus gloussa, prouvant ainsi une bonne fois pour toute sa ressemblance involontaire avec Harry Potter.
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Je n'arrive pas à croire qu'Il aime vraiment nous voir ramper, songea Hermione alors qu'elle se traînait sur les genoux jusqu'à Voldemort. L'appel avait été plus tardif qu'elle ne le pensait, et quand l'heure de la réunion privée avec Voldemort et son bras droit avait sonné, il était déjà minuit. Je vais être toute courbaturée!
Alors qu'elle s'approchait de Lui et lui embrassait respectueusement la main qu'Il lui tendait, elle façonna son esprit pour ressembler au parfait Mangemort.
« Mon Seigneur. » Murmura-t-elle d'une voix craintive.
Ce ne fut que lorsqu'Il retira sa main tout en lui tapotant la tête généreusement, qu'elle s'autorisa à se retourner et aller saluer Lucius Malfoy en s'inclinant également jusqu'au sol.
« Maître Malfoy. » Dit-elle avec déférence.
« Quel est ce sang sur ton visage, ma petite? » Demanda soudain le Seigneur des Ténèbres. « Es-tu blessée? »
« Ce n'est rien, mon Seigneur. » Répondit-elle hâtivement, une main s'élevant vers sa lèvre comme pour la cacher.
« Qui a fait ça? » Siffla Voldemort, et elle trembla violemment sous sa colère. Elle savait qu'elle n'était actuellement pas dirigée contre elle, mais il n'était jamais mauvais de montrer de la peur en sa présence. Elle garda le silence.
« As-tu rencontré mes autres serviteurs sur le chemin? » Elle hocha légèrement la tête et perçut un autre sifflement de colère.
Le Seigneur des Ténèbres n'aimait pas quand le Premier Cercle la torturait sans qu'il ait donné son consentement. Il avait été extrêmement clair sur ce point. Bien sûr, la lèvre fendue n'était pas due aux Mangemorts, ils avaient assez vite appris à la frapper de manière à ce que ça ne se voit pas. Mais elle les avait effectivement rencontrés en chemin, et si sa blessure au visage n'était due qu'à un mur, elle s'était contenté de lui répondre en se gardant bien de rectifier la pensée de son Maître.
Intérieurement, elle sourit.
« Il va falloir s'occuper de ce problème. » Annonça le Seigneur des Ténèbres, et elle vit sur sa gauche Lucius acquiescer. Il n'aimait pas non plus quand les autres la blessait. Il préférait le faire lui même.
Quel étrange assortiment d'anges gardiens ai-je là, songea-t-elle.
« Vous me gâtez, mon Seigneur. » murmura-t-elle et elle vit le visage de ce dernier se tordre en une expression qu'on aurait pu qualifier de sourire chez une autre personne.
« Quelles sont les nouvelles du château, petite? » Demanda ensuite la voix sifflante. Sachant que la partie solennelle était terminée, Hermione se redressa complètement tout en restant à genoux en face du trône. Maintenant, ils allaient aborder les sujets sérieux.
« Potter est de plus en plus en colère, mon Seigneur. » Commença-t-elle en étirant ses lèvres en un sourire moqueur et sournois. « Dumbledore lui a interdit de quitter le château, et je ne laisse pas passer une occasion de lui rappeler combien ses chances contre vous sont ridicules, mon Seigneur. Ainsi, il est en permanence partagé entre la peur que vous lui inspirez et la fureur qu'il éprouve à l'encontre du Directeur. »
« Et c'est ce qu'il faut, n'est-ce pas Lucius. » Commenta le Seigneur des Ténèbres dont la voix laissait filtrer de la satisfaction.
« Très certainement, mon Seigneur. » Convint Lucius qui ne quittait pas Hermione des yeux.
« J'ai aussi fait en sorte de me réconcilier avec cet idiot de Weasley. » Poursuivit la jeune femme. Ses mots étaient soudain emplis de dégoût alors qu'elle projetais dans son esprit toute sa colère envers Ron. Elle savait que Voldemort lisait en elle et qu'il passait au crible ses souvenirs des jours passés pendant qu'elle parlait. Ce n'était pas un signe de méfiance, il faisait cela avec tous ses serviteurs, avec la nonchalance cruelle d'un homme qui dissèque un insecte. Le respect pour les autres sorciers était quelque chose dont Voldemort n'avait jamais entendu parler.
« Ronald est le plus téméraire de ces saletés de Gryffondors, et dès qu'il aura regagné la confiance de Potter, ce dernier passera son temps à se préparer en prévision du vain combat qu'il devra livrer contre vous, mon Seigneur. »
« Bien, bien, ma petite Hermione. Et au sujet du traître? »
« D'après ce que j'ai découvert, mon Seigneur, il vit toujours dans le château, même aucun étudiant n'a pu le voir -du moins, aucun Gryffondor, Serdaigle ou Poufsouffle. »
Elle se garda bien de demander si un Serpentard Lui avait communiqué des informations sur Severus. Toute question aurait été aussitôt punie sévèrement, et elle n'était pas particulièrement friande de ce genre de correction.
« Mais Potter m'a dit qu'il avait , une après-midi, rencontré Snape dans le bureau de Dumbledore alors qu'il allait se plaindre. » Elle ricana, en montrant très clairement ce qu'elle pensais de la bêtise de Harry. « La haine de Potter pour le traître ne fait que croître et chaque jour, je remets un peu d'huile sur le feu. La méfiance de Potter a gagné une grande partie de la famille Weasley, et même si nous savons combien ces répugnants amoureux de moldus sont stupides, ils sont extrêmement respectés par les membres de l'Ordre. Très bientôt, un conflit entre les partisans de Potter et le traître va se produire, laissant Snape seul. »
« Encore un signe de la stupidité de Dumbledore. » Commenta Lucius d'une voix traînante, le visage toujours aussi froid et impassible, excepté un léger sourire moqueur. « Encore à écouter ces insignifiants mendiants. »
« Seuls les imbéciles le suivent. » Renchérit-elle, en lançant un coup d'oeil à Voldemort, comme si elle craignait d'irriter le Seigneur des Ténèbres avec son aparté. « Tous ceux qui ont des yeux devraient voir la suprématie de votre règne, mon Seigneur. »
« Tu parles de l'Ordre, petite. » Dit le Seigneur des Ténèbres, ignorant le commentaire qu'elle venait de faire pour obtenir l'information souhaitée. Il n'était pas bête, mais sa mégalomanie l'avait déjà aveuglé à maintes reprises.
« As-tu enfin réussi à y être acceptée? »
Avant même d'avoir pensé à une réaction adéquate, son corps s'était déjà aplati au sol, le front pressé contre la pierre froide de la salle du trône, gardant le silence, signe de son échec. Ça avait été un pur réflexe, et pendant un instant, elle s'inquiéta de constater que moins d'un an dans les rangs des Mangemorts avait suffit à la transformer en une chose si lâche et si craintive.
Elle remercia ensuite son corps pour cette réaction si prompte. Le Seigneur des Ténèbres est attentif à ce genre de détails. Un réflexe de peur et de respect la préserverait de la torture bien mieux que n'importe quelles belles phrases.
« Non, mon Seigneur. » Chuchota-t-elle. Avec le visage si près du sol, elle pouvait presque goûtée l'atmosphère poisseuse de cette pièce souterraine, l'odeur d'humidité et de moisissure du marbre noir sur lequel elle se trouvait lui montait au nez.
« J'ai essayé, mon Seigneur. J'ai parlé à Potter, encore et encore. Il a demandé à Dumbledore de nous faire rentrer dans l'Ordre au moins trois fois, et il a prévu de recommencer la semaine prochaine. Mais ce salaud est sournois et inflexible. »
Elle n'avait encore jamais fait référence au Directeur comme un abruti ou un fou sénile, contrairement à la plupart des Mangemorts. Elle savait qu'il était bien plus que ça, et Voldemort aussi. Sous-estimer son ennemi pourrait être fatal, une leçon que Lucius en personne lui avait inculquée. Elle se contentait donc de parler de Dumbledore, Snape ainsi que de la plupart des membres de l'Ordre avec un respect haineux.
« Il semblerait qu'il refuse de nous intégrer avant nos diplômes de fin d'année. J'ai dit à Potter que c'était encore une façon pour Dumbledore de le manipuler, et l'imbécile m'a cru, mais il n'y a pas moyen pour moi de me joindre à l'Ordre sans générer des soupçons. Maugrey est toujours aussi paranoïaque. »
Elle se tut avant de commencer à bavarder inutilement, ce qui serait considéré comme un manque de discipline. Le Seigneur des Ténèbres détestait ce genre de manquements à la règle, et ne se gênait généralement pas pour le faire durement comprendre. Elle savait pourtant que même une discipline exemplaire ne lui épargnerait pas une punition pour son échec.
« Je suis déçu, sang de bourbe. » Annonça Voldemort, et Hermione se prépara à une déferlante de douleur. Mais à sa grande surprise, rien ne vint. « Mais peut-être est-ce juste parce que j'attends des choses trop compliquées pour toi. » Poursuivit-il. Hermione quant à elle n'arrivait pas à croire à sa chance.
Il n'allait pas la punir? Elle n'avait jamais eu besoin de preuves pour se rendre compte de tout le chemin parcouru depuis son initiation, mais là, elle en avait un belle. Il l'avait laissé finir son rapport sans la blesser. Il ne la punissait pas malgré son échec.
« Votre générosité ne connaît pas de limites, mon Seigneur. » Souffla-t-elle en veillant à montrer ostensiblement son soulagement et sa surprise. Il lui offrit sa main et elle la saisit pour déposer un baiser sur la paume.
« Attends de voir la surprise que j'ai préparée pour mes fidèles serviteurs ce soir, jeune fille. » Répondit-il en échangeant un regard de connivence avec Lucius Malfoy. « Je pense que ça va être une nuit mémorable. »
Elle leva les yeux vers lui avec un regard adorateur, les lèvres entrouvertes en signe d'admiration. Elle vit alors qu'il souriait, un sourire lugubre et excité qui lui fit froid dans le dos.
« Je ne peux attendre, mon Seigneur. » Susurra-t-elle, et le sourire de Voldemort s'élargit encore plus.
« Tu n'en auras pas besoin, petite. » Il ronronna et adressa un signe de tête à Lucius, qui s'éloigna du trône après une révérence et quitta la pièce prestement, ses pas résonnant dans l'obscurité environnante.
« Lève-toi, Hermione. » Ordonna le Seigneur des Ténèbres, tandis que les portes s'ouvraient et que les membres du Premier Cercle pénétraient dans la pièce. Elle se redressa lentement, la bouche toujours pressée sur la main. Elle l'interrogea du regard pour avoir les instructions suivantes. Elle fut la seule à voir son sourire s'évanouir brusquement pour être remplacé par quelque chose de plus froid et sombre.
« Et souviens-toi, sang de bourbe. » Siffla-t-il. « C'était une journée de pardon, mais si ton travail continue à ne pas me satisfaire, tu pourrais bien être la cible de l'entraînement de mes soldats. Maintenant, retourne toi et regarde ce que je vous ai apporté. »
Elle acquiesça humblement, lâcha sa main comme si elle donnait la chose la plus précieuse au monde et tourna les talons.
Elle put à peine retenir un cri lorsqu'elle vit ce que Lucius faisait léviter dans la pièce.
Par tous les dieux, non, ne me faites pas faire ça. Pria-t-elle, mais quand elle pénétra dans le cercle des Mangemorts, un masque froid et inexpressif sur le visage, elle n'hésita pas. Pas même lorsque ce fut son tour de faire usage de sa baguette.
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Severus travaillait dans la pièce principale du quartier général, modifiant les cartes et les schémas tactiques pour les mettre à jour avec les nouvelles informations, lorsque la tapisserie reliée à ses appartements scintilla d'une lueur dorée.
Il mit rapidement fin aux sortilèges en cours puis se dirigea vers la porte magique alors que Hermione la traversait déjà. Il était heureux qu'elle soit de retour. Elle était partie pour une réunion de Mangemorts la nuit précédente. Cela faisait presque vingt heure, maintenant.
Sauf pendant l'habituelle rapide réunion de l'Ordre, ils avaient passé la soirée précédente ensemble, et lorsque l'appel s'était fait ressentir, il avait vu l'expression inquiète qu'elle arborait alors qu'elle attrapait son masque et ses robes avant de quitter la pièce.
Voldemort organisait de plus en plus de fêtes, et le nombre de victimes, toutes moldues ou nées moldues augmentait de façon exponentielle. Il était vrai que les punitions qu'elle devait endurées étaient moins fréquentes et moins violentes qu'au début de sa carrière de Mangemort, mais les choses qu'elle était obligée de faire et de voir étaient de plus en plus insupportables.
Le regard inquiet de Severus s'intensifia en la voyant ranger sa cape. Elle semblait indemne, pas de blessures visibles, mais quelque chose n'allait pas. Il le sentait tout au fond de son être.
Il essaya de la saluer en utilisant leur langage silencieux, mais il ne rencontra qu'un énorme mur de pierres grises et étincelantes. L'esprit de la jeune femme lui était fermé, ce qui signifiait que quelque chose la bouleversait suffisamment pour ne pas baisser ses barrières.
« Tu ne m'as pas prévenu que tu étais revenue. » Dit-il doucement, supprimant la distance qui les séparait en faisant deux grands pas. Ce n'était pas une accusation mais juste un état de faits.
« Non. » Convint-elle. « Il n'y avait pas d'informations importantes, et je n'avais pas besoin d'aide alors j'ai pris une douche et je me suis reposée un peu. »
Il n'avait pas besoin de lui dire qu'il s'était fait un sang d'encre, que ça l'aurait rassuré de savoir qu'elle était de retour. Elle savait tout ça. Si elle ne l'avait pas prévenue, elle avait probablement une bonne raison.
« Difficile? » Demanda-t-il, et seules ses épaules tremblèrent en guise de réponse. Il pouvait voir qu'elle n'avait pas mangé, ni même dormi. Elle avait l'air fatiguée et pâle. Son esprit semblait tout entier tourné au plus profond d'elle-même, et Severus put presque sentir sa culpabilité.
Doucement, il leva les mains et prit son visage en coupe tendrement, le pencha délicatement, jusqu'à ce qu'il rencontre ses yeux.
« Raconte-moi. » Dit-il doucement. Ce n'était pas un ordre, et elle pouvait le repousser à tout moment, mais au lieu de refuser le contact, elle s'appuya contre ses mains. La peau de la jeune femme était froide au toucher.
« Son nom était Dorothy. » Commença Hermione après un moment, la voix éraillée et pleine des larmes retenues. « Une petite moldue d'à peine cinq ans, qui a été capturée avec son père. Elle avait peur, bien sûr, qui ne serait pas effrayé quand on est entouré de silhouette sans visage et vêtues de capes sombres. Pourtant, il y avait de la confiance dans son regard, la sincère conviction que tout s'arrangerait. Elle n'a pas lâché la main de son père. »
Elle prit une grande inspiration et sa main droite vint se poser sur le torse de Severus comme elle si avait agi de son propre chef. Hermione pouvait ainsi sentir les battements du coeur de l'homme, comme pour s'assurer qu'il était bien en vie.
« Ensuite, ils l'ont tué sous ses yeux. Tu sais ce qu'ils font des cadavres. » Sa voix énonçait des faits et ses yeux étaient secs, mais elle ne pouvait empêcher une douleur sourde de se répandre dans sa poitrine et d'envahir tout le reste de son corps. « Pas une fois, elle n'a crié. Elle tenait juste la main de son père, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de main à tenir. »
Sa respiration était devenue laborieuse, et son sanglot sans larme déchira le coeur de Severus. « Elle avait toujours cette incroyable confiance dans les yeux. La certitude que tout irait bien. D'une façon ou d'une autre. De si beaux yeux. Aussi bruns que du chocolat, et si pleins de vie. »
Elle se tut. Il savait ce qui allait suivre aussi sûrement que si elle lui avait dit, mais il ne fit qu'écarter une main du visage de la jeune femme pour aller enlacer ses épaules, la rapprochant encore un peu plus de lui, pour la réchauffer et lui donner un peu de réconfort.
« Lucius les a arraché. Il lui a arraché les yeux. Elle s'est mise à hurler, terrifiée, toute seule dans le noir, ne voyant même plus d'où venait la douleur. C'était une si jolie petite fille. »
Hermione frissonna de tout son être. Les tremblements ne firent qu'accroître jusqu'à ce qu'il la serre encore plus contre lui, en passant les deux bras autour d'elle. Le but était de lui faire sentir la vie, la réalité qui l'entourait. Il fallait l'obliger à la faire sortir de ce cauchemar dans lequel elle était emprisonnée.
« Qu'as-tu fait? » Demanda-t-il tendrement, se doutant déjà de la réponse.
« Je l'ai tuée. » Le murmure semblait venir de l'obscurité accueillante des robes de Severus. Comme un faible aveu que lui seul pouvait entendre. « Quand ça a été mon tour, je lui ai crié dessus et j'ai frappé son visage. Fort. Elle est morte avec la sensation de ma main la battant. »
Il baissa la tête et trouva les yeux de la jeune femme qui le fixaient, comme si elle attendait d'être jugée. Doucement, il lui embrassa le front, un lent et apaisant baiser, lui disant ce qu'elle avait besoin d'entendre.
« Tu as fait ce qu'il fallait. » Lui dit-il. « J'aurais fait la même chose. »
« Elle s'appelait Dorothy » Murmura Hermione dans les robes de Severus. « Elle n'avait même pas la taille de Jane, et je lui ai brisé le cou. Je l'ai tuée, Severus! »
« Elle méritait une mort rapide. C'est la seule chose que tu pouvais lui donner. La paix. Et la fin de ses souffrances. »
« Je sais. » Répondit-elle. « Mais ça ne rend pas ma douleur moins grande. »
« Non » Convint-il.
Ils gardèrent silence pendant un long moment, leurs corps pressés l'un contre l'autre pour permettre à Hermione d'absorber la chaleur qui irradiait de Severus. Pendant ce temps, les mains de l'homme la réconfortaient en traçant des petits cercles dans son dos.
« Merci. » Dit-elle enfin, et lorsqu'il rencontra ses yeux, il sentit le mur de pierres qui les séparait disparaître.
Comment sais-tu toujours ce dont j'ai besoin, Severus? Demanda-t-elle silencieusement. Il lui adressa un sourire chaleureux qui fit trembler la jeune femme, mais de plaisir cette fois.
Parce que je suis une partie de toi, Hermione. Répondit-il tout aussi silencieusement. Et une fois encore, il se pencha pour embrasser affectueusement la peau soyeuse de son front.
C'est à ce moment que tous deux entendirent un halètement derrière eux. Sans perdre une seconde, ils se retournèrent, couteaux et baguettes en main, suffisamment éloignés l'un de l'autre pour pouvoir bouger librement mais suffisamment proches pour pouvoir également protéger l'autre si besoin. C'est alors qu'ils rencontrèrent les regards choqués de Remus, Tonks, Arthur et Molly.
Merde. Ne put s'empêcher de dire Severus à travers le lien qu'il partageait avec Hermione.
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Des ennuis se profilent... A votre avis, comment les autres vont-ils réagir à cette découverte?
J'essaierai de ne pas vous faire attendre aussi longtemps pour le suite.
