Chapitre VII, Le Bunker

Résumé :

Eric rejoint en urgence Hellgates pour sauver Sylwanin capturée par les humains. Mais ceux ci vont ils le laisser approcher ? Qu'a t'elle découvert ? Qu'est devenu le Eric Connor humain ?

a) Retour vers Hellgates :

J'avais près de 1600 Km à parcourir. Normalement j'aurais du mettre quatre jours mais je n'en ai mis que deux. Coco a fait un énorme effort en volant deux fois 16 heures de suite avec un seul arrêt de 8 heures. J'ai supprimé le passage près du pole sud et évité de passer la nuit dans un Kelutral pour ne pas perdre trop de temps. Ce retour se passa sans difficultés, la nuit sur un rocher volant s'avéra tranquille.

Toutes mes pensées étaient tournées vers Sylwanin. Mon Ikran avait senti l'urgence et c'était sans doute pour cela qu'il avait tant donné.

Je me posa au sommet du Kelutral qui était le plus proche de Hellgates. Celui là même ou j'avais fait mes premiers contacts. Je déboulas en plein repas du soir. C'était impolis mais je n'avais pas le temps.

- Ou est Sylwanin !

L'assistance me regarda médusée. Puis tous se mirent à crier en me désignant : « Txep Menari », yeux de feu. Quelle était cette nouvelle embrouille ? Le couple dominant se leva et la femme, la Tsahik du clan, me dit :

- Tu as les yeux de feu. Regardes toi dans les miens.

Les Na'vis n'ayant pas de miroir, ils utilisaient les grands yeux d'un voisin pour se regarder. C'était vrai des parties intérieures de mes iris étaient devenues rouge vif. Elles formaient de grandes flammes qui entouraient les pupilles.

- Tu as bu le sang frais de Toruk ?

- Non juste un œuf. Je suis empoisonné ?

- Tu as été dans le repaire de Toruk !

- Et j'y ai même rencontré le Chevalier Démon. Mais je suis malade ou non ?

- Tu as tué le Démon Blanc ?

Je n'avais pas l'impression d'avoir fait des choses aussi exceptionnelles. J'avais juste volé et mangé un gros œuf, négocié mon départ avec le Na'vi albinos et quitté cette île en déclenchant un incendie. La Tsahik m'expliqua :

- Si tu ne tiens pas ta promesse, le Chevalier Démon te pourchassera sans répit. Mais la chair de Toruk peut t'apporter la force de le vaincre. En plus elle est un témoignage de l'audace dont tu as fait preuve, c'est rare chez un novice. Quant à Sylwanin, elle a pénétrée il y a quatre jours maintenant dans une des grottes creusées par les Tawtutes. C'était contre notre avis mais elle n'écoute jamais personne. Des guetteurs l'ont vu ensuite conduite dans une de leur sinistre maison de leur village. Elle avait l'air inanimée mais entière.

- Je vais immédiatement demander qu'on la libère.

Qu'est ce que j'imaginais, aller me présenter devant la porte principale et dire « coucou c'est moi, libérez ma copine ». Mon émetteur d'avatar avait du cessé de fonctionner, comment les humains allaient ils me distinguer des autres indigènes ? Je savais aussi que les mouchards électroniques posés dans la forêt avaient une durée de vie plutôt brève. Impossible de savoir si on avait repéré mon arrivé d'autant qu'on devait me croire mort. Bref ils risquaient de me plomber comme un lapin si j'étais trop frontal. En plus la nuit allait bientôt tombée. Mais je n'avais pas envi d'attendre demain.

b) Le cul nu :

Quatre chasseurs acceptèrent de me suivre. Le plan était simple, j'allais profiter du retour de l'équipe du soir de la mine pour m'asseoir au milieu de la route. Le GraMaCar de contrôle allait me repérer et avec ses puissants microphones entendrait ce que j'avais à dire. Les chasseurs resteraient à couvert et uniquement pour me protéger des bêtes sauvages.

Je me posa donc au milieu de cette route boueuse. La nuit était déjà bien tombée. Comme prévu le convoi de l'équipe du soir arriva. Et le GraMaCar me repéra...

L'ordinateur de bord contacta le centre de contrôle comme c'était prévu dans la procédure.

- Eh Bob, on a un cul nu qui fait un sitting au milieu de la route. On dirait qu'il veut nous dire quelques choses ?

- C'est peut être un guet-apens, ils sont malins. Y'en a un qui s'est déjà introduit dans le bunker. Y a t'il des trucs autour ?

- Non mais cette forêt est tellement épaisse qu'on y voit rien.

- Pas question d'arrêter le convoi. On va pas s'embêter. Tires une rafale de semonce à la mitrailleuse puis un coup de canon pour le secouer un peu. Mais attention pas question de faire de la pâté de schtroumf.

- OK, j'envois la purée… … … Voilà il s'est barré. Il a l'air un peu sonné.

- Putain Bob, n'oublies pas que tout est enregistré. J'ai pas envi de me retrouver de corvée de chiotte.

- Mais non, il va bien. Regardes il court vite vers la forêt.

Mon plan avait totalement foiré. On m'avait tiré dessus comme ça sans la moindre tentative d'établir le contact. L'obus avait explosé à quelques mètres et un éclat s'était fiché dans mon ventre. Même si la blessure ne faisait pas trop souffrir, elle s'avérait plutôt inquiétante selon l'un des chasseurs :

« Mauvaise blessure ça, la Tsahik doit te soigner ».

On me fit un pansement et un de mes compagnons me pris sur son dos pour regagner prestement le Kelutral.

A mon arrivé la chef me fit cette remarque :

- Les Tawtutes sont vraiment stupides. Ils ne savent pas reconnaître l'un des leur.

- C'est normal je suis un Na'vi maintenant.

- C'est vrai. Je dois te soigner, les blessures dans les entrailles sont toujours mauvaises. Tu vas souffrir.

Ils m'ont attaché sur un tronc posé sur le sol. On m'a donné un bout de bois à mordre. La Tsahik a pris des instruments et a commencé à me charcuter. La douleur était terrible.

- Vous n'avez pas de plantes pour m'endormir !

- Si mais la souffrance est le juste prix de l'imprudence.

Elle a mis prêt d'une heure à m'opérer. Ce qui me servait d'intestin avait été ouvert par l'éclat. Il a fallu le recoudre avant de refermer.

- Voilà ce n'était pas si grave. Demain tu seras sur pied, fais la diète pendant quatre jours et pas d'efforts pendant dix jours.

Et Sylwanin, allait elle pouvoir attendre encore dix jours. Les Na'vis capturés se laissaient mourir. Je ne pourrais pas attendre. Mais là j'étais HS, il fallait le reconnaître.

Cette aventure malheureuse m'avait fait aussi réaliser que j'étais vraiment et définitivement devenu un Na'vi. Je constatais aussi le fossé que séparait les deux peuples. Les humains étaient inapprochables, enfermés derrière leur remparts car ils avaient peur. C'est cette peur qui minait toute tentative d'approche. Jamais ils n'avaient osé envoyer un représentant amical mais seulement des soldats armés jusqu'au dent, des robots effrayants et ou des zombies qu'ils nommaient avatars.

c) Excuses :

La nuit avait été douloureuse tant au niveau du corps que de l'âme. J'avais fini par trouver le sommeil lorsque l'on me réveilla en milieu de matinée.

« Celui que l'on appelle Eric, les Tawtutes te demande. »

C'était la panique au Kelutral, un GraMaCar se tenait juste devant. Je me leva. J'avais encore mal au ventre mais je pouvais marcher sans problèmes et la plaie était refermée. Les hauts parleurs de l'engin répétaient en boucle et en Na'vi :

« Nous sommes en paix, nous recherchons celui que l'on appelle Eric. Si il est chez vous, dites lui de venir. »

Je reconnaissais cette voix, c'était celle d'Angéla. Ils s'étaient rendu compte de leur méprise de la nuit passé. Alors je me présenta sans que les autres Na'vis m'encouragent ou me le défendent. Dès que les humains me virent, ils se mirent à parler en anglais :

- C'est Angéla ici. Heureusement tu es en vie ! On t'a vu sur les enregistrements de cette nuit, on est désolé pour notre maladresse, on ne pouvait pas savoir. Qu'as tu à nous dire ?

- Sylwanin !

- Evidemment. Elle va bien rassures toi. On voudrait te voir à Hellgates. Viens, tu as la promesse du général Bush qu'on te laissera ressortir avec elle.

Soudain j'avais un doute. Pouvais je leur faire confiance. En même temps Sylwanin était entre leur mains…

- J'arrive et cette fois ne me mitraillez pas.

La porte de l'engin s'ouvrit et je pénétra dans la cabine. L'avatar d'Angéla m'y attendait. Elle me salua à la mode Na'vi puis me pris dans ses bras.

- On croyait que tu étais… euh… mort. Comment peux tu être encore actif alors que le lien est brisé depuis une semaine ?

- Je pensais que vous pourriez me donner l'explication ?

Elle examina mon corps et vu les nombreuses blessures mais aussi les flammes dans mes yeux et mes nouveaux photophores :

« Il a du se passer beaucoup de choses. »

On arriva rapidement à Hellgates. Le GraMaCar se posa dans un nouveau hangar qui avait été construit durant mon absence. Le comité d'accueil était composé de l'avatar de Pierrette, du général Walker Bush, de Grace Ripley ainsi que de Peter Goertzel et d'une dizaine de soldats armés. Deux automitrailleuses UGV étaient discrètement postés un peu plus loin. Au moindre geste suspect, les instructions étaient sûrement de m'abattre. Donc prudence, prudence…

Le général prit la parole :

« Bienvenue. Nous sommes vraiment heureux que vous soyez là. J'imagine que vous voulez voir Sylwanin, alors suivez nous. Elle a pénétrée dans une de nos installations sans qu'on sache vraiment comment. On la repéré alors qu'elle tentait d'en sortir cachée sous des gravats, dans la benne d'un camion. On l'a endormi de la façon la plus douce possible, avec des gaz paralysants. Puis on l'a amené ici. Angéla, Grace et Pierrette ont tentées d'établir le contact mais comme tous les Na'vis, elle n'est guère bavarde. »

On ouvrit la porte d'un container. Et on m'invita à pénétrer dedans, seul. Je passa cette porte que l'on referma derrière moi et je vis Sylwanin. Elle était prostrée dans le coin d'une salle sinistre, sombre et sans meubles. Elle que j'avais connu si forte avait l'air si vulnérable. Elle n'en était que plus désirable. Mais comme un chat, elle ne dormait que d'un œil et me vit presque immédiatement. Elle se précipita vers moi. On était séparé par une grille et on s'enlaça comme on pu.

- Je te vois, Eric.

- Je te vois aussi. Je n'ai pas arrêté de penser à toi. Je vais te sortir d'ici.

- Les yeux de feu, je suis fier de toi.

- C'est toi qui a fait de moi un homme. Eywa a brisé ma laisse, je suis libre des Tawtutes désormais. Mais ma mission n'est pas terminé, il faut préparer l'avenir pour que l'on puisse vivre en paix.

Elle voulait me dire quelques choses mais elle savait qu'on était surveillé. Alors elle posa sa main sur mon cœur et je fis de même.

Une voix vint briser cet instant magique :

« Vous aurez tout le temps de vous revoir après. Avant nous avons pas mal de choses à nous dire. »

d) Réunion de travail

Je suis ressorti du cachot et on s'est dirigé vers les casernements. Alors que l'on passait devant un sas conduisant au premier grand hangar, je jeta un œil par le hublot de la porte. La grande structure que j'avais vu lors de ma première visite avait gagné en ampleur mais restait difficile à interpréter.

- C'est quoi ce… truc demandais je ?

- La curiosité est un vilain défaut me dit Peter.

- Si je peux le voir ici alors tous les gens de la base peuvent le voir.

- C'est un vaisseau interstellaire me dit Grace. Et ne me demandes pas pour aller ou, seul le général le sait. N'est ce pas général !

- Exact…

On s'assit dans une salle de réunion au plafond toujours trop bas pour moi.

La première question traitée fut celle de mon émancipation. On m'expliqua que pour soulager mon cerveau humain qui frôlait l'épuisement, on avait confié une part croissance des opérations mentales au cerveau de mon avatar. La foudre avait grillé mes implants et rompue le lien. Toutefois ce qui était curieux c'est mon degré d'indépendance, le transfert mental n'aurait pas du être complet. Je refusais un examen médical dans l'immédiat, j'en avais assez d'être tripoté. Je craignais surtout qu'il me colle un mouchard sans mon assentiment. Mais ils n'insistèrent pas.

Mon moi humain était en vie et était en train de se remettre. Il n'avait presque plus aucun souvenir de la période qui avait suivi mon expulsion du Kelutral. Je serais autorisé à le revoir après la réunion.

Ensuite je raconta mes aventures sur l'île de Toruk, la rencontre avec le Chevalier Démon et la Grande Tsahik. Toutefois je minorais certain aspect, présentant la Grande Tsahik comme une mystique un peu cinglée et bourrée de drogues. De même pour l'arbre aux voix, je leur expliqua que c'était simplement un lieu de prière. Je sentais qu'il ne fallait pas trop attirer l'attention des humains sur ces sujets. Toutefois Grace avait l'air de se douter de mes dissimulations. Quant aux problèmes de peau du Chevalier Démon, personne n'était assez qualifié pour apporter une réponse. Le général avait une autre solution :

« Si il vous pose des problèmes, on le neutralisera. »

Ensuite venait le programme de ma futur mission. Il fallait d'abord négocier avec le Kelutral voisin ou je m'engageais à m'installer. Ensuite on signerait le traité : délai 20 jours maximum. Par la suite je serais plus ou moins libre à condition de leur servir d'ambassadeur… et un peu d'espion aussi.

Enfin le général congédia l'assistance pour une réunion en tête à tête avec moi. Cela me surpris un peu. Il pris un verre d'apéritif.

- Eric, je suppose que vous ne prenez pas d'alcool, non ?

- Ce n'est pas le moment d'essayer.

- Cette fille Na'vi, Sylwanin, vous l'aimez n'est ce pas ?

- C'est l'évidence.

- Vous avez bien de la chance, elle est formidable, beaucoup de gens ici aimeraient être à votre place. Mais elle est potentiellement dangereuse. Essayez de la contrôler à l'avenir. Elle a pénétrée une de nos installations et cela aurait pu mal finir, comme pour vous cette nuit.

- J'essaierai mais je n'ai pas de pouvoirs spéciaux. Les Na'vis agissent un peu à leur guise.

- Eric, j'ai vu Pandora à travers vous. Ce monde est en apparence proche de la Terre mais il en fait très différent. Il est je dirais même à l'opposé. Ici les mots divin et perfection ont un sens. Toutefois c'est une planète fragile, bien plus que vous ne le pensez. J'en suis conscient et sachez que je ferai tout pour éviter des dérapages. Ne me considérez donc pas comme un ennemi mais méfiez vous de certains officiels qui seraient tentés de vous utiliser.

- Et pour l'explosion dans le ciel, la veille de mon ascension vers l'Iknimaya ?

- Le test d'une arme nouvelle, mais ne m'en demandez pas plus.

Je découvrais un général Bush mystique et plus concerné qu'il en avait l'air. Mais était il réellement sincère ?

e) Le jumeau

Je ressorti de la salle de réunion et je retrouva mon équipe habituelle. On me conduisit dans le lieu ou se trouvait le Eric Connor humain. En chemin on croisa un espèce de robot centaure. Il avait un corps à quatre pattes qui portait des équipements et à l'avant un buste avec deux bras. Peter m'expliqua :

- Ce sont des prototypes en phase de bêta-test. Il existe aussi des robots bipèdes mais ils sont moins stable et leur capacité de transport est limitée. La mécanique fonctionne un peu près bien mais l'intelligence à parfois du mal à suivre. Toutefois elle progresse rapidement. Dans deux ans ils pourront remplacer les trois quart du personnel et dans six ans tout le monde.

- Il faudrait faire un effort sur le design. Je doute que mes copains Na'vi les trouvent sympathiques.

- C'est difficile d'être aussi sexy qu'eux.

On s'arrêta devant un écran. Je pouvais y voir mon moi humain. Peter me dit que nous étions en fait deux personnes différentes mais avec une mémoire commune. Avec le temps nous allions diverger car nos corps et nos expériences ne seraient plus les mêmes.

Je rentrais dans la salle et m'assis en face du corps humain que j'avais un jour habité. Eric humain n'était pas reluisant à voir. Il me pris la main l'air maussade :

- C'est vraiment curieux, ta grande main bleu, je l'ai eu un jour sous mon contrôle. Maintenant je ne ressens plus rien quand je la touche. Je me demande pourquoi je suis coincé dans ce corps laid et gourd, pourquoi je ne suis pas dans ton corps. J'aimerai tant revoir la forêt, les Na'vis… et Sylwanin dont il me reste malheureusement que peu de souvenirs.

- Je ne sais pas quoi te répondre… Pour moi aussi c'est bizarre… De toutes façons les implants auraient du lâcher un jour ou l'autre... Mais avec les 4 millions que tu as gagné tu pourras faire plein de choses sur Terre. Et puis lorsque l'existence de Pandora aura été rendue public, tu pourras faire des livres, des films, tu seras célèbre et tu deviendras mon relais privilégié avec le monde des humains. Notre aventure mérite d'être racontée !

- Vouais… Je dois remonter la pente… La coupure a été si brusque... De ton coté tu devrais faire attention, tu es blessé d'un peu partout je vois. Même tes yeux. Fais gaffe quand même, ce serait dommage de bousiller un pareil miracle.

On continua à discuter un peu. J'essayais de lui remonter le moral puis on se sépara promettant de se revoir.

f) Le Bunker

Je rejoignis Angéla, Pierrette et Grace près du cachot de Sylwanin. On me donna un téléphone longue portée avec son chargeur à manivelle qui me permettrait de contacter à tout moment la base Alpha.

Il était maintenant temps de partir, je me sentais mal à l'aise ici et pas vraiment en sécurité. Je demanda à la prisonnière de se tenir tranquille et de ne rien tenter. On ouvrit la grille et Sylwanin sorti et pris mon bras. Puis on marcha jusqu'au GraMaCar qui m'avait emmené ici. Seul l'avatar d'Angéla prenait place avec nous, il amenait aussi les armes et les affaires pris lors de la capture. La fière chasseresse regardait droit devant et n'avait pour les humains ni un regard, ni un mot. Le court vol se passa en silence et on nous déposa à proximité du Kelutral. Une fois l'engin parti, les Na'vis sortirent nous acclamer.

Le repas du soir fut grandiose, dommage que ma blessure au ventre m'empêchait de manger. Par contre j'avais à raconter ma très longue histoire, de ma situation de démon, à élève démon puis à Ikran Makto et enfin à Txep Menari. Dans les jours suivant j'allais aussi devoir choisir un clan. Ce n'était pas obligatoire mais c'était préférable. Il était logique que je m'installe ici, près de Hellgates. Le nom de ce clan que je n'avais jamais vraiment saisi auparavant était celui de la flûte-bleu, Omatikaya en Na'vi. Je leur parla aussi des intentions des humains. Le terme « traité de protectorat » ne leur disant pas grand chose, je préféra parler de « serment d'amitié ». Mais les détails seraient remis aux jours suivants.

Les festivités achevées Sylwanin m'invita à la suivre. Je n'étais guère en forme pour une sortie nocturne ni pour d'autres choses plus intimes qu'elle avait peut être en tête. En fait elle s'arrêta dans un endroit plus éclairé du Kelutral. En se regardant dans mes yeux, elle cherchait quelque chose au niveau de son cou. Puis ma tigresse sortit alors son poignard et enfonça la pointe sous sa peau. Sans rien dire, alors que je voyais bien qu'elle souffrait, elle triturait quelque chose qui finit par sortir. C'était un minuscule objet, un mouchard, une puce de marquage ! Je suça sa plaie puis elle chercha si elle n'en avait pas d'autre. Apparemment non.

Elle pris alors un revers d'écorce blanche et une pointe de bois dur trempé dans un liquide noir. Puis elle traça en silence avec beaucoup de détails un dessin qui s'avéra être le plan des galeries de l'installation qu'elle avait visitée. C'était le complexe aux dômes de métal qu'elle m'avait déjà montré et que j'avais nommé le Bunker. Sylwanin avait pénétrée dans le complexe en se cachant sous un camion, entièrement recouverte de bâches plastiques récupérées dans une décharge. Visiblement elle avait visitée une grande partie des galeries sans se faire prendre, c'était extraordinaire. Elle ne savait ni lire ni écrire mais avait mémorisée les panneaux des différentes sections : « Unob Generator 2/4 », « GraMa Sustentator 3/3 », « GraMa Hammer B 1/3 », « Unob High Energy Propulsor 2/3 », « Control Room », « Spare Part Factory », « Radar Dome 1/8 », « DOD »…

Elle me demanda un avis. Je n'étais pas spécialiste mais cette installation n'était en rien une mine. L'essentiel du volume était occupé par des machines, cela ne pouvait donc être une base souterraine destinée à du personnel. Certains termes faisaient penser à un engin spatial. Le marquage « DOD », Departement Of Defense, ne laissait guère de doute quand au caractère militaire de la chose. Le plus logique était de supposer que c'était un fort destiné à protéger Hellgates voir la totalité de Pandora d'une attaque extérieure. Mais la nature de son armement restait inconnue.