Bonjour à toutes ! (oui parce que je pense pas qu'il y ait beaucoup de garçons qui lisent ma fic :p)
Et me voici de retour avec le chapitre deux, qui est un peu plus long que le premier.
Je vous remercie pour les reviews, ca fait toujours plaisir ^^ (Et Hana, va voir ailleurs si j'y suis, ma fic a beau être niaise, t'es contente de la lire en premier quand j'te file les feuilles )
Je vous souhaite une bonne lecture.
Bisous
Luna
Chapitre 2: Transformation
J'avais passé un week-end fantastique. Alice, le samedi matin, c'était occupée de moi comme d'une princesse. Elle m'avait fait essayer diverses robes, toutes plus belles les unes que les autres et nous avions finalement opté pour une toute simple couleur crème. Elle m'avait donné des petites ballerines de la même couleur que le vêtement et avait attaché mes cheveux en queue de cheval.
Nous nous étions trouvé une passion commune: Le cinéma. Elle possédait une énorme collection de cassettes en tout genre et moi, je regardais la télévision quand ma mère s'absentait.
Après avoir mangé -Alice pas, prétextant une indigestion la veille- elle me proposa d'aller faire un tour en voiture avec elle. Elle avait pris la voiture de Carlisle, et dans les petits chemins de campagne déserts, elle m'apprit à conduire. On s'entendait bien et au soir, je la considérais déjà comme ma grande sœur, une grande sœur que je n'avais jamais eu.
Nous regardâmes la télévision avec Esmé tandis que Carlisle lisait un énorme bouquin qui m'avait l'air vraiment complexe. Edward et Jasper quant à eu, jouaient au poker. Ce dernier perdait tout le temps et avait l'air plus qu'agacé.
Avant que le film ne se termine, je m'endormis comme une masse en m'écroulant sur les genoux d'Alice et je rêvai de ma journée.
Le lendemain, ma sœur de cœur et moi jouâmes aux échecs. Elle s'avérait être très douée, comme si elle prévoyait les coups que j'allais jouer. Je perdis donc toutes les parts contre elle. Esmé joua aussi avec moi, et cette fois, nous fîmes deux parts, dont une que je gagnai.
Vers la fin de l'après-midi, Alice décida d'aller faire un tour dans les bois situés à une cinquantaine de kilomètres de la demeure.
-Je peux venir ? Demandai-je, les yeux pétillants
-Tu dois régler quelque chose avec Carlisle. Me répondit-elle
J'affichai une moue déçue. Elle pouffa
-On ira la semaine prochaine. Je te vois au soir.
Elle m'embrassa sur le front, de ses lèvres froides et partit. Carlisle, qui se trouvait près de nous, posa une main sur mon épaule
-Esmé et moi devons te parler.
Il me fit asseoir sur un des divans et il s'assit, à côté de sa femme, sur celui d'en face.
-Nous avons beaucoup réfléchit, Esmé et moi.
Mon estomac se noua. Comment devais-je prendre cette petite phrase ?
Ils me sourirent
-Tu n'iras pas en famille d'accueil, continua mon Ange, Nous allons t'adopter.
-Pardon ?
Le sourire d'Esmé se fana
-Tu n'es pas contente ? Tu ne te plais pas ici ?
-Bien sûr que si !! M'exclamai-je, Mais c'est si... Soudain !
Carlisle sourit
-Je sais. Mais nous n'avons pas beaucoup de temps, nous allons bientôt déménager. As-tu des affaires à reprendre chez ta mère ?
-Non. Mis à part mes cours ainsi que deux ou trois trucs. Et des vêtements.
Mon Ange, rit de sa voix cristalline
-Pour les vêtements, tu t'en passera. Il y en a autant que tu veux ici.
Je souris à mon tour
-J'avais pas remarqué ça !
Mon futur père -j'avais encore du mal à digérer la bonne nouvelle- se leva
-Eh bien soit, allons-y !
Esmé prit un sac de voyage caché derrière son divan, se leva et me le tendit.
-Tu n'auras qu'à mettre tes affaires dedans.
J'étais sûre qu'elle avait prévu que j'accepte sans poser de résistance. Dans un sens, c'était normal: A choisir entre une famille normale, et une mère dégénérée, le choix était vite fait. J'entendis Edward pouffer de la salle à manger où il faisait un travail pour l'école, mais ne fit pas attention à lui. Je pris le sac en la remerciant.
En deux en trois mouvements, Carlisle et moi descendirent dans le garage et montâmes dans la voiture. Une fois sur le petit sentier asphalté, la discussion commença.
-J'espère que tu te plairas, à long terme, avec nous.
-Mais enfin, Carlisle ! Je ne me suis jamais sentie aussi bien quelque part qu'avec vous ! Tout le monde est si gentil ! Même si...
-Edward et Jasper sont un peu étranges. Termina-t-il
-Heu... Oui.
Il rit doucement
-Laisse-leur le temps de s'habituer.
-Au fait, tu n'avais pas cinq enfants que tu m'as dit ?
-Si. Mais Emmett et Rosalie sont partit en voyage de noce.
-Hooo... Soufflai-je, Ils sont mariés ?
-Oui. Quand ils se sont rencontrés pour la première fois, ça a été un véritable coup de foutre.
-Ils en ont de la chance. S'aimer et vivre sous le même toit.
-Ça provoque aussi des disputes. Je ne te dis pas le nombre de fois où ils ont failli détruire la maison.
Nous rîmes de bon cœur. Ce que je ne savais pas, c'est qu'Emmett et Rose avaient vraiment manqué de mettre la maison en poussière, à plusieurs reprises.
Après quelques minutes de silence, je repris la parole.
-Ha oui, avant hier, je vous ai entendu parler. Edward a mentionné un secret...
Carlisle parut, l'espace d'un instant mal à l'aise.
-Emmett et Rosalie rentrent ce soir. Je te dirais le secret quand nous serons tous réunis...
Il se tourna vers moi pour achever sa phrase et me fit son sourire craquant
-En famille.
Mon coeur bondit de joie
-Oui.
Le restant du voyage se déroula en silence. Arrivés à New-York, je lui expliquai comment se rendre chez ma mère. Mon Ange se gara en face du vieil immeuble dans lequel j'avais vécu pendant 15 ans, et que j'allais maintenant quitter.
-Elle n'est pas là, Dis-je, Elle doit être déjà partie. Ça te dérange si j'y vais seule ?
-Non, je t'en prie.
Je pris le sac que m'avait donné Esmé, sortis de la voiture, traversai la rue et m'engouffrai dans le bâtiment délabré. Heureusement, je n'avais pas oublié mes clefs. J'entrai dans le petit appartement et commençai à remplir mon sac, dans la penderie. Les cours ne prenaient pas beaucoup de place. Mais, enfuie derrière mon le matelas, je sortis ma vieille atèle, seul souvenir de ma première rencontre avec Carlisle. Je la glissais à côté de mes cours quand soudain, j'entendis des bruits de pas entrant dans l'appartement. Je me retournai, savant déjà que je n'allais pas me retrouver face à mon Ange.
Ma mère, ivre de colère, ferma la porte derrière elle.
-Alors, on est revenue ? Demanda-t-elle d'une voix douce, Où t'étais passée ?
C'était le calme avant la tempête. Elle s'avança à pas lents vers moi. Je tremblais comme une folle. Elle remarqua mon sac entre-ouvert.
-Je ne te laisserai jamais partir.
D'une vitesse inouïe, elle me prit par les cheveux et écrasa ma tête trois fois d'affilées sur le sol. Mon nez commença à saigner.
-P-Pourquoi je pourrais pas partir d'ici ?
-POURQUOI ?
Elle me shoota dans le ventre, les côtes et la tête.
-Parce que maintenant tu peux m'être utile !
Ma vue se brouilla tandis que la douleur et le sang me signalaient quelques côtes et le crâne brisé.
-Maintenant tu peux me faire gagner de l'argent. Je pourrai enfin te donner quelques heures à des hommes en échange de quelques billets.
Elle posa son talon aiguille sur ma paupière gauche
-Pourquoi crois-tu que je t'ai laissé en vie jusqu'à présent ?
C'était donc ça. Voila la raison pour laquelle elle m'avait laissé vivre jusqu'à présent, pourquoi elle ne m'avait jamais tuée.
Lentement, elle enfonça mon œil dans son orbite. Je hurlai de douleur. Je le savais, plus personne ne pourrais me sauver, même plus Carlisle. J'allais mourir suite à mes blessures. J'en étais certaine.
On frappa à la porte. Ma mère me jeta dans la penderie avec mon sac et en ferma la porte. J'allais crever tel un rat, dans ce petit espace. J'aurai tout donné pour revoir une dernière fois le visage de mon Ange.
-J'arrive ! Roucoula le démon
Je l'entendis ouvrir la porte et pousser un léger cri de stupeur. Les voix se firent lointaines
-Vous êtes un client ? Où avez-vous eu mon adresse ? Vous êtes si beau... Pour vous, la première nuit sera grat...
Un bruit sourd me parvint difficilement aux oreilles et quelques instant plus tard, la porte de mon placard s'ouvrit.
-Amy...
C'était sa voix. Je fus submergée par la réalité: son visage angélique partagé entre la fureur, la tristesse et la peur, la douleur ma poignardant de partout et les paroles incompréhensibles de ma mère.
Sans trop savoir comment, je me retrouvai dans ses bras durs comme le marbre. Il regardait ma mère furieusement. De mon œil valide, je vis que le Carlisle qui me portait n'était pas le même que celui que je connaissais. Ce nouvel Ange me faisait peur.
-Vous... Vous n'allez tout de même pas me prendre ma fille !? Hurla ma mère
-Si ce n'est pas moi qui vous la prends, ce sera la mort.
Il passa devant ma génitrice et sortit de l'appartement. Comme par magie, nous nous retrouvâmes presque immédiatement dans sa voiture, moi sur le siège passager, lui sur le siège du conducteur. Je devais avoir perdu la raison.
-Carlisle... Croassai-je, Ta voiture va être tâchée de sang.
-Comme si cela avait une quelconque importance.
Je sombrai à nouveau. Je ne sentais plus la douleur, tout allait bien.
Soudain, une main froide serra la mienne
-Ressaisis-toi, Amy ! Ton coeur ne doit surtout pas lâcher. Et il lâchera si tu t'endors. Parle-moi !
-...Désolée.
-Pourquoi es-tu désolée ?!
-De te... Causer des soucis.
Il rit jaune
-C'est à moi de te dire ça. J'aurais dû venir avec toi.
Le silence revint
-Continue de parler !
-La... Semaine prochaine, Soufflai-je avec difficulté, Je vais... Dans les bois avec Alice.
-Tu ne crois pas si bien dire. Courage, on arrive.
Je n'avais pas vu le voyage passer. J'avais perdu toute notion du temps. Je sentis la voiture s'arrêter et je me retrouvai une nouvelle fois dans les bras de Carlisle, dans la maison. La lumière et les cris d'Alice me cassaient la tête.
-Carlisle-j'ai-vu-ce-qu'il-allait-arriver-mais-vous-étiez-déjà-partit-j'ai-pas-eu-le-temps-de-te-prévenir-et...
-Calme-toi Alice ! Ne respirez surtout pas. Je ne tiens pas à ce que l'un d'entre vous lui saute dessus.
-Je sais. Dit Esmé, Quand Alice nous a prévenu, j'ai demandé à Edward et Jasper d'aller chercher Emmett et Rose à l'aéroport.
Je sentis qu'on me déposait sur un matelas ou quelque chose du genre.
-Sage décision.
-Carlisle... Tu vas la... Souffla Esmé
Deux mains froides prirent ma gauche
-Amy... Me fais-tu confiance ?
-Ou...i, Murmurai-je
-Tu vas connaitre le secret? Mais ça va être très douloureux.
-Je sais... Transforme-moi. Je... Te fais confiance.
Intuition. Toujours et encore l'intuition. Je savais qu'il allait me transformer. Je ne savais néanmoins pas en quoi. En Ange peut-être, comme tout les Cullen. Je sentis ses lèvres dans mon cou. Si j'avais eu encore assez de sang, j'aurais certainement rougi.
-Excuse-moi Amy. Ça va faire vraiment mal.
Son souffle glacé ne me fit même pas frissonner et sa voix était de plus en plus lointaine.
Soudain, sa bouche s'ouvrit et ses dents transpercèrent ma peau puis mon artère.
Une douleur sans précédent m'envahit. C'était comme si des milliers de guêpes m'avaient piquées, des milliers de mères m'avaient frappées, des milliers de pots d'acide m'étaient tombés dessus, des milliers de flammes m'avaient léchés le corps. Non, cette douleur n'était pas descriptible, tellement elle était horrible.
Je voulus ouvrir les yeux, mais mes muscles m'avaient quittée. Je voulus hurler, gémir, pas un son ne sortit de ma bouche. Pas un centimètre carré de ma peau ne me faisait pas mal.
Au final, ce n'était pas plus mal. Je ne voulais pas que mon Ange, mes Anges sachent que j'avais mal.
Je fus étonnée d'entendre les battements de mon coeur, moi qui croyait qu'il allait s'arrêter d'un instant à l'autre.
Mais je sombrai lentement dans les ténèbres, la douleur étant trop forte. Mais les ténèbres, n'était-ce pas la mort ? Il y avait quelques secondes -ou minutes, ou heures, je ne savais pas- j'étais tétanisée par la douleur. Là, je ne sentais plus rien. Or, avoir mal est une preuve de la réalité. Sauf si j'étais déjà morte et en enfer. Je savais que je devais retrouver les flammes qui me léchaient le corps. C'était une intuition encore plus forte que les autres. Ça relevait presque de l'instinct de survie. Luttant contre les ténèbres, le mal revint, plus puissant que jamais. J'entendis des bruits de pas.
-Elle ne s'est toujours pas réveillée ? Demanda Esmé
-Non. Murmura la voix de mon Ange
-Ça va faire trois jours. Et tu n'as pas quitté son chevet.
-Je sais. Mais les battements de son coeur se font de plus en plus rapide. Ça touche à sa fin. Elle doit même nous entendre. Je vais lui raconter, tout ce qu'il y a à savoir.
-D'accord.
Esmé sortit de la pièce. Au loin, j'entendis cinq démarches d'une tonalité différente. Depuis quand avais-je une aussi bonne ouïe ?
-Amy... Comme tu l'as entendu, je vais te raconter mon histoire, le secret de la famille, qui sera aussi le tiens, quand tu te réveilleras.
Il m'expliqua tout: Qu'il était né dans les années 1600, comment à l'époque, on chassait les créatures blasphématrices, comment il s'était fait mordre, comment il avait enduré seul la souffrance, comment il s'était rendu compte de ce qu'il était devenu, comment il avait tenter de mettre fin à son existence, comment il avait découvert qu'il pouvait se nourrir de sang d'animal, comment il avait longtemps lutté contre l'odeur du sang, comment il avait sauvé Edward et puis Esmé.
Je savais maintenant tout ce qu'il y avait à savoir sur notre espèce: celle des vampires. L'espèce était bien différente des anges, mais était tout aussi fascinante. Et de toute façon, pour moi Carlisle resterait toujours mon Ange.
Sa voix avait apaisé la douleur. Mais les battements de mon coeur devinrent de plus en plus rapides et l'incendie, qui ne brûlait plus au niveau de mes mains et de mes pieds augmentait dans ma poitrine. Plus la douleur était forte dans mon coeur, moins elle l'était dans le reste de mon corps.
Maintenant, mon coeur me faisait horriblement mal. J'avais peur d'ouvrir la bouche et de hurler. Six bruits de pas différents -dont ceux d'Esmé- montèrent et arrivèrent dans la pièce.
Mon coeur s'arrêta soudain de cogner dans ma poitrine et un dernier battement fit écho. Je n'avais plus mal.
J'avais peur d'ouvrir les yeux. Étais-je bien transformée ? Étais-je bien devenue un vampire ?
-Amy ? S'inquiéta Carlisle
Ma gorge était sèche. J'avais soif. Il m'avait prévenu: ça allait être très difficile au début.
J'ouvris les yeux et le vis. Son visage d'Ange était plus beau qu'avant. Il me tenait la main. Je remarquai que la sienne n'était plus froide. Ou c'était plutôt la mienne qui était devenue glacée.
Il me sourit et je me redressai en une fraction de seconde. Je voulus parler, mais aucun son ne sortit de ma bouche
-Et si tu respirais pour parler ?
Je pris une bouffée d'oxygène. Pleins d'odeurs encore inconnues m'arrivèrent au cerveau. Je regardai mes mains blanches puis, une nouvelle fois Carlisle, mon Ange. Je pouvais voir les minuscules grains de poussière volant entre lui et moi. Je n'étais pas habituée, moi qui était censée mettre des lunettes à l'époque où j'étais encore humaine. Je battis les mains, il me regarda l'air amusé et à la fois soucieux pour ma santé mentale.
-Qu'y a-t-il ?
-La poussière m'empêche de bien te voir ! Dis-je d'une voix aussi chantonante que celle d'Alice, Waouh, qu'elle voix !!
J'entendis des rires, lançai un regard par dessus l'épaule de Carlisle et sautai sur l'appui de fenêtre derrière moi. Tout cela c'était passé extrêmement vite, un quart de seconde à peine. Un grondement sourd se fit entendre de ma poitrine, puis je reconnu Esmé, Alice, Edward et Jasper. Il y avait bien deux inconnus mais je savais déjà que c'étaient Emmett et Rosalie.
Je sautai par dessus le divan et me retrouvai à côté de Carlisle.
-Excusez-moi...
-Tu n'as pas à t'excuser, Me dit mon Ange blond, C'est une réaction normale face à des inconnus. Surtout quand on est pas encore... Civilisé.
-Mais ! M'exclamai-je, Emmett et Rosalie ne sont pas des inconnus si ils font partie de la famille !
Tous rirent. Alice et Esmé s'avancèrent
-En tout cas, Me lança le lutin, Maintenant je peux le dire: Bienvenue dans la famille sœurette !
Je souris
-Merci, grande sœur !
-Elle m'a l'air sympa cette petite ! Dit Emmett, Un peu frêle mais bon.
Carlisle m'ébouriffa les cheveux
-On en fera quelqu'un de bien.
Je baissai les yeux, un peu gênée par ses paroles, surtout avec ce que j'avais à dire
-Heu... Dites... J'ai... Très soif.
Mon Ange me sourit gentillement
-C'est normal. Un nouveau-né a toujours soif. Je dois dire que ça fait longtemps que je ne suis plus parti chasser. Allons-y ensemble.
Alice sautilla sur place
-Je viens avec vous alors !!
-D'accord. Vu l'heure, on ne rencontrera aucun humain. Ce n'est pas plus mal.
-Il est quelle heure ? Demandai-je
-Il est 2h30 du matin, et nous sommes jeudi. Me répondit Alice
Emmett avança de quelques pas et se tourna vers ses frères et sa femme.
-Mes amis, les paris sont ouverts !
-Je parie sur deux. Dit Edward
-Moi cinq. Lança Jasper
-Ok je parie sur deux moi aussi.
Rosalie nous rejoignit en soupirant tandis que Carlisle se pinçait l'arrête du nez et qu'Alice et Esmé lançaient un regard furieux aux garçons.
-Vous pariez sur quoi ? Demandais-je
Emmett s'approcha et me tapota la tête
-Tu es trop jeune. C'est pas pour les gamines les paris.
-J'suis pas une gamine, j'ai 15 ans !
-C'est bien ce que je dis. Pouffa-t-il
Rosalie leva les yeux aux ciel
-Il peut bien parler. Ils parient sur le nombre d'humains que tu vas tuer.
-Quoi ? Parce que tu crois que je vais tuer des humains ? Dis-je en me tournant vivement vers mon nouveau frère
-Tu veux que je sois franc, p'tit chaton ? Ouais.
Je fulminai. Je l'aurais tué sans demander mon reste si Carlisle n'était pas intervenu en me prenant le poignet
-Calme-toi, Amy. Ne te laisse pas envahir par les émotions. Quant à toi, Emmett, ne la cherche pas. En tant que nouveau-né, elle est plus forte que toi je te rappelle.
Moi plus forte que ce deux tonnes ?
Je lançai un regard furieux vers mon frère-armoire à glace
-Zéro ! Je parie que je n'en tuerai jamais un seul !
Il rit
-Et puis-je savoir ce que tu as à mettre en jeu ?
Je réfléchis quelques dixièmes de secondes puis lança, un sourire aux lèvres
-Je ferai tout ce que vous voudrez pendant 50 ans ! Je pourrai même vous appelez «Mes maîtres vénérés»
Cette proposition parut enchanter le géant
-Parfait ! Tu peux déjà commencer à nous appeler maîtres !
-Tu rêves Emmett ! Maintenant, si je gagne, je veux que vous fassiez le tour de la maison accroupis en chantant l'hymne nationale ! Et en caleçon s'il vous plait !
Jasper et Edward grimacèrent tandis que mon aîné riait
-Ok. De toute façon, tu vas perdre.
-On verra bien, Dis-je
Je me tournai vers Carlisle
-Ça prend combien de temps pour devenir civilisé ?
-Tout dépend de l'individu. Maintenant, on y va. Je ne tiens pas à ce que la passion des paris de mes fils déteigne sur toi.
Il me prit par la main et nous sortîmes de la pièce -qui se trouvait au dernier étage- suivit par Alice.
Arrivés dans le salon, je me raidis en passant devant un miroir et m'arrêtai net.
-Ho mon dieu... Soufflai-je
Je me reconnaissais à peine. J'étais devenue si belle. J'étais habillée d'un simple jeans et d'un T-shirt bleu marine, mais ils me seyaient à merveille. Alice m'avait sûrement changée durant mon sommeil -du moins j'espérais que c'était Alice. Mon nez était devenu droit, mes dents étaient toutes correctement alignées et mon œil gauche était là, comme si il n'avait jamais été enfoncé dans son orbite. Je grimaçai néanmoins en voyant que le joli bleu de mes yeux avait été remplacé par du rouge sang
-Pourquoi j'ai les yeux rouges et pas comme vous ?
-C'est la couleur des yeux des nouveaux nés ainsi que des vampires se nourrissant de sang humain, M'expliqua Carlisle, Tes pupilles deviendront mordorées après quelques temps, quand tu te seras nourrie suffisamment de sang d'animal.
J'entendis d'en haut Emmett rire et dire qu'il fallait que je ne cède pas à la tentation car sinon, j'aurais les yeux rouges encore plus longtemps et surtout, j'allai devoir obéir à tout ses caprices, même les plus stupides.
Carlisle soupira et nous entrâmes dans le garage puis montâmes dans la voiture, qui démarra rapidement et s'engouffra dans la noirceur de la nuit. Pourtant, je voyais comme en plein jour. Mes yeux -rouge- étaient encore meilleurs que ceux d'un chat.
-Si tu veux Amy, Me dit mon Ange, la chambre dans laquelle tu t'es réveillée pourra être la tienne. Elle est déjà meublée mais inoccupée.
Je souris
-C'est vrai ?
-Bien sûr. Ce n'est pas parce que nous ne dormons pas que nous n'avons pas le droit à un endroit où rester seul, histoire d'avoir un peu d'intimité.
La joie monta dans mon corps entier. J'étais tellement heureuse. Je n'avais jamais eu de chambre, hormis ce maudit placard. Malgré ma joie, je fronçai les sourcils
-De l'intimité... Mais Edward sait lire les pensées...
Alice rit
-Oui, il est au courant de tout nos petits secrets. C'est parfois embarrassant pour nous, un don pareil.
-Je me demande si j'en ai un moi aussi...
-On le saura bien assez vite. M'assura Carlisle
Soudain, je me retournai sur mon siège pour dévisager Alice qui elle, était assise sur la banquette arrière
-En parlant de don, Grondai-je, Tu as triché à la partie d'échec de ce week-end ! Tu as vu tout les coups que j'allais jouer !
Elle s'esclaffa
-J'avoue ! Mais je n'y peux rien si les images me venaient comme ça !
-J'exige une revanche !
-Tu perdras encore ! Me lancèrent les deux, riant en chœur
Je me retournai sur mon siège, ronchonnant.
Puis, une étrange sensation arriva à mon cerveau. On allait faire une rencontre, j'en étais certaine. C'était comme une intuition, mais en beaucoup plus fort.
-C'est bizarre, Dis-je, J'ai l'impression qu'on va rencontrer des gens et que c'est assez important.
Alice passa ses bras autours de moi et me plaqua contre le siège.
-Des humains ! On va les croiser d'ici très peu de temps. Arrête ta respiration, vite !
J'obéis et ne respirai plus.
-Bons réflexes, Alice, Dit Carlisle en passant à côté d'un groupe de lycéens complètement saoul, Vu son état de nouveau-né, elle n'aurait pas résisté à l'odeur. C'est bon Amy, tu peux respirer.
Comme un brave chien obéissant, je refis fonctionner mes poumons.
-Les humains ont donc une odeur tellement... Alléchante ? Demandai-je
-Disons qu'il est très difficile d'y résister, Me dit mon Ange, Les instincts sont très forts. Mais je n'aimerais pas que tu tues un innocent et que tu t'en veuilles après? A moins que cela ne te dérange pas.
Il avait terminé sa phrase en se tournant vers moi, l'air grave. Je fus mal à l'aise.
-Je dois avouer que j'ai tellement soif que je me jetterais sur n'importe quoi... Quand on est passé à côté des lycéens, ma gorge m'a horriblement brûlée. Mais je vais tout faire pour me contrôler. Je ne veux pas vous décevoir et de toute manière, je ne veux pas tuer d'humains.
Carlisle sourit et je vis Alice faire de même dans le rétroviseur.
-Tant mieux, Dit-il, En plus, j'aurais de la peine de te voir obéir à tout les ordres des garçons. Puis ça me ferait plaisir que tu gagnes ton pari. Ca empêchera surement Edward, Emmett et Jasper de parier pendant un bon bout de temps.
Alice rit et dit de sa voix de clochette que ça l'étonnerait beaucoup qu'ils se passent de leurs paris et qu'au mieux, ça les empêcherait juste de faire ça avec moi.
Carlisle gara la voiture au bord de la route. Celle-ci menait, quelques mètres plus loin à un chemin de terre. A notre gauche, il y avait une forêt que mon intuition présenta comme très dense. Je disais intuition, mais j'en étais certaine, comme si une petite voix me l'avait dit dans le creux de l'oreille.
Nous sortîmes de la voiture. Bien qu'il fasse nuit et que j'étais en T-shirt, je n'avais absolument pas froid. Le bruit des feuilles tremblant sous le vent me chatouilla les oreilles. Le statut de vampire me plaisait de plus en plus, même s'il était difficile de contrôler sa soif.
-Bon, Dit Carlisle, On te laisse faire. Mais nous te suivrons de près, histoire de voir si tu ne fais pas de bêtises. Donc, ne courts pas trop vite non plus.
-Ce serait dommage qu'on te perde, Lança Alice, Esmé ne serait pas très contente.
Je souris
-Bah, vous me retrouverez facilement, non ? Grâce à mon odeur.
-Peut-être, mais tu nous surpasses en tout point, Dit mon tuteur, Que ce soit en vitesse ou en force.
-Ho... Soufflai-je
-Allons-y maintenant ! Dis Alice, surexcitée
Sans un mot, je lançai un regard vers la forêt et entrai dedans à une vitesse vertigineuse. Même si j'allais très vite, je remarquais tout les détails, comme si j'avais avancé d'un pas lent. J'entendis mes deux complices derrière moi.
Je savais -intuition toujours- que j'allais bientôt me trouver face à du gibier. Effectivement, une forte odeur me vint aux narines. Je bifurquai vers la droite et, après quelques secondes de course, me trouvai face à un groupe de cerfs, biches et faons.
Je me jetai sur la plus grosse bête et lui cassa le cou. L'animal n'avait rien vu venir. Il était mort sans s'en rendre compte. J'enfonçai mes dents aiguisée comme des lames de rasoir dans son encolure chaude et le vidai de son sang lentement.
Arrivée à la dernière goute, je me retournai et vit Alice et Carlisle debout derrière moi, chacun un cadavre à ses pieds.
-Tu as pris le plus gros ! Me dit ma sœur
Je voulus lui tirer la langue mais j'avais encore trop soif pour me concentrer sur autre chose que ma gorge brûlante.
Je repartis sans un mot, à la poursuite du groupe qui s'était maintenant éparpillé dans la forêt. Je me lançai sur les traces d'une biche. Elle n'était pas seule, son petit était avec elle. A une centaine de mètre de ma proie, Carlisle m'attrapa le poignet
-Amy, il ne faut pas que...
Je vis rouge. Mon instinct de prédateur me disait qu'il voulait la même proie que moi. Un grondement sourd se fit entendre de la poitrine et je me jetai sur mon supposé ennemi.
Dans un bruit sourd, nous tombâmes sur le sol. A peine étions-nous à terre que ma conscience reprit le contrôle
-Carlisle !!! Excuse-moi ! Pardon ! Pardon !
Je ne savais plus où me mettre. Je me relevai en une demi seconde, et il fit de même. Je portai mes mains à mon visage, plus choquée que jamais par ce que je venais de faire: j'aurais pu le tuer.
-Excuse-moi... Répétai-je
-Allons Amy, ce n'est rien, tout le monde va bien.
-Mais... Mais je...
-C'est normal, ce sont des débuts, Me coupa-t-il d'une voix douce, Je voulais juste te préciser qu'il faut faire attention à ne pas chasser les mères. Sinon leur petit se retrouverait seul et serait voué à une mort certaine. Tuer deux êtres pour le prix d'un, ne crois-tu pas que cela est un peu de trop ?
Je hochai la tête. Il avait raison. Il était si prévoyant, si gentil. Comment était-ce possible une gentillesse pareille ?
-Dans un sens, Carlisle, Dit Alice, On ne peut pas non plus lui demander de se contrôler aussi bien pour une première fois.
Il sourit, laissant voir ses dents blanches
-Tu as raison. Continuons notre chasse.
-Je vais faire des efforts. Dis-je
Il passa une main dans mes cheveux
-Je suis déjà très fier de toi. Tu aurais pu me blesser, mais tu ne l'as pas fait. C'est très bien tu sais.
Timidement, un sourire se dessina sur mes lèvres. J'adorais qu'il me complimente, cela me donnait une volonté hors du commun.
Nous continuâmes notre chasse puis, après avoir été rassasiés, nous rentrâmes à la maison. Le soleil était déjà levé une fois arrivé à la demeure. Le chef de la famille expliqua notre sortie en détail. Quand il décrivit le moment où nous avions croisé les lycéens, Emmett poussa un juron et se maudit d'avoir parié avec moi. Un sourire le gagna néanmoins quand il apprit que j'avais manqué d'attaquer Carlisle
-Au moins tout espoir n'est pas perdu !
Personne n'avait l'air de s'inquiéter outre mesure du fait que j'avais attaqué mon Ange. Mais j'avais été dégoutée de moi-même et m'étais jurée de garder mon self-control: je n'allais jamais tuer aucun humain et j'allais encore moins attaquer un membre de ma nouvelle famille.
Quand cette pensée me traversa l'esprit, je vis Edward me sourire. Plus les minutes passaient, plus je le savais: j'allais enfin être heureuse et ce, pour l'éternité.
