Note : Merci pour vos reviews :3 La flemme de faire une intro, zoup on y est.
Ven suit les contours du tatouage tandis que Roxas et Axel, assis sur une pierre au loin, rient d'une histoire qu'ils ont entendue cent fois déjà.
Il le connaît par cœur. Depuis le jour où il a cicatrisé, il l'a regardé chaque matin et chaque soir en essayant d'imaginer ce qui lui manquait, la raison pour laquelle Vanitas le considérait encore comme imparfait. Il n'y a rien, pas d'arrêt brusque d'une ligne ou l'autre, pas de forme inachevée. Les traits et courbes bleues qui entourent la marque paraissent aussi aboutis qu'ils peuvent l'être. Mais Vanitas n'en était pas totalement satisfait.
Que lui manque-t-il donc ?
Il s'est posé la question des centaines, des milliers de fois. Deux années entières – la réponse reste pourtant aussi insaisissable qu'au premier jour, voire plus encore. Les souvenirs de ce jour-là s'estompent petit à petit. Chaque matin est un soupir de perdu, une expression indéchiffrable, une phrase tronquée puis totalement absente. Il s'en rappellera toujours, il le sait, mais cette perte inéluctable le rend plus triste qu'il ne l'aurait souhaité.
Axel a apparemment volé quelque chose à Roxas. Ce dernier s'est levé d'un bond et tente de l'attraper, sans succès.
Ven a un vague sourire. Son esprit vogue encore jusqu'à Vanitas.
Tu as dit qu'on se reverrait. Ça fait deux ans. C'est assez long, non ? J'ai suffisamment attendu. Je ne veux pas attendre plus longtemps.
Axel se dirige vers lui. Il se relève.
— Roxas prétend que vous pouvez soulever cette pierre, là-bas, en vous y mettant tous les deux. C'est vrai ?
Ven penche un peu la tête. La pierre qu'il désigne doit peser plusieurs tonnes. Roxas ment.
L'un comme l'autre pourrait la déplacer seul.
Mais Axel n'a pas besoin de le savoir.
— Je n'en suis pas sûr, répond-il. Enfin, on ne perd rien à essayer.
Il rejoint Roxas en trottinant.
— En nous y mettant ensemble, on peut y arriver, n'est-ce pas ? dit-il.
Ven acquiesce en silence. Il prend la main de son frère, puis tous deux ferment les yeux. La pierre tremble d'abord, puis se détache de la terre dans laquelle elle était profondément enterrée pour flotter quelques centimètres au-dessus du sol. Axel pousse un sifflement impressionné.
— Pas mal, dit-il comme elle reprend lentement sa place. Vous ne cesserez jamais de vous améliorer, on dirait.
Roxas éclate de rire.
— Tu ne sais pas à qui tu as affaire !
Axel lui adresse un clin d'œil avant de retourner dans la maisonnette. Ven se mordille nerveusement la lèvre inférieure. Il n'a même pas bronché un instant. Il sait que Roxas aurait pu la soulever plus vite, plus haut, plus longtemps. Il ne l'a pas fait que pour ne pas attirer les soupçons. Parce qu'Axel les surveille et qu'il le sait très bien.
Devoir se limiter à la médiocrité devient un défi quand on la dépasse de loin.
— Il finira par le savoir, remarque Ven en se tournant vers la maison. On ne va pas pouvoir le cacher beaucoup plus longtemps. Il l'a vu, tu sais. Après tout, c'est un magicien.
— Un pyromancien, et aucun de nous ne maîtrise le feu.
— Ça ne l'empêche pas de remarquer nos progrès. Combien de temps faudra-t-il pour qu'il sache où nous en sommes ? Il passe son temps à nous regarder faire.
Roxas passe une main dans ses cheveux.
— On ne peut pas le lui dire, déclare-t-il. Il se doute de quelque chose.
— Il aurait dû comprendre il y a bien longtemps. Il est retourné à la ferme, tu sais, celle où on s'était arrêtés il y a quelques années. Avec la fille malade.
Roxas paraît un peu gêné.
— Il a prétexté devoir y acheter de quoi passer l'hiver, l'année dernière, continue Ven. Il ne nous en a rien dit, bien sûr.
— Qui te l'a dit, alors ?
— Les nouvelles vont vite quand le vent souffle. Je le trouvais bizarre, alors je l'ai fait suivre. La famille a élevé un petit temple aux anciens dieux dans l'enceinte de la ferme. Et tu sais pourquoi ? Parce que la fille a miraculeusement guéri après le passage de deux enfants marqués par les dieux.
— Ils nous avaient accueillis plusieurs fois, se défend Roxas. Ils méritaient bien qu'on s'en occupe, non ?
— C'était stupide et dangereux.
— Ça ne pouvait pas faire de mal.
— C'était la meilleure façon pour que notre mère se mette à nos trousses ; une chance qu'elle ne s'intéresse pas plus aux petits problèmes humains. Axel s'en doute, Roxas.
— Il se méfie de nous...
— Il s'est toujours méfié. Il le cachait bien, c'est tout. Il faut redoubler de prudence. Il s'en ficherait peut-être, mais...
— Même s'il ne croit pas aux légendes, il reste un être humain, termine Roxas, pensif.
Il prendra peur, comme tout le monde. Et s'il n'a pas peur, il cessera au mieux de les considérer comme des gens comme les autres.
— Il va nous haïr, murmure Roxas.
— Je n'en sais rien.
— On ne peut pas le laisser l'apprendre.
Ven regarde le ciel.
— On pourrait s'en aller, dit-il. On est assez grands pour se débrouiller seuls.
— Je n'irai nulle part.
Sa voix ne présente pas la moindre trace d'hésitation.
— C'est juste l'affaire de...
— Non, le coupe Roxas. Tu ne comprends pas. Je n'irai nulle part. Je ne veux pas m'en aller.
— À cause d'Axel ?
Pas de réponse. Il a l'air un peu triste. Ven le regarde dans les yeux.
— Tu es tombé amoureux, comprend-il, interdit. Depuis quand ?
— J'en sais rien, marmonne Roxas. Ça n'a aucune importance.
— Si c'est l'unique raison qui te pousse à te mettre en danger, ça en a. On aurait dû s'en rendre compte plus tôt. On aurait dû...
— Ça n'a aucune importance. Ça n'a aucune chance d'aboutir à quoi que ce soit. Il ne le remarquera jamais, Ven.
— Ne le prends pas pour un imbécile.
— Je sais... ah, c'est ridicule. Il ne sait rien pour l'instant, si ? Tant qu'on fait profil bas, on devrait s'en sortir.
— Et s'il découvre le pot aux roses ?
— On s'en ira.
— Je croyais que tu ne voulais pas t'en aller, soulève Ven.
— Pas tant que nous n'y sommes pas obligés. Mais s'il...
Il s'éclaircit la gorge.
— Enfin, on y réfléchira plus tard. Je rentre.
Ven le suit des yeux un moment avant de prendre sa suite.
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Le vent souffle fort lorsque Roxas, une capuche rabaissée sur la tête, se faufile hors de la cabane au milieu de la nuit. Ven dort comme un petit enfant, les jambes contre sa poitrine, calé au fond d'une couverture qui a connu des jours meilleurs.
Le lit d'Axel, lui, est vide. Il est sorti quelques minutes plus tôt, en toute discrétion, ou le croit-il.
Pas assez, en tout cas, pour se soustraire au regard de Roxas.
Il fait nuit noire, dehors, mais la demi lune éclaire suffisamment pour qu'il puisse suivre son chemin sans se perdre. Il a toujours eu de bons yeux. Encore un cadeau offert par sa mère ; celui-là, au moins, est plus utile que la marque sur son bras.
Les feuilles craquent à peine sous ses pieds. Il n'a pas besoin de voir Axel ; il reconnaîtrait sa fragrance entre mille, et la forêt a tendance à conserver les odeurs longtemps après le passage de ses multiples visiteurs. Aucune chance de perdre un être humain parmi les plantes et les animaux qui peuplent les bois. Il a toujours été doué pour suivre les pistes.
Il doit marcher plus d'une heure pour enfin apercevoir le magicien, loin devant. Un être humain ne l'aurait même pas remarqué.
Il n'a jamais été très doué pour grimper aux arbres, mais il y parvient sans trop de peine, cette fois. Le vent qui souffle couvre le bruit de ses chaussures contre l'écorce. Il s'accroupit sur une branche, l'oreille tendue.
Axel n'est pas seul. Quelqu'un d'autre, en face de lui, est assis au sol. Un feu s'allume sans qu'aucun des deux ne semble bouger. Pyromancien, songe Roxas ; voilà qui est pratique, parfois.
Le magicien s'assied à son tour. Roxas ne voit pas son visage. Il le regrette un peu, mais il est hors de question qu'il se déplace. Ils le remarqueraient sans doute.
— Te revoilà, dit une voix usée par le temps.
Un vieil homme. Son visage est éclairé par les flammes jaunes qui dansent devant lui. D'épais sourcils sévères surmontent ses yeux étrangement globuleux. Une longue barbe grise traîne pratiquement jusqu'au sol. Roxas ne l'a jamais vu.
Il le déteste déjà.
— Maître Yen Sid, le salue Axel.
Dans sa voix, il y a une déférence que Roxas n'y avait jamais entendue. Axel n'est pas du genre à montrer du respect à ses aînés.
— Tes protégés te posent-ils encore soucis ?
Encore ?
La main de Roxas se resserre sur la branche à laquelle il s'accroche. Comment Axel l'a-t-il appelé ?
— Je n'en sais rien, dit Axel. Je ne sais plus quoi penser.
Il a l'air désespéré. Pourquoi ?
— T'ont-ils suivis jusqu'ici ? demande le vieil homme.
— Non.
— En es-tu certain ? Tu as dit toi-même qu'ils ne cessaient de te surprendre.
— J'ai couvert mes traces et laissé de nombreuses pierres sur le chemin. S'ils s'approchent de l'une d'entre elle, je serai aussitôt prévenu.
Raté, Axel, a envie de lui dire Roxas. Mais c'était bien tenté.
— Parle, ordonne le vieillard.
— Ils me cachent des choses. J'en suis certain. Roxas ne cesse de faire des progrès, pourtant j'ai l'impression qu'il ne les fait que pour me satisfaire. Je l'ai bien regardé, ces dernières semaines. Il se contient.
— Et l'autre ?
— C'est difficile à dire. Il ne fait pas grand chose.
Silence.
— As-tu examiné la marque ?
Le sang de Roxas se glace dans ses veines.
Maître Yen Sid. Il a déjà entendu ce nom-là.
— Comme j'ai pu.
Il se penche vers le sol pour la dessiner dans la terre à peine éclairée. Roxas se mord l'intérieur des joues. Il n'a pas pu la regarder avec suffisamment de détails ; Ven la tient toujours à l'abri des regards, et la sienne est...
L'homme l'examine longuement. Soudain, Roxas se souvient.
Yen Sid. Un vieux magicien tenu à l'écart des autres hommes. Un érudit, disait-on. Il se rappelle une jeune fille rousse, quelque part dans une des premières cités où il s'étaient arrêtés, Ven et lui.
Yen Sid est en ville. Vous devriez partir.
Pourquoi ?
Il traque les nephilims et les enfants maudits. Il les étudie. C'est ce qu'on dit, mais je n'y crois pas. Vous devriez partir.
Ils avaient obéi.
— Ils ne sont pas humains, dit Yen Sid. Et ils ne sont pas maudits.
Personne n'est là pour voir l'horreur se peindre sur les traits de Roxas alors qu'il pense : Axel est allé chercher un chasseur capable de nous éliminer.
Pire.
Axel nous a trahi.
Non !
— Ils se sont moqués de moi, dit Axel en effaçant le dessin. J'ai espéré...
— Les petits nephilims tordent l'esprit des personnes auxquelles ils s'accrochent pour pouvoir survivre. Ils t'ont manipulé, mais tu n'as pas à t'en vouloir. Nombreux sont ceux à tomber dans le panneau.
Mais il a tort. Lui et Ven n'ont jamais rien fait qui puisse...
— Que veulent-ils ?
— Ton cœur et ton âme. Ils s'en nourrissent comme des sangsues se nourrissent du sang de leurs victimes. Ils sont plus dangereux que tu ne peux l'imaginer.
— Ils ont pourtant l'air inoffensifs...
— Ils l'étaient peut-être lorsqu'ils étaient enfants. Prends garde, Axel. Tu n'es pas de taille à leur faire face. S'ils se retournent contre toi...
— À quel point leurs pouvoirs sont-ils étendus ?
— Quel âge ont-ils ? répond Yen Sid.
— Quinze, je crois. À moins qu'ils m'aient menti.
— Parce qu'ils sont encore jeune et qu'ils sont deux, je dirais qu'ils sont suffisamment étendus pour mettre à mal un très bon magicien. Pour autant, ils restent relativement faibles pour leur espèce. S'ils sont ici, leur mère est toujours en vie. Ainsi, c'est elle qui garde le plus dangereux des pouvoirs.
— Mais moi...
— Tu n'as aucune chance.
Aucune chance ? Pourquoi devrait-il en avoir une ? Axel ne s'opposerait pas à eux. Il les aime, non ? N'a-t-il pas juré qu'ils étaient amis ?
Un ami qui prend des rendez-vous secrets avec un sorcier comme Yen Sid sans se soucier de ce qu'il pourrait faire à des enfants comme eux.
Tu ne vas pas le laisser faire, Axel, hein ?
— Je pourrais t'aider à te débarrasser d'eux.
La formulation lui fait froid dans le dos. Il serre les dents. Axel, lui, soupire.
— Rien ne presse. Je prendrai mes propres dispositions.
L'homme hoche lentement la tête.
— Bien. Tu sais ce que tu as à faire si la situation tourne mal.
Axel se relève. Le cœur de Roxas cogne contre sa poitrine. Il peut à peine respirer.
Axel est en train de nous trahir.
Axel pense à nous éliminer.
Qu'est-ce que...
Le pyromancien salue le vieillard avant de tourner les talons. Il ne remarque pas l'adolescent au-dessus de sa tête, pas plus qu'il ne l'entend sauter au sol, quelques minutes plus tard, devant le feu haut et clair qu'il a allumé plus tôt.
— Lequel des deux es-tu ? prononce le vieil homme.
— Vous m'aviez vu arriver.
Il le sait depuis le début. Yen Sid s'est joué d'Axel comme Axel s'est joué d'eux, comme ils se sont joué d'Axel. Il serre les poings, une fois encore. Tressaille.
— Axel... il...
Les larmes qui lui montent aux yeux n'ont rien de feintes. Elles n'ont rien à voir avec une quelconque tentative de manipulation.
— Cesse donc ces enfantillages. Lequel des deux es-tu ?
Je croyais pouvoir lui faire confiance.
Il nous a trahi.
Il...
Roxas relève les yeux vers Yen Sid. Celui-ci soutient son regard sans ciller.
— Vous vous trompez, murmure Roxas.
Yen Sid ne répond pas. Lentement, il se redresse afin de lui faire face. Roxas recule d'un pas.
— Vous vous trompez, répète-t-il.
— N'essaie pas de m'attendrir, enfant. Tu n'arriveras à aucun résultat.
— Ce n'est pas ce qu'il fait, dit une voix derrière le vieil homme.
Une voix identique à celle de Roxas. Le vent souffle plus fort encore. Tu l'as entendu, toi aussi ?
— J'aurais dû m'en douter, marmonne le vieux mage.
Ven a l'air triste. Son regard croise celui de Roxas.
— Vous vous trompez, dit Ven, quand vous dites que nous sommes faibles parce que nous sommes deux.
Nous avons fui parce que nous sommes deux, pense Roxas. Nous avons survécu parce que nous sommes deux. Et tant que nous resterons ensemble...
L'homme passe à l'attaque à une vitesse étonnante pour son âge. Ses mains claquent au-dessus de sa tête et, bientôt, les jumeaux sont encerclés par des barreaux de lumière vive qui, lentement, se rapprochent d'eux.
Le vieil homme pense avoir gagné.
... nos pouvoirs resteront assez étendus pour mettre à mal le plus puissant des magiciens.
Il passe à travers les barreaux comme s'ils n'étaient rien d'autre qu'un rideau de fumée. Yen Sid a à peine le temps de réagir ; déjà, Roxas est derrière lui et le maintient en place tandis que son frère, doucement pose sa main sur son front.
— Dors, maintenant.
— Vous...
— Dors.
L'homme lutte quelques secondes encore avant de s'affaisser dans les bras de Roxas qui le relâche aussitôt.
— Vieillard stupide, siffle-t-il.
Sa voix se brise sur la fin. Il sourit tristement.
— Allons-nous-en, dit Ven en lui prenant la main.
Lorsque Axel arrive chez eux, cette nuit-là, c'est pour découvrir une maison vide.
Les garçons n'ont rien pris avant de partir. Ils se sont simplement envolés. Axel passe une main dans sa nuque tout en secouant la tête, dépité.
— On aurait pu en discuter, dit-il au silence.
Seul le silence lui répond.
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— On ne peut faire confiance à personne.
Ven reste muet. Il écoute.
— Notre mère veut notre mort, reprend Roxas. Axel nous a trahi. À qui sommes-nous censés...
— Tais-toi, Roxas, lui intime son frère.
Roxas s'exécute, mais ça ne l'empêche pas de soupirer à tout va. Enfin, Ven se tourne vers lui.
— Je l'ai trouvé. Suis-moi.
— Et on va où, exactement ?
— Tu te souviens du garçon un peu bizarre qui était chez Luxord avec nous ? Vanitas.
— Ah, lui. Et quoi, tu comptes lui rendre une petite visite ?
Ven hausse les épaules.
— Quand je disais qu'on ne pouvait faire confiance à personne, j'étais sérieux, tu sais. Se planquer chez un gamin au hasard n'est pas...
— Il ne nous trahira pas.
— Qu'est-ce que t'en sais ?
Ven sourit.
— Parce qu'il est déjà au courant.
— Hein ? Tu le lui as...
— Bien sûr que non. Il le savait déjà. On s'en fiche, Roxas. Il sait ce que nous sommes et il n'a pas peur de nous. J'en ai marre de marcher pour aller nulle part.
— Si c'est juste pour terminer ton stupide tatouage...
— Fais ce que tu veux mais, moi, j'y vais.
Comme d'habitude, Roxas le suit sans faire d'histoires.
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Vanitas n'est pas là quand ils arrivent enfin devant ce qui semble être l'endroit où il habite. Il vit au premier étage de la boutique d'un vendeur de tissus bas de gamme. Assis devant la porte, ils attendent.
Par habitude, Ven referme la main sur son avant-bras. Il n'est pas sûr de ce qu'il doit ressentir. Peut-être pas cette appréhension qui le le quitte plus depuis qu'il est entré en ville. Il faut dire que le regard des habitants doucherait l'enthousiasme de n'importe qui.
Fatigué par la route, il est prêt à s'endormir sur l'épaule de son frère quand ce dernier le ramène d'un coup de genoux à la réalité.
— Tiens, comme on se retrouve, dit une voix familière.
Vanitas a perdu le sourire railleur de son enfance. Sa peau est rendue plus pâle par la fatigue. Ven devine que le travail en ville est plus éreintant qu'un apprentissage chez un maître tatoueur ambulant. Il a gagné en amertume, peut-être ; mais, au fond, il n'a pas tellement changé. Quelque chose est resté au fond de ses yeux. Quelque chose...
— Votre ami le magicien vous aurait-il lâché en route ?
Roxas se rembrunit immédiatement.
— Il ne pouvait pas rester éternellement crédule, répond Ven en se relevant.
— J'avais bien dit que c'était un imbécile. Alors, qu'est-ce que vous me voulez ? Si c'est pour gratter de la nourriture, vous n'avez qu'à faire la manche. Hors de question que je vous donne quoi que ce soit.
— On n'attend rien de tel, dit Ven.
— Ouais, c'est ça.
— Je suis venu pour que tu termines ça.
Il soulève sa manche. Abandonnant sa méfiance, Vanitas examine le tatouage avec un sifflement.
— Ça a plutôt bien pris, on dirait.
— Tu vas le laisser comme ça ?
Il éclate d'un rire glacial.
— Tu ne sais même pas de quoi tu parles.
— Je sais qu'il n'est pas fini.
— En quoi ça m'intéresse ?
Ven croise les bras. Il soutient son regard suffisamment longtemps pour que Vanitas soit forcé de détourner le sien.
— Puisque tu insistes, cède-t-il.
Ven lui sourit.
— J'étais sûr que tu dirais oui.
— Par contre...
Le regard de Vanitas se pose sur Roxas.
— Je ne peux pas le laisser regarder.
— Pourquoi ça ? demande Ven.
— C'est comme ça. Alors ?
Roxas se redresse.
— Je ne voulais pas venir, de toute façon.
— Roxas ? dit Ven.
— J'ai à faire.
Son expression n'est pas de très bonne augure. Il descend les escaliers sans un regard pour son frère. Ce dernier, pourtant, le rattrape après quelques mètres. Il pose la main sur son épaule.
— Qu'est-ce que tu fais, Roxas ?
Celui-ci se dégage nerveusement.
— On ne peut faire confiance à personne, dit-il encore. Tu sais pourquoi ? Parce que c'est ainsi qu'est la nature humaine. Ils nous haïssent tous du plus profond de leur être. Ceux qui ne nous haïssent pas ont simplement peur – mais la peur et la haine ne sont pas si différentes, au fond.
Sa voix est empreinte d'une détresse que Ven ne lui connaît pas.
— Vanitas ne...
— Ce n'est pas à propos de lui, Ven. C'est à propos d'eux tous. L'humanité m'a causé suffisamment de soucis comme ça.
Son frère baisse la tête.
— Tu t'en vas définitivement ?
— Tu as entendu ce qu'a dit le magicien. Je ne suis pas assez fort.
— Mais fort pour quoi, Roxas ? Qu'est-ce que tu...
Il s'interrompt soudain. Baisse la voix.
— C'est elle, dit-il. C'est ça ?
— C'est la nature. Je ne veux plus me cacher.
— Mais tu...
— Je m'entraînerai. Je deviendrai plus fort qu'elle. N'est-ce pas ce qu'elle cherche, au fond ? Ce que veulent toutes les mères ?
— Pas celles dont la priorité est d'éliminer leur descendance.
Puis il secoue la tête.
— Sois prudent, Roxas, ajoute-t-il enfin.
Ce dernier sourit.
— Je serai prudent.
Ça sonne comme un adieu. Ven le regarde s'éloigner. Il ne bouge pas avant que son frère ne disparaisse de son champ de vision.
Enfin, il remonte les escaliers et retrouve Vanitas qui, allongé sur son lit, garde les yeux fermés.
— Vanitas, dit Ven en refermant la porte derrière lui.
— Où est ton frère ?
— Parti.
Silence. Appuyé contre la porte, Ven se laisse glisser au sol, le visage entre les genoux.
— Je peux rester ici ? demande-t-il à mi-voix.
La réponse tarde à se faire entendre.
— T'as pas intérêt à prendre de place, lâche Vanitas. J'hésiterai pas à te mettre dehors.
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Vanitas ne l'a pas mis dehors.
La plupart du temps, il l'ignore simplement, comme s'il n'avait jamais accepté que qui que ce soit vienne vivre dans son appartement exigu. Il n'y a pas plus d'une pièce, ils ne peuvent pas s'éviter ; mais Vanitas semble oublier, parfois, que quelqu'un d'autre erre ici depuis quelques semaines, suffisamment longtemps pour faire lui aussi partie du décor.
D'autres fois, pourtant, il le contemple si longuement que Ven finit par en être mal à l'aise. Il regarde son bras, aussi. Il ne l'a jamais terminé.
À la tombée de l'hiver, il accepte avec réticence que son invité partage son lit, simplement, dit-il, parce qu'aucune cheminée ne permet de réchauffer la pièce constamment traversée par les vents coulis. On ne compte plus les victimes du froid glacial du dehors, en ville.
C'est son excuse.
Ven n'en dit rien. La nuit, quand un bras s'enroule autour de sa poitrine, il s'y accroche en fermant les yeux. Il n'a pas l'habitude de dormir seul. La présence de Vanitas le rassure plus qu'il ne voudrait bien l'avouer.
Il se réveille parfois si proche de lui qu'il en rougirait presque. Mais Vanitas s'en fiche ; il se lève aux aurores pour ne rentrer qu'à la nuit tombée, si tard qu'il ne distingue la chambre qu'à la lueur des bougies que Ven y allume le soir venu.
Un matin, cependant, Vanitas ne s'en va pas. Enroulé dans sa couverture rêche, il dort jusqu'à ce que le soleil soit au plus haut, sursautant parfois dans son sommeil comme il le fait la nuit. Ven est réveillé depuis un moment. Il n'a aucune envie de bouger.
À l'instant où Vanitas ouvre les yeux, Ven voit son visage se faire recouvrir de la couverture avant même d'avoir pu dire un mot. Vanitas le maintient en-dessous en ricanant.
— Qui t'a autorisé à me regarder dormir, erreur de la création ?
Ven se dégage tant bien que mal.
— Je suis sûr que tu le fais à peu près tous les matins. Je profite de mon tour, c'est tout.
— Ne t'en fais pas, vu ta tête, j'essaie d'éviter. Pas envie de finir aveugle.
En se levant, il prend la couverture avec lui, laissant Ven grelotter de son côté.
— Tu n'as pas de travail à faire ? demande-t-il.
Vanitas arque un sourcil.
— Pour une fois que j'ai un jour tranquille, tu voudrais que j'aille travailler ? C'est la fête, aujourd'hui. Tu as oublié ?
Pas vraiment. On ne peut pas dire qu'il prête attention à ce genre de choses.
— Vraiment ? Parfait. Tu vas pouvoir terminer ton œuvre inachevée, finalement.
Vanitas croise les bras.
— Laisse-moi me reposer et va nous chercher de quoi manger, imbécile. Je suis sûr qu'ils vendent tout un tas d'atrocités, sur la place.
— Moi ?
— C'est le moment ou jamais de taxer les honnêtes gens. Montre-leur ton bras, ça les calmera tout de suite.
— Je ne sais pas si...
Le regard de Vanitas suffit à le faire taire. Avec un soupir, il s'habille pour affronter le froid et la foule. Ça fait un moment qu'il n'est plus sorti seul, plus longtemps encore qu'il n'a plus dû affronter le regard des superstitieux.
Mais c'est la fête, aujourd'hui, et personne n'ose protester quand il tend la main en silence devant un étalage. Personne ne veut subir la colère des dieux, même si la plupart d'entre eux ont cessé d'y croire il y a longtemps. Il revient avec plus de victuailles qu'il n'en a jamais ramené quand il était avec Roxas. Lorsqu'il le dit à Vanitas, celui-ci hausse les épaules.
— Ceux qui n'essaient pas de cacher ce genre de marque impressionnent plus que les autres, c'est tout.
— Si j'avais su, je l'aurais fait plus tôt.
— Ça ne marchera pas à tous les coups. Mais aujourd'hui est un jour spécial, non ?
Les citoyens veulent éviter les incidents. La peur, encore. Ven retient un soupir.
Ils mangent dans le plus grand silence en écoutant le bois grincer sous les assauts du vent. Voilà un moment que ce dernier n'a plus rien raconté.
Enfin repu, Vanitas débarrasse la minuscule table de fortune – une planche bancale posée sur deux plus gros morceau de bois informes. Il ouvre une sacoche posée contre le mur. Pour autant que Ven s'en souvienne, c'est la première fois qu'il y touche devant lui.
Il sourit en le voyant sortir les aiguilles et bouteilles d'encre de la première fois.
— J'ai besoin d'eau chaude, dit-il en farfouillant au fond du sac.
Ven ne se fait pas prier. Il remplit un large bol en bois de l'eau de la réserve.
— J'ai dit chaude, fait Vanitas.
— Elle est chaude. Je ne maîtrise pas le feu, mais faire bouillir un peu d'eau ne demande pas beaucoup d'efforts.
Vanitas retrousse le nez.
— Qu'est-ce que tu croyais ? se moque Ven. Que je la faisais chauffer dehors ?
— Oh, la ferme. Aide-moi à nettoyer tout ça.
Il faut près d'une heure pour que tout soit exactement comme Vanitas le désire. Comme la première fois, Ven tend le bras. Son cœur hésite entre l'impatience et l'appréhension. Il se souvient bien de la douleur. Il sait que ce sera pire encore. La mémoire a tendance à jouer des tours à ceux qui s'y fient trop souvent.
Vanitas enroule les doigts autour de son poignet pour le maintenir en place.
— Ne bouge pas, ordonne-t-il.
— Je sais.
L'aiguille qui transperce sa peau manque de lui tirer une exclamation. Il garde la mâchoire serrée.
— Préviens, au moins, dit-il à Vanitas.
Celui-ci ne réagit pas. Ven le regarde faire en silence.
C'est douloureux, c'est vrai, mais ce n'est pas aussi dur qu'il y avait pensé. L'expression concentrée de Vanitas lui tire un sourire. Il a eu beau repousser le moment, Ven sait que c'est ce qu'il aime, au fond. Qu'il l'a attendu depuis tout ce temps.
Quel idiot.
Vanitas s'arrête. Il a l'air satisfait.
— Tu as déjà fini ?
Il ricane.
— Oh non. C'est maintenant, la partie intéressante. Tu es prêt ? De toute façon, j'y vais.
Il prend une nouvelle aiguille, plus fine, cette fois, mais ne prend pas la peine de la tremper dans l'encre avant de la planter au milieu de son bras, en plein centre de la marque.
La sensation qui s'en dégage est reconnaissable entre toutes. Ven frémit instinctivement. Il détourne les yeux.
C'est la même chose que là-bas.
Le feu et la glace et cette étrange énergie qui parcourt ses veines. Ce sentiment grisant et effrayant qui l'envahit peu à peu. Il en a le souffle coupé.
À nouveau, il se sent flotter, s'éloigner de lui-même, son âme se détachant d'un corps sans valeur et aux proies à des douleurs à peine imaginables. Il s'en fiche. Il ne sent rien.
Il voit ses mains se crisper, tenter d'arrêter le processus, mais il ne veut pas qu'il s'arrête. Il voudrait qu'il continue toujours – et, si son corps n'en veut pas, il comble son âme d'une félicité telle qu'il voudrait y rester plongé à jamais.
Les vagues successives sont de plus en plus rapides, si bien qu'il finit par ne plus les différencier. Il flotte – c'est ça. Il a oublié de se soumettre à la gravité.
Quand l'aiguille s'éloigne de sa peau, quand il commence enfin à reprendre ses esprits, c'est pour remarquer que Vanitas a cessé de bouger, qu'il le regarde avec un mélange de curiosité et d'intérêt, ses yeux jaunes débarrassés de leur habituelle lueur caustique. Ce n'est pas comme la dernière fois. La sensation ne s'arrête pas brusquement. Elle le quitte peu à peu, le laissant étourdi, encore à moitié dans un brouillard de béatitude et de douleur qu'il ressent cette fois avec chaque fibre de son corps.
— Ça va ? demande Vanitas, les sourcils froncés.
Ven tremble encore. Il se redresse un peu.
— Ven ?
Il est peut-être un peu engourdi quand il pose les mains sur les joues de Vanitas et son front sur le sien. Il a oublié comment respirer. Étrangement, son vis-à-vis ne s'éloigne pas. Sa main droite se glisse le long du cou de Ven tandis que l'autre prend appui sur la table un peu instable. Leurs regards se confrontent un moment.
C'est Ven qui s'avance le premier pour l'embrasser.
Il entend une bouteille d'encre tomber au sol comme il s'avance encore. Ça ne dure pas bien longtemps – Vanitas finit par s'éloigner un peu, les yeux à demi fermés, et ramasse la bouteille avant de la fourrer dans son sac.
— Trop sensible, commente-t-il comme pour cacher son propre embarras.
Ven sourit.
— Te voilà maudit pour cent ans, dit-il en reprenant son souffle.
— Pas grave. Je l'étais déjà.
Il nettoie la plaie, muet comme une tombe, puis enroule des bandages propres autour du bras du nephilim sans croiser son regard.
— Qu'est-ce que tu as fait ? demande Ven.
— Pas grand chose.
— Pas grand chose ? Je tremblais de partout.
— Vois ça comme un bonus.
— C'était de la magie, non ?
— J'en sais rien.
— Mais c'est toi qui...
— Écoute, Ven, j'en sais rien. Il y a des personnes sur lesquelles ça marche, d'autre chez qui ça fonctionne pas. Ça a marché sur toi. Tu verras bien ce que ça fait plus tard. Je ne fais que suivre le mouvement.
Il paraît un peu irrité.
— Vanitas ?
— Quoi ?
— Merci.
Il soupire.
— T'es obligé de dire ça sur ce ton là ?
— T'as dit que je pourrais le dire une fois ton œuvre terminée. C'est fait, non ?
— Mmh.
Ven se relève.
— Qu'est-ce que tu fais ? demande Vanitas.
— Un tour dehors. J'ai besoin de prendre l'air.
— Ah.
Il y a un instant d'immobilité. Enfin, c'est au tour de Vanitas de se lever. Il s'appuie contre la porte, les bras croisés.
— Qu'est-ce que tu fais ? s'enquiert Ven.
— Je t'empêche d'aller faire un tour dehors.
— Pourquoi ?
Vanitas ne répond par rien d'autre qu'un regard indéfinissable.
— Tu as peur que je m'en aille, maintenant que tu en as terminé ?
— C'est ce que font les gens comme toi, réplique Vanitas. Ils obtiennent satisfaction puis disparaissent pour de bon.
C'est pour ça qu'il a repoussé le moment si longtemps, pense Ven. Il sourit. S'approche un peu.
— Les gens comme moi ? répète-t-il. Les nephilims ?
Silence.
Le sourire de Ven s'agrandit.
— Mais je suis toujours un être humain.
Moi comme Roxas. Tant que notre mère respire encore, tant qu'elle parle au vent. Parce que les gens comme elle ne sont pas faits pour aimer. Ils n'ont pas le cœur pour ça.
Ses bras s'enroulent autour des épaules de Vanitas.
— Je suis toujours un être humain, poursuit-il, et je ne suis pas encore satisfait.
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Les battements de son cœur sont rapides et réguliers. C'est une chanson dont Ven ne se lasse pas ; il pourrait l'écouter des heures durant, les yeux fermés, à essayer de traduire chaque pulsation en un langage connu de lui seul.
Ils sont rapides et réguliers, mais il arrive qu'il y ait un léger décalage, un frémissement, une plainte sourde d'à peine un instant qui disparaît sitôt qu'il tente d'y prêter attention. Comme les feuilles tremblant sous la pluie. Des branches pliant dans la tempête.
Le chant du vent.
La mélodie est connue et reconnaissable entre toutes.
— Vanitas, dit-il, une pointe d'hésitation dans la voix.
Une pointe de peur, peut-être.
— Quoi ?
— L'autre jour...
Vanitas se rassied en bâillant, obligeant Ven à se redresser à son tour. À genoux sur le lit, ce dernier réfléchit.
— Parle, bon sang, s'impatiente Vanitas.
— Tu as dit que tu étais déjà maudit.
— Et ?
— Je croyais que tu plaisantais.
— Je t'ai dit que j'avais rencontré une vilaine sorcière, dit-il d'une voix moqueuse. Il est possible qu'elle n'ait pas trop apprécié la visite.
Silence.
— Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
— Je te l'ai dit. C'est toi qui a cru que je racontais n'importe quoi. Eh, qu'est-ce que tu fais ?
À nouveau, Ven a plaqué l'oreille contre sa poitrine. Le doute n'est pas permis.
C'est elle. Sa mère est passée par-là.
Une sorcière, hein ? Pour qui tu me prends ?
— Quel type de malédiction ? demande-t-il.
Vanitas ne dit rien. Ven soupire.
— Vanitas, insiste-t-il.
— C'est toi, le spécialiste.
— Arrête de jouer au plus malin.
Mais, au fond, il le sait déjà. Il l'a entendu.
— Un compte à rebours...
Vanitas sourit effrontément.
— Maintenant que tu le dis, ça me rappelle quelque chose.
— Ce n'est pas drôle, lance Ven. Combien de temps t'a-t-elle laissé ?
Il fait mine de réfléchir.
— L'âge adulte, je crois ? C'est pas une grosse perte. Qui voudrait...
Mais Ven est déjà sorti du lit, les sourcils froncés. Il s'habille en vitesse, l'air un peu en colère.
— Tu fais la tête pour ça ? dit Vanitas. Ça va, c'est pas comme si...
— Elle me suit partout, le coupe Ven. J'aurais dû le savoir.
— Savoir quoi ?
— Rien. La nature des choses. Elle nous a attendu pendant tout ce temps. Tout ce temps...
Vanitas n'a pas l'air de comprendre. Ven s'approche de lui, le regarde dans les yeux.
— Je peux supprimer cette malédiction.
L'autre le dévisage un instant avant d'éclater de rire.
— La supprimer ?
— Je ne plaisante pas. Je connais l'identité de celle qui t'a maudit.
— Et qu'est-ce que tu vas faire ? Lui demander gentiment de blanchir ses victimes ?
Ven s'apprête à répondre mais se ravise à temps. Il sourit. Se penche vers Vanitas jusqu'à poser ses lèvres sur les siennes.
— C'est exactement ça, dit-il. Ne t'inquiète pas. Je reviendrai vite.
— Je ne suis pas inquiet. Attends, tu t'en vas ?
— Juste quelques jours. Je ne peux pas te laisser comme ça.
Vanitas se passe une main sur le visage.
— T'as pas intérêt à disparaître dans la nature, le menace-t-il entre ses dents.
— Aucun risque. Tu ne me le pardonnerais jamais. De toute façon, je n'en ai pas fini avec toi.
— Ravi de l'apprendre, grommelle-t-il.
— Ne me remercie pas.
— J'y comptais pas.
Ça ne l'empêche pas de se lever pour l'embrasser encore, doucement, avant de le laisser sortir de la chambre sans ajouter un mot.
Quoi qu'il en dise, songe Ven, ça ressemble quand même à un remerciement.
Aww
Allez la prochaine c'est la dernière, genre. Au revoir. :D
