Hello les gens ! Me voici avec un nouveau chapitre !

Désolée, il a prit plus de temps que les deux précédents mais faut comprendre: avec Noël, j'ai été pas mal occupée.

Voila, j'espère qu'il vous plaira.

Bisous,

Luna

Chapitre 3: Le retour de la benjamine

J'avais décidé de rentrer il y avait de cela une semaine. Alice m'avait sûrement vue revenir à la maison, je n'avais donc aucune raison de prévenir la famille. J'allais revenir, telle une fleur, et me demandais comment tous allaient réagir. Certainement bien, je n'en doutais pas.

A Seattle, mon unique bagage en main, je décidai d'appeler un taxi, histoire de ne pas aller à Forks à pieds.

Mes yeux topazes se reflétèrent dans la vitre de la voiture orangée qui se gara devant moi. J'entrai et m'assis sur la banquette arrière. L'odeur de tabac et de divers vieux parfum d'humains me chatouilla les narines.

-La ville de Forks s'il vous plait.

Le taxi-man me dévisagea

-Vous avez de l'argent ?

-Évidement, je ne suis pas pauvre vous savez.

Il me détailla de la tête aux pieds

-Je comprends, vous êtes mannequin c'est ça ?

Je soupirai. Combien de fois ne m'avait-on pas posé cette question, aussi stupide soit-elle ? Ma beauté de vampire était parfois fort dérangeante.

-Pas vraiment. Dis-je, Je suis une lycéenne tout ce qu'il y a de plus normale.

Il ricana

-Une aussi belle fille que vous ? Normale ? Vous êtes la plus belle adolescente que j'ai jamais eu l'occasion de rencontrer. J'ai hâte de vous revoir dans dix ans.

Je faillis lui rétorquer que dans dix années, je n'aurais toujours pas changé, mais je me tus. Je n'allais tout de même pas dévoiler notre secret au premier imbécile venu.

Pour montrer à mon interlocuteur que je ne voulais pas entretenir une conversation inutile, je pris mon iPod et glissai les écouteurs dans mes oreilles.

C'était le tout premier modèle: Écran noir et blanc, l'engin pesant une tonne... Et depuis le temps que je le trimballais, les batteries s'usaient à une vitesse folle. D'ailleurs, elles ne tinrent pas le coup et la musique se coupa après quelques minutes. Je laissai tout de même mes écouteurs histoire de jouer la comédie.

J'avais hâte de rentrer. Je n'avais pas eu le temps de m'attacher à cette petite ville, mais trois ans sans ma famille, c'était trop. J'étais impatiente de retrouver mon lutin -bien qu'elle soit à peine plus petite que moi, ma blonde indifférente, mon armoire à glace, mon calmant et mon abruti d'Edward. Mais aussi la douce Esmé et puis surtout, mon Ange.

De plus, je savais maintenant qu'il y avait un nouveau membre dans notre famille: La femme d'Edward.

J'avais été prévenue par mon don et avais longuement hésité à rentrer pour le mariage. Ca aurait fait plaisir à tout le monde, je n'en doutais pas. Mais je n'étais pas prête à revenir. A dire vrai, je ne l'étais pas plus maintenant.

Mais la solitude ne me réussissait pas, et me ravivait de vieux souvenirs humains. Je voulais les revoir, vivre avec eux, rire, chasser, me chamailler. Tout cela me manquait trop. Beaucoup trop.

J'avais visité tout les continents et avais fait de nombreuses rencontres de vampires, toutes aussi enrichissantes les unes que les autres. J'avais vécu des moments fantastiques, mais pas autant qu'avec ma famille.

Mon conducteur n'arrêtait pas de me reluquer. Qu'est-ce que cela pouvait être désagréable. Heureusement, nous arrivâmes à Forks. Il était temps. Au final, j'aurais peut-être dû rentrer à pieds.

Nous étions au centre de la ville, le taxi-man s'arrêta et se tourna vers moi, en profitant une nouvelle fois pour me détailler

-Je vous dépose où exactement ?

Regardant par la fenêtre, je vis une Porsche jaune canari garée quelques mètres plus loin. Ma sauveuse !

-Ici, c'est parfait. Vous pouvez garder la monnaie

Je tendis 100$ à mon chauffeur qui me regarda l'air hébété.

-Vous n'en voulez pas ? Tant pis alors...

L'homme m'arracha presque le billet des mains et je sortis du taxi sans demander mon reste.

Je me dirigeai vers la voiture de sport et y entrai côté passager, un sourire dessiné sur le visage. Une fois assise, Alice se jeta à mon cou, plus que réjouie

-Amy !! Cela fait si longtemps ! Trop longtemps ! Trois ans sans toi c'est beaucoup trop long !

Je la serrai à mon tour dans mes bras durs et froids et rit

-Tu exagères, je suis sûre que ces trois années sont passées à une vitesse folle.

Elle fit la moue

-Bon c'est vrai, c'est passé vite. Mais tu m'as tellement manquée !

-Toi aussi tu m'as manquée. Tout le monde m'a manqué.

-Et tu as manqué à tout le monde !!

Je ris une nouvelle fois de mon rire cristallin

-Même à Edward ?

-Oui ! Même si il ne le dit pas clairement, il t'aime beaucoup tu sais.

Elle mit le contact et la voiture démarra au quart de tour.

Je décidai de changer de conversation. Parler d'Edward ne m'enchantait guère. Même si j'avais hâte de le revoir, je savais que d'ici quelques heures, ça allait encore être la guerre entre nous.

-Tu t'es achetée une Porsche ?

-Non, c'est Edward qui me l'a offerte.

Voila qu'au lieu d'arrêter de parler de lui, j'avais engagé une nouvelle discussion sur son sujet.

-Ha ? En quel honneur ?

-J'ai dû surveiller sa femme, Bella, quand elle était humaine, alors qu'il était parti. Il ne voulait pas qu'elle sorte de la maison sans surveillance et...

-Quoi ? L'interrompis-je, Possessif notre frère ou je rêve ? Il avait peur que quelqu'un la drague ou quoi ?

-C'est que, la situation était un petit peu particulière... Le défendit Alice

Nous arrivâmes à la villa de Forks. Je n'étais restée qu'une journée là-bas, ayant préféré découvrir le monde seule, au lieu de trainer à l'école. C'était du moins la version officielle que j'avais donné à la famille.

Ma sœur gara sa voiture devant la grande maison vitrée. J'en sortis, tenant mon sac fermement en main et me dirigeait vers la porte d'entrée.

-Beurk, je sens une vieille odeur bizarre... Ca pue en fait !

-On s'y habitue.

-Mais que...?

La porte s'ouvrit et dans l'encadrement m'attendaient Carlisle, Esmé, l'imposante carrure de Emmett, Edward et celle que je devinais être Bella.

Je courus vers ma famille. Tristesse de les avoir laissé trois ans et joie de les retrouver se mélangeaient dans mon cœur.

Les bras de Carlisle m'accueillirent et le passai les miens autour de sa taille et le serrai avec force contre moi.

-Bienvenue à la maison, me susurra-t-il dans le creux de l'oreille

-Merci. Répondis-je

Puis Esmé me prit à son tour dans ses bras. Elle avait le visage qui disait que si elle avait été humaine, elle aurait pleuré toutes les larmes de son corps.

Rosalie, qui avait été cachée par son mari, s'imposa et me caressa tendrement les cheveux, tandis que Emmett me frappait gentillement l'épaule et que Jasper balayait ma tristesse pour ne laisser place qu'à de la joie.

Ce fût le visage rayonnant que je me tournai vers Edward et Bella. Ils allaient vraiment bien ensemble.

-Content de te revoir, Me lança mon frère, un sourire aux lèvres, Loustic.

J'avais beau détester qu'il m'appelle comme ça, le bonheur de s'enfuit pas et je gardai le sourire.

-Et moi donc, Edward-Sans-Gênes.

Il prit les épaules de sa femme par le bras, affichant un air heureux

-Je te présente ma femme, Bella. Bella, voici Amy.

Ni elle ni moi ne savions trop quoi faire. Finalement, ce fut Alice qui me poussa dans les bras de ma belle-soeur.

-Faites pas de manières les filles !!

Je regardai timidement le magnifique visage de Bella

-Enchantée... Soufflai-je

-Moi de même, Dit-elle

Je savais que c'était quelqu'un de bien, qu'il ne fallait pas que je m'en méfie. Mon don s'avérait parfois être presque indispensable.

Esmé me reprit une nouvelle fois dans ses bras, me répétant que je lui avais fort manqué. Je vis Rosalie partir vers le salon. Elle n'avait pas vraiment changé, à ne pas s'attarder sur ce genre de choses.

Derrière moi, Carlisle posa ses deux mains sur mes épaules.

-Et si tu rencontrais la petite dernière de la maison ?

-La petite dernière ? Répétai-je

Soudain, ma soeur revint, portant dans ses bras une fillette de cinq ou six ans.

-Oh mon Dieu ! Soufflai-je, Mais c'est une...

Mon Ange posa un doigt sur ma bouche

-Non, ce n'est pas une enfant immortelle. N'entends-tu pas les battements de son coeur ?

Je comprenais de moins en moins. Carlisle passa son bras autour de mes épaules et m'attira vers le salon, suivit par les autres.

Il me fit asseoir sur un des divans blancs et tout le monde s'installa -Rosalie se posa à côté de moi, toujours l'enfant dans les bras-

-Et si tu la prenais sur tes genoux ? Me proposa le chef de famille

-Heu... Oui.

La petite ne se gêna pas et passa elle-même de Rose à moi Elle était toute chaude, comme une humaine normale. Elle me sourit. L'ambiance était plus détendue et je soupçonnais Jasper d'y être pour quelque chose. Je rendis son sourire à la fillette

-Comment t'appelles-tu ? Demandai-je

-Renesmé, mais tout le monde m'appelle Nessie.

-Ho ? Vraiment ? Il y a le nom d'Esmé dedans ! Remarquai-je, Enchantée Nessie.

Je la regardai plus en détail: elle avait de jolis yeux noisette, des pommettes rosies, de longs cheveux ondulés aux reflets cuivrés.

Je n'avais jamais vu d'enfant aussi beau qu'elle.

Puis, mon cerveau fit le rapprochement et je lançai lentement un regard vers Edward puis sur Nessie. Je fis ce geste une demi-douzaine de fois. Emmett éclata de rire, suivit par Alice et notre frère liseur de pensées. Les autres me regardèrent l'air amusé.

-Je ! J'ex... Je veux des explications ! Et vite !! J'ai l'impression d'être trois siècles en retard !

-C'est parce que tu l'es ! S'exclaffa Emmett

-La ferme ! Aboyai-je

Carlisle rit

-Et si nous laissions Edward et Bella s'expliquer ? Nous avons toute la nuit devant nous, vous ne croyez pas ?

C'était vrai qu'il était encore tôt. A peine 20h. Je me tournai vivement vers mon frère qui s'empêchait encore de rire comme un demeuré.

-Ouais, si tu m'expliquais au lieu de te foutre de moi ?

-D'accord, d'accord. Ne t'énerves pas, Loustic.

-Et arrêtes de m'appeler comme ça !! M'écriais-je, commençant à sentir la colère monter en moi.

Mais le calme revint facilement grâce à mon indispensable Jasper et Nessie se lova contre moi en fermant les yeux. Je la trouvais vraiment mignonne et adorable.

Mon imbécile de frère commença son récit, ou plutôt, celui de toute la famille.

Je fus fascinée par l'amour qu'éprouvaient Edward et Bella l'un pour l'autre, apeurée par les aventures avec les Volturi, déçue de ne pas avoir participé aux combats, agacée par l'alliance entre ces pseudos loups-garous -mais j'allais devoir faire avec, perturbée par le fait que Bella aie pu être enceinte d'un vampire alors qu'elle n'était encore qu'une humaine, intriguée par l'espèce qu'était le petit être dans mes bras et finalement soulagée de savoir que tout était rentré dans l'ordre.

Quand Edward eut fini de raconter les trois dernières années de l'histoire de la famille, la nuit était déjà bien entamée.

Jasper rit

-Tu es toujours une marmite à émotions et à sentiments.

Comme une gamine, je lui tirai la langue et posai mon regard sur Renesmé qui s'était endormie sous les paroles de son père.

-Eh bien, il s'en est passé des choses.

Je relevai le visage vers Edward et sa femme

-Félicitations. Je suis contente pour vous.

Les deux me sourirent

-Merci. Dirent-ils en choeur

Alice sourit à son tour

-Bon et maintenant, si on ouvrait tes cadeaux ?

-Pardon ?

-Mais oui ! Les cadeaux de retour ! On a rien pu t'offrir pendant trois Noël et trois anniversaires. Il faut bien se rattraper tu ne crois pas ?

Je soupirai. Rien que le fait de les retrouver était déjà un énorme cadeau.

-Si tu le dis...

Elle rit

-Allons ! Ne fais pas ta difficile, tu devrais être contente ! Alors, Jasper et moi, on t'a offert de nouveaux vêtements. On a rempli la pièce à côté de ta chambre.

Je grimaçai. Je n'avais pas vraiment les mêmes goûts vestimentaires que ceux de ma soeur et Jasper n'avait certainement participé qu'au niveau du payement. Mais qu'importe, la moitié des habits allait me plaire, je le savais. Merci mon don.

Affichant un air satisfait, Alice s'assit à côté de son amoureux.

Emmett et Rose s'approchèrent à leur tour, l'armoire à glace tenant une grosse boîte emballée de papier cadeau dans ses bras. Rose prit Nessie dans les siens et son mari posa le paquet sur mes genoux.

J'enlevai le papier et poussai un cri d'exclamation

-Un ordinateur portable ! Waouh, merci beaucoup !!

-De rien, Dit Emmett, On t'offrira aussi un nouvel iPod pour ton anniversaire et Noël de cette année. Le tien tombe en ruines d'après Alice.

Elle rit

-Non, je vois surtout qu'il a rendu l'âme quand elle est rentrée...

Je fronçai les sourcils. Bien que mon vieil mp3 aie été une antiquité, c'était un cadeau de Carlisle et j'y tenais comme à la prunelle de mes yeux.

-Ha bah merci... Soufflai-je

Rose coucha Renesmé sur un des multiples divans et posa une couverture sur son petit corps, ne laissant apparaitre qu'une partie de son visage enfantin et de ses longs cheveux.

Carlisle et Esmé se levèrent, imités par le reste de la famille

-Bien, passons à notre cadeau, Me dit mon Ange, amusé.

Ma douce mère me prit par la main.

-Viens, c'est de nous quatre, avec Edward et Bella.

Elle m'emmena dans le garage, suivie par la petite troupe et me posa devant une SAAB décapotable de couleur argentée et à la toile noire.

-Ho non... Soufflai-je, Ne me dites pas que...

Carlisle, Edward et Emmett rirent de bon coeur devant mon air d'ahurie. Les autres s'empêchaient d'éclater de rire, ce qui donnait un spectacle assez cocasse.

-Bien sûr que si, Me dit mon frère, Elle est à toi !

Carlisle me glissa des clefs et deux bouts de cartons plastifiés dans les mains.

Je me retournai et plongeai dans ses bras

-Merci ! Merci, merci, merci !

-Allons Amy, ce n'est rien.

Il m'expliqua qu'il m'avait donné là un faux permis, en attendant que je passe le vrai ainsi qu'une nouvelle carte d'identité qui confirmait que j'avais seize ans.

Je hochai la tête et serrai tour à tour le reste des participants à ce magnifique cadeau dans mes bras, en les bombardant de remerciements.

Mon Ange me prit par le poignet

-Et si on allait faire un tour, tout les deux ?

Il m'avait dit cela, son sourire sexy sur le visage et si j'avais été humaine, je suis sûre que mon coeur aurait eu plusieurs ratés d'affilée. Autant dire tout de suite que j'aurais fait une véritable crise cardiaque.

-D'accord !

Je sautillai vers la voiture, excitée de me retrouver au volant d'un engin aussi magnifique. J'ouvris la portière et m'installai sur le siège de cuir noir. Carlisle m'imita et se retrouva à mes côtés, affichant toujours son éternel sourire craquant. Je mis le contact tandis qu'Emmett ouvrait le garage à l'aide de la télécommande.

-Ne roule pas trop vite, Me lança Edward, C'est la première et dernière fois que je participe à un cadeau pareil ! Compris, Loustic ?

Je ris

-Oui chef ! Bien chef !

Des visages radieux me sourirent. Tout le monde était heureux de retrouver la benjamine de la maison -même si maintenant je ne l'étais plus vraiment. Je ressentis une joie immense se diluer dans tout mon corps. Non, cette joie n'avait pas de grandeur, tellement elle était énorme. J'étais comblée de retrouver ma famille au complet, avec en bonus deux nouveaux membres.

Néanmoins, quand je vis Esmé, le regard rempli de tristesse et de fureur, qui contredisait son joli sourire, je me posai des questions. Etait-elle vraiment heureuse que je sois revenue ? Qu'avais-je fais, en quelques heures ? Et si elle savait que...

Non. J'avais bien caché ce secret, et le seul à le connaitre était Edward. Et il n'allait pas me vendre. On se taquinait souvent, mais pas au point de trahir l'autre. En percevant mes pensées, mon frère lança un regard à notre mère, fronça les sourcils et se mordit légèrement la lèvre inférieure.

Je ne comprenais pas. Il fallait qu'on s'explique.

-Eh bien, tu ne démarres pas ? Me demanda Carlisle

Je sursautai, sortant de mes pensées

-Si ! Désolée.

J'appuyai sur l'accélérateur et ma super-SAAB-décapotable sortit en trombe du garage. Etant donné qu'il pleuvait à torrents, je laissai le toit de ma voiture bien à sa place.

-Prends l'auto-route.

J'obéis et me retrouvai sur les larges bandes de la route asphaltée.

-Maintenant pousse-la à fond, histoire de voir jusqu'où elle peut aller.

-T'as pas peur qu'on aie un accident ?

Il rit

-Tu sais parfaitement conduire, Amy. Ta voiture ne craint rien.

Une fois de plus, je profitai du compliment qu'il venait de m'offrir et le compteur afficha 200km/h en un temps record.

-Pas mal du tout. Alors Amy, si tu me racontais ce que tu as fait pendant trois ans ?

-Je vois, tu as demandé à ce qu'on soit seuls pour être le premier à savoir !

-Je suis démasqué dirait-on !

Mon rire éclata et je commençai à lui conter mes aventures.

Dans les dizaines de vampires que j'avais rencontrés, certains connaissaient bien Carlisle. Nous parlâmes donc de nos amis communs, de mes impressions sur les pays et cultures que j'avais pu découvrir, des animaux exotiques dont j'avais bu le sang et des langues que j'avais apprises.

-Je récapitule, Dit Carlisle, Le français, l'espagnol, l'allemand et...?

-Des notions de japonais, que j'approfondirai avec des bouquins.

-En trois ans, tu en as appris des choses.

-Oui.

Le silence s'installa. Un silence qui, pour ma part, était très lourd. J'avais omis de dire quelques chose à mon protecteur. Quelque chose d'important. Mais je n'avais pas changé: Je voulais tout lui dire. Je soupirai et me lançai à l'eau.

-Tu sais... Quand je suis partie, je suis allée directement à New-York.

-Vraiment ?

-Oui... Je... J'ai été chez ma mère. Enfin, la femme qui était ma mère quand j'étais humaine. A là base, je... Je voulais la tuer. La tuer pour tout ce qu'elle m'a fait subir. Je voulais lui ôter la vie, tout comme elle m'a ôté le bonheur pendant 15 ans.

-Mais tu ne l'as pas fait.

C'était une affirmation, pas une question. Et il avait raison. Je lui expliquai ce qu'il s'était passé.

-Quand je suis arrivée, ce jour-là, j'ai, pendant quelques heures, observé cette femme. L'appartement était dans un état tellement délabré... J'ai d'abord cru qu'il était abandonné. Mais non, elle y vivait toujours. Et elle... Oh Carlisle, elle a tellement changé. Elle se fait maintenant des colorations et j'ai pu voir la repousse de ses cheveux gris. L'âge et le stress l'ont rongée.

«Une vieille catin n'est plus attirante pour les hommes. Elle qui avant, s'offrait de beaux vêtements, du parfum cher et des visites fréquentes chez le coiffeur et la manucure...

Je fis une pause de quelques secondes. Seul le léger ronronnement de ma voiture se faisait entendre.

-Elle m'a fait vraiment pitié. Encore plus quand je me suis montrée devant elle. Je pense qu'elle a cru qu'elle devenait complètement folle. Elle devait sûrement me croire morte. En réalité, folle, elle l'était déjà depuis longtemps. Mais je crois... Qu'elle a encore plus disjoncté quand tu m'as enlevée. De cet enfer. Elle a été abandonnée par son mari, puis par sa fille.

Sentant sûrement la douleur sur mon visage, Carlisle me prit la main et me caressa de sa voix

-Amy, si je n'avais pas fait cela, si je ne t'avais pas enlevée ce jour-là, elle t'aurait tuée.

Je le savais. Mais je m'en voulais quand même. L'image de cette femme horrifiée par mon apparition s'afficha sur ma rétine.

-Oui. Je... Je lui ai donné de l'argent. A peu près 5000$... Mais je... Je ne crois pas avoir bien fait, avec le recul.

Mon Ange soupira.

-Non, ce n'était pas la meilleure solution. Je ne pense qu'elle est le genre de personnes fort égoïstes et dépensières.

Je hochai la tête

-Désolée.

-Ca partait d'une bonne intention. Ne t'en veux pas.

-Tu sais, je me suis demandée, si je ne t'avais pas rencontrée, ce que je serais devenue. J'en suis arrivée à la conclusion que j'aurais certainement tourné comme ma mère. A l'heure qu'il est, je serais avec un homme inconnu, en train de gagner un peu d'argent pour vivre. Ou alors, j'aurais décroché une bourse d'étude et j'aurais rencontré un homme charmant avec qui je me serai mariée et j'aurais eu des enfants.

«Mais... Je suis heureuse. Je n'aurais jamais été totalement comblée. Vous êtes tous si important pour moi. Vous êtes ma vraie famille, celle dont j'ai toujours rêvé. Et me voila même tante ! Je dois te remercier, Carlisle. Merci de m'avoir fait devenir celle que je suis maintenant. Merci de m'avoir donné le bonheur.

Mon Ange me sourit

-Je suis rassuré. Pendant tout un temps, j'ai pensé que si tu étais partie, c'est parce que tu ne te sentais pas à ta place, que tu n'étais pas bien avec nous. Je suis content de voir que je m'étais trompé.

Légèrement choquée, j'ouvris la bouche.

Comment avait-il pu penser à une chose pareille ? Moi qui n'avais jamais connu que des coups, la misère et la haine d'une mère, ne pas être bien dans une famille si unique ?

-Je ne voulais pas te fâcher. Me dit Carlisle

-Non, je ne suis pas fâchée. Juste étonnée que tu aies pu croire cela.

-Il faut me comprendre, tu es partie si précipitamment. Et Edward qui ne voulait rien nous dire...

Je ris

-Une folle envie de voir le monde, ce n'est pas ma faute.

-Tu as raison.

Heureuse de voir que mon mensonge soit passé inaperçu je regardai l'heure sur la radio et poussai un cri d'exclamation

-4h du matin ?! Déjà ! Ca va faire deux heures que nous roulons !

Carlisle sourit

-Bien sûr ! Tu es toujours aussi distraite !

-Je ne change pas si facilement, tu le sais bien !

Dans la bonne humeur, nous rentrâmes à la maison, ou ma drogue de famille nous attendait. Mais de tous, celui dont j'avais le plus besoin était avec moi.

Sans mon Ange, ma vie serait restée un enfer. Un enfer sans moments de paix, sans fins.

Une fois rentrés, je garai ma voiture à côté de celle d'Alice. Edward, Bella et Nessie étaient déjà partit depuis longtemps dans leur petite maison que leur avait offert Esmé.

Je décidai de ranger le peu d'affaires qu'il y avait dans mon sac, ainsi que mes cadeaux dans ma chambre.

Le jour de mon départ, j'avais laissé le soin de ranger mes cassettes et mes DVD à Alice. Quelle ne fut pas ma surprise de voir les boitiers de DVD rangés n'importe comment sur mes étagères et de ne pas retrouver mes vieilles cassettes ?

Je descendis en trombe dans le salon, où la famille regardait sagement le journal télévisé du matin.

-ALICE ! Tu appelles ça, ranger les DVD ? Ils ne sont même pas par ordre alphabétique ! Et où sont les cassettes ?

Elle parut légèrement étonnée

-Mais... Tu avais finalement demandé à Edward de le faire. Enfin, c'est ce qu'il m'a dit. Tu lui aurais même demandé de jeter tes cassettes. J'ai trouvé ça étrange mais...

Voyant mon visage se décomposer, elle comprit aussitôt la mauvaise blague de notre frère.

Mon hurlement éclata en même temps que ma fureur. A n'en pas douter, il l'avait entendu comme si j'avais été à côté de lui

-EDWAAAAAAAAARRRRD !!

Oui. Tout était redevenu comme avant: Edward me faisant des blagues stupides en se servant d'Alice, cette dernière me bombardant d'excuses, Jasper essayant de contrôler mes émotions, Rosalie faisant comme si de rien n'était, Emmett riant à ne plus savoir se rattraper, Carlisle enfuyant son visage dans ses mains, Esmé essayant de m'apaiser avec les mots et je pouvais deviner mon frère, au loin, pouffer comme un abruti.