Coucou les gens ^^
Me revoila avec un nouveau chapitre ! Un peu plus court cette fois.
J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents.
Sinon, désolée de vous annoncer ça, mais maintenant, la publication prendra un peu plus de temps, étant donné que c'est bientôt l'école. Je ne publierai donc plus qu'un chapitre par semaine, le vendredi (j'essayerai de m'y tenir ^^)
Bisous et bonne lecture,
Luna
Chapitre 4: Rêve
Cela faisait deux mois que j'étais rentrée à la maison, à Forks. J'avais été m'inscrire au lycée peu avant les vacances de Noël et les deux semaines que j'y étais allée avaient été un véritable calvaire. Tout le monde me regardait comme une célébrité locale à qui il ne fallait surtout pas adresser la parole. Dans les couloirs, diverses rumeurs circulaient: «Les parents Cullen ont encore adoptés une fille ? Décidément, heureusement qu'ils ont assez d'argent pour les entretenir !», «T'as vu, elle a une SAAB la nouvelle ! Et ses fringues ! Ils la gâtent trop !», «Parait que c'est la fille d'une cousine au docteur Cullen. C'est vrai qu'ils ont le même teint pâle et une sacrée belle gueule !», «Si elle était pas aussi louche, je lui demanderais pour sortir avec moi, t'as vu le canon que c'est ?!»
Oui. Les rumeurs allaient bon train. Bien que ce ne fussent que des murmures, j'entendais les conversations comme si on parlait à voix haute.
Heureusement, les vacances étaient vite arrivées. Vu ma tête, Carlisle m'avait proposé de rester à la villa, au moins jusqu'à l'année prochaine. Je lui avais répondu que cela était inutile, que je m'attendais à une réaction pareille de la part des autres lycéens.
Les gens aiment les rumeurs, et mon arrivée ne faisait que réchauffer le feu «Ragots Cullen». Même si j'avais commencé mon année en septembre, comme tout le monde, ça n'aurait rien changé.
Nous avions passé Noël et Nouvel An ensemble, en famille. Étant donné qu'aucun d'entre nous ne mangeait, on le fêta en s'offrant des cadeaux et en jouant à des jeux de sociétés tous assez stupides. Personne ne voulait avantager Alice, Edward et moi-même dans des jeux de réflexion.
Mon frère et moi, nous nous disputions toujours pour des broutilles. C'était un véritable calvaire pour la famille, surtout Bella et Carlisle qui par moments, croyaient que nous allions nous entretuer. Une fois, nous avions même fait semblant d'en venir aux mains, histoire de rire un bon coup et de voir paniquer sérieusement mon Ange et ma belle-sœur, qui eux, n'apprécièrent pas pour un sou.
Durant les vacances, j'avais passé beaucoup de temps avec Carlisle. Nous parions à chaque fois chasser ensemble, faisions des ballades en voiture et nous avions même fait du shopping. A l'inverse d'Alice, Carlisle ne me faisait pas essayer tout et n'importe quoi, et il m'achetait ce que j'aimais. Quant à moi, je lui proposais d'enfiler les vêtements qui, d'après moi, lui iraient bien et lui avais même offert un sous-pull à col roulé noir, qui contrastait avec sa peau blanche.
Tout le monde semblait heureux pour nous, sauf Esmé qui me lançait parfois des regards remplis de reproches. Je la comprenais parfaitement. Carlisle était son mari, pas le mien. Il était censé, officiellement, n'être que mon père, même si officieusement, je le considérais comme tout autre.
Le lundi, Carlisle me proposa d'aller à la chasse le week-end. Voyant le regard furieux d'Esmé sur moi, et celui d'Edward sur elle, je déclinai son invitation.
-Ca fait longtemps que tu n'as plus passé de temps avec Esmé. Pourquoi n'iriez-vous pas tout les deux ?
Mon protecteur parut, l'espace d'un instant, étonné de mon refus, puis il se tourna vers sa femme en souriant.
-Amy a raison, Esmé. Si nous partions ensemble, en amoureux ? Nous pourrions même aller sur ton île.
Au mot «amoureux», je grimaçai intérieurement. Je n'aimais vraiment pas l'entendre, surtout quand il parlait d'eux.
Souriant à son tour, Esmé s'approcha de mon Ange et déposa un baiser sur sa tempe, tout en me lançant un furtif coup d'œil.
-Pourquoi pas. Dit-elle de sa voix douce, Nous n'aurons qu'à partir jeudi matin.
Il lui caressa tendrement les cheveux, et approuva en hochant la tête.
Je n'avais jamais été jalouse de ces gestes d'affection. Mais une tristesse sans limites m'envahissait à chaque fois. Je pensais qu'en partant trois ans, cela allait s'estomper, mais non. Au contraire, c'était encore pire.
Un jour, Jasper m'avait demandé, seul à seule, le pourquoi d'une pareille tristesse lors de ces moments. Je lui avais inventé un mensonge sur le tas, comme quoi cela me faisait de la peine que Carlisle et Esmé ne soient pas mes vrais parents, et lui avait demandé de balayer cette émotion, quand elle survenait. Je ne savais pas s'il m'avait cru. Une chose était sûre: Il étouffait cette tristesse quand elle apparaissait, et je lui en était infiniment reconnaissante.
Malheureusement, il n'était pas là. Lui, Alice, Emmett et Rosalie étaient parti rendre visite au clan de Denali et je me rendis compte à quel point Jasper réduisait mes sentiments.
La nuit du mercredi au jeudi, j'avais demandé à mon Ange si il connaissait un moyen pour rêver. Il m'apprit qu'il existait un moyen de le faire. Pour cela, il fallait en quelques sortes, méditer et diriger nos pensées sur une seule et unique chose. On pouvait alors rêver de cela. Je l'avais remercié et il m'avait donné quelques trucs et astuces pour arriver à ce que je voulais. Il ne s'était pas étonné que je veuille rêver, et ne me posa aucune question. J'en étais, par ailleurs, assez contente.
A peine trois heures plus tard, lui et Esmé étaient en route pour l'aéroport, nous laissant seuls, Edward, Bella, Nessie et moi. Jacob allait bientôt arriver. Tout les deux, nous avions décidés de sécher les cours pour le restant de la semaine.
Quand mon frère m'avait raconté cette histoire d'imprégnation, j'avais trouvé cela fort louche. Nessie n'était qu'une enfant, et lui qui approchait des 20 ans, en était amoureux ? J'avais donc rencontré le Quileute, plus que sceptique. Mais il m'avait tout de suite parut amical -bien qu'il pue- et nous avions tout de suite sympathisé.
Il regardait Renesmé, les yeux remplis d'amour. Je savais que je n'avais pas à m'en faire, Jake veillerait sur elle pour toujours, encore mieux que si elle était gardée par une armée de vampire. Et puis, comme le disait le proverbe: «L'amour n'a pas d'âges», et j'étais bien la première à en comprendre le sens.
Notre ami nous avait rejoint à la maison alors que ma nièce dormait encore paisiblement dans mon lit.
-Bonjour Jacob, Dit-on, Edward, Bella et moi en chœur quand il arriva
-Salut les chauve-souris ! Où est Nessie ?
-Elle dort, Répondis-je, Et je crois qu'elle va bientôt se réveiller.
En effet, j'entendis des petits pas provenant de ma chambre et la petite arriva bien vite dans le salon, vêtue du pyjama en soie qu'Alice et moi lui avions offert pour Noël. Elle se jeta dans les bras de sa moitié en riant
-Jacob !!
L'imprégnation était quelque chose d'étrange et de merveilleux. Nessie avait présenti que Jake était là. Peut-être qu'une petite voix le lui avait dit, dans le creux de l'oreille, comme cela se passait pour moi et mon don.
Toute la matinée, Renesmé regarda des dessins animés sur une chaîne pour enfant, assise sur les genoux de Jacob. Bella s'occupait sur un des ordinateurs et Edward rangeait -enfin !- mes DVD dans ma chambre. Pour ma part, je relisais 1984 de George Orwell, pour le lycée.
Ce n'était pas le genre de romans que j'avais l'habitude de lire, mais j'y prenais tout de même du plaisir: La lecture me changeait les idées et mon esprit vagabondait dans un monde totalement futuriste et imaginaire.
L'après-midi, j'allais chasser avec Bella. Comme elle n'était vampire que depuis un peu plus d'un an, elle avait constamment le besoin de s'abreuver. J'étais tout de même étonnée qu'elle sache aussi bien se contrôler parmi les mortels. Dire qu'il m'avait fallu à peu près deux ans pour que l'attirance du sang humain se fasse moins forte. Encore maintenant, quand il m'arrivait d'avoir une forte soif, j'avais du mal à me contenir.
Le lendemain matin, nous eûmes la visite du père de Bella. Le shérif de Forks était un homme sympathique, fort soucieux de sa fille et maintenant, aussi de sa petite-fille. Cela me faisait penser à Carlisle. Lui aussi se préoccupait du bonheur de ses enfants. Ce fut la tête embrumée par mon Ange que je préparai un café pour Charlie et Jacob. Ces derniers manquèrent de s'étrangler quand ils burent la première gorgée.
-Pouah ! T'as retourné tout le pot de café ou quoi ?? Demanda Jacob
-Tu veux nous empoisonner c'est ça ? Renchérit le policier
Je fus embarrassée. Si j'avais été humaine, j'aurais plus que probablement rougis.
-Heu... Désolée, je n'en fais pas souvent.
Ils rirent de bon cœur
-Tu t'entraineras pour la prochaine fois, Me dit Charlie
J'appréciais vraiment cet homme. Il était tellement humain ! Au final, je me surpris à me demander comment était Bella, quand elle ne faisait pas encore partie de notre espèce. Elle m'avait dit être très maladroite. J'aurais aimé voir ça. Je regrettais de plus en plus d'être partie pendant trois ans.
Cet après-midi là, après que le shérif soit parti, nous allâmes chercher de nouveaux vêtements pour Nessie. Elle avait grandit et les siens étaient devenus trop petits.
Nous rentrâmes assez tôt de notre shopping. Alice, Jasper, Emmett et Rose allaient revenir dans la soirée. Notre lutin nous avait appelé quand Renesmé essayait une jolie robe bordeaux à fleurs. Alice nous avait d'ailleurs fait la morale sous prétexte qu'elle voulait absolument être là quand nous faisions les magasins. Nous prévenir avait été inutile. Grâce à mon don d'intuition, je savais quand ils allaient arriver.
En les attendant, je pris congé de ma famille, tandis que Jacob enlaçait une dernière fois Renesmé avant de rentrer chez lui, et entrait dans ma chambre. Là, je m'installai sur mon lit et m'assit en tailleur.
Je fermai les yeux et me vidai l'esprit, bien décidée à tenter l'expérience de rêver. Cela faisait 10 ans que je ne l'avais plus fait et je me sentais excitée, à l'idée de pouvoir recommencer. D'abord, je ne sus pas vers quelle unique pensée me diriger. Puis, le visage de Carlisle s'afficha dans ma tête. Bah, tant qu'à faire, autant rêver de lui. Son visage d'Ange me sourit et sa silhouette se dessina, d'abord floue, puis de plus en plus nette. Sa douce odeur que je connaissais si bien me parvint aux narines et je remarquai que j'étais assise sur mon lit, dans ma chambre. Il était habillé simplement, de son sous-pull à col roulé que je lui avais offert et d'un jeans tout ce qu'il y a de plus banal. Quant à moi, je portais mon débardeur beige et mon pantalon large kaki préféré et mes cheveux étaient détachés, exactement comme aujourd'hui. En détaillant mon protecteur, je me rappelai que si je lui avais insisté pour lui offrir ce sous-pull, c'est parce qu'il épousait parfaitement son corps de rêve.
-Amy... Souffla-t-il
Maintenant, je pouvais l'entendre. Je remarquai qu'on était seuls dans la maison. Aucun son ne provenait des étages inférieurs. Il avança vers moi et ses bruits de pas se répercutèrent dans la pièce. Lentement, il me caressa les cheveux de sa main droite. Dieu que j'aimais ce genre d'affections. Mais contrairement à ses habitudes, il continua sa caresse, effleura mon visage puis, souleva mon menton pour que je le regarde et qu'il plonge ses yeux mordorés dans les miens.
-Amy... Répéta-t-il
-Oui ? Demandais-je d'une petite voix
Sans crier gare, il me souleva, s'assit à ma place, me déposant délicatement sur ses genoux et mettant ma tête dans le creux de son cou. Puis, il continua à me caresser le visage, quelques secondes, du dos de sa main et ses doigts descendirent le long de mon artère dans laquelle le sang ne coulait plus. J'étais tétanisée. Il ne m'avait jamais fait pareille caresses. Toujours avec une lenteur sans égale, il effleura ma clavicule
-Tu me donnes envie... Amy
-De quoi ? Demandai-je, d'une voix suraigüe
-De toi.
Et il me coucha avec force sur le lit.
Ses lèvres passèrent le long de mon cou, tandis que sa main descendait vers mes hanches, pour ensuite remonter sous mon débardeur. Je sentais ses doigts, aussi doux que la soie caresser mon flanc et s'approcher de ma poitrine.
-Amy...
-C... Carlisle ! Bégueyai-je
-Ca va pas s'arranger si tu rêves à ce genre de choses ! Lança la voix de ténor d'Edward.
Je refis surface, l'image de Carlisle et moi sur mon lit s'éloigna et je me retrouvai, toujours couchée sur mon matelas mou, mais avec en face de moi, mon frère qui me regardait à la fois amusé et soucieux.
-Edward ! M'écriai-je, Tu as tout vu !!
Il rit
-Je n'en ai pas loupé une miette tu veux dire ! Ton rêve a débuté quand Bella et Nessie sont parties chasser.
-Oh non...
J'enfouis mon visage dans mes mains, ne sachant plus regarder mon frère dans les yeux
-Allons, Amy. C'est normal de rêver de ce genre de choses quand on éprouve de tels sentiments. Je suppose que...
-Non Edward, Le coupai-je, Ce n'est déjà pas normal de ressentir ça pour son père !
-Peut-être, mais vu que tu ne le considères pas comme tel, tout s'arrange.
Je me redressai vivement
-Ca n'arrange rien, au contraire, ça ne fait qu'empirer les choses.
Il grimaça
-Hm... Ce n'est pas faux.
-Et en plus, Gémis-je, Esmé se doute de quelque chose, j'en suis sûre. Et puis pourquoi Carlisle reste autant près de moi en ce moment ?
Mais mon frère resta silencieux.
-Dis-moi, Edward ! Tu sais tout ce que nous pensons. Tu connais les réponses à mes questions, n'est-ce pas ?
Il soupira
-Ne crois pas que tu es la seule dont je garde les secrets et les pensées. Mais c'est vrai que la palme des non-dits vous revient de droit, à toi et à Carlisle. Tu sais, tu m'appelles Edward-Sans-Gênes, mais tu pourrais me rebaptiser Edward-Garde-Secrets. Tu ne crois pas, Loustic ?
Je m'énervai et commençai à gesticuler sur mon lit.
-Je t'en prie ! Dis-moi !
Il me regarda droit dans les yeux
-Est-ce que j'ai révélé ce que tu portes dans ton cœur à la famille ?
-Non.
-Alors pourquoi te dirai-je quoi que ce soit à propos de Carlisle ou Esmé ?
-Mais parce que ça me concerne ! Dis-je, outrée
-Et ne crois-tu pas que ton secret concerne la famille ?
Là, je devais l'admettre, il avait raison.
-Bien sûr que j'ai raison !
J'allais répliquer mais nous entendîmes une voiture prendre le chemin de terre qui menait jusqu'à la maison. D'ici deux minutes, Alice, Jasper, Emmett et Rose allaient être rentrés.
-On en reparlera. Dis-je
-Non, le sujet est clos.
-Edward !
Mais il était déjà parti vers le garage pour accueillir nos frères et sœurs. Ce fut à pas lent que je le rejoignis. Le rêve que je venais de faire était encore trop présent dans ma mémoire. Je n'aimais pas les allusions à la sexualité -d'ailleurs Emmett se faisait souvent un malin plaisir à me taquiner avec ça- et voila que je rêvais de Carlisle et moi, prêts à passer à ce genre de choses. De plus, cette réaction de mon Ange n'était pas normale. Il avait Esmé, jamais il n'aurait fait cela. Je me surpris néanmoins à me demander comment aurait évolué notre relation si elle n'avait pas été là et je m'en voulus aussitôt, le regard furieux d'Edward n'arrangeant rien.
La Jeep d'Emmett se gara à côté de l'emplacement vide de la Mercedes de Carlisle. A peine la voiture était-elle garée qu'Alice s'en échappa et se jeta à mon cou en souriant
-Amy ! Tanya et Kate te remettent leurs salutations !
-Chaque chose en son temps, Alice. Tu crois pas qu'il faudrait que nous soyons tous dans le salon pour ça ? Demandai-je
Ma sœur me regarda, l'air soucieuse.
-Toi, ça ne va pas.
-Ca va.
Je repartis dans le salon. Bella et Nessie venaient tout juste de rentrer. Je fus suivie de peu par le restant de la troupe. Rosalie prit notre nièce dans ses bras et nous nous assîmes dans les confortables divans blancs. Alice nous expliqua alors leur voyage en détail. Plus elle avançait dans son récit, plus je me sentais joyeuse. Je regardai en direction de Jasper et il me sourit. Je hochai la tête en souriant à mon tour pour le remercier.
-Vous auriez dû voir Eleazar quand Emmett lui a foncé dedans ! Dit Alice, Il a littéralement vo-lé !
Je ris
-J'aurais aimé être là ! Ca fait longtemps que je n'ai plus joué au Base-Ball...
-C'est bien parce que nous étions loin de tout que nous avons fait une part. Et qu'Emmett à particulièrement insisté aussi.
Je soupirai
-Ouais... Ici, il faudra attendre le prochain orage. Et ce n'est pas vraiment la saison.
Mon lutin préféré sourit
-On fera une partie au premier qui viendra, M'assura-t-elle
-J'espère bien ! Dit-on, mes frères et moi en chœur.
Nous rîmes tous. Une fois de plus, avec cette longue histoire, plus que détaillée, il était très tard et je vis Renesmé sur le point de s'écrouler de fatigue dans les bras de Rose. Cette dernière lui caressa tendrement les cheveux.
-Nous allons rentrer chez nous, Dit Edward, Maintenant que vous êtes là, je n'ai plus de raison de m'inquiéter pour la maison.
-Quoi ?! M'exclamai-je, J'allais pas la démolir, j'te signale !
-Sait-on jamais, Rit-il
-Arrête de la taquiner, Edward. Dit Bella en se levant et reprenant sa fille dans ses bras.
Dans les rires, ils prirent congé et rentrèrent chez eux.
Je passai le restant de la nuit ainsi qu'une bonne partie de la matinée à regarder la télévision. L'après-midi, je terminai la lecture de 1984. Le soir, Alice nous annonça que Carlisle et Esmé allaient revenir dans la nuit. Etant donné que je n'avais plus rien à faire, j'allai prévenir mon frère et sa femme de la nouvelle. J'aimais beaucoup leur rendre visite. La petite maisonnette dans laquelle ils vivaient était très chaleureuse, bien que parfois, certaines paroles de mon frères lançaient des froids dignes de ceux du Pôle Nord.
Ils accueillirent la nouvelle avec le sourire et après avoir fait un câlin à Nessie, je décidai d'aller chasser seule. Le rêve que j'avais fait la veille était resté ancré à mon cerveau, et j'imaginais que me nourrir me changerait les idées.
L'euphorie de poursuivre une proie apeurée me fit perdre toute notions de temps et de soif. Je m'étais abreuvée de deux sangliers, quelques cerfs, et d'un puma. La chasse m'avait distrait plus que je ne l'avais espéré. Il faisait déjà nuit noire quand je pris mon téléphone portable pour regarder l'heure.
-Hein ? 4H du matin ??
Je pris mes jambes à mon cou, courant le plus vite que je pouvais. Je m'étais bien éloignée et il me fallut une grosse demi-heure pour rentrer à la maison. Je sautai de l'autre côté de la rive du ruisseau. Une âme généreuse avait inutilement allumé les spots extérieurs et la demeure était éclairée d'une clarté magique. J'entendis Edward
-Ah ! La voila enfin.
Puis, je vis Carlisle, m'ouvrir la porte vitrée de derrière. Mon rêve refit surface, plus net que jamais. Je m'engouffrai dans la villa, toujours à une vitesse vertigineuse et m'arrêtai dans le salon, Carlisle me précédant à allure humaine.
-Désolée ! Pardon, je... Je n'ai pas vu le temps passer !
Mon Ange rit, passa à côté de moi en me caressant brièvement les cheveux et se plaça aux côtés d'Esmé, qui rayonnait de bonheur. Mes frères et mes sœurs étaient tous assis sur les divans, Bella berçant Nessie dans ses bras.
Seuls mes tuteurs et moi-même étions debout.
-Tu es excusée, Me dit Carlisle, Mais, désolé, tu es la dernière à apprendre la nouvelle.
La nouvelle ? Quelle nouvelle ? Une petite voix dans ma tête se fit entendre
-Ne nous en veux pas, Dit Esmé en riant, Mais vu qu'Edward et Alice étaient déjà au courant grâce à leur don, les autres nous ont cuisinés à plusieurs sauces, on a été obligé d'avouer avant ton arrivée.
Non. Pas ça. Je voulais hurler à la petite voix de se taire.
Carlisle prit Esmé par les épaules
-Tu dois être déjà au courant, non ? Me demanda-t-il
Qu'elle se taise, par pitié !
Edward me regarda en pinçant les lèvres
-N... Non, quoi ? Dis-je, essayant d'avoir l'air plus que jamais normale et intéressée
Tais-toi, satanée voix, satané don.
Carlisle sourit
-Esmé et moi, nous allons nous remarier.
Le rêve coula d'un coup, la voix dans ma tête s'était tût et le sol s'écroula sous mes pieds.
