Coucou les amis !
J'espère que vous avez passé une bonne semaine ! Perso, c'était le froid total chez moi
Enfin, me revoilà avec le chapitre 5 ! J'espère qu'il vous plaira !
N'hésitez pas à me donner vos impressions sur les persos, etc ! C'est toujours utile !
Je dois vous dire que vendredi prochain, vous n'aurez pas le prochain chapitre ! Vous l'aurez samedi !
Bisous
Luna
Chapitre 5: Retour à la réalité
Le sol s'écroula sous mes pieds. J'avais longtemps redouté cette nouvelle. Carlisle et Esmé s'étaient mariés pour je ne sais la quantième fois il y avait quinze ans de cela. A l'époque, je ne connaissais mon Ange que depuis deux ans et n'avais pas été mise au courant. Il m'avait juste dit qu'il prendrait congé pour trois semaines. Semaines où je n'avais pas mis un pied à l'hôpital et qui m'avaient paru être une éternité.
-Alors, qu'en dis-tu, Amy ? Me demanda mon Ange, un sourire sur le visage
Tout les regards étaient tournés sur moi. Alice et Edward affichaient des mines peinées. A n'en pas douter, le vide dans mon esprit avait interpellé mon frère et mon lutin de sœur avait certainement vu quelque chose. Mon cerveau se remit à fonctionner après quelques dixièmes de secondes.
-C'est... Vraiment super, Dis-je
En fait, c'était dramatique. J'avais essayé de mettre de la joie dans mon intonation mais, à la tête d'Edward, je devinai que j'avais loupé mon coup. Le halo de bonheur de disparut néanmoins pas pour autant autour du couple et Esmé embrassa tendrement mon Ange sur la joue, juste en dessous de sa fossette, l'endroit où j'avais toujours rêvé déposer un baiser. Elle m'avait lancé un regard triomphant, à l'insu de tous. Je ne l'avais jamais vue comme ça. Elle qui était d'habitude de nature aimante et gentille.
A ce moment, un sentiment m'envahit. Un sentiment qui n'avait rien de comparable avec la tristesse que j'éprouvais auparavant. J'étais jalouse. Jalouse à un point inimaginable. Jalouse comme je ne l'avais jamais été. Ca avait explosé dans mon corps entier, et j'eus toutes les peines du monde à ne pas hurler.
Je vis Jasper, me regarder plus qu'étonné. Alice le remarqua et lui prit lentement la main, lui faisant bien comprendre qu'il ne fallait pas poser de questions et le calme revint, bien qu'un rien aurait pu me faire éclater.
Merci Jasper, merci Alice.
Tout s'était passé étrangement vite. Je souris à Carlisle et Esmé, même si cela devait plus ressembler à une grimace qu'autre chose.
-Oui c'est... Génial. Bon, vous m'excuserez, mais je... Je vais dans ma chambre.
Mon Ange hocha la tête, l'air légèrement soucieux, et il y avait de quoi l'être: Ce genre de réaction n'était pas des plus habituelles, venant de ma part. Si je n'avais pas fait ce fichu rêve, j'aurais beaucoup mieux joué la comédie et mon visage aurait affiché un sourire heureux pour le couple.
J'entrai dans ma chambre et me glissai sur mon lit. J'avais plus que jamais envie de pleurer. J'avais été idiote: Ce rêve m'avait ouvert les yeux sur l'immensité de mes sentiments pour Carlisle. Je le voulais, je le désirais, je l'aimais.
Et cette annonce de mariage m'avait elle aussi ouvert les yeux, mais sur l'absurdité de cet amour pour lui. Quelle idiotie que de tomber amoureuse d'un homme bien ancré dans son couple et qui me considérais ni plus ni moins que comme sa fille cadette ?
Je passai toute la journée de dimanche seule dans ma chambre, à relire des bouquins, à écouter de la musique et à fixer le plafond, allongée sur mon lit.
Quand le lundi matin arriva enfin, je pris mon sac, entrai mollement dans ma voiture et démarrai vers l'école. J'avais entendu Carlisle être rappelé en plein milieu de la nuit pour une urgence. Je n'avais donc pas vu son magnifique sourire d'Ange me souhaiter une bonne journée. Dans un sens, ce n'était pas plus mal: J'aurais souffert de l'entendre, souffert de le voir. La vue d'Esmé qui, en temps normal était d'une douceur inhumaine, me regardant froidement descendre les escaliers avait suffit à me pourrir le moral pour toute la semaine.
Je passai devant l'hôpital de Forks et vit au loin, sur le parking réservé aux médecins, la Mercedes de mon Ange. Rien que cela me fit broyer du noir. Je garai ma voiture le plus près possible de l'entrée du lycée. Autant me retrouver vite en classe. Je commençais par deux heures d'anglais et une belle dissertation sur 1984 m'attendait en perspective. Mais même si elle était d'une facilité affligeante, j'essayais de me concentrer sur l'écriture de mon texte.
Sans succès.
J'écrivais sans hésitations mais n'était pas à mon affaire. Une partie de mon cerveau s'occupait de cette fichue dissert' et une autre décortiquait le méli-mélo de mes sentiments, questions et pensées.
Depuis quand étais-je amoureuse de Carlisle ? Longtemps. Très longtemps. Peut-être même depuis la première fois qu'on s'était rencontré. Mais je m'étais toujours cachée la vérité. Je le revoyais installer mon attèle avec son habilité de vampire. J'avais profité des la froideur de ses doigt sur ma peau d'enfant. Je l'avais regardé faire avec une telle admiration...
Quand m'en étais-je rendue compte ? Ca, je le savais bien. C'était il y avait trois ans et demi, quand en entrant dans le salon de la maison dans laquelle on habitait à l'époque, j'avais vu mon Ange et Esmé s'embrasser pour la première fois. Ils ne montraient jamais pareilles marques d'affection devant nous. J'étais arrivée à l'improviste ce jour-là, en rentrant plus tôt du lycée. La tristesse qui m'était encore inconnue était alors apparue pour la première fois et j'avais commencé à me poser des questions.
Pourquoi Esmé me regardait-elle méchamment, elle qui est la gentillesse incarnée ? Je n'avais là que des suppositions. Soit elle avait deviné ce que je ressentais pour son mari, ou Edward lui avait clairement dit -mais j'en doutais plus qu'il n'en fallait pour le dire- et elle avait peur pour son couple, soit elle était simplement jalouse que je passe autant de temps avec lui. Mais alors, pourquoi continuait-elle à être froide, après ce week-end seule avec lui et qui plus est, avec cette annonce de mariage ?
Retour à Carlisle. Qu'est-ce que j'aimais chez lui ? Sa gentillesse ? Sa façon si protectrice de me regarder ? Son corps, si beau, si parfait ? Le fait qu'il aie été mon seul rayon de soleil pendant sept ans ? En fait, j'aimais tout chez lui. J'étais par ailleurs heureuse que ce soit lui qui m'aie transformé, lui qui m'aie mordu, lui qui m'aie insufflé son propre venin.
Puis venaient les deux dernières questions auxquelles je n'avais pas de réponses: Pourquoi, pendant deux mois, Carlisle avait été si proche de moi, pour maintenant reprendre des distances bien plus que correctes ? Et surtout, comment faire pour ne plus être amoureuse de lui ?
En sortant du cours d'anglais, je n'avais toujours pas trouvé de réponses concrètes à ces deux dernières questions et cela m'énervait énormément.
Dans les couloirs, alors que j'allais à pas rapides vers le cours d'espagnol, un garçon de terminal me héla quand je passai à côté de lui
-Hey Cullen ! Tu dois pas être facile à vivre, je me trompe ? Tu lui fais quoi au docteur pour qu'il te garde ? T'es sa petite infirmière personnelle ? Ca doit être chaud la nuit chez vous !
J'éclatai. A une vitesse plus rapide que la moyenne humaine, je plaquais le lycéen contre les casiers, une main sur son cou et lui hurlai
-Répète un peu ?! Vas-y pour voir ! REPETE !
Il avait l'air complètement effrayé. Je sentais tout les regards braqués sur nous. C'était une bonne occasion de leur apprendre que ma patience avait des limites.
Mais ces derniers temps, la chance ne me souriait pas. Par malheur, les casiers étaient juste en face du bureau du directeur et coup du sort, ce dernier en sortit au moment où j'hurlais. Et comme dit le proverbe, jamais deux sans trois: Le terminal n'était autre que le neveu du principal, Mickael.
-Mademoiselle Cullen ! Vociféra la haute instance, Dans mon bureau, immédiatement !
Je lâchai prise et entrai dans la pièce sans demander mon reste. Je m'assis sur une des deux chaises face au bureau tandis qu'un vacarme sans précédent se faisait entendre du couloir. Le directeur ordonna aux élèves de regagner leur classe et vint me rejoindre pour s'installer face à moi, dans son grand fauteuil de cuir noir.
-Alors, mademoiselle Cullen, ici depuis seulement deux mois et on fait déjà des siennes ?
Silence. Qu'avais-je à répondre mis à part qu'il disait la vérité ?
-Puis-je connaitre les raisons qui vous ont poussées à un tel acte de violence ?
Non. De toutes façons, vous ne me croiriez pas.
Face à mon mutisme, il soupira.
-Bon, je vais appeler votre père. Il travaille n'est-ce pas ?
Je restai muette. Il allait avoir la réponse d'ici quelques secondes. Autant économiser ma salive pour après.
Il appela donc Carlisle et lui demanda de passer à son bureau le plus vite possible. Une demi-heure plus tard, mon Ange entra et s'assit à côté de moi en me jetant un coup d'œil interrogateur. Les deux hommes se serrèrent brièvement la main.
-Désolé de vous avoir fait venir alors que vous étiez en plein travail, monsieur Cullen.
-Ce n'est rien, Assura Carlisle, Si vous me disiez plutôt le pourquoi de ma présence ici ? Ca concerne Amy mais...
Le directeur se racla la gorge
-Hé bien, en sortant de mon bureau, j'ai vu votre fille agresser un des élèves. Je dois dire qu'elle était même prête à en venir aux mains.
-Vraiment ?
-Oui, j'ai essayé de lui faire avouer les raisons de ce geste, mais elle n'a rien voulu dire.
Mon Ange tourna la tête vers moi et me questionna du regard
-Je t'expliquerai après, Dis-je, Je n'ai aucune raison de le faire devant lui.
Le principal fronça les sourcils
-Votre fille manque cruellement de bonne volonté en ce qui concerne la discipline. D'après quelques connaissances, la raison de son absence de jeudi et vendredi n'est autre qu'un boycottage des cours.
Carlisle sourit
-Oui en effet, je suis au courant et j'en assume les conséquences.
L'homme gesticula sur son fauteuil, l'air plus qu'agacé devant la franchise et la clémence de mon tuteur.
-Monsieur Cullen, ce que je veux dire, c'est que bien qu'Amy soit à votre charge depuis seulement deux mois, vos autres enfants ont de suite appliqués un comportement respectable ! Je dois avouer que votre cadette a des notes parfaites et est vouée à un avenir prometteur. Ce serait dommage qu'elle gâche tout à cause d'un simple manque de discipline, ne croyez-vous pas ?
Carlisle dévisagea son interlocuteur d'un regard perçant
-Ecoutez, si ma fille n'a pas accès à je ne sais quelle université bien cotée, c'est son problème. Elle est assez mature pour savoir ce qu'elle fait et j'ai toujours fonctionné comme cela avec mes autres enfants.
Le directeur semblait choqué par les paroles de mon Ange. Quant à moi, je l'étais plus par le petit « Ma fille », qu'il avait prononcé. C'était clair: Il ne me considérait que comme sa benjamine, la petite dernière de ses six enfants.
Sous le silence pesant, Carlisle mit fin à la discussion
-Enfin, j'en reparlerai avec elle.
-Et vous aurez tout le temps pour ça, Dit l'homme, le ton rempli de sarcasmes, Car votre fille a gagné, dans l'histoire, une semaine de renvoi. Si elle m'avait dit pourquoi avoir agressé cet élève, elle n'aurait eu que quelques heures de retenues.
Il lui tendit une feuille
-Si vous voulez bien signer ceci, tout les deux.
Carlisle soupira et signa la feuille d'un grand geste puis me la tendit. Il s'agissait juste du justificatif de renvoi et je posai ma signature à côté de celle de mon Ange sans même prendre la peine de lire le contenu, puis la rendis au directeur.
Nous nous levâmes et les deux s'échangèrent à nouveau une poignée de mains puis, l'homme nous raccompagna jusqu'à la porte de son bureau tandis que la sonnerie annonçait le temps de midi.
-Eh bien merci d'avoir pris la peine de vous déplacer, monsieur Cullen.
-C'est normal. Au revoir.
-Au revoir, et à la semaine prochaine, Amy.
Nous nous engouffrâmes dans le couloir bondé de monde. On aurait dit que tout le lycée s'était réuni devant la porte du principal. En voyant que Carlisle m'accompagnait, certaines filles poussèrent des cris d'exclamation et les murmures commencèrent
-Tu te rends compte ! Le dirlo a fait appeler son père ! C'est dingue !
-Ce mec est toujours aussi sexy !
-Parait qu'elle va avoir une semaine de renvoi !
-Tu crois que ce qu'à dit Mickael est vrai ?
Je serrai les poings. C'était sûr, il avait profité de ma réaction. Cet abruti de Mickael avait certainement été raconter que la manière dont j'avais réagis prouvait ses dires. Posant son regard sur moi, Carlisle passa son bras autour de mes épaules, ce qui n'arrangea rien aux murmures.
-Calme-toi, Me chuchota-t-il, Ne fais pas attention.
Nous sortîmes du bâtiment. Alice et Jasper attendaient sagement devant ma voiture. En nous voyant arriver, ma sœur sourit de ses dents blanches.
-Halala, Amy et ses fureurs ! Aller file-moi tes clefs, que j'aille ramener ta voiture à la maison.
Je lui lançai mon trousseau de clefs, qu'elle rattrapa
-Nous allons faire un peu de shopping, nous serons de retour ce soir.
-Faites ce que vous voulez du moment que vous ne me la crasher pas, Dis-je, un sourire aux lèvres
Il rirent et Alice se dépêcha d'entrer dans ma SAAB, côté conducteur, telle une enfant à qui on confie un jouet rare et précieux. Je savais qu'elle m'avait vue dans le bureau du directeur avec Carlisle et que ce dernier voudrait me parler seul à seule. Hors, il n'y avait rien de mieux que la voiture pour cela. Il avait garé sa Mercedes près de la rue, faute de manque de places plus proches. J'entrai côté passager et il s'assit derrière le volant. Mon Ange démarra, manœuvra, et sortit du parking du lycée.
-Et maintenant, si tu me disais ce qu'il s'est passé ?
Je soupirai
-En gros, le neveu du directeur m'a mise en colère.
Carlisle afficha un regard amusé
-Mais encore ? Qu'a-t-il fait pour t'énerver à ce point ?
-Pour être directe et crue, il a dit que si tu me gardais à la maison, c'est parce que je baise bien.
Après quelques dixièmes de secondes, mon tuteur éclata de rire. Son rire si craquant, si beau, si sexy...
-C'est tout ? Enfin Amy, ce ne sont que des rumeurs. Je pensais que tu te fichais de ce que les autres disent de toi !
-En effet, Répondis-je, Je me fiche de ce que les autres pensent de moi. Mais je ne supporte pas de savoir qu'ils croient que tu es ce genre de personnes.
-Personnellement, ça ne me dérange pas. Les rumeurs à notre sujet ont toujours courues et elle courront encore.
-Mais enfin, Carlisle ! Ca ne te dérange pas que les gens pensent que tu me... Enfin soit, alors que tu aimes Esmé et que tu ne lui as jamais été infidèle ?
Pendant quelques longues secondes, il me toisa du regard, ne faisant même plus attention à la route.
-Non, Dit-il sèchement
C'était là une négation qui signifiait que le sujet était clos. Je n'étais pourtant pas satisfaite. Il aurait pu faire l'effort de rajouter quelque chose. Quelque chose comme « J'aime Esmé, je le sais, je ne la trompe pas et je me fiche si les autres pensent le contraire. »
Nous arrivâmes à la maison et Carlisle se gara face à la porte d'entrée. Esmé ouvrit et en nous voyant sortir de la voiture, elle fronça les sourcils
-Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle
Nous entrâmes et mon Ange expliqua brièvement les faits.
-Comment ? Dit-elle en tournant son visage en forme de cœur vers moi, Tu as agressé un élève ?
Son visage était partagé entre inquiétude et fureur.
-Ouais bon, pas de quoi en faire tout un plat, Dis-je, Je vais dans ma chambre. A ce soir Carlisle.
-Attends une minute, Amy ! Lança Esmé, Ne crois pas que tu vas t'en sortir comme ça !
Mon Ange leva les mains comme un drapeau blanc
-Allons, laisse-là. Elle a été assez punie comme ça -Il se tourna vers moi- Tu peux monter dans ta chambre si tu le désires. A ce soir Amy.
Je hochai la tête et partis sans un regard pour ma tutrice. En m'allongeant sur mon matelas, j'entendis les deux parler avec énervement.
-Tu la laisses trop faire, Carlisle !
-Esmé, nous avons déjà discuté à ce propos. Et ici n'est pas le lieu idéal, elle nous entend !
-Elle peut bien nous entendre ! Répliqua son épouse, Ca fera du bien à ses oreilles ! Que se serait-il passé si ce lycéen avait été blessé ?
-Mais il ne l'a pas été. Il y a eu plus de peur que de mal. Amy connait ses limites.
-Tu es vraiment beaucoup trop souple. Elle réagit comme une gamine et toi comme un père laissant tout passer.
-Ecoute, je n'ai pas envie de me disputer avec toi, Dit mon Ange avec froideur, Je retourne travailler, on m'attend à l'hôpital. A ce soir.
Et je l'entendis partir en claquant la porte.
Je m'en voulais. A cause de moi, Carlisle et Esmé s'étaient disputés. Je devinais que ce n'était pas la première fois que je débarquais sur le tapis. Ils avaient déjà parlés de moi et de la légèreté avec laquelle mon Ange prenait mes bêtises. J'étais devenue, sans m'en rendre compte, un sujet de conflit pour le couple et Esmé ne l'acceptait pas. Je dérangeais, je gênais. Je me demandais depuis quand c'était comme cela. Avant mon départ ? Dans mes précédents lycées, j'avais déjà cherché la bagarre pour des raisons aussi diverses et futiles les unes que les autres et avais eu plusieurs fois des renvois partiels. Mais à chaque fois, la douce Esmé m'accueillait avec le sourire, bien contente d'avoir quelqu'un pour lui tenir compagnie à la maison.
Et là, elle s'emportait, qui plus est sur Carlisle. Que cherchait-elle ? A l'éloigner de moi ? Peut-être. Une chose était sûre: Je devais, à partir de maintenant, me contrôler et devenir une petite fille modèle pour regagner la sympathie de ma mère de cœur.
Je décidai de prendre un peu de temps pour moi et de rêver à mon aise. Je m'assis en tailleur et fermai les yeux. Comme la dernière fois, mon Ange apparut. Il s'avança sans un mot, me souleva le menton et approcha lentement son visage du mien. Quand ses douces lèvres touchèrent les miennes, il s'emporta et m'embrassa avec autant de fougue qu'il le pouvait. Mais contrairement à la dernière fois, nous n'étions pas seul dans la maison, et Esmé entra dans ma chambre. Elle hurla des paroles incompréhensibles et Carlisle fit de même. Je ne les avais jamais vu se disputer à ce point. A dire vrai, je ne les avais jamais vu se disputer. J'étais horrifiée, je ne savais plus quoi faire. Mais le calme revint quelques secondes puis, Esmé pointa son index vers moi
-C'est ce sa faute ! Tout est de sa faute ! Maintenant Carlisle tu choisis: C'est elle ou c'est moi !
Je revins à la réalité et vis mon reflet dans le miroir de la porte. Mon beau visage de vampire était rempli de douleur. J'enroulai mes bras autour de mes genoux. C'était clair comme de l'eau de roche: Je dérangeais. J'étais le point noir sur la blancheur du couple de mon Ange. La tache noire, la sorcière, la vile, la salope, la méchante. Dire que tout ce que je voulais, c'était vivre heureuse avec ma famille. Même si j'aimais Carlisle, je ne voulais pas le prendre à Esmé. Je ne voulais pas qu'ils souffrent, je ne voulais pas qu'ils soient malheureux.
J'entendis des rires en bas. Tout le monde était rentré. Je regardai mon radio-réveil qui affichait 20h30. Mes réflexions et mon rêves avaient pris plus de temps que je l'avais imaginé.
Je sortis de ma chambre et descendis les escaliers. Nessie courut vers moi et se jeta dans mes bras
-Bonsoir ma chérie, Dis-je, Comment vas-tu ?
-Très bien ! On s'est tous beaucoup amusés !
-Ah oui ?
-Oui ! Regarde !
Elle posa ses deux petites mains sur mon visage et m'envoya ses souvenirs de l'heure passée. Jacob faisant l'abruti, puis se faisant battre lamentablement à la console par Emmett, un gobelet rempli de sang humain de la part de Rosalie comme « friandise » et Edward jouant à l'avion moi -enfin, Nessie. Puis, Carlisle rentrant, d'abord l'air contrarié puis heureux de voir sa petite-fille courir vers lui, comme elle l'avait fait avec moi. Cela me rappelait l'époque où je n'étais encore qu'un nouveau-né. Moi aussi je courais vers lui, telle une enfant, quand il rentrait du travail.
Je souris tristement à Renesmé
-En effet, vous avez passé une belle soirée.
J'entrai dans le salon, portant toujours ma nièce dans les bras.
-Alors, Lança Emmett, Tu t'es encore fait remarqué au lycée ?
Je m'assis à côté de Jacob
-Il faut bien que je fasse croire que je suis en pleine crise d'adolescence.
-Ouais mais on va finir par croire que tu l'es vraiment ! Dit le Quileute
Tout le monde éclata de rire, sauf Alice, Edward et mes tuteurs qui eux, avaient l'air de prendre cette histoire très au sérieux.
Les rires continuèrent et les discussions aussi. Mais je ne les écoutais que d'une oreille, cogitant mes pensées en cajolant et regardant Nessie qui s'était endormie dans mes bras. J'avais une seule fois levé le regard et avais croisé celui d'Esmé qui était toujours rempli de tristesse, fureur et souffrance, comme dans mon rêve. J'avais vite redétourné les yeux vers Renesmé.
-Amy, Dit Jasper, Qu'est-ce qui ne va pas , ça fait quelques temps que tu as perdu ta gaieté habituelle et que tu es remplie de sombres émotions.
-Ce n'est rien, je vais très bien.
Edward se leva
-Ne dis pas de bêtises, avec ce que tu penses, ça ne peut qu'aller mal !
-Je vais très bien ! Répétai-je en commençant à sentir la colère monter
Le regard de Carlisle et Bella sembla soucieux
-Tu sais bien que tu peux tout nous dire, Amy, Me dit mon Ange
Je me levai et déposai Nessie sur les genoux de Jacob
-Est-ce possible de pouvoir garder un secret pour soit-même parfois ? M'écriai-je
Carlisle se mit à son tour debout
-Ca peut faire du bien de parler, tu sais.
Il posa une main attentionnée sur mon épaule et je me dégageai vite fait, souffrant de ce contact
-Eh bien je ne veux pas parler ! Criai-je
Tous restèrent muet face à la réaction que je venais d'avoir contre mon Ange. Je m'en voulais de lui avoir répondu comme cela. Mais la colère était encore trop présente.
-Désolée. Je me suis emportée. Je vais faire un tour en voiture, ça ira mieux.
Je pris mon sac, partis vers le garage, entrai dans ma SAAB gentillement ramenée par Alice et démarrai en trombe.
