Bonjour les ami(e)s !

Voici enfin le sixième chapitre de l'Ange ! Désolée pour le retard ! Vous aurez le sept, vendredi sans fautes !

Je tiens à vous remercier pour vos reviews, ça fait vachement plaisir ! A partir de maintenant, je vais y répondre d'ailleurs !

Ginny374, Volterra, Inconnue, Miss Waw, Manon-la & Pouffinette: Merci beaucoup ! Sinon, je vais tenter de publier un chapitre par semaine. Donc vous les aurez soit le vendredi, soit le samedi. J'espère que la suite vous plaira toujours autant ^^

Gudulette: Merci, ça fait plaisir d'avoir un petit conseil technique. C'est vrai que je fais parfois des phrases trop longues et qu'en me relisant, je me rends compte qu'on peut facilement perdre le fil des choses :p

Je suis en tout cas contente que mon style d'écriture te plait :)

Eh oui, Amy est dans une impasse et je dois dire qu'avec ce chapitre, ça ne va pas s'arranger !

Severine5890: Haha, oui pauvre Carlisle, j'suis une vraie sadique avec mes persos \o/ (enfin tu l'auras surement remarqué :p)

Et pour le chantage, je ne peux te dire qu'une seule chose: Tu verras ! Mais je compte refaire l'histoire, sous le point de vue de Carlisle, donc ce sera révélé à ce moment là.

Et rassure-toi, je crois que pour écrire une fic pareille, il faut être tordue aussi donc si tu l'es, on est deux XD

Koocah: Toi et moi on est faite pour s'entendre ! J'ai tout de suite flashé sur Carlisle et ça s'est confirmé avec le film. Je comprends pas pourquoi il a aussi peu de fans, lui qui est si parfait *_*

Enfin voila, comme je l'ai dit plus haut, vous aurez la suite la semaine prochaine, surement vendredi.

Bisous

Luna

Chapitre 6: Complications

Je sortis du chemin de terre et poussai sur l'accélérateur de ma voiture, voulant me diriger le plus vite possible vers l'auto-route.

Je récapitulai pour moi-même. Depuis que j'étais rentrée à la maison, tout s'était désagrégé: La relation qu'Esmé entretenait avec moi et Carlisle, mon moral, mes émotions et pour couronner le tout, je n'avais pas de chance.

Je pensais qu'un vampire au don spécial m'avait maudite pour que tout aille mal jusqu'à ce que j'aille chez les Volturi pour me faire tuer. Non, il ne fallait tout de même pas exagérer.

Je m'engouffrai sur l'auto-route, dépassant les 150km/h.

Qu'est-ce qu'il m'avait pris de m'énerver sur mon Ange ? Il était pourtant rempli de bonnes intentions, je n'en doutais pas. Tout ce qu'il voulait, c'était que je me sente bien, sans soucis. Mais quand il avait posé une main sur mon épaule, ça avait été comme si une enclume m'était tombée dessus. Sa main avait été lourde, douloureuse comme du fer rouge.

Les idées se mélangeaient dans ma tête.

Ce dont j'avais le plus et le moins besoin en ce moment, c'étaient ses bras. J'avais besoin qu'il me réconforte en me susurrant des mots doux dans le creux de l'oreille. Je savais néanmoins que son contact serait atroce, comme une brûlure et que ses paroles seraient un poison pour mon cerveau.

Je devenais presque folle de cette opposition.

J'allumai la radio et me branchai sur une onde qui ne diffusait que du rock et tout ce qui s'en rapprochait.

Pour ne rien arranger à mes problèmes, Alice avait vu quelque chose d'important sur mon -ou notre- futur et surtout, Jasper savait maintenant que mon moral ne tournait pas rond. Ce n'était plus qu'une question de temps avant que toute la famille soit au courant de mes sentiments pour Carlisle.

Que faudrait-il que je fasse à ce moment-là ? Partir ? C'était une solution beaucoup trop lâche à mon goût. Qui plus est, je ne voulais pas me séparer de mes frères, de mes sœurs, de ma nièce et de mon Ange. Faire face ? Autant aller directement au suicide. Comment me verraient Emmett et Jasper ? Comme une adolescente en pleine crise existentielle. Rosalie ? Peut-être comme une voleuse d'hommes. Bella et Nessie ? Elles rejoindraient certainement le point de vue des garçons. Et Carlisle ? Comment réagirait Carlisle ? Il ne serait plus le même avec moi. Il serait plus que jamais distant, plus que jamais froid, inaccessible. En fait, peut-être me demanderait-il de partir. Et c'était légitime. Pourquoi garder une jeune fille amoureuse de soit sous le même toit ?

Même lui qui était si gentil, si compréhensif ne pouvait pas laisser passer une chose pareille. Il ne pouvait pas se permettre de manquer de détruire son couple à petit feu.

Je grimaçai de douleur. Dieu que tout aurait été plus facile si je n'avais pas rencontré cet homme. Cet homme dont je m'étais, malgré moi, éprise dés la première rencontre. Ils auraient tous continués à vivre une existence paisible et sans problèmes. Car si Carlisle et Esmé en avaient, le reste de la famille en avaient aussi.

J'avais peur. Peur de faire éclater la famille en morceaux. Ceux du côté d'Esmé, ceux du mien -si il y en avait, et ceux ne sachant pas de quel côté se ranger.

Je poussai une nouvelle fois sur l'accélérateur, dépassant les autres véhicules à une vitesse effrayante. Je n'avais qu'une seule envie, c'était de percuter un arbre de plein fouet et de mourir en cet instant précis. Mais à quoi bon ? Mon corps aurait parfaitement résisté au choc et j'aurais juste gagné un retour à pieds et une nouvelle colère d'Esmé pour avoir crashé ma voiture.

Mon portable sonna. Ne faisant plus qu'à demi attention à la route, je le sortis de mon sac et vis que l'appel venait de Carlisle. Pourquoi lui répondre ? Pour l'entendre me demander de rentrer ? Pour qu'il me dise qu'il fallait qu'on s'explique autour de la table du salon ? Au final, c'était peut-être ce qu'il y avait de mieux à faire. Oui. C'était même ce que j'allais faire.

Je jetai mon portable sur le siège passager et soupirai. Il allait me falloir du courage, énorme même. Mais j'étais prête. C'était maintenant décidé.

Je ralentis, sortis quelques kilomètres plus loin de l'auto-route et me retrouvai sur un axe routier totalement inconnu. Il fallait que je reprenne l'auto-route en sens inverse pour rentrer à la maison. Je n'avais qu'une centaine de mètres à faire, tout au plus. La route était déserte. Seule une vieille Suzuki bleue était garée.

Trois hommes y étaient adossés, sûrement des dealers de drogues. Mais en avançant, je me raidis. Les trois n'étaient autres que des vampires -qui plus est carnivore, dont un que j'avais déjà rencontré, il y avait bien longtemps de cela, à l'époque où j'étais encore humaine. En les dépassant, il me regarda, d'abord légèrement étonné puis, un sourire sadique se dessina sur son visage.

Je poussai sur l'accélérateur à fond, plus que jamais effrayée. Je repris l'auto-route. Le compteur de ma voiture frôla les 250km/h. Il fallait rouler, vite, très vite. Rentrer à la maison.

Un vieux souvenir revint à la surface

-Tu es sûre qu'elle est encore vierge ?

Ma respiration devint saccadée. Je stressais. Cet homme était déjà dangereux quand il était humain. Alors maintenant, à l'état de vampire ?

Je le revoyais poser une main perverse sur ma poitrine, jubilant presque de ce contact.

260km/h. C'était encore trop lent. Il fallait que je retourne vite dans mon cocon familial, le seul endroit où j'étais en sécurité.

Mais la petite voix de mon intuition me signala qu'ils me suivaient. Je n'en avais que faire. Ils n'avaient qu'une vieille Suzuki, ils n'allaient pas pouvoir suivre ma trace.

L'odeur ? Je chassai cette idée de ma tête.

J'entendis son rire de satyre. Il me voulait, c'était certain. Il voulait terminer ce qu'il avait commencé, dix ans auparavant.

Mon portable sonna une nouvelle fois. Je ne pris même pas la peine de voir qui m'appelait. Je serrai les mains sur mon volant, n'entendant plus qu'à moitié les sonneries se succéder.

Enfin, je vis la sortie de Forks, la pris, toujours à une vitesse dépassant de loin l'illégalité, et me retrouvai quelques minutes plus tard devant notre imposante maison. J'entrai dans le garage, manquant d'accrocher la Mercedes de Carlisle. C'était bien-là le cadet de mes soucis. Je sortis de ma voiture et courut vers le salon. Toute la famille était là, arborant un regard inquiet

-Tu pourrais répondre quand on t'appelle ! Lança une Esmé furieuse, Alice a...

Carlisle la coupa d'un geste de la main.

-Nous étions tous inquiets. Surtout après ce qu'Alice aie vu.

Mais ses paroles étaient bien trop lointaines. Je revoyais les yeux rouges-bordeaux de l'homme me dévisager avec perverserie.

Je perdis mes moyens, vis flou et tombai à genoux. Carlisle eut tout juste le temps de me rattraper.

-Elle l'a rencontré. Dit Edward, Elle est en état de choc. Alice a vu juste.

-Amy, calme-toi, Me dit doucement mon Ange, Tout va s'arranger, nous ne les laisserons pas te faire de mal. Je te le promets.

-V... Vraiment ? Articulai-je

-Évidemment ! Gronda-t-il, Maintenant reprends tes esprits. Nous t'aimons tous. Nous les arrêterons.

Je m'accrochai à lui pour me remettre sur mes jambes. Je remarquai qu'il portait le sous-pull que je lui avais offert. Bien que la situation eut été catastrophique, cela me fit plus que plaisir. Je vis Esmé me jeter un regard dégoûté. Comme si je profitais de l'occasion pour chercher le contact avec son mari !

Je m'assis sur un des divans, entre Bella et Nessie. Ces deux dernières me lancèrent un sourire bienveillant et ma panique se tassa quelque peu. Je me sentis apaisée et vis Jasper me jeter un coup d'œil complice. Il n'y avait rien à faire, sans ma famille, je n'étais rien.

Carlisle s'assit et croisa ses mains sous son menton, l'air soucieux.

-Reprenons depuis le début. Alice, une demi-heure après qu'Amy soit partie, tu as eu la vision de trois vampires la voyant sur une route déserte. Est-ce exact ?

-Oui, Confirma-t-elle.

Il se tourna vers moi

-Bon. C'est bien ce qu'il s'est passé ?

Je hochai nerveusement la tête.

-J'ai bien essayé de t'appeler pour que tu rebrousses chemin avant mais tu n'as pas répondu. Enfin, passons. L'un d'eux était quelqu'un que tu connais, n'est-ce pas ?

Je soupirai. Il était inutile d'y aller avec des pincettes

-Oui. C'était bien l'homme qui a payé ma mère il y a dix ans pour tirer son coup avec moi.

Carlisle, Emmett, Jacob, Bella, Alice et Jasper grimacèrent devant ma franchise. Il était vrai que j'aurai pu y aller un peu plus poétiquement. Mais autant être directe.

-Amy, Reprit mon tuteur, je ne te cacherai pas le restant de la vision d'Alice: Ils vont venir ici.

Un silence de plomb tomba entre moi et Carlisle. Plus personne ne parlait. Je pouvais tout juste entendre les cœurs de Jacob et Nessie battre en synchro.

-Et...? Demandai-je, La suite de la vision ?

Ma sœur parut mal à l'aise

-Rien. Le noir total. C'est sûrement parce que Nessie et Jacob sont là.

Je me levai et commençai à faire les cent pas autour de la table du salon.

-Que dit ton intuition ? Demanda Emmett

-Rien non plus, Répondis-je, Elle est muette comme une carpe et je préfèrerai qu'elle me hurle quelque chose plutôt que de rester sous silence.

-Bien, Lança Carlisle, Si elle ne t'avertis de rien, c'est qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Pour le moment en tout cas.

Je m'arrêtai et m'assis cette fois à côté d'Alice. Elle me prit par les épaules et me colla contre elle. Il avait raison. Mon don ne me disait rien, pas même un mot. Je ne risquais donc rien dans l'immédiat.

-Ils avaient une vieille Suzuki c'est ça ? Questionna Jasper

-Je vois. Ils devraient arriver d'ici une demi-heure, n'est-ce pas Alice ?

Mais cette dernière avait maintenant le regard vide. Une vision. Que voyait-elle ? Moi en train de me faire violer par ce type ? La famille les combattre ? Soudain, une pensée me traversa l'esprit. Et si, lors d'un inévitable combat, Carlisle mourait ? Je me sentis nauséeuse -bien que ce n'était que psychologique, stressant plus que jamais. Edward me lança un regard foudroyant.

-Amy ! Même si nous devons combattre, nous ne mourrons pas ! Ils ne sont que trois, quant à nous, nous sommes dix ! Te rends-tu compte à quel point nous aurions l'avantage ?

C'était vrai. Edward avait raison.

-Bien sûr que j'ai raison !

Oui. Il ne fallait pas s'inquiéter, tout allait s'arranger.

Alice sortit de sa transe et regarda l'heure sur le lecteur DVD

-Ils seront là dans trente-cinq minutes exactement.

Trente-cinq minutes. Trente-cinq minutes à attendre. Et c'était une des choses que je détestais le plus, surtout quand je ne savais pas ce qu'il allait se passer, quand l'avenir était inconnu et dangereux.

Il fallait que je refasse quelque chose. Je me remis debout et recommençai à faire les cent pas.

-Tu ne sais pas rester calme quelques minutes, Amy ? Lança Edward, exaspéré

-C'est vrai, Renchérit Esmé, Ce n'est pas parce que cet homme vient ici qu'il faut commencer à faire stresser toute la famille !

Je m'arrêtai et me tournai vers elle, les yeux remplis de fureur

-Que peux-tu savoir à ce que je ressens ? Du stress ? Non, ce n'est pas ça. Je vais te dire ce que c'est; de la peur.

Je continuai à tourner autour de la table en verre. Je sentais dix paires d'yeux rivés sur moi et me sentis mal à l'aise. Moi qui voulais être de meilleure humeur avec Esmé, j'étais complètement à côté de la plaque.

Trente minutes. Emmett semblait prêt à la bagarre, gesticulant sur son fauteuil comme un enfant, quelques minutes avant l'ouverture des cadeaux de Noël.

Vingt-cinq minutes. Alice était dans les bras de son amoureux, le visage grave. Je me rappelais soudain que je devais encore lui demander ce qu'elle avait vu à propos de moi, quelques temps auparavant.

Vingt minutes. Rosalie semblait aussi énervée que moi par l'attente. Elle avait certainement peur pour la famille, elle aussi. Elle était comme Edward: Même si elle ne le montrait pas vraiment, elle tenait beaucoup à nous.

Quinze minutes. Nessie fila se réfugier dans les bras de Jacob, qui lui caressa tendrement les cheveux. La tension devenait de plus en plus palpable au sein de notre groupe.

Dix minutes. Esmé prit la main de son mari, l'approcha de son bouche et l'embrassa tendrement, tout en me lançant un regard furtif.

Cinq minutes. Edward se leva et m'accompagna dans ma ronde autour de la table. Lui qui m'avait ordonné d'arrêter de stresser tout le monde, voila qu'il m'aidait !

Soudain, nous entendîmes une voiture s'engager sur le chemin de terre.

-Ils arrivent, Murmura Carlisle, Surtout pas de gestes brusques. Ils sont peut-être juste curieux.

J'en doutais. Pourquoi cet homme serait curieux de me retrouver sous ma forme vampirique ?

Nerveusement, je m'assis, cette fois à côté de Jacob et ma nièce passa de ses genoux aux miens. Elle me sourit, histoire de m'apaiser.

La voiture s'arrêta devant la maison et à peine quelques secondes plus tard, on sonna à la porte. Ce fut Carlisle qui alla ouvrir, escorté par le reste de la famille.

Le premier était le pervers. Il avait toujours ses cheveux grisonnant, coupés à la brosse. Ses yeux bordeaux nous détaillaient un à un, s'arrêtant plus particulièrement sur moi et Nessie lovée dans mes bras. Derrière lui, ses compagnons, un, des cheveux châtains clairs, coupés au bol, une carrure presque aussi imposante que celle d'Emmett, l'autre, de corpulence normale, les cheveux noirs très courts. Ils arboraient un regard curieux sur le visage. Même s'ils n'inspiraient pas la confiance, ils m'effrayaient moins que l'autre. Mes souvenirs y étaient très certainement pour quelque chose.

-Bonsoir, Dit le pervers, Désolés de vous déranger en pleine soirée.

-Il n'y a aucun problème à cela, Répliqua Carlisle, l'air décontracté, Dites-nous plutôt que nous vaut cette visite ?

-J'ai cru voir une vieille connaissance du temps où j'étais humain -Il marqua une légère pause où il me sourit- et cela se confirme.

Jasper essayait d'anéantir le malaise qui planait sur la famille. Pour ma part, il n'y arriva pas.

-Ha, j'en oublie les formalités ! Je me nomme Franck. Franck Gory. Et eux, Alex et William, Dit-il en désignant ses camarades.

Ces derniers nous saluèrent d'un hochement de la tête tandis que Carlisle nous présentait d'un vaste geste de la main.

-Carlisle Cullen. Et voici ma famille. Esmé, Edward, Bella, Rosalie, Emmett, Alice, Jasper, Renesmé, Jacob et Amy.

Je me cachais à moitié derrière mon Ange, terrorisée. La petite voix dans ma tête m'ordonna de m'enfuir. Je ne l'écoutai pas. Qu'est-ce que cela allait m'apporter, mis à part de nouveaux problèmes ?

-Ne restez pas là, entrez, Les invita Carlisle

Il était fou ? J'avais dû mal entendre. Mais non, les trois entrèrent dans le hall et nous suivirent dans le salon. Tous s'assirent, sauf moi, préférant rester en retrait, tenant toujours Nessie dans mes bras.

-Nous n'avons le statut de vampire que depuis quelques années, Expliqua Franck, Et nous n'avons eu que trop peu l'occasion de rencontrer d'autres membres de notre espèce. Quel étonnement d'en voir autant cohabiter dans la même demeure. De plus, vous avez... De drôles de fréquentations.

Il avait dit cela en posant son regard sur Jacob. Carlisle rit. Mais je ne le connaissais que trop bien: Son rire sonnait faux. Il était aussi tendu que moi.

-Oui. Il faut dire que nous avons une petite particularité, dans la famille.

-Vraiment ? Laquelle ?

-Nous ne nous nourrissons que de sang animal.

Carlisle, mon Ange, mon amour, par pitié, ne commence pas à discuter de notre régime alimentaire et fous-les à la porte sur le champ !

Les trois parurent étonnés

-En effet, cela est très particulier.

La voix de mon intuition était de plus en plus tremblante. C'était courant. En fonction de ce qu'elle avait à me dire, son timbre changeait et pouvait montrer de la tristesse, de la peur, de la colère, de la joie, etc. Même si elle était généralement de nature neutre et m'arrivait au cerveau comme le murmure d'une petite fille dans le creux de mon oreille.

Je ne l'avais jamais entendue comme ça. Elle me disait de partir tout de suite, en prenant Nessie avec moi.

Je décidai d'attendre encore un peu. La fuite ne me semblait pas être la meilleure des solutions. Même si, en réalité, je n'en voyais aucune. Je n'avais pas une seule idée en tête pour me sortir de ce bourbier. Je comptais d'ailleurs sur Carlisle pour le faire à ma place, hors, en entretenant la conversation, j'avais l'impression qu'il m'enfonçait plus qu'autre chose.

-Nous n'avons jamais essayé de nous abreuver de sang animal, Reprit Franck, Nous préférons suivre notre instinct.

-Cela va de soit, Dit mon Ange, Nous ne sommes jamais pleinement rassasiés.

-Je comprends. De plus, la traque est plus amusante quand la proie est un être doté d'intelligence.

La seconde qui suivit me parut être la plus longue de toute mon existence, comme si elle avait défilé au ralentit.

Franck posa son regard sur moi, ses yeux de sang animés d'une lueur démoniaque et un sourire rempli de perverserie sur le visage. La voix me hurla

« Cours ! Vite ! »

Elle avait raison. Je le savais. Il fallait que je sorte, que je m'enfuie le plus loin possible de cet être venu tout droit des enfers.

Encore plus rapidement que l'aurait fait Edward, j'ouvris la porte fenêtre qui donnait sur le jardin et m'engouffrai dans les ténèbres de la nuit, serrant Nessie dans mes bras.

-Pourquoi nous partons ? Me demanda-t-elle

-Ils sont trop dangereux ! Expliquai-je paniquée, Ils veulent nous faire du mal !

-Pourquoi ?

Sa question me dépassait. Qu'avais-je à lui répondre ? « Parce que ce sont les méchants et nous les gentils » ? Je ne pouvais pas m'arrêter à un raisonnement aussi simple. De plus, je n'étais pas la « gentille ». Du point de vue d'Esmé, je devais être aussi mauvaise que les trois qui en avaient après moi. Je m'en voulu de penser à cela alors que un temps soit peu plus important comme préoccupation.

Mon intuition m'apprit que les trois autres étaient à ma poursuite. Comment avaient-ils fait pour échapper à la famille ? Je priais intérieurement pour qu'il ne soit rien arrivé à un seul membre du clan et mis ma nièce sur mon dos.

-Accroche-toi bien !

Elle hocha la tête et enfouit sont visage d'enfant dans mes cheveux noirs corbeaux.

Moi qui avait l'habitude d'être le prédateur, je savais maintenant quelle terreur mes proies ressentaient, détenant désormais le même statut.