Coucou tout le monde !

Vous l'attendiez et le voila: le chapitre 8 est enfin arrivé ! Et c'est le dernier du pov d'Amy !

Hé oui, à la base, je comptais en faire plus, mais je me suis dit que ça ferait vraiment tiré en longueur, surtout que je n'ai plus rien à raconter. Enfin, vous verrez bien.

Désolée de vous le poster samedi, mais hier, j'ai tout fait pour tout taper, et j'y suis pas arrivée !

Pour ce qui est du pov de Carlisle, le premier chapitre arrivera je ne sais pas quand. Il me sera un peu plus difficile de me mettre à sa place, donc ça risque de prendre un peu plus de temps. Il sera à la suite de cette fic. Je me suis dit que ce serait plus simple que de le faire en tant que nouvelle histoire.

Maintenant, les réponses aux reviews !

Carla, Jessica: Merci, ça fait toujours plaisir à entendre ^^

Koocah: Désolée, désolée ! Mais la semaine passée je sais plus ce que je faisais =/

Enfin voila le dernier chapitre, on est malheureusement samedi, mais c'est mieux que dimanche à 23h non ? XD

Et en parlant de Koocah, voici le lien vers sa fic qui est tout simplement géniale !

.net/s/4687541/1/Les_Quatre_Reines

Arya Destiny: Hooo, mais faut pas détester Esmé voyons ! Bon, c'est vrai qu'elle est vraiment pas sympa, surtout dans ce chapitre. Mais bon, je crois que maintenant, Amy aussi aura des ennemis x)

Gudulette: Mici ^^ Non, la colère d'Esmé est plus due au fait qu'elle est fâchée qu'Amy aie pris Nessie avec elle pour fuir. Méchante Esmé x)

Severine5890: Oui, le chapitre du pov de Carlisle expliquera pas mal de choses, et puis il sera surtout très intéressant de savoir ce qu'il pense ^^

Ptibiscui: Merci beaucoup ! C'est vrai que ça change assez du trio Edward/Bella/Jacob. Faut dire que je préfère Carlisle à Edward donc bon ^^

Bref, voila le dernier chapitre du pov d'Amy ! J'espère qu'il vous plaira hahaha * rire sadique *

Chapitre 8: Révélation

Cela faisait à peu près deux mois que Franck et ses compères étaient morts. Et cela faisait deux mois que j'étais presque autiste. Je n'étais retournée au lycée qu'une seule semaine et je n'avais pas fait attention aux brimades des autres élèves. A la maison, je m'enfermais toujours dans ma chambre, ne sortant que pour me nourrir, et je partais en sortant par ma fenêtre, histoire de ne pas croiser un seul membre de la famille.

Au début, tout le clan venait tout les jours, un par un, pour essayer de me faire sortir. Même Rosalie avait tenter le coup et avait frappé à ma porte pour avoir de mes nouvelles. Son geste m'avait beaucoup touché, elle qui ne se souciait pas beaucoup des autres.

Emmett, avait fait en sorte de paraître en colère contre mon attitude. Mais sa voix le trahissait: Il s'inquiétait beaucoup de mon état, qui n'était absolument pas normal. J'étais sa petite petite sœur après tout. Il me connaissait bien, après quelques années de vie commune.

Edward quant à lui, m'avait sermonné presque une heure en me disant que m'enfermer ne servait à rien, que ça ne faisait qu'empirer les choses et que ça remontait plus que jamais Esmé contre moi. Pourtant, j'avais l'impression que m'enfermer règlerait tout les problèmes. Et Esmé qui était contre moi... C'était bien là le cadet de mes soucis. Je savais que je ne pouvais plus réparer mes erreurs avec elle. Je l'entendais me critiquer à longueur de temps, disant que je n'étais qu'une sale gamine égoïste qui ne voulait qu'une seule chose: qu'on s'intéresse à elle. Esmé n'était pas venue me voir une seule fois et se disputait de plus en plus souvent avec Carlisle.

Mon pauvre Ange. Oui, de nous tous, c'était lui le plus à plaindre. Il venait tout les jours devant ma porte, me parlant et attendant des heures durant que je lui ouvre ou, faut de mieux, que je lui réponde.

Et ça me faisait terriblement mal. J'avais tellement envie de lui ouvrir, de me jeter dans ses bras et de lui crier, lui hurler tout l'amour que j'éprouvais pour lui. Mais je ne le fis pas. A quoi bon ? Ca n'aurait rien fait d'autre que lui causer encore plus de soucis, rien d'autre que de faire exploser Esmé et je devrais partir. Au moins, seule dans ma chambre, je pouvais toujours l'entendre parler et marcher, sentir son odeur. C'était déjà mieux que d'être loin de lui et de me demander à longueur de temps ce qu'il faisait.

Au final, Esmé avait très certainement raison: J'étais une sacrée égoïste. Et même une très grosse. Je ne voulais pas repartir pour la simple et bonne raison que ça me priverait de tout contact avec mon Ange.

Un vendredi d'avril, toute la famille était partie en « camping » pour chasser dans les montagnes. Tous sauf Edward, Bella et Nessie. Esmé les avait pourtant invités, mais mon frère avait refusé, prétextant que quelqu'un devait être là pour le cas où je sortirais enfin de mon antre. Chose totalement inutile étant donné que je n'en avais aucune envie.

Le samedi, j'entendis Bella et Nessie partir avec un des voitures. Une fois qu'elles furent sur la route asphaltée, Edward monta les escaliers et se retrouva devant ma porte.

-Amy... Ne crois-tu pas qu'il serait temps de sortir de ta chambre ? Ca fait des semaines qu'on ne t'a plus vue.

Et pourquoi devais-je sortir ? Ca ne faisait de mal à personne de toute façon.

Il resta muet quelques secondes, puis reprit la parole en soupirant.

-Carlisle est presque fou, tu sais. Il est mort d'inquiétude. Il pense que si tu réagis comme cela, c'est que c'est de sa faute. Il se demande sans arrêt où il a bien pu gaffer. Alors arrête de te voiler la face. Tu sais très bien que faire ce que tu fais n'arrange rien, bien au contraire.

Mon œil. Ca arrangeait tout. Esmé ne voyait plus ma tête de salope et Carlisle oublierait bientôt que j'étais dans cette pièce.

Edward pouffa puis, éclata de rire, ne sachant plus se rattraper. Si c'était pour se foutre de moi, il pouvait toujours dégager. Il retrouva son sérieux, hoquetant toujours comme un abruti.

-Excuse-moi. Mais... C'est juste que ce que tu dis là est tellement... Absurde !

-Et en quoi cela est-il absurde ?

Je n'avais plus parlé depuis des lustres et ma voix résonna bizarrement dans ma tête. Elle aurait pu être rauque, mais ne l'était pas. Elle était même plus douce et claire que jamais. Cela m'étonna d'ailleurs beaucoup.

-C'est absurde, car Carlisle ne pourra jamais t'oublier. Même dans cinq cent ans, il pensera toujours à toi.

-Vraiment ? Et pourquoi ?

Il ne me répondit pas. Il hésitait surement à me dire la vérité. Finalement, il opta pour une autre solution.

-Tu n'es pas une égoïste. Dans la tête d'Esmé, tu étais au départ l'enfant qu'elle n'a jamais pu avoir, l'enfant qu'elle a perdu. Tu savais qu'il s'agissait d'une petite fille ? Hé bien, elle a cru que tu allais la remplacer.

« Tu étais gentille et tu te comportait avec elle comme si tu étais sa vraie fille. Et toi, tu la considérais comme ta mère. Ca la rendait heureuse, elle était bien. Enfin, elle avait la famille dont elle avait toujours rêvé.

« Mais avant que tu ne partes, ton regard avait changé, ton regard pour Carlisle. Ces yeux, elle les connaissait. C'étaient des yeux d'amoureuse. Esmé n'est pas stupide. Elle a tout de suite compris que même si tu la considérait comme une mère, Carlisle, lui tu ne le voyais pas comme un père.

« Puis tu es partie. Elle pensait que tu allais oublier ton amour pour lui et que tout allait s'arranger.

Il marqua une pause. J'étais pendue à ses lèvres et attendais avec impatience qu'il continue son récit. Pour une fois, il me racontait ce que j'avais envie de savoir.

-Malheureusement, Carlisle parlait un peu trop souvent de toi. Il se demandait comment tu allais, ce que tu faisais. Il questionnait Alice tout les jours pour avoir de tes nouvelles. Ca énervait particulièrement Esmé, mais il n'y faisait pas attention.

« Puis Bella est arrivée. Elle était le principal sujet de préoccupation de la famille. Mais Carlisle n'arrêtait pas de penser à toi. Et Esmé le voyait bien. Il était parfois dans la lune, le regard lointain... Enfin, elle s'était ancrée dans la tête l'idée que tu lui manquait simplement comme une fille qui quitte le nid familial manque à son père. D'ailleurs, tu lui manquait, à elle aussi.

« Mais quand tu es rentrée, elle a tout de suite vu que l'amour dans tes yeux avait augmenté. Tu avais pris en maturité, en trois ans d'absence. Et Carlisle qui passait tout son temps libre avec toi. Ca l'a rendue morte de jalousie. En fait, maintenant, elle ne veut plus qu'une chose: C'est que tu partes et que son mari redevienne comme avant. De plus, elle meurt d'envie d'un enfant dont elle puisse s'occuper, qu'elle élève. Depuis quelques temps, elle se redemande comment serait devenu son bébé si il n'était pas mort. C'est une femme malheureuse.

Je ricanai

-Stupide ! Et elle voudrait un enfant immortel tant qu'on y est !

-Ne rigole pas, Amy, Gronda mon frère, Elle y pense. La seule chose qui l'empêche de faire cela, c'est sa raison. Elle sait qu'il serait ingérable et que les Volturis débarquerait pour condamner toute la famille.

« Si elle est aussi violente avec toi, c'est juste que tu n'es pas la fille qu'elle attendait. Mais elle cache tout cela dans un coin de son cerveau. Et ça ressort sous forme de disputes, que se soit avec toi ou Carlisle.

-Je vois, Dis-je, Donc il n'y a qu'une seule solution: Il faut que je parte.

-Je ne crois pas. Tu dois juste être correcte avec elle et être moins proche de Carlisle.

Je ris jaune

-Tu veux que je reste de marbre devant ses sarcasmes ? Tu sais parfaitement que je me laisse trop facilement emporter par mes émotions.

-Fais des efforts ! Qui ne tente rien n'a rien ! Jasper pourra t'aider. Si tu ne fais pas ça pour Esmé, fais-le au moins pour Carlisle.

Là, je devais l'admettre une nouvelle fois, il avait raison.

-J'ai toujours raison !

Passons, Edward ! C'était vrai. Je devais faire des efforts pour mon Ange. Je ne voulais que son bonheur. Le mien était secondaire à côté du sien. Et Esmé était à plaindre, oui. Je décidais donc de tout faire pour que la situation redevienne normale.

-Sage décision. Dit Edward

Je me levai et me dirigeai à pas lents vers la porte de ma chambre. A une vitesse d'escargot, j'ouvris et me retrouvai face à mon frère qui affichait un large sourire sur son visage.

-Tu vois, quand tu veux, tu peux. C'est bien, Loustic.

Il ébouriffa mes cheveux tandis que je grognais, de mauvaise humeur. Et sans crier gare, il me prit dans ses bras et me colla contre son torse puissant.

-Je t'aime, p'tite sœur. Quoi qu'il arrive, je t'aimerais et je te soutiendrais toujours.

Choquée. J'étais choquée du geste de mon frère à mon égard. Lui qui ne me montrait jamais qu'il m'aimait, même pas un geste. Là, il me le disait clairement. Ca ressemblait presque à une déclaration d'amour !

-Tu exagères toujours ! Rit-il

-Oui. Heu... Merci, Edward.

Une nouvelle fois, son rire de ténor résonna contre les murs du couloir et de ma chambre

-Et si tu prenais une douche ? Ca va faire des lustres que tu ne t'es plus lavée. Ca te remettra les idées en place.

Je hochai la tête, pris des vêtements propres et me dirigeai vers la salle de bain commune. Je me déshabillai lentement et me glissai sous l'eau chaude. Il fallait que je me ressaisisse. Carlisle était plus important que ma propre vie. Il serait mieux sans disputes avec Esmé et avec une fille ne lui causant aucun tracas.

L'eau était brûlante, bien qu'elle ne me fasse absolument pas mal. J'avais l'impression qu'elle lavait non seulement mon corps, mais aussi mon âme. Elle lavait mon âme de mon amour pour Carlisle. Oui. Plus l'eau coulait, moins je l'aimais. J'étais prête à tout pour son bonheur, même de ne plus l'aimer.

Je sortis de la douche, fraiche et dispo et entrepris de me sécher les cheveux. La tâche était longue, du fait que mes cheveux m'arrivaient dans le bas du dos.

Je m'habillai d'un jeans neuf, offert par Alice, ainsi que d'un vieux T-shirt d'un de mes groupes préférés.

Je descendis dans le salon, de bonne humeur et me retrouvai nez à nez avec Bella, Nessie, Edward et Jacob. Les filles étaient allées chercher le Quileute. Tous furent ravis de me revoir et il se jetèrent sur moi. Renesmé avait un peu grandit depuis la dernière fois que je l'avais vue. Mais sa croissance ralentissait tout de même assez fort.

Nous parlâmes longuement de tout et de rien. Je retrouvais le plaisir d'être avec ma famille. Je me disputai même gentiment avec Edward. J'étais fin prête à retrouver le restant du clan.

Tout allait bien se passer. Je n'avais rien à craindre. J'allais réapprendre à aimer Carlisle, mais d'une autre façon, et Esmé redeviendrait douce avec moi.

Je n'avais perdu aucune notion du temps et savais que mes frères, mes sœurs et mes parents allaient rentrer le lendemain. Je partis donc chasser avec Bella. Elle m'était toujours infiniment reconnaissante d'avoir protégé Nessie.

Je chassai avec plaisir. La déprime était bel et bien partie et tout se passa bien jusqu'au lendemain. Jake était resté nous tenir compagnie, voulant profiter de ma joie et bonne humeur.

Le dimanche soir, nous entendîmes la jeep d'Emmett s'engager sur le chemin de terre. Je me sentais excitée à l'idée de retrouver Carlisle, mon lutin d'Alice et le restant de la famille.

Je m'assis sur un des divans, ne sachant pas dans quelle position me mettre pour avoir l'air la plus présentable. Edward me fit signe de ne plus faire un bruit, histoire de faire la surprise à la famille.

Tout allait bien se passer. Je me repassai cette unique petite phrase dans la tête et j'étais confiante. Oui, j'allais regagner l'amour d'Esmé et tout allait bien se passer... Sauf que la fillette dans ma tête me chuchotait le contraire. Je lui ordonnai de la fermer, mais comme d'habitude, rien n'y fit et elle ne se tût pas. Je me levai, nerveuse.

Puis, ils arrivèrent. D'abord Alice, Jasper et Rose. Tout de suite, je vis que quelque chose n'allait pas. Alice ne s'était pas jetée sur moi, contrairement aux trois autres. Elle me sourit tristement

-C'est chouette que tu sois sortie de ta chambre.

Elle avait surement eu une vision. Mais je n'en avais que faire. Tout allait bien se passer, même si Edward n'avait pas l'air d'approuver cette idée, après avoir lu les pensées de notre sœur. Malheureusement, je n'eus pas le temps de poser une seule question. Carlisle et Esmé venaient de nous rejoindre. Notre chef avait les traits de son beau visage tirés. Il avait l'air soucieux. Etait-ce à cause de moi si il était dans cet état ? Mais dés qu'il me vit -cela ne prit pas plus d'un quart de seconde- Carlisle s'illumina et sourit, comme je ne l'avais encore jamais vu faire. Il courut vers moi et me prit dans ses bras, sous le regard assassin d'Esmé.

Une fois de plus, j'avais été stupide. Jamais je n'aurais pu oublier mon amour pour lui. Surtout après une simple douche. En réalité, j'étais folle. Folle amoureuse de lui, plus que je ne l'avais jamais été. Et il n'y avait que la mort qui aurait pu anéantir cet amour.

La tristesse me transperça le cœur.

-Amy ! Je suis si heureux que tu sois enfin de retour parmi nous, Me susurra-t-il dans le creux de l'oreille

-Dé... Désolée. Dis-je, difficilement

Je me dégageai doucement de son étreinte empoisonnée. Il me sourit et me caressa tendrement la tempe.

-Ce n'est pas grave. Tout rentrera dans l'ordre à partir de maintenant.

Ma mère adoptive bouillonnait de colère, et je voyais Jasper contrarié de ne rien savoir faire pour la calmer. Je hochai la tête et m'assis à nouveau sur le divan, cette fois les genoux repliés sous mon menton.

Bella, Nessie et Jacob parurent étonné de ce changement soudain d'attitude. Carlisle, toujours aussi attentionné envers moi, s'assit à mes côtés et passa un bras autour de mes épaules.

-Mais pour que tout redevienne comme avant, il faut que tu retrouves ta bonne humeur habituelle.

A ce moment, Esmé explosa et se positionna devant nous.

-Rien ne rentrera jamais dans l'ordre, Carlisle ! Cette gamine ne changera pas !

-Esmé ! Gronda mon Ange, Il faut que toi aussi tu fasses des efforts. Si tu arrêtais de la critiquer pour un rien, ce serait déjà plus facile. Tu ne crois pas ?

-Pourquoi ferais-je des efforts pour elle ?

Je levai des yeux tristes vers ma mère

-Et pourquoi en ferais-je alors pour toi, si tu n'en fais pas pour moi ?

Carlisle resserra sa main sur mon épaule

-Allez-vous un jour vous comporter à nouveau comme avant, et arrêter de vous disputer ? Je ne crois pas qu'il y ai une seule raison pour que vous vous haïssiez comme cela.

Esmé éclata de rire

-Aucune raison ? Carlisle, tu es aveugle ma parole !? Je crois qu'Amy se ferait un plaisir de t'expliquer le pourquoi de cette haine que j'éprouve pour elle.

Il se tourna vers moi, le regard curieux, soucieux et interrogateur.

-Est-ce vrai ? Tu connais la raison ?

-Oui, Répondis-je, la tête ailleurs

Le silence était vraiment pesant et insoutenable. Toute la famille attendait que je continue. Mais je restai muette. Après quelques longues secondes, Esmé me prit par le col de mon vieux T-shirt et me fit me lever

-Alors ? Dis-le ! Cria-t-elle

Carlisle se leva, plus que furieux de l'attitude de sa femme. Personnellement, cela ne me faisait rien. J'étais juste très triste de voir jusqu'où elle pouvait aller, par colère. Elle était quelqu'un de totalement différent de celle que je connaissais d'habitude.

-Esmé ! Tu as perdu la t...

-Non, je ne le dirais pas, l'interrompis-je, Je ne dirai rien pour la simple et bonne raison que je ne veux pas.

J'arborai un regard de défi. J'étais sûre de moi, sûre de ce que j'allais faire. Désolée Edward, mais mes promesses sont passées à la trappe et après cela, ma famille entière allait me détester.

Je vis mon frère liseur de pensées sortir de la pièce et partir dans le jardin. Il ne voulait surement pas entendre à voix haute les atrocités que je pensais.

-Je ne suis pas la fille que tu as toujours voulu avoir, Esmé. Ce n'est pas toi qui m'a élevée, et ce n'est surtout pas toi qui m'as mise au monde !

Ca me faisait mal de lui envoyer ces mots au visage. Mais c'était la meilleure solution pour que Carlisle ne pense plus à moi, pour que tout le monde haïsse. Et ils n'auraient aucun mal à me voir partir.

Au bord de la crise d'hystérie et tremblant de la tête aux pieds, Esmé me gifla de plein fouet. Cela devait être sa nouvelle mode, de me frapper. Mon Ange était figé sur place, ne sachant pas quel parti prendre et le reste de la famille nous regardait avec les yeux écarquillés. Seule Alice savait ce qu'il allait se passer. Son regard débordait de tristesse.

Je continuai

-Et toi, tu n'es pas la mère que j'attendais. Tu n'es pas mieux que celle que j'avais quand j'étais humaine !

Elle me lâcha. J'avais peur de regarder Carlisle. Il devait certainement être furieux de ce que j'avais dit. Je me risquai néanmoins à lui jeter un coup d'œil. A mon grand étonnement, il n'avait pas l'air en colère, mais comme Alice ses yeux étaient tristes. Il devait être peiné du poison que je venais de cracher à Esmé. Cette dernière commença à sourire. On aurait dit un véritable démon.

-Eh bien, maintenant qu'on en est aux révélations, tu peux nous dire pourquoi je te déteste, non ? Toute la famille sera heureuse de l'apprendre, ne crois-tu pas ?

Ils seraient plutôt tous étonnés, choqués, et j'en passe. Même Edward, qui m'avait promis de ne pas me laisser tomber, était parti. Dans un sens, cela se comprenait aussi. Esmé était sa mère adoptive, et il la connaissait depuis bien plus longtemps que moi.

Devant mon mutisme, elle s'avança vers son mari, toujours debout, et lui caressa la joue.

-Amy t'aime, Carlisle.

Elle avait dit cela sans crier gare. J'enfouis mon visage dans mes mains et tombais à genoux, contre le mur, ne voulant pas voir le regard des autres posé sur moi. Les respirations s'étaient tût. Je n'entendais plus un bruit.

Et Carlisle s'avança puis, posa une main sur mon épaule

-C'est vrai, Amy ?

Son ton n'était pas culpabilisant. Au contraire, il était chargé d'une douceur et d'une compassion sans précédents. L'espace d'un instant, la pensée qui me disait que j'aurais dû lui avouer moi-même et plus tôt mes sentiments, me traversa l'esprit.

Je levai lentement mon visage vers lui. Le sien, toujours aussi beau, ne reflétait que de la tendresse. A nouveau, une bulle se forma autour de nous. Je savais que je pouvais tout lui dire.

-Oui. C'est vrai.

Il posa sa main, auparavant sur mon épaule, sur mes cheveux et les caressa d'un grand geste.

Mais nous fûmes vite rappelés à l'ordre

-Carlisle. Rugit Esmé, Maintenant, tu choisis: C'est elle, ou c'est moi.

Le visage de mon Ange se décomposa. Pourquoi lui faire faire un choix pareil ? Il ne méritait pas cela. C'était soit moi, sa fille cadette depuis une dizaine d'années, n'ayant que trop peu de qualités et lui causant plus de soucis qu'il n'en fallait pour le dire. Ou bien c'était Esmé, sa femme qu'il aimait depuis plus de quatre-vingt ans et avec qui il avait partagé joies et peines. Non, il ne fallait pas qu'il fasse un choix aussi difficile. C'était inhumain. Je pris la parole.

-Carlisle n'aura pas l'occasion de se décider. Car je m'en vais. Je ne vous embêterai plus avec mes problèmes et mes sautes d'humeur.

Un cri retentit. C'était Nessie.

-Non !

Elle bondit des bras de Jacob, traversa le salon en courant et se jeta sur moi en pleurant.

-Je veux pas que tu partes ! Tu ne peux pas faire ça !

Elle hoquetait à cause des pleurs. Elle était vraiment mignonne comme tout. Elle allait beaucoup me manquer, comme le restant de la famille. Je la pris dans mes bras, l'embrassai sur son front tiède et la donnai à Jacob.

-Désolée. Mais je l'ai déjà décidé. C'est trop tard pour faire marche arrière.

Je me tournai vers le restant du clan

-Navrée de vous avoir causé tant de tracas.

Tout le monde était choqué de ce qu'il venait de se passer et personne n'osa ouvrir la bouche pour protester mon départ. Seule ma nièce avait pris le risque de me demander de rester. Le risque car, Esmé lui avait lancé un regard mauvais quand elle avait accouru vers moi. Je lançai un dernier regard à ma mère adoptive, qui n'allait plus l'être pour encore longtemps.

-Tu vis trop dans ton passé et tes rêves. Apprends à vivre au présent, Esmé.

Je me dirigeai vers le hall, ouvris la porte d'entrée et sortis de la villa qui m'avais accueillie pendant quatre gros mois. J'étais triste de perdre ma famille. Si j'avais pu, j'aurais laissé cette peine me tuer à petit feu. Et ce n'était pas un avenir radieux qui m'attendait. Je ne savais déjà pas où aller. J'allais devenir nomade. Je voyais néanmoins le seul bon côté des choses: Si ma tristesse était vraiment trop lourde à supporter, je pouvais toujours aller me faire tuer par les Volturis.

J'avais à peine fait quelques mètres que j'entendis Carlisle derrière moi. Pourquoi m'avait-il suivie ? Je croyais avoir pourtant été assez claire.

-Amy... Tu n'es pas obligée de t'en aller.

-Si, Répondis-je d'une voix ferme, C'est indispensable pour que tout redevienne comme avant.

Il s'exclama

-Mais non ! Ne dis pas de bêtises ! Tout s'arrangera avec un peu d'efforts et de temps.

Je grimaçai intérieurement. Il était là pour me dire cela ? Il ne voulait pas que je parte ? Je me retournai lentement et me retrouvai face à lui.

-Tu es un utopiste, Carlisle. Rien ne s'arrangera si je reste parmi vous. Tu sais parfaitement qu'avec ce que je ressens pour toi, il sera à jamais impossible à l'avenir que je vive en paix avec Esmé.

Je fis un pas en avant et il me retint par le bras gauche. Il faisait étrangement calme et sec. Même si les nuages étaient bas et prévoyaient une grosse averse d'ici peu.

-Écoute Amy, je veux bien que tu prennes tes distances quelques temps. Mais prends au moins ton portable pour nous donner de tes nouvelles et reviens nous voir quelques fois.

Je ne pouvais pas me permettre de le laisser espérer. Même si ça allait nous faire du mal, à tout les deux, il fallait bien que je le dise.

-Non, Carlisle. Je pars à tout jamais et vous n'aurez pas besoin de mes nouvelles. Mais saches tout de même que si il y a un problème, j'arriverais et je vous aiderais.

Il resserra mon bras quelques instants puis, sa main glissa le long de mon membre fin, et retomba à côté de lui.

-Amy... Murmura-t-il

-Vis heureux avec Esmé. Adieu, Carlisle.

Et je partis, malheureuse de le perdre. Lui, Carlisle, mon Ange, mon amour, ma raison de vivre.
J'entendis un bruit sourd derrière moi. Je ne devais surtout pas me retourner et le voir souffrir. Si j'avais fait cela, j'aurai couru vers lui et je serai restée.

Je serrai les dents et pris le chemin de terre qui allait me conduire à la route asphaltée. Je marchais d'un pas lent. Mais une fois que je serai dans la forêt, j'allais courir, encore et encore, me laissant guider par mes jambes.

Quand j'eus rejoints la route, je ne fus qu'à moitié étonnée de voir Edward, adossé contre un arbre.

-Tu viens me dire adieu ? Lui demandai-je

Il soupira

-Non, je viens pour te dire que tu as fait la pire des idioties de toute ton existence.

-Vraiment ? Pourtant Carlisle sera mieux sans moi. Esmé aussi.

Mon frère s'approcha de moi, ses yeux plongé dans les miens.

-Carlisle ne sera pas mieux sans toi. Au contraire.

-Pardon ? Une fille amoureuse de lui ne fait que lui attirer des ennuis.

-Mais, Dit-il, Il t'aime.

J'étais interloquée par ses paroles. Oui, il m'aimait, mais pas de la même manière que moi.

-C'est là que tu te trompes, Amy. Tu vois ce qu'il s'est passé avec Bella. J'étais attiré par son sang.

-Oui, Répondis-je, Mais je ne vois pas le rapport.

-Tu es longue à la détente. Je t'explique. J'ai une hypothèse. Celle que cet appel du sang n'est autre qu'une sorte d'imprégnation. Le vampire qui subit cet appel a une très forte envie de tuer l'humain, mais si il résiste, il en tombe amoureux.

Je ne voyais pas où il voulait en venir. Qu'est-ce que cela avait à voir avec moi et Carlisle ?

-Minute, j'y arrive. En fait, Quand Carlisle t'a rencontré, il y a dix ans, il a subit cet appel. Pour lui, tu avais la meilleure odeur qu'un humain puisse avoir. Cette odeur était tellement puissante. Mais étant donné qu'il a une résistance hors normes au sang et à l'odeur humaine, il n'a eu aucun mal à contrer cette envie de te tuer.

« Puis vous avez appris à vous connaitre. Au début, il était attiré par toi. Il s'en voulait, car tu n'étais encore qu'une enfant. Mais tu as grandis. Il s'est rendu compte qu'il t'aimait. Mais il avait Esmé. Il se disait que ça allait lui passer.

« Mais quand il a dû te transformer, il n'a pas pu résister. Il a bu ton sang, Amy. Il ne l'avait jamais fait, et il ne le refera jamais. Il ne comprend toujours pas pourquoi il a fait cela. Et quand tu t'es transformée en vampire, cet appel n'était évidemment plus là. Il n'y avait plus que de l'amour. Un amour sans limites. Je sais de quoi je parle. Et toi aussi tu le sais. Car tu l'aimes autant que Bella m'aime.

Je n'en croyais pas mes oreilles. Carlisle m'aimait ? Et lui qui n'avait jamais vraiment goûté le sang humain, il avait bu le mien ?

-Oui. C'est assez invraisemblable. Mais c'est la vérité que je t'ai toujours cachée. Esmé n'a jamais été mise au courant, même pour l'histoire de l'appel du sang.

-Mais ça n'empêche, Dis-je, Il est mieux avec Esmé.

Edward se frotta le front

-Amy... Quand Esmé a demandé à Carlisle de choisir entre elle et toi, il était sur le point de te choisir. Il s'en serait voulu jusqu'à aller chez les Volturis, mais il t'aime trop. Il t'aime bien plus qu'Esmé.

Je baissai les yeux. De toute façon, le restant de la famille n'aurait jamais accepté qu'Esmé parte à ma place.

-Ca reste à voir.

-Edward, Dis-je, la voix tremblante, Ne m'empêche pas de faire ça, s'il te plait. J'ai pris ma décision, c'est fini maintenant. Je ne reviendrais plus jamais.

-Tu reviendras. Affirma-t-il

Je fis comme si il n'avait rien dit. Mon regard s'arrêta sur le vieux pendentif en forme de A que Carlisle m'avait offert pour mon quinzième anniversaire. D'un cou sec, je cassai la chaine et tendit le tout à mon frère.

-Donnes-lui, s'il te plait.

Il prit le collier et le fourra dans sa poche

-Merci, Dis-je

Je me retournai et fis quelques pas.

-Adieu Edward.

-Au revoir Amy. Je lui rendrais le collier et je lui dirai que tu l'aimes.

Avais-je pensé à lui demander cela ? Je ne m'en rappelais plus. A dire vrai, les pensées se mélangeaient dans ma tête. J'entendis mon frère partir en direction de la maison. Je me retrouvai seule, sans rien. Je n'étais même pas sûre d'avoir encore la raison, après toutes ces révélations. Même si Carlisle m'aimait, je ne pouvais pas me permettre de faire souffrir Esmé. Elle avait déjà assez eu de problèmes durant sa vie d'humaine, maintenant, il lui fallait quelqu'un qui l'aime et qui prenne soin d'elle. Et Carlisle était l'homme parfait pour cela.

Je fis un pas en avant, puis mes jambes partirent à une vitesse folle et je me laissai emporter vers l'inconnu, loin de mon Ange.