Et voilà le chapitre 3 - Bonne lecture!
Chapitre 3 – Tout ce que tu caches
Will regardait JJ dormir, ses bras enlaçant le corps de la jeune femme qui respirait paisiblement. Il la trouvait magnifique. Du bout de ses doigts il parcourait le ventre de la jeune femme, le ventre à l'intérieur duquel avait grandi Henry, le résultat de leur amour. Il déposa un furtif baiser dans le cou de la jeune femme qui frémit au contact de ses lèvres sur sa peau.
Il se souvenait de leur première rencontre il habitait alors à la Nouvelle Orléans, son père venait de décéder, le laissant avec un éventreur qui sévissait dans le quartier français et elle était venue, avec l'équipe, il l'avait tout de suite aimé, c'était quelque chose qui venait du fond de lui-même, quelque chose qui faisait qu'il aurait pu la suivre pieds nus jusqu'en Thaïlande... Et c'était toujours vrai aujourd'hui, peut-être plus que jamais mais étais-ce le cas pour JJ ? Peut-être ne l'aimait-elle plus autant qu'avant.
Il avait préféré taire l'histoire de la chemise de Hotch pliée sur le lit, après tout, ce n'était qu'une chemise, et il avait confiance en JJ, même si il s'était souvent posé des questions sur sa relation avec l'agent Hotchner, dès les débuts... Elle avait toujours été là, derrière Aaron Hotchner, comme son ombre, agent de liaison, parfois confidente... Au détour d'une conversation JJ s'était confiée à lui, et lui avait avoué que si ils s'étaient connus dans d'autres situations, peut-être qu'il y aurait pu y avoir quelque chose entre eux... Mais à l'époque il y avait Haley, et Will avait supposé que Hotch était un homme fidèle, droit dans ses chaussures, aussi lisse que son costume et puis Haley avait quitté Hotch avant de se faire assassiner... Will espérait que tous ces événements lui avait laissé le temps de construire et solidifier son couple avec JJ, il avait abandonné sa chère Nouvelle-Orléans pour faire sa vie à Washington avec elle et leur fils... mais au fond de lui il avait toujours cette peur d'être laissé sur le côté de la route de JJ, et de devoir continuer sans elle.
Gagné par une soudaine anxiété, Will avait délicatement retiré ses mains des épaules du corps et JJ et s'était levé, dans la maison tout était paisible. Il jeta un coup d'œil dans l'embrasure de la porte d'Henry, le petit garçon dormait, ses jouets dans les bras. Will continua jusqu'au bar de la cuisine et l'ouvrit. Dedans traînaient quelques bouteilles utilisées lorsque les amis venaient. Il attrapa la bouteille de whisky et s'en servit un fond de verre. Il aurait préféré une pinte de bière mais depuis qu'il vivait avec JJ, il avait freiné sa consommation d'alcool et avait réussi, pendant un temps à se sevrer de cette habitude qu'il avait depuis commencé étant adolescent au détour des bars du quartiers français où il passait son temps à l'époque. Il avala le verre d'un trait et replaça la bouteille dans le placard. Il savait que ce qu'il venait de faire était mal, surtout après les efforts qu'il avait fait pour arrêter. Il posa son verre dans l'évier et entreprit de le laver pour camoufler l'odeur de l'alcool.
« Will ? » JJ était debout et regardait dans sa direction, pas très réveillée.
« J'avais soif. » mentit Will en soulevant le verre couvert de liquide vaisselle.
JJ hocha la tête comme si cette réponse la satisfaisait.
« Retourne te coucher, j'arrive. » lui dit-il en essayant d'afficher un sourire rassurant.
Elle fit demi-tour et retourna dans leur lit. Il soupira et posa le verre avant d'avaler une pastille pour la gorge astuce de fumeurs pour camoufler la cigarette, et des buveurs d'alcool pour masquer l'odeur de la boisson. Enfin il retourna près de JJ pour terminer sa nuit.
Dans les locaux de Quantico, l'agent Hotchner était arrivé le premier, comme à son habitude. Une pile de dossiers attendait sur son bureau qu'il les ouvre et les renvoie à Erin Strauss, sa supérieure. Beaucoup de paperasses mais c'était le lot de ceux qui voulaient progresser et gravir les échelons de vers le haut de l'échelle, et, qui sait, la direction du FBI.
Hotch s'assit et commença à ouvrir les pochettes, réduction de budget, frais du jet, suppression de la machine à café, … l'État se serrait la ceinture et s'était eux qui en pâtissait... Il attrapa un autre dossier, et du relire plusieurs fois pour en être sûr : « suppression de postes et reclassement des effectifs. » ainsi ses craintes se confirmaient, ils étaient sur des sièges éjectables... Il avait déjà tenté d'expliquer à Strauss que toute l'équipe était indispensable... Il se mit à lire le dossier avec attention, on lui demandait de supprimer deux à trois postes... c'était impensable... évidemment on proposait des solutions, départ en retraite anticipée, mutation dans d'autres bureaux, voir à l'étranger, poste d'enseignant dans des universités ou des écoles de police... Hotch lisait tout ça avec attention, « réduire de moitié l'effectif ». Il finit par fermer le dossier. Il n'était pas question de se séparer des autres, il devrait en discuter avec Strauss même si il savait qu'ils avaient tous les mains liées peut-être pourrait-il négocier quelques postes.
En contre-bas les lumières commençaient à s'allumer et le bureau à s'agiter, signe que la journée allait commencer. Il n'en parlerait pas aux autres, pas pour l'instant, pas tant qu'il n'aurait vu Strauss. Il mit le dossier dans un tiroir du bureau et commença à signer les rapports sur une affaire qu'ils avaient eu quelques jours auparavant, peu avant Thanksgiving.
On frappa à la porte.
« Oui ? » interrogea l'agent Hotchner en levant les yeux du dossier.
JJ poussa la porte.
« Bonjour, je vous rapporte votre chemise et votre cravate. » fit-elle en brandissant un sac en plastique.
Hotch se leva de son siège, reboutonnant sa veste et approcha de la jeune femme. Il prit le sac et remercia JJ.
« Beaucoup de travail ? » lui demanda JJ en désignant les dossiers sur le bureau.
« Beaucoup de papiers. » répondit-il sans en dire plus, avec le ton de la plaisanterie.
Elle hocha la tête et repartie vers son bureau où l'attendait sa propre paperasse. Elle devait choisir les affaires sur lesquels ils allaient devoir enquêter, et souvent elle avait l'impression de choisir qui aurait le droit de vivre et qui allait devoir mourir.
Hotch referma la porte et se rassit à son bureau, posant le sac en plastique près de lui. Il jeta un coup d'œil à l'intérieur et vit sa chemise soigneusement pliée et sa cravate noire.
