Bonjour! Vous ne l'espériez sans doute plus mais voici le Chapitre 25!
Pourquoi si tard? Je répondrai que malheureusement on doit parfois faire face à des soucis dans la vie dont on se passerait bien mais qui, hélas prennent tous notre esprit et notre temps.
J'espère que ce chapitre vous plaira et à bientôt pour la suite!
Chapitre 25 - Tout ce qu'elle lui cache
JJ se regarda dans le miroir quelques instants. Ses longs cheveux blonds tirés en arrière lui donnaient un air grave associé à son visage plus pâle qu'à l'habitude. Cette nausée qu'elle traînait ne lui disait rien qui vaille. Elle ne croyait pas à une quelconque indigestion, ni même à une épidémie de gastro-entérite tardive qu'Henry aurait ramené de chez sa nourrice d'ailleurs Henry n'avait rien lui... Cependant, elle ne voulait pas croire à un début de grossesse, non, elle prenait la pilule avec sérieux depuis l'arrivée d'Henry. Non pas qu'elle n'eut pas souhaité avoir un deuxième enfant, mais elle voulait faire passer sa carrière avant tout et les missions durant sa première grossesse avaient été particulièrement éprouvantes et prenantes. Elle avait d'ailleurs failli donner naissance à Henry en plein milieu des bureaux du FBI. Ça ne pouvait pas être ça, non. Pas une grossesse sous pilule. Ça n'arrivait qu'aux filles qui l'oubliaient, qui la prenaient en retard, pas à elle pas à elle qui la prenait avec la rigueur d'un métronome. Pour s'en persuader elle n'avait pas voulu faire de tests. Les tests étaient pour celles qui doutaient, et elle ne doutait pas de l'efficacité d'un médicament fiable à presque 99%.
Elle s'aspergea le visage d'eau avant de l'essuyer et de plonger les mains dans sa trousse de maquillage pour tenter de donner le change au bureau.
Hotch triait les rapports sur son bureau, apposant ça et là sa signature et un coup de tampon. Absorbé par sa tâche il mit quelques temps à entendre les vibrations de son portable sur la table. Il jeta un coup d'œil au mobile pour y voir s'afficher « BETH ». Il jeta un coup d'œil vers les bureaux en contre-bas avant de décrocher.
« Allô. » dit-il d'un ton qui lui paru relativement froid, peut-être contaminé par l'ambiance très professionnel du bureau.
« Je ne te dérange pas j'espère. » répondit la voix féminine de l'autre côté du combiné. « je me disais, que, si tu n'avais rien de prévu, nous aurions pu, prendre un café un soir ? »
Hotch sourit à la proposition de la jeune femme. Depuis quelques temps, ils avaient pris l'habitude de courir ensemble et sa compagnie ne lui déplaisait pas. Elle était dynamique, souriante, sympathique, et... brune. Ce dernier détail était idiot, mais elle ne lui rappelait pas JJ et en cela, il trouvait que c'était une relation idéal et non une copie qu'il aurait voulu façonner à l'image de celle qu'il avait désirée – qu'il désirait – lui souffla une voix dans sa tête qu'il fit taire.
« Pourquoi pas ? Jack est aux cours du soir le jeudi. »
« Parfait, alors on se dit à jeudi ? On se retrouve au parc et on trouvera un petit café pas loin. »
Hotch accepta et elle raccrocha.
Comment refuser quelque chose à cette jeune femme ? Elle avait cette voix entraînante, cette manière de dire les choses qui faisait qu'on ne négociait pas. C'était presque enfantin, comme un petit être plein de malice. Hotch se demandait parfois si cette joie de vivre innocente était quelque chose que le travail leur avait retiré à eux tous ou si elle n'avait jamais traversé d'épreuves ou bien elle en avait traversé un certain nombre et c'était ce que les psychiatriques appelaient « une clown triste », cachant ses faiblesses derrière un masque de gaîté. Il ne savait pas, il n'avait pas encore eu le temps de faire son profil, non pas qu'il n'eut pas voulu, mais il essayait d'avoir avec les gens des relations d'être humain normal et pas des relations de profiler à profilé.
Pour l'instant il n'avait parlé d'elle à personne, pas même à Rossi ou à son propre fils, Jack. Non, c'était quelque chose qu'il gardait secrètement au fond de lui pour garder cette image d'homme fort que peu de choses atteignent.
Au bureau de la police de Washington auquel était rattaché Will les journées se ressemblaient le plus souvent. Elles étaient partagées entre les dépôts de plaintes en tout genre, vols de voitures, menaces, violences si l'horreur de Quantico était souvent à dépasser de loin la leur ils n'étaient pourtant pas en reste. Les règlement de compte froid c'était pour eux et souvent ils étaient les premiers à débarquer sur les lieux des crimes. Oui, bien sûr les criminels qu'ils traitaient n'étaient pas toujours des psychopathes, souvent ce n'était « que » de la petite délinquance mais parfois il fallait avoir le cœur bien accroché et c'était une de ces journées que Will s'apprêtait à vivre.
Il avait déposé Henry chez sa nourrice avant de partir au bureau, sa plaque autour du cou sans trop se demander ce qu'allait être sa journée, pensant qu'elle se passerait à noter scrupuleusement un témoignage dans une obscure affaire de trafic de stupéfiants ou de bonnes mœurs – il avait d'ailleurs l'impression d'avoir énormément progressé en langue slave depuis son arrivée à Washington en tentant de retracer le parcours de ces jeunes filles qui vendaient leurs charmes pour pouvoir rembourser leur arrivée aux USA où on leur avait fait la promesse d'y trouver une vie meilleure. Il avait énormément travaillé sur ce genre de cas ces derniers temps notamment avec la participation d'une ancienne fille du circuit qui se faisait appeler Tatiana et dont l'accent évoquait l'Ukraine. Grâce à elle une parti du circuit était tombé. Elle les avait aidé pour protéger sa petite fille qu'elle avait baptisée Hope et dont le père devait être un de ses nombreux clients. Will s'était pris de sympathie pour elles et il avait bataillé dur pour qu'on leur donne une nouvelle identité et une protection des témoins en attendant un procès qui devait avoir lieu sous peu. Comment pouvait-il imaginer que sa journée commencerait par un coup de téléphone qui lui apprendrai que l'irréparable s'était passé ?
Sur place, la situation n'avait rien à envier aux images que Garcia affichait généralement aux membres de l'équipe : les murs de la chambre du petit appartement étaient parsemés de sang et de bouts de chairs diverses et le corps de la mère et de sa fille baignaient sur le sol, la moquette aspirant les liquides. C'était bien simple, si la pièce avait été passée au luminol, elle aurait été bleue du sol au plafond.
Will porta un instant les mains à sa bouche, réprimant un haut le cœur. Les médecins légistes et les équipes de la police scientifique étaient déjà là. Il se permit un instant de tourner les yeux vers la fenêtre avant de revenir à sa macabre scène de crime.
La jeune femme blonde, en fin de vingtaine avait les yeux ouverts qui reflétaient encore sa surprise, sa peur. Will imaginait la scène. Ils étaient entrés dans l'appartement et avaient attrapé la fillette en premier pour pouvoir maintenir la mère dans un état de soumission relative. Elle avait du tenter de négocier leurs vies contre le retrait du témoignage. Ils avaient sans doute rit avant d'exécuter le contrat pour lequel ils avaient été payé. On ne trahissait pas la mafia. Le médecin légiste vint leur faire un bref rapport avant d'amener les corps à l'autopsie. La petit fille avait eut « de la chance », contrairement à sa mère elle n'avait « pas souffert ». Will trouvait cette expression horrible. Comment pouvait-on dire qu'une petite fille avait eu de la chance dans ce genre de circonstances ? Comment pouvait-on dire qu'un être humain avait eu de la chance dans ce genre de circonstances ? Cela le révoltait mais il gardait cette colère à l'intérieur de lui. Le récit de ce qui était arrivée à Tatiana était bien pire. Elle avait reçu plusieurs balles avant le coup fatal. Seule l'autopsie pourrait dire combien de temps elle avait passé avant qu'ils ne se décident à achever son supplice.
« Ils ont laissé ça pour vous » tendit un jeune homme avec des gants et une pince pour ne pas polluer l'indice. Will et son coéquipier enfilèrent des gants semblables et lurent le mot dans lequel la mafia leur faisait porter la responsabilité de ce meurtre après tout, si ils ne s'étaient mêlé de rien, elles seraient toujours vivantes n'était-il pas ? Mais ce qui inquiéta Will c'était les photos qui accompagnaient le message. Des photos de lui, des photos de son coéquipier, et des photos de leurs familles respectives. Il se voyait déposant Henry chez sa nourrice. Il voyait JJ le récupérer. Et puis il voyait JJ et Hotch marcher sur un trottoir de nuit. La photo était de mauvaise qualité mais il les reconnaissait, et elle était datée de la nuit où JJ avait fait ses adieux à l'équipe, la nuit où elle était rentrée si tard parce qu'ils lui avaient fait une petite fête au bureau. La nuit où manifestement elle lui avait menti...
Will faisait face, à cet instant prévis à deux sentiments qu'il avait bien du mal à contenir : tout d'abord il y avait cette peur qui le prenait au ventre. Lui et son collègue avait été suivi par un groupe de mafieux qui venait d'abattre une de leur cartouche dans un procès qu'ils préparaient depuis des mois et ils menaçaient explicitement leurs familles mais il avait également cette jalousie qui le rongeait au fond de ses entrailles. Ainsi elle avait passé une partie de sa nuit avec Hotch dans les rues de Washington ? Où étaient-ils allés ? Qu'avaient-ils fait ? Son imagination galopait tandis que devant lui passaient, dans des sacs mortuaires, le corps de son témoin et de sa petite fille sans qu'il n'eut plus une pensée pour elles, absorbée par sa propre rage.
