Ce cher Nick, se soucie juste de ses amis, c'ets à ça qu'on reconnait un bon ami justement !
Un peu plus tard dans la soirée, Lilly sortit d'un taxi. Elle se dirigea vers la porte d'un immeuble, y introduit une clé et entra dans le bâtiment. En sortant de l'ascenseur, au 12ème étage, elle marcha le long d'un couloir, sortit une autre clé, et cette fois-ci ouvrit la porte d'un appartement. Elle ferma la porte aussitôt, et se déchaussa. Elle chancela un peu, et se rattrapa à un mur. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, mais elle le faisait. Soudain la lumière se fit, et Jack appela la jeune femme.
- Je peux savoir ce que tu fais là ?
- Bonsoir Lilly ! Tu m'as manqué, et moi je t'ai manqué ?
- A quoi joues-tu ?
- J'ai pas envie d'être seule ce soir… Je suis de retour à Chicago, t'es là…
Elle s'avança vers lui, il recula.
- Lilly, je suis un témoin dans une affaire sur laquelle tu enquêtes… On ne doit pas…
- Foutaises ! Et qui te dis qu'on va parler ce soir ?
Elle s'était approchée de Jack et s'était mis en tête de charmer son interlocuteur.
- Lil… qu'est-ce qu'il y a ? Ca ne te ressemble pas ça ! Jamais tu n'as joué à ce jeu avec moi…
- Il ne faut jamais dire jamais, susurra t'elle en plaquant Jack contre le mur.
- Lilly…
Elle ne le laissa pas finir, et l'embrassa violemment. Elle ne pensait plus, ne réfléchissait plus. Elle voulait ne plus sentir son cœur, ni les larmes qui lui brûlaient les yeux à force de couler. Elle voulait chasser sa tristesse. Elle voulait sentir son cœur battre et ses yeux pleurer par ce qu'elle l'avait décidé, et non par ce qu'elle souffrait. Jack se laissa faire un moment, puis se dégagea des bras de la jeune femme.
- Lilly… Il y a un truc qui ne va pas là. Hier tu me fuyais presque, et là, c'est limite si tu ne me sautes pas dessus. Ton comportement a un rapport avec Philadelphie. C'est pas possible autrement.
- D'accord ! Tu veux la jouer comme ça ! Et bien, on va jouer… Moi qui croyais te faire une surprise… Et bien, c'est moi qui l'ai la surprise là !
- Tu n'es pas toi-même ! Il n'y a qu'à sentir ton haleine, Lilly !
- Ok ! Alors, je suis désolée de vouloir passer du temps avec mon petit ami ! J'ai compris. Je m'en vais, et te laisse à tes occupations !
Elle prit ses chaussures, ramassa son sac et sortit de l'appartement.
- Lilly ! Attends, c'est stupide. Tu n'es pas en état de conduire… Reste dormir.
- Non tu as raison, tu es un témoin dans l'affaire en cours…
- Viens-là ! Fais pas l'idiote. Mais c'est juste que…
- Et alors ? Tu n'as jamais eu envie de faire un truc spontané ? Tu n'as jamais eu envie de t'abandonner l'espace d'un instant ? De fuir ta vie, tes soucis… De vivre en ne pensant qu'à toi ?
- Qu'y a-t-il Lilly ?
- Rien ! Mais ce que je sais, c'est que j'ai envie de toi ici et maintenant !
Jack n'eut pas le temps de répondre, Lilly lui avait déjà sauté dessus. Il décida de se laisser faire, il voyait que la jeune femme allait très mal, et il était là. Donc il acceptait de la consoler du mieux qu'il pouvait. Mais il sut que ce comportement signifiait la fin de leur relation.
Le lendemain matin, Jack émergea de son sommeil et instinctivement, tendit son bras vers le deuxième oreiller situé à côté de lui. Vide. Il se réveilla, et se redressa. Lilly n'était plus là, ses affaires non plus. Il ne mit pas longtemps à comprendre qu'elle s'était enfuie. Il regarda quand même dans la salle de bains et dans la cuisine, pas de trace de la jeune femme. Il savait qu'il avait deviné juste. Pour une raison qu'il ignorait encore, Lilly le quittait, il savait que cette décision ne concernait pas l'affaire, celle-ci jouait le rôle de motif pour se donner une bonne conscience. Elle ne lui avait jamais parlé de sa vie à Philadelphie, il devina qu'elle préférait l'oublier. Mais ce qu'il savait sans qu'elle ne lui dise, c'est qu'elle avait souffert dans cette vie.
Lilly était arrivée la première au commissariat. Elle était assise à son bureau et contemplait son mug rempli d'eau dans lequel un comprimé d'aspirine fondait, le tout en se tenant la tête entre les mains. La journée serait très dure à vivre, déjà parce qu'elle avait horriblement mal à la tête, et qu'ensuite, malgré cela, elle devait interroger Jack. Cathy arriva alors.
- Et oui, Lilly ! On n'a plus 20 ans ! Fini de faire la fête comme ça alors qu'une journée de travail nous attend le lendemain !
- Arrête !
- Ca va ? T'as pas fait de bêtises au moins ?
- Mais pour qui tu me prends ? Je suis une grande fille ! Je sais ce que je fais ! Et je fais ce que je veux de ma vie !
- Ouhlà ! Ne monte pas sur tes grands chevaux, toi ! On sait que ça ne va pas être une partie de rigolade avec Jack, ce matin…
- Je préfère essayer de me concentrer, si tu ne m'en veux pas. Je vais assister à son interrogatoire dans la salle d'observation.
- Je me demande pourquoi tu n'aimes pas Carol ! Elle est sympa comme fille. On a bien parlé hier soir, et on s'est découvert des points communs.
- Moi aussi, j'ai un point commun avec elle, fit Lilly sur un ton ironique. Et crois-moi, j'aurais préféré ne pas l'avoir ce point commun… poursuit-elle en baissant la voix.
Cathy n'insista pas. Lilly lui avait parlé juste une fois de Scotty, mais sans mentionner ni son nom, ni les circonstances de sa venue à Chicago. Mais elle avait deviné qu'il avait joué un rôle dans son arrivée ici. Elle lui avait juste dit qu'elle sortait d'une histoire qui l'avait fait souffrir et qu'elle ne voulait pas replonger aussitôt dans une nouvelle. Alors l'allusion qu'elle venait de faire au sujet de Carol, Cathy l'avait tout de suite saisi. Elle se tut, sachant que le lieu et le moment n'étaient pas appropriés.
