Ah... Le Cook County ! Me manque cet hôpital ! Bien d'accord chère Fan number one !
Allez, une petite suite ^^
Hôtel Four Seasons – Chicago.
Lilly et Carol attendaient patiemment qu'Emilia ne les rejoigne. Elles étaient installées dans un box du salon de thé de l'hôtel. Carol regardait autour d'elle. Beaucoup de dames de la haute bourgeoisie y prenaient leur thé en se racontant les derniers potins mondains. Un groupe de jeunes étudiantes parlaient de l'événement de l'année : le bal de la rentrée universitaire. Et c'est dans cette ambiance particulière que les 2 jeunes femmes essayaient de se convaincre que leur collaboration allait bien se dérouler. Cependant, Lilly faisait ce travail depuis longtemps maintenant, et elle savait qu'Emilia sauterait dès la 1ère occasion sur leur entente chancelante. L'intendante leur avait fait comprendre qu'Emilia devait finir son travail pour mériter une pause. Il leur fallait attendre 45 minutes. Lilly tenta alors de détendre l'atmosphère. L'enquête dépendrait de leur entente lors de cet entretien.
- Votre fils vous ressemble.
- Quoi ?
- Votre fils… J'ai vu sa photo sur le bureau l'autre jour à Philly… Il vous ressemble.
- C'est ce que tout le monde me dit ! Ajouta Carol fièrement. C'est l'homme de ma vie, maintenant que son père et moi sommes divorcés.
- Il a quel âge ?
- Il va prendre 6 ans en novembre.
- C'est un petit homme…
- Ce n'est pas la peine de vous donner ce mal, Lilly… Je sais que vous ne me portez pas beaucoup dans votre estime…
- Je croyais que nous devions…
- Je n'ai toujours pas pardonné à la femme de ménage pour le mal qu'elle nous a fait, à Doug, Brian et moi… Pourtant cela fait maintenant 4 ans…
- Je suis désolée…
- Mais, au risque de paraître désagréable, vous lui en voulez pour un truc que vous avez commis vous-même… Vous…
- Ma vie ne vous concerne en aucune manière, Carol ! Fit Lilly sèchement. Maintenant, je veux bien faire un effort quant à notre collaboration professionnelle, mais ça s'arrête là !
- Il est détruit, vous savez… On n'arrivait pas à s'entendre au début, mais une enquête nous a rapprochés. Une sombre histoire de pédophilie. Et à partir de ce jour, Scotty et moi sommes devenus amis. Et… Ce soir-là…
- Je n'ai nullement envie d'entendre cela…
- Pourtant, je pense que oui. Nous avons gardé les 1ers jeudis… C'est un rite que l'équipe n'a jamais abandonné, pourtant, au début, je voyais bien que j'étais de trop… Il y avait votre place, Lilly. Il y avait 7 chaises à table. Et ce soir-là, nous avions tous vu qu'il n'allait pas bien. Moi-même, je n'allais pas fort. Doug venait de m'annoncer qu'il demandait la garde de Brian, et qu'il allait se fiancer.
Flash back.
- Carol ! S'exclama Nick. Je ne pensais pas que tu viendrais !
- Pourquoi, cela ? Je voulais être là pour t'embêter !
Carol regarda autour d'elle, comme le mois d'avant, il n'y avait que 6 chaises autour de la table. Elle ne dit rien, mais regarda Scotty. Il faisait un effort surhumain aussi pour se trouver là ce soir. La soirée se passa tranquillement, mais tout le monde voyait que l'ambiance n'y était pas. Scotty partit en premier. Carol le retrouva un peu plus loin assis dans sa voiture. Elle avait toqué contre la portière, il avait sursauté.
- Alors ! Tu rêves à quoi beau brun ?
- Rien… Rien… T'es à pieds ?
- Pas vraiment… Métro.
- Toujours pas de voiture ?
- Toujours chez le garagiste… Je ne préfère pas penser au montant de la facture…
- Tant que ça ?
- C'est ma vieille poubelle, mais il n'y a qu'elle qui me soit restée fidèle…
- Ca n'a pas l'air d'aller ?
- Non… Soucis avec Doug. Je te retourne la question ?
- Il y a des hauts…
- Et des bas… Je vois. Bonne soirée Scotty.
- Attends, tu ne vas pas rentrer à pieds…
- Il n'est que 21h…
- Oui, et on est en plein hiver !
- Hum… Novembre… Non pour moi c'est encore l'automne…
- Allez grimpe !
La jeune femme s'exécuta. Il démarra aussitôt, lui indiquant l'adresse où il devait la déposer.
- Tu sais où j'habite ?
- Je suis flic ! Fit-il en esquissant un début de sourire. C'est mon métier de savoir…
- Sauf que je ne te l'ai jamais dit…
- J'ai mes sources…
Ils avaient parlé tout le long du trajet et Carol avait voulu l'invité à boire un café. Elle n'avait pas réfléchi en disant ces mots. Aussi fut-elle étonnée lorsqu'il accepta. Mais elle voulait le remercier de l'avoir écouté se plaindre de son divorce qui se passait mal. Ils étaient montés en silence dans le petit appartement de la jeune femme. Elle l'avait longuement écouté, et avait ainsi appris que ce soir, il fêtait un anniversaire. Un triste anniversaire : le départ de Lilly pour Chicago. Il lui avait confié qu'il avait très mal pris sa fuite, et son regret était de l'avoir laisser s'enfuir sans lui dire au revoir. Ils s'étaient quittés sur des paroles blessantes. En avouant cela, il ne s'était pas aperçu qu'il jouait nerveusement avec ses doigts. Carol lui avait pris les mains dans les siennes. Et il l'avait embrassé, sans réfléchir. Elle l'avait d'abord repoussé, mais il l'avait persuadé de se laisser faire, lui disant qu'elle aussi avait besoin de réconfort.
Ce n'est que vers 6h du matin, qu'elle avait découvert qu'il était parti. Elle avait poussé un soupir, il leur faudrait parler de cela. Elle avait eu l'impression qu'ils avaient commis une erreur. Il n'y avait rien entre eux, même pas l'once de sentiments… Alors pourquoi avoir cédé à cette faiblesse ? Elle s'était mise à pleurer. Elle ne pouvait que constater que sa vie n'était qu'un désastre. La seule chose qui lui permettait de la vivre s'appelait Brian. Et c'était à partir de cette journée qu'elle s'était promis que seul Brian comptait pour elle.
Fin du flash.
- Et pourquoi, me dîtes-vous cela ? Demanda Lilly en s'efforçant de paraître stoïque.
- Parce qu'on en a parlé lui et moi, et qu'il m'a dit qu'il avait eu l'impression de vous faire du mal, même alors que tout le monde pensait que c'était réellement fini entre vous.
- Vous…
- Il n'a jamais cessé de vous aimer Lilly. Et… C'est pour ça que j'en suis d'autant plus coupable, là à cet instant, en vous voyant. Je… Aucune autre ne peut rivaliser contre vous…
- Je…
- Vous savez, il m'a confié une fois, qu'il ne voulait que votre bonheur, et que si celui-ci ne dépendait que de Chicago, il serait ravi pour vous ! Ca m'a bouleversé de l'entendre dire cela. Même Doug ne m'a jamais fait ce genre de déclaration, pourtant nous avons vécu une dizaine d'années ensemble. Alors de l'entendre prononcer que si vous trouviez le bonheur à Chicago, il vous laisserait le vivre pleinement…
Lilly ne répondit pas. Elle regardait un point au loin, et se mit à culpabiliser. Elle s'était tellement interdit de penser à lui, qu'elle n'avait pas hésité un seul moment quand elle avait rencontré Jack. Ce n'est que lorsque les prises de contacts de Scotty s'étaient espacées qu'elle avait commencé à se sentir mal. Elle appelait régulièrement Stillman. Au début elle lui demandait de façon cachée des nouvelles de Scotty, mais voyant que le jeune homme ne donnait plus de signe de vie, elle avait arrêté. Elle ne savait pas ce qu'elle devait penser. Elle était partagée entre détester Carol, et lui pardonner. De quel droit la détesterait-elle ? Elle ne savait plus.
Carol lui fit un signe. Une jeune femme s'approchait d'elles, accompagnée de l'intendante. Après une rapide présentation, Emilia Delgado s'assit auprès de Carol et de Lilly, Monica Cruz s'éloigna alors. La politique de l'hôtel voulait que les affaires restent discrètes tant que les employés n'étaient pas traités comme des suspects. Emilia était témoin dans une enquête policière, cela s'arrêtait là pour le staff de l'hôtel.
