Et bien, je teste encore votre patience alors chers lecteurs (si j'ose espérer qu'il y en a plus que cela qui lisent cette histoire lol)


30 août 2012, 8h15. Chicago, commissariat de la criminelle.

Carol venait d'arriver et s'était dirigée vers le foyer. Elle y croisa Lilly qui rédigeait ses rapports. Elle la salua, faisant sursauter la jeune femme.

- Désolée, je ne voulais pas vous déranger.

- Vous ne me dérangez pas, c'est un endroit tranquille le matin pour travailler. Au bureau, avec le personnel d'entretien qui fait le ménage c'est bruyant.

- Vous êtes matinale.

- Disons que le matin, tôt et le soir, tard sont des horaires propices à la paperasse.

- Le calme ?

- Oui.

Carol n'insista pas. Malgré les efforts qu'elle employait, Lilly n'avait visiblement pas envie de sympathiser plus. Elle avait bien remarqué les cernes qui ornaient ses yeux, mais elle savait qu'elle n'était la meilleure des personnes à qui la jeune femme se confierait. D'ailleurs, elle avait compris qu'il ne fallait pas trop insister. Elle allait quitter la pièce, mais Lilly lui fit comprendre qu'elle pouvait rester. 10 minutes plus tard, Cathy arriva essoufflée et expliqua que son réveil n'avait pas sonné, et qu'elle s'était rendormie. Aussitôt installée, elle sortit un beignet du sac plastique qu'elle tenait et croqua dedans, elle n'avait pas pris le temps de manger.

- Nous faisons toujours du surplace avec l'enquête ? Demanda alors Cathy entre 2 bouchées de son beignet.

- Le dossier de Mickael ne nous a rien appris sur l'affaire, fit Carol. Juste que Mickael attend pour une greffe de cœur, et que Jack Mc Phee est bel et bien son père.

Lilly sursauta au nom de Jack. Elle n'avait pas encore réalisé qu'il lui avait caché cela. Il fallait commencer à le voir comme un suspect potentiel. Elle se ressaisit rapidement, si lui n'avait pas été franc, que devait-elle dire d'elle ?

- Que faisons-nous donc ? Demanda Cathy.

- Travailler, signala Dave qui venait d'entrer à son tour.

- Sur quoi, on n'a pas d'éléments nouveaux chef !

- T'as bien des rapports à rédiger Cathy ? Lui demanda Lilly en souriant.

- Et si on cherchait du côté de Samantha, supposa Carol. Elle doit bien avoir une part d'ombre elle aussi ? Pourquoi seulement Emilia, Jack, Steve et Andrew ? Il y a bien une raison qui l'a poussé à se suicider !

- Vous avez une théorie ? Lui demanda Lilly.

- Andrew et Samantha ont eu une aventure, Emilia l'ayant appris…

- Attendez, attendez, commença Carol, Samantha Foreman ne se serait pas suicidée ?

- Non, je n'ai jamais dit cela, j'ai juste supposé que Samantha pouvait avoir une raison de culpabiliser.

- Pourquoi mettre fin à ses jours seulement maintenant ? S'enquit Lilly.

- Je ne sais pas, mais il faudrait commencer à chercher de son côté à elle.

Dave se taisait et écoutait les suppositions de Carol. Il dû admettre qu'en effet, Samantha devait cacher certaines informations qui étaient utiles. Il entreprit donc d'appeler John Stillman pour faire part de cette supposition.

Philadelphie, au même moment.

John raccrocha. Ils avaient convenu avec Dave que la présence de Carol à Chicago n'était plus d'actualité. Au pire, s'il y avait besoin à nouveau d'une coopération, il y enverrait un autre agent. Mais monopoliser Carol pour rien, était inutile. Il se dirigea alors dans le grand bureau et constata que le silence régnait. Il attira donc l'attention de son équipe en leur résumant sa conversation avec Dave.

- Il nous faut un mandat, chef, pour commencer à chercher du côté de Samantha, remarqua Kat.

- Justement, j'ai prévenu le substitut Bell, lui répondit Stillman.

- Et pour Jack et Emilia ? S'enquit Will.

- Ils s'en occupent à Chicago, ils continuent à plus ou moins enquêter dessus.

Un peu plus tard dans la journée Curtis Bell arriva dans le bureau de la criminelle. Il entra dans le bureau de Stillman après s'être assuré que celui-ci y était.

- Nous avons un petit problème.

- Lequel ? Demanda alors John.

- La mère de Samantha refuse que nous cherchions dans ses affaires un quelconque lien avec le meurtre d'Andrew Foreman.

- Et qu'en dit Steve ?

- Rien, il est dépassé par les événements. Il ne savait pas que son frère et Samantha avait eu une aventure. Le procureur va en référer au tribunal.

- Il va y avoir un procès ?

- Non juste une consultation entre leur avocat et nous. Je vous tiens au courant.

La journée se passa tranquillement. L'attente de décision était longue, mais il y avait une telle accumulation de retard, que les inspecteurs de la crim' ne bronchèrent pas. Scotty et Will avaient été appelés sur les lieux d'un braquage. Bien contents d'échapper à la paperasserie, ils y avaient été rapidement, craignant un changement d'avis. Ils ramenèrent le gérant de la boutique de portables au commissariat pour l'interroger. Il avait tiré sur l'un des braqueurs. Une fois assis dans la salle d'interrogatoire pour prendre sa déposition, Scotty eut une impression étrange de déjà vu. L'homme assit en face de lui le regarda à son tour, et le reconnut. Il ne fit aucun signe, et raconta comment tout cela était arrivé. Une fois sortis de la pièce, Scotty prétexta un appel à passer à son frère. Il se dirigea vers la salle des archives, et une fois qu'il se soit assuré d'être bien seul, il ferma les yeux et s'appuya contre un mur. Ce témoin avait déjà été témoin d'une tentative de braquage, il y a un peu plus de 2 ans. C'était avant que Lilly ne parte pour Chicago, et cet interrogatoire s'était très mal déroulé.

Flash back.

- Très bien, M. Davis, fit Lilly, nous avons donc noté votre déposition. Vous allez recevoir sans doute une assignation du tribunal pour témoigner lors du procès.

Elle quitta alors la pièce, laissant Scotty abasourdi quant à ce qu'il venait de se produire pendant l'interrogatoire. Elle avait dépassé les bornes, et il comptait bien le lui faire comprendre. Il l'avait suivi, rattrapé, et l'avait entraîné dans la salle des archives.

- C'était quoi, ça ? Lui demanda t'il en s'efforçant de paraître calme.

- Quoi ?

- Ce que tu viens de faire !

- J'ai interrogé et pris la déposition d'un témoin. Je n'ai fait que mon boulot.

- Ne joue pas à ça Lilly ! Pas avec moi, s'il te plaît !

- Je ne joue pas…

- Tu… Commença t'il en souriant amèrement. Tu m'as ignoré, Lilly ! Tu as fait comme si tu étais seule à interroger le témoin. Tu ne m'as pas laissé parler.

- Tu ne réagissais pas…

- Parce que tu m'ignorais, et que tu ne me laissais pas le temps de parler.

- Ecoute, M. Davis…

- Je te parle en général, Lilly. Tu agis comme s'il n'y avait que toi qui…

- On bosse là Scotty…

- Justement ! Si les personnes que nous avons en face de nous voient que l'entente entre nous n'est pas cordiale, elles vont en jouer…

- Ne mélange pas Scott !

- Je ne mélange rien du tout, mais c'est la première fois que nous avons une discussion depuis…

- Pas maintenant ! On bosse…

- Quand alors, Lilly ? C'est simple, ce n'est jamais le bon moment… Il faut qu'on en parle… Depuis que…

- C'est qu'il n'y a rien à dire.

Elle s'éloigna.

- Et voilà ! C'est ta spécialité, ça Lilly. Non plutôt, c'est la marque de fabrique des Rush ! La fuite ! Tu clames partout que tu n'es pas comme ta mère et Chris, mais là, tu agis exactement pareil. Tu fuis !

- Je… Commença Lilly les larmes aux yeux. Ca te fait plaisir de dire ça ? Fit-elle en haussant le ton. Voyons, qu'est-ce que je vais trouver pour faire du mal à Lilly ? Voilà, ça y est, je vais parler de sa situation familiale désastreuse…

- Si tu t'énerves pour ça, c'est qu'il y a une part de vérité dans ce que j'ai dit. Tu fuis, Lilly.

- Et toi, tu n'as jamais fui peut-être ? Tu n'as jamais… Tu ne t'es jamais réfugié dans un monde que tu construisais ? Tu n'as jamais cherché à fuir ton chagrin, ta rage ?

- Pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'on se parle toi et moi, tu me balances Christina en pleine figure ? C'est vraiment petit et minable, ça Lilly… Tu…

- Parce que dans ta détresse tu m'as fait souffrir Scotty ! Lança t'elle sur un ton de reproche.

- Oh, d'accord, et là, tu agis par vengeance, c'est ça ! Tu te venges pour un truc qui s'est passé il y a 6 ans ! Fit-il en haussant le ton aussi.

- Je…

- Enfin Lilly, cette épreuve, il faut que nous la traversions tous les 2. Il faut que nous soyons soudés… C'est en étant ensemble qu'on sera fort.

- Tu ne peux pas comprendre ce que je ressens Scott. C'est moi qui ai porté notre bébé pendant 9 mois, c'est moi qui l'ai senti commencer à vivre en premier, c'est moi qui…

- Tu crois que je ne l'aime pas autant que toi tu l'aimes ?

- Je n'ai jamais dit ça ! J'ai juste dit que le deuil d'une mère est différent de celui…

Elle s'interrompit, les sanglots l'empêchant de parler. Il s'approcha d'elle et voulut la prendre dans ses bras. Elle le repoussa alors.

- Il me faut du temps, Scotty.

- Lilly…

- J'ai demandé à Stillman une mutation…

- Dans un autre service ?

- Il y a un poste qui s'est libéré… A… A Chicago.

- Chicago…

Ils se dévisagèrent, et elle s'éloigna encore un peu de lui. Elle se retourna et se dirigea vers la sortie. Il la regarda alors partir. Si elle partait, si elle le quittait, ils ne pourraient pas surmonter ça seuls, chacun de leur côté. Il le savait.

Fin du flash.

Il remua la tête en reprenant ses esprits. Il en avait assez de cet état. Il voulait avancer, il voulait apprécier la vie à sa juste valeur, et non la trainer comme un boulet. Peut-être que c'était elle qui était dans le vrai. Peut-être que de partir était la solution ? Tout à Philadelphie lui rappelait ce qu'ils avaient vécu, alors, et si partir était réellement ce qu'il fallait pour oublier ? Une chose était sûre, il n'avait pas envie de repasser encore une soirée seul à tourner en rond chez lui, et à broyer du noir.