Lundi 3 septembre 2012, Chicago, 22h45. Appartement de Lilly Rush.

Lilly avait entrepris de faire un peu de classement dans ses papiers et factures qui s'étaient amoncelées. Levant la tête, elle décida de faire une pause. Elle alluma son ordinateur, et consulta ses mails. Cependant elle du relire 2 fois le nom d'un expéditeur : Mike Valens. Elle hésita, puis finalement, cliqua sur le mail. Elle le lut 3 fois en tout, et elle ne savait pas ce qu'elle devait en penser. Mike lui demandait des nouvelles et avait parlé du seul Noël qu'elle avait passé en leur compagnie. Elle s'en rappelait parfaitement, elle se souvenait du matin du 25 décembre, où ils étaient tous réunis au pied du sapin à même le sol. Elle ne se souvenait pas d'avoir passé un aussi bon moment familial. A un moment, elle s'était levée et s'était isolée. Alegria, la belle-sœur de Scotty, l'avait alors rejoint.

Flash back.

- Ca ne va pas Lilly ?

- Si… Seulement… Fit-elle en regardant d'un œil attendri les 2 frères et le petit Emilio.

- Regarde-moi ça ! C'est un jeu pour enfant et qui joue avec ? De vrais gamins ces deux-là ! S'exclama Alegria en désignant Scotty et Mike.

Lilly sourit.

- Mais on les aime ces gamins… Continua t'elle. Ca fait plaisir de voir Scotty comme ça ! Il… Quand il te regarde, on a l'impression que tu es seule dans la pièce. Il oublie le reste. Et là, quand je te vois les observer, et bien c'est la même expression que je lis dans tes yeux.

- Arrête…

- Non, crois-moi Lilly. Quand un des frères Valens te met le grappin dessus, il ne te lâche pas de sitôt.

- Tu parles d'expérience, donc ! Fit Lilly en riant.

Alegria l'imita, si bien que les 2 frères les dévisagèrent surpris.

Fin du flash.

Lilly souriait bien malgré elle. Mike avait noté son numéro de téléphone à la fin du message. Elle n'en fit rien, et décida de continuer sa lecture de mails. Trente minutes plus tard, elle recliqua sur le message, et resta dessus. Elle se leva, se dirigea vers sa cuisine, se servit un verre d'eau, et retourna vers son ordinateur. Son chat s'était installé juste devant l'écran, elle le prit sur ses genoux, et bu une gorgée d'eau. Elle appuya sur le bouton « répondre ».

Mardi 4 septembre 2012, 8h. Chicago. Bureau de la criminelle.

Lilly était assise à son bureau et attendait qu'Anthony arrive pour se rendre sur les lieux d'un crime. Une prostituée avait été retrouvée morte dans un parc. Elle vit soudain Jack arriver, elle se leva quand il se dirigea vers elle. Il demanda à la voir, elle refusa, il l'insista, donc elle accepta de le voir dans une des salles d'interrogatoire.

- Jack, si ça ne concerne pas l'enquête…

- Emilia est venue me voir hier. Elle m'a dit que vous la soupçonniez…

- Je n'ai pas le droit de t'en parler Jack.

- Ca vous amuse de remuer le couteau dans la plaie ?

- Quoi ?

- Pourquoi faire souffrir…

- Eh attends une minute… Nous ne faisons que notre travail. C'est Steve qui est venu vers nous, je te rappelle. Tu lui aurais parlé des affaires classées.

- Il y a un truc que tu ne sais pas… Emilia a fait une grave dépression quand Andy est mort. Elle a failli mettre fin à ses jours quand Samantha lui a appris…

- Tu étais au courant ? Fit Lilly stupéfaite. Tu étais au courant, et tu n'as rien dit !

- Je n'ai rien dit car je suis sous serment. Emilia était ma patiente…

- Toi ? Un médecin urgentiste…

- Je n'ai pas le droit de divulguer ce qu'un patient me dit.

- Il y a un truc que je ne comprends pas. Pourquoi se serait-elle tournée vers toi ?

- Parce que je suis la seule personne avec Steve qui ne l'a pas abandonnée.

- Mais tu as contribué à son état… Tu agis par culpabilité ?

- Emilia n'est pas bien, et…

- Ce n'est pas à toi de m'interdire d'enquêter, Jack ! S'exclama Lilly sur un ton autoritaire.

- Il y a déjà eu trop de décès dans cette histoire… Il t'en faut un troisième ? Répondit Jack sur le même ton.

- Un homme est mort, et mon devoir est de… S'emporta t'elle.

- Il est bien plus important que la santé mentale des gens ! Fit-il en la toisant du regard. Ou est-ce parce que tu n'as plus que ton travail dans la vie ? Continua t'il plus calmement en baissant la voix et en la dévisageant toujours.

- Sors d'ici Jack ! Hurla alors Lilly.

- J'ai touché le point sensible, et j'ai dévoilé une vérité ! Tu te réfugies dans ton travail, car tu n'as rien d'autre. Tu fuis, ou pense faire fuir tous ceux qui tiennent à toi…

- Sors d'ici, Va t'en Jack ! Fit Lilly en retenant des larmes de rage.

Il l'écouta, ouvrit la porte et une fois sur le seuil, il se retourna.

- Il n'est pas trop tard Lilly… Tu peux éviter de faire souffrir les gens, et par conséquent te punir ou te faire souffrir aussi…

Il partit et Lilly claqua la porte violemment de rage. Un peu plus tard, elle se dirigea vers le bureau de son chef et lui demanda sa matinée. Intrigué, il ne répliqua pas, et la lui accorda.

Sans réfléchir, elle s'était dirigée vers le Cook County Hospital. Une fois arrivée, elle demanda à parler au Dr Mc Phee. On la fit attendre 35 minutes, et enfin, Jack arriva au niveau de la banque d'accueil du triage des patients. Quand il aperçut Lilly, il s'avança vers elle. Il comprit qu'elle voulait continuer leur discussion. Il s'excusa auprès de Franck, et lui demanda de prévenir le Dr Banfield qu'il prenait sa pause. Franck rouspéta un peu en disant qu'il n'était pas son secrétaire particulier. Tony Gates arriva juste au moment où Jack s'en allait avec Lilly.

- Il a l'air accroché à son inspectrice, dis donc ! Constata Tony.

- Non, j'ai entendu dire, que la crim avait rouvert une enquête…

- Et Jack y est mêlé ? Demanda alors l'infirmière Chunny Marquez.

- Non, tu crois que sa petite amie a le droit de l'interroger ?

Ils n'eurent pas le loisir d'en discuter plus, une victime d'un accident de voiture venait d'arriver. Tony s'en occupa alors, et demanda tout de suite les gaz du sang, et tous les premiers examens à faire.

Lilly et Jack marchaient le long des quais. Silencieux, ils n'osaient pas parler. Elle le fit en premier.

- Pourquoi… Pourquoi es-tu resté avec moi tout ce temps, si tu savais…

- Sans doute parce que moi aussi, j'aime me faire souffrir.

- Jack.

- Non, ce n'est pas grave Lilly. Je pensais juste que tu m'aimais au moins…

La jeune femme s'arrêta alors et se planta devant lui.

- Mais je…

- Non, Lilly. Ne te mens pas.

- Jack… Tu crois vraiment que je serais restée aussi longtemps avec quelqu'un que je n'aimais pas au moins un peu ?

- Lilly…

- J'en avais besoin… J'avais besoin de reprendre le contrôle de ma vie… Pour ça, il fallait que…

- Tu es en train de me dire que je t'ai servi de bouée de sauvetage ?

- Tu m'as dit l'autre jour que…

- Je suis aussi fautif dans cette histoire. J'ai continué d'espérer quelque chose qui… Je le sais que tu m'as aimé un peu… Mais pas comme…

- Tais-toi ! Lui ordonna t'elle en posant la main sur sa bouche. Là, il s'agit de toi et moi, pas de ce que j'ai pu vivre à Philadelphie.

Il lui retira sa main qu'il prit dans la sienne.

- Prends soin de toi Lilly. Tu as déjà franchi un énorme pas en me parlant. Tu croyais avoir accepté la situation, mais…

Il s'approcha lentement d'elle et l'embrassa. Elle s'abandonna quelques instants.

- Merci de m'avoir fait confiance, Jack.

Le portable de la jeune femme sonna alors, elle regarda l'appareil et s'excusa auprès de Jack. Il comprit et s'éloigna. Elle prit quelques secondes pour se ressaisir et répondit à Kat.