Hello les gens ! Voici le deuxième chapitre de Let it Rain. Je n'ai aucune idée de comment cette histoire va se terminer, ni même le nombre de chapitres qu'elle va contenir, mais j'espère bien une vingtaine ! J'ai commencé à écrire certaines scènes importantes, mais le temps qu'on y arrive, peut-être qu'il y aura certaines modifs, je n'en sais rien. Quoiqu'il en soit, je vous souhaite une très bonne lecture et n'hésitez pas à me donner votre avis ! Les avis font vivre les fictions, sachez-le ! ~


- 02 -

MON NOM EST EDEN ROSE

Je n'arrive même pas à penser correctement. Mon frère, mon adorable frère... Pourquoi a-t-il fait ça ? Le cadavre de ma mère gise sur le sol, je peux voir le sang sortant de son corps d'où je suis. À ce moment-là, j'ai compris quelque chose. J'ai compris que nous sommes en guerre. J'ignore contre qui, mais nous le sommes. Ai-je un rôle à jouer dedans ? Je n'en sais rien. Mais maintenant que ma mère, ma tendre mère bien-aimée vient d'être assassinée, je sais que cette guerre me concerne.

Mes mains tremblent, mes jambes ne peuvent presque plus me porter, mais malgré cela, je reste debout, visage trempé et blessé. La pluie tombe à torrent, cependant c'est à peine si je m'en rends compte. Je veux aller voir ma mère, voir et pouvoir croire qu'elle n'est pas partie dans l'Au-Delà. Je veux croire qu'elle reviendra à moi. Je veux croire qu'à l'instant même, le soleil irradie Londres et que je rentre à la maison, fière d'avoir terminé mes leçons. Et si je n'avais pas fui ? Et si j'étais rentrée comme tous les jours, normalement ? Est-ce que les choses se seraient déroulées ainsi ? Ou aurais-je été à la place de ma mère ? Des bruits de lame me viennent à l'oreille. Les épées sont toutes proches. Je suis incapable de bouger. Je vais m'effondrer.

- Attention !, hurle une voix de femme derrière moi.

Un autre coup de lame. Et une odeur de sang. Une horrible odeur de sang. Comme si ce n'est pas déjà suffisant. J'entends quelque chose de lourd tomber au sol, mais je n'arrive pas à me retourner. Une main se pose sur mon épaule.

- Tu vas bien ?, me demande la femme.

Je n'arrive pas à parler. C'est à peine si j'arrive à respirer. J'ai l'impression qu'au moindre pas que je vais faire, je vais tomber et ne jamais me relever. La fille me secoua vers elle et posa son autre main sur mon autre épaule.

- Hé, réveille-toi !

Elle est en face de moi, mais je ne peux pas la voir. Tout ce que je vois... c'est le cadavre de ma mère, allongé sur le sol. Mon frère plantant son épée dans son corps. Le corps qui l'a hébergé pendant neuf long mois. Comment... Comment quelque chose d'aussi horrible a pu arriver ?

- Pas le temps Evie, nous devons partir !, s'écrie un homme.

- Mais nous ne pouvons pas la laisser là !, rétorque son interlocutrice.

Un deuxième bruit de lame. Juste au-dessus de ma tête. Tout se déroula très vite : la femme m'a violemment poussée, et j'imagine qu'un homme a été tué, car j'ai entendu le même bruit que tout à l'heure, lorsque la personne derrière moi est tombée. Enfin, je reprends mes esprits. Je suis sale, à terre, mes longs cheveux bruns baignant dans les multiples flaques d'eau, ma robe en lambeaux, pieds nus... Et un corps juste en face de moi. Un soldat de la Garde Royale. Père ! Non, ça ne peut pas être lui !

- Qu'est-ce qui se passe ?, interroge la femme.

L'homme marche vers le soldat. Je veux empêcher cet homme de l'approcher, si ça se trouve c'est mon père ! Je lève le bras en direction du cadavre, et tente de prononcer les mots suivants : "Non, ne m'enlevez pas mon père !", mais je crois que seuls les trois premiers mots sont sortis de ma bouche. Ensuite, je ne me souviens de rien.


Ma tête me fait atrocement mal. J'ouvre les yeux avec difficulté et raidis mes traits du visage. Le soleil m'éblouit. Je me sens plus... légère, étrangement. Puis, je regarde auour de moi. J'étais dans une maison, et à en juger la décoration ou même les murs qui menacent de s'écrouler, c'est une chaumière. Des bougies sont éparpillées un peu partout dans la pièce et il y a quelques tableaux sur les murs. Des jolis tableaux qui représentent des paysages. Un la mer, l'autre une montagne, puis un troisième la forêt... Mais cela ne répond pas à ma question : où m'a-t-on emmenée, et qui s'est occupé de moi ? J'ai de vagues souvenirs de ce qui s'est passé la veille. Mon frère tuant ma mère, et deux personnes - un homme et une femme - dont je n'ai pas vu le visage qui me sont venus en aide. Je me mets en position assise et me rends compte que ma robe a été changé par une veste bien trop grande pour moi et... j'étais en sous-vêtements. On m'a déshabillée ! Où est ma robe ?!

Je regarde tout autour de moi : je ne la vois pas. Soudain, j'entends des pas dans les escaliers. Quelqu'un vient. Non, il y a plusieurs personnes qui viennent, les pas ne sont pas réguliers. Par prudence, je me lève instinctivement et prend le couteau posé sur la table à côté de moi. Mes jambes me font toujours aussi mal... La porte s'ouvre, et là, deux personnes. Un homme. Et une femme. Je déduis que ce doit être ceux qui m'ont sauvée plus tôt. Ils sont vêtus tout de noir et ont le même regard. Leur a-t-on déjà dit à quel point ils sont similaires ? Mais j'ai peur. J'ai vraiment peur. Qui sont ces gens ? Que m'ont-ils fait ? Pourquoi suis-je là ? Me voici debout, totalement effrayée. J'en ai complètement oublié le fait que je suis en culotte et que la veste ouverte laisse entrevoir mon soutien-gorge à moitié déchiré. L'homme au bérêt se retourne et regarde la porte en lâchant un petit rire gêné. La femme, quant à elle, s'approche de moi. À chaque pas qu'elle fait, je m'éloigne, jusqu'à arriver collée à la fenêtre gêlée. Ma main tremble. Elle s'arrête en face de moi, lève ses mains, comme pour me prendre, et posa ses deux mains sur les miennes, tout en prenant le couteau de mes mains.

- Du calme. Nous ne te ferons aucun mal. Nous sommes là pour t'aider, me rassure-t-elle, d'une voix douce.

Sa voix est très jolie à écouter. Tout comme son visage. Ses tâches de rousseur la rendent incroyablement mignonne. La mystérieuse femme en noir pose le couteau là où je l'ai trouvé puis sourit.

- Tu devrais sûrement mettre quelque chose sur toi, il y a un homme dans cette pièce !

Elle se dirige vers l'armoire en face du lit où je me suis réveillée et en sort un t-shirt et un pantalon, qu'elle me tend.

- Tiens, ça devrait faire l'affaire. Je pense que ce sera un peu grand, mais ce sera toujours mieux que d'être dans cette tenue.

Les mains toujours tremblantes, je m'avance lentement vers le lit et prit les affaires dans mes mains. La femme se retourne, je m'habille. Evidemment, les vêtements sont trop grands pour moi. Je baigne dedans, surtout que ces vêtements m'ont l'air d'être des vêtements d'hommes. Mais ça ne fait rien, je me sens vraiment à l'aise dedans. C'est la première fois que je porte un pantalon. Sentir de la matière lorsqu'on croise ses jambes procure une sensation extrêmement étrange. J'ai l'impression d'être coincée, même avec des vêtements dix fois trop grands pour moi. Derrière moi se trouve un miroir. Je me retourne. Mon visage est blessé de toutes parts. J'ai des cicatrices au niveau de ma lèvre, de ma joue gauche et de mon front, et des blessures mineures à mon oeil droit et mon menton. L'air de rien, ces blessures me font mal. Et puis, il y a mes cheveux aussi. Ces cheveux hideux qui m'arrivent au bas du dos. Ils sont totalement décoiffés et partent dans tous les sens. Maintenant que je ne suis plus à la maison, je peux enfin me les couper. La maison...

À la seule pensée de ma famille, mes jambes me lâchent de nouveau, ce qui avertit les deux personnes. Je me suis fait mal. Je me retiens de pleurer. Je vois mon reflet dans le miroir, je me demande si je peux être encore plus pathétique que cela. Non, je ne pense pas. Je pense avoir touché le fond. La femme me vient en aide, et me porte jusqu'au lit tandis que l'homme place l'oreiller correctement sur le lit. J'ai beau avoir dormi je ne sais combien de temps, je suis énormément fatiguée et mes yeux se ferment petit à petit.


À mon réveil, les deux jeunes gens sont à côté de moi. L'un est assis sur le bureau, l'autre se tient debout, bras croisés, regardant par la fenêtre. Cette fois-ci il fait nuit.

- Ah, notre mystérieuse invitée est debout !, s'exclame l'homme, le sourire aux lèvres.

Tout comme la femme, il est plutôt mignon. Il a un beau sourire, en tout cas. Ils doivent sûrement être relatifs, ce n'est pas possible autrement. Ou alors ils sont amants, ce qui peut expliquer pourquoi ils sont toujours collés l'un à l'autre et se ressemblent autant. La femme se retourne et me regarde, un air visiblement soulagé.

- Tu m'as fait peur tout à l'heure, quand tu t'es endormie d'un coup ! J'ai cru que tu t'étais encore évanouie ! Tu vas bien ?, me demande-t-elle en guidant ses pas vers moi.

"Oui". Je n'arrive toujours pas à parler. Mes pensées sont plus claires que tout à l'heure, mais je suis totalement incapable de prononcer le seul mot. Remarquant que j'essaies de prononcer quelques syllabes, la jeune femme me prit la main.

- Tu es encore sous le choc, hein ?

J'acquiesce.

- Je m'appelle Evie Frye. Et voici mon frère jumeau, Jacob.

Ah, je comprends mieux pourquoi ils sont tous les deux beaux et se ressemblent autant. Ils sont donc bien relatifs. Ils veulent m'aider. Ils sont gentils. Oui, ils sont gentils. Mainenant, je me rends compte... Je suis faible. Je l'ai toujours été. Et mes parents ont eu bien raison de m'interdire toute sortie, je ne suis bonne qu'à écouter les ordres et rester à la maison, comme une petite enfant sage. Mais cette femme. Elle semble sûre d'elle, elle semble... forte. Comment une femme peut-elle dégager autant de grâce et de confiance ? Je me sens vraiment, terriblement honteuse. Tellement honteuse que j'ai envie de pleurer. Mais je ne le ferais pas, je refuse de me sentir encore plus pathétique que je le suis en ce moment-même.

- Nous allons t'aider, d'accord ?

Mais s'ils sont gentils, pourquoi ont-ils tué les deux gardes ? Qui sont-ils ? Ah, je ne devrais probablement pas me poser autant de questions... Je devrais déjà m'occuper de retrouver mes forces et trouver des réponses quant à l'assassinat de ma mère. Et où se trouve mon père ? Peut-être ont-ils des réponses ! Mais je suis totalement incapable de parler...


Cela fait trois jours que j'ai été sauvée par Evie et son frère. Et quatre que ma mère a été tuée. J'entendais les conversations du rez-de-chaussée, ça parle effectivement de guerre. Mais d'autres mots reviennent assez souvent aussi, dont les mots "Assassin" et "Templier". Qu'est-ce que c'est que ça ? À les écouter, on dirait une sorte de secte ou de clan, je ne sais pas. Serait-ce ce qu'ils sont ? Mais sont-ils Assassins ou Templiers ? Qui sont les méchants et qui sont les gentils ? Les gentils ne peuvent pas être des assassins, alors... Ca ferait d'eux des Templiers ? Mais à les entendre parler, je n'ai pas l'impression que les Templiers soient gentils. Pourtant Evie et Jacob se sont montrés très chaleureux avec moi, ils ne peuvent pas être méchants... Tout à coup, j'entends des coups de feu. Je saute instantanément du lit et regarde par la fenêtre.

- Oh mon Dieu !, m'exclamai-je.

Quoi ? Je... Je viens de parler. Je viens de parler ! Mes jambes ne me font plus très mal, on a pansé mes blessures... Je suis guérie. Mais cela n'empêche pas le fait qu'un homme de la Garde Royale vient d'abattre un paysan. Je ne sais pas pourquoi il a fait ça, ni ce que le pauvre homme a fait pour mériter un tel sort, mais il vient d'être abattu. C'est la misère dehors. Tous les jours, il y a de nouvelles victimes, des cris de plus en plus stridents et femmes et enfants ne sont malheureusement pas épargnés. Je ferme les yeux. Que vais-je faire dorénavant ? Je ne peux pas retourner à la maison, quoi qu'il arrive. Je tiens à avoir mes réponses. Mais pour cela, je vais avoir besoin d'affronter le monde extérieur. Et les récents événements m'ont dicté que je devais savoir tenir une arme si je voulais survivre.

Je me tourne vers le miroir. J'ai déjà meilleure mine. Il faut que j'arrête de me comporter comme une faible si je désire avoir mes réponses. Et pour cela, je pense qu'Evie et Jacob pourront m'aider. Du moins, je l'espère. Je prends le couteau dans mes mains, marche lentement pour revenir à ma place. Je regarde une dernière fois mon reflet. Je dois changer. Je n'ai pas le choix. J'attrape mes cheveux et après une longue inspiration, je me décide de les couper. L'Eden Rose que j'étais à maintenant disparue. Elle est morte, noyée dans un lac de larmes écarlates.


Cette fois-ci, je pris les devants. Je descends prudemment les escaliers - je n'ai jamais quitté la chambre depuis mon arrivée - en m'attendant à tout. Et là, je vois Evie discuter avec une petite fille aux nattes et Jacob est en train de dormir, tête dans ses bras. Je ne sais pas pourquoi, mais je me cache dans la cage d'escalier. Je les regarde tous les trois. Evie semble préparer quelque chose avec l'enfant, car elle a placé sa main sur sa bouche à plusieurs reprises, le sourire aux lèvres en regardant son frère, et la petite en a fait de même. La jumelle Frye s'arme d'une épée en bois pendant que la petite se place derrière la chaise de Jacob. Soudain, Evie frappe de toutes ses forces la table sur laquelle son frère est en train de dormir, ce qui a pour cause de le réveiller en se levant. Au moment où il a voulu se rasseoir sur la chaise en bois, la petite l'attire vers elle, et Jacob tombe. Les deux filles se mettent alors à rire en choeur, tandis que Jacob peine à se relever.

- Ah oui, très drôle, franchement j'apprécie, les filles. Merci pour se réveil en douceur, ronchonna-t-il, en s'asseyant de nouveau.

Quelle drôle de famille. Chez moi, il est impensable de faire une chose pareille. Je me demande ce que serait la punition qu'on m'accorderait si j'aurais fait ça un jour à Drew. Mais la scène est drôle à regarder, ils ont l'air proches, c'est... agréable. J'ai envie de rire avec eux, mais je n'arrive pas. Je ne peux pas sourire.

- Ça t'apprendra à dormir là où il ne faut pas, cher frère, rétorque Evie.

- Éduque bien la petite, tu veux ?

Ce n'est pas leur sœur ? Qui peut-elle bien être alors ?

- Je te ferai signaler qu'elle est bien plus mature que toi.

Il soupira, en lâchant un "ouais, c'est ça". C'est là que je me décide à rentrer en scène.

- Oh, tu es là !, s'exprime Evie, d'un air enchanté.

Il y a plein de choses que j'aimerai leur dire, leur demander, mais la seule chose qui me vient à l'esprit...

- Mon nom est Eden Rose.