A/N : Bon, comme promis, voici le deuxième chapitre de la journée, bonne lecture ! ~ (ce chapitre est beaucoup plus court que les autres il était prévu qu'il soit aussi court)
- 08 -
SOMBRES VÉRITÉS
J'ai peur de découvrir ce qu'il y a derrière ces murs. Et si j'apprends que mon père et mon frère sont encore pires que je ne le crois ? Ou que ma mère a commis des atrocités et mon frère le lui a fait payer ? Jacob, voyant que je commence à céder à la panique, pose une main bienveillante sur mon épaule et me rassure. L'endroit est très étrange, on dirait un donjon comme on en voit dans les contes de fées : des donjons éclairés avec un feu ou à la bougie, avec des murs de briques, où une odeur de boue mélangé à de la pluie règne. Des donjons tout droit sortis d'un château ou un truc du genre. Comment un endroit pareil a-t-il put être ici, à Londres, et surtout dans la maison de MA famille ? Les couloirs sont tellement grands que j'ai du mal à croire que tout cela fait partie de la maison. La villa a beau être un endroit auquel je suis habituée – ou étais plutôt – mais là j'ai l'impression d'être une vulgaire inconnue, rien de plus et rien de moins. Surtout qu'il fait froid ! Je croise mes bras et hausse mes épaules pour essayer de me réchauffer un peu. J'aperçois une lumière au loin : Evie et Henry sont là-bas ! Je regarde Jacob et on court en direction de la lumière.
La lumière en question est une flamme, sur un morceau de bois, accroché au mur de droite. Les deux Assassins fouillaient la pièce depuis tout ce temps, il faut croire. Je salue ces derniers et pénètre un peu plus dans la salle. Si je dois la décrire, je dirais... que c'est le genre de salle où une princesse attend de se faire libérer ? Tout est sombre et on est complètement enfermé. Il n'y a aucune issue possible. Si jamais on est pris dans une embuscade, je pense qu'on est mal. Enfin, on est quatre Assassins, et ils ne vont pas se ramener à trente non plus. Du moins, je n'espère pas.
- Bon alors, on est où là ?, s'empresse Jacob en s'asseyant sur une chaise.
- À Eden de nous le dire, lui répond Evie, apparemment un peu ailleurs.
Je regarde tout autour de moi. Il y a des bureaux et des portraits de gens, certains avec des croix rouges dessus, d'autres non. Henry s'approche de l'un des bureaux situés juste à côté de la torche et éparpille un peu les documents.
- Si on en croit ces papiers, toutes les personnes représentées ici sont des Assassins, Eden, m'explique Henry.
Je longe le mur pour voir le visage des Assassins. Il y a de tout âge, de toute sorte, homme ou femme, âgé comme jeune. Je suppose que les croix rouge signifient qu'ils ont été tués par les Templiers. Ces personnes-là doivent être leurs cibles, ce qui fait qu'on a un avantage sur eux ! On sait où est-ce qu'ils vont frapper ! Je continue à longer le mur. À voir certains visages sur lesquels sont représentés des croix, je me dis que la vie est injuste. Certains ne devaient même pas avoir mon âge. Parmi eux, il y a même une petite fille. Comment pouvait-on devenir Assassin aussi jeune, d'ailleurs ?
Et là, je vois le dernier visage, à l'extrémité de la porte de la salle. Je m'arrête net. Ma mère. Qu'est-ce que ça veut dire ? J'avais donc bien raison ? Ma mère était un Assassin ? Mais comment... Pourquoi... Comment a-t-elle rencontré mon père ? Pourquoi ne se sont-ils pas tués ? J'ai l'impression que toutes les nouvelles pistes que je trouve me mènent à mon père... Je ne comprends plus rien. Si elle était un Assassin et lui un Templier, pourquoi ont-ils été ensemble ? Et qu'est-ce que Drew a à voir là-dedans ?
- Je sais que tu dois être tourmentée à l'heure actuelle et je pense que ça, me fait Evie en me tendant un document, ça puisse grandement t'aider à y voir plus clair.
Je prends le document. Il est écrit d'une écriture que je ne reconnais pas. C'était une lettre, adressée à mon grand-père qui date d'i peu près vingt-cinq ans. Je la lis à voix haute.
"Maître Rose,
Il semblerait que la mission de votre fils ait été un échec. Il a fui aux côtés de sa cible près de Whitechapel et n'a plus été revu depuis. D'après mes informateurs, votre fils a été la cible d'une attaque et cette dernière l'a aidée, mais nous n'avons aucune autre information à ce sujet.
Je vous tiens informé le plus tôt possible.
Cordialement, H."
Cette "cible" devait sûrement être ma mère. Ce qui expliquerait déjà comment se sont rencontrés mes parents ! Mon père devait tuer ma mère car elle était un Assassin, mais au même moment il s'est fait attaquer par des gens et elle l'a protégé sans savoir qu'il était Templier... Oui, ça a du sens. Mais alors dans ce cas-là, pourquoi l'avoir tuée ? Pourquoi avoir gardé le secret ? Et surtout... Pourquoi y avait-il un portrait d'elle accroché sur le mur des cibles de mon grand-père ?! Son assassinat était prévu depuis longtemps ? Est-ce lui qui a ordonné sa mort ? Il a demandé à mon frère de la tuer alors que mon père ne le voulait pas et mon père s'est donc vengé ? Oh là là, y'a des dizaines et des dizaines de questions qui me tourmentent, je ne sais pas à quoi penser tellement j'ai l'impression que je vais finir par exploser.
- Qui est ce "H" ?, demandai-je.
- Auburn Hopkins. J'ai reconnu son écriture, je l'ai tué peu de temps avant ton arrivée. Il est participait à un trafic d'esclaves au nord de la ville, m'informe Evie.
Et le connaissant, cette embuscade dont a été victime ton père, Eden, doit sûrement avoir été provoquée par ce gars-là. Les enflures dans son genre sont prêtes à tout pour le pouvoir, affirme Jacob, accoudée sur le dossier de la chaise.
Bon, on a découvert que ma mère était un Assassin, qu'elle devait être tuée par mon père mais elle l'a secourue et tous deux sont tombés amoureux suite à ça, mais... Il reste encore pas mal de points à être éclaircis et surtout... Mon frère. Drew est-il au courant à propos de ça ? Ça me fait penser... Je n'ai toujours pas dit aux jumeaux que je l'ai rencontré !
- J'ai rencontré mon frère à Buckingkham Palace. Et je n'ai même pas pu lui poser de questions.
Les trois Assassins lèvent leur tête en même temps.
- Pourquoi tu ne nous l'a pas dit ?, m'interroge Evie, qui semble déçue.
- J'ai... J'ai foiré la mission, et ma rencontre avec mon frère n'a rien arrangé. Voilà pourquoi.
- Que lui as-tu fait ?
J'hésite à répondre. Dois-je leur dire que je l'ai battu à mort ?
- Je l'ai... frappé et l'ai laissé. Je suis partie lorsqu'il s'est évanoui.
Je relis la lettre d'Hopkins.
- Mais je dois aller le voir, peut-être qu'il aura des réponses !
Jacob se lève de sa chaise.
- Et tu crois qu'il acceptera de te répondre juste parce que tu es sa mignonne petite sœur ? Surtout après ce que tu lui as fait ?, me demande-t-il.
Il a raison. Je dois interroger mon frère et faire en sorte qu'il m'explique et me clarifie la situation car je ne comprends absolument rien. Henry me tend une autre lettre, écrite par Hopkins toujours.
Mais je décide de ne pas la lire la haute voix. Dedans, il explique que mon père s'est réfugié dans un petit village avec Emily Sanders, Assassin âgée de 22 ans qui l'a sauvée. Les Assassins ont été tenus informés qu'elle s'était rapprochée d'un Templier et elle fut bannie de la Confrérie. Elle a décidé de rejoindre le rang des Templiers. Et c'est sur cette information précieuse que la lettre se termine. Ca explique donc pourquoi ils ont vécu comme une famille normale. Ma mère était devenue une Templière en trahissant les Assassins. Et mon grand-père ne l'a jamais acceptée et donc il l'aurait tuée ? Oui... Ca a du sens. Mais je ne sais pas pourquoi, cette histoire à propos de mon grand-père ne colle pas...
- Ta famille toute entière fait partie des Templiers. Tu étais destinée à l'être aussi apparemment, me fait Henry.
De mieux en mieux. Je devais à l'origine faire partie de ces monstres. Comment est-ce que mes parents ont réussi à convaincre leur fils de rejoindre les Templiers ? Ha, ils ont probablement dû le berner du début à la fin en disant qu'ils sauveraient Londres et tout le tralala qui va avec.
- Dans tous les cas, je dois aller voir-
Des bruits de pas viennent dans notre direction. Henry et moi reposons tous les documents à leur place, et tous les quatre, nous nous collons contre les murs pour éviter de nous faire repérer. Je ne sais même pas à quoi ça sert de se cacher, ils nous ont entendus. Je prie pour que ce ne soit pas mon père. J'ai tourné à peine la tête qu'une lame vole à travers la pièce. Un homme aux cheveux arrivant au bas des épaules, au sourire malfaisant et au regard malicieux bloque le passage d'Evie. Derrière lui se trouve le vieil homme à qui parlait mon père tout à l'heure, suivi de quelques soldats, tous prêts à nous attaquer. Il ne manquait plus que ça... Je n'ai vraiment pas l'esprit à me battre. Mais qui est ce jeune homme devant Evie ? Je ne l'ai même pas vu arriver ! Et apparemment Evie non plus puisqu'elle n'a pas eu le temps d'esquiver.
- Bien le bonjour amis Assassins, commence le vieillard.
Jacob se prépare à attaquer mais est bloqué par le mystérieux adolescent qui retient sa jumelle.
- Huh-huh, je te déconseille de faire ça petit, continue le vieux, main derrière le dos.
Au vu de ses vêtements, on dirait un sage. Il s'approche de moi en souriant. Il me touche les cheveux. Evie et Jacob se débattent mais ils n'arrivent pas à se défaire de l'emprise du gars. Henry quant à lui... Je ne me suis pas retournée, je ne sais pas ce qu'il fait.
- Arthur ne m'a jamais dit qu'il avait une fille aussi ravissante, me fait-il en touchant mes cheveux.
Je fronce les sourcils. Je dégage sa main de mes cheveux.
- Gardez vos compliments pour une autre fille voulez-vous ?!, l'agressais-je.
Les gardes lèvent leurs épées vers moi. Je n'ai pas peur. Bien au contraire. Là, d'un coup, j'ai envie de me battre.
- Et avec du caractère en plus ! J'aime ça !
De nouveau, il pose ses mains sur moi. Prise d'une colère incontrôlable, je me rue sur lui et le plaque contre un mur, le menaçant à chaque seconde d'utiliser ma lame cachée sous ma robe. Il se met à rire. Ca m'énerve encore plus. Je serre mon poing et le frappe de toutes mes forces avant d'enfoncer mon genou dans ses parties intimes. Le mystérieux gars aux cheveux bruns me prend par l'arrière et me balance à l'autre bout de la salle. Ma tête a cogné contre quelque chose. Bon sang, ça fait mal. Qui est ce gars ? Je me relève – difficilement – et tente de contrôler mon envie de provoquer tout le monde dans un combat, mais ce serait stupide. Evie et Jacob, enfin libres de leurs mouvements se joignent à mes côtés pour m'aider à me relever.
- Au moins, on va dire que je garde un souvenir de notre rencontre, chère Eden Rose, affirme le vieux, en nettoyant sa lèvre remplie de sang.
Sans prévenir, Jacob s'arme de sa lame secrète cachée sous sa veste et empoigne le vieil homme. Tout s'est passé tellement vite que je n'ai rien vu. Mais un détail retient mon attention : ce n'est pas le Templier qui s'est fait poignarder. C'est Jacob.
Je me sens mal à l'idée de terminer le chapitre de cette façon, mais bon, j'aime bien les cliffhangers 8') . Je vais essayer d'uploader le neuvième chapitre d'ici mercredi, si je peux car j'avoue vous laisser une semaine en sachant la fin de ce chapitre... ça me fait de la peine.
Sinon niveau révélations, êtes-vous surpris ? J'ai beaucoup réfléchi à la véritable nature des parents d'Eden, et c'est surtout Emily qui m'a posé problème. Je me suis bien entendu inspirée d'Arno & Elise d'un certain côté. Mais toutes les informations de ce chapitre ne sont peut-être pas toutes vraies, méfiez-vous ! :')
Bref, à dans quelques jours pour le prochain chapitre (et la survie de Jacob éventuellement ?)
