A/N : Comme je l'ai dit, ce chapitre (du moins le début) pourrait peut-être en choquer plus d'un, et encore j'ai fait en sorte d'alléger le truc parce qu'au début, c'était vraiment limite +18. De base, ce chapitre ne devait pas ressembler à ce qu'il est maintenant (la première partie en tout cas), j'ai tout ré-écrit pour que ce soit plus soft, et avec moins de description (au début la description initiale faisait au total trois pages, mais comme je l'ai dit, ç'aurait été du Rating M si je l'avais laissé tel quel). Vous pourrez m'en vouloir autant que vous voudrez pour ce passage, je ne vous en voudrai pas, je m'en veux à moi aussi d'avoir écrit ça. Autre chose : pour la première fois depuis le début de la fiction, ce n'est pas Eden qui narre, mais il y aura un passage qui sera écrit à la troisième personne, et je peux d'ores et déjà vous annoncer que la plupart du chapitre 12 sera écrit à la troisième personne aussi. Quoi qu'il en soit, bonne lecture (et appréciez ! 8D) !
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LA SENTENCE
Ma tête me fait atrocement mal. C'est à peine si j'arrive à ouvrir les yeux. J'ai tellement mal à la tête que je me mets involontairement à hurler, mes doigts griffant mon crâne et genoux repliés sur mon ventre. J'ai mal. J'ai mal. J'entends des bruits de chaînes chaque fois que je bouge mon bras. Mais je suis plongée dans le noir, je ne sais pas ce que c'est. Je me remets à hurler. Puis mes maux de tête commencent à se dissiper. Que m'arrive-t-il ? Où suis-je ? Suis-je devenue... aveugle ? Quelqu'un m'a-t-il crevé les yeux ? Non... Non, ce n'est pas possible. À quatre pattes, je me rue pour chercher d'éventuels murs. En effet... Je suis emprisonnée. Emprisonnée quelque part où il fait horriblement froid et d'où personne ne peut me libérer. Je sens des choses lourdes entourer mes jambe et main droites. Ils ne tenaient vraiment pas à ce que je bouge, j'imagine. Que m'est-il arrivé ? Je me souviens avoir revu ma mère, que je croyais morte. Je me souviens m'être fait trahie pour elle. Ah... Comment les choses ont-elles tournées ainsi ? Qu'est-ce qu'on a fait à ma mère, à celle qui m'aimait encore plus qu'elle ne s'aimait elle ? Quels mensonges lui ont-ils dit ?
Je m'asseois dos au mur gêlé et j'attends. Pourquoi ne m'ont-ils pas tuée directement ? Ont-ils besoin de moi ? Même si c'est le cas, jamais je ne m'allierai pas à eux, même si pour cela je devais en payer le prix de ma vie. Et où sont Jacob et Evie ? Sont-ils enfermés eux aussi ? Ils sont peut-être dans les cellules d'à côté. Je me mets à hurler leurs noms, espérant qu'ils me répondent. Mais non, je n'ai aucun retour. À la place, quelqu'un a frappé cinq fois à la porte de ma prison en m'ordonnant de me taire. Et au même moment, une autre personne ouvrit la cellule. La lumière m'éclate les yeux. Tellement que ma tête recommence à me faire mal. Et là, je distingue la silhouette du mystérieux adolescent. Encore lui... Il retire mes chaînes et me tire violemment. Je n'arrive même pas à marcher. Il me traîne par terre, comme si... Comme si je n'étais qu'un objet, ou une vulgaire peluche. J'avais l'habitude de traîner la peluche que ma mère m'avait acheté plus jeune de cette manière avant. Les graviers sur lesquels mes jambes buttent laissent des égratinures sur ma peau, mais ça n'a pas l'air de le déranger, au contraire même, j'ai l'impression. Qui est cet homme ? Je me rends compte enfin que seule une serviette me fait office de vêtement, et que mon corps est parsemé de cicatrices et de blessures. Là, je me mets à paniquer. Que m'a-t-on fait ? Pourquoi suis-je là ? Que va-t-on me faire ?
On arrive dans une salle obscure, parsemé d'outils médicaux. Certains d'entre eux sont rouillés. On dirait... une salle de torture. Et l'odeur nauséabonde qui prône dans la pièce ne fait que confirmer mes pensées. Non... Non... Non ! Je me débats mais l'homme aux cheveux longs me donne un coup de pied dans le ventre, ce qui me calme instantanément. Arrivés au centre de la pièce, il se stoppe et me lève pour m'accrocher à des menottes pendant dans les airs. Il va me torturer. Et il l'a déjà fait, à en juger les traces sur mon corps. Maintenant debout, il poussa une manivelle qui tira les menottes vers le haut. Je ne touche plus le sol et les menottes me transpercent la peau. Ca me brûle, j'ai envie de pleurer. Au même moment, la serviette qui me couchait le corps tombe par terre. Non... Je suis assez humiliée comme ça, pourquoi ça continuait ? J'ai peur. J'ai affreusement peur. Il s'approche de moi, sourire malsain sur les lèvres. Il pose ses mains sur mes hanches et se place derrière moi. Je ne peux même pas me tourner. J'essaie de me débattre mais c'est impossible, mes poignets me brûlent, je n'ai même pas la force de faire quoi que ce soit. Lentement, il commence à descendre ses mains vers ma partie intime en approchant sa bouche de ma nuque. Non... Il ne va quand même pas... S'il vous plaît, s'il quelqu'un m'entend ou lit dans mes pensées... Aidez-moi ! Aidez-moi, je vous en conjure !
- N'importe qui serait à ma place sauterait sur l'occasion. Estime-toi heureuse que j'aie assez de respect pour ton père pour ne pas violer sa fille. Ce serait une parfaite vengeance pour ce qu'on a fait subir à ma mère, fait-il, en me lâchant.
S'il n'est pas là pour me faire ça, que fait-il ? Au même moment, en tentant de tourner ma tête, j'aperçois un fouet qu'il sort de sa poche de derrière. Oh non... Il tourne autour de moi en jouant avec l'instrument.
- J'ai aussi proposé à ton père que je t'égorge sous les yeux de tes deux amis, mais il s'est opposé à cette idée.
J'avale ma salive. Les larmes aux yeux, je m'agrippe au chaîne des menottes pour éviter que mes poignets ne finissent par me lâcher. Mes mains sont rouges de sang. Quoi qu'il puisse arriver, je ne peux pas pleurer. Pleurer finirait par admettre ma défaite. Et s'il y a une chose que je ne veux pas, c'est qu'il croit qu'il pourra vaincre contre moi. Je sais que peu importe ce qui se passe, les jumeaux viendront m'aider. Et si je meure ici, je sais qu'ils feront le nécéssaire pour me venger. Sans la moindre hésitation, il me fouetta. Une fois. Deux fois. Mon corps réagit vite, et les marques apparaissent instantanément. Mon coeur bat fort. Mes muscles lâchent. Trois fois. Quatre fois. Mon corps tout entier se met à trembler et je me mets à hurler à chaque fois qu'il s'acharne sur moi. Comment un gamin de 15 ans peut-il être aussi monstrueux ?
- Je dois avouer que c'était plutôt barbant de faire ça hier soir. T'étais inconsciente et donc je ne t'entendais pas hurler. Maintenant, c'est un peu plus amusant.
Et il continue. Je ne tiendrai pas longtemps.
[ Narrateur omniscient ]
Cela faisait deux jours que les jumeaux Frye remuaient ciel et terre pour sauver leur amie. Ils avaient réussi à stopper John Karl, un Templier qui avait participé à l'arrestation d'Eden. Alors qu'ils tentaient de récolter des informations, l'homme s'est planté un couteau en plein cœur sous leurs yeux. C'était leur meilleure piste. Ils ignoraient où est-ce qu'Eden avait été emmenée. Alors qu'ils aient été piégés à Buckingham Palace par Emily et Arthur et qu'ils aient emmené leur amie, les gardes ont eu pour ordre de tuer les deux Assassins, mais ceux-ci ont dû prendre la fuite pour survivre. Depuis, ils cherchaient des réponses.
Actuellement, ils étaient à bord du train que Henry avait réussi à dégoter à une certaine Agnes McBean. Contrairement à d'habitude, Jacob ne se morfondait pas sur le canapé en face du bureau, mais secondait sa sœur qui étudiait une carte. Celle-ci montrait l'intérieur de Buckingham Palace. Mais elle ne leur servait à rien vu qu'Eden a été déplacée vers un autre bâtiment.
- J'ai étudié tout le secteur et seule une prison est entièrement sous le contrôle des Templiers : Holloway Prison, avoua Henry, qui sortit de nulle part.
- Holloway Prison ?, reprit Jacob.
- J'ai entendu dire que l'ancien Maïtre Templier enfermait ses victimes là-bas avant d'ordonner leur exécution, continua l'Indien.
Lorsqu'ils entendirent le mot "exécution", les deux jumeaux levèrent leur tête instinctivement. Ils devaient agir, et vite. Sans ajouter un seul mot, ils se préparaient à descendre du train, jusqu'à ce qu'ils soient stoppés par leur ami :
- J'ai appris quelque chose d'autre durant mes recherches. Drew Rose, le frère d'Eden. Il n'est pas un Templier. C'est l'un des nôtres.
Les deux jumeaux se regardèrent, choqués de la révélation que venait de faire leur ami.
[ Narrateur : Eden ]
Ça a duré quatre heures. 14 413 secondes plus exactement. Car oui, j'ai compté. J'avais essayé de me concentrer sur ça pour ne pas à avoir à supporter la douleur. J'ai crié pendant beaucoup de temps, et tellement fort que ma gorge me brûlait, sans parler de mes poignets, qui étaient encore accrochés aux menottes en ferraille. L'homme étrange continue de tourner autour de moi, mais il a rangé son jouet.
- Pourquoi fais-tu ça ?, peinai-je à demander.
Après ce que je viens de subir, je me surprends à pouvoir encore parler en articulant.
- Drew. Le connais-tu vraiment ?
Pourquoi me parler de mon frère ? Evidemment que je ne connais rien de lui avec les récents événements !
- Je veux juste lui rendre la pareille, c'est tout.
Je ne comprends pas. Lui rendre la pareille ? Et pourquoi me prendre pour cible ? Sous prétexte que je suis de sa famille ? Pourquoi s'est-il allié à mes parents alors ? Ils sont bien tous des Templiers non ?!
- Ton frère..., me dit-il en détachant mes mains de ses menottes, n'est pas la personne que tu crois.
Oui, ça je le sais. Plus que quiconque d'ailleurs.
- Tu comprendras bien assez tôt.
Sur ces mots, il prend la serviette dans ses mains puis me tire par le bras dans un couloir que nous n'avions pas emprunté jusqu'à maintenant. Ce couloir est éclairé, c'est déjà ça. Des gardes surveillent et me regardent de bas en haut. Evidemment qu'ils me regardent. Je suis nue. Les détenus dans leurs cellules me regardent aussi, certains avec un visage rempli de compassion, d'autres avec un regard d'envie. Je me sens sale, humiliée, blessée. Presque morte aussi. Je n'arrive même pas à marcher droit, j'ai des muscles qui me déchirent, ma tête prête à exploser... Le Templier – dont je ne connais toujours pas le nom d'ailleurs – ouvre une cellule vide à la vue de trois gardes et me jeta dedans. C'est une cellule solitaire. Aucune autre cellule n'est à côté de la mienne. Juste après m'avoir balancée lâchement sur le sol, il jette sur mon visage la serviette qu'il tenait jusqu'à maintenant dans ses mains avant de refermer la porte en ferraille devant moi. Sans attendre, je me hâte de remettre correctement la serviette autour de ma poitrine. Je n'ai pas la force de me battre. Je me laisse glisser sur le sol et regarde le ciel bleu à travers la fenêtre.
Les heures et les jours passent. J'ai commencé à m'habituer au rythme de la prison. Je ne sais toujours pas où je suis, ni même ce que les jumeaux font, mais le fait est que je m'habitue à la torture de l'homme. D'ailleurs, plus les jours passent, plus je commence à le connaître. Il s'appelle Allen Trent. Il est né le 18 avril 1853 – si mes souvenirs sont bons, vous savez la torture peut vous faire perdre quelques informations – dans un village dont je ne me souviens plus le nom. J'ai compris qu'il a rejoint les Templiers pour se venger de mon frère, mais je ne sais toujours pas pourquoi. Ce qui m'étonne, c'est pourquoi n'a-t-il pas œuvré de son côté ? Les Assassins ont tué sa famille, je le conçois, mais il sait que les Templiers ne sont pas du côté des gentils.
Plus les jours passent, plus je commence à abandonner l'espoir d'un jour rentrer à la maison et revoir mes amis. Je me sens mourir chaque jour un peu plus, et je me sens de plus en plus brisée. Je ne tiendrai pas longtemps. Un Assassin n'est pas éternel et peut-être que mon heure a bientôt sonné. En tout cas, si elle arrive, je n'aurai pas la force de m'y opposer.
- Eden ! Eden !, me fait une voix derrière moi.
Dès que je rentre dans cette cellule qui maintenant m'appartient, je pointai toujours mon regard vers cette fenêtre qui donnait vers l'extérieur de ma prison jusqu'à ce que je m'endorme. Entendre une voix familière dans mon dos me surprend. Je me retourne et je vois Evie. Sans son frère, cependant. J'aperçois les trois gardes postés quotidiennement là sur le sol. Voir le visage de mon amie me rend joyeuse. Je marche à quatre pattes vers elle. Je n'ai pas la force de me lever. D'un regard affolé, elle pose sa main sur ma joue.
- Bon sang, que t-ont-ils fait ?, me murmure-t-elle.
Je retire sa main de mon visage. Ma joue me brûle. Je pense que ma peau est plus violette que blanche à ce stade. Ils n'auraient pas dû venir me sauver. Je vais mourir ici, quoi qu'il arrive. Si ce n'est pas Allen qui le fait, ce sera mes parents ou mon frère qui s'en chargera pour moi. Constatant mon regard presque sans vie – j'imagine ? - Evie s'affole de plus belle.
- N'abandonne pas, Eden, t'as compris ? N'abandonne pas. On va bientôt venir te sauver.
- Non... Laissez-moi là, rétorquai-je directement.
Elle me regarde droit dans les yeux d'un regard sérieux. Elle ne s'attendait pas à ce genre de réponse, je pense. Et pourtant... Je suis sérieuse, je n'ai plus la force de me battre. Ils plusieurs centaines, et nous ne sommes que trois, et encore ils ne sont que deux, moi n'étant pas en mesure de marcher debout. Silence.
- Eden.
Je lève mes yeux.
- Tu aimes mon frère, n'est-ce pas ?
Sa question me prend au quart de tour. Je... ne m'attendais pas à ce qu'elle me demande ça dans un instant pareil. Pourquoi me demander ça maintenant ? Je... Je réajuste ma serviette qui est sur le point de tomber et réfléchit silencieusement. Si j'aimais Jacob... J'ai une attirance certaine pour lui, je ne le cache pas. Mais de là à dire que je l'aime... Enfin bon, si je ne l'aimais pas, pourquoi est-ce que je lui aurai pris la main lorsqu'il a récupéré de sa blessure ? Pourquoi est-ce que je nous aurai-je comparé à Roméo et Juliette lors du bal ? Pourquoi je me sentais heureuse lorsqu'il me parlait ? Pourquoi j'avais envie qu'il me voie ? Pourquoi ?
- Est-ce mal ?, finissais-je par répondre.
Oui. J'aime Jacob Frye. Je ne peux plus le nier dorénavant. Evie se lève avant de regarder derrière elle.
- Alors bats-toi pour lui. Promets-moi que tu te battras jusqu'au bout.
Sur ces mots, elle part. J'imagine qu'elle est partie chercher les clés de la prison, ou qu'elle est partie rejoindre son frère pour me libérer. Mais même si je sais que les jumeaux sont là, pour une certaine raison... Je n'ai toujours pas d'espoir.
Voili voilou. J'espère que ça ne vous a pas trop choqués x') . Le prochain chapitre est fixé pour mercredi normalement, alors soyez patients !
PS : J'ai une petite annonce à faire qui pourrait vous intéresser si vous aimez les jumeaux (oui je me fais de la pub haha) : j'ai écrit un petit OS au nom de Candles & roses et si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à passer y jeter un coup d'œil ! :)
