Voilà, enquête enfin terminée, il reste néanmoins une intrigue à finir :p Oui, oui... Quand je disais que la patience serait tôt ou tard récompensée...


Vendredi 28 juin 2013, Chicago, 21h.

Lilly et Cathy étaient installées sur une banquette dans un petit bar. Elles discutaient de choses et d'autres.

- Le boss va voir avec le divisionnaire pour Daniels, fit Lilly en reprenant son sérieux.

- Non, Lilly, ne me dis pas que…

- Ecoute, cette affaire… Nous y avons consacré du temps et de l'énergie, et…

- Nous avons fait tout ce que nous pouvions Lilly, accepte que…

- Accepter quoi ?

- Il n'est pas venu que pour classer définitivement l'affaire Foreman… Il… Commença Cathy.

Elle s'arrêta et dévisagea sa collègue qui avait changé d'attitude.

- Parle-lui, Lilly…

- Cathy, ne te mêle pas de ma vie…

- Je te dis ça, car il arrive avec Anthony.

Lilly leva la tête et les aperçut effectivement.

- Scotty me disait qu'à Philadelphie, vous aviez pour habitude de vous réunir une fois pas moi, le jeudi, commença Anthony, mais que parfois, vous dérogiez à cette règle et sortiez après avoir terminé une enquête.

- Le premier jeudi de chaque mois, est toujours le rendez-vous incontournable ! Répondit Scotty en évitant le regard de Lilly.

Lilly baissa la tête. Ces jeudis lui manquaient, elle ne l'avouerait jamais à voix haute, mais Philadelphie lui manquait.

Une heure et demie plus tard, Cathy regarda sa montre, et fit signe à Anthony qu'il était temps de partir. Au début, la conversation était tendue, mais Scotty racontait les plaisanteries de Vera, et Lilly avait pris le relais.

- Tu veux qu'on y aille, Cathy ? Demanda Lilly.

- Non, reste, je suis fatiguée, mais toi…

- Ok, on y va, je te…

- Non, je ramène Anthony, ne t'inquiète pas…

Lilly la dévisagea avec un regard de reproche, comprenant ce qu'elle voulait faire. Anthony acquiesça rapidement, et salua Scotty.

- Je suis désolée, fit Lilly une fois Cathy et Anthony partis.

- Je vais peut-être suivre le mouvement, commença Scotty.

- Je te fais fuir ?

- Non, mais…

- Oui, c'est vrai… C'est bizarre, tu as raison.

- Bon, un dernier verre, et après on s'en va, qu'en dis-tu ? Fit-il en dévisageant la jeune femme.

- Ok, répondit-elle troublée par son ancien collègue.

Lilly s'excusa et s'éloigna, juste le temps de se ressaisir. Passer la soirée avec Scotty la gênait. Elle ne savait pas comment réagir face à lui. Elle savait qu'il avait écouté son message, elle se doutait aussi qu'il cherchait à l'éviter. Elle ne savait plus ce qu'elle devait en penser, cependant.

Scotty apprécia ce petit répit. La soirée s'annonçait étrange. Tout se mélangeait dans sa tête : sentiments, doutes et un étrange bienêtre qui commençait à le gagner. La voir sourire, pendant qu'ils relataient les blagues de Nick le calmait. Pour un peu, il en aurait oublié la ville où il était, et tout son contexte.

Un peu plus tard, la conversation avait reprise. Des choses banales le plus souvent, jusqu'à ce que Scotty pose la question qui lui brûlait les lèvres depuis le début de la soirée.

- Tu veux vraiment te battre pour cette enquête, Lil ?

- Je veux leur rendre justice ! A toutes ses victimes, leurs familles, je me dois de…

- Et calmer ainsi ton sentiment de culpabilité ! Je te connais Lilly, ne prends pas de gants avec moi.

- Mais je…

- C'est toi qui as fait ce que les affaires classées sont aujourd'hui ! Sans toi, Stillman ne serait qu'un lieutenant de la crim' banal… Un boss parmi tant d'autres.

- Ce n'est pas moi qui tiens les rênes à Philly, Scott… Regarde, le service tient debout même quand je ne suis pas là !

- Oui, mais à quel prix ! A ton départ, John a failli raccrocher !

- Comment ça ? S'intrigua Lilly.

- Il était à deux doigts de prendre sa retraite… Will a réussi à le raisonner, mais le divisionnaire a vraiment failli fermer notre unité.

- Il ne m'a rien dit… Commença Lilly troublée. Pourquoi, il m'a caché ça ?

- Certainement parce qu'il tient à toi… Moi aussi, j'ai failli arrêter… Sans toi, ça ne rimait plus…

- S'il te plaît Scotty… Pas de ça ! Pas ce soir !

- J'ai changé d'avis avant de signer définitivement ma mutation. Pour toi, je ne devais pas faire mourir ce service ! Fit-il en ne tenant pas compte des objections de Lilly.

- Scotty…

- Non, Lilly ! Arrêtons de passer sous silence nos sentiments ! Ca m'a détruit ! Ton départ… Je voulais passer ce moment difficile auprès de toi, et regarde où nous en sommes ? 4 ans plus tard, on n'a toujours pas fait notre deuil !

- Je n'ai pas envie d'en parler !

- Et voilà ! C'est typique de Lilly Rush, ça ! Tu fuis ! Arrête d'avoir peur de tes sentiments ! Je sais pertinemment que ça te travaille autant que moi ! Sinon, pourquoi m'avoir appelé ? Pourquoi avoir cherché à me souhaiter la nouvelle année ?

- Je…

- Tu me manques, Lil… A un point que tu ne peux imaginer. Je… J'ai essayé de respecter ton choix, mais je ne peux pas… Je ne veux pas ! Tu me manque aussi pendant les interrogatoires. Et pour que Nick en fasse lui-même la remarque, c'est que tu nous manques à tous ! L'enquête Foreman, ton retour rapide… il m'a avoué que pour lui, c'est comme si tu n'étais jamais partie ! Tu vois, Lilly, je ne parle pas que de moi. Tu nous manques à tous…

Les larmes montaient aux yeux de la jeune femme, elle secoua la tête et reporta son regard sur le barman qui s'activait. Scotty remarqua sa manœuvre et se tut.

- Tu sais pourquoi, je n'ai pas cherché à recréer les affaires classées, ici ? Demanda Lilly après un moment de réflexion.

- Je ne te l'ai pas demandé, et je ne veux pas que tu te justifies !

- Alors pourquoi chercher à me culpabiliser ? Pourquoi essayer de me faire comprendre que je vous ai abandonné ? Que je t'ai abandonné…

- Je n'ai jamais rien dit de tel…

- Je ne t'ai pas abandonné, Scotty… Je t'ai blessé, je le sais, et je le regrette, mais…

- Je t'aime…

Le barman interrompit le latino. Voyant que Lilly l'observait, il s'était avancé, et demanda donc ce qu'elle voulait. Il n'insista pas, constatant la gêne qui gagnait les deux inspecteurs, et s'éloigna aussi rapidement qu'il était arrivé. Lilly se taisait toujours, bien trop surprise qu'il le lui avoue aussi simplement que cela. Scotty essaya de se justifier.

- Lilly, je…

- Pourquoi…

- Depuis cette fameuse nuit, où tu es venue me voir, je veux te le dire, Lilly. On s'était promis de ne pas chercher à raviver ce qu'il y avait entre nous… Mais je n'ai pas pu aller outre ce que je ressens pour toi. Tu es toute ma vie, Lilly. Je veux… Je sais que je te l'ai déjà dit tout ça, mais là, je te le redis face à face… Et en te regardant, je constate que mes paroles ne te laissent pas indifférente.

- Scotty…

- Que faut-il que je fasse ? Dis-moi, et je le ferais.

Lilly avala sa salive difficilement, le cœur battant, elle l'écoutait parler, mais tout ce qu'elle retenait c'était les trois mots qu'il lui avait dit.

- Il faut que je prenne l'air, Scott.

Ils se levèrent et sortirent du bar. Lilly marchait, Scotty la suivait. Elle se retourna soudain, le forçant à s'arrêter.

- Je ne veux pas l'oublier, fit-elle les larmes aux yeux. Je ne veux plus souffrir parce que j'aime une personne, et que celle-ci disparaît. Je…

- Je ne partirais pas Lil', je ne t'abandonnerais pas. Je n'ai aimé que deux personnes comme je t'aime : Elisa, et Julia. Je les ai perdu toutes les deux, mais toi, tu es là, et je refuse de te perdre.

Il s'était approché d'elle en disant ces paroles, elle l'avait laissé faire, ses yeux encrés dans les siens, et refusant de les baisser de peur qu'il s'en aille. Il lui caressa la joue, elle posa sa main sur la sienne en fermant les yeux.

- Je… Je ne sais pas, Scotty.

- C'est tous les deux qu'on sera fort.

- Si tu savais combien je regrette… Commença-t-elle avant que sa voix ne s'étrangle par les sanglots qui la gagnaient. C'est de ma faute si elle…

- Non, Lilly ! l'interrompit Scotty. Ce n'est pas de ta faute, ni de la mienne… Les médecins ont dit qu'elle avait une malformation, mais que cela c'était généralisé bien avant qu'on ne puisse faire quelque chose…

- Oui, mais elle refusait de manger, j'aurais dû le voir, j'aurais dû…

- Hey, fit-il en lui relevant le menton, on l'a emmené aux urgences dès qu'on a constaté qu'elle n'était pas en forme… On a fait tout ce qu'il fallait Lil' !

- Je ne veux pas l'oublier, mais être avec toi, c'est…

- Et moi je te dis, que c'est à deux qu'on arrivera à surmonter ça ! C'est avec de l'amour, qu'on…

- Je…

- Laisse-moi te prouver que j'ai raison. Rappelle-toi le matin de Noël, chez mon frère… Une famille c'est ça aussi…

Lilly eut un timide sourire. Elle se rappela la phrase de la belle sœur de Scotty :

« Quand un des frères Valens te met le grappin dessus, il ne te lâche pas de sitôt. »

- Quoi ? Fit-il surpris.

- Rien… Mais, Alegria avait raison.

- Quoi ? Que vient faire la femme de mon frère dans cette histoire ?

- Elle vous connait juste par cœur Mike et toi.

- Tu… Tu lui as parlé récemment ?

- Non… Juste une phrase qu'elle m'a dite un jour.

- Et c'était quoi cette phrase ?

- Un secret entre elle et moi.

- Inspecteur Rush, soit vous en avez trop dit, ou soit pas assez !

- Arrête, Scotty, fit Lilly avec un sourire.

- Toi, arrête ! J'aimerais savoir à quoi tu penses pour sourire comme ça !

- A ta famille…

- Et pour le moment, c'est toi ma famille Lil' ! C'est toi que j'aime comme un fou. C'est toi qui fais battre mon cœur, qui me fais sourire, qui occupes mes pensées. C'est à toi que je pense quand je me réveille, et quand j'éteins la lumière…

- Tais-toi !

Ils se regardaient, profitant du cocon dans lequel ils se trouvaient. Une fine pluie commençait à tomber, mais ils ne voulaient pas interrompre ce moment qu'ils partageaient, incapables de bouger de peur, de le perdre. Ils voulaient juste savourer le regard de l'autre, un regard qui faisait battre leur cœur.

Ils étaient arrivés devant la voiture de location de Scotty, hésitants quant à ce qu'ils devaient faire. Ce fut Lilly qui réagit en première. Elle fit le tour de la voiture, et se posta devant la portière du côté passager. Sans mot, Scotty comprit et ouvrit la voiture. Une fois installés dedans, il démarra et demanda juste l'adresse exacte de la jeune femme. Quinze minutes plus tard, ils étaient arrivés devant l'immeuble de Lilly.

- Il y a une place juste là, indiqua Lilly sans regarder son voisin.

- Tu veux que je…

- On n'a pas fini notre conversation, fit-elle avec un léger sourire.