A/N : Hello tout le monde ! Bon, j'espère que vous vous êtes remis des récents événements de la fic haha. Pardonnez-moi encore pour être aussi ignoble. En tout cas, je vous souhaite une agréable lecture, j'espère ne pas vous décevoir avec ce dix-huitième chapitre.
[ Narrateur omniscient ]
Jacob était tranquillement en train de lire un journal, pieds sur la table et chapeau posé juste à côté. Ca faisait maintenant quelques heures qu'Eden était partie voir Evie, et il commençait à s'inquiéter. Dire qu'il n'était pas inquiet pour la jeune Assassin serait un mensonge. Il n'était pas du genre à s'inquiéter pour les autres, mais il savait qu'Eden avait désespéramment besoin d'aide, plus qu'une autre personne. Elle a constamment joué les fortes depuis le début de cette aventure. Elle a commencé à montrer ses faiblesses, tout d'abord en voulant se suicider du haut de la prison, après tout, elle n'est qu'une humaine. Comment pouvait-elle encaisser tout cela en si peu de temps ? Il entendit la porte de l'appartement s'ouvrir derrière lui. Il posa immédiatement le journal sur la table et se retourna sur sa chaise pour voir qui était rentré. Eden ou Evie ? Et ce ne fut qu'en apercevant la longue cape rouge sur l'épaule de la femme qu'il comprit que c'était sa soeur. Et que quelque chose ne tournait pas rond. Evie retira son long manteau et se dirigea vers la chambre pour aller accrocher son manteau dans l'armoire à côté de la fenêtre, mais avant de pénétrer dans la chambre, elle fut surprise par le regard inquiet que lui lançait son frère.
- Qu'est-ce qu'il y a ?, demanda la jeune femme.
Si son frère, son frère, était inquiet, c'était vraiment que quelque chose allait de travers.
- Tu n'as pas croisé Eden sur le chemin ? Elle m'a dit qu'elle devait te parler.
- Ah bon ? Je ne l'ai pas vue pourtant.
Jacob bondit de sa chaise. Au même moment, Evie aperçut une feuille tomber de la penderie où elle s'apprêtait à ranger son manteau. Elle prit le papier froissé dans sa main et le lut dans sa tête :
"Trop de gens sont morts par ma faute, et je refuse que vous soyez les prochains sur la liste. Je vous ai fait courir trop de risques, alors j'ai décidé de continuer ce périple seule. J'ai aussi pris la dure décision de quitter le Crédo des Assassins. Après tout, j'ai appris que nous ne pouvions pas rejoindre le Crédo pour des raisons personnelles, et c'est ce que je fais depuis le début, non ?
S'il vous plaît, ne venez pas me chercher, j'essaie de vous protéger, laissez-moi au moins sauver quelques personnes, c'est tout ce que je souhaite. Merci pour ces quatre mois où toi et Jacob m'avez hébergée, aidée. Je pensais que j'avais enfin trouvé la famille dont j'avais toujours rêvé.
Evie, je te remercie du fond du cœur pour tout ce que tu as fait pour moi, quand tu m'as réconfortée, quand t'as agi comme la sœur que j'ai rêvé d'avoir un jour. Je ne sais pas si tu ressens la même chose à mon égard, mais sache que je te considérais comme ma vraie famille.
Et s'il te plaît... Dis à Jacob que je l'aime. J'aurai voulu lui dire moi-même, mais je n'en ai jamais eu le courage. Et demande-lui une faveur de ma part : s'il cherche à venir me ramener, fais en sorte qu'il ne puisse pas me pardonner.
Adieu. Eden."
Le coeur d'Evie fit un bond. Son visage devint pâle. Elle s'attendait à tout... sauf à ça. Pourquoi Eden les avait-elle quitté ? Elle savait pourtant très bien que se lancer seule contre une horde de Templiers était du suicide ! Et après ce qu'elle a fait à son père, qui sait ce qu'elle fera si elle croise d'autres Templiers ? Mais... elle ne voulait pas trahir sa confiance. Eden lui a demandé de ne pas la suivre. Evie leva ses yeux et regarda à l'extérieur. Elle tenait à Eden. Pour elle aussi, elle était devenu quelqu'un de sa famille. Quelqu'un de très important. Elle savait qu'Eden était au bord de gouffre depuis la mort de son frère et l'assassinat de son père. Et Dieu sait ce qu'elle pourrait faire si elle était toute seule. Elle avait tenté de se suicider après les événements à la prison. Et si elle tentait de le refaire de nouveau ? Non. Elle empêcher ça. Elle était au bord du gouffre, et si elle se trouvait seule, elle pourrait bien finir par tomber et ne jamais se relever. Elle devait faire quelque chose.
Elle était tellement obnubilée dans ses pensées qu'elle n'avait pas remarqué que Jacob l'appelait depuis tout à l'heure.
- Evie ?
Elle leva le regard vers son frère. Elle avait un regard désolé, rempli de chagrin, de désespoir... D'un coup, elle se sentait mal pour son frère. Elle était heureuse que son frère soit tombé amoureux d'une femme. Cette dernière pouvait l'aider à.. mûrir, et peut-être même l'arrêter d'être aussi borné, et il s'avère que ça commençait à être le cas. Evie savait que Jacob aimait sincèrement Eden, mais... Comment lui annoncer la nouvelle ? Comment va-t-il le prendre ? Le cœur lourd, elle tendit le papier à son frère. Silence. Aussitôt eut-il fini de lire la lettre qu'il se hâta vers la porte d'entrée. Mais Evie le rattrapa en attrapant son bras.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?!
- La chercher.
- Jacob, ce n'est pas parce que c'est ta petite amie que tu dois braver tous les dangers pour l'aider, on doit réfléchir à ce qu'on doit faire pour l'aider.
Furieux, il retira violemment son bras de la main de sa soeur.
- Ca n'a rien à voir avec le fait qu'elle soit ma petite amie. Ca aurait été une innocente, j'aurai réagi de la même manière.
Sans rien dire de plus, il mis son chapeau et quitta la maison. Pour la première fois depuis plusieurs années, Evie a cru comprendre son frère. Jacob était peut-être un idiot, ça elle le concevait très bien, mais elle savait qu'il était prêt à n'importe quoi pour sauver une personne en danger, même s'il ne la connaissait pas. Evie ramassa le bout de papier que son frère avait jeté sur le sol et le lut de nouveau. "Trop de gens sont morts par ma faute", non, ce n'était pas vrai. Drew était prêt à mourir, certes pas de cette manière-là, mais il était prêt, Evie le savait. Et à dire vrai, elle savait qu'il allait mourir à un moment ou à un autre, et elle se sent désolée de ne rien avoir fait pour prévenir sa mort, ou au moins la retarder. Tout ce qu'Eden disait dans cette lettre était dénuée de sens... Puis elle relut de nouveau la fin du message de son amie : "Dis à Jacob que je l'aime" ...
- Tu lui diras toi-même, murmura l'Assassin en se levant.
Elle se leva d'une traite, prit son manteau et quitta l'hôtel, jetant la lettre par terre dans le salon. Que ce soit elle ou Jacob, l'un d'eux devait trouver Eden avant qu'il ne soit trop tard.
Cela fait maintenant trois jours que j'ai quitté les jumeaux. On m'a toujours dit que les adieux sont douloureux, et ceux qui disent ça ont entièrement raison. Je sais que j'ai commis une erreur en faisant ça, en les laissant derrière moi. Surtout que je n'ai même pas fait mes adieux à Evie, je me suis juste contentée de glisser une lettre dans sa penderie avant de quitter les lieux. Comme une lâche. Mais après tout, c'est ce que je suis, n'est-ce pas ? Je l'ai toujours été.
Debout sur un toit, j'observe les agissements de ma cible. Crawford Starrick. C'est lui qui a réussi à échapper aux jumeaux. C'est lui qui a le contrôle des Blighters. Et c'est lui qui est le seul à pouvoir me renseigner sur ma mère. J'ai essayé de partir à la recherche d'Allen Trent, mais il est impossible à trouver. J'ai besoin de savoir où se cache ma mère pour que je mette un terme à cette stupide guerre une bonne fois pour toutes, et pouvoir vivre tranquillement ensuite. Si je survis, cela dit. Starrick entre dans un bâtiment bien sécurisé. Je dois me débarasser des quelques Templiers si je compte le rejoindre. Je mets ma capuche et vérifie une dernière fois si ma lame secrète est opérationnelle. Elle l'est. Je la range d'un léger coup de poignet et guette le meilleur moment pour sauter dans le tas de foin des dizaines de mètres plus bas.
Une fois pieds sur le sol, j'active ma Vision d'Aigle – une compétence que seuls les Assassins ont – et regarde les alentours. Trois Templiers surveillent l'entrée. Bien. Ca va être simple. Je sors de ma cachette et coure vers le premier Templier. Sans la moindre hésitation, j'enfonce ma Lame Secrète dans la tête de mon adversaire. Tuer ne me fait plus peur maintenant. Je me suis habituée. Même si Jacob s'était clairement opposé à mon idée, je reste convaincue que le meilleur moyen de vaincre ma mère une bonne fois pour toutes est d'agir comme elle. Comme un monstre. Si c'est le prix à payer pour ma liberté ou celle des Londoniens, qu'il en soit ainsi. Ce n'est pas comme si j'ai encore quelque chose à perdre à ce stade, si ce n'est ma vie. Aussitôt le Templier mis hors jeu, je glisse son cadavre jusqu'à derrière un mur, où je me cache. Je fouille son cadavre, à la recherche d'éventuelles armes. Dommage pour moi, il n'a rien, hormis une épée. Et les épées c'est trop bruyant et voyant. Je ferais donc sans. Les deux Templiers restant sont dans mon champ de vision, mais ils sont malheureusement trop éloignés l'un de l'autre pour que je les éxécute en même temps. Tant pis, je vais devoir agir efficacement et rapidement. Je sors de ma cachette, en ôtant ma capuche, me faisant passer pour une simple passante, parmi tant d'autres, puis glisse ma lame dans la hanche du premier Templier. Le deuxième réagit aussitôt, mais pas assez rapidement pour esquiver le couteau que je lui ai lancé en pleine gorge. Ce dernier tombe immédiatement, mort, tandis que ma première cible lutte. Je décide d'abréger ses souffrances en enfonçant lentement ma lame dans sa trachée. J'opte pour les morts douloureuses. Ca leur donne le temps de comprendre la faute qu'ont fait les Templiers de se ranger dans un camp comme le leur. Je retire ensuite ma lame de sa gorge. Je fouille leur corps à la recherche d'une éventuelle clé mais je me rends compte qu'une fenêtre est ouverte sur le côté.
Je me faufile donc dedans. Je reconnais cette décoration. Elle est comme celle du Palais Royal. Le sol est recouvert d'un tapis rouge soyeux, plusieurs tableaux sont accrochés sur les murs, et de grands vases valant plusieurs millions de livres sont posés à divers endroits. Je mets de nouveau ma capuche et m'aventure dans l'immense bâtiment. Je ne suis peut-être plus Assassin maintenant... mais j'ai toujours ma Vision d'Aigle – elle s'est développée au fur et à mesure du temps de mon entraînement, au début, je ne savais pas ce que c'était, mais j'ai réussi à m'en servir convenablement – et je garde mes agilités... heureusement, d'ailleurs. Je n'avais d'Assassin que le titre.
Un troupeau de Templiers se trouve dans la salle devant moi. Pourquoi sont-ils aussi nombreux ? Je m'approche du mur opposé afin de me cacher puis décide d'activer de nouveau ma Vision d'Aigle. Ma mère. Ma mère est là ! Elle est en train de parler avec Starrick dans la pièce d'à côté ! Sans réfléchir, je me précipite sur les Templiers. Quelle idée stupide j'ai eu de faire ça. De un, ce n'est absolument pas professionnel du tout, de deux, adieu la discrétion, et de trois... J'ai agi sans réfléchir. Maintenant, me voilà seule contre une dizaine de personnes. Et Starrick finira par entendre le bordel à côté, il viendra se joindre à ses subordonnés. Et ma mère soit me tuera, soit fuiera. Je dois tous les tuer et ce, rapidement ! Je me maudis de ne pas avoir pris l'épée du Templier à l'entrée. Comme arme, je me retrouve donc qu'avec ma Lame Secrète, qui n'est pas appropriée pour de vrais combats. Bon, que dois-je faire ?
Un premier Templier frappe. Je me baisse pour esquiver son épée. Un autre vient se joindre à lui, je saute et attrape son bras pour le lui retourner. Là, je glisse mon pied entre ses jambes pour le faire basculer sur mon dos. Le pauvre homme à terre, je finis ses jours à l'aide de ma lame. Le Templier qui me saute à la gorge ne me laisse pas le temps de ramasser son épée : je recule alors que lui s'avance, et je finis bloquée contre un mur. Ma tête cogne un truc de dur : un tableau. Ah, c'est ma chance. Ah, du moins, je l'espère. Avec mes mains, je m'agrippe au cadre et le tire vers moi de toutes mes forces, en priant pour qu'il ne soit pas assez accroché pour pouvoir le prendre. Et heureusement, c'est le cas. J'assomme brièvement trois de mes ennemis, en profite pour en frapper quelques uns sans pour autant m'en débarrasser, et je coure chercher mon épée. L'épée enfin dans mes mains, là je me sens déjà un peu plus confiante. Je tue un, deux, puis trois ennemis sans grand mal. Un duo de Templiers arrive à m'atteindre sans que je n'ai l'occasion de me défendre. Heureusement, mon bras a pris la blessure à la place de ma poitrine. Un bout de leur épée m'a transpercé le bras, qui saigne abondamment. J'ai envie de hurler, mais je me retiens. Bon sang, ça tue ! La douleur est à peine supportable. Il reste quatre ennemis, mais je ne suis pas certaine de pouvoir leur faire face. Je me recule, et décide de quitter la salle puis active mon grappin pour m'agripper à une fenêtre plus haut. Cette dernière est hors de portée et heureusement pour moi, ils ne peuvent pas me voir. Avec un peu de chances, ils vont se disperser pour me retrouver. À une seconde près, ils auraient pu m'avoir.
Je n'arrive plus à bouger mon bras tellement la douleur est insoutenable. Je dois trouver un moyen de stopper la plaie, car sinon le sang coulera et il tombera sur le sol, et là les Templiers sauront où je me trouve. Mais comment ? J'ai réussi à guérir la plaie de Jacob, certes, mais le faire sur soi-même s'est toujours plus compliqué, surtout quand nous n'avons aucun matériel à notre disposition. J'entends des cris dehors. Je dois m'activer. J'arrache avec grand mal une manche de ma veste et le sert du mieux que je peux. Je me retiens de hurler à cause de la douleur, je peux sentir l'humidité dans mes yeux. Et là, je vois ma mère sortir du bureau de Starrick. C'est ma chance ou jamais ! Je laisse ma douleur de côté – avec énormément de courage – et descends de ma cachette. Tant pis si je dois y laisser ma vie aujourd'hui, je dois me débarrasser d'elle maintenant !
Alors que je croyais que Starrick ne m'avait pas repérée et qu'il avait fermé sa porte, je me précipite sur ma mère qui ne m'a – je crois – pas vue. Mais alors que je suis presque au même niveau qu'elle, ce dernier m'attrape et me jette dans son bureau. Ma mère savait que je la poursuivais puisqu'elle m'a regardé d'un air satisfait lorsque Starrick m'a stoppée dans mon élan, avant de fuir... comme je l'ai prédit. Mon bandage tombe au sol et Starrick comprends vite que s'il veut se débarrasser de moi, il doit se servir de cette blessure. Et il n'a pas attendu longtemps. Il me bloque dans un coin, où je suis à terre, lui sur moi et appuie avec brutalité sur ma blessure. Je n'ai pas le courage de résister, je hurle de douleur. J'ai tellement, tellement, tellement mal que je me mets à pleurer involontairement. Mais je ne lui supplierai jamais de me lâcher.
- Ca fait mal, hein ?, me fait-il, la voix remplie de satisfaction.
Je m'étonne à pouvoir penser correctement à cet instant-là. Et à ne pas m'être évanouie, surtout. J'ai encore la force de riposter. Du moins, je crois. Avec difficulté, je mets toute ma force dans ma jambe et le frappe dans son entrejambe. Il hurle de douleur et tombe devant moi. Je me relève, serrant mon bras, peinant à tenir debout et ramasse le douleur qui est tombé de ma ceinture lorsqu'il m'a jeté à terre tout à l'heure. Je le serre dans ma main, et laisse le sang de mon bras couler. L'orage éclate dehors. Comme par hasard. Il me regarde avec des yeux effrayés. Je suis certaine que je dois avoir l'air d'une meurtrière avec mon bras ensanglanté et mon couteau serré dans ma main. Je le fixe du regard. Pas une seule fois, je ne l'ai détourné. Lui il se recule, me suppliant de l'épargner. Ah, c'est trop tard.
Et là, le sang s'est mis à gicler une fois de plus.
Et voilà, ce sera tout pour le chapitre 18. Je sais que je n'ai pas assez développé les sentiments des jumeaux (surtout Jacob, je n'ai rien décrit pour lui)... Mais je n'arrivais pas à mettre de mots sur ce qu'Evie a pu ressentir, j'ai fait du mieux que j'ai pu, mais ça ne me convient absolument pas. Pour ce qui est de Jacob, j'ai prévu de le faire dans le chapitre suivant, qui lui sera presque entièrement dédié (si je ne change pas d'avis d'ici-là). Vous allez peut-être croire que ça m'amuse de faire souffrir Eden (après tout, on peut bien se le demander vu le nombre de trucs qui lui arrive), mais non, soyez rassurés... J'AIME CE PERSONNAGE ! Il y a quelques temps, j'avais complètement oublié que j'avais brièvement introduit Starrick à l'histoire donc du coup j'ai décidé de le mettre au centre de ce chapitre... mais il n'aura pas fait long feu le pauvre haha. Bon, quoi qu'il en soit, on se retrouve très bientôt pour le chapitre 19 !
PS : Je prépare une FÀQ pour après la fiction, car je commence à avoir des idées pour ce que je ferais plus tard. On m'a déjà posé pas mal de questions par MP (une dizaine déjà à l'heure actuelle), alors je me permettrai d'y répondre une fois la fiction fini dans un chapitre dédiée à la FAQ. Et je parlerai dessus de mes futurs projets pour cette fic' car comme je l'ai dit, même la fic' terminée, je ne compte pas abandonner Syndicate de si peu ! Donc, voilà, si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à les poser, soit par review, soit par MP.
