A/N : Finalement, j'ai tramé comme une folle et je voulais continuer à écrire alors je me permets de poster ce chapitre 19. Bonne lecture !
[ Narrateur omniscient ]
En l'espace de trois jours, Jacob n'avait pas remis les pieds dans l'hôtel. Il ignorait si sa soeur était partie à la recherche de leur amie, tout comme lui ou si elle était restée à l'hôtel à l'attendre en le maudissant. À vrai dire, il n'arrivait même plus à penser correctement. Tant de choses se sont passées en si peu de temps. Eden n'avait rien demandé de tout cela. Comment pouvions-nous ne pas perdre la tête après avoir vu deux personnes de notre famille se faire tuer ? Et elle a subi tellement de trahisons... Lui qui n'était pas du genre à se soucier des gens, il avait d'abord vu en Eden une femme extrêmement fragile. Il se souvenait encore de la façon dont elle avait sauté du lit pour s'armer du couteau lorsque lui et Evie avaient débarqués dans sa chambre, lorsque tout avait commencé. Puis au fil du temps, il a commencé à voir une femme qui essayait de lutter contre sa nature. Il avait été impressionné par son agilité au combat, sa faculté d'apprentissage, et son désir d'apprendre, surtout. Il a commencé à l'admirer. Il s'était même surpris à se cacher pour la regarder au loin s'entraîner. Et il se mettait à sourire comme un idiot lorsqu'elle se félicitait d'avoir réussi telle ou telle action. Il avait fini par vouloir la connaître. Et se fut là que la nature de ses sentiments ont commencé à changer : la femme qu'il avait d'abord vu comme faible et fragile, qui avait besoin d'aide, s'était changée en femme qu'il respectait et qu'il admirait. Et c'était bien la prmeière fois qu'il admirait quelqu'un. En même temps, ça lui a fait prendre conscience de quelque chose : il avait toujours été solitaire, et là, il s'était dévouée à lui apprendre des choses, à passer du temps avec elle. Il avait pour une fois, connu ce qu'était une vraie amitié. Et plus encore.
Le jeune Assassin ne s'était cependant pas attendu à tomber sous son charme. Lors du bal, où ils découvrirent les secrets que refermait la famille Rose, Jacob s'était vraiment amusé. Il avait pu voir la véritable nature d'Eden : une femme qui aimait s'amuser, qui voulait faire profiter son entourage... Et il s'était amusé avec elle. Au final, sa danse lui avait plu, même s'il s'était rendu un peu plus que ridicule. C'était à ce moment-là qu'il avait compris qu'il voulait encore plus connaître son amie. Il avait vite compris qu'elle se cachait constamment entre deux identités : elle semblait forte, mais en réalité, elle se battait pour ne pas sombrer dans la folie. Et finalement, il a réussi à tomber amoureux malgré lui. Il avait envie de rester avec elle et de lui dire qu'elle avait le droit d'être heureuse, elle aussi. Qu'elle n'est pas responsable du chaos dans lequel elle est le centre. Il voulait qu'elle comprenne qu'elle avait le droit de vivre. La voir sauter de Holloway Prison avait déjà été suffisant pour lui. Il avait failli la perdre une fois, il ne va pas refaire la même erreur.
Il traquait la jeune femme jour et nuit afin de mettre la main sur elle, et lui faire comprendre tout ce qu'elle devait comprendre, et la ramener à la maison. Déjà, il savait qu'elle poursuivait Emily, alors s'il partait de là, il aurait déjà plus de chances. Il était parti voir Henry pour avoir des informations sur les récents événements, et il s'avère que Starrick – sa principale cible – avait été éliminée. Et il n'en conclut qu'une seule chose : c'était l'acte d'Eden. Sans rien avoir ajouté de plus, il avait quitté le train de l'Indien et s'était dirigé vers City, où il savait qu'était implantée sa base. Malheureusement, il était arrivé trop tard. Lorsqu'il pénétra dans le bâtiment, il était vide : de nombreux objets étaient brisés, des cadavres étaient estampillés sur le sol et il remarqua une quantité non-négligeable de sang à un certain endroit : il leva son visage et vit une petite ouverture. Eden avait dû se cacher ici lors de sa traque. Oui, sûrement. Et elle avait été blessée. Il ne sait pas ce qui l'affectait le plus : le fait qu'elle ait dû survivre seule face aux Templiers, ou le fait qu'elle aie été blessée.
Il s'enfonça un peu plus dans le bâtiment, qui était plongé dans l'obscurité. Il entra dans la grande salle au milieu du hall principal, en face de là où devait sûrement se trouver un grand miroir ou un tableau. La salle était encore moins éclairée que les autres pièces. Au fond, il vit la dépouille de Crawford Starrick. Totalement défiguré, tout comme le père d'Eden.
- Bon sang..., laissa-t-il échapper.
Jacob avait compris comment réagissait le corps d'Eden : plus elle souffrait, plus elle faisait du mal à ses ennemis. Ca ne faisait que confirmer ses pensées : Eden avait bel et bien été blessée. Que ce soit par Starrick ou par les Templiers en-dehors de la salle, elle avait été attaquée et elle avait souffert. Il ne savait que très bien qu'il ne restait que peu de temps à Eden avant qu'elle ne sombre dans la folie. À en juger par l'état du corps, il a été tué i peine quelques heures. Ce qui voulait dire qu'Eden était encore dans les parages. Avec sa blessure, elle n'a pas pu aller bien loin, surtout qu'à en juger les nombreuses traces de sang sur le sol, ça ne devait pas être une petite blessure. Il quitta la salle et regagna l'un des toits de la ville. Il doit bien y avoir des traces de sang quelque part. Mais comment pouvait-il en trouver en pleine nuit ? Encore heureux qu'il n'avait pas plu, sinon il aurait perdu toutes ses chances de la retrouver. Il descendit du toit finalement et commença à inspecter les lieux à la recherche d'une éventuelle tâche de sang sur le sol. Il chercha vers les jardins, près de la fontaine, près du portail, mais il trouva rien qui puisse l'aider. Ce ne fut que lorsqu'il voulut remonter sur les toits qu'il distingua une trace de sang sur le mur. Elle était montée sur un toit. Alors elle devait encore y être. Il se hâta et monta pour prendre de la hauteur. Les traces se faisaient de moins en moins rares. Il suivit les traces et d'un coup, les traces s'arrêtèrent. Il était en haut d'une chaumière. Et il entendit des bruits d'épée. Non, ça ne pouvait pas être aussi facile... Il se pressa vers une autre maison pour regarder ce qu'il se passait. Et Eden était bel et bien là. Elle se battait à corps et âme perdue. Mais... Eden tuait sans la moindre pitié. Jacob pouvait distinguer les pieds démembrés des victimes de sa petite amie. Elle les faisait souffrir, et ça ne lui disait rien qu'il aille. Surtout que c'était des policiers, et non pas des Templiers. Il devait l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Alors qu'Eden s'apprêtait à enfoncer sa lame secrète dans l'œil de l'un des gardes, il sauta du toit et jeta son couteau au loin. Le garde en profita pour fuir. Il attrapa les poignets d'Eden, qui tremblaient, et la colla contre le mur. Tremblaient-ils de peur, d'inquiétude... ou d'envie ? Eden lui lança un regard terrifié. Elle essayait de se débattre.
- Lâche-moi, Jacob !, s'écria-t-elle.
- Et-ce que tu te rends compte de ce que tu fais ?!
Elle tenta de le frapper avec sa jambe mais il esquiva son coup en lui écrasant le pied. Que lui arrivait-elle ? Elle n'aurait jamais essayé de le frapper avant. Son regard terrifié se mua en un regard rempli de colère, de rage... de haine.
- Eden, t'es en train de devenir comme eux ! T'es en train de devenir de ce que tu refusais d'être !
- Et alors ?!
Elle répondit comme ça, sans même réfléchir. Pensait-elle vraiment ce qu'elle disait ? Elle ne se rendait pas compte qu'elle était en train de se détruire elle-même ?! Plus les jours passaient, plus elle perdit de son humanité, quelqu'un devait la sauver, et si ce n'était pas lui, qui pouvait le faire ?
- Si ç'aurait été Evie à la place de mon frère, qu'est-ce que t'aurais fait ? Hein ? T'aurais balancé une vieille blague au visage de mon père et tu l'aurais laissé partir ?!
Elle ne détournait pas le regard. Eden ne dirait pas quelque chose comme ça. Il la connaissait assez bien pour comprendre qu'elle agissait bizarrement.
- Et Drew dans tout ça ?! Tu crois qu'il approuverait tout ce que tu fais ?, lui demanda Jacob, d'un ton furieux.
Et ce fut là. Là qu'il comprit qu'elle regrettait tout ce qu'elle faisait. Les yeux larmoyants, ses lèvres tremblant, elle détourna le regard et se laissa tomber au sol. Il l'accompagna et s'accroupit. Eden se cacha le visage. Ses cheveux normalement d'un brun soyeux étaient sales... et quelque peu tâchés de sang. Il examina son corps alors qu'elle s'était mise à pleurer, il en avait oublié qu'elle était blessée. Et il comprit sans difficulté que c'était son bras qui avait été touché. Un long bandage à moitié ensanglanté enveloppait son bras gauche. Il avait envie de sourire car il voyait très bien comment s'était déroulé la scène. Elle avait appliqué qu'Evie lui avait appris : mettre son bras devant elle pour la protéger d'attaques mortelles. Ca prouvait à Jacob qu'elle était restée elle-même, d'une certaine manière, malgré ces tragédies. Ses bras et ses jambes étaient blessées de partout, mais elle avait continué de se battre. Dans des moments comme ça, Jacob ne savait pas ce qu'il devait faire. S'il devait la laisser seule pour ne pas rendre les choses encore plus difficiles ou bien la réconforter. Mais il devait lui faire comprendre qu'elle n'était pas seule. Et il avait bien l'intention de le faire. Il leva le visage d'Eden et posa ses deux mains dessus. Il en profita pour sécher ses larmes. Les yeux bleus d'Eden ne voulaient pas le quitter du regard. Elle était torturée, et elle souffrait seule. À même pas vingt ans, elle n'avait pas le droit de vivre comme ça.
- Je ne sais plus quoi faire, Jacob. J'ai l'impression qu'ils me prennent tout... Ma famille, mes rêves, mon humanité... À la fin du combat, si je survis, que restera-t-il de moi ?, lui fit-elle, entre deux sanglots.
Jacob ne réfléchit pas à deux fois. Il enveloppa la jeune femme de ses bras. Il était inutile de lui répondre. Eden, d'abord surprise, finit par répondre à l'acte de l'Assassin, finit par fermer les yeux et se laissa aller.
Jacob a raison depuis le début. Je dois arrêter d'agir seule. J'agis de manière irresponsable et... comme une meurtrière et c'est depuis le début ce dont j'avais le plus peur. Si je veux survivre, je dois me montrer plus forte que ça. Heureusement qu'il est là. Il m'a... sauvée. Il recule son visage du mien et se lève en me tendant la main.
- Rentrons à la maison.
Me forçant quelque peu à sourire, je lève ma main gauche et attrape la sienne avec. Ensemble nous rentrons à l'hôtel. Je me demande comment se sent Jacob. Me déteste-t-il ? Je secoue ma tête. Non, ce n'est pas possible, s'il me détestait, nous ne marcherions pas main dans la main dans les rues de Londres et il ne serait pas venu me chercher. Mais il doit en avoir marre. Marre de mes agissements et de mes façons de réfléchir. Je dois arrêter de me sentir responsable de tout ce qui se passait, et je dois surtout agir comme une femme de 19 ans. Me rappeler que j'ai 19 ans me fait penser à la petite fête que nous avions fait avec mon frère et les jumeaux, quelques jours auparavant. Nous nous étions réunis en bas de l'hôtel, près de la fontaine. À vrai dire, ce jour-là, j'avais oublié que c'était mon anniversaire, et c'était mon frère qui avait tout prévu avec les jumeaux derrière mon dos. Je me suis retrouvée en pyjama en pleine nuit à contempler les étoiles avec lui et les jumeaux, même si c'était dur de se concentrer avec Jacob qui posait des questions toutes les trois secondes. Me rappeler de ça me fait rire. Ce sont des moments comme ça qui nous prouve que la vie vaut la peine d'être vécue. J'ai été idiote d'avoir agi comme ça. Ca me demandera du temps pour changer... mais j'y arriverai. Sûrement.
Voilà, les choses sont enfin rentrées dans l'ordre (espérons-le). On arrive peu à peu à la fin, normalement, dans quatre chapitres, l'histoire est bouclée, alors accrochez-vous les loulous ! On se revoit pour le chapitre 20 dans peu de temps (j'espère) !
